La cour du Roi Soleil - André Parmentier - E-Book

La cour du Roi Soleil E-Book

André Parmentier

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"La cour du Roi Soleil", de André Parmentier. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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André Parmentier

La cour du Roi Soleil

Avant le règne de Louis XIV, formation de la cour et son installation à Versailles, fêtes et divertissements, le cérémonial, la cour après Louis XIV
Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066334390

Table des matières

Avant-Propos.
I
II
III
IV
V
VI
VII

A LA NIÈCE MARCELLE

L’ONCLE ANDRÉ.

Avant-Propos.

Table des matières

On a donné au XVIIe siècle le nom de «Siècle de Louis XIV» ; c’est qu’en effet, au moins pour ce qui concerne la dernière partie de ce siècle, la figure du «grand roi» domine toute l’histoire de ce temps. Nulle part peut-être la personne du prince ne s’affirme plus que dans la description de la cour; ce n’est assurément pas Louis XIV qui a établi les règles de l’étiquette en usage de son temps, il les reçut en grande partie de ses prédécesseurs; mais, par la stricte application qu’il en exigea de ceux qui vivaient auprès de lui, il a tellement marqué cette institution monarchique de son action personnelle, qu’en son temps la cour apparaît presque comme son œuvre. C’est au moins un des théâtres où les traits principaux de son caractère se laissent le mieux apercevoir, ainsi que l’influence qu’il a eue sur les gens et les mœurs de son temps. L’étude de la cour à l’époque de Louis XIV est donc un des meilleurs moyens de s’initier à la connaissance de cette période de notre histoire.

C’en est aussi un des plus aisés; l’histoire de la cour est facile à reconstituer, car les témoignages écrits et figurés sont nombreux et de bonne qualité ; la littérature et l’art se réunissent pour fournir à l’auteur et au lecteur mille moyens de pénétrer dans l’intimité de Louis XIV et de ses contemporains. A l’aide des anecdotes nombreuses que l’on peut recueillir dans les mémoires et dans les correspondances de ce temps, en joignant aux textes une riche illustration choisie exclusivement dans les estampes de l’époque, on a essayé de tracer ici un tableau rapide mais précis de la vie de cour au grand siècle. Ce tableau, pour être rapide, nous obligeait à des omissions systématiques, et, pour être précis, à des citations de faits déjà connus de beaucoup de lecteurs. Nous nous en consolons en pensant que, tel qu’il est, notre petit livre sera un guide pour ceux qui veulent évoquer les souvenirs de Versailles, et, pour les autres, un agréable memento.

Parmi les principaux documents consultés, je signalerai l’État de la France, les Mémoires de Saint-Simon, le Journal de Dangeau (édition abrégée par E. Pilastre), les Lettres de Mme de Sévigné, les Caractères de la Bruyère, les Œuvres de La Fontaine, le Siècle de Louis XIV, de Voltaire; puis, parmi les travaux de nos contemporains, j’indiquerai: le Dictionnaire des mœurs, institutions et coutumes de la France, de Chéruel, l’Histoire générale, de Lavisse et Rambaud, l’Histoire de France, d’E. Lavisse, l’Histoire de la civilisation française, de Rambaud, l’Histoire du château de Versailles, par Dussieux, le recueil du même auteur intitulé «Grands faits de l’Histoire de France», l’étude de M. A. Pératé sur la Ville et le château de Versailles, dans la collection des «Villes d’Art célèbres», et le Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration, de M. Havard.

A. P.

EMBLÈME DE LOUIS XIV; FRAGMENT DU PLAFOND DE L’ANTICHAMBRE DE LA REINE AU CHÂTEAU DE VERSAILLES.

I

Table des matières

La cour avant le règne de Louis XIV. Formation de la cour.

C’était la mode au XVIIe siècle d’imaginer pour chaque personne de marque un emblème qui exprimait aux yeux de la foule la grandeur ou la dignité du personnage. «Un antiquaire, nommé Douvrier, raconte Voltaire dans son célèbre ouvrage intitulé le Siècle de Louis XIV, imagina pour ce prince l’emblème d’un soleil dardant ses rayons sur un globe avec ces mots: Nec pluribus impar, qu’on peut traduire ainsi: Il n’a pas d’égal. Cette devise, continue Voltaire, eut un succès prodigieux. Les armoiries du roi, les meubles de la couronne, les tapisseries, les sculptures, en furent ornés.»

