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Cette fiche de lecture sur
La mère de
Pearl Buck propose une analyse complète de l'oeuvre :
• une biographie de Pearl Buck
• une bibliographie de l'auteur
• un résumé de La mère
• une analyse des personnages
• une présentation des axes d'analyse de La mère de Pearl Buck
• une analyse du style de l'auteur
Cette fiche de lecture sur La Mère de Pearl Buck a été rédigée par un professeur de français.
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Seitenzahl: 81
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Pearl Buck
Prix Nobel de littérature en 1938, Pearl Buck retrace dans La mère le destin d’une modeste paysanne chinoise. Une vie de labeur opiniâtre, de résignation aux dures lois de la nature et aux épreuves cruelles du destin comme la perte d’un mari, d’une fille, puis d’un fils. L’existence quotidienne de cette figure humble mais fière, incarnation d’une certaine sagesse ancestrale, est dépeinte avec une grande pureté et une simplicité émouvante qui font de ce roman un inoubliable portrait de femme et de mère (quatrième de couverture).
Ce livre raconte d’une façon touchante la vie d’une simple paysanne chinoise. La famille se compose du mari, de la belle-mère très âgée, de deux enfants au début du récit auquel vient s’ajouter un troisième. La mère est satisfaite de son sort mais son mari, aspirant à devenir un citadin, quitte la famille, la laissant seule pour faire vivre la famille. Elle se met à l’œuvre et remplace son mari aux durs travaux des champs et fait la récolte toute seule. Les enfants grandissent. Le fils aîné hérite du caractère pratique et humble de la mère et reprend la ferme familiale pour ensuite épouser une femme intelligente et bonne travaillante. L’unique fille de la mère devient complètement aveugle en grandissant et doit épouser le fils d’une famille de montagnards très pauvres. Le fils cadet hérite du caractère de son père et part travailler en ville où il apprend à lire et adopte la doctrine communiste. Plusieurs drames touchant ses proches assombriront la vie de la mère qui affronte parfois difficilement l’amertume de ces nombreux malheurs qui la frappent. Elle vieillit et se console avec la venue de son unique petit-fils qui la comble de bonheur et vient sécher ses larmes récentes de femme et de mère. Une magnifique histoire et un personnage de femme attachant décrit avec une rare humanité.
Dans la cuisine d’une petite ferme au toit de chaume, la mère alimente d’herbes le feu sous un chaudron de fer. Une vieille femme ratatinée à demi aveugle, sa belle-mère, se tient le plus près possible du feu. L’homme travaille encore, ses pieds nus pressant le sol sur les sillons. Les deux petits, un garçon et une fille, pleurent et ont faim. Le souper bout dans le chaudron. Une épaisse fumée se répand dans la pièce et la petite fille frotte ses yeux endoloris avec ses poings sales. Ils sont rouges et envenimés. La mère emplit le bol de l’aïeule et le pose sur la table. La vieille prend le bol et tremble de convoitise. La mère essuie la figure de la petite et lui nettoie doucement les yeux avec le bord de la veste rapiécée de l’enfant. Elle lui met son bol sur la table et lui ordonne de manger. Le gamin se plaint et réclame son bol. La mère se sent trop lasse pour manger. Elle se repose sur un escabeau devant la porte. Elle se sent satisfaite. Ses enfants sont sains et se portent parfaitement sauf ce mal aux yeux de la petite. Son prochain enfant naîtra dans un mois ou deux. Elle est plus heureuse que jamais lorsqu’elle se trouve enceinte et débordante de vie.
Elle aperçoit son mari qui rentre, son sarcloir sur l’épaule. Le travailleur a grand faim et dévore. Il réclame une seconde portion. La mère ne mange pas avec lui mais emporte son bol au-dehors. Les enfants s’approchent et elle leur met entre les lèvres une pincée de riz malgré l’apaisement de leur faim. Par trois fois, elle doit remplir le bol de son mari. L’homme, trop fatigué pour faire sa partie habituelle à l’auberge, se jette sur son lit et s’étire. La mère rince les bols, nourrit le buffle, le mène à l’intérieur de la maison et l’attache à un des montants du lit. Elle appelle le cochon et le fait rentrer à son tour. Seul le chien jaune reste dehors, couché sur le seuil de la porte. Les enfants sont couchés dans le lit, près de leur père. La mère se glissa entre son mari et ses enfants et s’allonge à son tour. Bientôt, tous sont plongés dans un profond et lourd sommeil.
