l'enlèvement d'Alice Fauget - MGH Donnaës - E-Book

l'enlèvement d'Alice Fauget E-Book

MGH Donnaës

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Beschreibung

l'enlèvement d'Alice Fauget, une jeune bergère établie dans le massif de la Clape, des collines calcaires entre Narbonne et la mer, suscita une vague d'émotion dans la population et interrogations pour les enquêteurs. Aucune rançon ne fut demandée. les recherches furent longues ,fastidieuses, et pleines de rebondissements. On s'aperçut alors qu'Alice était la malheureuse victime d'un chantage entre les membres d'une bande déstructurée de la pègre marseillaise. Le cambriolage dune bijouterie à Béziers, les discordes entre les protagonistes du casses, un meurtre dans le massif de la Clape, les règlements de comptes et assassinats sont autant de péripéties dramatiques dans ce polar palpitant. Alice Fauget, enlevée, séquestrée, droguée, sera t'elle retrouvée saine et sauve?

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Avertissement

Le respect de la vérité oblige à reconnaître que ce roman est une pure fiction.

Toute ressemblance avec des événements réels, avec des personnages existants ou ayant existé, qu'il s'agisse des noms, des fonctions,des traits physiques ou de caractère, serait pure coïncidence.

Le lecteur reste le seul maître de son imagination.

Sommaire

Chapitre 1-La rencontre

Chapitre 2-Un casse à Béziers

Chapitre 3-L'enlèvement

Chapitre 4-À chacun son histoire

Chapitre 5-À chacun son enquête

Chapitre 6-Roger se fâche

Chapitre 7-À chacun son destin

Chapitre 8-Les enquêtes avances, Roger s'installe

Chapitre 9-Tout s'explique

Épilogue

Chapitre 1

La rencontre

Nous étions au mois de juillet, le soleil brillait haut dans un grand ciel bleu. Le thermomètre indiquait 30° et les cigales, par leur chant continue manifestaient agréablement leur présence. C’était un dimanche, il devait être un peu plus de seize heures. Alain s’était équipé pour parcourir quelques kilomètres dans la Clape. Il avait pris cette petite route en côte qui rejoint la D-68 qu’il avait abandonnée avant la départementale pour s’aventurer dans des sentiers plus appropriés au VTT. Il avait déjà pris ce sentier caillouteux qui serpente entre roches et pins, pensant qu’il était possible de rejoindre la D.1118 reliant Fleury à saint Pierre la mer, sans aller au bout de sa recherche. En progressant dans la pinède, il traversa quelques arpents de vignes qui semblaient laissées à l’abandon, puis d’autres parfaitement entretenues. Ils sont comme une tâche de lumière dans cette partie boisée. Puis il déboucha sur un terrain plus aride, couvert d’une végétation d’épineux. Le sentier qu’il suivait l’amena dans un vallon au milieu duquel il aperçut trois bâtiments. Des constructions simples, un ensemble de pierres provenant du site, de planches et de tôles pour toute couverture. Il mit pied à terre pour contempler ce havre de paix.

« Une bergerie, se dit-il »

Alain Servin est un jeune homme, grand, brun, sportif, de 28 ans, adepte de la natation et du VTT. Il est lieutenant de police et vient de rejoindre la brigade de Narbonne.

C’est son premier poste, il s’est décidé assez tard à choisir cette voie, après avoir suivi à la fac des études de droit. Ça lui est venu comme ça, peut être par soucis de rendre service à la société en traquant les délinquants, afin de les remettre entre les mains de la justice. Une filière qu’il a volontairement abandonnée, la jugeant trop passive. En sportif, ce qui lui fallait c’était de l’action. Il pensait en trouver dans les enquêtes qui lui seraient confiées.

Alain est natif de Béziers. Très bon élève, il avait pu choisir un poste vaquant proche de chez lui, évitant ainsi l’indispensable passage en région parisienne.

Il avait trouvé à se loger à Armissan, un village situé dans le massif de la Clape, à quelques kilomètres de cité narbonnaise.

Une petite maison, dans une ruelle proche de l’église, qui par cette situation se trouvait placée au centre du bourg. Ce choix avait été fait en fonction de son activité extra-professionnelle, le VTT. Ainsi, lorsqu’il avait du temps libre, il pouvait pratiquer son sport favori en parcourant les différentes pistes tracées dans le massif de la Clape. Son logement n’avait rien de luxueux. Il disposait d’une grande salle à vivre au rez-de-chaussée équipée d’une cuisine à l’américaine et d’une cheminée avec insert. Une table, quatre chaises. Un bahut et un canapé face à la télé complétaient l’ameublement. W-C, salle de bain au même niveau, une chambre et un bureau à l’étage.

Alain avait aménagé depuis trois mois. Il se plaisait dans ce village calme, occupant une sorte de vallée entourée de collines couvertes de pins.

« Une bergerie ! »

Sa pensée fut immédiatement confortée par le bêlement des chèvres et la vue d’un enclos dans le prolongement des bâtiments. Après quelques minutes d’observation, qu’il mit à profit pour se désaltérer, il distingua une silhouette se déplaçant entre les bâtiments. Une silhouette féminine.

Il enfourcha sa bicyclette et entreprit sa descente vers la bergerie.

A une centaine de mètres plus bas, la jeune fille releva la tête. Elle venait d’apercevoir l’homme à vélo empruntant le sentier qui traversait obligatoirement ses installations, pour aboutir sur la D.1118. Route à laquelle était reliée la bergerie par un sentier plus large et plus carrossable pouvant être utilisé par un véhicule automobile.

Alain, en roue libre, les mains sur les freins dans cette descente abrupte, arriva rapidement à hauteur de la jeune fille étonnée.

C’est que rare était les passants dans cet endroit hors des sentiers battus, qu’ils soient à pied ou à vélo. En saison, il y avait bien quelques chasseurs, mais nous étions en plein mois de juillet.

– Bonjour, s’exclama Alain en posant un pied à terre, peut-on rejoindre la route départementale par ce sentier ?

Il indiquait d’une main la piste chaotique, poussiéreuse, recouverte nombreux éclats de calcaire, qui continuait en contrebas.

La jeune fille posa au sol le sceau qu’elle transportait, s’essuya le front d’un revers de main et lui répondit du tac au tac, comme si elle était là pour informer les gens de passage.

– Oui bien sûr !

– C'est loin ?

– Trois cents mètres ou un peu plus, je ne sais pas exactement.

– Vous êtes seule dans ce coin, reprit Alain.

Au haut le corps et à l’hésitation de répondre, il sut de suite qu’il venait de commettre une gaffe. Il essaya de se reprendre.

– Rassurez-vous, ma question est sans arrière pensée. Je suis simplement étonné qu’une jeune fille puisse être seule dans un endroit aussi isolé avec des chèvres pour seule compagnie.

– Je ne vous ai pas dit que j’étais seule…

Elle se retourna et lança :

– Joss, viens là !

A quinze mètres derrière elle, sortant de derrière un tas de bois, un chien accourut à son appel. Un berger allemand, un mâle de belle taille encore jeune et vigoureux.

