De la décoration humaine : hygiène de la beauté - Alphée Cazenave - E-Book

De la décoration humaine : hygiène de la beauté E-Book

Alphée Cazenave

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"De la décoration humaine : hygiène de la beauté", de Alphée Cazenave. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Alphée Cazenave

De la décoration humaine : hygiène de la beauté

Publié par Good Press, 2021
EAN 4064066322656

Table des matières

PRÉFACE.
AVANT-PROPOS.
PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
CHAPITRE II.
§ I.
§ II.
§ III.
§ IV.
§ V.
§ VI.
§ VII.
§ VII.
§ IX.
CHAPITRE III.
§ I er .
§ II.
§ III.
CHAPITRE IV.
§ I er .
§ II.
§ III.
CHAPITRE V.
DEUXIÈME PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
CHAPITRE II.
CHAPITRE III.
CHAPITRE III.
COSMÉTIQUES DE LA PEAU.
VINAIGRES AROMATIQUES POUR LA TOILETTE.
COSMÉTIQUES DE LA CHEVELURE.
COSMÉTIQUES DE LA BOUCHE.
COSMÉTIQUES POUR LA MAUVAISE HALEINE.
COSMÉTIQUES POUR LES MAINS.
COSMÉTIQUES DIVERS.
BAINS.

PRÉFACE.

Table des matières

J’ai besoin d’expliquer, avant tout, la raison qui m’a fait choisir le titre de ce livre, malgré plusieurs avis contraires. Je sais bien que Décor, bien qu’il vienne de Decus, qui signifie en latin beauté, ornement, n’a plus le même sens dans notre langue; je sais bien que, par conséquent, Décoration n’est pas non plus la traduction de Decoratio, qui, chez les Latins, avait une signification toute spéciale, que ne saurait rendre complétement le mot équivalent Décoration. — Fallope le définissait: «La conservation ou le rétablissement de la beauté naturelle.» Or, comme c’était l’idée de ce livre, et comme je n’ai pu trouver dans notre langue une dénomination qui la rendît aussi exactement, j’ai cru devoir l’adopter dans ce sens, en la francisant pour ainsi dire, au moins dans cette acception. Si c’est un tort, je le confesse, en trouvant mon excuse dans l’impossibilité, dans laquelle je me suis trouvé, de faire connaître aussi précisément par une autre expression le but que je me suis proposé.

J’ai dû consulter plusieurs auteurs. Voici la liste des principaux:

MARINELLO. — Gli ornamenti delle Donne. Venezia, 1574.

LIEUTAUD (J.). — De cosmeticâ seu ornatu et decoratione, in-8°. Paris, 1582.

ARNAUD DE VILLENEUVE. — Praxis medicinalis de Decoratione, de Ornatu mulierum. Lyon, 1586.

MERCURIALI. — De Decoratione Liber 8. Venetis, 1601.

RENÉ (FRANÇOIS). — Essay des Merveilles de Nature, etc., 3e édit., in-8°. Paris, 1657.

GUYON. — Miroir de la Beauté, cours de médecine. Lyon, 1664.

BRANTOME. — Mémoires, etc. Leyde, 1665.

FÉNELON. — De l’Éducation des Filles. Paris, 1687.

SALOMON. — Le Cantique des cantiques, traduit en français, in-8°. Paris, 1694.

TRILLER. — Opuscula medica et medico-philosophica. Exercitatio octava de remediis veterum cosmeticis eorumque noxiis. Francfort.

BENDER. — Dissertatio de cosmeticis.

ANDRY (N.). — Orthopédie, ou l’Art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps, 2 vol. in-12; figures. Paris, 1741.

ABDEKER, ou l’Art de conserver la beauté, 3 vol. in-12. 1754.

THOMAS (O.-L.). — Essai sur les caractères, les mœurs et l’esprit des femmes dans tous les siècles. 1772.

GELLERT (C.-F.). — Leçons de morale. Leipzig, 1784.

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE. — Études de la

Nature, 2e édit., 3 vol. in-12. Paris, 1786.

SUE. — Eléments d’anatomie à l’usage des peintres. Paris, 1788.

BAUMGARTEN. — De arte decoratoria dissertatio. Lipsiæ, 1791.

WINCKELMANN. — Histoire de l’art, in-4°, édit. Jansen.

