Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Folfair et Chauduc sont deux jeunes hommes qui profitent de leur jeunesse sans retenue, entre quête de sensations fortes et recherche d'aventures sexuelles. Leurs chemins se croisent le temps d'un été pour affronter ensemble le tyran qui les emploie comme saisonniers. Les deux garçons nous entraînent dans un périple chaotique et plein d'ivresse, qui leur apportera des révélations inattendues.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 64
Veröffentlichungsjahr: 2020
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
A mes soirées inspirantes
L’ivresse de Folfair
L’ivresse de Chauduc
L’ivresse des grands soirs
L’ivresse du vieux
L’ivresse de Fabuline
Epilogue
- Un, deux, quatre…
Pas facile de compter dans sa tête quand elle virevolte.
- Vole, vole, petit oiseau. Tu deviendras gland… heu… GRAND !
Folfair se plia en deux et rigola de son lapsus aussi fort qu’à une blague bien pourrie. Il mit quelques instants à retrouver son souffle. On manque de souffle quand on boit trop. C’est pourquoi Folfair était venu faire une balade sur la plage en pleine nuit. Il déambulait en short, pieds nus sur le sable.
- Ma blague t’a fait gagner quelques secondes de vie, petit oiseau !
Folfair dévisagea le petit moineau avec un regard attendrissant. Il le tenait d’une main, et le caressait gentiment de l’autre. « Pauvre chaton... », lui marmonna-t-il.
Folfair passait par toutes les émotions : il sentait le cœur de l’oiseau battre. Cette petite chaleur de vie était émouvante. En même temps, il mesurait à quel point il contrôlait sa proie : il n’avait qu’à serrer le poing pour brouiller l’animal. Ce petit sentiment de puissance était jouissif.
Il y eut un long moment de silence. Folfair était figé. Son regard injecté de sang et d’alcool fixait les yeux de l’oiseau. Il n’arrivait plus à comprendre comment la vie circulait dans ce petit être.
« Pauvre chaton… », répéta-t-il. « Je sais, je sais… Je te traite de Minet, alors que tu es un Titi ! », dit-il en rigolant malicieusement. Sa tête tournait si fort qu’il manqua de s’effondrer. Le sable lui chatouillait les pieds.
Il se redressa soudainement, comme pris d’un spasme. Il parlait maternellement à son petit ami. « Tu es perdu ? Tu as froid ? Pauvre chaton…. Tu veux rentrer à la maison voir ta « man-man » chérie ? »
Il se parla à lui-même : « Ce moineau est assez con pour croire qu’il est vraiment un chat désormais. »
Long moment où Folfair tenta de recouvrer ses esprits. Sans y parvenir. Il ne parvenait plus à rester immobile : il puait aussi fort que l’alcool qu’il avait bu une heure durant, avant de se retrouver dehors. Il écoutait la mer religieusement désormais comme pour trouver une sorte d’inspiration.
« Envole-toi », hurla-t-il soudainement en projetant l’oiseau devant lui de toutes ses forces, comme une balle de baseball. Folfair trébucha pendant son lancer : il finit à genoux sur le sable, tête baissée et rigolard.
Le petit Titi finit sa course contre le mur du parapet. « Tu vois que tu n’étais pas vraiment un chat : tu serais retombé sur tes pattes ! » Folfair était toujours à terre, incapable de se relever. Il postillonnait quand il parlait. « Sale menteur ! »
Titi agonisait par terre, la tête tordue et le ventre ouvert. Folfair agonisait par terre, la tête en vrac dans le sable et le ventre imbibé d’alcool et de substances hallucinogènes.
« Voilà ce qui arrive aux menteurs ! Oiseau de malheur ! » Il riait à gorge déployée. « Bah ouai : même bourré, je rime ! » Il laissa l’oiseau mourir comme un grand.
Folfair s’allongea de tout son long sur le sable, fier de la leçon de morale qu’il venait de donner. Il respira un grand coup. Il était bien. Relaxé.
