Candide - Voltaire - E-Book

Candide E-Book

Voltaire

0,0
1,99 €

oder
Beschreibung

"Candide", de Voltaire. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0



Voltaire

Candide

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066303785

Table des matières

CANDIDE , OU L’OPTIMISME.
CHAPITRE PREMIER . Comment Candide fut élevé dans un beau Château,&comment il fut chassé d’icelui.
CHAPITRE SECOND. Ce que devint Candide parmi les Bulgares.
CHAPITRE TROISIÉME. Comment Candide se sauva d’entre les Bulgares,&ce qu’il devint.
CHAPITRE QUATRIÉME. Comment Candide rencontra son ancien Maître de Philosophie, le Docteur Panglofs,&ce qui en advint.
CHAPITRE CINQUIÉME. Tempête, naufrage, tremblement de terre,&ce qui advint du Docteur Panglofs, de Candide, &de l’Anabatiste Jaques.
CHAPITRE SIXIÉME. Comment on fit un bel Auto-da-fé pour empêcher les tremblements de terre,&comment Candide fut fessé.
CHAPITRE SEPTIÉME. Comment une vieille prit soin de Candide,&comment il retrouva ce qu’il aimait.
CHAPITRE HUITIÉME. Histoire de Cunégonde.
CHAPITRE NEUVIÈME. Ce qui advint de Cunégonde, de Candide, du grand Inquisiteur, &du Juif.
CHAPITRE DIXIÈME. Dans quelle détresse Candide, Cu négonde&la vieille arrivent à Cadix,&de leur embarquement.
CHAPITRE ONZIÉME. Histoire de la Vieille.
CHAPITRE DOUZIEME. Suite des malheurs de la Vieille.
CHAPITRE TREIZIÉME. Comment Candide fut obligé de se séparer de la belle Cunégonde& de la Vieille.
CHAPITRE QUATORZIÉME. Comment Candide&Cacambo furent reçus chez les Jésuites du Paraguai.
CHAPITRE QUINZIÉME. Comment Candide tua le frère de sa chere Cunégonde.
CHAPITRE SEIZIEME. Ce qui advint aux deux Voyageurs avec deux filles, deux singes& les Sauvages nommés Oreillons.
CHAPITRE DIX-SEPTIÉME. Arrivée de Candide&de son valez au pays d’Eldorado,&ce qu’ils y virent.
CHAPITRE DIX-HUITIÉME. Ce qu’ils virent dans le pays d’Eldorado.
CHAPITRE DIX-NEUVIÉME. Ce qui leur arriva à Surinam,& comment Candide fit connaissance avec Martin.
CHAPITRE VINGTIÉME, Ce qui arriva sur mer à Candide &à Martin.
CHAPITRE VINGT-UNIÉME. Candide&Martin approchent des Côtes de France&raisonnent.
CHAPIT. VINGT-DEUXIÉME. Ce qui arriva en France à Candide &à Martin.
CHAP. VINGT-TROISIÉME Candide.&Martin vont, sur les Côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voyent.
CHAP. VINGT-QUATRIÉME . De Paquette&de Frere Giroflée.
CHAP. VINGT-CINQUIÉME. Visite chez le Seigneur Pococurantè, Noble Vénitien.
CHAPITRE VINGT-SIXIÉME, D’un souper que Candide&Martin firent avec six étrangers, &qui ils étaient.
CHAPIT. VINGT-SEPTIÉME. Voyage de Candide à Constantinople.
CHAPIT. VINGT-HUITIÉME, Ce qui arriva à Candide, à Cunégonde, à Panglofs, à Martin, &c.
CHAPIT. VINGT-NEUVIÉME. Comment Candide retrouva Cunégonde&la Vieille.
CHAPITRE TRENTIÉME. Conclusion.

OU

L’OPTIMISME,

TRADUIT DE L’ALLEMAND

DE

MR. LE DOCTEUR RALPH.

M. DCC. LIX.

CANDIDE,OUL’OPTIMISME.

Table des matières

CHAPITRE PREMIER.Comment Candide fut élevé dans un beau Château,&comment il fut chassé d’icelui.

