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Il y a une noirceur qui l’entoure, et je devrais rester aussi loin que possible de Luka Ivanov.
Il y a trois ans, j’ai accouché d’une petite fille après une aventure arrosée avec un mystérieux barman russe, Luka.
Du moins, je pensais qu’il était le barman.
Quand j’y suis retournée pour lui dire que j’étais enceinte, personne ne savait qui il était.
J’ai tourné la page... quel autre choix avais-je ?
Le mariage approche à grands pas, et je suis fiancée à Mark, un homme que je n’aime pas. Ne vous méprenez pas. Il est doux et gentil, mais un peu trop mielleux à mon goût. Je préfère les hommes plus sombres, sournois, et un peu plus piquants. Mark est aussi simple que l’on puisse l’être.
Mais je m’en contente car c’est ce qu’il y a de mieux pour ma fille, Bay. Elle a besoin de stabilité, et je veux lui offrir la meilleure vie possible.
Lorsque ma collègue tombe par hasard sur une photo de mon erreur canon, Madisyn avoue qu’elle connaît le Russe qui m’a mis enceinte. Je la supplie de nous présenter, mais elle doit jurer de ne pas lui révéler mon secret avant que je le fasse.
Boss Vicieux est une romance indépendante avec une fin heureuse. C’est le deuxième tome de la série des Frères Bratva.
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Veröffentlichungsjahr: 2023
Boss Vicieux
Frères Bratva Livre 2
Willow Fox
Publié par Slow Burn Publishing
© 2022
v2
Traduction par sarahas2
Relecture par marie_frcy
Cover Design by MiblArt
Tous droits réservés.
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique, y compris par photocopie, enregistrement ou par tout système de stockage et d'extraction d'informations, sans l'autorisation écrite de l'éditeur.
À propos de ce livre
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Épilogue
Concours, Livres Gratuits et Plus de Cadeaux
A propos de l’Auteur
Du même auteur
Il y a une noirceur qui l’entoure, et je devrais rester aussi loin que possible de Luka Ivanov.
Il y a trois ans, j’ai accouché d’une petite fille après une aventure arrosée avec un mystérieux barman russe, Luka.
Du moins, je pensais qu’il était le barman.
Quand j’y suis retournée pour lui dire que j’étais enceinte, personne ne savait qui il était.
J’ai tourné la page... quel autre choix avais-je ?
Le mariage approche à grands pas, et je suis fiancée à Mark, un homme que je n’aime pas. Ne vous méprenez pas. Il est doux et gentil, mais un peu trop mielleux à mon goût. Je préfère les hommes plus sombres, sournois, et un peu plus piquants. Mark est aussi simple que l’on puisse l’être.
Mais je m’en contente car c’est ce qu’il y a de mieux pour ma fille, Bay. Elle a besoin de stabilité, et je veux lui offrir la meilleure vie possible.
Lorsque ma collègue tombe par hasard sur une photo de mon erreur canon, Madisyn avoue qu’elle connaît le Russe qui m’a mis enceinte. Je la supplie de nous présenter, mais elle doit jurer de ne pas lui révéler mon secret avant que je le fasse.
Boss Vicieux est une romance indépendante avec une fin heureuse. C’est le deuxième tome de la série des Frères Bratva.
Luka
La brune assise de l’autre côté du bar fixe son téléphone, faisant défiler son fil d’actualité. Son tabouret de bar pivote alors qu’elle tourne de droite à gauche, incapable de rester immobile.
La fille rayonne littéralement. Elle est radieuse et sexy dans une robe bustier rouge foncé.
J’ai envie de la lui arracher.
Elle est là pour un rencard, ou pour voir des amis ? Une fille dans son genre ne vient pas ici seule. Pas si elle est intelligente et veut être prudente.
Je ne suis pas là pour draguer mais la brune a retenu mon attention. Je ne peux pas détourner mon regard d’elle.
Je suis là pour boire avec Mikhail, profiter de la nuit encore longue. Le bar est de plus en plus animé au fur et à mesure que la foule grossit.
Je la regarde de loin. Je ne peux pas détacher mon regard, mais elle n’a même pas levé les yeux ou jeté un regard dans ma direction.
Elle est concentrée sur son foutu téléphone.