SAINT-LAMBERT. — Œuvres philosophiques, 5 vol Tome Ier, Analyse de l’homme et de la femme. Paris, 1801.

MONTAIGNE. — Essais, 4 vol. Paris, 1802.

MOREAU DE LA SARTHE. — Histoire naturelle de la femme, suivie d’un Traité d’hygiène, etc., 3 vol. in-8°. Paris, 1803.

LAVATER (J.-H.). — L’Art de connaître les hommes par la physionomie, 10 vol. in-8°, fig. Paris, 1806, 1809, 1830, 1835.

ROUSSEL. — Système physique et moral de la femme, etc., 6e édit. Paris, 1812.

CLOQUET (HIP.). — Des odeurs sur les sens et les organes de l’olfaction, Dissert. inaug., in-8°. Paris, 1815.

CLAIRIN. — De l’Obésité, thèse. Paris, 1855.

BOUVIER. — Étude médicale et historique sur l’usage des corsets, broch. in-8°. Paris, 1853.

BEAUGRAND. — L’Hygiène, ou l’art de conserver la santé, 1 vol. in-12. Paris, 1855.

CLAYE. — Les Talismans de la beauté, 3e édit. 1864.

BANTING (William). — De l’Obésité, traduit de l’anglais. Paris, 1864.

PIESSE. — Des Odeurs, des Parfums et des Cosmétiques, édition française, publiée par Reveil. Paris, 1865.

AVANT-PROPOS.

Table des matières

La beauté a été de tout temps chantée par les poètes. Si elle a toujours été l’objet du culte passionné des artistes, les observateurs, les philosophes, les savants, en ont fait, à toutes les époques aussi, un sujet d’études sérieuses. Des hommes considérables par leur mérite ont donné à cette question une large place dans leurs écrits; et ils ne se sont pas bornés seulement à définir cette qualité un des dons les plus précieux que le ciel ait faits à l’homme, ils ont souvent recherché quels moyens pouvaient le mieux conserver la beauté corporelle, la rendre plus complète, la suppléer même dans quelques cas.

Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire, on trouve des traces de ce culte de la beauté, espèce d’alchimie cosmétique qui a compté une foule d’adeptes très-célèbres.

La mythologie nous raconte les aventures de Circé, cette fille du Soleil, si habile dans l’art de modifier l’extérieur humain par ses artifices qu’elle a passé pour une enchanteresse; de Médée, qui avait des secrets si merveilleux pour rétablir ou simuler la beauté qu’on a pu dire d’elle qu’elle avait rajeuni le père de Jason.

Les temps héroïques nous fournissent encore d’autres noms célèbres dans cet art qui, il y a vingt siècles, était déjà poussé aux limites du raffinement le plus exagéré. Ces noms appartiennent plutôt à des femmes qui ont joué un rôle brillant dans les vieilles sociétés de la Grèce et de Rome. C’est ainsi que l’on cite Aspasie, un des plus charmants modèles de la grâce attique. Cette belle Phocéenne avait réuni, dans un livre cité par Aëtius, un certain nombre de préceptes dédiés aux femmes curieuses d’augmenter ou de conserver leur beauté, et dont quelques-uns, inspirés par une connaissance exacte de l’hygiène, ont mérité d’être conservés par la tradition. Ils ont surtout rapport à l’usage des lotions et des bains, au choix des vêtements, à certaines habitudes de la vie domestique. Après Aspasie, il faut placer Cléopâtre, à laquelle on attribue un petit ouvrage dédié aux femmes et qui contient un assez grand nombre de formules de cosmétiques.

Les pères de la médecine n’ont pas dédaigné de donner dans leurs écrits une place à cette science, si souvent déshonorée par le charlatanisme. On signale, çà et là, quelques données curieuses dans Moschion, dans Héraclite de Tarente, dans Aëtius, dans Galien.

Cependant on a souvent agité la question de savoir si l’art de conserver la beauté était essentiellement et exclusivement du domaine de l’empirisme, ou si, au contraire, il pouvait, compris dans certaines limites, toucher à la médecine, y prendre même une place importante. Le doute ne semble pas possible sur ce point, si l’on consulte les autorités très-sérieuses qui se sont prononcées pour établir le côté rationnel et la valeur scientifique de ce que l’on pourrait appeler le traitement de la beauté.

