L'Encyclopédie de Fantômas - Alfu - E-Book

L'Encyclopédie de Fantômas E-Book

Alfu

0,0

Beschreibung

Présenté sous forme d’un recueil d’articles alphabétique, ce livre analyse l’œuvre de Pierre Souvestre & Marcel Allain

1911
L’éditeur Fayard lance, à grand renfort de publicité, un roman inédit, écrit à quatre mains, qu’il va publier sous forme de gros volumes de sa collection « Le Livre populaire », durant trente-deux mois, et dont le personnage principal va très vite devenir une icône de l’imaginaire du vingtième siècle : Fantômas.

1981
Un jeune chercheur, récemment converti à la « littérature populaire », publie un livre, le premier entièrement consacré à l’étude de ce phénomène littéraire, en n’hésitant pas à entrer dans le détail de l’intrigue et des différentes composantes de l’œuvre : cette Encyclopédie.

2011
Pour fêter dignement le centenaire de Fantômas, une nouvelle version de cette étonnante étude — qui a ravi les uns, en a agacé d’autres — paraît, enrichie d’une iconographie inédite.

Des statistiques sur les lieux, les actions, les personnages, et un article pour chaque personnage central, chaque lieu important ainsi que pour les grands thèmes et composantes de l’œuvre

A PROPOS DE L'AUTEUR

Fondateur d’Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, outre L’Encyclopédie de « Fantômas » (1981), L’Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 707

Veröffentlichungsjahr: 2015

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Alfu

L’Encyclopédie deFantômas

Etude sur un classique

Deuxième édition

Alfu & Encrage

— 2011 —

Je dédie ce livre à Anne

Je tiens à remercier Francis Lacassin et tous ceux et celles qui m’ont apporté une aide matérielle ou morale indispensable pour la réalisation de cet ouvrage.

Avant-propos

Il y trente ans, j’abandonnai, provisoirement pensais-je alors, la rédaction de quelques romans pour me lancer dans une entreprise nouvelle pour moi : la conception d’une étude sur la littérature. Mais pas n’importe quelle littérature, pas la littérature que l’on m’avait enseignée au cours d’une scolarité dont je sortais à peine, mais une littérature « populaire » que je n’avais pas encore baptisée d’« autre-littérature ».

D’emblée, je misais sur la monographie, conscient que mes connaissances mais surtout mon esprit étaient plus à même de me faire rédiger une étude sur un sujet précis, cerné exhaustivement, que sur un vaste sujet généralisant pour lequel j’aurais dû opter pour le fameux principe de la non-lecture ou discours sur le non-lu.

Bref, j’optai pourFantômas, ce vaste roman en trente-deux volumes que je venais de lire en ordre dispersé au gré de mes découvertes chez les bouquinistes. Car, une fois épuisés les cinq volumes parus à l’époque chez Presses-Pocket et reproduisant intégralement les fameux « 65 centimes » de Fayard, il m’avait fallu reconstituer la collection de ces derniers. Nulle bibliothèque n’était à l’époque en possession de cette intégrale, pas même notre célèbre Bibliothèque Nationale de la rue Richelieu, et je ne connaissais aucun collectionneur-amateur possédant cette collection — qu’il eut de toute évidence probablement aucunement consenti à me prêter.

Le pas fut franchi aussi grâce à l’aide technique et morale que me donna alors Francis Lacassin, dont j’avais fait la connaissance quelques années auparavant. C’était lui qui s’était démené auprès des éditeurs pour que le roman reparaisse dans une version authentique. C’est lui qui obtiendra, partiellement, gain de cause plus tard auprès de Robert Laffont, avec la collection « Bouquins » — la « Pléiade » du roman populaire, comme la nomment certains.

Restait à trouver un éditeur ! En ma qualité de jeune auteur, encore bien naïf et plein d’espérance, j’adressai un courrier documenté à plus de cinquante maisons d’édition, des plus grandes au plus modestes. Et je n’obtins pas moins d’une cinquantaine de lettres de refus, souvent fort laconiques. Seuls, deux éditeurs demandèrent à lire le manuscrit — que je ne revis jamais, — et, pour finir, m’envoyèrent deux lettres de refus supplémentaires.

Après le pari sur le contenu, il fallait tenter le pari sur le contenant et se mettre éditeur à son propre compte : je devins dès lors un auteur auto-édité.

Il faut dire qu’à l’époque, l’édition était fondamentalement moins frileuse qu’aujourd’hui et n’hésitait pas à publier des actes de colloques universitaires en livre de poche, mais les études sur l’autre-littérature ne constituait pas encore une matière digne d’attention — une des raisons pour lesquelles fut créé plus tard Encrage Edition.

Quoi qu’il en soit, le livre fit sa modeste mais intéressante carrière : il demeure un ouvrage de référence sur le sujet et m’a permis de poursuivre ma quête pour une prise en compte et une reconnaissance de la littérature populaire ou autre-littérature.

En revanche, ce livre souffrait énormément des conditions dans lesquelles il avait été fabriqué.

