5,49 €
Et si vous aviez la possibilité de passer une nuit au 221B Baker Street ? N'avez-vous jamais rêvé de vraiment connaître le point de départ de tant d'aventures ? Simon Berlin, le nouveau propriétaire des lieux peut accepter de vous recevoir, il suffit d'écrire à [email protected]... Et avoir soi-même une belle histoire à raconter !
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 179
Veröffentlichungsjahr: 2020
A la Famille, et aux petits souvenirs !
1.
Une Etude de Projet Immobilier
2.
Le Premier Problème
3.
Rache
Pour Catherine et Louise.
« La question du jour, reprit‐il, c’est l’hémoglobine ! Vous comprenez sans doute l’importance de ma découverte ? »
Etude en Rouge – 1887 ‐ Arthur Conan Doyle
«Toute cette agitation doit cesser!
‐ Nous sommes bien d’accord… Mais comment faire Sir Humphrey? Là est toute la question. »
Réunis, les élus du Conseil Municipal de Westminster débattaient d’un point de l’ordre du jour un peu particulier. Un point sur lequel cependant tous pensaient pouvoir se mettre d’accord.
Un modeste appartement d’un quartier de Westminster avait été la demeure de quelqu’un de relativement célèbre. A sa disparition, la demeure était devenue comme un lieu de pèlerinage, presque de recueillement.
Appartenant à la Couronne depuis la mort de sa dernière propriétaire, le bien était laissé en l’état de quasi abandon, mais n’en attirait pas moins les curieux, les touristes et surtout les admirateurs.
Les riverains, dont certains très influents dans le monde de la Finance notamment, et groupés sous l’Association «Peace in the Neighborhood», demandèrent des mesures radicales et immédiates aux Autorités.
Tous les élus de Westminster étaient donc d’accord pour dire que la situation ne pouvait pas durer, cependant les solutions proposées n’étaient jamais satisfaisantes. Il a été ainsi question d’ouvrir un Musée, mais les riverains n’auraient pas compris la démarche. Et la colère se serait fait sentir aux prochaines élections…
La destruction était également inenvisageable, le bien faisant partie d’une copropriété. L’idée d’une protection policière comme pour les lieux de culte fut également mise sur la table. Cependant, les finances actuelles faisaient qu’il devenait impossible de maintenir cette initiative très longtemps.
«Et bien, vendons le.»
Tous les visages se tournèrent vers Lady Rowena.
«Cependant…
‐ Voyez vous une meilleure alternative très chers? Cela fait des années que ce problème revient encore et encore. Il est temps de prendre enfin des mesures, afin de montrer aux habitants que nous agissons, que nous justifions nos mandats!
‐ De mon point de vue, Lady Rowena a trouvé une solution radicale mais qui mérite qu’on s’y attarde…il s’agit d’une idée simple et peut être définitive, pouvant en plus rapidement être mise en œuvre.
‐ Merci Sir Humphrey.
‐ Je sais qu’il s’agit là d’un problème que nous reportons à chaque session; partons sur cette hypothèse de travail, grommela Sadiq Rotani. Même si le fait de vendre ce bien m’incommode. N’est ce pas comme si nous vendions notre patrimoine?
‐Mais nous ne sommes pas Communistes, nous ne sommes pas Français non plus, que diantre Rotani! S’emporta Sir Humphrey.
Combien de grandes maisons ayant appartenues à des célébrités ont été vendues, transformées en hôtels par exemple? Combien de nos plus beaux châteaux vendus à des Chinois et nos meilleurs Clubs de football vendus à des milliardaires Russes… Nous n’avons pas les moyens d’entretenir tous ces biens. Soit ces biens évoluent, soit ils disparaissent petit à petit. C’est la vie.
‐ Quand bien même aurions‐nous les moyens, nous préférons investir ailleurs! Les nouvelles technologies, le tourisme vert, l’éducation, la sécurité mais sur les lieux importants, cela va sans dire, susurra un député qui n’avait pas encore parlé.