– Vous voyez, je ne suis pas seule, il est toujours là, c’est mon ange gardien.

– Je vois. Enfin je vous disais cela parce qu’il y a une semaine le corps d’une jeune femme a été découvert à proximité du gouffre de l’œil doux. Morte, étranglée après avoir été violée. C’est à moins d’un kilomètre de chez vous.

– Je sais, les nouvelles arrivent jusqu’ici, ce n’est tout de même pas le bout du monde. Cela fait deux ans que je tiens cette bergerie, je n’ai jamais eu de visite désagréable.

– C’est tellement mieux !

Alain ne trouvant rien d’autre à ajouter conclut par :

– Merci pour le renseignement, bonne fin de journée…

Il continua sa route sur le sentier s’élargissant, reliant la bergerie à la D.1118, sur laquelle il déboucha quelques centaines de mètres plus bas.

*

Alain n’aurait peut-être jamais plus cherché à revoir cette jeune fille, bien que célibataire à 28 ans, elle ne l’ait pas laissé indifférent. Cette silhouette fine, bien que vêtue d’un jean et d’un T-shirt, avait quelque chose de gracieux. Elle était restée présente dans sa tête. Ce qu’il avait le plus marqué ce sont ces longs cheveux noirs, tenus par un ruban sur la nuque, encadrant un visage souriant animé par des yeux d’un bleu pur, comme le ciel méditerranéen.

Mais cette voiture grise qu’il avait remarqué, un ancien modèle de Mégane immatriculé dans les Bouches du Rhône, lui posait un problème, le laissant mal à l’aise. Elle était stationnée sur la piste au seul endroit où il est possible de faire un demi-tour, à une centaine de mètres de la route départementale. Elle était vide et semblait abandonnée.

Durant toute la soirée qui suivit cette rencontre, il ne put s’empêcher de penser à cette jeune femme retrouvée morte une semaine plus tôt, à un endroit pas très éloigné de ce lieu.

Peut-être avait-il tort de s’inquiéter. Il se pouvait très bien que des promeneurs aient laissé leur véhicule en stationnement le temps de faire quelques pas dans la nature. Oui, possible, mais il n’avait rencontré personne sur la piste entre la bergerie et la départementale. De plus, en y réfléchissant, ce véhicule était abîmé sur le coté gauche, la portière arrière était enfoncée. Simple détail se dit-il. Aucun rapprochement à faire avec le fait que cette voiture se trouvait là et la tragique affaire de cette jeune femme assassinée une semaine plutôt.

Une enquête était en cours, confiée à la gendarmerie.

Cependant tout cela lui taraudait l’esprit, il chercha longtemps le sommeil, revenant sans cesse sur le fait que cette bergère, seule dans son exploitation se trouvait en danger. Oui, en danger, celui d’être la prochaine victime de ce violeur, de cet assassin pouvant encore se trouver dans les parages. Il finit par s’endormir, avec pour conclusion qu’il allait se rendre de nouveau sur ces lieux.

Voulait-il s’assurer de la présence ou non de la Mégane au même endroit et dans ce cas chercher à connaître son propriétaire ?

Ou revoir la jolie bergère ?

Toujours est-il que dans sa tête, la dernière vision qu’il eut avant de sombrer dans un profond sommeil, fut celle de son visage illuminé par un sourire innocent et ses magnifiques yeux bleus.

Il ne put malheureusement pas réaliser ce projet.

Une affaire banale, deux individus en étant arrivé à se battre sur la voie publique, l’obligea le jour suivant à rester très tard dans les locaux de la police.

Ce n’est que le surlendemain, en fin d’après midi qu’il enfourcha sa bicyclette pour sortir d’Armissan, direction la Clape. Empruntant le même circuit qu’il avait parcouru deux jours plus tôt, il mit à peine une demi-heure pour gagner le haut de la côte qui surplombe le vallon où est installer la bergerie et ses bâtiments annexes. Le soleil était encore haut dans un ciel sans nuage. Il faisait chaud et la stridulation des cigales faisait vibrer l’air de leur chant d’une intensité parfois plus forte, plus proche ou entrecoupé de courts silences.

Il n’y avait pas un souffle de vent, l’air sentait bon l’odeur des pins surchauffés par les rayons ardents du soleil.

Alain mit pied à terre, souffla et se désaltéra

A une centaine de mètres plus bas, tout semblait calme.

Pour s’assurer de la présence ou non de la Mégane sur la piste à l’endroit où il l’avait vue, il devait passer devant la bergerie. Allait-il apercevoir la bergère ? Secrètement, il l’espérait. Il avait d’ailleurs quelques phrases toutes prêtes en tête pour justifier son passage.

Il amorça la descente, les mains sur les freins.

Sa première rencontre fut celle de Joss, le berger allemand qui vint au devant de lui, manifestant son autorité par un aboiement significatif. La voix de la bergère se fit aussitôt entendre.

– Joss !

Cria t’elle en sortant du bâtiment principal de la bergerie,

– Viens ici !

Le chien se tue immédiatement et se dirigea en trottinant vers sa maîtresse. Elle aperçut le jeune homme qui n’était plus qu’à une vingtaine de mètres devant elle. Elle le reconnut immédiatement.

– Ah ! C’est vous s’exclama t’elle affichant un franc sourire, comme si elle s’attendait à sa visite, avez-vous bien trouvé votre route l’autre jour ?

Alain s’arrêta, posa un pied à terre, sourit à son tour pour lui répondre :

– Oui, bien sûr, la départementale est juste en bas, comme vous l’aviez indiqué.

Enhardi par cet accueil, il enchaîna.

– Vous m’avez reconnu parce que je dois être l’un des rares cyclistes ou promeneurs qui passent devant votre bergerie. Je renouvelle mon étonnement de vous savoir seule dans ce lieu éloigné de tout passage.

Alain remarqua qu’elle portait toujours un Jean et un T-shirt blanc, comme à leur première rencontre.

– Je ne me sens seule, c’est une question d’habitude. Vous voyez, j’ai mon chien, une cinquantaine de chèvres, quelques brebis et toute une basse-cour bruyante. De plus j’ai l’épicier de saint Pierre qui vient chaque matin pour chercher le lait et les œufs. Et puis, je suis très occupée.

– Je comprends, seule sur cette exploitation, vous ne devez pas avoir beaucoup de temps libre. C’est peut-être la voiture de l’épicier que j’ai aperçu sur la piste l’autre jour ?

Un peu plus bas, là où on peut faire un demi-tour pour reprendre la départementale.

Le sourire de la jeune fille se figea, comme si cette remarque la gênait. Un changement qui ne passa pas inaperçu au jeune lieutenant de police.

Cependant, elle reprit :

– Une voiture, peut-être celle de promeneurs !

Sa voix n’était plus la même, visiblement cette remarque faite par Alain l’avait mise mal à l’aise. Elle se ressaisit et ajouta sur un ton maîtrisé.

– Je n’ai pas le temps de m’intéresser aux promeneurs, qui d’ailleurs sont si rares. L’épicier ne vient que le matin, il a une camionnette blanche.

