Dissimuler : Lincoln - Willow Fox - E-Book

Dissimuler : Lincoln E-Book

Willow Fox

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Beschreibung

Je ne peux pas lui dire qu'elle est sous ma protection...
Par le passé, j'ai été employé par Aigle Tactique en tant que garde du corps pour des célébrités, des musiciens et même des milliardaires. Aucun d'entre eux n'a jamais échappé à ma protection.
La petite diablesse qui est entrée dans ma vie a fini par être placée sous ma responsabilité.
J'ai été engagé pour la protéger... en secret.
Le contrat du studio est clair. Je n'ai pas le droit de lui dire que je suis son garde du corps personnel quand elle quitte le plateau.
Elle va découvrir la vérité et quand elle le fera, elle me détestera.
DISSIMULER est le troisième tome de la série Aigle Tactique et met en scène un héros que vous connaissez et aimez déjà ainsi que l'histoire d'Ariella et de Jaxson menant à leur « happily ever after ». Il est fortement recommandé de lire la série dans l'ordre.

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Veröffentlichungsjahr: 2023

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DISSIMULER : LINCOLN

AIGLE TACTIQUE LIVRE 3

WILLOW FOX

Dissimuler : Lincoln

Aigle Tactique Livre 3

Willow Fox

Publié par Slow Burn Publishing

© 2022

v2

Traduction par sarahas2

Relecture par marie_frcy

Couverture par Slow Burn Publishing

Image(s) utilisée(s) sous licence de Shutterstock.com.

Tous droits réservés.

Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique, y compris par photocopie, enregistrement ou par tout système de stockage et d'extraction d'informations, sans l'autorisation écrite de l'éditeur.

TABLE DES MATIÈRES

À propos de ce livre

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Chapitre 33

Épilogue

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A propos de l'Auteur

Du même auteur

À PROPOS DE CE LIVRE

Dissimuler : Lincoln

Aigle Tactique Livre 3

Je ne peux pas lui dire qu'elle est sous ma protection...

Par le passé, j'ai été employé par Aigle Tactique en tant que garde du corps pour des célébrités, des musiciens et même des milliardaires. Aucun d'entre eux n'a jamais échappé à ma protection.

La petite diablesse qui est entrée dans ma vie a fini par être placée sous ma responsabilité.

J'ai été engagé pour la protéger... en secret.

Le contrat du studio est clair. Je n'ai pas le droit de lui dire que je suis son garde du corps personnel quand elle quitte le plateau.

Elle va découvrir la vérité et quand elle le fera, elle me détestera.

DISSIMULER est le troisième tome de la série Aigle Tactique et met en scène un héros que vous connaissez et aimez déjà ainsi que l'histoire d'Ariella et de Jaxson menant à leur « happily ever after ». Il est fortement recommandé de lire la série dans l'ordre.

CHAPITREUN

Lincoln

La fatigue ne suffit pas à expliquer la lassitude qui se cache dans mon regard.

J'entre dans le café de la ville.

La cloche de la porte sonne lorsque je passe la porte, et l'arôme des grains de café me donne ma première dose du matin comme une drogue.

Il m'en faut plus.

— Suivant, lance la fille derrière le comptoir.

Sans ma tasse de café matinale, je n'ai pas encore eu le coup de fouet nécessaire pour me réveiller. Je balbutie en avançant jusqu'au comptoir.

— Salut, Skylar.

Depuis quand travaille-t-elle ici ? Aux dernières nouvelles, elle venait simplement rendre visite à son grand frère en ville.

Apparemment, elle n'est pas près de partir.

— Qu'est-ce que je peux vous servir ? demande-t-elle.

Elle se tient derrière le comptoir, portant un tablier marron et un chapeau assorti.

Tandis que je me sens fatigué, son regard se radoucit, et les coins de ses lèvres se retroussent lorsqu'elle semble me reconnaître.

— Salut, Lincoln, c'est ça ?

— Oui, dis-je en jetant un coup d'œil sur le tableau noir derrière elle avec la liste des boissons disponibles et des spécialités.

Le propriétaire aime bien varier les plaisirs, et il n'y a jamais de café noir classique au menu.

— Qu'est-ce que tu me recommandes ?

Prendre une décision me demande trop d'efforts à cette heure-ci.

