Accord Conclu - Sarah Fay - E-Book

Accord Conclu E-Book

Sarah Fay

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Beschreibung

La vie n'est faite que d'accords... Mon travail, mes copines et mes coups d'un soir, voici ce qui résume ma vie ! Mais Raphaël, avec qui je passe une nuit torride, vient chambouler tous mes plans lorsqu'il devient mon responsable alors que je convoitais ce poste... Nous décidons de faire table rase du passé et de travailler ensemble comme si de rien n'était. Pourtant, je perds peu à peu le contrôle de mon quotidien millimétré. Car comment résister à son charme ? Réussirai-je à rester la professionnelle que je suis, en ne succombant pas à cet homme qui a tout de Monsieur Parfait ?

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ACCORD CONCLU

SARAH FAY

Copyright © 2021 by Sarah Fay

Autoédition

Tous droits réservés

Couverture réalisée par Louv’ Graphisme

Photo de couverture : kiukson (Shutterstock)

ISBN : 978-2-3223777–7-0

Dépôt légal : Août 2021

Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contre-façon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

A toutes les personnes qui, comme moi, pensaient qu’écrire un livre et l’auto publier était impossible

Table des matières

1. Alors, on a un ticket ?

2. L’as-tu déjà fait dans les toilettes d’un resto ?

3. Alors, qui es-tu, Léa ?

4. Je te présente le nouveau responsable marketing

5. Andouillettes frites !

6. Il vaut mieux qu’on oublie

7. En tout bien tout honneur

8. J’ai deux mains gauches

9. À ton tour, maintenant

10. J’ai rangé mes escarpins

11. Tu m’évites ?

12. Tu me plais

13. Ne réfléchis pas trop

14. Tu es toujours aussi formelle avec les gens ?

15. Comment souhaitez-vous que je me fasse pardonner ?

16. Je contrôle totalement la situation

17. Ce que je veux

18. Ça ne me dérangerait pas de me retrouver sous lui

19. On ne va pas se laisser abattre

20. Et bon vent !

21. Elle t’invite à son mariage

22. Il se moque de moi !

23. Il va falloir que tu fasses un peu plus d’efforts

24. Faisons comme s’il n’était pas là

25. Les femmes… vous ne changerez jamais

26. Casse-toi !

27. Tu es vraiment infernale…

28. Y en a un qui va voir de quel bois j’me chauffe !

29. Tu n’as besoin de personne

30. Est-ce que ça en vaut le coup ?

Note de l’autrice

Remerciements

A propos de l’autrice

1

Alors, on a un ticket ?

Je sors à pas feutrés de la chambre plongée dans le noir. Malgré la pénombre, je réussis à retrouver mon sac à main que j’ai déposé à l’entrée deux heures plus tôt. Je récupère mon téléphone portable et enclenche la lampe torche.

Mes vêtements sont éparpillés dans le salon et je pars à leur chasse. D’abord ma culotte sur la lampe à côté du canapé, mon soutien-gorge sur la table basse, mon pantalon et ma chemise sur le sol.

Je m’habille à la hâte sans faire un seul bruit. Je ne veux pas réveiller mon partenaire d’une nuit. Je finis par ramasser ma veste jetée avec négligence dans le couloir. À pas de loup, j’attrape mes escarpins et me dirige vers la porte d’entrée.

La main sur la poignée, j’écoute pour savoir si mon amant s’est réveillé ou non. Aucun son.

Ouf, je peux partir sans regret.

Cette nuit a été fantastique, mais je me dois aujourd’hui de revenir à la réalité : dans ma vie tranquille et bien rangée.

Je balaie du regard une dernière fois ce lieu dans lequel je ne remettrai jamais les pieds, et je sors.

Dès que je quitte l’immeuble, mes talons claquent sur l’un des trottoirs de la capitale française pendant quelques minutes, le temps de héler un taxi.

Les souvenirs de cette nuit torride repassent en boucle dans ma tête. L’homme avec qui je viens de passer la soirée n’était pas exigeant : il a accepté mes conditions et a été satisfaisant. Si tous les coups d’un soir pouvaient se passer ainsi…

Le lendemain matin, j’arrive guillerette chez Packers, la société dans laquelle je travaille depuis trois ans. Mes collègues sont surpris par ma bonne humeur. En effet, ça fait des semaines que plus personne ne vient me parler, au risque de subir mes foudres.

Je suis chargée de communication dans une entreprise spécialisée dans l’agroalimentaire et mène divers projets marketing comme le relooking du site web ou encore le lancement d’une nouvelle gamme de produits. En ce moment, tout mon temps est réservé à l’organisation d’un salon à Bruxelles.

En bref, j’adore mon métier.

Quand ma responsable, Magalie, a déposé sa démission, deux mois plus tôt, c’était l’opportunité qu’il ne fallait pas rater, le moment inespéré que j’attendais pour pouvoir évoluer.

Cependant, moi qui ai toujours eu une carrière sans fausse note et ai évolué avec facilité de poste en poste, j’ai l’impression d’être aujourd’hui face à un mur infranchissable. Le disque de ma vie est en train de s’enrayer et ça me déplait.

Et s’il y a bien une chose que je déteste, c’est de ne rien maîtriser.

Quand l’occasion s’est présentée, je me suis rendue chez Robert, le chef au-dessus de Magalie, mon N+2. Je lui ai soumis ma candidature. Dès le début de l’échange, j’ai ressenti son malaise. Pendant que je lui expliquais mes motivations, il me regardait d’un air dubitatif des plus déstabilisants. Il a pris mon CV en rechignant.