– Vous avez raison, c’était sans doute des promeneurs. Le site est agréable et les touristes qui viennent à saint Pierre ne viennent pas seulement pour la mer. Certains aiment faire quelques balades dans la Clape. Je ne vais pas vous déranger d’avantage, je vous empêche de travailler.

– Vous ne me dérangez pas, je peux bien prendre quelques minutes de répit dans la journée, surtout par cette chaleur. Vous venez d’où ?

– Armissan, ce n’est pas très éloigné, une demi-heure de vélo. Je mets un peu plus pour rentrer par Narbonne plage, il y a une sérieuse côte à passer.

– Vous devez avoir soif, voulez-vous un peu d’eau ?

– J’ai ce qu’il faut !

Alain désigna le bidon fixé au cadre de sa bicyclette.

– Alors je vous souhaite bonne route.

– Merci, bon courage et bonne fin de journée, soyez prudente.

– Je le suis !

Par un coup de pédale, Alain avait déjà relancé sa machine et parcouru une dizaine de mètres. Plus loin sur la piste, la Mégane ne s’y trouvait plus.

Rentré chez lui, il s’en voulut de ne pas avoir continué la conversation avec cette jeune fille qui semblait plutôt enclin à la discussion. Encore plus de ne pas avoir lâché les phrases qu’il avait mûrement réfléchies dans la journée précédente et le matin même.

« Ce n’est que partie remise, se dit-il. »

Mais qu’est ce que j’attends de cette jeune fille que je ne connais même pas ? »

Cette réflexion lui était déjà venue à l’esprit, la réponse était floue, elle trottait dans sa tête en boucle sans en trouver la fin. Il se sentait attiré par cette silhouette fine et élégante même en Jean et T-shirt, ce visage à peine sorti de l’adolescence, ce sourire naturel et ces beaux yeux bleus.

Une attirance qui lui venait du fond de sa poitrine, de son cœur. Un sentiment qu’il avait déjà connu, qui maintenant avait pris possession de son corps, de son esprit. Un sentiment qui allait l’empêcher de dormir, de travailler correctement tant qu’il n’aura pas assouvi le désir de la connaître d’avantage. De lui parler, de la découvrir avec le secret espoir de pouvoir partager cette émotion.

« Je m’emballe, conclut-il, au point que j’ai oublié de faire quelques courses et que je n’ai plus rien à manger dans mon frigo ! ».

Le lendemain, il reprit cette piste qui mène à la bergerie, bien décidé d’aller un peu plus dans la discussion avec cette jeune fille qui devenait son obsession, dont il ne connaissait même pas le nom.

Le hasard allait lui venir en aide.

*

Il faisait aussi chaud que la veille et c’est vers la même heure qu’il descendit la côte menant vers les installations de la bergerie. En approchant, Joss vint à sa rencontre, un peu moins agressif. Sans doute avait-il reconnu ce visiteur qui venait pour la troisième fois à bicyclette par cette piste. Prévenue par les aboiements de son chien, l’occupante des lieux sortit de la partie habitation de la bergerie. Alain fut surpris de la voir en short et chemisier blanc. Il s’attendait à ce qu’elle porta Jean et T-shirt, étant donné qu’il l’avait vu avec ces vêtements aux précédentes rencontres, Comme si cette tenue était une obligation !

Il s’approcha, s’arrêta devant elle, un pied posé au sol. Elle affichait ce même sourire épanoui qu’il lui connaissait.

– Bonjour lança t’elle, vous devenez un habitué de ces lieux. Y aurait-il une bonne raison que je ne connais pas ?

Alain ne s’attendait pas à une telle réflexion. Gêné, il marqua un moment de silence, vite rompu par la jeune fille qui reprit.

– A croire que c’est la journée des visites, les gendarmes viennent de partir, il a seulement un quart d’heure.

Une occasion pour Alain qui saisit l’opportunité de la situation.

– Certainement à propos de l’affaire dont j’ai fait allusion il y deux ou trois jours de cela, cette jeune femme retrouvée morte et violée à proximité du gouffre de l’œil doux.

– Oui, ils enquêtent sur cette affaire. Aux dires de l’officier de gendarmerie, ils ont ratissé tout le secteur et questionné les touristes du camp de camping situé un kilomètre plus bas. Pour ma part, je n’ai rien observé de particulier. Je suis occupée toute la journée avec mon exploitation, si quelqu’un passe sur le chemin qui mène à la route, je peux très bien ne pas m’en apercevoir.

– Votre chien, lui s’en aperçoit et vous prévient.

– En effet, alors s’il n’a pas aboyé, c’est que personne n’est passé sur ce chemin devant chez moi.

– Pourtant, j’y suis passé depuis ce tragique événement. Nous nous sommes vus. Vous n’avez donc pas signalé aux gendarmes mes deux précédentes visites ?

– Non, je n’y ai pas pensé. J’ai cru qu’il voulait savoir si je n’avais pas aperçu un vagabond, un personnage louche, pas un jeune homme à bicyclette n’ayant certainement rien à voir avec cette affaire.

– Vous savez, pour une enquête le moindre détail peut avoir son importance. Il vous sera difficile une prochaine fois, si cet officier de gendarmerie vient à vous questionner de nouveau, de revenir sur votre déclaration.

– Ha ! Vous pensez que c’est grave ?

– Grave, je ne pense pas, mais c’est gênant.

– Cet officier m’a laissé son nom et un numéro de téléphone dans le cas où j’observerais quelque chose d’anormal dans ce secteur. Dois-je le rappeler à ce propos ?

– Non, rappelez-vous en s’il repasse. Il s’agit du Commandant Canéda je suppose ?

– Oui, vous le connaissez ?

– Pas particulièrement, mais je sais que c’est lui qui est chargé de cette enquête. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises.

– Vous fréquentez ces gens là, je veux dire les gendarmes ?

– Cela m’arrive, je suis dans la police.

– Vraiment ! On ne dirait pas à vous voir avec votre accoutrement de coureur cycliste et ce casque sur la tête.

Elle éclata d’un rire franc et sain, qui obligea Alain à sourire, à prendre cette tirade comme une boutade.

Elle reprit rapidement un air sérieux pour annoncer.

– C’est vrai !

Je ne pensai pas que vous puissiez être dans la police.

– Et pourtant, renchérit Alain, je suis Lieutenant de police en poste au commissariat de Narbonne.

Le visage de la jeune fille perdit soudain ses couleurs et les traces de ce rire éclatant qu’elle affichait quelques secondes plus tôt, il était devenu pâle. Elle semblait maîtriser une émotion.

Alain s’en aperçut, s’en étonna. Le fait qu’il soit policier ne devrait pas mettre son interlocutrice dans ce visible embarra.

– Rassurez-vous, je ne suis pas en service, encore moins pour vous faire une quelconque remarque désobligeante pouvant vous offenser. Je suis là le plus simplement du monde en ami si vous voulez…

La jeune fille le fixa intensivement, un regard plein d’interrogation.

– Enfin, ce n’est pas par hasard que je passe par chez vous, reprit-il avec difficulté, je voulais que nous fassions plus ample connaissance. Mais, ajouta t’il avec empressement, si cela vous est désagréable je passerai mon chemin et éviterai à l’avenir de vous importuner.

