La syphilis - Émile Roux - E-Book

La syphilis E-Book

Émile Roux

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"La syphilis", de Émile Roux. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Émile Roux

La syphilis

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335045

Table des matières

PRÉFACE
PREAMBULE
DIVISION DE CETTE ÉTUDE de la Syphilis.
CHAPITRE PREMIER
Qu’est-ce que la syphilis?
Agents et Conditions de l’infection syphilitique.
Moyens de préservation contre la syphilis.
Evolution de la Syphilis.
I. Période Primaire de la Syphilis. Le Chancre.
II. Période secondaire de la Syphilis.
III. Période tertiaire de la syphilis.
CHAPITRE II
CHAPITRE III
I. Circonstances aggravantes indépendantes de la volonté du malade.
II. Circonstances aggravantes que le Syphilitique peut éviter.
CHAPITRE IV
I. Le 606.
II. Le Mercure.
III. L’iodure de potassium.
RÉSUMÉ DU TRAITEMENT
IV. Peut-on savoir si on est guéri de la Syphilis.
CHAPITRE V
I. Lois de l’Hérédité syphilitique.
II. Cas malheureux où l’enfant naît syphilitique.
Traitement de la syphilis héréditaire.
RÉSUMÉ PRATIQUE de la conduite du syphilitique qui veut créer une famille.
CONCLUSION GENERALE

PRÉFACE

Table des matières

MON CHER MAITRE,

Que je vous remercie tout d’abord bien chaleureusement de m’avoir adressé ce petit livre, grand et même immense de résultats, j’en suis certain! Je l’ai lu avec une attention d’autant plus passionnée qu’il intéresse directement la question de la dépopulation de notre Patrie; et, à l’issue de la période terrible que nous achevons de traverser, quelle question est plus importante?

Depuis longtemps, ma conviction est faite: avec l’alcoolisme et la tuberculose, la Syphilis est jusqu’à présent le facteur morbide le plus actif de la dépopulation, soit parce que les syphilitiques (qui sont légion) ne veulent pas se marier par crainte d’avoir des enfants tarés; soit parce que, se mariant, ils ne se sont pas assez bien soignés, et n’ont pas fait ce qu’il fallait pour avoir une descendance saine. Or, malgré que je le savais déjà, vous venez de renforcer encore ma conviction que les syphilitiques peuvent coopérer avec succès à l’accroissement de nos forces nationales; et cela, vous l’avez fait d’une façon si claire que tout homme qui sait lire vous comprendra aussi bien qu’un membre de l’Institut. Et les exemples dont vous avez illustré vos démonstrations emportent la conviction.

Je n’hésite pas à déclarer que vous avez fait là œuvre grandement utile, dont je vous remercie au nom de la Patrie.

Si tous les avariés (je le leur recommande, et je le leur ordonnerais, si je le pouvais) lisaient votre livre et suivaient vos conseils, la Patrie gagnerait chaque année plusieurs beaux régiments!

Voilà ce que je pense de votre livre. Vous ne m’avez pas demandé de préface, mais si cette lettre pouvait en faire l’office, je serais heureux et bien récompensé que ma faible autorité ait pu servir à sa vulgarisation.

Paris, le 1er juillet 19

II. PIOT.

PREAMBULE

Table des matières

Ce livre n’est pas un traité de médecine fait pour des médecins; ce n’est pas non plus un petit traité destiné à permettre au malade de se soigner seul, en cachette et en le dispensant de voir un médecin. Son seul but, et il sera grand s’il l’atteint, est de vulgariser les connaissances générales et pratiques que tout le monde peut avoir de la Syphilis, et que tout syphilitique doit posséder.

Beaucoup d’efforts ont déjà été tentés pour démontrer que l’Avarie n’est point une «maladie honteuse», ni une affection inavouable; malgré tout, on rencontre encore quantité de syphilitiques qui, par ignorance ou par un faux sentiment de honte, ne veulent pas avouer leur mal, même au médecin.

La vulgarisation des notions essentielles que tout le monde doit avoir au sujet de la Syphilis n’a guère été pratiquée jusque-là que par la Presse et par le Théâtre.

Dans la Presse, la Syphilis, au moment de l’apparition du 606, a fait l’objet de nombreux articles de journaux politiques. Et si le public en croyait ses articles (soit qu’ils aient été inspirés seulement par l’intérêt, soit que leurs auteurs, non médecins, aient été ignorants de la question), la Syphilis, non traitée par le 606, se terminerait fatalement, après quelques années, par la folie, le gâtisme, l’ataxie locomotrice ou quelque autre paralysie. Au contraire, d’après eux, cette même syphilis traitée par une injection de 606, devait être définitivament «stérilisée» et guérie à tout jamais. Or cela est manifestement faux, et cette conception est nuisible; comme nous le verrons au chapitre du traitement de la Syphilis, cette maladie (même non traitée) n’aboutit pas fatalement aux accidents graves de lapériode tertiaire, et le 606 (remède excellent, précieux, souvent merveilleux) ne peut guérir définitivement en une ou deux injections, et on doit lui adjoindre le mercure.

On a également porté la Syphilis sur le théâtre; Brieux y a fait représenter sa pièce «Les Avariés ». Mais Brieux n’a fait voir là, et il ne pouvait faire voir autre chose, qu’un tout petit côté de la question, les conséquences sociales, et surtout familiales, de l’Avarie. Sans aucun doute, il est très salutaire d’inspirer la crainte, la terreur même, de cette redoutable maladie. La crainte est bien le commencement de la sagesse, comme le dit le proverbe; mais l’amour, ou plus exactement le besoin physique de satisfaire l’amour, l’emporte bien souvent sur la crainte, et si, avec les nouvelles méthodes de traitement rapide de la maladie avec disparition rapide des accidents contagieux, on doit rendre bien moins fréquents les cas de syphilis, il y aura malheureusement toujours des Avariés.