Trois semaines plus tard, j’ai quand même passé un entretien avec les ressources humaines, mais j’ai appris par la même occasion que j’étais en concurrence avec des candidats extérieurs.

Depuis, j’attends la réponse finale. Et cette attente me met à rude épreuve. Je suis tellement angoissée que mes collègues me fuient depuis des jours.

Toutefois, ce matin, après la dose d’endorphines que je me suis octroyée, rien ne peut venir entacher cette belle journée.

Enfin… c’est ce que je pensais.

— Salut Léa, s’exclame Sarah, l’assistante marketing, en passant la tête par ma porte entrouverte. Robert te cherche.

— Salut. Ah bon ?

— Oui, il m’a dit de te prévenir dès que tu serais arrivée.

— Tu crois que c’est pour tu sais quoi ?

— Ah ça…

Elle hausse les épaules et part.

Je prends une grande inspiration. Robert ne me convoque jamais aussi tôt. Ça ne peut être qu’en rapport avec mon poste tant espéré. Je tente de chasser la tension qui m’envahit, mais n’y parviens pas et me dirige vers son bureau, les jambes flageolantes.

— Ah, ma chère Léa, comment vas-tu ? s’écrie mon chef dès qu’il me voit, la voix beaucoup trop enjouée.

Je me crispe à la mention ma chère Léa. En général, quand Robert m’appelle ainsi, ça n’annonce rien de bon.

— Je vais bien, réponds-je d’un ton réservé.

— Je voulais te voir pour te parler du poste de responsable marketing.

Je m’assois en face de lui et mordille ma lèvre inférieure, tout en réfrénant l’envie irrépressible de me ronger les ongles.

— Nous avons discuté avec la direction, continue-t-il. Et tu sais, ça n’a pas été une décision facile. Nous apprécions ton implication et ton travail dans cette entreprise. En trois ans, tu nous as démontré qu’on pouvait te faire confiance. Quand tu entreprends quelque chose, tu vas toujours jusqu’au bout de ta mission. Tu connais bien les rouages de Packers et comprends la philosophie de la société.

Je reste de marbre face à son discours.

Jamais Robert ne me lance des fleurs. Il y a un hic quelque part…

— Mais… ça ne fait que trois ans que tu es là. Tu es jeune, seulement vingt-sept ans ?

— Vingt-huit, corrigé-je.

— Oui… Malgré toutes tes qualités qui ne sont pas discutables, nous ne pouvons pas te proposer le poste, car nous te pensons trop jeune et pas assez expérimentée.

Mon estomac se noue à cette annonce, mais hors de question de me laisser faire !

— Magalie avait seulement trente ans quand elle est arrivée ici.

— Certes, mais elle venait d’une grande entreprise et avait de l’expérience en tant que responsable. Nous l’avons d’ailleurs recrutée pour ces raisons. Étant donné la ligne stratégique que souhaite prendre Packers pour les prochaines années et son ambitieux business plan, nous avons recruté une personne qui nous semble avoir les épaules solides pour relever nos nombreux défis.

— Recruté ? Vous avez déjà recruté quelqu’un ?

Je sursaute sur ma chaise avec l’impression de basculer dans un trou sans fond. Pourtant, mes pieds touchent bien le sol et je ne tombe pas.

— Oui, haha.

Robert n’a même pas l’air désolé.

— Nous avons trouvé la perle rare. Il arrive d’ailleurs dans deux semaines.

Je reste abasourdie par la nouvelle, mais je me reprends vite, malgré les palpitations erratiques de mon cœur.

— Qui ?

— Oh, c’est un recrutement externe. Tu ne le connais pas. Il a fait HEC et possède une expérience conséquente dans le domaine de l’agroalimentaire.

Je sors du bureau cinq minutes plus tard, le moral dans les chaussettes.

Toute la semaine qui suit, je rumine dans mon coin, mais n’en perds pas ma motivation pour autant. Je travaille sur la préparation de mon salon depuis des mois et je ne peux pas le laisser tomber. Mon travail, c’est ma vie.

Toutefois, c’est l’air abattu que je retrouve mes deux meilleures amies, le vendredi, dans un bar du côté d’Opéra.

— Je n’en peux plus, soupiré-je après avoir bu une gorgée de mon verre de vin rouge.

— Tout va bien se passer, me rassure Constance, assise face à moi, ses longs cheveux noirs voletant autour de son visage.

— Non, vraiment, je n’en peux plus de ce travail. J’ai raté ma seule chance de devenir responsable et Robert vient de me passer un savon…

Ce dernier vient de me réprimander pour un départ tardif de produits.

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je m’échine depuis des années, et voilà, comment on me remercie ?

— Arrête de te miner pour si peu, ce n’est pas ta faute, intervient Nina.

— Oui, je sais, mais il ne veut rien savoir.

— Franchement, tu devrais trouver une autre boîte et démissionner.

— J’ai ce gros salon qui arrive. Plus tard… peut-être…

Et puis, pourquoi devrais-je trouver un autre travail et démissionner ? À cause de ce responsable que Robert a dégoté je ne sais où ?

— En tout cas, je vais le pourrir ce nouveau chef, je vous le garantis, tonné-je.

— Oh, ça, on te croit ! ironise Nina.

— Tu pourras peut-être apprendre de lui ? suggère Constance d’une voix douce.

— Franchement, je ne crois pas…

Je vois mes amies échanger un long regard, mais je me tais.

Je sais ce qu’elles pensent : je devrais donner une chance à cette personne, mais c’est au-dessus de mes forces. Je le déteste déjà !