Le visage de la jeune bergère perdit de son sérieux et devint plus serein, amorçant un sourire.

– Si ce n’est que cela, il fallait me le dire plus tôt. Je m’appelle Alice, et vous ?

– Alain, Alain Servin.

– Bien ! Et maintenant que nous avons fait connaissance ?

Elle semblait s’amuser de la façon un peu gauche qu’affichait le jeune Lieutenant de police.

- Je dois avouer que je suis étonné qu’une jeune fille de votre âge puisse vivre seule dans cet endroit, avec pour toute compagnie un chien et un troupeau de chèvres.

Il était resté avec le cadre de sa bicyclette entre les jambes, les deux pieds sur le sol. Elle se dressait face à lui de nouveau souriante. Il s’aperçut qu’elle tenait une cuillère de bois dans une main.

– Vous étiez occupée à faire la cuisine ?

– Oui, mais vous pouvez poser votre vélo contre cette clôture. Nous pouvons discuter à l’intérieur. Avec un policier, je pense que je ne risque rien.

Alain obtempéra et suivi Alice à l’intérieur de sa demeure.

En entrant, il fut surpris par la pénombre et la fraîcheur de la pièce. Elle l’invita à s’asseoir face à une table carrée, tandis qu’elle s’affaira durant quelques secondes à remuer dans le fond d’une casserole ce qui cuisait sur une cuisinière à gaz.

– Je n’ai pas grand chose à vous proposer, si ce n’est un jus d’orange.

– Cela ira très bien, je vous remercie.

Elle sortit deux verres d’une armoire, une boite de jus d’orange d’un frigo et fit le service.

– Vous voyez, je suis seule, mais je suis organisée. Avec le travail que j’ai, je n’ai pas le temps de m’ennuyer.

D’un regard rapide Alain fit le tour de l’endroit. Une pièce à vivre, rassemblant cuisine et un coin repas assez spacieux meublé d’une table à laquelle il avait pris place, quatre chaises un vaisselier et une armoire. Un frigo, un gazinière et un plan de travail avec évier équipaient la cuisine.

Deux petites fenêtres donnaient sur la piste par laquelle il était venu.

– je fais de la confiture de mûres. Il y en a plein un peu plus haut sur ce versant, là où j’ai installé quatre ruches.

Elle se retourna pour lui adresser cette question sur un ton anodin.

– Vous vivez seul aussi ?

– Oui, je suis en location, à Armissan, une petite maison dans le centre du village.

La conversation continua ainsi, bon enfant, histoire de faire connaissance. Alain quitta la bergerie et Alice une heure plus tard. Il lui adressa un dernier signe de main, avant de disparaître derrière un virage en direction de la départementale. Elle répondit à ce geste avec empressement.

*

Alain retourna à la bergerie chaque jour de la semaine qui suivit cette agréable conversation.

Aujourd’hui, qu’il venait d’apprendre cette terrible nouvelle, il se remémorait les événements de ces derniers jours.

C’était devenu une habitude. Dès que son travail le permettait, il enfourchait sa bicyclette, prenait la D 68 puis la piste caillouteuse jusqu’à la bergerie. Alice avait quelque peu modifié son emploi du temps pour le recevoir. Ils passaient ainsi plusieurs heures ensemble, à mieux se connaître, à apprécier la présence de l’autre, à attendre ce moment avec de plus en plus d’impatience.

C’est durant ces longues conversations qu’il apprit le parcours d’Alice qui l’amena à être bergère. Ce n’était pas le fait du hasard. La bergerie datait de son oncle, construite, aménagée et peuplée quarante ans plus tôt. Julio Barez, fils d’un émigré espagnol, s’était installé sur ce lopin de terre avec sa femme et son fils José.

Alice était la fille de Maria, la sœur de Julio, et de Claude Fauget son époux. Née à Narbonne, elle avait perdu ses parents à l’âge de deux ans dans un accident de voiture. C’est chez son oncle qu’elle avait passé ses plus jeunes années, dans cette même bergerie. Plus tard, elle avait suivi des études secondaires à Montpellier, branche commerciale. Durant trois ans elle occupa un poste de représentante pour une société de produits d’entretien. Son secteur couvrait les départements de l’Aude et de L’Hérault. Lorsque sa tante mourut des suites d’une longue maladie, elle vint en aide de façon périodique à son oncle.

José, son fils refusant ce mode de vie, avait quitté la région vaquant à d’autres occupations.

Peu de temps après le décès de sa tante, son oncle Julio quitta lui aussi cette terre, sans doute pour un monde meilleur. Alice se retrouva à la tête de l’exploitation, sans s’y être vraiment préparée. Avec courage elle fit face. C’est ainsi que depuis deux ans elle vivait recluse dans cet endroit sans trop savoir ce qu’elle allait en faire.

Pour Alain et Alice, les heures qu’ils passèrent ensemble furent le ciment qui allait unir leur destin. Il fallut peu de temps à ce que leurs sentiments évoluent, à ce que leurs cœurs se mettent à battre au même rythme.

Trois semaines auparavant ils ne se connaissaient pas, ils devinrent des amis, hier ils étaient amants.

Aujourd’hui, Alain venait d’apprendre une terrible nouvelle…

Chapitre 2

Un casse à Béziers

Marseille, un mois plus tôt.

Au troisième étage d’un appartement situé dans un quartier nord de Marseille, trois individus discutaient d’un projet présenté par Raymond Sergel, récemment sorti de prison.

– Tu es sûr de ce que tu avances Raymond ?

L’individu, un grand gaillard brun portant une barbe de trois jours, tenant une canette de bière dans une main, répondit sans hésitation.

– Un coup pareil çà se prépare !

Le type qui m’a filé ce tuyau durant mon séjour en cabane était, on ne peut plus sérieux. Il n’a posé qu’une condition. Le casse doit se faire avec ses potes.

– Combien sont-ils ?

– Deux !

– On a l’habitude de travailler à trois, cinq pour un casse çà fait beaucoup.

– Écoute moi Pierrot, se sont ses potes qui ont les billes, ils ont besoin de nous pour un coup de main. On ne va pas refuser une telle « occase ». On joue sur du velours j’te dis.

Le dénommé Pierrot, un grand blond à la chevelure abondante opina du chef en signe d’approbation.

– Bon, où on peut les rencontrer ses zouaves, intervint José le troisième personnage présent, un jeune homme d’une trentaine d’années, fluet, brun, de type méditerranéen.

– J’ai une adresse, ici à Marseille. Il suffit de laisser un message, l’un de ses potes nous contactera. Je dois y aller seul et être discret.

– C’est où ?

– Un bar sur le port de commerce…

Au lendemain de cette conversation les trois lascars recevaient la visite de Fernand, dit Fredi dans le milieu, connu de la police pour être soupçonné d’avoir participé à plusieurs larcins. Fredi a toujours tirer son épingle du jeu, jamais pris, jamais condamné. Ce marseillais de cinquante ans, ayant bonne présentation, bien qu’afficha un certain embonpoint, était à la tête de quatre bars situés sur le port de commerce. Tous aussi mal famé les uns que les autres. Par personne interposée, il gardait contact avec Roger, l’individu en prison qui avait affranchi Raymond, lequel venait de purger un an de cabane.

