La route des Alpes françaises - Henri Ferrand - E-Book

La route des Alpes françaises E-Book

Henri Ferrand

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"La route des Alpes françaises", de Henri Ferrand. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Henri Ferrand

La route des Alpes françaises

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066306069

Table des matières

CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
VI
VII
VIII
IX
CHAPITRE X
XI
XII
SERVICES AUTOMOBILES DE LA C IE P.L.M.

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

LA COTE D’AZUR

Nice. — Jardin Albert Ier, Jetée-Promenade et monument du Centenaire.

Nice et ses environs. - Ses rivales.

LA COTE D’AZUR! Ce nom si harmonieux évoque bien l’image d’un beau pays.

Celui qui y arrive pour la première fois ne peut manquer d’être frappé d’un vif étonnement. Il ressent une émotion profonde et délicieuse de se trouver en face d’une réalité qui satisfait si bien ses aspirations intimes, qui traduit si parfaitement en lignes et en couleurs l’idée qu’il se faisait des beautés de la nature.

Pour le voyageur parti le soir de Paris, le coup de théâtre se produit surtout en débouchant sur la baie d’Agay. Sous la magie du soleil levant le tableau parfait que forment la mer bleue donnant de ses franges d’écume l’assaut aux rochers rouges, les pins sombres balançant leur ondoyant panache dans une lumière à la fois douce et vibrante, est une puissante révélation qui captive d’emblée les facultés humaines. Tout au long de cette Corniche d’Or si bien nommée, l’acuité des sensations se maintient et se renouvelle. A la pointe d’Antèore, au cap Roux, aux rochers du Trayas, l’enthousiasme s’excite de plus en plus, il arrive à son comble à la Pointe de l’Esquillon, puis il s’apaise doucement dans le site ravissant de Théoule, et l’on a recueilli la quintessence du plaisir que distillent tous les points de la côte.

Saint-Tropez.

Ailleurs la végétation exubérante devient la tonalité principale, et l’on se croirait transporté dans un rêve d’Orient.

Ce pays est si bien doué que même quand le soleil, son grand artisan, lui fait défaut, il exhale encore un charme différent. Sous un ciel plombé où court en escadrons pressés la cavalerie des nuages éparpillés par le mistral, on y voit l’image poignante d’une révolte de la nature. Le conflit s’anime entre les vagues monstrueuses qui escaladent les rocs et qui s’y brisent, et les pins secoués, tordus, sifflant, qui viennent balayer la mer de leur chevelure. Au Lavandou, à Cavalaire, au pourtour de l’Ile Saint-Honorat, ce sont spectacles fréquents qui s’impriment fortement dans les âmes.

Les calanques du Trayas.

De cette région heureuse, Nice la Jolie se targue d’être la capitale. Le langage habituel est venu préparer cette royauté en désignant sous le nom expressif de Baie des Anges le rivage auprès duquel elle s’allonge. Émanation de la romaine Cemenelum (Cimiez) l’agglomération niçoise végéta pendant le temps où les yeux des hommes restaient fermés aux beautés pittoresques. En vain les ducs de Savoie, puis les rois sardes, ses maîtres, lui prodiguaient-ils leurs faveurs; en vain pour la galvaniser par le commerce avaient-ils fait creuser et aménager son port Lympia, elle s’engourdissait sur la rive gauche de son fleuve le Paillon, et ne laissait aux rares voyageurs qui la traversaient, même à Topffer, qu’une assez piètre impression.

Le retour à la famille française fut le coup de baguette qui la réveilla, et l’arrivée de la voie ferrée lui donna l’impulsion régénératrice. On ne saurait pour elle comme pour Saint Raphaël ou pour Cannes citer l’initiateur de sa vogue.

Ce fut le public, dès qu’il put y venir.

Une administration intelligente et avisée sut profiter de l’impulsion et la favoriser. Elle amorça au bord de mer cette enchanteresse Promenade des Anglais, que chaque décade allonge, et qui se poursuit maintenant de l’embouchure du Paillon à celle du Var. Sur ce fleuve torrentiel dont es galets affligeaient la vue, elle jeta la magie du Casino et de la Place Masséna, et sur un plan judicieusement tracé les maisons, les hôtels, les villas et les jardins tissèrent bien vite une toile d’araignée réunissant la gare à la ville.

Comme il arrive toujours en pareil cas, en raison des facilités qu’on leur offrait, les visiteurs firent boule de neige. La ville déborda sur ses alentours, les jardins disparurent sous les constructions nouvelles, et maintenant la plaine tout entière est couverte, et l’admirable ceinture de collines que lui forme la couronne de Vénus est assaillie à son tour par l’impétueux élan des habitations de plaisance.

Terrasse de Monte-Carlo.