— Oh, je ne vous ai pas dit, s’écrie Constance subitement en changeant de sujet. Vous vous souvenez de Christophe et Caroline ?

— Oui, de ton service commercial ? demande Nina en fronçant les sourcils.

— C’est ça. Devinez ! Ils sortent ensemble.

— Vraiment ?

— Oui, il paraît que Julien les a surpris en train de s’embrasser dans la salle des imprimantes.

— Non, pas possible, m’exclamé-je, un sourire sur les lèvres.

Ça fait des semaines que Constance nous parle de ses deux collègues. Elle les suspectait d’entretenir une relation. C’est maintenant confirmé.

Nina et moi écoutons notre amie comme si elle était le messie. Nous adorons les ragots de ce genre.

— Si, je vous assure. Christophe et Caroline n’osaient plus regarder personne après…

— Julien aussi… tu imagines, tomber sur cette scène. J’espère qu’ils ne faisaient pas autre chose…

— Il ne m’a pas raconté les détails, mais s’ils étaient en train de le faire, il me l’aurait dit, commente Constance.

— Mais ces deux-là, Christophe et Caroline, ils n’ont pas un lien de hiérarchie ? s’enquiert Nina.

— Mais si, c’est ça le plus problématique… Caroline est sa cheffe…

— Attends-toi à une promotion canapé pour Christophe, lancé-je, ironique.

— C’est sûr que les décisions commerciales seront vite expédiées au lit.

Nous éclatons de rire.

Ce n’est pas fair-play envers ce cher Christophe, mais parler de ce genre de futilité nous remonte le moral. Enfin, surtout le mien qui est au plus bas depuis des semaines.

— Tu ferais quoi si ton nouveau chef était charmant ? m’interroge Nina, le regard pétillant.

Non, mais à quoi pense-t-elle ? Je ne me suis jamais laissée séduire par un seul de mes collègues. Ce n’est pas avec ce chef qui sort d’une pochette surprise que ça arrivera. Je ne suis pas de celle qui croit au prince charmant ou qui attend une belle romance sur mon lieu de travail.

— Rien, annoncé-je d’une voix assurée.

— T’en es sûre ? Si c’était un beau gosse, comme Ryan Gosling ou Chris Evans ?

— N’importe quoi ! Et même s’il était charmant, tu connais ma position sur ce genre de relations : jamais au travail.

— Ne sois pas aussi vindicative, ça pourrait arriver. Tu sais, un couple sur sept se forme au travail.

— Oui, mais moi je ne recherche pas à être en couple, alors la question ne se pose pas, la coupé-je.

Je soupire, car Nina connaît bien mon opinion sur ce sujet. Je dévie la conversation.

— Raconte-nous ta sortie avec ta nouvelle conquête… Franck, c’est ça ?

— Oh, m’en parle pas, c’était un désastre, rétorque-t-elle, le visage amer.

Elle se lance dans le récit de son rendez-vous catastrophique. L’homme insistant a osé lui caresser la cuisse alors qu’elle n’avait pas donné son accord.

Après une gifle, elle s’est enfuie.

— Si Nicolas s’était comporté de cette manière lors de notre premier rendez-vous, je lui aurais même balancé mon verre à la figure, s’indigne Constance.

Constance est la seule de nous trois en couple. Elle a connu Nicolas six ans plus tôt sur un site de rencontre. Les deux tourtereaux filent le parfait amour depuis et vont même se marier dans trois mois. Nicolas a tout de l’homme parfait ; il sait cuisiner, fait le ménage sans que mon amie ait à le lui demander, lui offre souvent des fleurs et il est beau comme un dieu. Constance a de la chance, mais elle le mérite. Dans sa relation précédente, elle est tombée dans les griffes d’un pervers narcissique qui n’a pas arrêté de la rabaisser en toute occasion. Nicolas est celui qu’il lui fallait. Il la traite bien et la soutient dans tous ses projets.

À l’inverse, je suis célibataire, mais ça me convient. Je vais d’un coup d’un soir à un autre et je n’ai pas le temps de m’investir dans une relation sérieuse.

D’ailleurs, pour quoi faire ? J’aime mon indépendance avec mon petit appartement que j’ai décoré à mon goût. Je sors sans rendre de comptes à personne, binge-watch des séries le week-end en pyjama et passe des soirées entre copines.

Si ce n’était pas la débâcle dans mon boulot actuel, ma vie serait parfaite.

— Olivier, tu me sers un nouveau verre ? interpellé-je le serveur derrière le comptoir.

Ce dernier acquiesce et vient vers moi une minute plus tard avec ma commande.

Avec mes amies, nous aimons nous retrouver dans ce bar tranquille qui se situe en plein milieu du quartier d’Opéra. Les boissons sont chères, mais l’ambiance jazzy, le mobilier classieux, et les lumières tamisées rendent le lieu intimiste. Nous détestons nous rendre dans les endroits remplis de gens qui hurlent plus fort que la musique, peu propices pour des discussions sérieuses. Nous venons si souvent ici que même le barman connaît nos prénoms.

Quand nous voulons papoter, ce lieu est idéal.

Ce soir même, seuls deux hommes sont assis au comptoir et nous pouvons discuter encore pendant un moment avant le coup de feu de vingt-deux heures.

Je m’excuse pour aller aux toilettes qui se trouvent au sous-sol et passe devant les deux clients. L’un d’eux relève la tête et me regarde dans les yeux. Je me détourne sans faire attention à lui et descends les escaliers.