C’est quoi le problème des gamins de nos jours ? Ok, techniquement ce n’est pas une gamine. Elle a été contrôlée à l’entrée de l’établissement, ce qui lui donne au moins 21 ans, mais elle est jeune. Elle pourrait avoir vingt-cinq ans, et je suis juste nul pour deviner les âges. Mais il n’y a aucune chance qu’elle soit proche de mon âge - elle est loin d’avoir trente ans, et je suis à quelques années de la quarantaine.
Quand est-ce que je suis devenu si vieux ?
L’idée de me poser est inexistante. Je ne suis pas le genre d’homme à avoir une famille. Cela ne ferait que mettre leur vie en danger. Je ne crée pas de liens romantiques.
Je profite de ma jeunesse, ou du moins de ce qu’il en reste, en me retrouvant dans le lit de femmes toutes différentes pour leur montrer ce que c’est que d’être satisfaite.
— Un verre ? demande Mikhail.
— Je m’en occupe, dis-je.
Je sais ce qu’il aime, et je me dirige vers le bar. Il y a à peine assez de place pour se tenir debout, et le barman disparaît à l’arrière. Il prend une pause cigarette ?
Je pousse un gros soupir. A ce rythme, je vais passer la nuit ici à attendre de pouvoir commander un whisky.
Je n’attends pas pour demander la permission. Je passe derrière le comptoir comme si j’étais le propriétaire de l’endroit et je prends deux verres et le meilleur whisky sur l’étagère du haut.
— Je voudrais un Fuzzy Navel, dit la brune.
Elle est un peu sèche dans son ton, et elle lève enfin les yeux de son téléphone. Elle a les yeux les plus bleus que j’ai jamais vus.
Je finis de servir le verre de Mikhail et je la regarde.
— Vous avez été sur votre téléphone toute la nuit, dis-je.
Elle serre les lèvres.
— Vous m’avez regardé ? Elle se tortille, mal à l’aise sous mon regard, comme si je la jugeais.
Je prends un verre vide et les ingrédients pour satisfaire sa demande de boisson.
Il n’y a pas de raison de mentir. J’ai déjà avoué avoir remarqué qu’elle était préoccupée et seule.
— C’est difficile de ne pas remarquer la plus belle femme du bar, dis-je en faisant glisser son verre sur la table. Tiens, je te l’offre
Je rapporte à la table les verres que j’ai servis à Mikhail et à moi-même.
— Tu en as mis du temps, murmure Mikhail.
— Désolé, j’ai été distrait par cette brune sexy qui boit seule.
Mikhaïl n’essaye même pas d’être discret en regardant la fille à la robe écarlate.
— Elle est plutôt pas mal. Jeune. Mais tu as toujours couru après des filles de la moitié de ton âge.
— Et pas vous ?
Mikhail n’est pas un saint.
— On n’est pas en train de parler de moi, dit-il en prenant une gorgée de son whisky. Tu veux repartir avec elle.
Ce n’est pas une question. Il connaît déjà la réponse. Il ne s’agit pas de ce que je veux, cependant. Je suis ici pour le surveiller, m’assurer qu’il passe un bon moment et qu’il rentre bien chez lui.
Je ne m’inquiète pas qu’il rentre chez lui sobre. C’est un bratva et le Pakhan, le chef de la meute. Mon patron et mon mentor. Ce qui m’inquiète, c’est la mafia italienne et le cartel colombien. Nos deux plus grands ennemis peuvent se rapprocher de nous à tout moment.
Je dois être vigilant et protéger Mikhail. Je suis son garde du corps, et si je ne suis pas avec lui, Nikita le surveille de près.
— Va lui parler. Ça ira. L’endroit est bondé mais je peux m’en sortir.
Il veut dire qu’il n’y a aucun de nos ennemis qui boivent ici ce soir. J’en suis reconnaissant.
— Si vous insistez, dis-je, sans attendre que Mikhail change d’avis.
Je lui lance les clés. Il en aura besoin pour rentrer ce soir.
Je peux appeler un taxi ou un service de covoiturage pour retourner à la propriété. J’ai mon téléphone dans la poche de ma veste et mon portefeuille dans mon pantalon. Je suis trop habillé pour le bar, mais j’ai enlevé ma veste et l’ai passée sur mon bras.
Je ne reste pas plus de quelques secondes à la table avec Mikhail, avalant mon whisky avant de retourner au bar.
Le barman est toujours absent. Est-il parti ?
Les yeux bleus quittent son téléphone quand je me dirige vers le bar.