‐ J’entends tout cela également, mais comme M. Rotani, je pense que si nous nous penchons sur cette hypothèse de travail, des précautions devront être prises. Après tout, ce bien n’a pas évolué…mais n’a pas disparu non plus, répondit son voisin.
‐ Ecoutez chers collègues, que diriez‐vous de nous pencher sur des mesures simples et efficaces, pour cette vente, étant donné que nous sommes tous d’accord? Coupa Lady Rowena qui tenait à garder la main sur ce débat. Après une étude que j’ai mené personnellement, et je vous prie de croire qu’elle le fut de manière rigoureuse, les points qui sont essentiels sont:
Le prix à débattre, dans notre assemblée bien entendu, après réception de 3 devis d’agences différentes, ne vous en faites pas Messieurs
Le nouveau propriétaire devra en faire son habitation principale.
Une vente en l’état, avec l’ensemble des travaux à sa charge bien entendu.
Le nouveau propriétaire devra être Britannique.
Et afin que le problème ne revienne pas sur la table, nous parlons d’une vente en Free Hold.
‐ Ces propositions me semblent parfaitement pertinentes. La seule sur laquelle je tique est la nationalité de l’acquéreur. Nous ne sommes plus sous Victoria, nous pourrons privilégier les Britanniques, et encore j’avoue ne pas bien voir comment…
‐ A ce moment‐là, une vente aux enchères au gens la sensation que le bien reste à la Maison, à leur portée, avec la possibilité de «jouer et gagner». De plus, cela pourrait aider à faire passer la pilule aux récalcitrants.
‐ Pour faire plaisir à Rotani, gloussa Sir Humphrey, nous mettrons même une plaque commémorative.
‐ Pas d’objections à la vente aux enchères dudit Bien? Non? Et bien c’est donc entendu, l’Administration prendra en charge le dossier pour son exécution dans les plus brefs délais.
Merci chers collègues, nous pouvons continuer et aborder le point suivant de l’Ordre du Jour, les autorisations des marchés ambulants sur Abbey Road…»
Cet accord, durement arraché, ainsi que la décision un an auparavant d’interdire les jeux de ballons dans le Saint James Park, étaient de parfaits exemples du «pourquoi» de son engagement en politique. Depuis cinq ans qu’elle était entrée en Politique dans le parti conservateur, pas un jour ne lui avait semblé inutile. D’ailleurs, pensa t elle, qu’est ce qui bougerait si elle n’était pas présente à toutes les réunions du Conseil?
Lady Rowena eut l’impression, au sortir de cette réunion, de rentrer dans l’Histoire.
Lorsque le Commissaire Priseur de la Cité de Westminster était rentré dans la salle dévolue aux enchères des bien immobiliers et avait jeté un coup d’œil aux participants présents, qui étaient au nombre de 4, il avait pensé avec un semblant de sourire aux lèvres «une Maison Vide».
Quelle mouche avait donc poussé le Conseil Municipal pour cette vente si rapide? N’étions nous pas en pleine période estivale, au moment même où les Anglais préfèrent fuir Londres pour Bath ou Brighton? Une belle campagne de communication afin de faire monter les enchères aurait été envisageable afin de vendre ce bien. Londres aurait été au centre du monde le temps de cette vente!
Et puis comment espérer cependant compter sur une marge intéressante avec un si petit nombre de participants?
Le temps des politiques n’était décidément pas le temps du bon sens, soupira le Commissaire Priseur. Si ces beaux messieurs dames du Conseil voulaient une vente rapide, leur souhait aura été exaucé au delà de toute espérance. Après tout, ce sera leur responsabilité.
Avant d’ouvrir la vente, le Commissaire‐Priseur s’attarda quelque peu aux personnes. Il peut distinguer trois étrangers et un Anglais. Son compatriote devait avoir fait le même constat, jouant et surjouant même au possible de son image d’insulaire.