Sans doute, un grand nombre de compilations qui ont été élaborées sur cette matière n’ont été qu’une occasion de préconiser l’emploi de drogues, le plus souvent inutiles, quand elles n’étaient pas dangereuses. C’est là une circonstance très-regrettable, qui tient à la facilité qu’a offerte dans tous les temps, au débit de ces recettes, le désir de relever des charmes compromis ou de pallier des éléments de laideur naturelle. Ce besoin est aussi vieux que le monde civilisé ; il a dû, à toutes les époques, provoquer les entreprises de l’empirisme; aussi ne faut-il pas s’étonner si, malgré le blâme des hommes animés de l’amour de la morale et de l’humanité, l’usage des cosmétiques et des postiches exagérés a prévalu jusqu’ici.

Les Pères de l’Église sont pleins d’anathèmes fulminés contre l’abus des artifices de toilette dont les femmes se servaient alors avec une véritable passion. Tertullien traitait de pratiques diaboliques les procédés à l’aide desquels certaines matrones étaient fort habiles à se rougir les lèvres, à blanchir leur peau, à animer l’éclat de leurs yeux en les entourant de noir. On retrouve les mêmes colères dans la Règle des jeunes filles de Cyprien, dans Basile le Grand, dans saint Jérôme. Mais c’est surtout dans le Pédagogique de Clément d’Alexandrie qu’il faut lire tout ce qu’inspiraient alors d’honnêtes emportements, les exagérations de l’emploi des cosmétiques. Et, si l’on réfléchit à la composition de la plupart des eaux ou des pommades confectionnées pour la toilette, on comprend combien étaient justes, si elles restaient souvent sans effet, des protestations qui pourraient trouver aujourd’hui leur application, comme elles seraient probablement aussi peu efficaces.

Quoi qu’il en soit, il serait presque impossible d’énumérer tous les formulaires étranges où se trouvent recueillies les drogues, plus ou moins malsaines, imaginées et reproduites depuis des siècles. C’est à cette source intarissable qu’a puisé de tout temps un charlatanisme effréné ; mais c’est là aussi qu’il faut chercher la cause du renom équivoque qui s’est attaché à la plupart de ces productions. Sans parler des difficultés qu’apportait à leur emploi la composition diffuse, compliquée, quelquefois vraiment monstrueuse, des formules, il est bien évident que l’abus de ces préparations indigestes, que leurs dangers aussi, ont pu rejaillir jusque sur le culte de la beauté lui-même, et faire rejeter à un rang tout à fait inférieur l’enseignement des moyens qui peuvent concourir à l’embellissement du corps humain. Et pourtant, malgré toutes ces causes de déchéance, il n’est pas douteux que l’art cosmétique, comme l’appelait Mercuriali, ne soit une partie importante de l’hygiène.

En effet, la beauté véritable ne saurait, en aucun cas, exister sans la santé. Si celle-ci s’altère, celle-là s’amoindrit ou se dénature. Un écart de régime, les excès, etc.., apportent à la beauté une atteinte que tous les artifices de la toilette sont moins aptes à détruire que le retour à des conditions hygiéniques meilleures. Et quand on parle de ces cosmétiques qui signifient ornement, beauté, il s’agit moins encore de formules à suivre que de pratiques à éviter, que de règles hygiéniques à observer. Il y a donc réellement place pour une œuvre du médecin sérieux dans cette science compromise, mais qui peut, bien appliquée, avoir une mission aussi honorable qu’utile.

C’est en se plaçant dans ces conditions, c’est en poursuivant ce but, que des observateurs très-distingués, très-instruits, d’une autorité médicale incontestable, ont pu donner leurs soins à un art qu’ils ont relevé de toute la hauteur de leur talent. Nous avons cité déjà quelques noms parmi les anciens; mais c’est surtout chez les auteurs plus modernes que l’on trouve des études plus complètes, plus positives sur ce point.

Parmi les spécialistes qui se sont occupés de l’embellissement du corps humain, il faut citer en première ligne Mercuriali. A ce propos, nous devons faire remarquer que la langue latine, plus heureuse que la nôtre, a trouvé, pour définir cet art charmant, un mot qui n’a pas de synonyme exact dans notre vocabulaire. Ainsi, l’ensemble des données qui concourent à la conservation ou au postiche même de la beauté était désigné par le mot decoratio, expression simple, claire, précise, qui avait le mérite précieux d’avoir une signification à part, parfaitement distincte. Quoi qu’il en soit, le livre de Mercuriali a été très-sérieusement pensé ; il a un cachet remarquable, et il a bien évidemment servi de modèle à la plupart de ceux qui se sont produits à la même époque, comme les traités spéciaux de Fallope, d’Arnaud de Villeneuve, de Fioramenti, d’Argelata, de Furnerius, etc.