Le climat, qui lui permet de cultiver les bois d’orangers en pleine terre, a fait de Nice l’hôtellerie hivernale de tous les frileux d’Europe. Si les Anglais, très volontiers voyageurs, furent ses premiers clients, leur nombre fut bien vite égalé et dépassé par l’afflux cosmopolite. Les Français eux-mêmes, si lents à connaître et à apprécier ce qu’ils ont sous la main, se sont pris d’engouement pour elle et Paris possède la majorité de ses nids de verdure. Il y a apporté l’indéniable cachet de son bon goût, il a peuplé de ses resplendissants magasins les principales artères. Il n’est pas de grande maison parisienne de modes, de couture, de joaillerie, etc... qui n’ait sa succursale Avenue de la Victoire ou Avenue de Verdun.

Entraînée par ce mouvement constant, Nice a continué sa couverture du Paillon et a créé sur ses grèves cet éblouissant jardin Albert Ier où s’élève la colonne commémorative de sa réunion à la France et près duquel se trouve l’original Palais de la Jetée Promenade.

Cannes. — Promenade de la Croisette.

Mieux que de grands et vastes monuments, la cité niçoise sait se parer de ses attraits naturels, son château est un séduisant belvèder animé par la cascade de la Vésubie, son Montboron a ses jardins parfumés, et sa colline de Cimiez ses parcs et ses villas. Elle évoque aussi ses souvenirs et ses gloires par ses arènes et sa vieille abbaye de Cimiez par son palais des Lascaris. par ses statues de Masséna, de Garibaldi, de Gambetta. etc...

Reine de la Côte d’Azur, elle s’entoure d’un cortège de dames d’honneur qui sont aussi parfois des rivales.

Cannes, qui n’était il y a moins d’un siècle qu’une bourgade de pêcheurs et qui n’a dû la faveur anglaise qu’à une mésaventure de lord Brougham, en a si bien profité qu’elle est devenue une des stations les plus élégantes de la Côte. Son agglomération est continuée au loin par une multitude de jardins, de villas, d’hôtels et de châteaux. Contournant à l’orient son Mont-Chevalier, de silhouette si caractéristique, elle se prolonge par sa plage presque jusqu’à la Bocca, et à l’Est, elle a envahi et dépassé la Pointe de la Croisette. Reconnaissante envers son fondateur et ses hôtes, elle a élevé au milieu des palmiers une statue à lord Brougham et plus récemment à Édouard VII.

Monaco, si superbement planté sur son rocher pittoresque aurait paru moins accessible à la vogue; mais il s’est doublé de Monte-Carlo, qui en outre de l’attraction spéciale des jeux est favorisé par une situation incomparable, et ce nouveau centre débordant de toutes parts, après avoir occupé par la Condamine tout l’espace qui le séparait du rocher princier, a projeté hors des limites de la principauté le rutilant Beau-Soleil. Il respire de tout son ensemble le luxe et l’opulence.

Menton, vers les confins de la terre de France n’exerce pas une moindre attraction. Les derniers contreforts des Alpes qui l’enserrent lui assurent une protection si efficace contre les vents qu’elle jouit comme Beaulieu d’une végétation tropicale. Ses bois de citronniers parfument l’atmosphère, et son développement s’étend maintenant sur plus de trois kilomètres de plage: de l’embouchure couverte du Borigo jusqu’au pont Saint-Louis au-delà de Garavan.

Toutes ces cités séductrices et bien d’autres auprès d’elles empruntent leur charme au climat bienfaisant que le soleil dispense si généreusement, que la mer complète et que les fleurs embaument: un seul nom les groupe et les caractérise, c’est la COTE D’AZUR.

Menton.

Touët de Beuil, et la vallée du Var.

CHAPITRE II

Table des matières

LA VALLÉE DU VAR

La Mescla. - Touët de Beuil et les Gorges du Cians. Puget-Théniers. - Entrevaux et le Pont de Gueydan.

Merveilleux début! La Route des Alpes suit d’abord la Promenade des Anglais. Pendant ce parcours de plus de cinq kilomètres au long de la mer caressante, la vue sur la côte orientale change et se modifie à chaque tour de roue. On dirait un diorama mouvant: c’est d’abord l’échiné du Mont-Boron qui s’allonge, puis derrière elle, la presqu’île de Saint-Jean qui révèle peu à peu ses villas et ses hôtels, plus loin le Cap Martin avec ses belles futaies, plus loin encore l’au delà-de Menton, les Rochers Rouges et Bordighera, chaque langue de terre s’avançant à son tour pour renouveler la joie des yeux.

Aux abords de l’Hippodrome, la route quitte la plage, coupe un instant la plaine en passant sous la ligne du chemin de fer et vient s’asseoir sur la digue gauche du Var.

La Mescla.

On a perdu de vue la mer, et le décor des Alpes se présente aux regards: à droite, des coteaux cultivés s’étageant graduellement, à gauche, des collines plus abruptes au pied du majestueux escarpement du Baou de St-Jeannet, puis au milieu, la sombre fissure par laquelle s’échappe le fleuve et qui va servir d’accès. Ce fond de tableau s’approche avec rapidité, les remparts latéraux se resserrent, et on se trouve emporté dans un large corridor où la route voisine avec la voie du chemin de fer Sud-France qui vient la rejoindre par un tunnel.

