le choix d'une vie - Nessa . - E-Book

le choix d'une vie E-Book

Nessa

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Beschreibung

18 juin 2012, la vie de Sylvain a été bouleversée de manière inattendue. Quatre ans plus tard un accident va de nouveau tout changer. Et si la vie pouvait lui offrir une seconde chance ? À lui de faire les bons choix.

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Seitenzahl: 71

Veröffentlichungsjahr: 2025

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DÉDICACE

DU MÊME AUTEUR

Raphaëla

Elles saisons 1 & 2

PROCHAINEMENT

Le poids du silence

Un clic et ça repart

Sommaire

Playlist

L’Accident

Le premier jour

La permière semaine

La deuxième semaine

La troisième semaine

La quatrième semaine

Noël

Le choix

Fiches personnages

SYLVAIN

CÉCILE

Remerciements

Playlist

Si t’étais là — Louane

I’ll never love again - Lady Gaga

Iris – Goo Goo Dolls

All I Need - Within Temptation

L’Accident

Aujourd’hui comme chaque jour depuis maintenant quatre ans, je regarde les gens passer, pris dans leurs bulles, obnubilés par leurs smartphones ou leurs écouteurs plantés sur leurs oreilles. Le monde a changé, les gens ne se regardent plus, ne communiquent plus. Le monde se perd un peu plus chaque jour et personne ne s’en rend compte. Prenez le jeune, là, il écoute sa musique les yeux dans le vague, totalement coupé de la réalité ou encore cette femme qui téléphone sans regarder où elle va. Avant, sans toutes ces nouvelles technologies ils faisaient un peu plus attention aux autres, peut-être auraient-ils vu la beauté du paysage avec ces jolis flocons qui tombent du ciel. Noël est dans un mois, l’occasion pour eux de montrer qu’ils ont de l’argent à dépenser inutilement en offrant à leurs proches des cadeaux qui finiront au fond d’un placard ou revendus sur internet. Voilà bien une fête commerciale que je déteste, elle me rappelle chaque année ma douleur et à quel point ma vie est minable.

Je suis devenu invisible aux yeux de ce monde qui me dégoûte. Parfois, une petite dame va s’arrêter et me donner une pièce, d’autres vont me regarder avec mépris se disant que si j’en suis là c’est que je l’ai mérité, mais ces gens-là, je les emmerde ! Ils ne connaissent pas mon histoire, ils n’ont pas vécu à ma place, ils ne sont pas tombés aussi bas que je le suis. Quand on n’a plus rien à quoi se raccrocher, quand on a tout perdu, on a deux solutions : mettre fin à ses jours ou essayer de se battre pour s’en sortir, trouver une raison de se lever le matin, mais je n’ai eu le courage pour aucune des deux. Alors je me suis laissé sombrer jusqu’à devenir l’ombre de moi-même, n’attendant qu’une chose : que la faucheuse se décide enfin à venir me soulager, mais cette connasse n’est pas décidée.

Les seuls qui me voient vraiment sont les enfants, ces toutes petites créatures pures et angéliques. Ils vous regardent de leurs yeux innocents, vous sourient juste parce que pour eux la vie c’est ça, être gentil envers son prochain. Et pourtant ce sont eux qui me font le plus mal, eux qui me rappellent ce que j’ai perdu ce 18 juin 2012, quand un chauffard a percuté leur voiture à plus de 130 km/h sur une route de campagne. J’y ai perdu ma femme, j’y ai perdu mon fils de sept ans, j’y ai perdu mon âme. Ce jour-là, nous devions emmener Thomas au zoo avec Éloïse, mais trop pris par mon boulot, je leur ai dit d’y aller sans moi. Elle m’en a voulu et ses derniers mots ont été « encore une fois tu nous laisses tomber, tu laisses passer ton travail avant ta famille, mais tu sais Sylvain, un jour tu pourrais bien le regretter. »