Cet emblème avait charmé l’orgueil du jeune monarque; il en goûta si pleinement l’idée qu’il a pris soin dans ses Mémoires de le commenter lui-même et d’en expliquer minutieusement le sens.

«On choisit pour corps le soleil, écrit-il, qui, par sa qualité d’unique, par l’éclat qui l’environne, par la lumière qu’il communique aux autres astres qui lui composent comme une espèce de cour, par le partage égal et juste qu’il fait de cette même lumière à tous les divers climats du monde, par le bien qu’il fait en tous lieux, produisant sans cesse de tous côtés la vie, la joie et l’action, par son mouvement sans relâche où il paraît néanmoins toujours tranquille, par cette course constante et invariable dont il ne s’écarte et ne se détourne jamais, est assurément la plus vive et la plus belle image d’un grand monarque. Ceux qui me voyaient gouverner avec assez de tranquillité et sans être embarrassé de rien, dans le nombre de soins que la royauté exige, me persuadèrent d’ajouter le globe de la terre et pour âme nec pluribus impar; par où ils entendaient, ce qui flattait agréablement l’ambition d’un jeune roi, que, suffisant seul à tant de choses, je suffirais sans doute à gouverner d’autres empires, comme le soleil à éclairer d’autres mondes, s’ils étaient également exposés à ses regards.»

Ainsi, de l’aveu même de Louis XIV, il faut voir en lui une sorte de soleil, et la cour est le monde où l’astre fait particulièrement briller ses rayons. Il n’en avait pas toujours été ainsi et ce n’est qu’avec le règne de Louis XIV que la cour de France atteignit l’incomparable éclat qui faisait l’admiration des contemporains du prince, étrangers autant que Français; le spectacle qu’elle présente dans les chefs-d’œuvre de l’art et dans les récits des auteurs du temps éblouit encore nos yeux.

Les premiers Capétiens n’auraient pas été moins étonnés que nous devant le faste de leur lointain successeur; ils vivaient simplement, à la mode des seigneurs de leur temps, n’exigeant d’eux que de médiocres marques de respect, et n’ayant guère d’autres distractions que la guerre, la chasse ou les cérémonies de la vie féodale, telles que l’introduction dans la chevalerie des enfants royaux ou l’hommage des grands vassaux. La cour de saint Louis est déjà moins simple; les historiens nous ont conservé le récit de la fête somptueuse où le roi et ses frères reçurent la chevalerie; cependant le cérémonial n’était pas encore compliqué dans une cour où, pour causer familièrement avec ses amis, le roi faisait étendre un tapis sur les marches du perron de la Sainte-Chapelle, ou bien encore s’asseyait au pied d’un arbre au bois de Vincennes afin d’y rendre la justice.

Les Valois se montrèrent plus amis du faste; les fêtes devinrent nombreuses et coûtèrent fort cher à la cour de Philippe de Valois ou à celle de Jean le Bon. Tournois, bals, mascarades, longs festins, occupaient les loisirs d’une noblesse avide de plaisirs qui déjà se pressait autour des rois; le luxe des vêtements incessamment renouvelés, chargés d’or et de pierreries, était la dépense où se laissaient entraîner le plus volontiers les riches nobles de cette époque. Même le sage roi Charles V, pourtant si bon ménager de l’argent de ses sujets, donna parfois de splendides fêtes, comme celle par laquelle il reçut son oncle l’empereur d’Allemagne, Charles IV. Un élément original de ces fêtes, c’était l’exécution, au milieu des interminables repas où l’on se plaisait alors, de pantomimes moitié militaires, moitié religieuses, qu’on appelait justement entremets. C’est ainsi qu’à l’un des festins offerts par le roi à son hôte, on vit représenter la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon et Pierre l’Ermite.