Table des matières

L y avait en Westphalie, dans le Château de Mr. le Baron de Thunder-ten-tronckh» un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son ame. Il avait le jugement assez droit, avec l’esprit le plus simple; c’est, je crois, pour cette raison qu’on le nommait Candide. Les anciens domestiques de la maison soupçonnaient qu’il était fils de la sœur de Mr. Le Baron,&d’un bon& honnête Gentil-homme du voisinage, que cette Demoiselle ne voulut jamais épouser, parce qu’il n’avait pu prouver que soixante &onze quartiers,&que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l’injure du tems.

Monsieur le Baron était un des plus puissans Seigneurs de la Westphalie, car son Château avait une porte&des fenêtres. Sa grande Salle, même, était ornée d’une Tapisserie. Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le besoin; ses palfreniers étaient ses piqueurs; le Vicaire du village était son grand Aumônier. Ils l’appellaient tous Monseigneur,&ils tiaient quand il faisait des contes.

Madame la Baronne qui pesait environ trois cent cinquante livres, s’attirait par-là une très-grande considération,&faisait les honneurs de la maison avec une dignité qui la rendait encor plus respectable. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraiche, grasse, appétissante. Le fils du Baron paraissait en tout digne de son père. Le Précepteur Panglofs était l’oracle de la maison,&le petit Candide écoutait ses leçons avec toute la bonne foi de son âge& de son caractère.

Panglofs enseignait la Métaphyfico-théologo–cosmolo–nigologie. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet fans cause,& que dans ce meilleur des Mondes possibles, le Château de Monseigneur le Baron était le plus beau des Châteaux,&Madame la meilleure des Baronnes possibles.

Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement: car tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les jambes font visiblement instituées pour être chauffées,&nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées,&pour en faire des Châteaux; aussi Monseigneur a un très-beau Château; le plus grand Baron de la province doit être le mieux logé:&les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l’année: par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien, ont dit une sottise: il fallait dire que tout est au mieux.

Candide écoutait attentivement, &croyait innocemment; car il trouvait Mademoiselle Cunégonde extrêmement belle, quoiqu’il ne prît jamais la hardiesse de le lui dire. Il concluait qu’après le bonheur d’être né Baron de Thunder-ten-tronckh, le second degré de bonheur était d’être Mademoiselle Cunégonde, le troisiéme de la voir tous les jours,&le quatrième d’entendre Maître Pangloss, le plus grand Philosophe de la Province,&par conséquent de toute la Terre.

Un jour Cunégonde en se promenant auprès du Château, dans le petit bois qu’on appellait parc, vit entre des broussailles le Docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mere, petite brune très-jolie&très-docile. Comme Mademoiselle Cunégonde avait beaucoup de disposition pour les sciences, elle observa, sans soufler, les expériences réitérées dont elle fut témoin; elle vit clairement la raison suffisante du Docteur, les effets&les causes:&s’en retourna toute agitée, toute pensive, toute remplie du desir d’être savante; songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candi de, qui pouvait aussi être la sienne.

Elle rencontra Candide en revenant au Château&rougit; Candide rougit aussi; elle lui dit bon jour d’une voix entrecoupée, &Candide lui parla fans savoir ce qu’il disait. Le lendemain après le diner, comme on sortait de table, Cunégonde&Candide se trouvèrent derrière un paravent; Cunégonde laissa tomber son mouchoir, Candide le ramassa, elle lui prit innocemment la main, le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune Demoiselle avec une vivacité, une sensibilité, une grâce toute particulière; leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s’enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s’égarèrent. Monsieur le Baron de Thunder ten-tronckh passa auprès du paravent,&voyant cette cause&cet effet chassa Candide du Château à grands coups de pied dans le derrière; Cunégonde s’évanouit; elle fut souflettée par Madame la Baronne, dès qu’elle fut revenue à elle-même; &tout fut consterné dans le plus beau&le plus agréable des Châteaux possibles.

CHAPITRE SECOND. Ce que devint Candide parmi les Bulgares.