Fredi était au courant du casse projeté par Roger qui avait tout préparé. Malheureusement celui-ci venait d’être mis sous les verrous. Il fallait rectifier le tir, Fredi devait agir sans perdre de temps, d’où la mise en place en urgence d’une équipe afin de conclure le projet mûrement élaboré.

Il fut d’entrée surpris par la décision de Roger, qui avait porté son choix sur Raymond, sans connaître ses acolytes. Mais dans le milieu comme ailleurs, le proverbe « l’habit ne fait pas le moine » a aussi sa signification. Roger avait décidé, il savait que le temps était compté, il fallait agir vite et comme prévu.

Fredi mit alors toutes les billes sur la table, expliquant de long en large le plan mis au point par son ami de longue date. Il dut s’y prendre à plusieurs reprises, revint le lendemain, s’assurant que ses complices avaient bien « digéré » le scénario. Après deux répétitions bien orchestrées, il jugea que ses complices étaient prêts, que le moment de passer à l’action était venu.

*

Deux jours plus tard.

Les cinq complices, réunis dans un restaurant à Montpellier, arrosaient copieusement un repas de fête, sous le couvert d’un joyeux anniversaire entre copains.

En fait, il devait plutôt y avoir un rapport avec le gros titre qu’affichait la presse en première page.

« Un casse spectaculaire à Béziers »

« C’est vers neuf heures, à l’ouverture de la bijouterie biterroise Roland Maignan que trois individus ont dévalisé l’établissement situé sur les Allées Paul Riquet

Un homme, poussant un vieillard assis dans une chaise roulante, est entré le plus naturellement du monde. Ils étaient accompagnés d’une femme accusant un certain âge. Tous les trois étaient vêtus de façon très élégante. Le vieillard a demandé à voir des colliers en or de grande valeur, un cadeau pour sa fille a t’il déclaré.

Tandis que le bijoutier sortait les bijoux de sous le comptoir vitré et verrouillé, la femme a immédiatement braquer un revolver de gros calibre sur le commerçant. Accompagnant cette menace, elle lança l’ordre de ne pas faire un geste suspect et de s’allonger sur le sol les mains dans le dos. Celui que l’on croyait être un vieillard se leva prestement et se dirigea vers la centrale d’alarme placée entre le magasin et une pièce servant d’atelier d’orfèvrerie. Il ouvrit un placard et neutralisa le système sans aucune hésitation, semblant bien connaître les lieux et les installations. Sur sa lancée, il pénétra dans l’atelier et maîtrisa en quelques secondes l’ouvrier surpris, médusé, stupéfié. Entre temps, la femme avait rapidement bloqué la porte d’entrée, ligoté et bâillonné Monsieur Maignan le propriétaire des lieux. Les trois individus s’emparèrent alors méthodiquement de tout ce qui était exposé à la vue, sans faire d’autre dégât, proprement, avec les clefs du propriétaire des lieux. Puis ils passèrent aux coffres de l’arrière boutique. Ils ont soigneusement rempli trois sacs, qui furent placés sous le siège de la chaise roulante du pseudo vieillard. Calmement, ils quittèrent la bijouterie comme des clients ordinaires, sans oublier de verrouiller la porte derrière eux, interdisant toute entrée possible.

On sait maintenant qu’ils étaient attendus par deux complices à quelques pas de la bijouterie. Des témoins affirment qu’ils ont pris la fuite à bord d’une Audi de grosse cylindrée. Le vieillard en chaise roulante avait retenu l’attention de plusieurs passants. Les malfaiteurs ont opéré à visage découvert. Ils étaient certainement maquillés, grimés, déguisés, il sera difficile de reconnaître leur vrai visage sur les enregistrements à leur entrée dans la bijouterie. Ils portaient des gants, aucunes empreintes ne fut relevée.

En dernière minute, on apprend qu’une Audi Quatro a été découverte brûlée dans un endroit isolé, à quelque vingt kilomètres de Béziers.

L’enquête a été confiée au commissaire Charolle de la Police biterroise. »

C’est tard dans la nuit que les cinq convives quittèrent le restaurant. Chacun regagna une chambre louée dans différents hôtels de Montpellier.

Le lendemain, Fredi réunissait ses complices dans une chambre louée à l’hôtel Holiday Inn. Raymond, Pierrot et José avaient admiré le numéro et le sang froid de Ginette la compagne de Roger, déguisée en vieille dame inoffensive. Il n’était pas question de partager le magot immédiatement. Mieux valait laisser passer quelques semaines avant d’écouler la marchandise. Roger avait une filière, Ginette devait entreprendre les contacts à l’étranger, en Hollande. Entre temps, il fallait trouver une cache sûre pour planquer le contenu des trois sacs, maintenant soigneusement placées dans de solides sacoches de cuir. Il y avait là pour plusieurs millions d’Euros en bijoux et pierres précieuses.

Pas question de garder le magot chez l’un ou l’autre protagoniste de ce hold-up, il devait être à l’abri de toute perquisition possible. C’est Raymond qui mit ses acolytes sur une voie qui allait trouver l’approbation unanime, sans se douter qu’elle soit le détonateur d’un irrémédiable conflit

– Je connais un endroit que nous avons déjà utilisé pour cacher des armes et des liasses de billets. C’est en rapport avec la banque que nous avons dévalisée à Carcassonne il y a deux ans Une grotte dans des collines boisées, à une quinzaine de kilomètres de Narbonne. Dans ce que l’on appelle « La montagne de la Clape ».

– Une grotte ! S’exclama ironiquement Fredi, pourquoi pas Lascaux !

– Parce que Lascaux est fermé, répliqua Raymond sur le même ton. Notre grotte et insignifiante, son entrée est insoupçonnable dans une falaise calcaire, cachée par la végétation.

– Allons, reprit Fredi, si vous l’avez découverte cette grotte, d’autres peuvent la découvrir et adieu au magot.

– C’est José qui nous l’a indiquée. Elle se situe à proximité d’une bergerie où il a passé son enfance et croyez-moi, personne ne connaît son existence. La planque est sûre j’vous dis.

– Fredi ne semblait toujours pas enclin à cette proposition, il lança en lançant un regard sur ses acolytes.

– Quelqu’un a une autre proposition ?

Ils se regardèrent, les uns haussant les épaules, les autres affichant une moue significative.

– Alors qui est pour ?

Les mains se levèrent les unes après les autres…

– Bon, déclara Fredi, mais je veux voir de mes yeux cette grotte inviolable avant de planquer le butin. Qui me servira de guide ?

– José t’accompagnera, c’est lui qui connaît le mieux les lieux. À titre indicatif, la bergerie située à trois cents mètres de là est occupée par sa cousine. Elle élève des chèvres.

– Attention, vociféra Fredi, pas question de mettre qui que ce soit au parfum de nos affaires. Cette gonzesse doit rester en dehors de cela.

