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Dans les Alpes, à environ trois milles mètres d’altitude, au cœur d’un refuge de haute montagne, trois jeunes filles de dix ans, issues d’Univers différents, vont se croiser par le plus pur des hasards et fortifier leur amitié pour toujours.
Elles vont sympathiser, communiquer, échanger, partager et garder un secret :
« Croix de bois !! croix de fer !! diamants dans l’univers !! Chifoumi : un deux trois !! Chuuut !! Jusqu’à la mort !! »
Mais que s’est-il passé ce fameux 17 juillet 1986 ?
Berlin 2006 : vingt ans plus tard : une enquête est ouverte !!
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Seitenzahl: 108
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Édith Theytaz
Je déteste les pullsen laine
© 2025, Édith Theytaz.
Reproduction et traduction, même partielles, interdites.Tous droits réservés pour tous les pays.
ISBN 9782889820924
À mes deux girls magiques, ma fierté, ma vie, Anaëlle et Jodie. À Lili et Louna, mes funny girls qui pimentent mon existence. À mes sœurs, pour les aventures similaires. À Phil, pour l’inspiration du cœur.
La laine : matière graveleuse issue de l’animal dont les fibres imprègnent la peau de l’être humain, à chaque mouvement du corps, accentuant la sensation désagréable, une fois ces dernières mouillées ou recouvertes de poids !
Édith Theytaz
Les diamants pleuvent du ciel et glissent dans les âmes de l’être humain.
Édith Theytaz
Écrire panse les plaies du cœur, permet l’évasion purement fictive, car, au fond des entrailles, les cicatrices gardent un impact réel et considérable sur son futur.
Édith Theytaz
Dans la chambre noire peu usitée de l’institut médico-légal de la police scientifique de Berlin, Silke, cheffe de l’IML, ainsi que Diana attendent les résultats du développement des négatifs sortis des bains révélateurs, provenant de l’appareil photo noir blanc, abandonné il y a des années de cela.
Diana, avocate à Londres, a rejoint son amie Silke à Berlin ; les deux veulent ouvrir une enquête concernant une mort « accidentelle » à laquelle elles ne peuvent se résoudre.
La vingtaine de photos, suspendues à un fil maintenu par une pince à linge, attendent sagement leur destin.
Sur la plupart des photos en noir et blanc, on peut y voir un couple d’une quarantaine d’années, emmitouflés dans leurs bonnets, gants, anorak, lunettes de glacier, pantalon trois quarts, chaussettes en laine rouge épaisses terminées par de grosses chaussures de marche ainsi qu’un sac à dos à leurs pieds.
Le paysage n’est autre qu’un somptueux décor de montagnes majestueuses, glaciers, roches et petits sentiers caillouteux.
Avec cette vue féerique et grandiose, le couple prend une place réduite sur les photos.
Les filles scrutent chacune d’elles minutieusement afin que rien ne leur échappe.
Soudain, Silke s’écrie en détachant rapidement la photo :
– Regarde, Diana ! Tu as vu, il y a une personne à genou vers la croix en bois et là un peu plus bas au départ du petit sentier comme une ombre ! On dirait aussi une deuxième personne avec une capuche !
– Ah oui, tu as raison !
– Bon, résumons ! On a un appareil photo vieux de vingt ans, une box contenant un caillou peint en rouge sur le dessus, trois talismans et un livre de cabane de cette époque-là !
– Je pense qu’il faut faire appel à Phil, c’était le plus proche d’elle après nous !
– Oui, tu as raison, Diana ! Avant que tout le monde ait chopé la maladie d’Alzheimer ! s’esclaffe Silke, à qui répond un rictus du coin des lèvres de Diana.
– Va falloir également que je partage le travail avec Sami, mon subordonné de la criminelle, il acceptera, c’est sûr ! Bon, on a du taf ! Allez, au boulot !
Comme chaque été, Sidonie est « projetée » sur les hauteurs du village dans un refuge pour touristes gardienné par ses grands-parents.
Le refuge en pierres, bâtisse âgée de plusieurs décennies, colossal, robuste, bravant toutes les tempêtes sans bouger d’une once, stable et imposant, construit à la sueur de l’homme dans l’arc de multiples montagnes, posé sur un pan de moraine, siégeant, impact sur le toit du monde ; une terrasse aplanie d’une dizaine de mètres carrés, une table en bois monumentale offre un espace de contemplation et de séchoir à vêtements imbibés de transpiration ; un mur en pierres délimite le vide et un mat en bois longiligne y est adossé, entouré d’une longue corde permettant de hisser le drapeau pour indiquer aux touristes le but à atteindre ; Sido adore venir se pencher, les bras levés tel un oiseau qui se laisserait emporté par le vent, jouant avec lui sans jamais tomber, lui qui vient se casser contre le mur et remonte jusqu’à faire un tourbillon capillaire à Sido que même les coiffeuses seraient jalouses de tant de volupté et folie en une fraction de seconde ; la vue splendide sur l’arc montagneux, plusieurs montagnes de haute altitude, accapare la vue et si l’on baisse les yeux, vue plongeante sur la vallée, l’on peut deviner le fin sentier qui mène au refuge, un mélange de prairie puis de caillasse, et chaque touriste, que l’on devine progressé, pas à pas, semble être des petits pions du jeu de l’oie.