Quand je remonte et repasse devant le comptoir, l’homme qui m’a observée cinq minutes plus tôt me dévisage à nouveau. Cette fois, je prends le temps de le détailler.

Il est charmant avec ses yeux bleus et ses épaules carrées. Quand je le dépasse, je souris, ce qui ne passe pas inaperçu auprès de mes amies.

— Alors, on a un ticket ? me souffle Nina en me tapotant l’épaule.

2

L’as-tu déjà fait dans les toilettes d’un resto ?

— Je pense que tu as tapé dans l’œil de ce mec au comptoir, me taquine Nina.

— Tu crois ? m’exclamé-je, un sourire en coin.

Nina est la séductrice du groupe. Elle est grande, mince, blonde aux yeux bleus, le parfait stéréotype de la Nordique. D’ailleurs, elle a du sang suédois du côté de sa mère.

Je suis l’inverse ; en plus d’être brune, je mesure quinze centimètres de moins que mon amie. Du haut de mon mètre cinquante-huit, je dois souvent relever la tête pour regarder mes amies. Néanmoins, j’ai quelques avantages pour moi. Je suis petite, mais n’ai pas à rougir de mes formes. Et mes yeux marron-vert semblent ne pas laisser indifférents les hommes.

Je compte jusqu’à dix, puis me retourne en toute discrétion vers le comptoir.

L’homme aux cheveux châtains courts boit un verre de whisky. Âgé d’une trentaine d’années selon mes estimations, j’apprécie sa carrure et son style décontracté. Dès que je lui jette un coup d’œil, il relève la tête et nous échangeons un nouveau regard.

Je n’ai pas pour habitude d’enchaîner les conquêtes. Je laisse quelques semaines avant de trouver un nouvel amant. Cependant, cet homme me plait et, si l’occasion se présente, je ne refuserai pas de terminer la soirée avec lui. Il ne détache pas ses yeux des miens. Je suis certaine que l’attraction est réciproque.

Je me tourne vers mes amies, le visage réjoui. Constance se rapproche et chuchote.

— Il a l’air de te plaire.

— Il est pas mal, vous ne trouvez pas ? m’enquiers-je, comme si j’avais besoin de leur avis.

Pourtant, je sais déjà qu’il m’a séduite en un seul regard.

— Plutôt, oui, lance Nina en jetant un regard vers le comptoir. Son copain n’a pas l’air mal non plus. Mais je crois voir une alliance briller sur sa main gauche… Pas de chance.

Mon amie soupire. Elle désespère de trouver l’homme de sa vie, ce qui n’est pas mon cas.

— Alors, selon vous, quelle stratégie devrais-je adopter ?

— Il semble attiré par toi, ses regards ne trompent pas, donc, tu n’as pas grand-chose à faire, répond Nina d’un ton professoral. Regarde-le de temps en temps, toutes les trois minutes au début, puis de plus en plus souvent et pendant deux secondes à chaque fois. Capte son regard. Au bout de trois échanges, commence à lui sourire et touche tes cheveux. Détourne le regard et attends. Je suis sûre qu’il viendra te voir. S’il ne vient pas immédiatement, regarde-le à nouveau, hausse un sourcil et…

— Stop ! C’est bon, j’ai compris.

Nina est une experte en séduction, elle arrive à charmer n’importe quel homme. Normal, puisque c’est son métier. Elle coache ses clients, un peu comme dans le film Hitch.

J’apprécie ses conseils, mais elle prend tellement son travail à cœur qu’elle oublie parfois qu’elle n’est pas en mission.

— Allez, lance-toi, s’écrie-t-elle en me donnant un coup de coude.

En effet, elle adore observer les gens se séduire.

Je fais la moue. J’ai soudain l’impression d’être prise pour une de ses clientes alors que je déteste servir de cobaye… Mais… j’ai envie de cet homme. Je suis donc prête à faire quelques sacrifices, même à devenir un animal de laboratoire dont on scrute les réactions s’il le faut.

Je me retourne encore et observe ma cible. Celle-ci semble plaisanter avec son ami et boit une gorgée de whisky. Ce geste anodin me plait. Je le trouve incroyablement attirant. Le léger picotement que je ressens au niveau de mon bas-ventre me le confirme.

Je prends alors une décision : je sortirai de ce bar avec cet homme au bras.

Il capte mon regard, mais ne me laisse pas le temps de détourner les yeux cette fois puisqu’il me fait un faible sourire. Mon cœur bondit. Je lui souris en retour et me tourne vers mes amies.

C’est dans la poche !

Nina, qui aurait préféré assister à un jeu de séduction long et subtil, paraît dépitée.

Je n’attends pas longtemps avant qu’il ne fasse le premier pas, car cinq minutes plus tard, Olivier, le barman, dépose un verre de vin rouge sur notre table.

— Pour Léa, c’est de la part de l’homme assis au bar.

Mon ventre se noue d’excitation. Mon souffle devient plus rapide. Je prends le vin et esquisse le geste Santé vers mon admirateur qui en fait de même. Je n’ai pas besoin de parler à mes amies pour qu’elles comprennent ce que je compte entreprendre.

Alors que mon cœur bat la chamade, je me lève et me dirige vers le comptoir. L’homme châtain se redresse et me détaille du regard. Son observation, les yeux étincelants, me ravit.

— Merci pour le verre. Ça te dérange si je m’assois ici ?

Un sourire sur les lèvres, je pointe du doigt le haut tabouret à sa droite.

— Non, bien sûr.

Je pose mon verre sur le comptoir et m’installe.

— Comment t’appelles-tu ?

— Léa et toi ?

