Daumier - Arsène Alexandre - E-Book

Daumier E-Book

Arsène Alexandre

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"Daumier", de Arsène Alexandre. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Arsène Alexandre

Daumier

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066306328

Table des matières

BIBLIOGRAPHIE
L’ŒUVRE DE DAUMIER
TABLE DES ŒUVRES REPRODUITES

A MES AMIS J.-L. FORAIN ET MAURICE LOBRE EN COMMUNAUTÉ D’ADMIRATIONS ET... DU CONTRAIRE

A. A.

Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays

Copyright by Les Éditions Rieder, 1928.

VOILÀ donc mon pot de fleurs qui va avoir du soleil!... Je saurai enfin si c’est un rosier ou une giroflée!...» C’est la légende (improvisée par un collaborateur du Charivari) sous une «Actualité » de Daumier: les démolitions de Paris. Un vieux ménage est à sa fenêtre, ravi du soudain éblouissement d’espace et de lumière que vient de déterminer la chute des maisons qui enserraient naguère leur logis obscur, faisant de leur cour un puits ténébreux. La légende est saugrenue. Les personnages sont poussés grotesquement à la charge. Le paysage, bâti en quelques traits par le velours incisif du crayon lithographique, est admirable.

Un pan ébréché de murs qu’achèvent d’abattre deux maçons, indication de mouvements d’une surprenante justesse, fait encore un écran, au delà duquel apparaît et se perd au loin un quai ensoleillé de la Seine.

C’est tout un vieux Paris, à cette époque d’hausmannisation, qui commence à s’effriter. Il y mettra le temps, — à ce point que tout récemment encore, sur le quai même dont les antiques maisons se dressaient face au flanc nord de l’île Saint-Louis, un large massacre a permis à la population de tout un côté de l’étroite, sombre et malsaine rue de l’Hôtel-de-Ville, de savoir que leur pot de fleurs n’était ni un rosier ni une giroflée.

Ce sont ces vieilles demeures, tour à tour jaunies, recuites, hâlées par le soleil torride, ou marbrées par l’humide courant d’air, se serrant les unes contre les autres, percées de multiples fenêtres qui les faisaient paraître de loin comme de gigantesques dominos, et, aux rez-de-chaussée, peu orgueilleux de leurs boutiques, engouffrant par un étroit et suintant corridor, des habitants périmés, — c’est ce quai patient, modeste, laborieux, çà et là taché d’équivoque, parfois tragique à des heures, que Daumier contempla en descendant de son atelier du quai d’Anjou, et que souvent il peignit comme décor de plus d’une de ses scènes parisiennes, faisant de cette humilité un émail devenu inestimable. Derrière ces façades, pittoresques, après tout, serpentait et grouillait cette susdite rue de l’Hôtel-de-Ville, pestilentielle (en cet endroit de son parcours) de misère et de crimes, parfois grelottante de la fièvre révolutionnaire qui, plus loin encore, parallèlement, secouait la rue Saint-Antoine. Plus au delà s’étendait le Marais. Grâce à ses vieux hôtels correctement mésalliés avec l’industrie aux mille activités diverses, il se prête encore à l’évocation et semble voué à l’heureuse fatalité de ne pouvoir se rajeunir, de ne pouvoir jouer les aïeules fardées et les vieux beaux qui se teignent, ou bien de se renouveler d’un seul coup.

Sans se déplacer beaucoup, Daumier pouvait encore apercevoir la masse pompeuse du Louvre où il s’était, dans son enfance, senti se révéler de la famille. Presque à ses pieds, quelques portes plus loin, l’hôtel Pimodan abritait Baudelaire, hébergeait ses amis de choix, recélait jusque dans sa cave, où l’on accédait de la rue, des ateliers d’artistes épris du clair-obscur. Dans le voisinage, colonie éparse de peintres, de sculpteurs, de graveurs, tous fraternisant avec une insouciance, un désintéressement et des formes de gaîté qui ne sont plus de ce temps-ci, au point de lui paraître à peu près inintelligibles.

Au delà, c’était autre chose. Le Paris qui mettait en pratique le mot d’ordre de Guizot: «Enrichissez-vous!» Il y avait là cependant un port d’attache, peu productif, il est vrai, pour le satirique dessinateur des Robert Macaire: la rue Vivienne