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Quatre mois après la disparition soudaine et mystérieuse de son ami Thomas, Jonas reçoit un message plutôt surprenant. C'est le début d'un enchainement d'épisodes surnaturels... Accompagné de trois complices, le jeune homme partira à la recherche d'un étrange artefact, unique chance de sauver son ami, dans un périple semé d'embuches et d'expériences inattendues. Il est loin de se douter que cette aventure changera à jamais son destin. A travers mystères, révélations, et péripéties, les garçons découvriront le vrai sens du mot "Amitié", grâce à un voyage qu'ils ne pourront jamais oublier...
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Seitenzahl: 307
Veröffentlichungsjahr: 2020
Pour tous les êtres qui nous étaient chers, qui gardent à jamais une place précieuse dans notre cœur…
Cette histoire ainsi que ses personnages demeurent purement fictifs. Toute ressemblance avec des personnes ou des évènements de la réalité serait fortuite.
Sur ce, bonne lecture !
Prologue : 18 Juillet
Chapitre 1 : 3 Septembre
Chapitre 2 : 3 Novembre
Chapitre 3 : Dans la nuit du 3 au 4 Novembre
Chapitre 4 : 4 Novembre
Chapitre 5 : 4 Novembre
Chapitre 6 : 4 Novembre
Chapitre 7 : 5 Novembre
Chapitre 8 : 5 Novembre
Chapitre 9 : 6 Novembre
Chapitre 10 : 7 Novembre
Chapitre 11 : 8 Novembre
Chapitre 12 : 9 Novembre
Chapitre 13 : 10 Novembre
Chapitre 14 : 11 Novembre
Chapitre 15 : 12 Novembre
Chapitre 16 : 12 Novembre
Chapitre 17 : 13 Novembre
Chapitre 18 : 14 Novembre
Chapitre 19 : 14 Novembre
Chapitre 20 : 15 Novembre
Chapitre 21 : 16 Novembre
Chapitre 22 : 16 Novembre
Chapitre 23 : 17 Novembre
Chapitre 24 : 18 Novembre
Chapitre 25 : 18 Novembre
Chapitre 26 : 18 Novembre
Chapitre 27 : 18 Novembre
Chapitre 28 : Juillet, l’année d’après
Epilogue : Un sacré tas d’années plus tard !
« Le jour où tout commença… »
Il faisait chaud ce jour là. A vrai dire, la température correspondait à la période estivale. Cela ne dérangeait guère les gamins qui jouaient au basket dans le vieux parc du village. Les rayons du soleil perçaient à travers les branches des arbres, et dessinaient leurs formes sur le goudron du terrain. A cela se mélangeaient les ombres trépidantes des adolescents qui se passaient la balle en zigzaguant. Ils étaient tous torses nus, et l’on voyait à la sueur qui ruisselait sur leur peau qu’ils jouaient depuis plus d’une heure.
A cet instant, le silence régnait. L’immobilité des joueurs traduisait leur concentration sur le jeu. Vers le milieu du terrain se tenait Jonas, plus droit et plus sérieux que ses camarades. Il était également plus calme, et semblait déconnecté du reste du monde à ce moment-ci. Face au panier, il se préparait à tirer.
Le garçon ferma alors les yeux quelques secondes, le temps de reprendre son souffle… puis s’élança. Lorsqu’il se mettait à courir en direction du panier de basket, c’était l’adrénaline et la tension qui s’emparaient de son corps. Elles le domptaient jusqu’au bout de sa traversée comme des énergies conseillères. Ce n’était qu’à quelques pas de l’arceau que ses bras prenaient ensuite le contrôle pour lancer la balle.
Le regard de chaque joueur se tournait alors vers le ciel. Le ballon cachait un infime instant la lumière éclatante du soleil. Puis, lorsqu’enfin il rentrait à l’intérieur du panier (c'est-à-dire souvent avec Jonas), les exclamations des autres se faisaient généralement bruyantes, avant de laisser rapidement place aux bavardages.
Dans ce match, certains comme Thomas acclamaient Jonas, tandis que d’autres comme Théo dans l’équipe adverse, râlaient leur défaite. Enfin, le match reprenait. Alors, les ombres recommençaient à se mélanger tout comme les cris et les bruits de course.
C’était ainsi qu’ils vivaient tous leurs grandes vacances. En s’amusant comme l’aurait fait n’importe quels adolescents. Sauf que pour cette bande d’amis, c’était le basket qui primait sur les jeux vidéo, ou n’importe quelle autre activité d’intérieur. C’était sous le regard de cette végétation, dont ces fameux chênes réputés les plus grands de la région, qu’ils se disputaient la balle chaque après-midi depuis la fin des cours.
Lorsqu’il fut décidé que ce match était terminé, les gamins s’assirent au pied du panier, tous essoufflés. « C’était un bon match. » commenta Sam.
— Parle pour toi ! lui lança Noah. T’avais Jonas dans ton équipe !