— Raphaël.

— Enchantée, déclaré-je en lui tendant la main.

Il hésite, mais la prend au bout de deux secondes. Sa poigne est ferme et douce en même temps. J’apprécie ce premier contact. Un doux frisson me parcourt le dos.

Nous commençons à échanger des banalités.

Qu’est-ce qui l’a amené dans cet endroit ? Il y rencontre un de ses amis de longue date et découvre le bar dont il a entendu parler.

Que fait-il dans la vie ? Il revient de trois ans d’une mission dans la banlieue de Londres. Après avoir pris quelques mois sabbatiques, il a enfin trouvé un nouvel emploi et commencera dans les prochains jours.

Il me pose quelques questions sur mon travail, mais je chasse vite le sujet, car je n’ai pas envie de repenser à mes dernières déconvenues.

Où habite-t-il ? Quelque part dans le 19e arrondissement.

Et ainsi de suite.

Je le trouve séduisant. Il est poli et ses sourires me font déjà fondre. J’examine son visage d’un peu plus près et remarque qu’il n’a pas le nez droit, mais ça n’enlève rien à son charme naturel. Sa peau est plutôt lisse, bien que je détecte quelques ridules sur les coins de ses lèvres. Et ses yeux bleus m’électrisent.

Bref, il semble l’homme parfait à tous points de vue.

— Tu as quel âge ? lui demandé-je sans détour.

— C’est un interrogatoire, détective Léa ?

— Non, je suis juste curieuse.

Il a un petit sourire.

— Tu me donnes quel âge ?

— Attention, je suis forte pour déterminer l’âge des gens. Et si je trouve, tu me donnes quoi en échange ?

Raphaël hausse les sourcils. Il est surpris par mon audace.

— Ce qui te ferait plaisir, répond-il, les yeux pétillants.

Je lui lance un regard plein de sous-entendus.

— Hum… je dirais que tu as entre trente et trente-cinq ans.

— Sois un peu plus précise, s’il te plait.

— Hum… alors… trente-quatre ans.

— Ah, presque, j’en ai trente-deux.

— Mince… et moi qui voulais te demander de me repayer un verre, répliqué-je avec une petite moue faussement boudeuse.

— Et moi, qu’est-ce que je gagne ?

— Comment ?

Je me mordille la lèvre pour empêcher le sourire qui monte sur mon visage.

— Vu que tu as perdu, je dois gagner quelque chose, non ?

— Eh, ce n’est pas fair-play. Dans tout jeu, les règles doivent être annoncées dès le début. C’est trop tard, désolée.

— Tu es vraiment dure.

— Mais bon, parce que je suis une femme extrêmement généreuse, j’accepte que tu me poses une question intime. Mais pas de questions tordues, s’il te plait, comme : l’as-tu déjà fait dans les toilettes d’un resto ?

Je l’observe éclater de rire et le trouve encore plus charmant. Des papillons s’envolent dans mon ventre. J’ai une brusque envie de le toucher, mais je me retiens.

— C’est quoi cette idée ? m’interroge-t-il, curieux et étonné à la fois. Parce que tu l’as vraiment fait dans les toilettes d’un resto ?

— Tu voudrais bien savoir, n’est-ce pas ? enchaîné-je, un sourire malicieux sur les lèvres.

Il reste interloqué quelques instants, ne sachant que dire. Je ris doucement. Il ne cache aucune de ses émotions et j’ai l’impression de lire à travers lui…

Soudain, j’hésite… Est-ce juste un rôle qu’il se donne ? Un homme aussi innocent, c’est plutôt rare. Je détaille à nouveau ses traits pour savoir s’il cache son jeu ou s’il est juste lui-même.

Par le passé, j’ai rencontré des hommes calculateurs et je les fuis aujourd’hui le plus possible. Je préfère de loin les gens honnêtes et francs, même pour les coups d’un soir.

Raphaël ne semble pas cacher quoi que ce soit. Il m’observe et plisse les yeux.

— Hum… quelle question je vais bien pouvoir te poser ? se demande-t-il à voix haute.

Au bout de quelques instants de réflexion, il reprend :

— As-tu un petit ami ?

J’ai un sourire en coin. Bien sûr qu’il souhaite savoir si je suis célibataire ou pas.

— Et si je te disais non, que ferais-tu ?

Raphaël émet un petit rire.

— Tu veux vraiment le savoir ?

— Bien sûr.

Il se rapproche de moi et me chuchote quelques mots à l’oreille. J’éclate de rire.

— Je suis choquée par votre proposition indécente.

— Vraiment ? Pourtant, ça n’a pas l’air.

Soudain, son regard change et il regarde autour de lui. Je fais de même en me demandant ce qui se passe.

— Heureusement que l’on s’occupe d’Anthony.

— Qui ?

Il me désigne l’ami avec lequel il discutait avant que je ne m’assoie à côté de lui. Je constate avec surprise qu’il converse avec Constance et Nina. Je ne l’ai même pas vu bouger.

— Désolée, j’avais oublié que tu étais accompagné…

— Non, ne t’inquiète pas. Enfin… j’imagine qu’Antho ne m’en voudra pas. En tout cas, il a trouvé de la compagnie. J’espère que ça ira avec tes amies.

— Ne t’en fais pas pour ça.

Je lui fais un clin d’œil. Je sais que mes amies ont voulu me laisser le champ libre et, à la vue des rires qui montent de leur table, tout semble bien se passer.

— Tu disais ? l’interrogé-je en lui relançant un regard langoureux.