Pour la plupart de ces auteurs, l’art cosmétique n’était qu’un détail de la pathologie générale; aussi est il le plus souvent enclavé dans l’ensemble de leurs études médicales. Mais il en est d’autres qui, comme Guyon, ont rattaché toute l’histoire des maladies à la beauté corporelle; qui, ainsi que Liébaut, ont cru devoir faire un traité spécial de l’embellissement du corps humain; qui, comme de Blagny, ont dressé une sorte d’inventaire officiel de toutes les recettes reconnues pour concourir au maintien ou à la simulation de la beauté. Plus près de nous, il faudrait citer un petit livre très-curieux, intitulé : Abdeker, où, sous forme d’étrennes aux dames, l’auteur présumé leur conte l’histoire romanesque d’un médecin qui enseigne à une sultane, dont il est aimé, le moyen de conserver ses charmes. On pourrait aussi signaler quelques thèses intéressantes sur les cosmétiques, et, entre autres, celles de Bender, de Stephan, de Triller, de Wogt, de Wedel. La plupart de ces opuscules, empreints d’une érudition minutieuse, traitent du danger, de l’abus des artifices de la toilette.

Pour nous, quand même nous n’aurions pas l’autorité des noms scientifiques qui sont attachés à l’étude des soins de la beauté, nous resterions convaincu, par les résultats de notre pratique personnelle, que l’on peut, dans la recherche de ces soins, rendre des services très-réels, très-sérieux. Ce but est assez digne pour mériter d’être poursuivi; et, quand nous ne ferions que faire justice des erreurs, des fraudes, ou des énormités empiriques qui abondent sur notre chemin, nous croirions déjà avoir fait une bonne action médicale. Mais nous croyons qu’il y a quelque chose de mieux à faire; qu’on peut, qu’on doit même, pour assurer le succès de l’art cosmétique, le ramener et le maintenir dans des limites purement rationnelles et scientifiques; qu’il est possible enfin d’écrire, sur l’embellissement et la conservation du corps humain, une œuvre qui soit utile, et qui ait en même temps un cachet médical.

C’est là le double but que nous nous sommes proposé d’atteindre. Il convient d’ajouter que tous les traités sur cette matière ne sont plus en rapport avec les progrès qu’ont faits nos connaissances en chimie, en physiologie, en thérapeutique. La pratique sérieuse n’a plus rien à attendre de ces compilations de formules surannées, ridicules ou même repoussantes. Le nouveau livre de la Décoration humaine est donc destiné à combler une lacune importante dans une science qui s’adresse à tant d’intérêts, tant de besoins, tant de désirs légitimes. Il vient, sous une forme simple, méthodique, facile à consulter, mettre à la portée de tout le monde les moyens d’embellir le corps humain, avec cette réserve que nous avons eu soin de n’admettre, de ne proposer que ceux dont une longue expérience nous a permis de reconnaître et d’affirmer l’utilité.

Les auteurs qui ont écrit les ouvrages les plus complets sur l’embellissement humain ont tous suivi à peu près le même plan. Ainsi, ils ont étudié les unes après les autres toutes les parties du corps, en commençant par la tête, qui est le siége principal de la beauté.

Cette division, toute naturelle, est fondée sur cette donnée pratique, que les soins de la beauté varient nécessairement selon qu’ils s’appliquent à telle ou telle partie. Elle a, de plus, l’avantage de rendre plus simple, plus facile l’exposition des divers moyens auxquels il convient de recourir. J’ai cru devoir la conserver en la ramenant à des termes plus généraux, qui permettent de réunir dans un même cadre tous les points qui se rapportent à un même ordre d’idées, et d’éviter ainsi des redites inutiles.

Après les considérations générales sur la beauté, notre série d’aperçus sur l’embellissement commencera par la tête, que nous décomposerons au point de vue de ses diverses parties, ainsi: du teint, des cheveux, du front, des oreilles, des yeux, du nez, de la bouche, du menton.