Celui-ci ne les écoutait guère et préférait rêvasser en observant les nuages.
— Et alors ? Il ne représente pas l’équipe à lui tout seul, rétorqua Sam d’une voix timide.
— Reconnais qu’il la porte quand même pas mal sur ses épaules, dit gentiment Thomas.
S’apercevant que tout le monde le regardait, Jonas baissa les yeux avant d’ajouter :
— Non, Sam a raison.
Ce dernier rougit comme s’il se sentait honoré.
— Une équipe c’est une équipe, continua t-il, et si elle gagne c’est qu’elle l’a mérité. Ce n’est pas grâce à une seule personne, mais grâce à tous ses membres qui ont contribué à la victoire. Et malgré le poste que j’occupe, si vous n’étiez pas là pour m’épauler je ne pourrais pas marquer. C’est la logique du travail d’équipe les mecs…
Un petit silence s’installa comme si chacun analysait ce discours.
Quentin sembla vouloir rompre rapidement cette ambiance sérieuse :
— Quel poète celui là ! lança t-il en rigolant.
Sous cette remarque, Jonas détourna une nouvelle fois son regard, rougissant de timidité. Tous les autres riaient de cette taquinerie, mise à part Thomas, qui lui comme toujours regardait Jonas avec un doux sourire...
On pouvait donc distinguer des caractères très différents au sein de la « bande ». Il y avait d’abord Sam, un rebelle empli de sensibilité. Mais aussi Quentin, le petit plaisantin. Ou encore Noah, le bon vivant, un poil flemmard. Antoine le savant ! Théo le rigolo ! Et puis, il y avait aussi Thomas, qui lui était un beau rêveur, et Jonas un introverti au grand cœur… Ils ne se connaissaient pas tous depuis longtemps, mais ils s’entendaient bien. Le seul lien qui les unissait était leur passion commune pour le basket. Rien d’autre ne les associait véritablement. Mais cela suffisait. Même si parfois malheureusement, certains évènements pouvaient toujours entraîner des divisions.
Il était à peine dix huit heures lorsque cela commença vraiment. Le vent s’était mis brusquement à souffler. Plusieurs bourrasques inattendues emportèrent les t-shirts des garçons un peu partout. Ils coururent tous à travers le parc pour les récupérer. Dans cette soudaine agitation, le ciel bleu, lui, s’assombrissait, et les ombres harmonieuses, elles, disparaissaient. Une ambiance étrange s’installa alors sur la petite bourgade, comme si quelque chose d’anormal venait de se produire.
Puis, bientôt, tout ceci s’arrêta. La météo redevint clémente. Les garçons avaient eu le temps de récupérer et renfiler leurs vêtements. Ils s’étaient tous réunis, au centre du parc. Seul Thomas manquait. Ils supposèrent que vu l’étendue de l’aire, il avait eu la malchance de voir partir son t-shirt loin du centre. Cependant, au bout d’un certain temps, certains comme Noah commencèrent à s’inquiéter. Ils décidèrent de partir à sa recherche.
Théo était parti chercher du côté de la colline au bout du terrain, Antoine vers la forêt au nord, Sam du côté de la route au sud, Noah vers les champs à l’est... Jonas était le seul à ne pas être parti. Il devait garder la position pour voir si Thomas revenait. Mais plus le temps passait, plus il commençait à s’imaginer des abominations : une blessure grave, un kidnapping… Sans doute n’était-ce que sa nature anxieuse qui lui jouait des tours.
Le soleil commençait à décliner, et Thomas n’avait toujours pas été retrouvé. Les battements du cœur de Jonas se faisaient de plus en plus rapide, et ses sens s’aiguisaient de plus en plus eux aussi. Soudain, il entendit comme le bruit d’un craquement de branche derrière lui. Hésitant à se retourner, le garçon se laissa finalement tenter. Il se sentit alors soulagé lorsqu’il vit le visage souriant et chaleureux de Thomas.
— Bah où t’étais ? Les autres te cherchent ! lui lança Jonas.
— Ah désolé, j’avais entendu des bruits là-bas, il pointa son index en direction des champs, et ça m’intriguait.
— Et tu n’as pas croisé Noah par hasard?
— Bah non pourquoi ?
— Il est parti vers les champs pour te chercher.
— Il a dû changer de direction parce que je ne l’ai pas vu. D’ailleurs, ça ne m’étonnerait pas que ça soit à cause du vieux mec louche qui traînait par là.
— Un vieux mec louche ?
— Ouais, un vieux laiteux barbu avec des yeux super noirs. Le genre de gars à qui on n’a pas trop envie de dire bonjour si tu vois ce que je veux dire. Il faisait presque peur le mec !
— Ah ! Ah ! T’as bien trop d’imagination mon pote, pouffa Jonas.
— Ça doit être ça, rigola Thomas.