Les continentaux auraient‐ils une part de raison lorsqu’ils évoquaient le complexe de supériorité des Anglais?
Cependant, des quatre personnes présentes dans la salle ce jour‐là, une personne seulement avait manifesté une volonté claire et sans ambages d’acquérir l’appartement. Il n’avait pas joué et avait attendu les premiers tours de chauffe, qui semblèrent ridicules par ailleurs au Commissaire Priseur. Ce dernier, de peur qu’aucun des participants ne soient hors jeu dès le début avait fixé un prix de départ d’1 million de livres hors frais administratifs.
«3 millions de livres.
‐ 3 millions de livres, nous avons une proposition ici de 3 millions de livres! Qui dit mieux! C’est la chance d’une vie messieurs, ne la laissez pas passer!»
Le silence se fit pesant quelques instants, mais le Commissaire Priseur, estimant que la comédie avait assez duré, délivra tout le monde:
«3 millions de livres, adjugé!»
Simon Berlin ouvrit la porte, et monta lentement les 17 marches qui le conduisirent à une belle pièce à vivre, lumineuse, donnant sur la rue.
Inconsciemment, il se dirigea vers les fenêtres d’où le Grand Homme observait ses futurs clients et s’amusait de leurs hésitations. Le point de vue était parfait, dominant parfaitement la rue. En outre, avec le contre‐jour, l’appartement n’était guère visible d’en bas. Un fauteuil confortable à cet endroit là lui parut alors une évidence.
Satisfait, il fit lentement le tour de la pièce à vivre. Comme certains lieux historiques, l’atmosphère était particulière, Simon Berlin s’y sentit comme apaisé. Tout est question d’ambiance et quelque chose se dégageait bien de cette espace, bien plus grand cependant qu’on se l’imaginait.
Il contempla la cheminée dont le manteau en bois avait souffert, en témoignaient d’importantes éraflures ci et là. Restaurée, tout en gardant les traces de son passé, elle sera superbe, pensa le propriétaire. Dessus, deux beaux chandeliers et une horloge qui ne fonctionnait plus, le tout surmonté d’un miroir, complétaient le tableau.
«Je suis désolé pour votre système de classement Maître, mais je devrai faire la poussière.»
Deux grandes bibliothèques en chêne, vides cependant, encadraient la cheminée.
Habitué aux armoires et étagères à monter soi‐même, Simon Berlin toucha pour la première fois de sa vie du bois massif.
Ses pensées étaient néanmoins ailleurs, comme c’est dommage qu’il n’y ait pas retrouvé certaines monographies, ou d’autres écrits!
Il entra ensuite dans les deux belles chambres attenantes. Il aurait voulu garder le meilleur pour la fin et terminer par celle‐là, mais il n’y tint plus, il commença d’abord par la chambre du Grand Homme. Sans savoir pourquoi, une petite déception l’envahit. Mais qu’attendait‐il au juste? Pas de trace de violon hélas, ni de pipe, ni de photo de «La Femme».
Juste une belle armoire, ainsi qu’un cadre de lit, et un petit bureau avec sa chaise, le tout là aussi en bois massif, sans oublier une petite cheminée. Une seule grande fenêtre à doubles battants, donnant sur Baker Street, illuminait bien la pièce.
Simon remarqua qu’il était sorti assez rapidement de la pièce, et sourit intérieurement. Avait‐il été inconsciemment intimidé?
Il passa ensuite dans la chambre du colocataire et biographe du Grand Homme. Une pièce aux dimensions plus modestes, avec une fenêtre plus petite donnant sur la cour intérieure de l’immeuble.
Il chercha, au cas où, une malle mais n’en trouva point. Comme pour la première chambre, l’armoire, le cadre de lit ainsi que la petite cheminée étaient bien là.