Nous étudierons ensuite le tronc, qui comprendra le col, les épaules, la poitrine, les aisselles, le dos, la taille, etc.

Les membres, qui viendront après, comprendront les bras et les avant-bras, les mains, les ongles, les cuisses, les jambes, les pieds et les orteils.

Nous nous proposons enfin d’exposer dans des chapitres spéciaux ce qui touche: à l’embellissement DE LA PEAU EN GÉNÉRAL; AUX EXHALAISONS NATURELLES; à L’OBÉSITÉ ET à LA MAIGREUR et aux moyens d’y remédier; et de dire quelques mots sur la COSMÉTIQUE, c’est-à-dire sur L’HYGIÈNE, LES PARFUMS et LES COSMÉTIQUES proprement dits.

Les anciens formulaires méritent en général le reproche de pécher par la multiplicité des recettes et leur affectation; sous ce rapport, ils avaient au moins l’inconvénient de jeter le trouble dans l’esprit de celui qui les consultait. Il y avait là un écueil que nous avons tenu à éviter; et, convaincu que ce livre serait d’autant plus utile qu’il serait plus simple, nous nous sommes attaché à maintenir le nombre des formules dans des limites qui nous permissent de répondre à toutes les indications de notre sujet, sans imposer d’embarras ou de fatigue au lecteur.

En résumé, la Décoration humaine est à la fois du domaine de la pratique médicale et des habitudes de la famille. Elle s’adresse en même temps aux médecins et aux gens du monde.

Les praticiens peuvent y trouver un guide pour rechercher les moyens de prévenir ou de réparer les atteintes faites à la beauté corporelle par toutes les influences morbides; de rétablir, de suppléer même, d’après les principes d’une pratique rationnelle, les éléments disparus ou obscurcis d’un des plus précieux attributs de l’espèce Humaine.

Les gens du monde auront à lui demander des conseils utiles pour le choix du régime, pour l’emploi des moyens hygiéniques, auxquels il convient de demander l’entretien et la conservation de la beauté. Ils y trouveront aussi des indications pour les soins particuliers qui peuvent concourir à l’embellissement de chaque partie du corps. Ce livre leur dira de quel topique il est utile de se servir dans tel ou tel cas; il leur recommandera, sous la forme la plus simple et la plus agréable possible, les cosmétiques auxquels toute personne soigneuse de sa toilette pourra recourir d’elle-même, sans inconvénients et surtout sans périls pour sa santé. Mais, en même temps, il signalera aux personnes du monde ce dont elles doivent s’abstenir; car, s’il n’arrive pas toujours que des désordres irréparables soient le résultat de l’emploi irrationnel de certains topiques, il est malheureusement très-fréquent de voir leur usage produire un tout autre effet que celui que l’on s’en était promis.

La donnée générale de la Décoration humaine est donc avant tout une pensée d’utilité pratique. Son but est d’offrir une satisfaction sérieuse à des besoins naturels, à des nécessités intimes qu’exploitent trop souvent la routine, l’empirisme et l’esprit mercantile. Nous espérons que cet ouvrage aura résolu cette question de manière à mériter la confiance, nous allions dire la gratitude, de toutes les personnes auxquelles il est destiné, sans perdre aux yeux de personne le cachet d’un travail sérieux.

PREMIÈRE PARTIE.

Table des matières

CHAPITRE PREMIER.

Table des matières

DE LA BEAUTÉ EN GÉNÉRAL.

Ses définitions, ses différences, sa valeur. — La beauté chez la femme. — Ses rapports avec la santé.

Je ne puis trop répéter combien j’estime la beauté, qualité puissante et avantageuse. Socrate l’appelait une courte tyrannie et Platon le privilège de nature. Nous n’en avons point qui le surpasse en crédit. Elle tient le premier rang au commerce des hommes. Elle se présente au devant, séduit et préoccupe nostre jugement avec grande authorité et merveilleuse impression.
(MONTAIGNE. Essais, vol. III, p. 470-471.)

La beauté absolue, la seule qu’il semble possible de définir, a été l’objet d’un certain nombre de formules qui rendent plus ou moins heureusement l’idée qui y est attachée.