La publication assistée par ordinateur (PAO) était alors inconnue, et le texte fut saisi sur une photocomposeuse d’ancienne génération dans des conditions épiques : non seulement le support sensible n’était pas toujours développé dans les mêmes conditions, d’où des variations importantes de graisses des caractères, mais, de plus, les corrections se faisant par recomposition de la ligne fautive et recollage sur la page entière, on put voir apparaître finalement jusqu’à quatre ou cinq épaisseurs !

L’impression offset nécessitait encore à l’époque l’étape du montage que fait oublier aujourd’hui le traitement des fichiers numériques. On scotchait chaque page composée sur une forme qui était ensuite photographiée et, parfois, des morceaux de scotch oubliés ont laissé leur empreinte !

Bref, cela faisait déjà un certain temps que je pensais à rééditer ce livre pour pouvoir le présenter sous un jour plus avantageux. Quelle meilleure occasion pour cela que le centenaire de la publication du premier épisode !

Mais fallait-il ou non remanier le texte et proposer une édition revue et corrigée ? Après relecture, je n’en ai pas vu la nécessité. Certes, je ne travaillerais pas aujourd’hui, comme je l’ai fait il y a trente ans, mais le long, complexe et minutieux travail de l’époque se suffit à lui-même. Tout au plus ai-je souhaité corriger des fautes, améliorer le style de certaines phrases et surtout ajouter quelques notes de bas de page pour les rares fois où le propos, daté, me semblait devoir être éclairé par une notation plus récente.

La seule grande modification — outre une mise en page et une impression réalisées dans des conditions bien meilleures, — est l’iconographie absente en 1981 et qui nous montre avant tout le Paris de l’époque et ses protagonistes.

Je tiens à remercier ici Philippe Mellot, grand spécialiste de la littérature populaire et du Paris ancien, pour son amicale collaboration.

Pour finir, la lectrice ou le lecteur d’aujourd’hui pourra s’amuser à lireinfrala revue de presse de l’époque — une époque désormais révolue où s’exprimaient des publications malheureusement toutes (sauf une) défuntes, fanzines, revues spécialisées et même grand quotidien !

Fantômas, lui, est bien toujours vivant…

Amiens, janvier 2011

Présentation

Ce n’est pas obligatoire, mais cet ouvrage peut surprendre. Il peut surprendre par sa présentation. Il peut surprendre par son contenu.

Monographie sur une œuvre à la fois de grande notoriété et quelque peu oubliée. Suite d’articles indépendants en ordre alphabétique, dans la pure tradition des encyclopédies. Les pages qui suivent répondent avant tout à une triple motivation profonde.

A défaut de les classer chronologiquement dans l’ordre où ils se sont imposés à moi, je les donnerai dans l’ordre logique. Ces trois mobiles fondamentaux sont les suivants.

Tout d’abord, j’ai eu envie de faire une présentation de l’œuvre de Pierre Souvestre et Marcel Allain. Car cette œuvre a donné naissance à un des grands personnages mythiques de notre époque, un des héros dont le nom est sur toutes les lèvres. Mais c’est une œuvre imposante (32 volumes), peu disponible, et souvent mal connue dans sa réelle nature. Mon premier mobile est donc de faire connaître, dans sa réalité, une œuvre importante de notre héritage culturel.

En même temps, j’ai pris, ce qui n’est pour moi ni plus ni moins important, un pari méthodologique. Présenter une œuvre mais la présenter efficacement. Partant ne pas se contenter de réflexions munies de quelques références, mais partir de références pour quelques réflexions. Non pas suivre le fil d’une pensée subjective qui, par définition serait seulement mienne, mais guider celui ou celle qui veut me suivre à l’aide d’un propos objectif, sinon parfait ou infaillible, du moins valable le plus souvent pour tous. Mon deuxième mobile est l’emploi, à propos de cette œuvre comme d’une autre, d’une méthode de critique d’inspiration scientifique.

Enfin, car la chose s’impose d’elle-même, je n’ai pu me garder d’un regard plus poussé, non plus jeté sur une seule œuvre, mais embrassant tout un secteur. Et mon troisième mobile est la réflexion critique sur la littérature dite populaire.

L’utilité de cet ouvrage ne peut être comprise qu’en référence à cette triple motivation. Car il faut y voir au moins un des trois intérêts suivants.

Primo, cet ouvrage peut être un outil d’information. Le connaisseur peut, grâce à lui, aider son souvenir et synthétiser ses impressions. Le non-connaisseur peut, avec son aide, rapidement et fort efficacement compléter sa culture générale. Cet aspect documentation est de toute évidence le plus utile d’un point de vue pratique.

Secundo, cet ouvrage est un modèle, une démonstration. Non que j’ai la prétention d’apporter une « révolution » dans le genre critique. Mais dans la mesure où il sert d’exemple à une approche littéraire encore trop, peu exploitée. Et qui pourtant a vocation d’être la plus utile pour un vaste public. Cet aspect méthodo- logique est polémique et interpellera quiconque s’intéresse à la critique littéraire.

Enfin, tertio, cet ouvrage donne aussi des éléments de réflexion sur ce secteur important que les « lettrés » jugent souvent mal, soit en le sous-estimant, soit en le sur-estimant, et qui est celui de la production littéraire à vocation populaire. Si cet aspect n’est que secondaire, c’est parce qu’il est difficile. Du fait du risque que comporte le saut de l’induction, le fait de tirer d’un seul sujet des théories sur tout un domaine littéraire. Et parce qu’à mes yeux, les deux autres sont provisoirement plus importants.