Adossé à la cabane, un presse canettes, les boissons y sont servies sous cette forme afin de les rendre compactes une fois terminée et retour en plaine pour diminuer les déchets ; les bouteilles sont éclatées dans le pierrier annexe et, parfois, elles offrent un mélange charmant lié d’un amalgame entre la pierre et le verre au fil des années ; les papiers et cartons sont brûlés ; la terrasse se termine par un fin sentier qui amène sur sa droite le vide, le fossé où sont adossés deux W.-C en bois, sièges y compris avec ouverture dans le vide, une fois le lourd couvercle en bois ôté, qui ramène le vent sous ses fesses dans une furie exponentielle qui écourte la « grosse commission » ; les odeurs frisent les poils du nez.
Dans la foulée du cabanon des toilettes, le sentier continue en direction d’un petit lac formé par la fonte du glacier et recouvert de glace qui pourrait faire le bonheur d’une patineuse artistique bien que la glace soit fragile et indomptable.
Lorsqu’on revient à l’intersection du sentier qui monte en direction du glacier, sur le sommet est encrée une croix en bois, croyance du montagnard, que cette dernière nous porte chance dans nos randonnées et que l’esprit de la montagne nous accompagne ; À gauche de la terrasse un gros et long pierrier s’offre à nous et rejoint au loin un deuxième glacier ; un mélange grisâtre de rochers hétérogènes.
Pour se rendre à la cabane, point de véhicules, uniquement ses petits petons qui grimpent jusqu’à 3 256 mètres d’altitude précisément ; parfois un hélicoptère est réservé par ses grands-parents pour restaurer la cabane en aliments et boissons, etc. Il arrive que ce dernier tombe le jour prévu pour la « transhumance » de Sido ; oui, on la surnomme « Sido », c’est plus court apparemment ; elle en a déjà dégusté des surnoms ridicules par les copains de classe de plus avec son petit nez en forme de patate elle y a droit : « Alors, Sido, tu fais de la musique ? », « Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Sido… », « Madame Patate, tu vas bien ? » Saoulée qu’elle est ; d’ailleurs quand elle sera grande, elle changera de prénom, paraît qu’on peut le faire, lui a dit sa sœur.
Elle a deux sœurs, ses complices de toujours, avec qui elle partage tout ; belles, blondes, des vraies bombasses sans être des pouffes, la classe quoi ! Comme si la vie s’était gourée en propulsant Sido : châtain foncé, taches de rousseurs, banale à souhait et manque de visibilité en se disant : bon ! Cette petite aura du karma à travailler sur l’estime de soi mais ça va aller ! Sa grande sœur lui enseigne la vie avec deux ans de plus, quant à la petite elle tente de suivre le mouvement de façon ludique avec ses quatre années de différence ; comme lorsqu’on est plus petit et que l’on se force à ne pas apprécier des jeux de notre âge pour se grandir au plus vite.
Afin de « soulager » ses parents, surtout sa mère, durant les vacances d’été, elles vont être séparées, et à tour de rôle passer trois semaines dans les montagnes, alors que ses copines d’école profitent des vacances en famille et de la piscine qu’elle adore ; en plus elle sait nager maintenant : on l’y a jeté dans l’eau comme ça, sans la prévenir ; elle a pensé mourir mais finalement elle sait nager.
À la maison, c’est maman qui arbitre absolument tout, on obéit, point ! La génération « câline » n’a pas encore atteint son foyer, mais papa joue le rôle de l’homme doux et moderne pour l’époque.
Son paysage à elle durant ces trois semaines est basé sur des cailloux, rochers, sentiers escarpés, neige, plumes de chocard, petit lac gelé, cordes, crampons, croix rappelant qu’on est chez les catholiques.
Une paire de jumelles que lui permet de toucher son grand-père mais avec moult précaution et rarement, il les utilise pour cerner les montagnards gravitant les sommets ; il est guide de montagne : petit, sympa, et en permanence affublé d’un bonnet bleu, il s’endort même avec ; son rôle, au refuge, est d’amuser la galerie, avec son pipo, et d’effectuer, par beau temps, son ascension à la tête d’une cordée de touristes.