Un désordre attira rapidement son attention sur le bureau et il commença à transpirer: y étaient entassés tous les numéros du Strand Magazine, à partir de 1891 et ce jusqu’en 1935. Berlin n’avait pas d’idée d’estimation de ce trésor, mais comment se fait‐il que cela ait échappé aux «pilleurs de tombes»? C’est vrai que ça avait l’air de vieux mensuels posés sur un bureau mais tout de même, il suffisait de regarder.
Contrairement à ce qu’il avait fait précédemment, cette fois, il prit son temps, s’assit et commença à feuilleter les magazines, et relire les passages de ses aventures favorites. Et il était enfin heureux, oubliant tout et tous, se transportant dans le temps et l’espace avec ses héros. Des héros dont les aventures avaient toutes débutées à l’endroit même où il se trouvait. Que c’était exaltant, impossible de rester indifférent à cette magie qui se dégageait!
Cette chambre était plus petite que l’autre, avec vue sur cour de surcroît. Mais contrairement à l’autre, cette chambre pensait‐il était à «taille humaine». Simon Berlin était heureux.
Un bon nettoyage, quelques coups de peinture, et surtout un réaménagement s’avéraient indispensable afin de pouvoir vivre ici correctement.
Le nouveau propriétaire, aux anges, voyait déjà exactement l’emménagement à mettre en place. «Mais, sourit‐il, je n’ai pas de mérite. Tout a déjà été fait, et il n’y aura rien de nouveau sous le soleil. A part peut être le WIFI et une cuisine.»
Les tracasseries administratives étaient désormais derrière lui, il pouvait désormais se consacrer à la partie la plus intéressante: comment rendre vivable cet appartement vide, sans toucher à son esprit?
Dès qu’il avait poussé la porte d’entrée, il avait senti l’atmosphère particulière des lieux. Ici étaient entrées les personnes les plus illustres de la fin du 19ème et début 20ème siècle, ici s’étaient joués les destins les plus incroyables, ici enfin avaient été contées les histoires les plus extraordinaires.
Simon Berlin était le nouveau propriétaire du 221B Baker Street.
Finalement, plus de trois mois de travaux avaient été nécessaires pour rendre à l’appartement son lustre d’antan…avec les commodités d’aujourd’hui. Simon Berlin n’avait pas regardé à la dépense, sachant que désormais sa vie serait liée à cet endroit mythique.
Les mesures de chaque pièce étaient enfin définies: salon 50 m2, la chambre qui avait été celle de M. Sherlock Holmes mesurait 26 m2, et la chambre qu’avait occupée le Docteur John H. Watson faisait quant à elle 17m2.
Avec l’aide de son ami architecte, Issam Danaraba, il avait ainsi modernisé le tout, rajoutant par exemple une belle cuisine ouverte dans le séjour, et agrandissant légèrement la salle d’eau, sans oublier l’ajout essentiel d’une salle d’eau, avec wc et douche dans les chambres, remplaçant les cheminées.
Le concept général était de respecter l’idée que Berlin avait du 221B, un lieu intimiste où les gens racontaient leurs aventures, leurs histoires, leurs vies, en toute confiance. L’agencement et la décoration du plus célèbre des locataires étaient connus, il fallait à présent le rendre concret.
Issam Danaraba regardait son ami et cherchait à comprendre pourquoi son ami, journaliste puis écrivain jouissant d'un certain succès empruntait ce nouveau chemin, qu'il jugeait totalement hors de ses compétences. C'est lors de leur dernier café, au dernier jour des travaux, qu'il entama la discussion.
«Une chambre d’hôte… c’est original en tout cas Simon!
‐ Ce sera une habitation principale mon ami, je compte m’installer dans la chambre du docteur Watson et louer celle de M. Holmes…
‐ Tu repars dans des collocations comme lorsque tu habitais à Caracas ou Barcelone! A plus de 40 ans! Ce n’est pas comme si tu étais étudiant ou en galère pour payer un loyer seul tout de même. Qu’est ce que tu vas faire dans cette galère? En plus tu prends la plus petite des chambres!