Il faut donc, après avoir fait connaître le danger, apporter la consolation et le remède à ceux qui n’auront pu l’éviter. Je crois que, sans avoir diminué d’une façon appréciable le nombre des cas de syphilis, cette mise en scène de l’Avarie n’a réussi qu’à jeter le trouble dans l’esprit des malades atteints de cette affection.

Aussi, n’est-il pas étonnant que lorsque nous, médecins, révélons à un malade la nature de sa maladie (et nous devons le faire, si nous voulons qu’il suive le traitement pendant le long temps nécessaire) nous assistions à de véritables crises de désespoir, telles que beaucoup déclarent que leur vie est irrémédiablement compromise, qu’ils sont perdus, qu’ils n’ont plus qu’à se suicider... Erreur funeste au syphilitique parce qu’elle empoisonne une partie de son existence; erreur funeste aussi à la société, parce qu’elle détourne nombre de syphilitiques de la création d’une famille.

Pendant les quinze premiers mois de notre grande guerre, les cas de syphilis étaient extrêmement nombreux parmi les troupes en campagne. Au début de la stabilisation du front, de nombreuses prostituées étaient allées exercer leur industrie dans les villes ou villages où se succédaient les troupes au repos; ces marchandes de plaisir furent plus tard chassées. Après un an de guerre, vinrent les permissions périodiques, dites de détente, nécessaires sans aucun doute, mais éminemment favorables à la multiplication des cas de syphilis par le passage à Paris, ou dans d’autres villes, de permissionnaires qui, continents forcés depuis plusieurs mois, se jetaient les yeux fermés sur la première vendeuse d’amour. Devant ce grave danger, l’autorité militaire prescrivit aux médecins dé tous les corps de troupes, de faire des conférences mensuelles aux soldats sur le danger syphilitique et les moyens de s’en préserver. C’est là, je crois, la vulgarisation la plus efficace qui ait été faite au sujet de la syphilis; elle a d’abord mis en garde le soldat, défenseur actuel de la Patrie, reconstructeur futur de la famille, contre le danger vénérien, danger évitable entre tous (et les statistiques ont effectivement accusé à partir de cette époque de vulgarisation une diminution très notable des cas de syphilis dans l’armée); elle a ensuite appris aux victimes de l’Avarie que le salut existe encore pour eux.

Ayant pu suivre depuis trente ans de très nombreux syphilitiques, je peux apporter ici cette déclaration appuyée sur un nombre considérable de faits: Le tableau si effrayant que se fait de son avenir le syphilitique, restera une exception si le malade le veut.

C’est la pensée même de notre illustre et regretté Maître le Pr Fournier.

P’ Roux.

DIVISION DE CETTE ÉTUDE de la Syphilis.

Table des matières

Pour que cette étude de la Syphilis soit très compréhensible à tous, et pour qu’elle soit facile à suivre, nous n’emploierons aucun terme scientifique spécial, et nous diviserons ce petit traité en cinq chapitres:

CHAPITRE I. — Dans ce premier chapitre, nous exposerons succinctement les symptômes de la Syphilis et son évolution générale.

CHAPITRE II. — Dans le deuxième chapitre, nous verrons quelle est la fréquence des accidents tertiaires, les seuls que le syphilitique ait réellement à craindre pour lui-même.

CHAPITRE III. — Dans le troisième chapitre, nous étudierons l’influence aggravante de certaines conditions dans la Syphilis et les règles d’hygiène que le syphilitique doit suivre, en dehors et sans préjudice du traitement proprement dit.

CHAPITRE IV. — Le quatrième chapitre sera consacré au traitement si important et si efficace de la Syphilis.

CHAPITRE V. — Enfin, un cinquième chapitre, familialement et socialement le plus important, consacré à l’hérédité de la Syphilis, permettra au malade de savoir ce qu’il est en droit d’espérer au point de vue mariage et descendance. Nous intitulerons ce chapitre: L’Hérédité syphilitique.

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

Nature de la Syphilis. Son Evolution.

La syphilis n’a pas toujours porté ce nom de Syphilis sous lequel elle est maintenant universellement connue.

On a raconté que la syphilis avait été importée d’Amérique en Europe par les soldats de Christophe Colomb; les armées françaises l’auraient répandue en Italie et un peu partout.

Elle fut appelée tour à tour mal Français, mal Napolitain, mal Castillan, mal Espagnol, mal Portagais... Chaque nation, on le voit, déclinait et se renvoyait mutuellement la paternité d’une affection qui, à cette époque surtout, passait pour éminemment compromettante et honteuse.

Vulgairement, elle a été connue sous des dénominations très variées: variole, vérole, grosse vérole, gorre, grand’gor, mal de saint Job, mal de saint Semen...

Ce fut Fracastor. médecin italien du XVIe siècle. qui dans un poème bizarre consacré à cette maladie, appela son personnage Syphilus; c’est de ce mot qu’on fit Syphilis.

Quoi qu’il en soit, la syphilis n’est pas une maladie qui date de la fin du XVe siècle, époque à laquelle elle se répandit en Europe. Cette maladie est extrêmement ancienne. Gangolphe, de Lyon, et d’autres observateurs ont trouvé des lésions syphilitiques sur des ossements humains, découverts en France, de l’âge préhistorique.