Quiconque aura admis l’un au moins de ces trois points, ne sera plus étonné, en tournant les pages qui suivent, de trouver une suite d’articles, souvent brefs, parfois munis d’appareil pro-scientifique (tableau chiffré, graphique, etc.). Il ou elle trouvera vite ce qu’il cherche, et qui sera d’une matière solide.

Ceci dit, cet ouvrage n’a pas vocation d’être exhaustif. D’abord parce qu’il n’est que la première partie de ce qui pourrait être le « Tout-Fantômas » : 1/l’œuvre de Souvestre et Allain ; 2/l’œuvre d’Allain seul ; 3/Fantômas au cinéma ; 4/le mythe de Fantômas ! Ensuite parce que cette partie entre dans le détail, mais ne va pas dans tous les coins. Beaucoup de choses pourraient encore être dites. Elles le seront plus tard, ailleurs, ou jamais.

Et puis cet ouvrage n’a pas vocation non plus d’être parfait. D’abord parce qu’il est encore expérimental, et que certains systèmes d’analyse qu’il propose sont encore perfectibles. Ensuite parce que, comme tout pro-scientifique, je revendique le droit à l’erreur.

Mais pour être modeste et fragile, cet ouvrage n’en prétend pas moins être valable et utile.

ACCESSOIRE

Instrument, parfois très original, fréquemment employé dans le roman.

Nature

Le plus souvent mais pas toujours, aux mains de Fantômas, l’accessoire peut être un objet ordinaire, ou bien très particulier. Il peut s’agir aussi, dans une acception plus large, d’un lieu plus ou moins préparé à des fins précises.

Objet

L’accessoire est d’abord un objet.

Objet normal : L’objet normal peut parfois jouer un rôle important. Tels la monnaie ou les bijoux qui, outre leur utilité évidente, peuvent être des dénonciateurs (cf. IV, V, IX, X, XXI), voire présenter des particularités cruciales (monnaie incomplète aux II, XVIII, XXVIII ; bague-ustensile politique au XXVI). Il peut aussi être placé dans un cadre spécial. Comme le crâne-coffret au VIII, la baignoire emplie d’acide et le canon pour contrebande au XVI, ou encore le film relatant la capture de Juve (cf. CINÉMATOGRAPHE) au XVII.

Objet anatomique : L’objet peut être objet tout à fait exceptionnellement, puisque partie coupée du corps humain. Ainsi les mains de Fortuné au X, et les oreilles de Backefelder au XVII.

Objet transformé : Parfois l’objet perd sa nature première, le plus souvent pour devenir arme, d’attaque ou de défense. Tels les articles piégés des Paris-Galeries au IX, le chapeau-poignard au XIV, ou les vêtements coupants au XXI. Tel le fauteuil creux au IV.

Gadget : J’appelle ainsi l’objet très particulier transformé ou construit pour être utile mais aussi spectaculaire. C’est le cas, par exemple, des bras postiches au II, ou du vêtement rétrécissant (et meurtrier) au XXIII.

Gadget anatomique : Le corps humain peut aussi être utilisé dans ce but. C’est le cas avec les gants en peau humaine au III.

Outil : Objet courant, fréquemment employé dans son utilisation normale mais liée à la nature du roman, l’outil est essentiellement l’arme (cf. MEURTRE) et l’accessoire de police, comme les valises de Juve, ses scies, etc.

Substance : Apparaît aussi la substance liquide. Principalement la fameuse drogue cataleptique de Fantômas, utilisée avec succès aux VII et XXV, et l’encre sympathique au XIV.

Construction : Enfin l’objet peut être une construction faite par un personnage, tels les machines infernales aux V et VII, le faux-spectre au XVII, le cavalier en feu au XXIII.

Espace

Lieu privé : Ainsi apparaît la pièce truquée. Totalement, comme le salon ascenseur au II, ou la chambre au plancher électrifié au III, le bureau équipé d’une soufflerie au XIV.

Voire une habitation entière spécialement équipée, comme l’immeuble de la rue de Monceau au V.

Lieu public : Le phénomène touche aussi l’extérieur, le lieu public. Au V, Fantômas investit les dessous de la place de la Concorde qui lui servent de prison pour un roi. Au VI, c’est le Bois de Boulogne dont il détourne les allées ou fait flamber le lac. Plus tard, au XVII, c’est le cimetière Montmartre qui subira sa loi et sera faussement hanté.

Véhicule

Enfin l’accessoire peut exceptionnellement être un véhicule.

Voiture blindée : Au XXVII, Fantômas dispose à Domène d’une voiture à chevaux dont la particularité est d’avoir des panneaux constitués de solides parois d’acier, et qui est donc une véritable « forteresse roulante ».

Fantômas et les autres

Il n’y a pas de monopole pour l’utilisation de l’accessoire.

Fantômas d’abord : Toutefois le grand utilisateur d’accessoires est bien sûr Fantômas. Objets transformés, gadgets, substances sont à lui, de même que la quasi-totalité des espaces trafiqués et le véhicule.