Je lui effleure le bras, ce qui ne le laisse pas indifférent, puisque je le vois remuer sur son tabouret.

— Euh…

Il se racle la gorge. Je manque de pouffer de rire. Je lui fais de l’effet. Alors qu’il vient de me faire une proposition peu orthodoxe, il est embarrassé. Je le trouve encore plus mignon.

— Tu me disais…

Je me rapproche de lui et lui susurre à mon tour quelques mots à l’oreille.

— Et je suis partante, m’enhardis-je.

Je pose une main sur sa cuisse pour confirmer ce que je viens de lui proposer. Raphaël ne bouge plus et ne me regarde pas.

— Tu es très directe.

— Ça te gêne ?

— Non, ça ne me gêne pas. C’est juste… surprenant.

— Et pourquoi ?

— Je n’ai pas l’habitude qu’on m’approche de cette façon. Hum… qu’est-ce que ça signifie exactement ?

Cette fois, il me dévisage, comme s’il tentait de comprendre mes intentions. Je lui souris de façon ironique.

— Tu veux vraiment que je te fasse un dessin ?

Il hoche la tête.

Je m’approche plus près de lui et pose mes lèvres sur les siennes. Il ne me repousse pas et accepte le baiser chaste que je lui donne.

— Tu en es sûre ? me demande-t-il alors que je recule pour le regarder.

— À cent pour cent. J’ai envie de toi. Ça te choque ?

— Non, pas vraiment… mais pour moi, les filles, ça aime que ça aille doucement, non ? Ce sont des princesses…

J’éclate de rire. Il a des idées assez vieillottes sur les femmes et ça le rend encore plus mignon. Je ne peux m’empêcher d’avoir un nouvel élan d’affection pour lui. Je le veux, certes, mais lui n’est peut-être pas prêt pour une femme comme moi. Il semble que tous les hommes ne désirent pas sauter sur la première venue. Ce n’est pas l’idée que je m’en fais.

— Si tu n’as pas envie de moi, je comprendrais, tu sais.

— Non, non… euh… j’ai envie de toi, mais je suis surpris par ta proposition si rapide. Je n’ai jamais rencontré de femme comme toi. Ça me déroute un peu.

— Je comprends. Mais je ne veux pas te brusquer non plus.

Je recule et me repositionne sur ma chaise. Je soupire. Raphaël n’est peut-être pas l’homme que j’espérais. C’était pourtant bien parti. Cependant, il ne me laisse pas le temps de réfléchir plus longtemps, car il prend ma main posée sur le comptoir.

— Tu ne me brusques pas du tout.

Puis, il se rapproche et m’embrasse. Mon cœur rate un battement.

Le baiser n’est pas chaste cette fois, j’entrouvre ses lèvres avec ma langue et glisse mes mains sur sa nuque pour approfondir notre baiser. Notre étreinte dure un temps indéfinissable.

Je sens quelques effluves d’alcool sur sa langue, mais ce n’est pas pour me déplaire. Nous nous embrassons avec avidité, comme deux adolescents qui découvrent les joies de leur premier baiser.

Je peux entendre le brouhaha autour de nous. Le bar s’est rempli en l’espace d’une heure et assis sur nos tabourets, nous nous donnons en spectacle, mais ça ne me dérange pas. Je sens mon corps s’échauffer, mon sang bouillonner, mon ventre chamboulé.

Je me sépare de lui avec dépit.

— Ça te dit qu’on aille dans un endroit un peu plus privé ? me chuchote-t-il.

— D’accord, mais à une seule condition.

— Oui, laquelle ?

— Je viens chez toi, mais seulement si ce n’est que pour une nuit.

Raphaël m’observe quelques instants. Devant son regard incertain, je rajoute quelques mots.

— Je n’ai pas envie d’une relation sérieuse, lui expliqué-je. En tout cas, ça ne m’intéresse pas et je n’ai pas le temps. Donc, allons dans un endroit privé, faisons nos petites affaires et on se quitte avec une poignée de main le lendemain matin.

Il reste silencieux pendant de longues secondes, puis hoche la tête.

— Tu es vraiment quelqu’un de spécial, Léa. Mais j’accepte tes conditions. Ce n’est que pour une nuit et ensuite on n’en parle plus ?

— Oui.

Il me fait un grand sourire qui illumine son visage.

— Alors, d’accord, va pour une nuit.

Je lui tends la main pour serrer la sienne comme si nous concluions une transaction. D’abord surpris, Raphaël l’accepte.

— Allons chez moi, conclut-il.

3

Alors, qui es-tu, Léa ?

Je salue Constance et Nina qui comprennent où je compte aller. L’ami de mon futur amant, Anthony, ne fait aucune remarque et nous souhaite une bonne soirée. Je sors du bar, Raphaël à mon bras.

Il hèle un taxi et donne son adresse au chauffeur pendant que nous nous installons sur la banquette arrière. Sans lui demander son avis, je me colle à lui pour l’embrasser. Je me fais encore plus audacieuse et commence à lui caresser le torse sous sa veste alors qu’il reste prudent dans ses gestes. Il dépose juste sa main sur le haut de ma cuisse. Le chauffeur nous laisse nous toucher dans sa voiture en silence et met simplement la musique plus fort.

Nous arrivons à destination.

Raphaël paie le taxi et sort de la voiture. Je le suis tout en lui tenant la main. Mon corps bout de ce que nous nous apprêtons à faire, mes sens sont en alerte.

Nous entrons dans la cour d’un immeuble haussmannien, typiquement parisien. Il fait nuit noire et la lumière automatique du porche se déclenche à notre passage. Le lieu est désert et l’on n’entend que nos pas qui claquent sur les pavés de la cour intérieure.