– Elle le sera, affirma Raymond, José ne fréquente plus sa cousine depuis des années. Elle n’a jamais su que nous avions utilisé cette cache à notre propre compte.

– Elle connaît peut-être l’existence de cette grotte, avança Ginette.

– Nous y avons joué quand nous étions gosses, avoua José, mais elle n’y a plus mis les pieds depuis vingt ans. Je suis persuadé que ce n’est plus qu’une vague pensée dans son esprit.

– J’espère bien, renchérit Ginette.

– Je m’en assurerai sur place, conclut Fredi. Nous partons demain, Ginette tu nous accompagneras.

Fredi avait pris le volant avec Ginette à coté de lui et José confortablement installé sur la banquette arrière de la Mercédès. Partis de Montpellier, ils avaient fait une halte sur l’aire de stationnement de Vinassan, à quelques kilomètres de la sortie 37 pour Narbonne. Ils prirent la direction des plages, Gruissan et Saint-Pierre la mer. C’est José, connaissant bien la région qui conduisit le véhicule par la D-1118 jusqu’à cette piste qui remonte vers la bergerie. Il laissèrent la Mercédès près du rocher, à l’endroit le plus large, le seul où il était possible de faire un demi-tour. C’est à pied comme de paisibles touristes portant une tenue de circonstance, que José guida ses complices vers la grotte en question qui devait servir de coffre fort.

Il faisait très chaud en ce milieu d’après-midi, Fredi transpirait à grosses gouttes et pestait contre cette proposition qui le plaçait dans cette désagréable situation. José marchait devant, ouvrant la voie entre les pins et les arbustes épineux, s’arrêtant parfois pour s’orienter, ce qui rendait le patron de bar encore plus nerveux. Ginette suivait sans dire un mot, presque heureuse de cette balade dans ce qu’elle apprenait être la Clape. Enfin, José s’arrêta. Il écarta des branches de pin et d’arbustes, se courba pour se faufiler cinq mètres plus loin jusqu’à un pan calcaire truffé de végétation. Il désigna une faille de quatre-vingts centimètres de haut, de moins de cinquante centimètres de large.

– Nous y sommes, dit-il, en se retournant vers Fredi et Ginette, pantois l’un comme l’autre, se lançant un regard interrogateur.

– C’est ça l’entrée de la grotte ?

Fernand restait figé sur place, au bord de la colère.

– Même un enfant ne pourrait pas entrer par cette faille, je ne suis pas venu de Marseille pour une telle connerie !

– moi je peux y entrer, affirma José. Je suis sûr que Ginette peut me suivre. Elle verra qu’à l’intérieur on tient debout et que cette cache est exploitable.

Le patron de bar maugréa quelques paroles incompréhensibles. José se contorsionna à travers la faille, invitant Ginette à le suivre.

Il y avait bien derrière cette paroi calcaire une grotte, presque insignifiante par ses dimensions, se terminant par un étroit boyau.

José, qui avait apporté une lampe de poche et un pied de biche, employa l’outil pour dégager un bloc de roche dans le fond et sur la partie gauche de la grotte.

– Voilà, dit-il en découvrant une cavité profonde, voilà notre coffre-fort !

On peut facilement y placer les trois sacs contenant la marchandise.

Ginette approuva, d’autant qu’il ne viendrait pas à un individu de taille normale à se faufiler dans cette faille insignifiante, ne laissant absolument pas supposer qu’elle était l’entrée d’une grotte aussi minuscule soit-elle.

Elle persuada Fredi sans trop de mal.

Une heure plus tard, les trois sacs de cuir contenant les bijoux et les pierres précieuses du casse de Béziers avaient pris place dans cette cache, au fond de la cavité recouverte du bloc de schiste.

Mieux fallait ne pas s’attarder dans les parages. Certes ils pouvaient passer pour de banals touristes en promenade, ils ne portaient pas une étiquette sur le dos, mais leur situation les rendait nerveux, tendus.

Ils regagnèrent Marseille dans la même journée.

*

Les cinq acolytes auteurs du casse étaient satisfaits, le magot était à l’abri, ils devaient passer à la phase suivante. Trouver un acheteur pour écouler la marchandise.

Cependant, Fredi n’était pas tranquille, il n’avait encore jamais exploité une telle cache. Quelque chose lui disait qu’il s’était laissé avoir en acceptant cette solution. Vrai que personne n’avait pu en proposer une autre, pas même lui, surtout pas sur Marseille. Déjà, ils avaient pris un risque en voyageant avec le magot entre Montpellier et la région narbonnaise.

Ils étaient rentrés de ce voyage dans la Clape depuis plusieurs jours. Ginette avait contacté un intermédiaire hollandais.

Comme chaque matin, Fredi prenait un café dans le bar au-dessus duquel il avait ses appartements. Il parcourut négligemment les pages du journal jusqu’à ce qu’un article attire particulièrement son attention. C’est le titre qui avait accroché son regard.

« Macabre découverte dans la Clape près de Narbonne »

C’est hier au petit matin, qu’un couple de touristes en vacances dans le narbonnais a découvert le corps d’une jeune femme dans le massif de la Clape.

C’est en se promenant près du gouffre de l’œil doux, un site touristique du massif de la Clape entre Narbonne et la mer, qu’a eu lieu cette désagréable rencontre Celle de deux personnes gouttant aux plaisirs d’une promenade pédestre et d’un corps sans vie étendu à demi caché sous des branches et des feuilles.

La gendarmerie de Narbonne s’est rapidement rendue sur les lieux. Les premiers éléments de l’enquête font état d’une jeune femme d’une trentaine d’années, dont la mort par strangulation remonterait à plusieurs heures auparavant.

La victime ne possédait aucun papier sur elle et était à demi dévêtu. Au moment où nous publions cet article, aucune autre information ne nous est parvenue.

L’enquête a été confiée à la gendarmerie de Narbonne »

Fredi reposa sur la table le journal qu’il tenait de la main gauche et de l’autre sa tasse de café encore pas consommé.

Il étouffa un juron, il venait de comprendre que la cache où reposait le magot était maintenant le théâtre d’une enquête de gendarmerie pour meurtre. C’était comme s’il se réveillait d’un cauchemar, mais ce n’en était pas un !

Le butin, qu’il croyait en sécurité, dans cette grotte insoupçonnable au cœur du massif de la Clape, se trouvait désormais sous les feux de la gendarmerie et des médias. C’était vraiment jouer de malchance. Une question lui vint immédiatement à l’esprit, que dira Roger lorsqu’il apprendra ce fiasco ?

Délaissant journal et café, il gagna rapidement son bureau à l’étage. Fébrilement il composa un numéro de téléphone…

– Allô, Ginette ?

– Oui !

– C’est Fredi, tu as lu la presse ce matin ?

– Non, pas encore, pourquoi ?

– Parce que l’on est mal barré !

Ginette pensa aussitôt au casse de ces derniers jours, après une courte hésitation elle balbutia.

– A quel propos ?

– Je ne t’en dis pas plus au téléphone, il faut que l’on se voie immédiatement chez Michel.

– C’est urgent à ce point ?

Il y avait une pointe d’anxiété dans sa voie.