Très vite il dégrafa son short, glissa sa main droite dans son caleçon et attrapa sa queue. Il était encore mieux maintenant. Il ferma les yeux et s’imaginait sur l’eau en train de flotter. Il avait envie de faire durer ce moment de plaisir encore et encore. Il imaginait des mains le couvrir de caresses sensuelles. Comme si son corps était un objet sacré que l’on s’arrachait au plus offrant. Il sortit sa queue de son short et ses lèvres formèrent un sourire vicieux. Les mains se firent de plus en plus vigoureuses. Il sentait le souffle des vagues autour de lui. Il parla : « Encore… Plus vite… » Le léger vent effleurait son sexe triomphant. Ses paupières étaient si lourdes qu’il ne pouvait les ouvrir : peu importe, il était ailleurs. Il ne mit pas longtemps à gémir de plaisir.
Son esprit mit quatre heures avant de revenir à une vie normale.
Quand il ouvrit les yeux, le petit matin était là sur la plage. Il se releva très vite. Presque aussi frais et vivace qu’après une longue nuit de sommeil. Il se parla à lui-même : «Tu as ça pour toi : ta force c’est que rien ne peut t’atteindre mon vieux, et surtout pas une bouteille de rhum et deux pétards. » Folfair passa la main dans ses cheveux encrassés de sable, se gratta l’entrejambe, s’étira les bras en l’air, et rentra chez lui.
Il passa devant la dépouille de Titi. Il le regarda avec distance et mépris. C’est lui-même qu’il méprisait en réalité. « T’es vraiment trop con. T’avais quand même mieux à faire hier soir que jouer avec un putain de moineau. Ce soir, promis, je ramène une autre proie dans mon pieu ! »
Folfair travaillait tout l’été comme saisonnier dans un restaurant de bord de mer. Il venait dans cette petite ville balnéaire quasiment tous les étés depuis tout petit. Lui et sa mère connaissaient bien les gens du coin. Ça lui avait ouvert quelques portes pour trouver son job d’été.
Il enchainait les journées avec la régularité d’un métronome. Cette routine lui pesait monstrueusement sur le système. Comment pouvait-on se soumettre ainsi à de telles contraintes de travail toute sa vie ? Surtout quand il s’agissait de subir les agressions des clients et celles du patron.
L’autre jour, un client lui avait balancé : « Ton poisson est infecte ! J’espère que ta copine te donne des choses plus fraîches à bouffer mon gars ! » La femme du type était hilare. Folfair avait piqué un fard et n’avait pas su quoi répondre. Pour se venger, il avait copieusement craché dans le verre de bière commandé par le sale con ; maigres représailles à côté de la gêne publique provoquée par ce type.
Un jour, il aurait le courage de se venger vraiment.
Son boss était aussi malsain qu’imprévisible. Folfair en fit les frais le lendemain de sa nuit imbibée sur la plage. A peine eut-il franchi le palier du restaurant, qu’il se fit alpaguer par le maître des lieux.
- Hey gamin ! hurla le vieux. Viens donc un peu par-là me voir !
Le patron était une anguille opportuniste de premier rang : toujours dans la combine des bonnes affaires pour acheter sa cam’ moins chère (et moins bonne…), toujours à trouver des excuses bidons pour payer en retard les employés (les « gamins » comme il les appelait) en oubliant maladroitement de compter les heures sup’, toujours à faire croire aux bons clients (les « mérous » comme il les appelait) que seuls les paiements en espèces étaient acceptés… En somme, une espèce de naze qui profitait sournoisement du système, et qui jubilait de ses quelques franchissements de ligne jaune comme s’il avait commis le casse du siècle. En réalité, c’était le seul moyen que ce type avait trouvé pour mettre un peu de piment dans sa pauvre vie morose.
Il était d’un physique très ingrat, ventripotent, dégoulinant de graisse et marchait comme un manchot. Si tant est qu’un manchot marche vraiment : on devrait plutôt dire que cet animal déambule de gauche à droite, le plus vite possible pour s’éloigner et éviter qu’on le voie, tellement il a honte de sa démarche ridicule. Souvent d’ailleurs, il finit par se laisser glisser sur le ventre sur la banquise pour disparaître rapidement sous l’eau pour qu’on arrête de le dévisager et de se moquer de lui.
Le maître vivait seul. Sans surprise. Qui aurait voulu d’un lard pareil ? Pourtant, Folfair essayait d’imaginer ce que ce type pouvait bien pouvoir faire le soir seul chez lui. De quoi pouvait-il bien rêver ? Sur quoi pouvait-il fantasmer ? Même un manchot doit avoir des fantasmes, non ?