— Préparer ton café chez toi, dit Skylar. Le café ici est beaucoup trop cher, mais ne dis pas à mon patron que j'ai dit ça, ou je serai virée.

Je renifle doucement.

— Noté. Je vais prendre ce que tu as de plus fort et noir.

Le soleil est à peine levé, et je me retrouve ici alors que mon réveil était programmé pour sonner dans une heure.

Je n'ai pas réussi à dormir, et avec la récente fusillade au restaurant, ma cafetière est morte.

Le sommeil m'a échappé, même un dimanche matin, alors que j'aurais dû pouvoir me détendre et prendre un jour de congé.

Le stress ne me dérange pas habituellement, mais après que deux mafieux ont fait feu dans le restaurant, je suis en état d'alerte, prêt à intervenir sur un coup de tête. C'est le résultat de mon passage dans l'armée qui m'oblige à être prêt à tout moment.

Skylar tapote la caisse avant que je n'introduise ma carte de crédit dans le lecteur de puce pour payer.

Une blonde s’avance avec des lunettes de soleil géantes, le genre qu'une femme porte pour cacher un œil au beurre noir ou pour essayer de dissimuler son identité. Les deux semblent plausibles.

— Excusez-moi, dit-elle. J'ai commandé un café il y a dix minutes.

— Ça fait cinq minutes, dit Skylar, et votre boisson est sur le comptoir, attendant que vous alliez la chercher.

— Vous n'avez pas dit mon nom, a dit la femme aux lunettes de soleil.

— Heather.

— C'est Harper, dit-elle, corrigeant Skylar.

Skylar fait un pas sur le côté où la boisson était posée perchée sur le comptoir, attendant qu'on la récupère.

— Même chose. Vous voulez votre café ou pas ?

Une autre serveuse prépare ma boisson pendant que Harper se tient debout, les bras croisés sur sa poitrine.

— Vous devez me faire un autre latte, dit Harper.

Elle décroise ses bras assez longtemps pour remonter ses lunettes de soleil qui commencent à glisser sur son visage.

— Je n'ai pas à faire quoi que ce soit, madame, dit Skylar. (Elle se tourne et fait face à la caisse.) Suivant !

La serveuse qui prépare mon café se dirige vers moi avec le liquide brûlant et fixe un couvercle sur la tasse.

— Lincoln.

Harper saisit le café avant que je puisse le prendre.

— Je vais être en retard.

Elle me vole ma boisson et sort en trombe du magasin, se précipitant vers sa voiture.

— J'espère qu'elle l'aime noir, je murmure tout bas.

Quelle façon parfaite de commencer ma matinée.

J'aurais dû rester au lit.

Je prends mon déjeuner et me dirige chez Mason pour voir comment il va. Cela fait quelques semaines depuis que la mafia lui a tiré dessus alors qu'il protégeait son amour de lycée, Hazel Agron.

En arrivant chez lui, avant même que je puisse lever la main sur la porte, Hazel bondit. Elle est plus rapide que leur chien, Bear, qu'ils ont adopté après la mort de l'oncle de Mason.

Hazel ouvre la porte d'un coup sec et me serre dans ses bras.

— Merci d'être venu, murmure-t-elle à mon oreille.

— Je t'en prie. J'ai apporté le déjeuner, dis-je en soulevant le sac de nourriture chinoise à emporter pour montrer ce que j'ai ramené.

Hazel me fait entrer dans la maison de Mason et ferme la porte.

Je lui remets le sac de nourriture tout en enlevant mon manteau et mes bottes.

— Ça sent bon, dit Mason avec un grognement en se levant du canapé. Qu'est-ce que tu as apporté ?

— Du bœuf à l'orange, du poulet au sésame, des crevettes aigres-douces, du bœuf mongolien et quelques amuse-bouche. Je n'étais pas sûr de ce que tout le monde voulait, alors j'ai essayé de prendre du varié, dis-je.

Je ne voulais pas venir les mains vides, et Hazel est occupée à prendre soin de Mason. Elle mérite un repas qu'elle n'a pas à préparer.

— Je suis affamé, dit Mason.

Il se dirige lentement vers la table, les suites de ses blessures le fatiguant.

— Comment se passent les réparations du restaurant ? demande Mason.

