La Croix-Rouge française - Charles-Alexandre Geoffroy de Grandmaison - E-Book

La Croix-Rouge française E-Book

Charles-Alexandre Geoffroy de Grandmaison

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"La Croix-Rouge française", de Charles-Alexandre Geoffroy de Grandmaison. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Charles-Alexandre Geoffroy de Grandmaison

La Croix-Rouge française. La Société de secours aux blessés militaires pendant la guerre

Publié par Good Press, 2021
EAN 4064066304584

Table des matières

I
II
PARIS
PROVINCE
III
IV

I

Table des matières

La Croix-Rouge est le symbole de la convention de Genève.

La convention de Genève est le contrat international en vertu duquel, depuis 1864, les blessés et les ambulances sont neutralisés en temps de guerre. Elle a rendu sacrés ceux qui sont tombés sur le champ de bataille, ceux qui ramassent les blessés et ceux qui les soignent.

Il y a quarante ans, Maxime du Camp soulignait l’importance dans les annales de l’Histoire de cette date du 22 août 1864, et il ajoutait: «La guerre y perd de sa cruauté ; il lui en reste encore assez pour satisfaire les plus difficiles». En vérité, ce sera l’honneur, de notre temps d’avoir atténué l’empire de la violence et adouci la brutalité des luttes humaines. Des siècles auront été nécessaires pour mettre en pratique, après le combat, la mansuétude évangélique. Même aux beaux jours de la Chevalerie, la protection des faibles ne s’accompagne pas de la compasion envers l’ennemi couché sur le champ de bataille.

Si dans nos chansons de gestes: «Le Chevalier aux deux épées», «Girart de Roussillon », «Garins le Lorrain» et d’autres, on voit apparaître quelques femmes de barons qui ont suivi l’armée, parcourir les rangs des moribonds, un vase d’eau fraîche sur l’épaule, pour étancher les soifs; ou encore les clercs «représentant la charité du Christ» , au soir de la bataille ramasser et placer sur des civières les blessés, les conduire aux médecins, (les «mires») dont la science rudimentaire couvre du même onguent toutes les plaies, — c’est l’exception, presque le hasard. Aucun règlement, aucune méthode ne s’imposent aux belligérants.

A l’époque de Henri IV, après les terribles guerres de religion et leur mortalité, une ordonnance de Sully songea à constituer ce que nous appellerions une sorte de service sanitaire, — sans qu’il apparaisse qu’on en ait fait emploi dans les misères de la Guerre de Trente Ans. Mais on ne voit rien de précisé à l’époque de Louis XIV; mais encore au XVIIIe siècle, le talent des chirurgiens dans les camps vaut à peine celui des barbiers de village; et les âmes qui se piquent de «sensibilité » ne songent pas à exercer envers les soldats cette vertu à la mode. On fait venir dans le régiment, aux gages du Colonel: un chirurgien; on accepte dans les mêmes conditions un personnel supplémentaire de 1 apothicaire, 6 confesseurs aumôniers (le plus souvent des jésuites ou des capucins) 5 aides, 1 cuisinier. La prévision ne va pas plus loin.

C’est en 1674 qu’est fondé l’Etablissement des Invalides, pour les soldats infirmes ou mutilés.

Un édit royal de 1708 réserve aux soldats une partie des hôpitaux qui se trouvent dans les places frontières.

Cette prescription demeure plus théorique qu’exécutée. Tout dépend de la bonne volonté individuelle.

Et voici qu’à la Révolution, l’extinction des Ordres religieux amène une confusion affreuse dans les hospices. Une circulaire de 1792 veut les remettre sur pied en utilisant «les meubles des émigrés», parce que les lits manquent avant tout.

On vit venir à la suite des troupes des ambulances (c’est-à-dire des hôpitaux mobiles); mais comme elles se tiennent avec prudence à une bonne lieue du combat, les blessés y arrivent généralement trop tard; neuf dixièmes des amputés succombent.

A l’Armée du Rhin, Larrey, alors à ses débuts, est le créateur du Service. Percy l’améliore. Percy a été élevé dans le métier, car il est le fils d’un major de régiment qui a quitté par dégoût sa médiocre carrière. Percy invente des caisses montées sur 2 roues, traînées par 6 chevaux, transportant 8 servants à califourchon et 8 chirurgiens assis sur une banquette. Dans la langue du temps, cet attelage pittoresque représente: «le bras d’Esculape allant disputer à celui de Mars ses victimes». En tout cas, c’est le premier type de matériel roulant de Secours aux Blessés militaires.

Aux grands jours de Napoléon, le règlement prévoit 2 chirurgiens par bataillon ou escadron; par régiment il attribue une caisse à amputation et une caisse à chirurgie. Les chirurgiens ayant leurs instruments en bandouillère, du linge et de la charpie dans les fontes de leurs pistolets se rendaient vaille que vaille près des lignes. Le brancardier qui les suit portait au fond de son schako un vase en fer blanc rempli d’eau et une éponge pour laver les plaies. Ces organisations rudimentaires donnent les résultats que l’on devine. Tout se passe au petit bonheur: 300 blessés de la Garde sont oubliés dans un village au soir de la victoire d’Austerlitz. Et après Eylau, Percy fut obligé pour une amputation, d’acheter une scie chez un quincailler.

Les Ordonances royales des 25 novembre et 30 décembre 1814 profitent du temps de paix pour établir des hôpitaux d’instruction et codifier un Service de Santé. Lors de la Campagne d’Espagne (1823) des hôpitaux militaires fonctionnèrent mieux, en des conditions d’ailleurs plus aisées.