Ils rigolèrent tous deux puis restèrent un moment à se fixer. Aucun des deux ne voulait détourner le regard, mais plutôt continuer de lire dans les yeux de l’autre. La complicité qui unissait les deux amis était plus forte que toutes celles qu’ils partageaient avec les autres gosses de la bande. Ils pouvaient se parler et se comprendre mieux que personne. Il y avait quelque chose de très puissant entre eux. La solitude et le calme étaient leurs principaux points communs, ce qui les différenciait beaucoup du reste du groupe, qui (pour la plupart du moins) semblait plus s’accorder sur le dicton « Plus on est de fou, plus on rit » ! Or c’était justement cela qu’ils aimaient : se sentir différents. Une indépendance souvent mal vue, mais peu leur importait l’avis des autres. Leur individualisme était leur fierté. Cela avait toujours été le cas, depuis le jour où ils s’étaient rencontrés à la maternelle, et jusqu’à leurs treize ans, aujourd’hui.
Ce fut Thomas qui lâcha prise le premier, en regardant sur le côté du terrain. Il avait l’air surpris et Jonas lui demanda :
— Qu’est ce qu’il y a ?
— Où est passée la balle ?
Il regarda à son tour sans rien trouver non plus.
— Elle a dû être emportée par le vent. Tu veux qu’on aille la chercher ?
— Et pour les autres ? ajouta Thomas.
— Ils finiront bien par revenir. Allez viens !
Ils partirent donc à la recherche du ballon, dans l’espoir de le trouver rapidement, et ceci avant que la nuit ne tombe. Ils firent d’abord un large tour du terrain avant d’aller explorer plus loin vers la colline. Cette dernière n’était pas bien haute, mais devait tout de même s’étendre sur pas moins de deux mille mètres carrés. Les deux amis décidèrent ensuite de longer tout autour en bravant branches et hautes herbes, chacun de leur côté. Ils regardaient partout : dans les creux, les fossés,… Mais sans rien trouver. Jonas en vint même à grimper aux arbres, pour avoir une meilleure visibilité sur ce qui entourait les longues herbes pointues.
Enfin, alors qu’il regardait l’astre qui descendait dans ce magnifique ciel rose saumon, Jonas trouva ce qu’ils cherchaient. La balle orangée était tombée dans un fossé rempli de déchets, et était à présent recouverte de produits alimentaires moisis. Et puis, comme si ce cela ne suffisait pas, une nuée de moucherons vrombissants lui tournait autour. « Dégueulasse… » murmura le garçon avec un sérieux air de dégoût en la ramassant. Remontant le long de la pente, il appela Thomas pour lui dire qu’il avait retrouvé ce qu’ils étaient venus chercher. Jonas ne perçut aucune réponse. Il réessaya plusieurs fois avec toujours le même résultat. Comme par hasard s’était-il dit, Il disparaît une seconde fois dans la même journée, et il croit vraiment me faire flipper ? Il se mit tout même en quête de le chercher. Cependant, le temps le pressait car la nuit allait bientôt tomber, et il allait devoir rentrer chez lui...
Au bout de seulement deux minutes, il craqua. « Bon, c’est bon Thomas, c’est plus drôle là ! » dit-il. Et c’est précisément à ce moment-ci qu’il entendit comme le bruit d’une explosion à une centaine de mètres de lui. Il courut de suite dans la direction du bruit sans même songer au potentiel danger qu’il courait. Une étrange fumée marquait « l’explosion » près du versant est de la colline. Le dévalant à toute vitesse, il la localisa plus précisément à la limite des champs. Ce qu’il vit alors lui coupa le souffle.
La fumée s’arrêta net à son arrivée, laissant place à une énorme trace noire circulaire qui marquait l’herbe comme si elle avait été brûlée. Il ne comprit pourquoi sur le moment, mais Jonas eut comme l’envie de la toucher. Il s’agenouilla auprès d’elle et l’effleura du bout des doigts. Ce qu’il ressentit alors lui glaça le sang. Elle était si froide ! Un froid qui envahit son corps et lui évoqua une profonde tristesse. Un froid qui lui évoqua la mort. Comment se faisait-il qu’elle soit ainsi alors qu’elle venait d’être brûlée ? La question resta en suspens dans l’esprit du jeune homme, qui ne pensait plus qu’à une chose : où était Thomas ?
Il releva les yeux. Un petit objet bleu se trouvait à quelques pas de lui. En s’en approchant, il l’identifia comme étant un petit couteau de poche : celui de son ami. Thomas n’oubliait jamais ce couteau. Il le portait en permanence sur lui. Sous l’emprise de la peur et du chagrin, Jonas cria alors son nom aussi fort qu’il le put. Mais une nouvelle fois, son ami ne répondit pas. Tombant au pied du petit outil, il se mit à pleurer. Il frappa la terre de toutes ses forces en comprenant ce qui était arrivé. Thomas avait disparu.