Mais les désastres de la seconde partie de la guerre de Cent Ans arrêtèrent le développement régulier de la cour de France; Charles VII n’eut guère les moyens de donner des fêtes, et Louis XI n’en eut point le souci, bien qu’au début de son règne il eût fait une belle entrée dans sa ville de Paris. C’est auprès des ducs de Bourgogne qu’il faut se transporter pour retrouver une cour régulièrement organisée; déjà, ces princes ont imaginé tout ce qui constitue cette institution monarchique; ils ont un entourage nombreux de serviteurs; le langage qu’on doit tenir aux souverains, les attitudes que l’on doit avoir devant eux, tout cela est minutieusement déterminé ; il y a un cérémonial arrêté pour la réception des ambassadeurs, pour les mariages, pour les deuils; les fêtes sont nombreuses, et chacun en connaît l’éclat; enfin, un écrivain de ce temps, Olivier de la Marche, prend le soin de recueillir et de rédiger tous les usages suivis auprès de ses maîtres. Par un détour curieux, une grande partie des coutumes bourguignonnes allait se transporter par suite du mariage du petit-fils de Charles le Téméraire, Philippe le Beau, avec Jeanne la Folle, héritière de Ferdinand et d’Isabelle, à la naissante cour d’Espagne, pour en revenir un siècle après à la cour de France avec l’infante espagnole, Anne d’Autriche, femme de Louis XIII.

Au XVIe siècle, la cour de France redevint brillante; le pays est pacifié, les nobles sont rentrés dans l’obéissance, les rois sont riches. François Ier mène avec lui de château en château un nombreux cortège de seigneurs et de dames; la chasse, les bals, les tournois, déjà même de timides représentations théâtrales, des concerts, des fêtes sur l’eau, sont les distractions favorites des rois et des gens de cour, qui recherchent en outre la société des artistes et des écrivains. Les rois ne se préoccupent pas d’abord de se distinguer de leur entourage en exigeant de leurs serviteurs des marques constantes de déférence; mais, à partir du règne de Henri II, un cérémonial qui règle la vie de la cour commence à s’établir, et ainsi s’introduit dans la vie de nos rois cet ensemble de règles dans l’attitude ou le langage qu’il convient d’avoir devant le maître, qu’on appelle l’étiquette.

A LA COUR DE FRANCE AU XIVe SIÈCLE.

D’après une miniature du manuscrit français n° 2813 (Bibliothèque Nationale) représentant l’entremets du festin offert par Charles V à son oncle l’empereur d’Allemagne Charles IV. Debout à la table on voit l’empereur d’Allemagne, le roi de France, le fils de l’empereur d’Allemagne et quelques évêques. En avant de la table est un écuyer tranchant, puis, sur un navire, Pierre l’Ermite, et à droite les chevaliers faisant le siège de Jérusalem.

Nouvelle éclipse dans l’histoire de la cour de France avec la seconde moitié du XVIe siècle. Au temps de la Ligue, le roi est bafoué. Henri IV a vécu la plus grande partie de sa jeunesse au milieu des camps; une fois sur le trône, tout en sachant se faire respecter, il conserva les manières grossières auxquelles une trop longue fréquentation des gens de guerre l’avait habitué ; son bon sens et le souci de ses finances encore précaires lui interdirent de gaspiller l’argent du royaume en de somptueuses fêtes; son principal divertissement fut la chasse. Son fils, le mélancolique Louis XIII, fut constamment malade; il n’avait pas grand goût aux fêtes et n’aurait guère eu la force d’en supporter les fatigues; des bals, la représentation de quelques ballets, des concerts, l’accomplissement d’un petit nombre de cérémonies, telles que la création des chevaliers dans l’ordre du Saint-Esprit, la chasse, voilà à quoi se réduisit sous ce monarque une cour où d’ailleurs dames et seigneurs étaient encore peu nombreux. La médiocrité de cette vie ne réjouissait guère l’épouse du roi, Anne d’Autriche, qui, de l’Espagne sa patrie, avait conservé le souvenir de la cour rigoureusement ordonnée où elle avait vécu dans sa jeunesse; elle trouva dans son fils, à défaut du père, l’homme qui réalisa son désir. Louis XIV allait donner à la cour de France une régularité comparable à celle de la cour d’Espagne, et les fêtes où il se plaisait devaient, du vivant même de la reine-mère, surpasser en beauté celles de toutes les autres cours européennes. Dans les raisons qui ont déterminé Louis XIV à s’entourer d’une cour nombreuse, les historiens en démêlent quelques-unes qui tiennent à son caractère et d’autres qui proviennent de sa politique.

UN BAL A LA COUR DE FRANCE A LA FIN DU XVIe SIÈCLE.

D’après une peinture du temps (Musée du Louvre).