Ne me dis pas que c'est une question d'argent Simon, tes livres se vendent comme des petits pains et...»
Issam s'arrêta de parler, conscient du regard particulier que lui lançait son ami. Et l'observa avec attention pour la première fois depuis longtemps. Il remarqua que l'attitude, le langage corporel de son ami n'était plus le même que d'habitude. Il ne savait pas quoi précisément, mais un «je ne sais quoi» venait perturber l'ensemble. Depuis quand? Pourquoi ne l'avait‐il pas remarqué avant?
«Tu as raison Issam, ce n'est pas un besoin d'argent. J'ai certes dû faire un emprunt pour obtenir le 221B mais rien de fou. Après même si je ne suis pas exigeant, j'aime un certain niveau de vie, le confort et tout ce qui va avec.
‐ Cesses tes boutades Simon, je suis sérieux.
‐ Depuis mon dernier roman, je n'y arrive plus...je n'ai plus d'idées, de concept à pousser à fond pour pondre quelque chose. J'ai toujours été quelqu'un de prolifique, sans jamais de problèmes d'inspiration, cela venait. Toutes les idées n'étaient pas heureuses, évidemment, mais il y avait une dynamique constante. Mais depuis la dernière parution, rien. Le vide. Le néant. Le nul. Le rien.
‐ Mais ça va revenir, tu t'es peut être trop exigé...
‐ Non! Je me connais quand je suis fatigué, je sais quand j'ai trop tiré sur la corde. Je sais également quand je n'ai pas envie. Là, vois‐tu Issam, c'est différent. Parce que j'ai envie, vraiment envie, et que je ne peux pas. C'est comme si un ressort avait lâché et tout le mouvement ne se mettait pas en branle.
On dit souvent que celui qui veut, peut. C'est faux, une illusion ou un mirage pour les gens sans perspective qu'on veut consoler par l'action. Celui qui peut, veut ou pas. Et celui qui ne peut pas, ne fait rien et ne peut rien vouloir».
Issam se leva pour prendre un biscuit. Quand commençaient les discussions sérieuses, l'architecte aimait toujours avoir un peu de sucre près de lui.
«Très bien. Du coup tu changes Paris pour Londres et tu te dis que les fish and ships et les bonbons chocolats menthe vont faire revenir les muses? Quel est le rapport entre tes problèmes d'inspiration et cet achat immobilier?
‐ Le 221B sera le déclencheur.
‐ Pardon?
‐ Je te dis Issam que je crois que je n'ai plus le plus le ressort qui fait s'enclencher la mécanique. Kaputt.
J'ai deux solutions en attendant que ça revienne. Si ca revient d'ailleurs.
La première solution est d'aller louer un gîte rural dans le Vercors ou dans une zone bien perdue du Jura, de me lamenter sur mon sort, en implorant les jours de pluie tous les dieux de l'Inspiration de bien vouloir me la rendre.
Et la seconde solution est apparue seule lorsque j'ai ouvert le journal il y a quelques mois et que j'ai lu que les Autorités Anglaises voulaient se débarrasser du 221B! J’ai tout lâché et suis venu me battre pour l’avoir. Car vois‐tu Issam, les gens qui seront accueillis peuvent être, ou plutôt leurs histoires peuvent être, les déclencheurs dont j'ai besoin. Peut être qu'alors mes idées reviendront, qu'une certaine inspiration reviendra!
‐ Tu veux prendre des gens qui vont te raconter des histoires? » Le tour de la conversation commençait à inquiéter Issam.