Les autres aussi :Mais il a malgré tout des concurrents. Juve qui possède ses outils, ses gadgets (scie dans la mâchoire auXXIX, bottine truquée auXXIII), voire un appartement muni d’un appareil photographique de surveillance (cf.XIX). Ou les apaches qui volent à Saint-Calais grâce à une chambre d’hôtel préparée (cf.XI) !

Et surtout ses deux grands rivaux, Dick Valgrand, possesseur d’une tête postiche et constructeur d’une chambre à gaz, au XVIII. Et Vladimir qui use d’un billot truqué au XXII et se cache dans un cheval creux au XXIV !

ACTUALITÉ

Elément assez influent sur la conception du roman

Une double fonction

La place de l’actualité dans la composition du roman correspond à sa double fonction d’inspiration pour l’auteur et de référence pour le lecteur.

L’auteur y trouve matière à la fiction, de même qu’il la trouve d’une manière plus générale mais moins spectaculaire dans l’ensemble de la société. Tandis que le lecteur voit grâce à elle une liaison d’intérêt entre les événements concrets qui le préoccupent et l’œuvre littéraire qu’on lui propose.

Cet aspect double de l’utilité de l’actualité est une donnée fondamentale pour la littérature populaire depuis toujours et aujourd’hui encore.

Plusieurs actualités

On peut voir plusieurs secteurs d’actualité dans l’actualité en général.

Le fait divers : Le fait divers reste sans doute pour la majorité sinon la totalité des romans populaires de l’époque, l’élément majeur de l’actualité.

L’auteur avait créé pour l’exploiter l’« armoire aux trucs », recueil de coupures de presse d’où il ressortit entre autres l’aventure d’un officier de marine menaçant de bombardement le casino de Monaco (cf. X).

Toutefois l’événement le plus marquant, de loin, dans ce domaine reste le naufrage du Titanic survenu en avril 1912, mais exploité seulement en septembre 1913 pour La Fin de Fantômas !

Nombreux seraient à relever les faits divers ayant, sous une forme ou sous une autre, pris place dans le roman. Je n’ai malheureusement pour lors que trop peu d’informations à ce sujet.

L’événement politique : Mais l’auteur utilise aussi l’actualité politique. Des personnages très concrets côtoient Fantômas, comme la reine Wihelmine, Guillaume II ou Nicolas II (cf. HISTOIRE).

Un fait, comme exemple, est assez savoureux. Au XXV, intervient le président de la République, nouvellement élu, qui s’appelle Pans. Au XXIX, le même président réapparaît mais avec le nom de Loincaré. En réalité, le XXV est paru le 20 février 1913, et les élections donnèrent leurs résultats le 18. L’auteur dans ces conditions fut obligé d’anticiper, et il misa sur Pams (Pans) qui, hélas pour lui, n’obtint que 296 voix contre 383 à Poincaré (Loincaré) !

Là encore maints autres détails seraient à retenir.

Le fait social : Enfin l’auteur, quoi que ses préoccupations soient souvent ailleurs, ne peut ignorer qu’il vit une époque de fortes luttes sociales. Les syndicats existent, la presse syndicale apparaît, les conflits se multiplient. Et Fantômas en est témoin.

Le plus marquant est situé au XXI. L’année 1912 a été entre autres marquée, en France et dans d’autres pays voisins, par une importante grève internationale dans les ports. Aussi cette grève isole-t-elle Fantômas et les apaches en Angleterre, et empêche-t-elle Hélène de quitter, comme prévu, la Belgique pour l’Afrique !

Preuve que l’actualité est largement retenue dans le roman.

Le reste : Enfin, d’autres régions de l’actualité peuvent plus modestement intervenir. Le succès d’un air de musique (cf. Passionnément au XXIII). Voire le temps qu’il fait ! Mais là le repérage devient très difficile.

AFFAIRES

Secteur socio-économique qui intervient moyennement dans le roman.

Quatre postes

Les affaires, qui occupent 2,8 % de l’ensemble pour les personnages et 1,5 % de l’ensemble pour les lieux, comptent quatre postes essentiels :

La banque : Qui joue de loin le premier rôle par ses personnages, mais surtout par ses lieux.

Elle compte comme figures notoires : au III, les associés Barbey et Nanteuil, dont le second n’est autre que Fantômas ; et au XIII, Nathaniel Marquet-Monnier.

Objet de la part de Fantômas d’attaques directes, comme au XVIII, ou indirectes, comme au XXX, la banque est essentiellement représentée par le Comptoir National aux XVIII et XX. la Banque Helvétique au XXX, et deux établissements officiels : la Banque de France et l’Hôtel de la Monnaie, respectivement aux XVIII et XXVIII.

Les assurances : Plus modestes, les assurances ne comptent qu’un lieu notoire mais discret, l’Epargne au XIX, et deux personnages importants, H. Martel au XIV et M. de Keyrolles au XIX.

La finance : Qui est surtout représentée par ses personnages. Car elle compte dans ses rangs, outre Minas alias Fantômas au XXV, l’Américain Backefelder (cf. AMÉRIQUE), personnage revenant n°4. Intervient aussi Pedro Coralés, au XXV.

La Bourse est le seul lieu notoire (et modeste) !

Le notariat : Une seule famille donne son importance au notariat, les Gauvin. Le père dont l’étude est à Vernon (cf. XX), et le fils Théodore qui s’installe à Grenoble (cf. XXVII).