Platon, qui envisageait la beauté au triple point de vue de la forme, de l’âme et de l’harmonie, en faisait une grâce réjouissant à la fois l’esprit, la vue, l’ouïe, et portant chacun à admirer, désirer, respecter, aimer l’être qui est doué de cet avantage.

Aristote la plaçait dans l’ordre uni à une certaine grandeur. C’est le type de la beauté abstraite et idéale.

Galien, plus explicite et plus matériel, cherchait la beauté dans une bonne conformité des membres, unie à un coloris agréable, à une chair congrue, à une certaine ampleur de formes, à l’harmonie des traits.

La plupart des philosophes de l’antiquité ont essayé de ramener la formule de la beauté physique à des règles exactes. On voit que, si l’esthétique est une science nouvelle, elle est au moins une aspiration très-ancienne. Ainsi, ils ont admis à peu près généralement que la beauté est le rapport du tout avec les parties, et des parties entre elles, joint au charme du coloris.

Cela était vague sans doute; mais il faut bien reconnaître qu’il est au moins très-difficile de donner de la beauté, même absolue, une définition axiomatique qui ne laisse rien à désirer.

Chez les auteurs plus modernes qui se sont occupés de cette matière ardue, on ne trouve le plus souvent que des formules tout aussi peu explicites. Ainsi Albert Durer et Mercuriali , un artiste et un médecin, ont défini la beauté : «Une disposition générale«résultant d’une constitution corporelle «parfaite, agréable au sens.» Fallope semble serrer la question de plus près. Pour lui, la beauté est: «Un état naturel du corps, une habitude consistant«dans l’harmonie de la substance, de la «quantité, de la disposition, de la forme, de la «couleur.»

L’Abdeker , qui semble voué surtout au culte de la beauté sensuelle, la définit: «La forme d’un «tout, qui plaît à chacun de nos sens.»

Si les poëtes ont pu dire de la beauté qu’elle est d’essence divine, on comprend que, comme tout ce qui relève de la genèse surnaturelle, elle échappe à toute description humaine. Les Baumgarten, les Winckelmann et les adeptes de l’esthétisme ont bien pu prétendre soumettre le sentiment du beau à des lois mathématiques; mais la beauté, surtout celle de la femme, ne saurait être exactement exprimée par une formule paradoxale.

Ce serait possible tout au plus si la beauté était réellement une, la même partout et pour tous. Mais tant d’éléments divers concourent à former ce charmant attribut de l’espèce humaine qu’il est presque impossible d’en donner une définition absolue. Ainsi les uns la placent dans une sorte de perfection convenue, qui tient de la statuaire; les autres la cherchent dans la forme unie à l’expression; quelques-uns voudraient la faire résider exclusivement dans les reflets physionomiques d’une belle âme. D’après ces inspirations très-variables, on a pu décrire diverses espèces de beauté. Tantôt elle résulte d’un ensemble de traits réguliers et nobles, joints à l’élévation de la taille, à la pureté du galbe. Tantôt, au contraire, elle est un mélange de grâce extérieure, de finesse et de perfection de la forme, uni à la vivacité, au charme de l’expression. Tantôt, enfin, elle consiste dans un je ne sais quoi qui donne un attrait indescriptible même à des traits irréguliers.

Le sentiment de la beauté peut varier suivant le génie, les goûts, les préjugés même de chaque peuple. Les Orientaux, chez lesquels la vie oisive est en honneur, mettent l’embonpoint au rang des premiers charmes de la femme. Au contraire, les nations occidentales préfèrent généralement des formes sveltes, dégagées; pour elles, la suavité et la délicatesse des lignes passent avant leur ampleur et leur relief; mais ce qui a surtout du prix pour elles, c’est la grâce, c’est l’expression.

Il faut considérer, en outre, que la beauté varie selon l’âge et le sexe. Ainsi elle revêt, dans l’enfance, des caractères tout particuliers de fraîcheur, d’ingénuité, de gentillesse, que l’on ne retrouve plus dans l’âge adulte. Ici la beauté a des attraits qui parlent surtout aux sens; dans la vieillesse, au contraire, elle s’adresse plutôt à l’esprit, auquel elle impose par son air de gravité et de noblesse.