— J’en prendrais bien un autre, dit-elle, comme si j’étais censé me souvenir de ce qu’elle a commandé.
Si j’étais barman, je ne suis pas sûr que j’aurais gardé la commande de chaque client en tête. Mais c’était juste une chose de plus à retenir. Et elle est inoubliable.
— Un Fuzzy Navel, dis-je en me glissant derrière le bar. (Je lui prépare un deuxième verre et le lui glisse avant de passer de l’autre côté.) Où est ton petit ami ? demandé-je.
Elle porte le verre à ses lèvres et me regarde.
— Tu veux dire mon ami qui m’a posé un lapin ? Elle fait un geste vers le couple à quelques mètres de là, qui s’embrasse contre le mur.
— Ils devraient se trouver une chambre, dis-je.
Elle boit son verre et se lève.
— Je devrais juste y aller. C’est fini pour ce soir.
— La nuit est encore longue. C’est vendredi, et qu’est-ce que tu as prévu en rentrant chez toi ?
J’imagine qu’elle va se glisser dans son lit et dormir seule.
— Un bain moussant chaud si je pars maintenant, dit-elle en regardant sa montre.
Elle évite mon regard enflammé, et plus je la fixe, plus ses joues brûlent.
Il est difficile de s’entendre par-dessus l’agitation de la foule. Je me penche, mes lèvres effleurant son oreille.
— Et c’est ce que tu préfères faire ce soir ? demandé-je, m’assurant qu’elle peut m’entendre.
Je jurerais la sentir frissonner.
Sa respiration est plus profonde, et ses yeux s’assombrissent alors qu’elle me regarde fixement.
— Non, sa voix couine.
Elle déglutit et lèche ses lèvres sèches. Un léger souffle d’air s’échappe.
— Tu ne dois pas tenir le bar ?
Je jette un coup d’œil vers le bar et lui fais un grand sourire.
— Je pense que tout est sous contrôle.
Elle bouge contre le tabouret, et je jure qu’elle frotte l’intérieur de ses cuisses l’une contre l’autre, se balançant légèrement, appliquant une pression juste au bon endroit.
Je passe mes doigts dans ses cheveux, balayant les boucles derrière son cou. Mon toucher est doux et apaisant.
— Donc, tu préfères être dans un bain moussant plutôt qu’ici, à profiter de la musique et de l’atmosphère ? chuchoté-je.
— Ce n’est pas si mal, avoue-t-elle.
Un sourire s’étend sur mon visage.
— Bien. Tu veux jouer au billard ? Je peux te montrer comment faire si tu n’as jamais joué.
— Bien sûr.
— Au fait, je m’appelle Luka, dis-je pour me présenter.
— Hannah.
Je prends sa main et la guide loin du tabouret. Ça fait un moment que je n’ai pas joué, mais je peux l’impressionner même en étant rouillé.
J’attrape le triangle et installe la table.
— Tu as déjà joué ? demandé-je.
— Une ou deux fois.
Je prends les boules et les mets dans le triangle, mettant le jeu en place.
— Tu veux casser ? demandé-je.
— C’est quand je commence ? demande-t-elle curieusement.
J’ai l’impression de me faire avoir.
J’acquiesce. J’envisage de faire un pari, en suggérant de la faire sortir si elle gagne, mais je ne fais pas de rencard. Ce n’est pas mon genre.
— Ok, dit Hannah.
Je rassemble les queues de billard et lui en donne une. Je prends la craie et lui montre comment l’appliquer sur le bout de la queue de billard avant de la lui donner pour qu’elle l’utilise.
— Ne rentre pas la boule huit avant la fin. Et tu dois dire quel trou tu joues.
— Ça fait beaucoup de règles à retenir.
Elle pose son verre vide sur une table voisine.
— Tu veux un autre verre ? demandé-je.
— Tu essaies de me soûler pour que je perde ?
Je ris doucement.
— Je n’ai jamais dit que j’étais un gentleman.
Elle mord sa lèvre inférieure et prépare son coup, en me regardant par-dessus son épaule.
— Si je gagne, tu paies la prochaine tournée.
Je peux vivre avec ce pari.
— C’est parti.
La fille est une dure à cuire et une experte du billard. Je n’ai pas droit à un seul coup. Elle fait rentrer une boule après l’autre, gagnant un deuxième, un troisième, un quatrième tour, avant de choisir le trou pour la boule huit.