Quand soudain, en relevant son visage triste, Jonas le vit. Thomas pleurait lui aussi, mais semblait comme irréel. Il avait pourtant une allure distincte et précise à ses yeux. Mais, il était si pâle… En à peine une fraction de seconde, le garçon cligna des yeux, et son ami disparut. Peut-être n’était ce qu’un rêve ? Ou bien un trouble de la vue ? Dans tous les cas, tout ce dont Jonas se rappelle nettement, c’est d’être tombé dans un profond sommeil, juste après avoir entendu ces deux mots : « Sauve-moi ».
« Toutes les larmes de mon corps tombèrent dans l’obscurité… »
Le garçon se souvenait encore. Il n’avait pas arrêté d’y repenser pendant le reste de ses vacances. Il s’était remémoré sans arrêt le moment où le chef de la police l’avait réveillé, où la trace noire avait disparu, et où tous ses amis pleuraient près des voitures qui éclairaient la nuit. Le moment aussi où sa mère l’avait pris dans ses bras, et où son père lui avait adressé le sourire qui l’avait empêché de sombrer… C’était sans aucun doute l’un des pires moments de toute son existence. Et encore aujourd’hui, près de deux mois plus tard, le jour de la rentrée des nouveaux quatrièmes, le son des sirènes de police résonnait encore dans sa tête comme une chanson triste impossible à oublier…
Depuis ce terrible incident, de nombreux parents comme ceux de Quentin et Théo avaient décidé de quitter la petite ville désormais connue de tous. Pour ce qui l’en était des parents de Thomas, Jonas n’avait malheureusement pas eu la moindre nouvelle. Ils devaient très certainement être très occupés ces temps-ci. À faire sans cesse des allers-retours jusqu’au poste de police, pour voir si l’enquête avançait.
Quant à ceux de Jonas, ils souhaitaient que leur fils aille voir un psychologue. Chose qu’évidemment celui-ci rejetait. Il n’y avait pour lui qu’un seul remède efficace à tout cela : le fait pur et simple de revoir son ami. Chaque soir du reste des vacances, il avait par ailleurs tenté de l’appeler, mais jamais Thomas n’avait décroché. Alors, l’unique chose que le jeune homme supportait à présent était la solitude. Le fait de ne pas être dérangé et de ne pas communiquer avec autrui le détendait (ou un peu du moins). Il n’avait presque pas dit mot depuis la disparition de Thomas. Même pas à ses parents, qui eux tentaient tant bien que mal de le réconforter chaque jour.
Tout cela était devenu invivable pour lui. Jonas ne se sentait plus complet, comme il l’était auparavant avec Thomas. Il ne ressentait plus cette émotion si particulière qu’il pouvait avoir en sa présence. Cette petite étincelle de vie et de bonheur. Ce beau sourire qu’il aimait prendre lorsqu’il partageait des moments si complices avec lui.
De plus, il resongeait sans cesse aux mystérieuses paroles qu’il avait entendues ce jour là, le dix-huit juillet. Il l’avait bien raconté aux policiers mais ces derniers ne le croyaient pas. Ceux-ci avaient même expliqué à ses parents après l’interrogatoire qu’il devait être sous l’emprise d’un « très gros choc émotionnel » pour décrire de telles choses. Et le pire dans tout cela, c’est que même certains de ses amis l’avaient rejeté à cause de tout ce qu’il racontait. Seul restait Sam, qui venait le voir presque tous les jours pour savoir comment il allait. C’était d’ailleurs la seule présence que Jonas acceptait. Sam avait une façon de lui parler qui lui plaisait. Ses mots étaient comme apaisants.
Lorsqu’il le vit aujourd’hui, entouré des autres gosses, Jonas osa venir lui serrer la main, mais il fut le seul à recevoir cet honneur. Noah et Antoine lui lançaient des regards d’une froideur incomparable. Sam et Jonas, isolés du reste du groupe, regardèrent alors la pluie tomber sur l’arrêt de bus le temps que leur transport arrive. Il y a bien autant d’eau que dans toutes mes larmes, se dit Jonas en observant les gouttes d’eau s’écraser sur le sol.
Il avait tellement pleuré pendant ces deux longs mois. Pas devant Sam bien sûr, mais chaque soir avant de s’endormir, lorsqu’il repensait à Thomas. Il dormait peu. Ses nuits n’étaient que cauchemars. Des mauvais rêves lui rappelant le souvenir de l’instant où Thomas lui avait demandé son aide, où il lui avait demandé de le « sauver ». Mais qu’aurait-il bien pu faire pour lui porter secours ? Il s’était posé la question chaque jour (ou plutôt chaque nuit). Bien qu’au fond, il avait la nette impression que la réponse ne viendrait pas de lui.
Ainsi, toutefois, et en dépit son immense tristesse, le jeune homme restait convaincu d’une chose : Thomas était vivant. Il ressentait sa présence, loin de lui certes, mais il la ressentait. Son ami ne pouvait être mort. Quelque chose de mystérieux l’en persuadait.