«Des lèvres vermeilles et bien bordées, une bouche «entr’ouverte et riante, de belles dents blanches, «une démarche libre, le regard assuré, une gorge «presque découverte, de belles grandes joues larges, «me charmaient à dix-huit ans, dit le philosophe «Diderot. Aujourd’hui, c’est une jeune fille qui a «l’air décent, le regard timide, et qui marche en silence«à côté de sa mère, qui m’arrête et me charme. «Qui est-ce qui a le bon goût? Est-ce moi à dix-huit«ans? Est-ce moi à cinquante? Belle demande! «— A dix-huit ans, ce n’était pas l’image de la «beauté, mais la physionomie du plaisir, qui me «faisait courir.»

Les différences de la beauté sont plus tranchées et plus remarquables encore, sous le rapport de la différence des sexes. Ainsi, chez l’homme, la beauté comporte un caractère de dignité, de force, de mâle fierté. Les traits sont plus fermes, plus accentués. Chez la femme, c’est surtout la grâce qui domine. Ses formes sont plus fines, plus délicates; les traits se distinguent par la suave harmonie des lignes, par la douceur des contours. Ce qui est un attrait chez celle-ci peut devenir une anomalie choquante chez celui-là. L’homme beau comme une femme est flétri du nom d’efféminé. Il en est de même pour la femme qui serait affligée de charmes trop virils.

Certains philosophes ont, au point de vue de la différence des sexes, cherché à établir une corrélation entre la constitution corporelle propre à chacun d’eux et les dispositions naturelles de l’âme. Ainsi la femme a le corps arrondi, mou, flexible, poli, sans poils; sa musculature est peu apparente, les gestes sont déliés, souples, contenus. Elle a, par contre, un esprit léger, timide, enclin surtout aux sentiments intimes; ses mœurs sont faciles, douces, agréables.

L’homme au contraire est robuste, anguleux, rigide; son système pileux est largement développé ; sa peau est rude, épaisse, ses muscles sont saillants, ses mouvements sont plus roides, plus brusques. Sous le rapport moral, il a de la gravité, de la résolution, de la ténacité ; il se distingue par l’aptitude aux travaux sérieux ou pénibles; il est propre aux conseils qui exigent de la maturité ; il résiste énergiquement aux fatigues soit du corps, soit de l’âme.

Il ne faut pas s’étonner, d’après ces considérations, si la formule de la beauté, prise dans un sens absolu, présente des difficultés assez grandes pour avoir fait douter qu’elle fût possible. «On peut appliquer à la beauté, dit Winckelmann, le mot de Cicéron sur la Divinité... Qu’il est plus aisé de dire ce qui n’est pas elle... que de dire ce qu’elle est avec précision. »

Outre que l’appréciation de la beauté elle-même doit varier selon les temps, selon les peuples, selon les habitudes générales, elle est soumise aux diversités de goûts, de vues, de préjugés même, inhérentes aux individus qui la recherchent ou s’en occupent; mais surtout les langues les plus parfaites manquent d’expressions qui puissent rendre complétement et d’une manière aphoristique les idées abstraites que doit renfermer une définition exacte du plus charmant attribut de la nature humaine. Pour trouver une formule qui satisfît toutes les opinions, il faudrait la composer de tous les instincts, de tous les sentiments, de toutes les passions que suscite le culte de la beauté. Cela est tout simplement impossible.

En effet, la beauté à un point de vue général est un ensemble harmonieux auquel concourent et dans lequel viennent se fondre toutes les perfections de détail dont sont susceptibles les diverses parties du corps humain. Les éléments principaux qui servent à la former sont: une juste proportion de ces parties entre elles et avec le tout, un embonpoint moyen qui donne aux contours la suavité des lignes qui en fait le charme, la régularité des traits du visage, l’heureuse disposition des membres, la distinction des extrémités, la finesse et la transparence de la peau, la fraîcheur du coloris. Mais ces qualités ne font qu’une belle statue. Pour trouver le feu céleste qui l’anime, il faut ajouter le sentiment expressif, reflet de l’âme qui éclate dans le regard, dans le sourire, dans le geste, dans le maintien, jusque dans l’accent. Il n’y a pas de vraie beauté sans ce rayonnement de la vie dont l’expression n’est pas plus absolue d’ailleurs que la perfection plastique. Très-variable, au contraire, elle est, sous les formes les plus diverses, un des éléments lus plus précieux de la beauté, qu’elle soit enjouée ou touchante, fine ou naïve, imposante ou modeste, pudique ou voluptueuse. Mais ce qui caractérise surtout la beauté, ce qui lui donne l’irrésistible puissance dont elle est douée, c’est la grâce, ce charme indéfinissable, qui est tout et qui n’est rien, qui échappe à toute analyse, et qui, si l’on pouvait comparer la beauté à une fleur, en serait le parfum.