Hazel dévoile le contenu du sac en papier brun avec tous les plats pendant que je fouille dans les tiroirs pour trouver des couverts. Il y a déjà des assiettes en carton sur la table et des baguettes ainsi que des couverts en plastique pour manger.

— Lentement et pratiquement inexistantes, dis-je. Je peux vous apporter quelque chose à boire ?

J'ai suffisamment rendu visite à Mason au fil des ans pour avoir mémorisé non seulement la configuration des lieux, mais aussi l'endroit où il range tout dans les armoires.

— De l'eau, c'est bien.

Je prends trois verres dans l'armoire et les remplit chacun d'eau.

— Comment te sens-tu ? je demande en me tournant vers Mason, tout en gardant un œil sur les verres pour ne pas en reverser.

— Je suis fatigué, j'ai mal, j'ai l'impression de m'être fait tirer dessus, deux fois.

Mason rit et s'assoit avec une rudesse que je n'ai pas vue traverser son visage par le passé.

Il grimace, essayant de cacher son inconfort évident.

— Je me sens déjà mieux et j'ai hâte de retourner au boulot.

— Prêt à me virer de Tactique de l’Aigle ? je demande, en plaisantant légèrement avec lui.

Jaxson, l'un des frères de notre force spéciale, a insisté pour que je rejoigne les gars. Nous sommes tous des frères militaires et avons servi ensemble.

À l'occasion, je les ai aidés lorsqu'ils avaient besoin d'une paire de mains supplémentaire pour une affaire ou une mission sur le terrain.

— Non, tu restes. Je veux juste retourner sur le terrain avec toi.

La vérité, c'est que j'aime le restaurant pour lequel j'ai travaillé dur afin d'en faire un succès, mais il faudra encore attendre quelques mois avant de pouvoir y retourner travailler.

Le restaurant a besoin de beaucoup de réparations. La salle à manger a été saccagée par les dizaines de balles qui ont été tirées à l'intérieur. J'ai un agent d'assurance qui travaille avec moi pour les réparations, mais cela prend du temps.

J'apporte deux verres d'eau à la table pour Hazel et Mason. Je remplis le troisième verre et le pose devant mon assiette, prenant place à la table de la cuisine.

— On dirait que tu vas mieux, dis-je.

Il faut du temps pour guérir d'une blessure par balle, de la physiothérapie pour retrouver une certaine amplitude de mouvement, entre autres choses.

Hazel reste silencieuse alors qu'elle dépose son déjeuner dans l'assiette devant elle.

Mason grogne.

— Je suis prêt à sortir de cette maison. Sans vouloir offenser Hazel, dit-il en la regardant. Tu as merveilleusement bien pris soin de moi. C'est juste que je ne suis pas habitué à ce que quelqu'un s'occupe de moi.

Hazel sourit et tapote son bras valide.

— Je ne suis pas offensée et je comprends. J'adorerais sortir, prendre un verre, me sociabiliser.

Il a toujours été indépendant, même avec les femmes. Je ne me souviens pas que Mason a déjà eu une petite amie qui vive avec lui. Il garde ses relations plutôt discrètes, bien que je l'aie vu ramener une femme chez lui une ou deux fois après le bar.

— On devrait faire ça ce soir, dit Mason.

— Tu n'es pas censé boire, lui rappelle Hazel.

Il grommelle à voix basse.

— Elle a raison, dis-je, en prenant la défense d'Hazel. Nous voulons tous ce qu'il y a de mieux pour toi. Si tu es sous anti-douleurs, tu ne peux pas boire.

Je bois une gorgée d'eau et repose le verre sur la table en bois.

— Si tu veux sortir ce soir pour une heure, juste pour sortir de la maison, je peux te ramener.

Le bar n'est pas si loin de chez Mason. C'est une distance trop longue pour qu'il puisse marcher après ses blessures, mais il ne me faudra pas longtemps pour le déposer s'il tient à voir les gars pendant une heure.

Plus longtemps, et j'aurais peur qu'il en fasse trop et qu'il s'épuise. Mason n'est pas doué pour demander de l'aide.

Mason prend une bouchée de son déjeuner, le regard fixé sur la nourriture devant lui.

Je ne peux pas déterminer s'il est satisfait de ma suggestion ou s'il va me demander de partir.