Les jours se ressemblent tous pour une mère. Elle se lève avant l’aube, ouvre la porte aux volailles et au cochon, conduit le buffle dans la cour et balaye les ordures de la nuit. Elle allume le feu, fait bouillir l’eau pour laver les yeux de la petite. Chaque matin, ses paupières sont collées solidement. L’homme se lève, encore aigri de sommeil et elle lui demande de rapporter un baume pour les maux d’yeux. Il refuse sous prétexte que l’enfant n’en mourra pas et que lui aussi a souffert du même mal étant jeune et qu’il s’en est remis sans médicaments. La mère retourne à la cuisine et prépare le déjeuner.
Tous les jours se ressemblent mais la mère n’en ressent aucun ennui, satisfaite de leur roulement. Ses rares loisirs sont occupés par les femmes du hameau, les accouchements, les peines, la broderie et la couture. Se lever à l’aube, nourrir la maisonnée, soigner les animaux, ensemencer la terre et récolter ses fruits, puiser l’eau à boire et ramasser l’herbe sauvage sur la montagne, cela lui suffit. Elle savoure sa vie.
L’homme, après avoir mangé, prend son sarcloir et retourne aux champs. Après avoir installé sa belle-mère près de la porte et recommandé aux enfants de ne pas s’approcher de la mare, elle part à son tour, munie de son propre sarcloir. Ce jour-là, la mère sourit car la vieille lui crie de partir tranquille car elle gardera l’entrée. Cette pauvre créature lui manquera une fois morte. Elle poursuit tranquillement son chemin.
La mère donna naissance à son quatrième enfant (l’un d’eux étant mort à la naissance) lorsque les haricots fleurirent. Au moment critique, elle appela sa cousine. Celle-ci accourut, s’essuyant les mains à son tablier. La mère prit un petit escabeau et s’assit en silence. Elle s’essuya la figure avec le bord de sa veste. Une douleur violente la prit. Elle se pencha sans mot dire et attendit. L’attente se prolongea mais bientôt, la mère poussa un cri, se pencha en avant sur l’escabeau. La cousine se précipita et, d’un geste adroit, saisit de ses deux mains ce petit enfant qu’elles attendaient. C’était un garçon. L’amitié des deux femmes grandit à cause de ce moment à traverser et qui devait se renouveler mainte et mainte fois.
Mais il y avait l’homme. Quelquefois, il allait en ville, un jour férié, ou, s’il pleuvait, faire une partie à l’auberge en compagnie de quelques désœuvrés. Quand il rentrait et se retrouvait en face de cette femme qui enfantait des êtres qu’il devait nourrir par son travail, un effroi lui venait à l’idée que tant qu’il vivrait, il ne pourrait s’attendre à autre chose. Les jours où il était accablé de ces pensées moroses, il devenait violent et frappait l’un des petits. La mère aussi devenait violente et se dressait contre lui pour protéger ses enfants. Elle ignorait ce qui se passait dans l’âme de l’homme. Il affectionnait le jeu mais ne perdait jamais. Elle en était fière et ne lui reprochait pas cette mauvaise habitude. Parfois, cependant, la fureur montait en elle lorsqu’il arrivait à l’homme d’acheter de stupides colifichets.
C’est ainsi qu’un jour, il rentra avec le doigt orné d’une bague. Il refusa de lui donner son colifichet. Elle sauta sur lui, arrachant la bague à son doigt. Elle souffrait de ne jamais recevoir de lui le moindre de ces bijoux que certains maris offrent à leurs femmes. L’homme se plaignit qu’elle lui reprochait le plus petit agrément et que tout ce qu’ils gagnaient devait passer à ces mômes qu’elle enfantait. La jeune femme ramassa la bague tombée dans la poussière où il l’avait lancée et la mit entre ses dents pour la mordre et vérifier si c’était bien de l’or véritable. La bague avait été à peine trempée dans l’or. Elle retourna travailler aux champs et revint à la maison plus sereine et de nouveau bonne. Elle trouva son mari encore couché, la figure tournée vers le mur et obstiné dans son mutisme. Il refusa de se lever et de manger. Elle n’insista pas et mit son bol de côté.
Le lendemain, il refusa de travailler. Il descendit la petite rue jusqu’à l’auberge tenue pas son cousin au cinquième degré. L’homme, irrité de la vie qu’il menait, croyait impossible de pouvoir supporter éternellement cette absence de nouveauté. Il souhaitait ardemment quitter cette existence, ce travail des champs qu’il détestait. Il semblait vraiment être de ceux que le ciel a modelés pour la joie.