Je n’aime pas perdre, surtout face à une fille.
— Difficile de croire que tu n’as joué qu’une ou deux fois.
— Une ou deux fois par semaine, dit Hannah, ayant omis ce détail important plus tôt.
— Qu’est-ce que tu bois ? demandé-je.
Je n’ai pas l’intention d’y aller doucement avec elle au prochain tour. Elle est forte, mais je ne veux pas perdre.
— La même chose que tout à l’heure, dit-elle.
Je n’aime pas la laisser seule, même pour une minute. Un autre homme pourrait arriver et capter son attention. Je suis rapide et me précipite vers le bar, lui commandant un autre Fuzzy Navel. Elle est à l’autre bout de la salle, et c’est difficile de la voir avec la foule ce soir.
Je suis de retour aussi vite que possible, et déjà, un abruti essaie de rivaliser pour son affection. Jamais de la vie, mon pote.
— Tu es canon, dit le petit inconnu blond, en reluquant Hannah.
Mon souffle caresse son oreille alors que je me penche pour m’assurer qu’elle m’entende, ainsi que l’idiot qui essaie d’attirer son attention.
— Hey, bébé. Voilà ton verre, dis-je en le lui tendant.
Je pose ma main sur le bas de son dos de manière possessive. Elle n’est pas à moi, mais j’ai l’intention de changer ça ce soir.
— Merci, elle pousse un soupir de soulagement et sirote son verre.
Comme le type qui se tient à moins de trente centimètres ne semble pas avoir compris, elle m’attrape par la cravate et baisse ma tête vers ses lèvres.
Son audace me surprend, mais c’est rafraîchissant, même si elle le fait juste pour se débarrasser de cet homme pitoyable qui tente de la draguer.
C’est la fille la plus canon de la pièce. J’ai de la chance qu’elle ne m’ait pas envoyé promener. Je ne suis pas du tout à la hauteur.
Ses lèvres recouvrent les miennes, et je la serre plus fort, plus près. Je veux la dévorer.
Mes doigts la serrent contre moi. Elle a un goût de fraise, et je suis affamé.
La musique retentit, le rythme est rapide, j’ai du mal à me concentrer avec mon cœur qui bat la chamade à cause de sa bouche collée à la mienne. Je veux la baiser mais pas ici. Elle est trop bien pour les toilettes ou pour une baise rapide dans une allée.
Cette fille porte la sophistication comme si c’était une couronne, et elle est la reine.
Nos baisers sont fiévreux et pleins de passion. À chaque souffle échangé entre nous, ma tête s’élève au-dessus des nuages, comme si je flottais dans l’air. C’est presque comme si elle était une drogue et moi un accro.
Hannah se retire finalement et passe une main dans ses cheveux ébouriffés, en respirant lourdement.
— Merci.
— Pour le verre ou pour t’avoir aidé à échapper à cet idiot ?
Ses joues brûlent, et elle sourit faiblement, en baissant les yeux. Elle est gênée par le baiser ? Quel homme sain d’esprit, au sang chaud, ne voudrait pas l’embrasser ?
— De rien, dis-je, n’ayant pas besoin de plus d’explications. Que dirais-tu d’une autre partie de billard ? demandé-je.
— Laisse-moi deviner, tu veux commencer ?
— C’est équitable vu que je n’ai pas eu mon tour.
Elle porte le verre à ses lèvres et en boit une gorgée.
— Bien sûr, tu peux y aller et essayer de me battre.
Défi accepté.
Hannah prend son téléphone et déverrouille l’appareil photo.
— Viens là, dit-elle en avalant une nouvelle gorgée de son verre avant de le poser sur le bord de la table de billard.
Je secoue la tête et j’agite mon doigt vers elle.
— Aucune chance.
J’ai mes raisons pour lesquelles je déteste être devant un appareil photo, pas qu’elle ait besoin d’en connaître une.
— Qu’est-ce que tu veux dire, non ? Tu as trois ans ? Hannah rit et m’attrape le bras. Souris.
Elle soulève le téléphone et enroule un bras autour de mes épaules, me tirant plus près pour une photo.
Je force un sourire. Ce n’est pas que je n’apprécie pas le temps passé avec elle, mais je ne sais pas qui verra la photo, et j’ai fait tout mon possible pour garder un profil bas.