Rôle

Même si tous ces personnages ne sont pas uniquement victimes de l’appétit de Fantômas — ou autre (cf. Backefelder qui se fait complice du bandit, ou Théodore Gauvin qui commet des délits pour son propre compte), — les affaires sont bien la cible privilégiée pour le crime, comme en témoigne la faiblesse de ses actes (dominants) spécifiques (cf. ACTE).

AFRIQUE

Continent qui intervient très modestement dans le roman.

Apport

L’Afrique intervient surtout par le cadre qu’elle propose pour un des épisodes du roman. Mais l’on peut considérer aussi qu’elle donne à celui-ci deux de ses personnages fondamentaux : Fantômas et Hélène.

Lieu

Le pays d’Afrique concerné par le roman est le Natal (14,4 % de l’espace géographique étranger, cf. LIEU).

Le Natal : Pays découvert par Vasco de Gama un jour de Noël, qui devint une des quatre provinces de l’Afrique du Sud par la Constitution commune signée en septembre 1909. Une de ses principales villes, le port de Durban, sert de cadre au VIII, avec le veld.

La société : A cette occasion, l’auteur nous montre une société de type colonialiste, possédant par exemple un cercle pour la haute société masculine et blanche, et aimant à l’occasion « casser » du Noir (cf. RACE).

Personnage

Lors de l’épisode, le « noyau » est entouré d’autochtones. Mais tous n’ont pas des origines précises.

Fantômas/Hélène : Si Fantômas conserve durant tout le roman l’étiquette d’ancien Boer trahissant sa cause, Hélène finit par être considérée comme d’origine indienne (cf. HÉLÈNE).

D’autres : Si Elders semble être indigène, Ribonard et Gérard qui réapparaîtront en Europe, semblent plutôt des cosmopolites.

Juve : Enfin, il ne faut pas oublier que si Juve est le frère jumeau de Fantômas, il a de grandes chances d’être lui aussi africain (cf. JUVE).

ÂGE

Facteur secondaire concernant les personnages.

Etendue

Il est plus que difficile, dans la très grande majorité des cas, de situer précisément l’âge des personnages. D’autant que, pour ceux qui « font carrière » dans le roman, l’élément est très fluctuant.

Mais l’on peut dire que si la plupart des personnages sont d’âge adulte en pleine activité, les extrêmes ne sont pas absentes. Quelques bébés, enfants ou adolescents jouent des rôles non négligeables (cf. ENFANT). De même que quelques vieillards, comme Bedjapour. Sans oublier que Bouzille et la Toulouche, par exemple, ont la cinquantaine.

Bref, tous les âges sont représentés sans qu’une particularité hors du commun soit à signaler.

Capacités

Par ailleurs l’âge est rarement un obstacle aux capacités du personnage. Débrouillard, physiquement capable, futé, Zizi (quinze ans) l’est autant que Bouzille (cinquante ans). L’amour enflamme le jeune Gauvin ou le jeune Rambert, mais Bouzille et la Toulouche n’y ont pas renoncé. Etc.

ALLAIN

Marcel Allain (1885-1969) est le demi-auteur de Fantômas.

L’homme

Pascal, Marie, Edmond, Marcel Allain naît le 15 septembre 1885 à Paris. Son père, avocat, cumule les doctorats de droit et de médecine.

Allain est dès son enfance — comme Jules Verne — passionné par la mer. Ce qui n’est pas étranger au roman (cf. BATEAU).

Il fait des études secondaires, puis de droit. Mais on ne trouve pas trace de son inscription au barreau.

Puis il se lance dans le journalisme, mais sans grand succès. La chance de sa vie va être sa présentation à Pierre Souvestre qui cherche un secrétaire (cf. SOUVESTRE), et qui finira par faire de lui son réel collaborateur (cf. AUTEUR).

Marcel Allain meurt le 25 août 1969, après avoir fait, à la demande des éditeurs ou des journaux, réapparaître Fantômas et autres dans une série de fascicules puis plusieurs feuilletons. Mais il s’agit là d’une toute autre entreprise littéraire que celle qui nous intéresse.

Pour plus de détails — y compris sur l’œuvre postérieure de Marcel Allain — lire la préface de Francis Lacassin déjà citée (cf. FANTÔMAS Roman).

ALLEMAGNE

Pays qui intervient assez fréquemment dans le roman.

Deux Allemagnes

L’Allemagne nouvelle qui sort victorieuse de la guerre de 1870 est politiquement une confédération de vingt-cinq états, tous monarchiques, sauf les trois républiques hanséatiques.

La Hesse-Weimar : L’auteur choisit comme décor pour quatre épisodes du roman, un Etat imaginaire mais proche de la réalité, la Hesse-Weimar, que gouverne le roi Frédérick-Christian II — dont Juve ne tarde pas à devenir un intime. Ce roi sera le prisonnier de Fantômas au V.

Etat de dimensions modestes, sa capitale est Glotzbourg, arrosé par la Weisa qui se jette bientôt dans le Rhin. Le lieu privilégié par le roman en est le palais royal, petite imitation habile de Versailles.