S’il est aussi difficile de trouver une définition exacte de la beauté, si, sur ce point, les opinions diffèrent, il n’en est plus de même quant à la valeur qu’il faut attacher à ce don de la nature, quant à l’influence qu’il exerce dans tous les rapports sociaux.

Le sentiment du prix qui s’attache à cette question de forme n’est pas seulement le propre des civilisations avancées. C’est une aspiration instinctive dont, au besoin, on retrouverait des traces dans les sociétés les plus primitives. Il a été quelquefois poussé si loin qu’il a pu faire dire à Xénophon, entre autres, que la possession de la beauté devait être mise au-dessus de celle de la science, de la vertu, de la fortune, de tous les autres avantages enfin, dont l’homme peut être favorisé. Il y a là une exagération évidente qu’il faut laisser aux poëtes et aux artistes; mais, pour le philosophe, pour l’observateur sérieux, il n’en est pas moins vrai que la beauté est un des plus beaux présents que le ciel ait faits à l’homme. Sans doute les qualités de l’esprit et du cœur ont une excellence incontestable; mais, au point de vue de la perfection humaine, elles n’ont qu’une valeur incomplète sans la beauté. Au contraire, on ne saurait rien imaginer de plus parfait, rien qui donne mieux une idée de la divine essence de l’homme, que la beauté du corps unie à la bonté du cœur, à l’élévation de l’esprit, à la pureté de l’âme.

C’est à ce titre, et comme un des types de la perfection idéale, que la beauté a été de tout temps l’apanage de la Divinité. Si dans la mythologie Junon, Minerve et Vénus se disputent, ce n’est pas pour une question de pouvoir, c’est pour une préséance d’attraits. Tous les grands héros ont été des types de beauté surhumaine. Homère épuise toutes les ressources de sa muse épique pour revêtir Hector et Achille de charmes presque divins. Ainsi, l’antiquité nous représente le Bacchus indien, Alexandre; ainsi, à toutes les époques, quand la flatterie a voulu diviniser un roi, elle lui a donné une auréole de beauté majestueueuse et fière. Dans certains pays où la royauté était élective, comme à Sparte, en Éthiopie, dans l’Inde, la beauté physique était un titre essentiel au choix de la nation. L’histoire nous a transmis le fait de cet Archidamus, roi de Lacédémone, qui fut condamné par son peuple à une grosse amende, pour avoir épousé une laide et petite femme, qui ne pouvait que lui donner des enfants chétifs ou difformes, au lieu de ces hommes grands et beaux, comme il en fallait pour commander aux républiques et aux empires.

Mais, en dehors de ces grands exemples, l’influence de la beauté corporelle dans tous les rapports de la vie sociale se révèle à chaque pas d’une manière irrécusable. Nul ne saurait nier, en effet, l’attrait sympathique qui lui concilie toutes les attentions, qui lui donne la douce autorité qu’elle exerce sur les esprits et sur les cœurs. Elle est le plus sûr moyen de plaire, une recommandation aux plus hautes et plus brillantes faveurs; elle inspire l’amour, l’admiration, le respect. Aussi est-elle un juste titre d’orgueil pour la personne qui en est douée; aussi excite-t-elle à bon droit l’envie ou le regret de celle qui en est dépossédée.

Les Grecs avaient bien raison de l’appeler ϰάλλoς du verbe ϰαλεɩ̃ν, qui veut dire appeler. En effet, elle appelle, elle attire insensiblement tout ce qui est accessible au sentiment du beau; et cette influence est d’autant plus grande, plus sûre, que les charmes extérieurs s’allient à la beauté de l’âme.

C’est surtout quand elle existe chez la femme que la beauté corporelle a le privilège d’exercer une influence sur tout ce qui est soumis à son action. Non-seulement alors elle résume au plus haut point toutes les perfections de détail, mais elle resplendit d’une auréole de grâce, mise en jeu par l’organisation expressive et fine de l’individu, et résultant de la délicatesse des traits, de la suavité des formes, de l’harmonie générale des lignes et des teintes.