Elle avait raison. Si j’avais été avec eux les choses auraient peut-être été différentes, mais non, il a fallu qu’une fois de plus je fasse passer cette putain de boîte avant ma famille et j’ai tout perdu. La suite n’a été qu’une descente aux enfers. Dépression, alcool, dépôt de bilan, dettes, perte de mon logement, la rue, le froid, la solitude, le vide. Chaque jour, je me demande ce qu’elle penserait de moi si elle me voyait, chaque jour je me dis que ce sera la nuit de trop et que le froid emportera avec lui ce qu’il reste de ma vie, mais chaque matin je me réveille et rien n’a changé. J’essaie toujours d’être le plus propre possible, je garde le peu de monnaie que je peux avoir pour grignoter et une fois par mois je vais à la laverie du coin laver mes vêtements. Et dès que je peux, je prends une douche dans le gymnase juste derrière. Le gardien est sympa et me laisse faire quand il n’y a plus personne, mais je n’aime pas abuser de sa gentillesse.

Complètement glacé, je décide de me lever et de me rendre trois rues plus loin dans un squat que je connais. Je n’aime pas y aller, je m’y sens moins en sécurité que dehors, mais la neige tombe plus fort maintenant, des plaques de verglas se forment et j’ai beaucoup trop froid. Je rassemble le peu d’affaires en ma possession et m’approche du passage piéton. Depuis que je suis dans la rue, j’ai pris l’habitude d’observer les gens et leurs manies, d’ailleurs de l’autre côté, une jeune femme discute au téléphone, l’enfant à ses côtés, son fils, je présume, joue au ballon. Encore une fois, la technologie coupe les gens de la réalité et cela m’agace au plus haut point. Et ce feu qui ne passe toujours pas au rouge…

Je vais pour rappuyer sur le bouton d’appel quand je vois le ballon du jeune garçon rouler sur la route. Celui-ci se met à courir après sans que sa mère ne le voie, trop prise dans sa conversation.

Une voiture arrive plus loin, l’impact est imminent, je lâche toutes mes affaires et cours aussi vite que possible. Les gens crient, mais ne bougent pas comme à leur habitude. J’arrive in extremis pour sauver l’enfant, je le pousse de toutes mes forces pour lui éviter l’impact, mais ne peux esquiver la voiture qui freine sans réussir à s’arrêter avec le sol glissant.

BAM !

Un gros choc puis je sens mon corps voler au-dessus de la voiture. Ça y est, c’est mon heure ! Je vais enfin les retrouver, je vais les serrer à nouveau dans mes bras. Il aura fallu que je sauve un enfant pour qu’enfin je puisse retrouver le mien. Je vois des images défiler, je nous revois le jour de sa naissance heureux comme jamais, je le revois quand il a soufflé sa première bougie, je la revoie me murmurer je t’aime. Je ferme les yeux, sens l’impact du sol et enfin le noir, le silence, la mort, la délivrance.

Elle est là, devant moi toujours aussi jolie, même encore plus, elle s’approche et tient Thomas par la main. Je cours à leur rencontre.

— Éloïse, Thomas ! Vous m’avez tellement manqué !

— Bonjour mon amour.

— Papa !

— Je suis enfin avec vous ! Je suis tellement désolé, j’ai tant de choses à te dire ! Nous avons enfin l’éternité pour nous, mes anges.

— Non Sylvain, ton heure n’est pas venue. Je sais qu’on te manque, je sais que c’est dur pour toi, mais tu as encore plein de choses à vivre ! Nous sommes là, nous veillons sur toi.

— Quoi ? Mais non ! Regarde ma vie, je ne suis plus rien depuis que vous êtes partis ! Je n’attends qu’une chose : vous retrouver. Et le jour où enfin, c’est le cas, tu me dis que ce n’est pas mon heure !?

Les larmes coulent, je ne veux pas les laisser une nouvelle fois.

— Je sais, mais crois-moi, tu as encore plein d’années devant toi, et de belles choses à vivre. Nous serons là mon amour, nous veillons sur toi chaque jour, chaque seconde. Promets-moi de te relever, promets-nous de vivre et de ne plus survivre !

— Mais je ne peux pas ! Depuis que vous n’êtes plus là, plus rien n’a de sens. La vie est devenue terne, sombre et sans issue. Je ne veux pas repartir !

— Papa, j’ai vu ce que tu as fait ! Tu es mon héros, tu as sauvé le petit garçon.