Sa grand-mère est plaisante mais trop occupée par son travail dans la cabane : faire à manger pour les touristes, ranger, nettoyer pour chaque jour, recommencer ; l’endroit à une capacité d’une centaine de personnes ; des employés y travaillent aussi pour des séjours variés ; trois mois intenses puis fermeture pour l’automne-hiver.
Le paysage intérieur est bruyant, sent l’odeur du fourneau, de la soupe qui mijote dans une marmite en fonte énorme et du va-et-vient des touristes qui s’affairent en prévision de l’ascension du faîte du lendemain… et même la senteur infâme des pieds est présente ; un mix olfactif d’une toute grande envergure.
Dans l’entrée sont empilées une bonne centaine de pantoufles superposées, mentionnées sur une pancarte en bois : « Veuillez impérativement enlever vos chaussures de montagne et chausser les pantoufles à disposition ! Merci ! » On ne rigole avec la propreté !
L’intérieur boisé offre un accueil chaleureux dès l’entrée de la salle à manger, des paniers en osier brun foncé sont disposés en hauteur sur des établis en bois ; pas d’électricité signifie peu de luminosité ; deux fenêtres exiguës offrent un point de vue restreint sur le paysage extérieur ; des lampes à gaz accrochées au plafond tentent de jouer leur rôle de lumière ; quelques tableaux de montagne et portrait des gardiens habillent les parois en bois.
Sur la droite, séparé par un bar en bois, la cuisine des gardiens qui se prolonge par une mini-chambrette logeant les gardiens et leurs petits-enfants ; minuscule, dotée de trois petits lits comme dans Blanche neige et les sept nains, logeant en bout de lit, les piolets et cordes de pépé et de ses confrères.
Pour se rendre à l’étage, un escalier étriqué mène à trois dortoirs différents ; une fenêtre laisse entrevoir le pierrier dans son contour malmené où les sacs à dos trop gros frôlent à chaque passage la boiserie fatiguée.
Les dortoirs d’une grande capacité, double étage, reliés par une échelle en bois, qui transperce la plante du pied pour monter à l’étage et peut se transformer en réel danger avec des chaussettes en laine glissantes de surcroît.
Une toile de jute recouvre les matelas pour feindre la largeur à disposition de chaque client, accueillant, serrés, collés, les ronfleurs, les insomniaques, les parleurs, les gros nounours décontractés et les minces sportifs stressés ; un étage cosy offre tout de même un espace intime pour le personnel, les amis, les guides de montagne ; le placard à biscuits et chocolat s’y trouve et, souvent, Sido se propose pour aller chercher les denrées, armée de la clef magique.
Le fourneau tient son rôle de chauffage, de cuisson en permanence ; il y fait chaud et la buée recouvre chaque petit carreau de fenêtre.
L’eau provient du glacier et rejoint la cabane par un tuyau qu’il faut déplacer sans cesse pour être approvisionné : « l’eau, c’est de l’or », comme dit son grand-père ; on la garde pour boire et cuisiner mais pas trop pour se laver ; d’ailleurs ici on se lave peu.
Le rôle du grand-papa est de monter chaque jour au sommet d’un quatre mille mètres avec des clients ; parfois il embarque Sido pour lui faire découvrir la montagne ; elle aime s’y rendre.
À 10 ans, on ne souffre pas des kilomètres de marche, on est léger et facilement transportable.
Levée très tôt à quatre heures du matin, déjeuner rapide avec du pain sec et forcé, car qui peut bien manger à quatre heures du matin ?
Puis, encordée fièrement derrière son grand-père, le groupe se met en marche : bonnets, gants… il fait froid… Les chaussures de marche pour enfants n’existent pas et une paire de bottines jaune de pluie recouvertes de chaussettes en laine du grand-père font l’affaire pour crocher sur la neige.
Il est petit, son grand-papa, mais qu’est-ce qu’il est drôle, toujours un mot pour rire afin de stimuler sa troupe.
Éviter les crevasses, il sait y faire ; marcher toujours au même rythme pour aller « lentement » mais « sûrement » en étant attentif au moindre danger ; la montagne est belle, faut la respecter, car elle peut tuer si tu ne la prends pas en considération.
Le vent fouette les visages rougis ; ici, zéro pollution ; l’air est si pur en montagne qu’il semble avoir été filtré depuis le ciel et disséminé sur toute la région dans le ventilateur naturel qu’est le vent.
L’apogée de l’ascension permet une vue à 360 degrés de sensation de liberté ; quand tu arrives au sommet, bras levés vers le ciel, du fond de tes poumons, de ton cœur qui bat de plus en plus vite et laisse exploser dans ta tête jusqu’à propulser quelques larmes de fierté, de mission accomplie, satisfaction ultime pour finir dans un grand cri de bonheur qui frappe les montagnes alentour en écho et se perd dans l’univers infini.
