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A l’école ou à la maison, les petits ou les plus grands, vont s’émerveiller par la découverte des « contes d’Algérie ». Le choix s’est porté sur les contes les plus populaires des différentes régions d’Algérie, adaptés aux enfants de 8 à 10 ans, ils leur ouvrent les portes d’un monde enchanté qui donne de l’essor à leurs imaginations, c’est aussi un moyen de s’approprier la langue et d’assurer la transmission culturelle entre les générations. Le conte, cette tradition orale, est un patrimoine riche à préserver, il se distingue par son intemporalité, son universalité.
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Veröffentlichungsjahr: 2022
9 Contes d'Algérie
Conte collecté par :Ouarda Akif
Révisé et corrigé par : Ouiza Ouallouche et Nassiba Abderrahim
Illustré par : Nechwa Djeghri
Lila l'espiègle
Il était une fois, dans la région de Taghit, un homme qui venait de perdre sa femme lui laissant derrière elle sept orphelines.
Un jour, il décida de se remarier. En cherchant, il trouva la femme qui allait le rendre heureux.
La marâtre n’aimait guère les filles. Elle promit de leur rendre la vie difficile. Mais celles-ci étaient bien élevées et ne racontaient jamais leurs malheurs à leur père, afin de ne pas le chagriner.
Un jour, la marâtre prépara des crêpes, puis elle les cacha soigneusement. Les filles qui jouaient dans la cour sentirent l’odeur alléchante qui avait envahi la maison. Ne pouvant pas se retenir, elles décidèrent de se faufiler à tour de rôle dans la cuisine et manger les crêpes.
Une fois rassasiées, elles remontèrent dans leur loge et s’endormirent. Elles ne se réveillèrent qu’aux cris lancés par leur marâtre : « Je ne veux plus revoir tes filles dans ma maison, elles ont osé voler mes crêpes. »
Le père, voulant satisfaire sa femme, s’adressa aussitôt à ses filles en ces mots : « Il fait beau, allons nous promener. »
Les sept filles sortirent avec le roi et marchèrent derrière lui pour ne pas le perdre de vue.
Arrivés en haut d’un ravin, le père les précipita dedans et s’assura qu’elles ne puissent plus remonter à la surface. Il effaça leurs traces sur le sable et revint chez lui, le cœur joyeux.
Les filles s’effondrèrent en larmes, puis s’efforcèrent de se calmer, pour pouvoir réfléchir et trouver une solution.
Lila, la plus jeune d’entre elles, ayant une idée, dit à ses sœurs : « Débarrassez-vous de vos cordons ; on essayera d’en faire une longue corde puis on remontera l’une sur le dos de l’autre. Et enfin, celle qui arrivera à la surface attachera la corde formée à un palmier. On y montera toutes, et nous serons sauvées. »
Les filles trouvèrent l’idée bien convenable. Elles firent ce que leur proposait Lila et réussirent à former une longue corde. Elles montèrent l’une sur l’autre jusqu’à ce que Lila atteigne le sol : « Ça y’est, j’y suis, je vais attacher la corde au palmier et vous pourrez monter ! »
Lila noua la corde autour de l’arbre, puis aida ses sœurs à grimper à tour de rôle. Elles crièrent de joie : « Nous sommes sauvées ! Nous sommes sauvées ! »
Une fois remises de leurs émotions, elles se mirent à chercher de la nourriture et un abri pour passer la nuit.
Elles errèrent un bon moment et finirent par voir de loin un troupeau de moutons. Elles s’en approchèrent et constatèrent qu’il n’y avait pas de berger.
Soudain, elles virent sortir un chat d’une caverne, il appela les moutons à rentrer car il faisait presque nuit et le loup risquait de surgir. Les sept filles hésitèrent puis décidèrent d’entrer elles aussi dans la caverne.
Marchant sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit, elles atteignirent une petite porte. Alors elles se glissèrent une à une en rampant et les voilà à l’intérieur de la caverne.
Elles avaient tellement faim qu’elles se mirent aussitôt à la recherche de nourriture, ne se demandant même pas si elles couraient un danger.
Elles tombèrent sur un bon repas et mangèrent jusqu’à être complètement rassasiées.
Le chat qui était aux alentours de la caverne, rentra dans une de ses pièces préférées, là où le feu était allumé, puis parla à sa queue : « Dis-moi, j’ai comme l’impression de sentir une odeur étrange dans ma maison. »
Sa queue lui répondit : « Non, mon seigneur, il n’y a que toi et ton troupeau. »
Il s’allongea alors et s’endormit confiant.
Lila, qui le regardait à travers le trou de la serrure, rentra dans la pièce, prit des couvertures et tout ce dont elle et ses sœurs avaient besoin. Elle prit le soin de ressortir sans faire de bruit.
En se réveillant, le chat remarqua que des choses avaient disparu dans sa pièce, il reparla alors à sa queue : « Dis-moi, j’ai comme l’impression que quelqu’un a pénétré dans ma maison, trouve-le ou je te brûle ! »
La queue lui répondit : « C’est Lila, la plus jeune des sept filles, c’est elle qui est entrée dans ta pièce ! »
Le chat prit de rage, posa un tison sur sa queue pour la punir. Cette dernière prit feu comme de la paille. Immédiatement après, le chat cria de douleur, et le feu le dévora tout entier.
La pauvre bête avait mis fin à sa vie de ses propres mains.
Un bêlement désagréable réveilla les filles de bon matin. Lila, voulant savoir ce qui se passait dehors, se dépêcha de regarder encore une fois par le trou de la serrure et aperçut une silhouette allongée sur le tapis. Elle ouvrit la porte tout doucement et une odeur de brûlé lui chatouilla les narines. Elle s’écria : « Un malheur est arrivé au chat ! »
Ses sœurs arrivèrent alors et découvrirent une boule de cendres sur le tapis. Elles comprirent que le chat était brûlé.
Les sept filles devinrent alors les maîtresses de la caverne et échappèrent ainsi aux méfaits de leur marâtre.
Les bons amis
