Charlie - François David - E-Book

Charlie E-Book

François David

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Beschreibung

Une étonnante et touchante amitié naît lorsque Luce rencontre Charlie devant un supermarché.Quand l’histoire commence, Luce écrit : « J’avais treize ans et jamais redoublé une classe. » Jusqu’à ce qu’elle rencontre Charlie, « Clochard de Paradis ». Leur amitié va durer le temps d’une année scolaire. Mais son souvenir reste toujours présent aujourd’hui dans la vie de Luce.Charlie et Luce ont réellement existé. À la fin de son roman, l’auteur est allé interroger la véritable Luce. Après le personnage, les lecteurs peuvent ainsi découvrir la personne…Un récit poignant qui propose de regarder les différences d’autrui sous un angle nouveau.EXTRAITEn fait, ce n’est pas vrai. Charlie posait son carton par terre juste devant Point’Mag seulement les jours où c’était ouvert. Le dimanche, il quittait son poste pour se tenir à l’entrée de l’église. Moi, j’assistais à la messe. C’était très important à mes yeux car j’avais pris la décision de me faire baptiser. Je ne pouvais donc pas être dehors avec lui. En revanche, le reste de la semaine, si. Et je ne pensais qu’à ça, je le reconnais. Toute la journée, je me disais : mais quand est-ce que ça va être le moment de le rejoindre ? Comment elles s’y prenaient, les heures, pour ne pas passer plus vite alors que j’étais en classe ? C’était incroyable. J’avais l’impression qu’elles le faisaient exprès, qu’elles lambinaient pour m’embêter, qu’elles n’allaient jamais arriver jusqu’à la sonnerie. Les quatre sonneries du matin. Et les trois de l’après-midi. Tandis que les heures devenaient endiablées, à galoper comme des malades dès que je me retrouvais avec Charlie. Je ne voyais pas alors le temps passer. Charlie non plus puisqu’il me disait tous les soirs : « Ah bon ! On part déjà ? » CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE« Charlie est un étonnant petit roman. Une belle histoire d’amitié. » – Dans la bibliothèque de Noukette« …une incitation à la tolérance, au partage avec l’autre, peu importe d’où il vient. » – Mille et une frasquesA PROPOS DE L’AUTEURPoète, auteur, éditeur, ancien professeur de littérature et de théâtre, François David a écrit plus de quatre-vingts livres. Il vit actuellement dans le Cotentin.

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Seitenzahl: 39

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Charlie

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© Le muscadier, 2014

48 rue Sarrette – 75685 Paris cedex 14

www.muscadier.fr

[email protected]

Directeur de collection: Éric Denniel

Couverture & maquette: Espelette

ISBN: 9791090685413

Pour Laure

Chapitre 1

J’avais treize ans et jamais redoublé une classe. Aussi on imagine la surprise de mes parents d’être officiellement convoqués à la demande de mon professeur principal, Monsieur Lessort, que je trouvais hideux. Eux disaient que non, mais je voyais bien à quel point il était laid. Pas laid du visage et du corps, je m’en fichais, il pouvait être moche autant qu’il voulait, ce n’était pas du tout mon problème. Mais laid à l’intérieur, tellement laid, je n’arrivais pas à comprendre que les autres ne s’en aperçoivent pas. En plus, je n’aimais pas comme il s’habillait, et encore moins qu’il nous parle en classe de sa cravate mauve limite fluo couverte d’émoticones. Je le trouvais grotesque, avec ses efforts pour redevenir jeune. Mais surtout, c’était sa façon de faire la morale qui m’horripilait. Venant de lui, je ne pouvais pas accepter, et plus il disait, devant mon père et ma mère: « Tu écoutes, Luce? Ma parole, attention! Tu écoutes bien! », moins j’écoutais; je me forçais à avoir des doigts invisibles pour les placer sur les oreilles, les boucher pendant qu’il parlait, surtout ne rien entendre.

De toute façon, il ne pouvait pas savoir. Et c’était bien le dernier à qui j’aurais expliqué pourquoi mon année de quatrième était, ça c’est vrai, mal barrée. Monsieur André-Louis Lessort venait en voiture tous les jours depuis Marseille jusqu’à mon collège, à Aix-en-Provence. Il prenait l’autoroute tout droit direct, drrrrrrrrrrt! Il ne passait donc pas par Rosemare. Il n’y était probablement jamais entré. Ne savait peut-être même pas qu’il y avait une commune qui portait ce nom-là. Ni à quoi ça ressemblait, Rosemare. Avec sa pâtisserie spécialisée en calisson et ses trois pharmacies, dont l’une avec des fauteuils roulants et des béquilles en vitrine. Avec sa station de réparation de motos et sa clinique de poupées. Avec ses quatre banques, sa poste, sa coopérative de vin régional, sa station-dépôt huile d’olive-bougie végétale et son cabinet de regroupement médical où on peut lire en caractères dorés kiné-homéo sur rdv. Avec sa place de la Mairie à plates-bandes de fleurs repiquées. Avec ses deux hôtels – à une étoile et trois étoiles – mais un seul, le trois étoiles, qui fait restaurant. Et avec son Point’Mag. Surtout son Point’Mag! Pas seulement parce que c’était la seule petite grande surface de la commune. Mais parce que c’était là que se tenait Charlie tous les jours que Dieu faisait.

En fait, ce n’est pas vrai. Charlie posait son carton par terre juste devant Point’Mag seulement les jours où c’était ouvert. Le dimanche, il quittait son poste pour se tenir à l’entrée de l’église. Moi, j’assistais à la messe. C’était très important à mes yeux car j’avais pris la décision de me faire baptiser. Je ne pouvais donc pas être dehors avec lui. En revanche, le reste de la semaine, si. Et je ne pensais qu’à ça, je le reconnais. Toute la journée, je me disais: mais quand est-ce que ça va être le moment de le rejoindre? Comment elles s’y prenaient, les heures, pour ne pas passer plus vite alors que j’étais en classe? C’était incroyable. J’avais l’impression qu’elles le faisaient exprès, qu’elles lambinaient pour m’embêter, qu’elles n’allaient jamais arriver jusqu’à la sonnerie. Les quatre sonneries du matin. Et les trois de l’après-midi. Tandis que les heures devenaient endiablées, à galoper comme des malades dès que je me retrouvais avec Charlie. Je ne voyais pas alors le temps passer. Charlie non plus puisqu’il me disait tous les soirs: « Ah bon! On part déjà? » Le reste du temps, je ne sais pas. Parce que je n’étais pas là, justement. Et parce qu’il ne se plaignait jamais. Quand même, il devait les trouver parfois longues, ses heures de « travail », comme il disait.