Donc s’il pleurait, c’était pour la simple raison qu’il se sentait comme impuissant dans tout cela. Depuis le début de l’enquête menée par la police, aucune piste n’avait été trouvée. Même les incalculables rassemblements civils mis en place pour retrouver le disparu, n’avaient rien donné... Le jeune homme dépressif attendait donc encore et toujours avec une rude patience l’indice qui le mettrait sur la voie.
Evidemment ce matin, tous les regards étaient tournés vers Jonas, qui comme à son habitude ne s’occupait guère de ceux qui le fixaient. Il allait attendre que cela se passe, que ses premiers cours passent, que la journée entière se passe, puis allait retourner pleurer sur son lit comme chaque soir. Sa mère allait une fois de plus lui demander s’il avait besoin de quoique ce soit. Et il allait encore lui répondre implacablement « Non », avec le profond désir qu’on le laisse tranquille. Quand le bus arriva enfin, il monta dans les derniers, espérant voir Thomas arriver en retard comme il le faisait toujours. Au final il ne vit rien, et alla s’asseoir à côté de Sam en tentant de lui adresser un semblant de sourire.
Après avoir écouté de la musique (triste) tout le long du trajet jusqu’au collège, il descendit du bus toujours avec ses écouteurs. Préférant rester dans sa bulle avant de retomber dans l’ambiance agitée de ce lieu qu’il détestait tant. Il eut beaucoup de peine à rentrer dans l’enceinte du grand bâtiment. Il aurait préféré rester dehors sous la pluie et dans le froid, que de revoir tous ces visages qui connaissaient Thomas. Les regarder en face, leur parler de lui… Jonas n’était pas prêt pour ça. Sam passa alors un bras au dessus de ses épaules, et avec un sourire amical, l’obligea gentiment à entrer.
Dans le hall, le principal ainsi que tous les agents de la vie scolaire se tenaient sur une estrade pour rappeler la conduite à adopter, comme ils le faisaient chaque année. Bien sûr, ce ne fut pas la seule chose que le proviseur aborda pendant son discours. Et ce qui devait arriver, arriva.
A la fin des rappels sur le règlement intérieur, M. Martin (c’était le nom du proviseur) annonça officiellement à l’ensemble des nouveaux 4e ce qui était arrivé cet été : « Et pour finir, avait il commencé, je voulais vous informer personnellement de ce qui est arrivé cet été. Un élève de notre établissement, très prometteur, Thomas Laurent, a été porté disparu durant les grandes vacances. Prenez donc bien garde en rentrant chez vous le s…» La seule écoute du nom de son ami donna des frissons à Jonas, et le fit fondre en larmes. Il courut immédiatement se réfugier aux toilettes. Bon nombre d’élèves se tournèrent dans sa direction avec des sursauts et des chuchotements. Seul Sam qui comprenait vraiment la tristesse de son ami, tenta de l’appeler. Mais évidemment Jonas ne répondit pas, et partit s’enfermer, noyer son chagrin.
Une dizaine de minutes plus tard, alors qu’il séchait ses larmes, il entendit frapper à la porte du cabinet. Ce n’était pas de violents coups, signifiant qu’on lui ordonnait de sortir, mais plutôt de légères tapettes qui prouvaient que la personne derrière ne lui voulait aucun mal. Pourtant, lorsqu’il entendit la voix rocailleuse de M. Martin en personne l’appeler, Jonas s’inquiéta. Le proviseur tel qu’il le connaissait était un homme droit, et qui voulait à tout prix que les règles soient respectées. Il craignait donc la colère du grand homme s’il sortait.
Après un court instant, le jeune homme ouvrit finalement la porte, se disant qu’aujourd’hui, il ne pourrait plus rien lui arriver de pire. Il s’attendit alors à de sérieuses réprimandes, ainsi qu’à l’annonce d’une punition sévère. Mais bien au contraire, M. Martin lui adressa un regard aimable et rassurant :
— Allez, viens donc marcher avec moi, lui dit-il calmement en lui tournant le dos.
Etonné de la douceur que M. Martin lui portait, Jonas ne résista pas et sortit des toilettes en compagnie de son interlocuteur.
— Je connais la raison de tes pleurs, continua t-il en le regardant dans les yeux cette fois, et sache que si tu as besoin d’en parler je suis tout disposé à en discuter avec toi.
Jonas le regarda à son tour. Il avait des cheveux roux en pétard et des yeux noisette qui lui rappelaient ceux de son ami.
— Néanmoins, je peux également comprendre que tu n’en ais pas envie. En as-tu envie, Jonas ?
— Désolé monsieur, mais pas vraiment. Ou en tout cas, pas maintenant. Vous comprenez, c’est encore un peu tôt, répondit le jeune homme d’une voix frêle.
— Oui, bien sûr. Malheureusement, il est bien plus facile de se souvenir que d’oublier dans ce genre de circonstances… Puis-je tout de même te donner un conseil ?
— Euh oui, si vous voulez.
