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Semblable à des millions d'autres, votre enfant n'attend de la vie que le miel. Il apprend bien que les abeilles sont en danger, que l'ours polaire n'a plus rien à manger, que les inondations et la canicule menacent notre planète. Mais que peut-il bien saisir, à huit ou neuf ans, de ces nouvelles que nous-mêmes refusons ? Eh bien ces garçonnets et ces fillettes prêts à mordre à pleines dents dans la vie, parlons-leur à l'oreille des dangers qui les guettent. Faisons-le doucement, mettons dans nos propos la fraternité et l'amour qui nous furent refusés quand nous plongeâmes dans la jungle du monde.. Et disons-leur qu'ils deviendront plus droits, plus beaux et plus grands que nous ne sommes. Après avoir été l'objectif de "Pour vous les enfants", publié lui aussi chez BoD, tel est celui de cet ouvrage, écrit à l'intention des enfants d'une humanité promise à un destin cosmique.
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Seitenzahl: 66
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Cet ouvrage, destiné aux enfants de huit à treize ans, est un prolongement de Discours aux enfants, paru en 1994, réédité en 2015 sous le titre Pour vous les enfants.
Comme ce dernier, le présent ouvrage peut être commandé dans une librairie classique ou importé en numérique pour une lecture aisée sur tablette ou liseuse.
Rédigé au départ à l’intention de la petite fille de la couverture, et accessible au grand public, il est à présent proposé en version personnalisée, aussi bien pour François que pour Isabelle et tout autre garçon ou fille. À glisser donc sous le sapin de Noël, ou à offrir lors d’un anniversaire ou d’une fête.
Pour tout renseignement, consulter le site de l’auteur.
ouvragesmichelcornillon.jimdo.com
Vous y trouverez différents spécimens, ainsi que les tarifs et la manière de passer commande.
Délais de fabrication et livraison : deux semaines dès réception par internet des éléments indispensables à la personnalisation du livre (photo, nom et prénom de l’enfant, détails plaisants le concernant, etc.)
L’auteur vous souhaite une bonne lecture.
Pour Mathilde
Coucou Mathilde
Secret à l’oreille
Rire et pleurer
Question
Notre développement
Le droit chemin
Changer
Le versant noir du rêve
La crise
Les bénéfices
Les gredins
Sur la lune
Dictionnaire
Esprit - Définition
Mystères
Devenir
Alors que tu découvres ton prénom sur la première page de ce livre, je devine ton étonnement. Est-ce bien de moi qu’il s’agit ? t’in-terroges-tu.
Eh oui, Mathilde, c’est pour toi que ces lignes furent écrites. Pour toi et toutes les petites filles, tous les petits garçons qui vont en même temps que toi devenir les femmes et les hommes de demain.
Mais je dois t’expliquer…
La dernière fois que nous nous sommes vus, ce fut chez Anne, où tu avais accompagné un ami de ta maman. Tu n’es guère restée plus de dix minutes, mais cela m’a suffi pour voir dans tes yeux l’admiration que tu me portais après avoir lu mon “discours aux enfants“.
« Monsieur, ai-je cru percevoir dans l’éclat de tes yeux, écris-moi un livre ».
Eh bien j’ai obéi. Le voici donc, le livre que tu attendais.
Je l’offre avec émotion à la petite fille que tu es.
Ne sachant pas du tout ce que j’allais écrire, je me faisais du souci. Il m’est alors arrivé une chose extraordinaire dont je dois te parler. Pour la raison que tu étais dans ma tête quand cela s’est produit.
Comme il faisait très chaud, je m’étais allongé sur mon divan, et mon chat Coucouli était venu me rejoindre. Coucouli a la couleur d’une feuille d’automne parsemée de taches blanches. Mais pas d’une petite feuille qu’em-porterait le vent. À force de manger (et il a un appétit d’ogre), il est devenu plus large que long ; ce qui n’empêche que nous nous apprécions et que nous entendons à merveille, lui et moi. Au point que je l’appelle mon bébé, mon Coucouli chéri, mon Coucouli d’amour, et qu’il est tout à fait d’accord. Bien sûr, il ne comprend pas les mots, mais il les devine amicaux. Pour me remercier, il me lèche alors de sa petite langue rose.
Donc, sur le divan de mon bureau, mon chat Coucouli ronronnait au creux de mon épaule. De mon côté, je promenais nonchalamment une main dans la douceur de son pelage, et je fermais les yeux. Sans résister, au contraire, je me suis alors laissé attirer par le grand fleuve du rêve, et son courant m’a emporté.
