L'Enfant Roy - Chantal Boiron - E-Book

L'Enfant Roy E-Book

Chantal Boiron

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Beschreibung

Un royaume paisible et harmonieux est menacé par l'armée de Gontran le varan !

Au royaume de Talange vivent toutes sortes d’êtres fabuleux. Tous se comprennent et coulent une existence paisible. Mais un jour, cette belle entente est menacée : Gontran le varan a levé une armée et il a décidé de prendre le pouvoir en anéantissant tout sur son passage. La famille royale est en danger. Il faudra tout le courage des agents du roi et la malice de son fils Robin pour tenter d’arrêter l’envahisseur.
Action, imaginaire et humour sont les ingrédients de ce roman, à lire dès 8 ans.
Lectorat 8/11 ans

Les lecteurs seront ravis par l'action, l'humour et l'imaginaire de ce roman jeunesse !

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Seitenzahl: 112

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Chantal Boiron

L’enfant Roy

Roman Jeunesse

Illustré par Clément Charensol

ISBN : 979-10-388-0047-2

Collection Saute-Mouton

ISSN : 2610-4024

Dépôt légal : novembre 2020

©couverture Ex Aequo

©illustrations Clément Charensol

©2020 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Toute modification interdite

Chapitre 1 — INQUIÉTUDE AU ROYAUME

Il y a très longtemps, au temps où tous les êtres fantastiques et magiques peuplaient le monde et parlaient le même langage, le royaume de Talange, habituellement paisible, devait rencontrer de grosses difficultés.

L’histoire commence au château de Bolivier, d’où le roi Gédéon 1er règne sur son pays avec bienveillance et générosité envers ses sujets.

Gédéon et Ernestine, sa femme, sont des monarques bons, honnêtes, courageux. De ces souverains magnifiques tant en beauté physique qu’en beauté d’âme, est né Robin, Robin l’enfant Roy, garçon robuste, joufflu et blond comme les blés.

La famille vit dans ce magnifique château, grande bâtisse de marbre blanc au centre d’un immense parc boisé.

Pour accéder au château, un monumental escalier monte vers les grandes portes vitrées donnant sur un hall gigantesque. Un autre, en colimaçon, permet l’accès au premier étage où se trouve l’appartement royal, le rez-de-chaussée étant réservé aux domestiques et aux soldats.

Sur le palier du premier étage trône un chiffonnier géant aux multiples tiroirs et aux pieds de lion. Ce meuble n’est pas ordinaire : entre le pied droit de devant et le premier tiroir se trouve un tout petit espace, si petit qu’on ne le voit pas. Il faut avoir des yeux de chat, d’insecte ou de fée pour le voir : c’est le tiroir secret du chiffonnier !

Robin, l’enfant Roy, grandit tranquillement entre l’amour de sa mère, de son père et les soins de Capucine, sa gouvernante. Tout le monde le dorlote et le chouchoute.

Mais cela est trop parfait. Depuis quelques jours, des rumeurs viennent du nord et inquiètent le roi. Gontran refait des siennes !

Gontran est un varan qui a été élevé avec l’enfant Roy. C’était un gosse turbulent qui grandissait plus vite que Robin. Gontran le Varan était jaloux, vil et méchant. Robin lui montrait les bienfaits de l’amitié et de l’amour. Il lui disait que la jalousie ou la vengeance ne lui amèneraient que des ennuis. Mais le varan restait sourd aux conseils de l’enfant Roy et cherchait continuellement à se débarrasser de lui.

Heureusement, Robin était doté de pouvoirs qui lui permettaient de pallier tous les vices et pièges que lui tendait Gontran dans la nurserie.

Gontran a quitté le cocon familial depuis quelque temps déjà. Il semblerait qu’il manigance une vengeance. D’après les rumeurs, il voudrait envahir le royaume et prendre le pouvoir : il marcherait avec son armée de vauriens sur Talange. Par précaution, le roi a confié son fils exclusivement à Capucine. Il faut dire que, sous ses airs de gouvernante un peu gauche, se cache une fée très efficace aux multiples dons et pouvoirs magiques.

Capucine est chargée de poursuivre l’éducation de Robin, de le préparer à devenir un roi bon, honnête, fort, courageux comme son père et sensible, doux, malicieux comme sa mère.

Le danger semble encore lointain, mais le roi ne veut pas prendre de risques. Il veut protéger son fils, ainsi que l’avenir du royaume.

Les espions du roi viennent régulièrement pour l’informer de l’avancée de Gontran le Varan.

Mais, depuis ce matin, les nouvelles ne sont pas très bonnes : Gontran avance rapidement avec son armée. Il ne laisse derrière lui qu’une terre dévastée et inhabitée.

Le roi n’a plus que sa garde personnelle pour défendre le royaume, car son armée a été décimée. L’ennemi est à sa porte, ce n’est qu’une question d’heures pour qu’il atteigne le château.

Le souverain réunit tous ses sujets.