— N’y pense plus. Je suis certain qu’on te l’a déjà répété maintes fois mais ce n’est pas bon d’y resonger en permanence. Cela te tourmente et te fais détester la vie. Tu ne crois pas qu’il faudrait plutôt songer à quelque chose de plus gai Jonas ?
— Sans doute que si monsieur, répondit-il.
— Donc au moindre sentiment négatif que tu ressens, je veux que tu viennes me voir. Tu as compris ? Sinon c’est moi qui viendrai te chercher.
Il acquiesça et M. Martin posa sa main sur son épaule.
— Allez viens, je t’accompagne dans ta nouvelle classe. D’ailleurs, si je ne me trompe pas, tu as la chance de te retrouver avec ton ami Sam cette année ! dit-il en souriant.
Se laissant guider par le proviseur, Jonas eut comme un semblant de sourire pendant un instant, avant que celui-ci ne s’efface pour redevenir mélancolie. Malgré les belles paroles de M. Martin, il ne pouvait s’empêcher de repenser à cette tragédie. Pas après ce qu’il avait vu.
« Lorsque soudain, Surgit une douce lumière.»
Cette année, les journées au collège étaient différentes pour Jonas. Différentes dans le sens où tout était différent. Que ce soit dans les regards que tous lui adressaient, ou bien dans ses résultats scolaires en chute libre.
En effet, le garçon qui avait toujours été un élève plutôt doué, se laissait à présent aller sans réfléchir, comme si les enseignements qu’on lui inculquait lui étaient futiles. Et c’était justement ce qu’il pensait ! Car pour lui, plus rien n’avait d’importance. Il était tombé dans un vide si profond, qu’il lui arrivait maintenant de se questionner sur la nature même de la vie. Il se demandait si cette dernière valait vraiment la peine d’être vécue avec toutes les atrocités qu’on y trouvait. Encore plus si les mystères de ces atrocités n’étaient jamais résolus...
C’était ce genre de dilemme auquel il songeait de plus en plus ; que ce soit à la maison ou même en cours. Ils le déprimaient mais revenaient sans cesse comme s’ils lui étaient nécessaires. Pourquoi ci, pourquoi ça… se disait-il seulement parfois. Pourquoi tout cela… Pourquoi tout cela est-il arrivé… Pourquoi ?
Plus les mois passaient, plus Jonas avait l’impression de devenir fou. Parfois, il se sentait même dans le besoin de murmurer cette petite phrase : « Sauve moi.», comme pour se rappeler que son ami était encore en vie (ce qu’il sentait pourtant pertinemment). Ce n’était donc plus sa disparition qui le rongeait, mais le fait de ne rien savoir sur cette disparition. Et quand bien même s’il savait certaines choses, ces dernières ne l’aidaient guère, et ne faisaient au contraire qu’accentuer son mal être déjà insupportable...
En rentrant des cours ce vendredi là, Jonas était épuisé. Exténué, fatigué, agacé par sa journée d’école, mais aussi (et surtout) par le proviseur, qui encore aujourd’hui n’avait pas arrêté d’être sur son dos…
Effectivement, depuis la conversation qu’il avait eue avec Jonas en début d’année, M. Martin n’avait eu de cesse de demander au garçon comment il se sentait. Et cela à chaque occasion qui se présentait à lui, même les plus insignifiantes. Parfois, il venait en cours alors que Jonas rêvassait, et lui demandait de venir dans son bureau, sans clairement expliquer la raison au professeur de la classe. Dans ces moments-là, ils parlaient en face à face pendant de longues minutes, qui pouvaient sembler interminables pour Jonas.
C’était un triste rituel auquel le pauvre adolescent avait droit environ une fois par semaine (souvent le vendredi d’ailleurs). Il n’avait donc plus besoin d’un psychologue, puisqu’il avait déjà pire !
Sinon, en plus de « psy », le principal pouvait aussi faire office de garde du corps, en patrouillant de temps à autre dans la cour du collège, comme pour guetter le moindre signe négatif chez son protégé. C’était à la fois devenu quelque chose d’honteux et de pesant pour le jeune homme, qui lui n’avait absolument pas besoin de tout cela ! Il avait déjà bien assez de soucis en tête, et ce n’était pas le principal qui allait les lui résoudre.
Vers cinq heures trente de l’après-midi, lorsqu’il alla enfin se recoucher sur son lit comme il le faisait chaque soir, le garçon ferma les yeux. Sans même retirer son blouson, il resta affalé sur son matelas, la tête sous l’oreiller : coupé du monde. A cet instant, il n’entendait plus rien, ne voyait plus rien. Cela lui convenait à merveille, étant donné que la seule chose qu’il recherchait actuellement était son besoin quotidien de calme et de solitude. Le silence réussissait à apaiser son esprit, et l’isolation, elle, lui permettait de faire le point sur lui-même, ses émotions et ses pensées.