Soudain, dans le bleu de mes songes, une lueur, une étincelle, un éclair… Et me voici devant mon ordinateur, qui perçois une petite voix.
Alors tu fus à mes côtés. Moi devant mon écran, toi devant ton piano, comme le jour où je suis passé chez toi. Ce soir-là, tu as joué quelques instants pendant que ta maman préparait ton dîner.
Quel morceau as-tu interprété ? Tu me l’as précisé, mais je ne l’ai pas retenu. Moi qui ne joue d’aucun instrument, j’étais subjugué par ton jeu.
Je revois tes doigts agiles passer d’une touche à une autre. Durant quelques minutes, tes mains blanches, légères et vives, ont virevolté comme papillons dans l’éblouissement de l’été. En jaillissaient les harmonies gravées dans ta mémoire.
Lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois — t’en souviens-tu ? —, ce fut dans un café. Ta maman, quelques amis et moi-même nous y étions retrouvés pour parler de choses graves. Comme tu étais beaucoup trop jeune pour refaire le monde avec nous, tu avais apporté ta tablette. Assise en face de moi, plus sage qu’une image, tu pianotais déjà sans t’occuper de nous.… Je me suis alors demandé si tu n’obéissais pas à quelque volonté maternelle. Mais pas du tout. Chez Anne, tu étais la même petite fille, une petite fille modèle.
Là, dans le fouillis verdoyant d’une cour protégée de murs, c’est toi qui me regardais — avec admiration, m’a précisé ta maman. Pour la raison que tu avais lu mon discours et que ce livre t’avait plu, pareillement les dessins. Tu m’avais donc écrit une fort gentille lettre pour me remercier. Et pour m’assu-rer que, lorsque tu serais grande, tu ferais mieux que les adultes d’aujourd’hui…
Ces mots m‘ont fait sourire. À ton âge, me sembla-t-il, tu comprenais déjà.
Ce livre que je commence à écrire à ton intention est ma manière de te répondre.
Et de te dire que j’aimerais que nous soyons amis.
De vrais amis, je n’en ai pas beaucoup.
Bien sûr, j’ai des copains que je suis très content de retrouver. On se réunit autour d’une table bien garnie, on mange de bonnes choses en buvant des bouteilles. Parfois on se dispute, mais on finit toujours par rigoler. C’est un moment de pure fraternité. Cela fait chaud au cœur.
Il y a un écrivain, Jean Vautrin, que j’aime beaucoup. Il a écrit un livre magnifique (Un grand pas vers le Bon Dieu). Il y décrit l’amitié entre Edius Raquin, vieux paysan américain joyeux et opiniâtre, et un hors-la-loi solitaire du nom de Farouche Ferraille, tombé amoureux de sa fille.
Et sais-tu ce que le brave Edius confie un jour à Farouche, en lui tapant sur l’épaule ? Il lui confie : « Les amis, c’est fait pour qu’on rie et qu’on pleure ensemble. »
Eh bien cette phrase un peu biscornue, je la trouve magnifique.
Lorsque l’on pense à ses amis, on voit d’a-bord le plaisir et la rigolade, et on oublie leslarmes. Comme si les larmes n’existaient pas. Comme s’il fallait dissimuler son chagrin après une triste nouvelle — la disparition d’un Coucouli par exemple.
Laisser voir ses larmes, c’est comme abandonner une béquille, s’effondrer devant les autres. Pourtant, les larmes sont bienfaisantes, comme l’est la pluie après la canicule. Et c’est lorsqu’elles surviennent qu’on voit si ceux qui nous entourent sont des amis pour de vrai ou bien de simples passants. Les vrais amis nous prennent dans leurs bras et cherchent à nous consoler. Les passants se détournent et s’en vont.
À ce sujet, je me souviens d’une pensée de Marguerite Duras, une écrivaine elle aussi.
Certaines caresses font pleurer, a-t-elle écrit, on dirait qu’elles consolent.
Parce que les armes peuvent aussi consoler. Et parce qu’une caresse ce n’est jamais un ennemi qui te la prodigue, ni un passant. C’est quelqu’un qui se sent proche de toi et qui éprouve de l’affection à ton égard. Aux côtés de cet ami, qui partage aujourd’hui ton chagrin comme il a partagé ton rire, te voici arrachée à ta solitude. De te sentir comprise et de pouvoir te délivrer du poids de ta peine, tu éprouves alors un tel bonheur que tu fonds enlarmes. Mais pas en larmes de douleur. Oh non ! En larmes de reconnaissance, en larmes de fraternité…