— Chers amis, notre liberté et notre vie sont menacées par Gontran le Varan. Certains d’entre vous le connaissent, car il a grandi ici, mais la jalousie, la vilenie ont eu raison de la bonne éducation que nous avons voulu lui inculquer. Il est devenu un être rongé par la vengeance et la cupidité. De ce fait, il est notre ennemi qui tue, pille, saccage nos villages.

Il veut prendre le pouvoir, instaurer la terreur, la trahison, le mensonge, les vols. Il veut surtout nous enlever ce que nous avons de plus cher : notre liberté... la liberté d’expression, de penser, d’aller où nous voulons, de voir qui nous voulons, de nous unir avec qui nous voulons.

Je ne vous demande pas de vous battre à mes côtés ni de vous sacrifier pour moi, mais de garder votre liberté !

Vous seuls pouvez décider de vous battre ou essayer de lui échapper. Je ne vous oblige en rien. Il ne vous sera fait aucun reproche. Nous vous protégerons tant que nous pourrons, mais une fois que vous serezhors de notre territoirenous ne pourrons plus assumer votre sécurité !

Ceux qui veulent partir, préparez vos affaires : nous vous guiderons jusqu’à la frontière. Pour les autres, nous allons établir un plan de défense.

À ce moment-là, un cerf aux bois biscornus s’avance et demande la parole.

— Sire ! Nous avons discuté tous ensemble. Nous ne voulons pas perdre ce que nous avons. La paix et la tranquillité règnent dans ce royaume. Nous serions bien ingrats de vous laisser tout seul face à l’ennemi. Alors nous allons nous battre avec vous, pour vous, pour le royaume, pour votre fils et pour nous ! 

— Tu es un sage, grand cerf, et je te remercie de ta confiance. J’accepte ton aide, votre aide à tous ! Nous allons donc nous préparer. La première chose est de faire sortir l’enfant Roy du château.

Un tigre s’avance qui demande la parole :

— Je mets ma vie à votre service, Seigneur. Je propose que nous fabriquions des petits garçons de feuilles dans des langes pour servir de leurres puis nous formerons des groupes qui les emmèneront aux quatre coins du royaume. Ainsi nous aurons le temps de cacher l’enfant Roy.

— Ton idée est excellente, tigre, je l’approuve. Je te charge d’organiser cette stratégie.

— Merci, sire, vous me faites un grand honneur en me confiant cette mission.

Le tigre s’organise, envoie chercher des vêtements, des feuilles. Les faux enfants seront bientôt prêts, leur ressemblance avec des vrais est époustouflante.

Il met en place des groupes pour partir sur les chemins. Pendant ce temps, le roi organise la défense du château.

— Nous allons attendre l’ennemi dans la salle du bas : je pense qu’ils vont attaquer pendant la nuit.

Le roi et la reine donnent un dernier baiser à Robin et le confient à Capucine.

Robin s’agrippe à ses parents.

— Je vous aime, mais je dois affronter Gontran, laissez-moi m’occuper de lui !

— Je ne peux pas te laisser faire, Robin, tu es encore trop jeune, répond son père.

— Mais j’ai réussi à le garder à distance depuis que je suis né, je sais que je peux y arriver sans mettre tous les habitants du royaume en danger.

— Tu as grandi moins vite que lui, il est adulte maintenant, il pèse une centaine de kilos et mesure près de deux mètres, tu ne fais pas le poids.

— Mais j’ai des pouvoirs !

— Des pouvoirs que tu ne maîtrises pas vraiment. Capucine va poursuivre ton éducation et quand tu seras grand et enfin prêt, tu pourras intervenir. Pour l’instant, tu dois partir et apprendre !

— Bon d’accord ! Mais je reviendrai pour sauver le royaume, je te le promets !

Robin enlace ses parents avec amour et les embrasse tendrement.

— Capucine, vous savez ce que vous devez faire ? 

— Ne vous inquiétez pas, Sire, je protégerai votre fils comme si c’était le mien ! 

— Allez dans le passage secret. N’en sortez sous aucun prétexte, Pô vous servira de guide. C’est lui qui reviendra voir ce qu’il en est. Ne faites confiance à personne d’autre que lui. Il est immunisé contre toutes sortes de magies : c’est un agent sucré qui a autant de pouvoirs que vous.

— Bien, Sire. Est-ce que je peux vous poser une question, Sire ? 

— Allez-y, Capucine.

— Que dois-je faire si vous êtes… heu…. Si vous êtes...

Capucine hésite à poser la question qui lui brûle les lèvres depuis un moment.

— Si nous sommes tués ? poursuit le roi.

— Oui sire.

— Si nous devons perdre la vie dans cette histoire, vous devrez élever notre enfant dans l’amour, l’honnêteté, le courage, la loyauté, la simplicité. Vous devrez lui inculquer vos pouvoirs, lui apprendre à maîtriser les siens, le préparer à devenir roi. Vous aurez l’aide de Pô.

Le roi embrasse l’enfant. Sa mère le prend dans ses bras, lui passe un médaillon autour du cou sur lequel est gravé un arbre dans un soulier d’argent sur un soleil lumineux. À peine le médaillon est-il autour du cou de l’enfant que les gravures s’effacent pour laisser place au visage d’un bébé joufflu.