Hannah regarde la photo, sans être convaincue qu’elle a terminé.
— Une autre, dit-elle, et cette fois, je lui adresse un sourire sincère, ne serait-ce que pour qu’elle arrête de prendre des photos.
Je n’aurais jamais pensé qu’elle était du genre à aimer photographier chaque moment de sa vie.
Elle prend deux photos, puis je pose mes lèvres sur les siennes et elle en prend une autre. Le monde disparaît momentanément autour de nous et je l’attire contre moi. Son corps est chaud et se fond dans mon étreinte.
— Tu veux partir d’ici ? demandé-je, rompant le baiser assez longtemps pour parler.
Hannah hoche la tête et je prends sa main, la conduisant vers l’entrée principale. Elle sort ses clés, ses mains tremblantes.
— Je n’ai jamais fait ça avant.
L’expression sur mon visage doit trahir ma surprise. Elle est vierge ?
— Je veux dire rentrer chez moi avec un inconnu.
Je marche avec elle dehors dans le froid. Le printemps arrive à grands pas, mais il ne fait pas encore chaud.
— On n’est pas vraiment des inconnus. Tu connais mon prénom.
Elle a raison, cependant, nous ne savons rien d’autre l’un de l’autre. Je sais qu’elle est bonne au billard, et si jamais on joue en équipes, je la veux dans la mienne.
Hannah est troublée, et je suis la raison de sa nervosité.
— On n’est pas obligés de faire ça, dis-je en posant mes mains sur les siennes. On peut juste en rester là. Profiter du moment que l’on a passé ensemble.
Elle geint tout bas.
— J’en ai envie. Je suis juste stupidement nerveuse.
— Stupidement nerveuse ? demandé-je, le sourire s’élargissant sur mon visage. Ça, c’est nouveau.
Je n’ai jamais entendu personne utiliser cette terminologie avant. Mais les membres de la bratva n’admettraient jamais qu’ils sont nerveux, et ce sont les seules personnes que je fréquente.
Hannah est un changement de rythme agréable, même si c’est seulement pour une nuit.
Il y a une innocence en elle. Une douce perfection qui, une fois brisée, ne peut jamais être reconstituée.
Quand on en aura fini, elle ne sera plus jamais la même.
Je vais la ruiner de la meilleure façon possible.
Hannah
Trois ans plus tard …
— Tous ces préparatifs de mariage sont fatigants. Tu as de la chance de ne pas être mariée, dis-je.
Je retire ma tenue de travail. On est vendredi, et je devrais me réjouir de l’arrivée du week-end, mais je dois travailler demain.
La journée de travail est terminée, mais je ne suis pas prête à rentrer à la maison et à affronter Mark ou mon enfant, Bay.
Madisyn me lance un regard.
— Organiser ton mariage est censé être amusant.
— Eh bien, ça ne l’est pas. Mark ne veut pas s’impliquer. Il me laisse tout faire, ce qui est bien parce qu’on ne se dispute pas, mais je trouve aussi ça stressant. Parfois, ce serait bien que quelqu’un d’autre que moi ait une opinion sur le mariage.
— Je peux aider, non pas que j’aie déjà organisé un mariage, mais je suis sûre que je peux passer en revue les fournisseurs pour le grand jour, dit Madisyn.
Je glousse doucement.
— Qu’est-ce que tu vas faire, enquêter sur leurs passés ? Ça semble un peu radical, Madisyn, même pour toi.
— Je voulais dire chercher parmi leurs anciens clients et les critiques sur leurs services. Ou je pourrais simplement venir avec toi, dit Madisyn. Je te promets que je ne te donnerai des conseils que si tu en as besoin.
— Tu es si désespérée que ça de t’éloigner de ton petit ami avec qui tu viens d’emménager - c’est quoi son nom déjà ? demandé-je.
— Mikhail, dit-elle, et ses joues rougissent. Et non, je propose mon aide parce que je veux sincèrement être là pour toi. Tu as été une bonne amie pour moi, et je veux te rendre la pareille.
— C’est gentil. Mais si tu veux être là pour moi, pourquoi ne pas me dire où tu as disparu ces deux derniers mois ?
J’étais curieuse de savoir pourquoi elle avait soudainement quitté son travail. Elle ne semble pas en mauvaise santé ou en deuil, mais peut-être avait-elle un client privé dont elle s’occupait à la demande de la clinique ? Personne au travail ne savait où elle avait disparu depuis plusieurs semaines.