Avant d’entrer dans son bâtiment, il se retourne vers moi et m’attire contre lui pour me prendre dans ses bras. Il m’embrasse avec passion. Sentir son corps contre le mien m’enflamme.

Je pose mes mains sur son torse, puis les glisse sous sa veste et son polo pour toucher sa peau et sentir ses muscles saillants. Que j’aime cette sensation ! Mon partenaire se montre plus hardi que dans le taxi. Il descend ses mains dans la cambrure de mes reins et en pose une sur mes fesses qu’il commence à caresser doucement. Je lève ma jambe et me presse contre lui. Il en profite pour toucher ma cuisse, puis remonte jusqu’en haut de ma hanche.

Je grogne de frustration. Je n’ai pas pensé à porter une jupe ce soir et je maudis mon jean qui me semble trop épais à cet instant. Mes mains continuent à découvrir le haut de son corps. Impatiente, je glisse vers son entrejambe et suis ravie de constater l’effet que je lui fais. Je le caresse à travers le tissu.

Raphaël me lâche et recule de quelques centimètres. Nous nous regardons pour reprendre notre souffle. Je continue à le toucher et me rapproche pour me mouler encore plus à son corps. Ma langue fouille dans sa bouche et notre baiser reprend de plus belle, plus passionné, plus fougueux.

J’intensifie la pression de mes touchers.

Cette fois, c’est Raphaël qui grogne.

— Arrête, me souffle-t-il. Pas ici, pas maintenant.

Il m’embrasse une dernière fois et, à contrecœur, se dégage de mon étreinte pour sortir les clés de son immeuble, coincées dans une poche de son jean. Il passe son badge sur le côté droit de la porte. Celle-ci émet un bruit sourd et il l’ouvre d’un geste rapide.

Nous montons les escaliers presque en courant, pressés d’arriver à son appartement.

Devant une porte rouge du deuxième étage, Raphaël insère la clé dans la serrure et ouvre. Il entre le premier dans le couloir de l’entrée et allume. Je le talonne, mais ne lui laisse pas le temps d’aller plus loin. Je le plaque contre le mur pour reprendre notre baiser enfiévré.

Cette fois, nous ne sommes plus gênés par des regards indiscrets, et mon audace n’a plus de limite. Je pose mes mains sur le haut de son jean et le déboutonne avec dextérité. Je baisse son pantalon pour découvrir un boxer noir et commence à caresser sa verge tendue sans retenue.

Raphaël émet un nouveau grognement, mais n’arrête pas notre baiser. Il effleure ma poitrine d’une main à travers mon chemisier, puis le déboutonne et dégrafe mon soutien-gorge pour la palper plus librement.

Je romps notre baiser pour me mettre à genoux, libère son excitation et le prends dans ma bouche, tout en touchant ses testicules.

Je sens Raphaël vibrer de mes va-et-vient et je l’entends se racler la gorge. Il peine à prononcer un mot.

Je relève la tête, les yeux dirigés vers son visage.

— Oui ? lui demandé-je, un sourire en coin.

Il soupire de frustration.

— Viens.

Il me relève, se rhabille à la hâte et tente de m’entraîner dans sa chambre. Mais je n’ai pas envie d’aller dans cette pièce, pas tout de suite. Je l’attire dans le salon.

Je repère un canapé d’angle et m’y dirige en traînant Raphaël par la main. Je le force à s’asseoir sur le canapé et m’assois à califourchon sur lui. Je retire sa veste et son polo et enlève ma propre chemise entrouverte ainsi que mon soutien-gorge. Malgré la faible lueur qui provient de la lumière du couloir, je peux admirer ses muscles bien dessinés et les caresse avec avidité.

Raphaël observe mes seins tout en les câlinant. Il approche son visage et commence à les embrasser avec ardeur, aspirant chaque partie de ma peau. Je me redresse et me cambre afin de lui donner un meilleur accès. Je gémis dès qu’il me lèche un point sensible.

Ses mains ne sont pas en reste. Elles commencent déjà à jouer avec les boutons de mon pantalon. Quand elles ouvrent en grand le haut de mon jean, Raphaël joue avec ma culotte. Je pousse un soupir de frustration et me colle contre sa main. Il plonge alors ses doigts dans la fine dentelle et atteint mon point le plus sensible.

Mes gémissements se font plus intenses. Je respire de plus en plus fort et tente de ne pas perdre pied.

J’aime la façon dont il m’embrasse et me touche et je n’ai pas envie qu’il arrête. Je bouge mon bassin et lui indique par la même occasion que j’apprécie ce qu’il me fait. Raphaël intensifie alors ses gestes.

Je demande enfin un temps mort et il dégage sa main. Je m’assois sur ses cuisses et l’embrasse.

— Ça va ? m’interroge-t-il.

— Oui, réponds-je en émettant un rire, sa question est rhétorique.

— Tu veux qu’on aille dans la chambre ?

— Non, toujours pas.

Je lui lance un regard malicieux, puis me lève et entreprends de retirer mon jean. Je me retrouve en culotte. Raphaël se lève également et enlève son propre pantalon et ses chaussettes. Sans attendre, il retire son boxer.

— Tu es pressé ?

— Non, pas vraiment et toi ?

J’éclate de rire et me rapproche de lui pour l’embrasser.

— Tu es vraiment belle, murmure-t-il en me prenant dans ses bras.

— Tu es plutôt charmant dans ton style.

— Seulement charmant ?

— C’est déjà pas mal, non ?