— Une heure, c'est mieux que rien.

— Et si on se retrouvait tous après le dîner, mais un peu tôt ? demande Hazel. Comme ça, le bar ne sera pas aussi bondé.

Son regard croise le mien, et elle n'a pas besoin de dire la vraie raison pour laquelle elle veut qu'on se retrouve plus tôt.

Je la sais déjà.

Mason serait trop épuisé plus tard dans la soirée.

Il a des cernes sous les yeux. Ses cheveux sont en bataille, mais c'était probablement plus parce qu'il n'a pas pris de douche aujourd'hui.

— Ça paraît bien, et je suis sûr que les autres seront d'accord avec ça aussi. Je leur enverrai un sms pour leur dire de nous retrouver au bar à sept heures ce soir, dis-je.

Je finis le reste de mon déjeuner.

Mason a l'air crevé, et je ne veux pas qu'il se sente obligé de me divertir ou d'être maintenu éveillé.

— Fais une sieste. Je te verrai ce soir, dis-je.

J'aide Hazel à ranger le reste de la nourriture dans le réfrigérateur.

Mason disparait au bout du couloir et entre dans sa chambre pour se reposer.

— Comment vas-tu ? je demande, en gardant ma voix basse.

Je ne veux pas déranger Mason ou qu'il entende notre conversation.

— Ça a été dur, dit Hazel, les yeux rivés sur la table de la cuisine alors qu'elle jette les assiettes en papier sales dans la poubelle.

Je saisis les quelques couverts en argent et les verres et les apporte à l'évier pour les nettoyer.

Je ne veux pas laisser un désordre qu'elle devra nettoyer après mon départ. Elle a déjà assez à faire avec Mason.

— Il apprécie ton aide et ta présence ici, qu'il te le dise ou pas, dis-je.

— Je sais, répond Hazel en essuyant la table.

Debout devant l'évier, je laisse l'eau du robinet couler jusqu'à ce qu'elle soit chaude avant de remplir l'évier pour laver la vaisselle du déjeuner et celles, assez nombreuse, qui reste de leur petit déjeuner.

— Tu n'as pas à faire la vaisselle.

— Je sais, dis-je.

Je ne bouge pas de devant l'évier. Une fois que l'eau devient chaude, je mets le bouchon sur le trou d'évacuation et laisse le côté vide de l'évier se remplir d'eau.

Hazel désigne le dessous de l'évier.

— Le liquide vaisselle est en-dessous.

— Merci. (Je savais déjà où Mason range le savon. J'ouvre l'armoire et prend le produit. Je verse quelques gouttes dans l'évier. Une mousse se forme alors que l'eau coule et forme des bulles.) Comment ça se passe avec Mason ?

— Bien. (Les yeux d'Hazel s’écarquillent alors qu'elle les lève vers moi.) Pourquoi ? Il a dit quelque chose ?

Ses sourcils se froncent, et traîne des pieds dans la cuisine. Je me rends bien compte que je l’ai mise mal à l'aise avec ma question.

Je n'avais pas l'intention de l'offenser ou de causer un drame entre eux deux.

— Non, je sais juste que déménager dans une nouvelle ville peut être difficile, et le fait que tu ne connaisses personne et que tu sois obligée de t'occuper de Mason, c'est probablement beaucoup à gérer toute seule.

— Tu es quoi, un psychologue ? demande Hazel.

Elle croise ses bras sur sa poitrine.

— Non, j'ai juste l'habitude d’être le confident de beaucoup des gars. Mason parlait souvent de toi.

Peut-être que je n'aurais rien dû dire, mais je peux difficilement ignorer le fait évident qu'ils s'apprécient beaucoup tous les deux.

Du moins, je sais que Mason apprécie Hazel. Je ne veux pas la voir le repousser quand il finira par pouvoir s'occuper de lui-même à nouveau.

— Il l'a fait ? Sa voix se bloque dans sa gorge. A propos de quoi ?

Elle s'appuie contre le comptoir de la cuisine, son regard sur moi tout le temps que je lave la vaisselle à la main.

— Il comparait toujours les filles qu'il fréquentait à toi. Il disait qu'il était jeune et stupide et qu'il t'avait laissée partir pour faire des études.