— Ce médaillon te protégera, mon amour, ainsi que Capucine et Pô. Capucine te montrera les pouvoirs de ce médaillon, surtout ne le perds pas ! C’est ta sécurité, dit-elle à son enfant.

Elle l’embrasse tendrement puis se détourne en essuyant une larme.

Dans un coin, Pô observe la scène, accoudé à un tonneau. Ce chat gris tigré, aux yeux verts, au regard perçant, vêtu d’un short bleu, n’en rate pas une miette. Il se redresse et s’avance vers eux. Il salue le roi de la patte droite sur le cœur :

— Sire, je vous promets de protéger votre fils, d’en faire un roi digne de ce nom, quitte à sacrifier ma vie pour sauver la sienne.

— Tu es mon meilleur ami, Pô, je te fais entièrement confiance. Je sais que mon fils est en de bonnes mains avec Capucine et toi.

Capucine reprend l’enfant dans ses bras et se dirige vers le chiffonnier, suivie de près par Pô. Arrivé devant le meuble, Pô appuie sur le petit tiroir secret qui s’ouvre dans une minuscule ouverture. Pô saisit la main de Capucine qui serre un peu plus fortement l’enfant sur son cœur. Aussitôt, ils deviennent aussi petits qu’un moustique puis ils disparaissent tous les trois dans le chiffonnier. Après une descente vertigineuse qui déclenche les rires et les hourras de Robin, notre trio atterrit entre les racines d’un drôle d’arbre dans une clairière inondée de soleil.

— Bonjour, leur dit l’arbre.

— Bonjour, répondent-ils.

— Je suis l’arbre au soulier d’argent et vous êtes dans mon jardin : soyez les bienvenus. Si vous venez par le passage secret, c’est que le roi Gédéon a des soucis.

— En effet, lui répond Pô, le royaume est envahi par Gontran le Varan. On doit protéger l’enfant Roy.

— Encore ce malappris qui fait des siennes ! Gédéon sait qu’il peut compter sur moi. Je vais vous cacher. Derrière vous se trouve une maison, vous serez ici chez vous.

L’arbre aide le trio à descendre du soulier grâce à une de ses branches qui leur sert de toboggan. Robin adore ça et veut recommencer.

— Ce n’est pas un jeu, Robin, lui dit Capucine.

Ils s’avancent vers la maison.

À trois pas de l’entrée, la porte tourne sur ses gonds dans un couinement plaintif et s’ouvre en grand.

Voyant la porte s’ouvrir seule, Pô retient Capucine

— Attends-moi là. Fonce vers l’arbre si tu as le moindre doute, on ne sait jamais. Je passe devant !

Capucine s’arrête et laisse le chat pénétrer dans la maison. Il revient quelques instants plus tard.

— Tu peux entrer, tout va bien.

Capucine et Robin entrent dans la maison. L’intérieur est magnifique, tout est parfait pour cuisiner, instruire, amuser.

— Je vais pouvoir te faire de la bonne cuisine pour que tu grandisses bien mon petit Robin, dit-elle à l’enfant qui, lui, est attiré par les jouets.

L’enfant visite toutes les pièces en courant de l’une à l’autre eten poussant des cris de joie.

— T’as vu Capucine comme ma chambre est grande et belle ? On dirait la chambre de papa et maman ! 

— On dit : «Tu as vu Capucine». Tu es un grand maintenant, tu vas devoir vivre comme un grand, parler comme un grand, manger comme un grand et nous allons t’aider pour y arriver.

Robin perd un instant sa gaieté.

— Tu crois que papa et maman vont bien ? J’aimerais bien qu’ils nous rejoignent !

— Je sais, mon chéri, mais, pour l’instant, ils doivent sauver le royaume et te protéger.

— Tu sais, je suis grand, je le connais Gontran : je peux me défendre contre lui, même s’il grandit plus vite que moi !

— Il faut laisser le temps au temps, Robin. Un jour viendra où tu devras te battre pour ton royaume et ton peuple. Mais pour l’instant, tu dois grandir, tu dois apprendre et encore apprendre, pour être un jeune homme fort dont les parents seront fiers.

Une fois la visite terminée, Capucine commence à prendre ses marques. Elle se met à l’ouvrage pour préparer le repas. À ce moment-là, toute une batterie de marmitons et cuisiniers sort d’on ne sait où en hurlant :

— Non ! Non ! Ne touchez à rien, nous sommes là pour vous servir ! Vous, pour élever l’enfant Roy !

— Ce sont les instructions du roi Gédéon : rien ne doit vous éloigner ou vous distraire de votre tâche qui est très importante pour le royaume !

Capucine, bien que surprise, accepte le marché.

Tandis qu’elle commence à s’organiser, Pô décide de retourner au château après lui avoir fait les recommandations d’usages :

— Sois très prudente ! N’ouvre et ne parle à personne.

— Ne t’inquiète pas, je vais être vigilante.

Pô se dirige vers l’arbre par lequel ils sont arrivés.

— Déjà de retour ? lui dit l’arbre au soulier d’argent.

— Je dois retourner au château pour voir comment évolue la situation, et essayer d’empêcher l’accès à la maison.