Néanmoins sa mère entra dans sa chambre quelques minutes plus tard, afin de lui demander s’il avait faim. Jonas ne répondit pas, et fit mine de dormir. Croyant innocemment à la supercherie de son fils, la mère s’approcha alors pour lui retirer délicatement son manteau, et lui rabattre doucement la couette sur lui. Elle avait un beau sourire qui traduisait la tendresse qu’elle éprouvait envers celui qu’elle aimait tant surnommer son «chéri » (chose qui bien sûr n’amusait Jonas en aucune façon). Toujours dans son jeu d’acteur endormi, il se laissa faire tout en montrant une certaine envie de rester couché, incitant ainsi sa pauvre mère à partir aussitôt.
Après cela, Jonas ferma réellement les yeux et commença à méditer. Son imagination travaillait en même temps qu’il se reposait. Les rêveries s’enchaînaient, ses bras et ses jambes se faisaient de plus en plus immobiles. Presque inconsciemment, il changea de posture pour se mettre dans une position plus confortable, et finit par s’endormir…
Cependant, le garçon ne se doutait point qu’il allait dormir aussi longtemps ! Il se réveilla soudain, en pleine nuit, après avoir dormi six bonnes heures environ. Il resta un moment figé avant de comprendre à quelle période de la journée il était. Puis, autre chose le pressa. Il avait la gorge sèche et les papilles de sa langue qui ne demandaient qu’une chose : manger ! Etant donné qu’il avait déjà refusé de le faire au goûter, ses parents n’avaient sans doute pas voulu le forcer à dîner. Sans trop réfléchir, il se leva donc de son lit, avant d’entreprendre le plus discret des voyages jusqu’à la cuisine.
Prenant bien soin de ne pas réveiller sa petite sœur dans la chambre voisine, il marcha à pas de loup sur le carrelage frais du couloir, en évitant tout contact avec un mur ou une porte. La pénombre et la fraîcheur qui marquaient la nuit l’atteignaient lui aussi, et maintes fois à cause du noir et des frissons, il manqua de trébucher sur une babiole ou de se cogner dans le coin d’un meuble. Heureusement, les quelques mètres qu’il eut à traverser ne lui posèrent aucun souci.
Lorsqu’enfin il arriva au niveau de la cuisine, une certaine pression s’empara de son être. Tournant la tête de tout côté, il chercha une potentielle présence dans la pièce. Il finit par expirer de soulagement après n’avoir rien décelé. Il redirigea alors son regard vers le placard, et s’apprêta à attraper quelque chose qui lui ferait plaisir.
Au moment où il allait ouvrir le battant de celui-ci, un étrange sifflement venu de l’extérieur de la maison lui parvint aux oreilles. Habitué aux balades nocturnes des jeunes adultes du quartier, Jonas ne paniqua pas. Mais il ne suffit que de quelques secondes pour que le petit sifflement ne se répète inexplicablement. Cette fois beaucoup plus distinct, et beaucoup plus proche. Le garçon avait presque l’impression que quelqu’un l’appelait en sifflant près de la porte d’entrée. Malgré sa panique, il jeta discrètement un coup d’œil par la petite lunette floue de la porte, qui elle se trouvait à l’autre bout de la pièce. Puis, intrigué, ou plutôt comme étrangement attiré par ce qu’il y avait derrière l’entrée, Jonas s’approcha de la porte. Apeuré, il hésita. Puis le sifflement se répéta une troisième fois, et le garçon sentit sa main s’approcher d’elle-même vers la poignée, jusqu’à la saisir entièrement. Ce qui se déroula par la suite fut la plus incroyable des choses qu’il vécut. Sans même ouvrir la porte, Jonas découvrit qui l’appelait…
« Quand tout commence, les mystères eux, sont déjà là. »
Il y avait d’abord eu cette terrible et incroyable vague de froid sortie de nulle part. Elle avait réussi à saisir l’ensemble de son corps, puis était également parvenue à l’immobiliser. Sur l’instant, elle lui avait rappelé l’étrange sensation qu’il avait eu en touchant l’herbe morte le dix-huit juillet. Mais contrairement à cet évènement passé, Jonas ressentait cette fois-ci non pas de la tristesse, mais quelque chose de bien plus dérangeant. Quelque chose d’incompréhensible, qui lui faisait se sentir infiniment faible… Et qui le rendait surtout incapable d’ouvrir cette fichue porte !
Tentant de se débattre encore et encore, Jonas ne put toujours pas bouger ne serait-ce que le moindre petit doigt, tellement la force surnaturelle qui le dominait était puissante. Enragé, et ayant envie de crier pour appeler à l’aide, il fut pourtant rapidement calmé, lorsqu’il entendit les paroles douces et rassurantes qui suivirent : « Ne te débat pas, c’est inutile… Essaie seulement de te détendre.». D’où venaient elles exactement ? De derrière lui ? De l’extérieur ? Ou bien seulement de sa tête ? Jonas n’en avait pas la moindre idée, mais il fit malgré tout ce qu’on lui conseillait. Etonnamment, il se sentit toute suite mieux après.