— Je ne suis jamais allée à l'université.

— Oh.

Je ne sais pas quoi répondre à ça.

C'est la fille avec laquelle il est allé en internat et à laquelle il comparait toutes les autres après. Alors que la plupart des gars n'aurait pas parlé aussi ouvertement de leur passé, Mason a avoué avoir amèrement regretté de l'avoir laissée partir.

— Je devais y aller, dit Hazel, mais c'est une longue histoire, et je préfère changer de sujet.

— D’accord.

— Mason est un bon gars. Ça fait juste un peu beaucoup en ce moment, de prendre soin de lui et d'essayer de le mettre à l'aise. Je ne te dis même pas à quel point c'est difficile de le faire prendre une douche.

Je ris doucement dans mon souffle.

— Mason est un grand garçon. (Il fait deux fois la taille d'Hazel.) Tu ne me demandes pas de lui donner son bain, n'est-ce pas ?

Hazel sourit.

— Tu le ferais ?

— Non.

Je suppose qu'elle plaisantait, mais je ne prends pas de risques.

Il y a des limites à ne pas franchir.

Elle fronce le nez et se mit à rire.

— Mince. Ça valait le coup d'essayer.

Je finis la vaisselle et la place sur la grille de séchage, chargée à ras bord.

— Tu as besoin d'aide pour autre chose ici ? A part donner le bain à ton petit ami.

Hazel secoue la tête.

— Je m'en occupe. Je vais ranger la maison pendant que Mason fait la sieste. J'ai hâte de sortir ce soir. Ne m'en veux pas si je me saoule.

— Tant que tu ne conduis pas pour rentrer.

Ses yeux brillent d'une lueur de bonheur, quelque chose que je n'ai pas vu durant tout le temps que j'ai passé chez eux pendant le déjeuner.

L'idée de sortir et de socialiser semble avoir changé son humeur pour le mieux. J'espère que ça aidera Mason aussi.

Je suis arrivé tôt au bar pour m'assurer que je pourrais trouver une banquette confortable pour nous asseoir tous ensemble.

Dans le coin du bar, il y a une banquette qui peut facilement accueillir notre équipe.

Je la réserve avant que quelqu'un d'autre ne le fasse, et même si je meurs d’envie d’une bière, je patiente jusqu'à ce qu'un des autres gars arrive et puisse surveiller notre table.

— Jaxson ! Je lui fais signe alors qu'il entre dans le bar, jetant un coup d'œil autour de lui pour nous trouver.

— Où est Ariella ? je demande alors qu'il se glisse sur la banquette en face de moi.

Ses yeux se rétrécissent.

— Quoi ? Il n'y a que nous deux.

Je sais déjà qu'ils couchent ensemble, mais le reste du bureau n'est pas censé le savoir.

Il est son patron.

Techniquement, toute l'équipe de Tactique de l’Aigle est le supérieur d'Ariella, mais Jaxson couche avec elle.

Ils vivent aussi ensemble, mais ce n'est pas parce qu'ils sont ensemble. C'est le résultat de l'incendie de sa maison il y a quelques mois.

— Je ne sais pas. Ariella sera bientôt là. (Jaxson pose ses mains sur la table en bois.) On a pensé que ce serait une bonne idée de venir séparément.

— Tout va bien entre vous ?

Je n'avais pas remarqué de problème, mais ils sont doués pour cacher leur relation.

Ce qui est ironique, puisque Jaxson a été irritable et colérique pendant le bref moment où ils ont travaillé ensemble avant de se retrouver au lit.

Elle le rend heureux, et si les autres gars ne peuvent pas le voir, ils sont réellement aveugles.

Jaxson fait un signe de tête vers la porte où Declan entre, avec Mason et Hazel à sa suite.

Je sors de la banquette.

— Je vais nous chercher à boire, dis-je.

Le bar est déjà bondé, et les clients attendent leurs boissons. Je reste appuyé contre le bar, les mains jointes, attendant mon tour.

Une voix douce se racle la gorge à côté de moi alors qu'elle se précipite vers le bar et se perche sur le tabouret vide.

La voleuse de café.

Je fais signe au barman de venir vers moi ensuite, mais il n'est pas encore venu prendre ma commande de boisson.