Table des matières

CAndide chassé du Paradis terrestre, marcha long-tems fans savoir où, pleurant, levant les yeux au Ciel, les tournant souvent vers le plus beau des Châteaux qui renfermait la plus belle des Baronnettes; il se coucha fans souper au milieu des champs entre deux niions, la neige tombait à gros flocons. Candide tout transi se traîna le lendemain vers la Ville voisine, qui s’appelle Waldberghoff-trabk-dikdorff, n’ayant point d’argent, montant de faim&de lassitude, il s’arrêta tristement à la porte d’un cabaret. Deux hommes habilles de bleu le remarquèrent: Camarade, dit l’un, voilà un jeune homme très-bien fait&qui a la taille requise; ils s’avancèrent vers Candide,&le prièrent à diner très-civilement. Messeurs, leur dit Candide avec une modestie charmante, vous me faites beaucoup d’honneur, mais je n’ai pas de quoi payer mon écot. Ah Monsieur! lui dit un des bleus, les personnes de votre figure& de votre mérite ne payent jamais rien: n’avez-vous pas cinq pieds cinq pouces de haut? Oui, Messieurs, c’est ma taille, dit-il en faisant la révérence. Ah Monsieur! mettez vous à table; non-seulement nous vous défrayerons, mais nous ne souffrirons jamais qu’un homme comme vous manque d’argent; les hommes ne sont faits que pour se secourir les uns les autres. Vous avez raison, dit Candide; c’est ce que Mr. Pangloss ma toujours dit, &je vois bien que tout est au mieux. On le prie d’accepter quelques écus, il les prend&veut faire son billet, on n’en veut point, on se met a table. N’aimez-vous pas tendrement.....? Oh oui! répond-il, j’aime tendrement Mademoiselle Cunégonde. Non, dit l’un de ces Messieurs, nous vous demandons si vous n’aimez pas tendrement le Roi des Bulgares? Point du tout, dit-il, car je ne l’ai jamais vû. Comment! c’est le plus charmant des Rois,&il faut boire à sa santé. Oh! très-volontiers, Messieurs;&il boit. C’en est assez, lui dit-on, vous voilà l’appui, le soûtien, le défenseur, le héros des Bulgares; votre fortune est faite,&votre gloire est assurée. On lui met fur le champ les fers aux pieds,&on le mene au Régiment. On le fait tourner à droite, à gauche, hausser la baguette, remettre la baguette, coucher en joue, tirer, doubler le pas,&on lui donne trente coups de bâton; le lendemain il fait l’exercice un peu moins mal,& il ne reçoit que vingt coups; le surlendemain on ne lui en donne que dix,&il est regardé par ses camarades comme un prodige.

Candide tout stupéfait ne démêlait pas encor trop bien comment il était un héros: il s’avisa un beau jour du printemps de s’aller promener, marchant tout droit devant lui, croyant que c’était un privilège de l’espèce humaine, comme de l’espèce animale, de se servir de ses jambes à son plaisir. Il n’eut pas lait deux lieues, que voilà quatre autres héros de six pieds qui l’atteignent, qui le lient, qui le mènent dans un cachot; on lui demanda juridiquement ce qu’il aimait le mieux, d’être fustigé trente-six fois par tout le Régiment, ou de recevoir à la fois douze baies de plomb dans la cervelle; il eut beau dire que les volontés sont libres,&qu’il ne voulait ni l’un ni l’autre, il fallut faire un choix; il se détermina, en vertu du don de Dieu, qu’on nomme liberté, à passer trente-six fois par les baguettes; il essuya deux promenades. Le Régiment était composé de deux mille hommes; cela lui composa quatre mille coups de baguettes, qui, depuis la nuque du cou jusqu’au cû lui découvrirent les muscles&les nerfs. Comme on allait procéder à la troisième course, Candide n’en pouvant plus demanda en grâce qu’on voulut bien avoir la bonté de lui casser la tête; il obtint cette faveur; on lui bande les yeux, on le fait mettre à genoux; le Roi des Bulgares passe dans ce moment, il s’informe du crime du patient;&comme ce Roi avait un grand génie, il comprit par tout ce qu’il apprit de Candide que c’était un jeune Métaphysicien, fort ignorant des choses de ce monde,&il lui accorda sa grâce avec une clémence qui fera louée dans tous les journaux& dans tous les siécles. Un brave Chirurgien guérit Candide en trois semaines avec les émollients enseignés par Dioscoride. Il avoir déja un peu de peau,&pouvait marcher, quand le Roi des Bulgares livra bataille au Roi des Abares.