Toutefois, l’apaisement ne dura que peu de temps. Une nouvelle bourrasque bien plus affreuse que la précédente lui traversa soudainement le corps, comme un courant d’électricité. Elle était vraiment très violente. Fatiguant terriblement le pauvre jeune homme, et lui donnant curieusement envie… de fermer les yeux. Comme forcé, Jonas cloîtra ses paupières avec lourdeur. Un noir obscur lui cacha alors les quelques lumières qui éclairaient la nuit, avec un silence pesant à ses côtés.
Un long moment s’écoula avant que Jonas ne rouvre les yeux. Ce fut un vent rapide et troublant qui le réveilla. Il vit alors qu’en plus de l’avoir fait souffrir, le courant semblait également avoir pris possession de ses sens, jusqu’à modifier sa perception de la réalité…
Après avoir cligné des yeux maintes et maintes fois, Jonas finit par comprendre que le lieu dans lequel il se trouvait n’était plus le même. Ce mystérieux choc qu’on aurait pu qualifier de divin, le décrivait à présent au beau milieu d’une immense tornade blanchâtre. Paniquant en voyant la hauteur à laquelle il se trouvait, le garçon n’eut cette fois aucune gêne à hurler à l’aide. Rien ni personne ne semblait pouvoir l’y en empêcher.
Malheureusement, après plusieurs essais, il s’aperçut qu’aucun de ses proches ne semblait l’entendre. Comme si la tornade l’avait emporté très loin de chez lui. Toujours immobile et suspendu au dessus du vide, il tenta donc une approche plus posée et diplomate, en espérant que ce soit cette fois la même voix que toute à l’heure qui lui réponde :
— Que se passe t-il, s’il vous plaît ? C’est quoi tout ça, expliquez-moi, comment…
— Tout va bien, le rassura aussitôt la mystérieuse voix, qui elle-même paraissait venir d’une curieuse silhouette qui se dessinait au loin.
Jonas la vit et la fixa avec les forces qui lui restaient (pour tenter malgré tout de découvrir qui lui répondait avec autant d’apaisement). Ne pouvant ni bouger ni se rapprocher, il comprit uniquement que cette dernière semblait avancer progressivement dans sa direction...
Après un certain temps (qui parut encore une fois interminable pour Jonas), la tornade finit par disparaître, comme par magie, et sans le moindre dégât. Retrouvant d’emblée sa liberté de mobilité, le jeune homme sembla se réjouir de pouvoir recommencer à agiter gracieusement ses jambes et ses bras.
Il se vit ensuite redéposé sur le sol, grâce à un petit courant d’air agréable et délicat qui l’amena jusque dans une infinie clairière d’un blanc immaculé. A vrai dire tout était de la même couleur ici, que ce soit le ciel, les nuages, les arbres, ou même le sol, s’il en existait vraiment un. D’ailleurs, on ne voyait pas non plus le bout de la clairière, qui semblait s’étendre à perte de vue.
A force d’observer avec attention tout ce qui l’entourait, le jeune homme étourdi s’aperçut avec beaucoup de retard que son interlocuteur s’était nettement rapproché de lui. A présent, ils n’étaient plus qu’à quelques mètres l’un de l’autre.
En le découvrant de près, Jonas fut heurté en plein cœur par l’identité de l’être en question. Il eut même peine à respirer pendant un petit moment. Celui dont il avait tant rêvé depuis des mois était enfin face à lui. Celui qui l’avait tant fait pleurer était maintenant là. Thomas le regardait, un grand sourire aux lèvres, avec tout de même une petite larme ruisselante sur sa joue gauche. Seulement, il était aussi pâle que ce monde étrange. Son corps en était presque transparent. On aurait dit un fantôme.
Jonas aussi versa quelques larmes d’émotion lorsqu’il vit le visage chaleureux de son ami. Et malgré l’étrange état dans lequel ce dernier se trouvait, un puissant sentiment de soulagement envahi le cœur de notre héros. Après tout ce temps de dépression, il se sentait revivre. Ne sachant trop que faire, il voulut courir pour le prendre dans ses bras.
Or, à peine avait il effectué plus de trois enjambées qu’une barrière translucide apparut entre lui et Thomas, comme pour lui barrer la route. A la fois frustré et surpris devant ce nouveau phénomène surnaturel, le garçon tenta pourtant de ne pas trop s’attarder sur ce détail. C’est donc cette fois à quelques pas de Thomas qu’il bégaya à son attention :
— Thomas je… je…, cherchant par où il allait commencer, explique moi, que s’est il passé ?
— Tu as reçu mon appel, lui répondit-il d’un air étonnement serein. C’est un peu bizarre comme sensation c’est vrai, mais apparemment tu as quand même réussi à le percevoir, alors c’est le principal… Maintenant, je suppose qu’il y a beaucoup d’autres choses que tu dois trouver bizarres avec tout ça, non ?