— Toi, dis-je en posant mon regard sur la fille qui a volé mon café chaud et m'a laissé de mauvaise humeur plus tôt dans la matinée.

Elle rit doucement et fait bien attention à éviter mon regard. Ses longs cheveux couvrent une partie de son visage, la cachant de moi.

Est-ce intentionnel ?

Le barman se dirige vers moi.

— Qu'est-ce que je peux vous servir ? demande-t-il.

— Laisse-moi t’offrir un verre, dit Harper, et elle bouge sur le tabouret de bar pour me faire face.

J’ai une soudaine envie de pousser la longue mèche de cheveux de ses yeux et derrière son oreille, mais je garde mes mains pour moi.

— Je vais prendre une bière, dis-je au barman. Ce qu'il y a en fût.

Alors que je me suis approché du bar pour commander des boissons pour la table, je me retrouve à m'intéresser à la nouvelle fille mystérieuse qui a débarqué à Breckenridge.

Est-elle ici en vacances comme tous ceux qui ne vivent pas dans la petite ville ?

Harper sort sa carte de crédit de son portefeuille et la fait glisser sur le comptoir du bar jusqu'au barman.

— Je te l'offre. Je vais prendre une vodka orange.

Le barman me sert d'abord ma bière, puis il se met au travail pour préparer une vodka orange pour Harper.

Bien que je ne suis pas du genre à laisser une femme payer mes verres ou m'inviter à dîner, Harper m'avait énervé plus tôt ce matin-là.

Le moins qu'elle puisse faire était de s'excuser, et puisque ça n’a pas été le cas, je me contente d'une bière pression.

— Merci, lui dis-je en sirotant ma bière.

Je ne peux m’empêcher de remarquer que le tabouret de bar à côté de Harper est vide.

Je jette un coup d'œil à mes amis. Ils me font un pouce en l'air quand ils remarquent que je parle avec Harper.

— C'est le moins que je puisse faire après ce matin, dit Harper. Je suis dangereuse avant de prendre mon café.

Je m'assoie sur le tabouret et me décale pour lui faire face.

— Moi aussi.

Elle n'est pas la seule à être dangereuse, mais je tiens ma langue.

Elle n'a pas besoin de connaître ma vie, qui je suis, ou ce que je fais dans la vie. J'aime le côté mystérieux pour une fois.

Harper ne sait rien de moi, et je peux faire en sorte que cela reste ainsi.

Le barman tend à Harper sa vodka orange et elle sirote le liquide orange, ses yeux plissant à chaque gorgée.

N'a-t-elle pas l'habitude que la boisson soit forte ? Elle a commandé de la vodka et du jus d'orange, elle devrait s’y attendre.

— Que fais-tu à Breckenridge ? je demande.

La plupart des touristes viennent en hiver à la station pour faire du ski et du snowboard. Nous attirons les sports nautiques comme le rafting et le kayak en été, mais le printemps est généralement calme et tranquille avec les nouveaux arrivants.

— Je suis ici pour faire sauter la ville.

CHAPITREDEUX

Harper

Je le vois entrer dans le bar, le bel homme dont j'ai piqué le café plus tôt ce matin-là.

Je ne peux pas empêcher la colère de bouillonner dans mes veines pendant que j'attends ma dose de caféine.

La fille derrière la caisse n'a pas seulement été impolie et m'a fait payer trop cher, elle s'est aussi trompée dans mon nom.

Puis il est entré et lui a souri. Un regard, et elle était en admiration.

Ils sont en couple ?

Dégoûtant.

J'ai eu envie de vomir. Je voulais aussi vraiment mon café.

La serveuse était déjà en train de préparer la concoction qu'il avait commandée, mais la mienne n'était nulle part, et ils n'avaient pas appelé mon nom pour me dire qu'elle était prête.

J'ai fait mon enfant gâtée et j'ai volé son café chaud. Je l'ai fait des dizaines de fois sur le plateau du studio, mais ici, ce n'est pas un studio de cinéma. J'ai été stupide et impolie.

Et le café était affreux. Amer et noir. Je l'avais mérité.

J'ai passé la journée dans ma chambre de motel.

Je n'ai pas loué un logement au centre de vacances, où j'ai lu que l'hébergement était bien plus luxueux.