– çà l’est, à tout de suite !

Il raccrocha et appela son chauffeur…

*

Ginette n’était pas de bonne humeur, elle pestait contre cet appel matinal. Sans avoir eu le temps de se maquiller. Elle avait pris sa voiture et s’était rendu chez Michel, le tenancier d’un bar dont Fredi est le propriétaire. L’établissement était fermé et elle avait difficilement trouvé à stationner, ce qui avait fait monter d’un cran son état d’esprit.

Fredi s’y trouvait déjà. Après l’avoir gratifiée d’un baiser appuyé qui n’étonna nullement Michel, il la mit au courant de la désagréable nouvelle, d’un trait, en concluant.

– On est dans la merde !

– Il faut mettre Roger au courant, dit-elle spontanément.

– Le mettre au courant !

Il va faire une crise en apprenant que nous avons caché le magot dans une grotte comme des scouts, à trois cents kilomètres de Marseille.

– Nous étions tous d’accord, moi y comprise. Que comptes-tu faire d’autre ?

– Attendre que cette affaire se calme et récupérer les bijoux d’ici deux ou trois semaines.

– Faut-il mettre les autres au courant ?

– Je m’en charge, d’autant que l’article de presse risque de ne pas leur échapper. Il te faut précipiter tes actions auprès du transitaire. Arranges-toi à ce que l’on puisse écouler la marchandise dès qu’elle sera sortie de la planque.

– Je ferai le maximum Fredi, je te tiens au courant.

– N’en parle pas à Roger, il se fera du mourant derrière les barreaux. On va arranger cela !

Ginette approuva d’un signe de tête.

De toute façon il n’y avait aucun risque, elle n’avait pas revu Roger depuis qu’il était en « cabane ». Elle se leva et quitta l’arrière salle du bar.

*

Le Commandant Canéda, la cinquante, n’était pas à sa première enquête, mais celle ci était particulièrement grave et délicate. Le médecin légiste avait précisé dans son rapport que la jeune femme avait subi des sévices sexuels avant d’être étranglée. Elle portait aussi des traces de coup sur le visage. En l’absence de papier d’identité, il était impossible de mettre un nom sur cette malheureuse victime. C’est le hasard qui apporta une réponse à une partie de cette énigme.

Sur un parking de Narbonne, un véhicule abandonné depuis deux semaines et accidenté fut signalé à la police. C’est ce qui permit de faire avancer l’enquête du Commandant Canéda.

Dans la boîte à gants, fut découvert les papiers de la propriétaire, passeport et permis de conduire. Un recoupement rapide conclut qu’il s’agissait de la jeune femme trouvée morte dans le massif de la Clape.

Un point positif, il était dès lors possible de mettre un nom sur la victime, mais bien loin de pouvoir établir un scénario sur le déroulement de cette dramatique affaire.

Il s’agissait de Jane Thursby une jeune anglaise de 32 ans, en vacances en France. Elle voyageait seule. L’une des dernières adresses où elle avait séjourné, s’avéra être un hôtel à Montpellier l’avant-veille de son assassinat. Puis elle avait gagné Narbonne et pris une chambre à l’hôtel du Languedoc.Un employé de cet hôtel l’avait vu partir seule le matin de cette même journée, après avoir réglé sa chambre.

Avait-elle pris un auto stoppeur, où avait-elle fait une mauvaise rencontre dans le courant de cette journée ?

Son agresseur l’avait-il emmené de force sur les lieux du drame ? Supposition la plus probable, mais aucune des personnes interrogées, ayant fréquenté ce site ce jour là, purent donner la moindre piste exploitable.

Une chose s’avérera être sûre, le véhicule retrouvé sur un parking de Narbonne, une Toyota, soigneusement inspecté par les services spécialisés de la police, ne révéla aucunes empreintes récentes autres que celles de la conductrice. Alors, la piste d’un enlèvement de force ou une rencontre malheureuse devinrent la thèse la plus crédible.

Une hypothèse qui prit tout son sens lorsqu’un témoin vint à raconter au Commandant Canéda ce qu’il avait observé la veille de ce meurtre.

Un marginal, un homme d’une soixantaine d’années vivant en caravane en marge du camp de camping de la Clape avait remarqué ce qu’il appelle un manège habituel. Joseph, c’est son nom, circule le plus souvent à scooter, son seul moyen de locomotion. Il se rend en cette saison, chaque soir sur le parking à proximité du gouffre de l’œil doux. Ce lieu est fréquenté par de nombreux touristes et certains en profitent pour organiser parties de pétanques et barbecue. Joseph passe très tard et fouille les poubelles.

Il était plus de vingt-trois heures ce soir là, et avait remarqué une Peugeot 306 ou 307 selon lui, stationnée à l’écart du parking tous feux éteints. Il y avait deux personnes à l’intérieur. Deux amoureux, ce dit-il, ce n’était pas rare d’observer ce genre de chose la nuit tombée, à l’écart des regards indiscrets.

Joseph fit le tour des poubelles, cela prit du temps. Puis il s’attarda à fumer une cigarette. Lorsqu’il prit le chemin pour regagner sa caravane à quelques centaines de mètres de là, il eut juste le temps de voir la Peugeot démarrer. Il est absolument formel, le chauffeur était seul, sans sa passagère.

Une indication précieuse pour l’enquête du Commandant Canéda, si l’on pouvait ajouter foi aux dires de joseph. Ce dernier vivait seul, ne fréquentait personne, semblait bizarre, ne travaillait pas et personne ne savait de quoi il vivait. Il semble que sa caravane a toujours été installée à cet endroit proche du terrain de camping, peut-être même avant la création de celui-ci !

Enfin, crédible ou pas, il fallait bien prendre ces dires pour une piste, d’autant que c’était la seule en rapport avec l’affaire.

*

Le Commissaire Charolle piétinait sur l’enquête du casse de la bijouterie Maignan. Les infos en sa possession étaient bien minces. Les malfaiteurs avaient opéré maquillés et gantés. La caméra de sécurité livre quelques images inexploitables avant d’être neutralisée. A ce stade, il y a au moins une certitude, les auteurs de ce casse connaissaient bien les lieux pour avoir rapidement et sans hésitation mis le système d’alarme hors service. Les indicateurs de la police n’ont pas été en mesure de fournir la moindre piste susceptible d’être exploitée.

L’Audi Quatro retrouvée brûlée ne put livrer aucun secret, si ce n’est le nom du propriétaire qui avait déclaré le vol la veille.

Les quelques témoins, qui avaient assisté à la sortie des malfaiteurs de la bijouterie, ne purent faire que des descriptions assez vagues des deux hommes et de la femme, encore moins du chauffeur qui attendait au volant du véhicule et de son complice.

Restait au Commissaire Charolle, de passer au crible les quelques dizaines de malfrats en circulation sur Béziers, capables d’organiser un tel coup spectaculaire.

Il avait bien une petite idée, compte tenu de la mise en scène, mais celui auquel il pensait était sous les verrous.