Le reste du pays : Dans l’épisode où intervient le train Barzum, le XXI, une autre Allemagne sert de décor. Le train s’arrête entre autres aux environs de Cologne, ville qui n’est pas particulièrement décrite.

Personnages

L’Allemagne occupe 9,8% de l’espace géographique étranger dans le roman (cf. LIEU). Mais elle fournit aussi des personnages, tous hesse-weimariens.

Indigènes : Ainsi apparaît le roi Frédérick-Christian II, personnage revenant n°6. De même que le comique Wulfenmimenglaschk (cf. HUMOUR) et le couple Heberlauf (cf. HÔTELLERIE). Sans oublier que Vladimir, fils de Fantômas, semble d’origine allemande et être cousin du roi.

Fantômas/Lady Beltham : Par ailleurs Fantômas usurpe une identité hesse-weimarienne pour tenter de devenir ambassadeur, au IV. Il aura comme prétendue fille Thérèse Auvernois.

Et Lady Beltham usurpe, aux V/VI, l’identité de la grande-duchesse Alexandra, figure importante de la cour de Glotzbourg.

Regard

Contrairement aux œuvres qu’il écrira ensuite, l’auteur n’accable pas l’Allemagne d’un regard trop fanatique. A l’exception toutefois de l’apparition brève mais ridicule de Guillaume II au XXVI (cf. HISTOIRE).

AMÉRIQUE

Continent qui intervient très modestement dans le roman.

Etats-Unis et Mexique

Le continent américain n’avait pas encore, au début du siècle, l’importance et la notoriété qu’il a acquises depuis. Et cela se reflète dans le roman qui ne s’intéresse qu’à quelques figures venues des USA et à un décor westernien situé au Mexique.

Western

L’Amérique est avant tout le cadre d’un épisode.

Décor : Comme le rappelle Maurice Dubourg dans la revue Europe — op. cit. p. 90, cf. CRITIQUE — l’épisode XXIX, dont une bonne part se déroule dans la pampa mexicaine, a subi l’évidence influence des débuts du western au cinématographe. Lasso, revolver, pendaison, saloon : le décor ne laisse aucune ambiguïté (cf. l’épisode).

Il n’en reste pas moins que ce pays est quantitativement presque le plus modeste de tous les étrangers (6,3% de l’espace géographique, supérieur seulement à l’Espagne (cf. LIEU).

Pour le détail, il faut rappeler que ce Mexique devait initialement, dans l’esprit de l’auteur, se trouver au Chili, mais qu’un contre-ordre d’une nature pour l’instant non repérable à mes yeux a causé la modification (cf. AUTEUR, INCOHÉRENCE).

Personnages : Les acteurs locaux appartenant à ce décor n’ont rien de trop original. Le riche propriétaire Luis de Zumarraga, gardien du trésor de Fantômas, trompe sa femme et tue son fils, le preux officier de marine. Les autres sont les canailles et les nobles cow-boys qui s’opposent dans une belle fusillade finale (cf. PERSONNAGE).

Etats-Unis

Contrairement à d’autres œuvres de l’époque — entre autres celles de Gustave Le Rouge, — Fantômas ne prend jamais comme décor la grande nation du capitalisme que sont les Etas-Unis d’Amérique. Mais il accapare quelques citoyens américains.

Backefelder :Le plus important, et le plus intéressant, est sans doute le financier Backefelder, présenté sous l’identité de : « M.H.W.K. Backefelder, citoyen américain, célibataire, 49 ans, habitant Philadelphie, 74e avenue, associé à la Banque Nationale des Etats-Unis » (XIII/152). Pour être témoin des exploits de Fantômas, il se fera appeler l’Amateur auXVI, mais aura une fin dramatique auXVII.

Les autres : Ensuite, on ne peut négliger Barzum (Barnum), directeur de cirque, puisqu’il s’agit de toute évidence du grand personnage américain on ne peut plus authentique dont le nom reste aujourd’hui encore célèbre.

Maxon, propriétaire de chevaux, joue encore un rôle assez important, au XXIV. Alors que Sarah Gordon reste au second plan aux XVIII/XIX, de même que le boxeur Dixon au II.

Nobles : Amusant est la confusion que fait l’auteur entre la Grande-Bretagne et les USA. Déjà Tom Bob, le détective américain se retrouve directeur de Scotland Yard (cf. ANGLETERRE), mais, lors de son arrivée en France à bord de la Lorraine, l’auteur signale à ses côtés « Lady Marlston, une jeune et charmante américaine » et « Sir Carnevie, l’un des milliardaires américains les plus connus » (VI/115). Bref, l’aristocratie du Nouveau Monde !

Le Sud

L’Amérique du Sud est juste citée en référence. Hormis l’annonce à propos du Chili, il est parlé de plantations de caoutchouc en Colombie, appartenant à Etienne Rambert (cf. I), et apparaît au XXV, Pedro Coralés, financier péruvien. Sans oublier les victimes argentines de Fantômas, dans le train pour l’Angleterre au XXI.

AMOUR

Moteur fort important dans l’action du roman.

Plusieurs natures

Je ne proposerai pas l’amour au sens le plus restreint de sentiment basé sur une attirance sexuelle, mais au sens le plus vaste d’affection d’un personnage pour un autre, quelle qu’en soit la nature.