Mon agent m'a installé dans ce trou à rats pour que personne ne me reconnaisse.

C'est nul.

Ma journée est passée de mauvaise ce matin-là, sans café, à pire quand j'ai découvert que les dirigeants du studio ont choisi d'engager une équipe de sécurité privée pour m'éviter des ennuis.

J'aime les ennuis.

Du moins, c'est ce que le studio et les tabloïds écrivent.

Je me suis fait une réputation de diablesse. Ça n'a pas été difficile, et mon agent m'a dit qu’un manque de publicité était de la mauvaise publicité.

Est-ce vrai ?

Cela m’a valu quelques nouveaux rôles dans des films, et je suis mentionnée dans toutes les émissions et tous les magazines de divertissement de façon semi-régulière.

Je suis la fille dont ta mère essaye de t’éloigner. Celle qui vole ton petit ami et couche avec un homme juste pour jouer avec lui.

Sauf que ce n'est pas la vraie moi.

Je peux encore compter sur les doigts d'une main le nombre d'hommes avec lesquels j'ai couché dans ma vie.

Je suis timide, introvertie, et je déteste être seule.

Le reste n'est que de la comédie. C'est une bonne chose que je sois une actrice et une sacrément bonne.

J'ai trompé le monde, et quelque part, je me suis trompée moi-même en faisant mine d’être heureuse.

Je me suis assise à une table solitaire, sirotant une vodka orange.

Je veux avoir l'air d'une dure. Je ne peux pas boire un truc girly, même si c'est ce que j'aurais préféré.

À tout moment, quelqu'un peut me reconnaître et prendre une photo d'Harper Madison. Elle serait sur tous les réseaux sociaux en quelques minutes. Je dois faire attention.

Quand je l'ai vu entrer dans le bar avec détermination, il s'est avancé et s'est assis dans la cabine du coin, la plus grande du bar.

Je n'ai pas pu m'empêcher de le regarder, fascinée.

Je meurs d’envie d’aller le voir, d’engager la conversation et de m'excuser d'avoir été une sale gosse tout à l'heure, mais je ne peux pas bouger de ma position.

Il s'appelle Lincoln. Du moins, c'était le nom sur sa tasse de café, à moins que la fille se soit trompée dans son nom aussi ?

Ses amis ont débarqué et il a fini par se diriger vers le bar pour prendre un verre. C'est mon moment, ma chance de lui parler, ce qui me conduit à une mauvaise blague et à la crainte qu'il ne me fasse arrêter.

Il a été poli, et j'ai gagné son attention en lui offrant une bière. C'est le moins que je puisse faire, et alors que j'aurais dû sortir et m'excuser pour mon comportement ce matin-là, j'ai trouvé trop difficile de prononcer les mots.

— Que fais-tu à Breckenridge ? demande-t-il.

— Je suis ici pour faire sauter la ville.

C'est une blague. Une blague nulle puisque je suis venue pour aider sur le tournage d’un film.

— Pardon ? demande Lincoln, les yeux écarquillés et la bouche ouverte.

Ma blague sur le fait d'être ici pour faire sauter la ville n'est visiblement pas bien passée.

Il pose son verre sur le bar, avec force.

— C'était une blague.

Il attrape mon poignet et me tire du tabouret. Ses yeux parcourent mon corps, provoquant un frisson dans ma colonne vertébrale.

Est-ce qu'il m'a reconnue ?

Je ne suis pas déguisée, mais le bar est faiblement éclairé, et c'est une petite ville.

— Dois-je appeler le shérif ? demande Lincoln.

Sa prise ne se relâche pas de mon poignet.

Il pourrait rapidement me tirer les deux bras derrière le dos et m'attacher.

Est-ce ce qu'il veut faire ?

Une petite partie de moi aimerait ça de lui, sa domination.

C'est un bel homme, et sa nature sombre me fait frissonner et me donne chaud et des picotements partout.

— C'était une blague, je répète en haussant le bras pour tenter de me dégager de son emprise. Tu vas me laisser partir ?

Ses yeux sont crispés et étroits, sa mâchoire serrée. Est-ce à ça que ça ressemble de l'énerver ?

Je ne veux pas être témoin de son courroux lorsqu'il est en colère.

— Il n'y a rien de drôle à menacer notre ville, dit Lincoln.