« Il y aura certaines conditions pour venir au 221B, c'est vrai.» Simon Berlin tendit alors à son ami l'annonce qu'il avait fait paraître sur les sites de location de particulier à particulier:
Loue chambre de M. Sherlock Holmes au 221B Baker Street, Londres Tarif 899, 00 € / nuit, dîner et petit déjeuner inclus
Conditions: le ou la locataire sera sélectionnée en fonction d’une histoire à conter de vive voix au Propriétaire, qui sera libre de s'en inspirer pour ses écrits ultérieurs sans possibilité de recours. Merci d’adresser votre candidature au 1night@221b‐bs.com
Issam lut l'annonce et ne put s'empêcher de rire:
«Mais tu auras des locataires à ce prix la?! Car si tu m’annonces ce tarif, je file dans les meilleurs établissements de Londres!
‐ Issam, mon ami, des fois la lumière ne monte pas… peut être parce que tu es grand.
J’ai reçu plus de 526 demandes sur ma boîte mail… j’ai posté mon annonce il y a moins de 4 jours.
Ces personnes ne veulent pas d’une salle de bain en or ou d’un coussin ayant remporté le prix du moelleux de l’année. Ces gens recherchent le véritable luxe, c'est‐à‐dire l’expérience unique et historique. Passer un moment dans un lieu ou se sont affrontés Holmes et Moriarty par exemple est unique.»
Simon Berlin regarda autour de lui et fut ravi du résultat. Sa nouvelle vie commençait.
Saint Maur, Février 2017
Pour Julien F., né pour courir !
« C’est que [le coup] a été commis par un homme qui n’a pas le droit de ne pas être infaillible, car sa situation, qui est unique, repose sur le fait qu’il doit réussir tout ce qu’il entreprend. Une grande intelligence et une puissante organisation se sont appliquées à la perte d’un homme. Sans doute, prendre un marteau pour casser une noisette, c’est pousser l’énergie à l’absurde, cela tient de l’extravagance ; mais enfin, la noisette est cassée. »
La Vallée de la Peur – 1915 ‐ Arthur Conan Doyle
“Vous m’avez ... COMPRIS!”
Une foule en liesse et compacte dans cette salle du Dôme, brandissait des drapeaux français et des écharpes tricolores dans un brouhaha puissant, uniquement portée par la voix de l’orateur.
Le Maire tout juste élu, Jules Fauchère, s’époumonait dans un discours qu’il voulait poignant et qui surtout faisait deviner l’homme de lettres. Bien que relativement jeune, il arborait une canne qu’il faisait virevolter, et lui, allait et venait sur l’estrade.
“Oui, vous m’avez compris chères Pontoisiennes, chers Pontoisiens, et vous m’avez fait CONFIANCE pour écrire une nouvelle page de l’Histoire de cette grande et belle ville! Mais n’oublions pas, surtout pas: Ab Origine Fidelis! Soyons fidèles à nos origines...pour envisager un superbe avenir!
2000 ans d’Histoire nous contemplent mes Amis. Nous tournons les yeux et ça et là apparaissent la Chaussée Jules César, le Mont Bélien, l’Abbaye Saint Martin… et tant d’autres lieux qui résonnent de notre Identité!
Pontoise est un Espace qui tient dans le Temps. Dont l’avenir ne peut s’écrire qu’à travers des fulgurances culturelles. Mes prédécesseurs l’avaient bien entendu, eux qui ont fait de l’idée de la connexion avec Cergy une des belles priorités pour donner vie à ce qui est aujourd’hui une des universités les plus reconnues du Monde. Rendez‐vous compte! L’Université de Cergy‐Pontoise, égale d’Harvard, de Salamanque ou de la Sorbonne!
Le Maire fit une pause, sortit son mouchoir brodé avec lequel il s’épongea les tempes, but une gorgée d’eau sucrée et ferma les yeux quelques secondes. “Un instant d’éternité” pensa‐t‐il. Quand il les rouvrit, il regarda la foule sérieusement et continua plus lentement, en faisant attention à parler plus bas, comptant sur une attention encore plus accrue.
“Nous allons continuer à prendre notre Avenir en main mes Amis... comme je vous l’avais promis pendant la campagne nous allons faire de la Culture et la Formation notre axe de développement principal…