Amour

Le sentiment amoureux au sens étroit donne naissance à beaucoup d’actions sentimentales que je ne rappellerai pas ici (cf. CONSTRUCTION et les différents épisodes). Mais il peut n’apparaître aussi que sous forme de notation, c’est-à-dire de thème ne donnant pas directement naissance à une action, mais intervenant de façon secondaire. Il en va ainsi pour l’amour entre Fandor et Hélène toujours sous-jacent, même quand il ne se développe pas. Mais aussi pour nombre d’autres amours. Exemple : Beaumôme tue French par amour pour Nini, au VII.

Les couples : Certains couples notoires apparaissent. Des plus fondamentaux, comme Lady Beltham-Fantômas, ou Fandor-Hélène, aux plus modestes, comme Didier Granjeard-Blanche Perrier au XV, ou Rose Coutureau-Beaumôme au XVIII. En passant par une foule d’autres : lieutenant de Loubersac-Thérèse Auvernois au IV, Ascott-Nini Guinon aux VI/VII, Winifred-lieutenant Drag au VII, La Recuerda-Backefelder au XVII, Sarah Gordon-Dick Valgrand aux XVIII/XIX, Jacques Faramont-Brigitte et Mario Isolino-Nadine au XIX, Vladimir-Firmaine aux XXII/XXIII, général Karkine-Natacha au XXX, grande-duchesse Iekaterina-Fantômas au XXXI, etc.

Sans compter les liaisons dans le monde apache. Rarement de longue durée, sauf dans le cas du fameux ménage à trois, Œil de Bœuf-Bec de Gaz-Adèle. Parfois coupées par la mort, comme pour Bec de Gaz-la Panthère, ou Fleur de Rogue, porteuse de poisse, et ses amants, Jean-Marie, Rinonard, le Bedeau (cf. APACHES)

Sans compter les liaisons régulières de certains hauts personnages avec des demi-mondaines. Dont Susy d’Orsel pour Frédérick-Christian II au V, Chonchon pour Maxime de Tergall et Chambérieux au XII, et pour Célestin Labourette au XIII, Rita d’Anrémont pour Sébastien Marquet-Monnier au XIII, Irma de Steinkerque pour Hervé Martel au XIV, Paulette de Valmondois pour Léon Drapier au XXVIII, etc.

Sans compter les liaisons passagères. Comme celles de M. Heberlauf et Conchita Conchas, et de Max de Vernis et Georgette Simonot, respectivement aux X et XXIV, etc.

Sans compter les amours non partagées. Tel celui de Théodore Gauvin pour Alice Ricard au XX, de Vladimir pour Hélène au XXI, etc. Sans compter les amours mal partagées et criminelles. Comme celui de Paul Drop pour Delphine Fargeaux au XXV, ou celui de Lœutch pour Natacha au XXX (cf. MÉDECINE), etc.

Par ailleurs, un ancien couple peut ressurgir sur un couple actuel. Un ancien amant jeter le trouble dans un ménage, tel François Bernard au XIII, ou Sébastien Perron au XXV.

Amour familial

Jouent aussi un rôle non négligeable pour donner naissance à des actions ou des notations, les sentiments filiaux ou paternels et maternels. Le registre familial, dominé bien sûr par la liaison de Fantômas et ses enfants, Hélène puis Vladimir, repose aussi sur deux familles notoires.

Les familles : Deux familles apparaissent au I qui vont jouer un rôle très important dans le roman. Les Rambert dont Fandor est le fils, sont d’abord accablés par Fantômas, puis réapparaissent, dès le XXVI, pour succomber définitivement sous ses coups, au XXVI et au XXX. Les Valgrand, eux, voient d’entrée le père mourir à cause du bandit. Au II, la mère tente vainement de le venger, et c’est aux XVIII/XIX le fils qui, sans réussir, porte des coups extrêmement sévères à Fantômas.

Seules autres familles à apparaître quelque peu comme telles, mais en bloc, les Granjeard au XV, les Zumarraga au XXIX.

Parfois, le sentiment de famille influe sur un personnage, sur Nathaniel Marquet-Monnier, au XIII, ou sur Don Eugenio au XVII, par exemple.

La fraternité : Curieusement les cas de fraternité sont assez rares. Si l’on écarte une possible (ou réelle) fraternité entre Fantômas et Juve, le seul exemple notoire est celui de Bobinette et de son frère Geoffroy la Barrique. Les autres cas sont beaucoup plus secondaires : Elisabeth et Jacques Dollon (cf. I et III). Paulette de Valmondois et Firmain (cf. XXVIII), etc. De plus, une bonne part repose sur un conflit, comme dans le cas de Martial Altarès et Delphine Fargeaux au XVI, ou de Firmaine et Margot Benoît au XXII.

Amitié

En deça — ou au-delà — de l’amour, se présente l’amitié. Dans ce roman évidemment phallocratique (cf. IDÉOLOGIE), les femmes s’opposent plus souvent qu’elles ne s’aiment (cf. par exemple Lady Beltham et Hélène), alors que c’est l’inverse qui se produit chez les hommes. Le croisement — amitié homme-femme — étant quasi-inexistant.