Mais elle a gardé son travail et n’a pas été réprimandée, pour autant que je sache. Je ne peux pas m’empêcher de me demander dans quoi elle s’est fourrée.
— Tu ne me croirais pas si je te le disais, dit Madisyn.
— Essaie. Je croise mes bras sur ma poitrine. Si nous sommes amies, ne mérité-je pas la vérité ?
— Je travaillais pour le FBI. Ce travail était juste une couverture.
Elle n’est pas sérieuse.
Madisyn ne sourit pas, mais c’est l’excuse la plus bidon que j’ai jamais entendue. Ça n’a même pas de sens !
— Très bien, ne me dis pas la vérité.
J’enfile mes bottes d’hiver noires, je les lace bien serrées. Ça ne sert à rien de rester en colère contre elle plus de trente secondes. Son histoire est entièrement la sienne. Si elle ne veut pas me le dire, je dois respecter sa vie privée.
— On devrait aller boire un verre après le travail. Je meurs d’envie d’aller danser et d’avoir une nuit de repos. Mark me laisse passer une soirée entre filles. Donc, tu dois venir, dis-je.
J’avais envie d’une soirée pour me détendre, et Madisyn est la personne parfaite pour conquérir le monde à mes côtés. En plus, Bay se réveille toutes les nuits avec des cauchemars, et j’ai besoin de quelques heures de temps pour moi ou au moins de temps pour me détendre avec ma nouvelle meilleure amie et me relaxer.
Rapidement, elle quitte sa tenue de travail et me pose une douzaine de questions, comme celle de savoir si je le laisse garder ma fille, Bay.
Bien sûr, qui d’autre pourrait la surveiller ? Il va être son père. Et même s’il n’est pas très excité par la corvée des couches, il reste un adulte responsable.
Et puis, on ne peut pas prendre Bay dans un bar ou une boite de nuit.
Je prends mon téléphone dans mon casier. Je ne peux pas m’empêcher de me vanter de ma petite fille, de voir combien elle a grandi et combien elle est adorable. Cet enfant est la seule chose dont je suis vraiment fière, l’élever et le faire toute seule.
Madisyn enfile ses chaussures et attrape mon téléphone, parcourant mes photos.
— Tu ferais mieux de ne pas avoir de nudes là-dessus, prévient-elle.
Des nudes ? Mark ne se laisserait pas prendre en train d’enlever sa chemise pour une photo, encore moins d’être nu. Il a un beau corps, mais il a tellement de complexes.
— Ce n’est rien que tu n’aies déjà vu, et non, Mark est assez prude.
J’ai essayé de lui proposer de prendre des photos coquines et d’essayer des jouets dans la chambre, mais il s’oppose toujours à tout ce que je propose. Il apprécie la même glace à la vanille à chaque fois qu’il se rend chez le glacier.
J’essaie d’être gentille. C’est genre l’euphémisme du siècle.
— Quel dommage, Madisyn dit et tressaille.
Elle laisse tomber mon téléphone contre le banc, et il frappe le sol avec un bruit sourd.
Je viens d’acheter ce téléphone il y a un mois. Je lui donne un coup sur le bras. Peut-elle être encore plus négligente ?
— Madisyn ! Si tu casses mon téléphone, tu vas payer pour le faire remplacer.
Madisyn grimace et se penche pour attraper le téléphone. En le retournant, elle l’examine.
— Qui est ce type ?
Mon souffle se bloque dans ma gorge quand elle mentionne le selfie de mon coup d’un soir. Luka et moi avons pris une photo ensemble avant de rentrer chez moi.
Expirant un souffle nerveux, je récupère le téléphone.
— Le père de Bay. Mon coup d’un soir. Je devrais supprimer cette photo, mais j’ai pensé que Bay pourrait vouloir la voir un jour.
— Et il n’est pas dans la vie de Bay. Pourquoi ? demande Madisyn.
Elle n’évite pas les questions difficiles.
Je passe une main dans mes cheveux. Mon estomac est rempli de papillons. Rien que de parler de lui, ça me rend nerveuse. Il y a aussi de la colère qui bouillonne sous la surface parce qu’il m’a menti, et je suis tombée dans le panneau.
