Contes qui finissent bien - Joséphine Colomb - E-Book

Contes qui finissent bien E-Book

Joséphine Colomb

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"Contes qui finissent bien", de Joséphine Colomb. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Joséphine Colomb

Contes qui finissent bien

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066307660

Table des matières

FLEUR-DE-POMMIER
I
II
III
L’HIRONDELLE DE PIGNA
TANTE ÉLÉONORE
LA POIRE DE NOËL
VOILÀ CE QUE C’EST!
PÊCHE A LA TRUITE
A LA FERME
PAUVRE PETITE VIOLETTE

FLEUR-DE-POMMIER

Table des matières

I

Table des matières

Il était une fois, il y a très longtemps, une fée dont le nom était un peu long, parce qu’il contenait l’explication de tout son caractère. On l’appelait la fée Bienintentionnée, et le fait est qu’elle n’avait jamais eu une mauvaise intention de sa vie. Mais pour faire le bien il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, il faut encore avoir du jugement, et la pauvre fée n’en avait guère. Elle finit par faire tant de sottises que la reine des fées se décida à lui retirer sa baguette.

Elle la manda donc devant son tribunal, où elle était assistée des fées les plus célèbres: la fée des Lilas, Angélina, la fée des Fleurs, les marraines de Cendrillon, de Gracieuse, et même la fée Soussis et la fée Carabosse. Et là, étendant sa baguette vers la pauvre Bienintentionnée toute tremblante, elle lui dit:

«Bienintentionnée, ma fille, je vais être obligée, à mon grand regret, de vous mettre pour cent ans en pénitence....

— Oh! Madame la Reine, grâce! s’écria la bonne Angélina. C’est si long, cent ans de pénitence! Je le sais, moi qui ai été cent ans petite souris blanche!

«ACCUSÉE, QU’AVEZ-VOUS A DIRE POUR VOTRE DÉFENSE?»

— Moi, je lui ferais bien grâce, marmotta la fée Carabosse: elle travaille pour moi la moitié du temps.

— Vous, ma sœur, reprit la reine, c’est votre métier de faire du mal; mais elle en fait sans le vouloir, et c’est en quoi elle est fautive. Voyons, accusée, qu’avez-vous à dire pour votre défense?

— Hélas, Madame la Reine, je n’ai jamais que de bonnes intentions....

— Oui, et vous ouvrez la cage d’un lion, parce qu’il est malheureux en prison: le lion sort, croque une demi-douzaine de personnes et en fait mourir autant de peur. Croyez-vous qu’il n’aurait pas mieux valu le laisser en cage?»

Bienintentionnée baissa tristement la tête.

LE LION SORT ET CROQUE UNE DOUZAINE DE PERSONNES.

«Et ce brave pêcheur qui gouvernait si bien sa barque? Parce qu’il a eu la sotte vanité de souhaiter un grand navire, vous avez changé sa barque en un brick dont vous l’avez fait capitaine... et trois mois après, il était perdu corps et biens!... Et la jolie Toinon, qui rêvait de quitter e village et d’aller à la Cour, et dont vous avez fait une duchesse sans vous demander si c’était pour son bonheur? Elle a eu tant d’ennuis et de chagrins qu’elle en est morte, la pauvre enfant! Et Babette, la fille du tabellion? Elle était habituée à sa laideur, et les autres aussi; on l’aimait comme cela, et elle était douce, aimable, spirituelle, modeste, le trésor de la maison. D’un coup de baguette vous l’avez rendue belle comme le jour, et ce n’est plus qu’une coquette prétentieuse qui ne se sert de ses dix doigts que pour se parer.... Vous avez encore fait là un joli coup!

— Je n’avais pas réfléchi,... balbutia la pauvre fée.

— Eh bien, en cent ans vous aurez le temps de réfléchir.... Par la vertu de ma petite baguette....

— Oh non! grâce! dirent ensemble les bonnes fées. Laissez-lui encore un peu de temps.... Elle réfléchira désormais.

— Allons, je veux bien encore attendre. Bienintentionnée, je t’ajourne à un an. Dans un an tu seras condamnée à un siècle de pénitence, à moins que tu n’aies, une seule fois — tu vois que je ne te demande pas grand’chose — fait un bien utile à une personne qui le mérite et à qui tes dons ne nuisent pas. Tes sottises, car tu en feras, ne compteront pas. Va et tâche de ne plus agir sans réflexion.»

II

Table des matières

Il y avait au pays de Normandie une ferme qu’on appelait la ferme du Grand-Jars. Cela venait de ce que, bien longtemps auparavant, on y avait possédé le jars le plus beau et le plus grand du pays. Les jars sont, tout le monde sait cela, les maris des oies, comme les coqs sont les maris des poules. Le grand jars était mort depuis des années, mais il avait laissé son nom à la ferme, où l’on élevait toujours beaucoup d’oies.

Les fermiers du Grand-Jars, Gilbert et Gilberte, étaient de braves gens très charitables. Un soir de printemps, une pauvre femme qui portait un enfant dans ses bras, vint tomber à leur porte, malade et n’ayant plus la force de parler. Ils la recueillirent, la couchèrent dans un bon lit et la soignèrent de leur mieux; mais ils ne purent l’empêcher de mourir dans la nuit sans avoir pu dire qui elle était.

Les fermiers adoptèrent l’enfant, qui était une petite fille; et, ne sachant point son nom, ils l’appelèrent Fleur-de-Pommier, parce que la première fleur de leurs pommiers s’épanouit le jour de son arrivée. Elle grandit, douce, gaie et jolie à ravir. Toute petite, elle montrait une âme de bonne ménagère, mettant ses joujoux en ordre dès qu’elle ne s’en servait plus, et cherchant toujours à faire quelque chose d’utile. Dès qu’elle fut assez grande pour surveiller les oies, la fermière lui mit une baguette à la main, et l’envoya les faire paître dans un grand pré d’où l’on voyait la maison. Comme cela, tout en soignant son ménage, elle pouvait voir Fleur-de-Pommier, et aller à son secours s’il fût passé par là quelque méchante personne ou quelque mauvaise bête qui eût voulu lui faire du mal.

UNE PAUVRE FEMME VINT TOMBER A LEUR PORTE.

Fleur-de-Pommier avait un petit cœur très tendre; elle aimait le fermier et la fermière, qui l’avaient élevée; et elle aimait aussi ses oies, qui la connaissaient et qui s’empressaient autour d’elle dès qu’elle paraissait avec sa baguette. Comme les journées sont longues, Fleur-de-Pommier, pour ne pas s’ennuyer, tenait à ses oies toutes sortes de discours, et elle était convaincue que ses oies la comprenaient: si elles ne lui répondaient pas, c’était faute de savoir parler.