Les tandems : Dès lors se signalent plusieurs tandems fameux, couples d’hommes toujours ou presque côte à côte dans le combat. Ainsi, avant tout et surtout, Juve et Fandor. Qui néanmoins peuvent facilement être considérés dans une relation père-fils.

Il y a aussi Bec de Gaz et Œil de Bœuf, les inspecteurs de police Michel et Léon, Nalorgne et Pérouzin, Geoffroy la Barrique et Benoît le Farinier, Fumier et Dégueulasse (cf. PERSONNAGE).

Ils connaissent peu l’action solitaire, encore moins la zizanie. Confer cependant ce qui se passe entre Juve et Fandor au X !

Moteur

Cet amour au sens large donne surtout accès à des entreprises criminelles motivées par la jalousie, la vengeance. Moteur nodal de l’épisode, la jalousie au VII, la vengeance aux XVII, XIX, etc. Ou encore à des quêtes, jamais totalement étrangères au criminel, d’un personnage par un autre. Telle la quête d’Hélène par Fantômas ou par Fandor, etc.

Les actes : Dans le détail, l’amour au sens strict donne plus naissance à du parlé qu’à de l’agir. Les déclarations sont nombreuses, les actes limités. Le plus osé étant le baiser qui est parfois jugé scandaleux (cf. celui de Fandor à Elisabeth Dollon au III). A une seule exception près, l’érotisme est absent du roman, cf. ÉROTISME.

Cela dit quelques passages sont — surtout pour l’époque — assez piquants. Ils se situent avant tout dans le monde des apaches (cf. SEXUALITÉ).

Pour l’amour familial, le négatif l’emporte de loin sur le positif. Si le meurtre joue un grand rôle, l’acte d’amour filial ou paternel est quasi-absent. Une exception truquée : le baiser de Fandor à Etienne Rambert alias Fantômas, au XXVII. On ne voit jamais Hélène dans les bras de son père (cf. RAPPORTS).

Enfin, dans le cadre de l’amitié, et à l’exclusion des rapports Juve-Fandor qui relèvent presque du registre familial, rares sont les manifestations positives d’une amitié qui tient plus de la simple co-présence, au mieux de la complicité !

LES AMOURS D’UN PRINCE

Vingt-deuxième épisode du roman, publié en novembre 1912, et réédité sous le titre de Fantômas s’amuse en janvier 1934.

Présentation

Définition : Le criminel tient encore la plus petite place dans cet épisode essentiellement consacré au sentimental et à un personnage important mais encore nouveau, Vladimir.

L’univers des lettres sert de toile de fond. Et l’on y voit très curieusement évoluer un Fandor — sans Hélène qui est absente de l’épisode, sauf du rejet — auteur d’une réelle escroquerie ayant pour but de vendre sa propre production sous le nom d’un autre.

Fantômas n’apparaît qu’en retrait et de nouveau comme allié de celui qu’il nomme finalement son fils, sans que plus de précision ne soit donné.

A noter l’absence ici marquée, puisque l’action s’achève sur un aérodrome, de l’avion au profit du ballon !

Enfin l’épisode débute par un rejet absolument étranger au reste de l’épisode.

Opinion : Par un côté, cet épisode est aussi important que le VIII puisqu’à la fille de Fantômas succède un fils ! La dernière donnée fondamentale de ce qui définit, pour moi, la seconde partie du roman est présentée (cf. CASSURE).

Je dois avouer que je n’avais jamais entendu parler de Vladimir avant de lire le roman. Car, curieusement, c’est celui que l’on a totalement oublié. Et, on le voit ici, on le verra encore, c’est fort dommage (cf. VLADIMIR, AUTEUR).

Un épisode que je trouve assez prenant, avec une intrigue claire et bien menée, mais curieux tout de même, quand on y voit Fandor (petit) délinquant et Fantômas second rôle !

Résumé

En Allemagne, Juve et Fandor veulent découvrir le mystère du tunnel dans lequel le train a disparu (cf. XXI). Ils découvrent une voie de garage sur laquelle se trouve effectivement le train. Fantômas n’est pas loin, avec Hélène qui doit renoncer à tout jamais au mariage si elle ne veut pas voir le journaliste abattu ! Mais la jeune femme menace de se tuer si Juve et Fandor ne sortent pas vivants.

Au retour d’une promenade dominicale en banlieue, l’ouvrière Firmaine accepte de passer la nuit avec Maurice. Au matin, elle file à l’atelier. Mais, en fait, elle se rend place Clichy pour retrouver le vicomte Raymond de Pleurmatin. Ils déjeunent ensemble ; elle avoue sa liaison avec Maurice. Celui-ci, de son côté, rencontre Bouzille qui exerce le métier de noyé ! Puis rentre chez lui.

Quand Firmaine revient, elle trouve la porte close et voit à l’intérieur le corps de Maurice en deux morceaux ! La police arrive, mais le corps a disparu et ne reste que le sang et le désordre. Et Bouzille qui a entendu quelque chose tomber à l’eau.

Après deux mois, Juve ne retrouve pas Fandor à Paris. Pendant ce temps, Mme Alicet, qui dirige une revue littéraire et publie le jeune poète Oliver, reçoit la vicomtesse de Pleurmatin et lui conseille pour une soirée de prendre comme régisseur l’acteur Miquet !