— Ce salaud m’a donné un faux numéro et il ne travaillait pas au bar comme il me l’a fait croire. Je ne sais même pas si Luka est son vrai nom. C’est mieux comme ça, dis-je, voulant changer de sujet. Je vais me marier dans quelques mois, et Luka ne sera toujours qu’un lointain souvenir du passé.
Madisyn se racle la gorge.
— Je le connais, Hannah. Il travaille avec Mikhail. Son nom est Luka Ivanov.
L’air est volé de mes poumons, et je m’affale sur le banc, ayant besoin d’une minute pour m’asseoir.
— Depuis combien de temps ? râlé-je.
De la sueur perle sur mon front et je penche la tête en avant, essayant d’expirer par la bouche tandis que mon estomac s’agite.
Elle se laisse tomber à côté de moi, une main sur mon dos.
— Quelques mois. Je n’en avais aucune idée ; que veux-tu que je fasse ? demande Madisyn.
— Je vais être malade. Cette soirée est censée être sympa, une soirée entre filles loin de la maison.
— Respire, dit-elle, en me faisant respirer profondément. Concentre-toi à inspirer par le nez et à expirer par la bouche.
— Ça ne marche pas.
Je tremble. Mon corps entier est rempli d’une pléthore d’énergie que je n’arrive pas à libérer.
De l’adrénaline.
— Regarde-moi, Hannah.
Sa voix est forte et stable, et même si ma vision vacille, elle est mon roc.
Je lève les yeux vers elle, et ma respiration se calme un peu.
— Bien, dit-elle. Maintenant, expire.
Je pousse un lourd soupir et passe mes mains dans mes cheveux. Déjà, je me sens moins étourdie et plus stable.
— Tu as souvent des crises de panique ? demande Madisyn.
— Ce n’était pas—
Son regard désapprobateur me force à fermer la bouche.
— Non, dis-je. Je ne l’aurais pas classé comme une crise de panique, mais c’était quelque chose que je ne voulais pas revivre. Désolé pour ça.
— Tu n’as pas besoin de t’excuser, dit Madisyn. Elle attrape son sac à main et son téléphone. Et si on se retrouvait en bas dans 10 minutes ? Je vais appeler chez moi et prévenir Mikhail que je serai en retard.
— Ok. Peux-tu ne pas lui parler de Luka ?
Un large sourire apparaît sur son visage.
— C’est ce par quoi j’allais commencer. Tu veux dire que je ne devrais pas ?
Mon Dieu, qu’elle est effrontée ! Je serre les lèvres.
— Je sais que tu plaisantes.
— Relaxe. Je ne dirai rien à Mikhail sur le fait que Luka est le père de ton bébé.
Je grimace quand elle utilise cette terminologie.
— On peut ne pas faire ça ? S’il te plaît. (Je me lève et attrape mon sac, remettant mon téléphone à l’intérieur.) Mais éventuellement, je vais devoir parler à Luka. Mais ne l’appelons pas le père de mon bébé. D’accord ?
— Tu veux que je l’invite à sortir ce soir ? demande Madisyn.
— A la soirée entre filles ?
Ma voix se bloque dans ma gorge. C’est la pire des idées. Je ne suis pas prête à le voir après trois ans. Je n’ai pas de vêtements décents, je ne suis pas coiffée ni maquillée. Ça ne devrait pas avoir d’importance. Je suis fiancée, mais je veux quand même être présentable. Je ne le dirai pas à Madisyn, mais je veux être splendide quand je verrai Luka.
Madisyn se dirige vers la porte.
— À bien y réfléchir, je préfère être une mouche sur le mur, pas une spectatrice à la table. Les choses pourraient être délicates.
Ma mâchoire tombe, et je m’étouffe avec ses mots. Il n’y a aucune chance que Madisyn soit avec nous quand j’annoncerai à Luka que notre petite aventure s’est terminée par la naissance d’une petite fille de trois kilos neuf mois plus tard.
— Ouais, tu n’es pas invitée quand je dirai à Luka qu’il est le père de Bay.
— D’accord, dit Madisyn, en levant les mains en signe de reddition.
Elle ne semble pas le moins du monde offensée, et je n’ai pas l’intention de l’insulter, mais ce n’est pas une conversation à aborder entre amis quand on balance ce genre d’enclume à un coup d’un soir.
— Dix minutes ?
— Ouais, dis-je, et elle s’en va, le téléphone à la main.
Je suppose qu’elle va parler à son petit ami.