Au pied du Baou de St-Jeannet, qui maintenant paraît formidable, on voit se dédoubler la ligne ferrée, l’une de ses branches traversant le fleuve et remontant sur sa rive droite vers le village de Gattière dont les maisons s’éparpillent sur la pente et plus loin vers la vieille ville de Vence, l’ancien évêché du poète Godeu.

A Saint-Martin-du-Var, quelques usines ternissent un moment le paysage qu’anime d’autre part le confluent de l’Estéron: le vallon commence à prendre des allures de gorge, et des routes aux lacets pressés arrivent de part et d’autre, à droite de la Roquette, à gauche par le pont Charles Albert de Roquestéron, tous deux noms éloquents témoignant de la prédominance des roches.

Vieille porte à Vence.

Puget-Théniers.

Le spectacle ambiant devient plus borné et plus sévère: subitement la paroi de droite s’entr’ouvre et laisse passer le flot de la Vésubie, c’est la rencontre de deux gorges étroites, aux murailles escarpées, aux flots mugissants. Un pont de quatre arches permet de franchir l’affluent, puis deux routes divergent: l’une, à l’Est, remonte la Vésubie et conduit, suivie d’une voie ferrée, à St-Jean-de-la-Rivière, à Lantosque et à Saint-Martin-de-Vésubie. L’autre, notre Route des Alpes, toujours accompagnée de la ligne du Sud-France pénètre dans les Gorges inférieures du Var au défilé du Ciaudan.

Dès lors, sa chaussée va être à chaque instant portée sur des travaux d’art. L’étroite fente, sciée par le travail millénaire des eaux, laissait à peine le passage du Var et la route aussi bien que le chemin de fer ont dû s’ouvrir le leur à force de tunnels et de viaducs.

Lavoir public à Puget-Théniers.

Une nouvelle fissure, un nouveau torrent qui s’en échappe, la Tinée, apportant au Var les écoulements des plus hauts pics de la frontière! Ce confluent, dont l’aspect est particulièrement grandiose a reçu le nom expressif de la Mescla. Là aussi une route et une ligne ferrée annexe ont été tracées par l’industrie des hommes, remontant vers Clans et Saint-Sauveur. La route principale franchit le Var et s’incruste désormais sur sa rive droite, dans la continuation toujours aussi sauvage et grandiose du défilé des Gorges du Var. La direction qui depuis l’Hippodrome était toujours vers le Nord, s’incurve à l’Ouest à partir de la Mescla (100 m.).

Les gorges du Cians.

Bientôt les murailles abruptes, qui encaissaient la route, s’adoucissent, et aux escarpements succèdent des pentes moins accentuées. Une route stratégique traverse le fleuve et monte en lacets au fort de Picciarvet (600 m. environ), puis après un nouvel étranglement, qui oblige la gorge et la route à un double contour, la vallée s’élargit et le site du pont de Malaussène annonce une sorte de petite plaine allongée qui fut jadis un ancien lac. Le berceau qui s’étend à l’Ouest offre un coup d’œil agréable, occupé par la culture et encadré de vignes parsemées de figuiers. A une certaine hauteur, sur la droite, on aperçoit le village de Touèt de Beuil, curieusement perché sur une corniche abrupte, avec un rocher en forme d’auvent qui semble le recouvrir. Son unique rue, passant parfois sous les maisons, commence à être désertée et les habitants sont descendus au pied de la pente-fonder le Touèt du Var, qui, pourvu d’un bon hôtel, sert de point de départ pour l’excursion des gorges du Cians.

Eglise de Puget-Téniers.

A moins d’un kilomètre, en effet, les pentes septentrionales sont coupées par une échancrure qui livre passage à l’impétuosité du Cians. Parmi toutes les longues gorges auxquelles a donné naissance le travail des eaux sur des roches analogues, celle du Cians est une des plus curieuses. Sur une longueur de 20 kilomètres, à deux reprises, elle entaille à près de 400 mètres de profondeur le plateau calcaire, et la partie supérieure, celle qui atteint le village de Beuil, est à la fois la plus étroite et celle qui est forée dans les roches aux plus vives couleurs. Au-dessus de Beuil, elle s’irradie en berceau dont les pentes ne sont pas compatibles avec le prolongement d’une voie carrossable. Elle est donc une impasse qui ne peut se greffer sur le trajet de la Route des Alpes, mais c’est une des plus belles excursions d’auto-car du rayon de Nice.

En amont de l’entrée des gorges du Cians, la vallée du Var s’ouvre assez largement et la route se prolonge dans un paysage sans grand caractère jusqu’à Puget-Théniers qui offre aux visiteurs les restes d’une vieille église bâtie dit-on par les Templiers, et un château fort en ruines.

Entrevaux.

Le berceau qui s’était ouvert après les gorges du Cians, consacré à la culture des vignes, des oliviers et des amandiers, se resserre, et à l’entrée d’un défilé rocheux la route se heurte à l’étrange décor d’Entrevaux.