*

Fredi avait attendu plusieurs semaines avant de reprendre contact avec ses acolytes. Il ne leur avait soufflé mot de la situation à laquelle ils étaient exposés. Ginette était la seule à avoir été tenu au courant et à prospecter pour monnayer le butin. La réunion avait lieu chez Michel, tard le soir, le jour de fermeture du bar.

Michel, un vieil ami de Fredi avait fait le service. Whisky pour tout le monde et chips. La discussion avait commencé sur des propos banals, puis Fredi en été venu au sujet du jour.

– La cache où nous avons planqué le magot n’était pas ce que nous pouvions trouver de mieux !

À peine avions nous déposé la marchandise, que la gendarmerie investissait les environs. Un imbécile a violé puis assassiné une jeune femme. Nous aurions pu ne pas de quoi en être inquiétés, s’il n’avait pas trouver d’autre endroit pour laisser le cadavre à quelques centaines de mètres de notre planque. Depuis trois semaines, les gendarmes parcourent les lieux à la recherche d’indices et de témoins. Ginette vient d’avoir un contact sérieux avec un intermédiaire hollandais. Nous avons rendez-vous, ici à Marseille, au port de plaisance à bord d’un yacht. Il faut récupérer le magot au plus vite.

Ils avaient écouté l’exposé de Fredi en silence, puis les visages s’étaient épanouis à l’annonce d’une transaction engagée.

Les verres se vidèrent allègrement, aussitôt remplis de nouveau.

– Qui va récupérer la marchandise ?

C’est Raymond, toujours aussi mal rasé qui avait posé cette question. Il écrasa son mégot de cigarette dans le cendrier placé sur la table autour de laquelle ils avaient pris place.

– Toi, José et Ginette t’accompagneront. Débrouillez-vous à laisser votre voiture loin de la planque. Allez-y à pied à travers bois. Soyez prudents, avec cette affaire de viol couronné d’un meurtre, il se peut que les gendarmes rodent dans les parages.

– C’est que nous n’avons que la bagnole de José, rétorqua Raymond, et elle est pourrie.

– Je ne sorts pas de Marseille avec la voiture de Roger, avança Ginette, donnant immédiatement le ton.

– Encore une fois, débrouillez-vous !

Demandez à Michel, il connaît la méthode pour se procurer un nouveau véhicule.

Fredi faisait allusion à l’Audi Quatro qui avait servi au casse.

– Cela ira, déclara José, je prendrai ma voiture, y pas de problème.

– Tant mieux, conclut Fredi. Vous partez demain. Tachez de récupérer le magot durant l’heure la plus chaude, vers treize heures. Les touristes font la sieste et j’espère que les gendarmes aussi.

*

Vrai que la Renault Mégane de José accusait une certaine fatigue avec plus de 180.000 km au compteur, mais il n’était pas prudent de voler une voiture pour une opération de cette importance.

Partis tôt dans la matinée, ils sortirent de l’autoroute A-9 à Béziers ouest. Par la N-113 ils gagnèrent Nissan lez - Ensérune, puis Fleury d’Aude et la D-1118 en direction de saint Pierre la mer. Il n’était pas encore treize heures lorsqu’ils laissèrent la Mégane dans un chemin creux sur la gauche, bien avant leur objectif.

Comme l’avait préconisé Fredi, c’est à pied, guidés par José à travers le massif couvert de pins, qu’ils parcoururent le chemin pour se rendre face à leur planque. Cette insignifiante faille dans une pente calcaire recouverte d’épineux.

Il fallait bien connaître le coin pour y arriver. José ne pouvait se tromper, il y avait passé une grande partie de sa jeunesse.

C’est lui qui se faufila en premier dans l’étroit passage, suivi par Ginette une lampe torche dans une main.

Courbant le dos, en progressant de quelques mètres vers le fond de cette cavité, José eut soudain le sentiment que quelqu’un avait violé ce lieu depuis leur passage. Ce sentiment s’accentua lorsqu’il utilisa le pied de biche qu’il avait emporté pour soulever le bloc de schiste qui obstruait la cache.

Il lâcha un juron et s’exclama.

– Il manque un sac !

Il manque un sac, répéta t’il en relevant la tête vers Ginette.

Incrédule, elle répéta.

– Comment ? Il manque un sac ?

José ne lui répondit pas de suite, il ramena deux sacs à hauteur du sol sablonneux de la grotte.

– Voilà, dit-il, c’est tout, le troisième sac a disparu !

– Ce n’est pas possible, articula Ginette avec difficulté.

– Regarde toi même…

Il s’écarta pour que Ginette puisse balayer le fond de cette cache avec la lumière de sa torche électrique…

Elle dut se rendre à l’évidence, il n’y avait plus qu’un trou, désespérément vide. Le troisième sac ne s’y trouvait plus !

Dans la pénombre de cette minuscule grotte, José ne put pas voir que le visage de Ginette était devenu subitement pâle. Ses lèvres tremblaient lorsqu’elle prononça d’une voix hésitante.

– Qu’allons-nous dire à Fredi ?

José jeta un dernier regard dans le fond de la cache et replaça le bloc de schiste sur l’orifice. Il saisit la lampe de la main de Ginette pour inspecter le fond de la grotte. Rien ne pouvait indiquer que quelqu’un eut pénétré dans ce lieu depuis qu’ils y avaient déposé les trois sacs.

Ils sortirent de ce trou noir, clignant des yeux à la lumière du jour. Raymond s’étonna de leur mine déconfite.

– Que se passe t’il ?

Apercevant les deux sacs, l’étonnement se lut sur son visage.

– Il manque un sac, tu comprends, il manque un sac répéta José le visage blême.

– Comment, reprit Raymond, c’est pas possible !

Personne ne peut pénétrer dans ce trou à ras. Et puis, tu avais bien dit que tu étais le seul à connaître cette planque.

– Le seul avec toi et Pierrot, puisque nous y avions déjà caché des armes et même du pognon.

Raymond ne releva pas. C’est Ginette qui remis les esprits en place.

– Les faits sont là, ne traînons pas. De toute évidence il manque un sac. Les choses se corseront lorsqu’il faudra expliquer cela à Fredi.

– C’est incroyable…Incroyable, répétait Raymond suivant José, un sac à la main, progressant avec difficulté entre les pins sur une pente escarpée pour regagner leur véhicule…

*

Au soir de ce même jour, dans une arrière salle du bar tenu par Michel.

Raymond, José et Ginette de retour de leur mission ne la menaient pas large. Pierrot se croyant absolument hors de cause pestait contre ce coup du sort. Quant à Fredi, il ne décolérait pas.

– Vous avez déposé trois sacs dans cette planque, vous revenez avec deux. Alors ne me prenez pas pour une bille, donnez-moi une explication crédible à ce mystère !

Silence, chacun se regardait en chien de faïence.

– Toi, en s’adressant à José, tu as peut-être une idée. C’est toi qui as proposé cette cache en justifiant qu’elle n’était connue de personne. Indécelable, inviolable disais-tu. Déjà utilisée par toi et tes collègues. Qu’en penses-tu ?

Visiblement mal à l’aise, José haussa les épaules.

– J’en sais rien Fredi, je suis comme vous tous, je ne trouve pas d’explication.