— Hum…

Il fait une moue qui le rend encore plus mignon. Nous discutons tout en continuant nos caresses.

— Je ne veux pas être juste charmant.

— Pourquoi ? C’était un compliment.

— Je préférerais que tu me trouves un autre qualificatif. Charmant… ça fait… mignon, gentil, sympa…

— Ce sont de bons qualificatifs.

— J’aimerais que tu me voies autrement.

— Comme quoi ?

Une lueur brille dans son regard. Il m’embrasse avec fougue et me bascule sur le canapé pour m’allonger. J’écarquille les yeux de surprise. Il retire ma culotte et écarte mes jambes. Il me baise ensuite les cuisses et remonte jusqu’à mes hanches.

— Je peux ? me demande-t-il, les yeux brillants.

Je hoche la tête. Raphaël se penche vers le cœur de mon intimité, mon endroit le plus sensible, ce bouton de plaisir qui me rend dingue dès qu’il est torturé.

Très vite, je ne pense plus à rien et m’abandonne aux sensations de mon corps. Je gémis et me crispe sous ses baisers et ses coups de langue précis. Ma jouissance est longue et devient presque intolérable. J’ai envie qu’il continue comme j’ai envie qu’il arrête. C’est insoutenable et fantastique à la fois. Je ne suis plus qu’une enveloppe de chair enfiévrée par le désir. Je ne m’entends pas crier.

Quand il me lâche, je suis pantelante, la voix enrouée, le corps fébrile et sensible. Lorsqu’il effleure le haut de mon ventre, je ne peux que frissonner. Je reprends peu à peu ma respiration et relève la tête vers l’homme qui vient de me donner un orgasme. Je lui fais un sourire qu’il me rend.

Il prend le temps de m’embrasser tout en remontant vers mon visage. J’émets un grognement quand il mordille la pointe de mes seins et je réclame un temps mort. Il rit. Il remonte encore, pour cette fois, arriver au niveau de mes lèvres.

Je l’attire contre moi et l’embrasse sans faire attention à l’odeur et au goût de ma propre excitation. À cet instant, je n’ai envie que de lui.

Nous nous séparons enfin et plongeons dans le regard l’un de l’autre. Je vibre encore de ma jouissance. Pourtant, je le désire davantage, je veux le sentir en moi.

Je n’ai pas besoin de parler, car Raphaël comprend mon impatience et se relève pour fouiller l’un des tiroirs d’une étagère à quelques mètres. Quand je vois le préservatif dans sa main, mes yeux s’illuminent. Je le prends, ouvre le sachet et déroule le bout de latex sur son sexe.

Raphaël s’allonge sur moi et, sans brutalité, me pénètre en donnant plusieurs coups de reins prudents. Il trouve son propre rythme et me chevauche de plus en plus vite. Je pousse des soupirs tout en balançant mes hanches pour suivre le mouvement.

Je me focalise sur la sensation dans mon bas-ventre, ses coups de reins puissants, son cou auquel je me suis agrippée. Je me cambre pour qu’il me pénètre plus profondément.

Mais ce n’est pas assez, pas suffisant !

— Assieds-toi, lui ordonné-je.

Il m’écoute et nous changeons de position. Je me retrouve à califourchon sur lui et cette fois, je peux mieux contrôler mes sensations par mes propres va-et-vient. Je sens enfin le plaisir monter et accélère le rythme. L’orgasme me prend presque au dépourvu et contracte mon corps avec violence.

Je m’arque encore plus et m’abandonne à l’exquise sensation. Ma jouissance remonte dans toutes les parties de mon corps.

Je reviens peu à peu à la réalité et continue à me balancer sur ses cuisses. J’entends Raphaël émettre quelques grognements. Il a fermé les yeux et est sur le point de craquer. Je le chevauche plus vite pour qu’il puisse également prendre son plaisir. Au bout de plusieurs allées et venues, il éjacule et émet un cri sourd. Je l’accompagne encore par quelques coups de bassin, puis m’arrête pour m’effondrer dans ses bras.

Nous sommes en sueur et peinons à reprendre notre souffle. Une sensation de plénitude est en train de nous envahir. 

J’émets un rire enfantin. Les deux orgasmes que je viens de ressentir en à peine une heure ont été forts et puissants.

— Qu’est-ce qui te fait rire ? m’interroge Raphaël en se retirant.

— Je me disais juste que je n’avais pas pris mon pied comme ça depuis longtemps.

— Vraiment ? Content de te l’entendre dire. Je ne suis plus si charmant, alors ?

— Qu’as-tu avec ce mot ? pouffé-je. Il te correspond bien.

Il fait la moue, mais m’embrasse néanmoins sur le nez. Je plisse les yeux.

Après avoir jeté le préservatif, il s’allonge sur le canapé et se met sur le flanc. Je me cale contre lui et me rapproche. Je hume l’odeur agréable de son torse. Nos jambes sont imbriquées entre elles. Nous avons peu de place, mais n’avons pas envie de bouger.

Nous restons silencieux pendant de longues minutes et reprenons peu à peu notre respiration.

Cependant, au bout d’un moment, je frissonne. Un courant d’air vient de parcourir mon dos malgré la douce chaleur de mon partenaire. Raphaël sent mon malaise.

— Tu trembles.

— Oui, un peu.

— Alors, allons dans la chambre. Cette fois, tu es d’accord ?

Je souris et réponds par l’affirmative. Je me dégage de lui et me lève. Le froid me mord la peau.

— Suis-moi, me propose-t-il en se relevant.

Il me tend sa main.