Le génocide des cerveaux - Eliott Criffor - E-Book

Le génocide des cerveaux E-Book

Eliott Criffor

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Beschreibung

Le terrorisme a encore frappé la France. Un «génocide silencieux», comme l’a surnommé la ministre de l’Intérieur. Quinze mille victimes. Alors que le président essaye d’apaiser le peuple, Flora Jung, la secrétaire générale aux affaires étrangères assassine cinq de ses six enfants avec une drogue, jadis mis au point par un chercheur national-socialiste. Outre son rôle meurtrier, l'AZ-4 est aussi utilisé pour guérir la plus menaçante des maladies du siècle, la maladie de l’oubli. Dans sa course à la recherche du mobile de ces meurtres, la commissaire Mélina Gigarri, accompagnée de son ami Tommy, découvrira une corrélation entre l’antisémitisme qui règne dans le monde et le traitement pour soigner la maladie de l’oubli. Une corrélation qui pourrait bien remettre en cause les fondements du parti le plus meurtrier de l’histoire.

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Veröffentlichungsjahr: 2015

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Ähnliche


Sommaire

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Chapitre 33

Chapitre 34

Chapitre 35

Chapitre 36

Chapitre 37

Chapitre 38

Chapitre 39

Chapitre 40

Chapitre 41

Chapitre 42

Prologue.

Samedi 1er février 2020. 20 h 00.

Depuis sa cuisine, la mère observait ses enfants qui jouaient dans le salon. Il faut le faire, se répéta-t-elle une énième fois.

Elle but une dernière gorgée de whisky, déposa le verre dans l’évier et en retira six autres du placard.

Flora Jung accomplissait le moindre geste avec la précision d’un robot. Un robot dont le programme informatique avait dû subir des centaines de modifications avant d’aboutir à sa version définitive.

Elle aligna les verres sur la table de la cuisine, saisit d’une main ferme une chaise qu’elle cala devant la grande armoire et monta sur l’assise pour atteindre le dessus du meuble, là où elle avait caché un flacon rempli d’un liquide jaunâtre.

Monsieur Eckkert entra alors dans la pièce.

Flora sursauta légèrement en s’apercevant de sa présence. Ce vieil homme ridé qu’elle avait tant respecté la terrorisait soudainement. Elle venait d’apprendre que les dirigeants de Résali – organisation néo-nationale-socialiste à laquelle elle avait consacré toute sa vie – étaient des imposteurs, et les adeptes, des dupés.

Elle descendit de la chaise.

– Vous aviez passé la porte, fit-elle, pourquoi êtes-vous revenu ?

– J’avais oublié dans ma voiture le jeu de cartes que j’avais promis de leur offrir.

Flora lui adressa un sourire hypocrite de reconnaissance.

– Vous pouvez être fière de vos enfants, poursuivit-il, ils ont assimilé beaucoup de choses ce soir. Leur intelligence m’impressionne.

Elle ressentait une furieuse envie de le cribler de questions sur les informations qu’elle venait d’obtenir, mais il se défendrait certainement et lui jurerait qu’il s’agissait là d’un complot visant à détruire Résali. Flora Jung le considérait désormais comme la pire des ordures.

– J’ai toujours su que mes enfants étaient formidables, lui lança-t-elle avec un regard glacial.

Monsieur Eckkert hocha la tête et s’approcha d’elle. Elle recula d’un pas.

– Le monde aura besoin de gens comme eux. Le quotient intellectuel d’Helga atteint 135, et elle n’a que dix ans.

Il observa un moment de silence. Devant la nervosité apparente de Jung, ses yeux se dirigèrent instinctivement vers les six gobelets.

– Qu’étiez-vous en train de faire, Madame Jung ? demanda-t-il.

Elle se força à retenir ses larmes. La mère de famille s’était juré que personne ne pourrait entraver l’exécution de son programme crépusculaire. Et elle n’hésiterait pas à tuer quiconque l’en empêcherait.

– Je vais leur apporter un verre d’eau avec du sirop de groseille, répondit-elle avec calme.

Ces paroles firent reculer le vétéran d’un pas, comme si la tension s’était soudainement dissipée.

Il s’en alla.

Flora versa quelques millilitres de l’affreux produit dans chaque verre, mais le moment devenait extrêmement éprouvant. Je ne peux quand même pas faire ça, faiblit-elle.

C’était bien plus que la voix de la sagesse qui résonnait dans son esprit. Elle entendait les cris stridents d’une voix féminine la suppliant d’arrêter son programme. Une voix provenant de son inconscient. Sa propre voix. Mais les microphones internes du cerveau de l’humain ambitieux analysent ce genre d’auto-conseil comme un ver informatique qu’il convient d’exterminer instantanément. Et Jung était une femme d’affaires.

Elle s’assit sur une chaise.

Une larme sortit enfin.

Son mascara dégoulina sur sa peau soyeuse. Ses yeux verts profondément enfoncés dans leurs orbites lui donnaient le regard d’une vipère endiablée. Grâce aux séances quotidiennes de natation, elle ne portait pas les stigmates que ses multiples grossesses auraient dû lui laisser, la faisant en outre paraître plus jeune que son âge.

L’ambition l’avait conduite jusqu’au ministère des Affaires étrangères où elle avait occupé la fonction de secrétaire générale dont elle venait officiellement de démissionner. Adulée, vénérée, par les diplomates depuis le début de sa carrière politique, l’annonce de sa démission avait fait grand bruit dans la presse internationale.

Six infanticides, ça fait encore plus de bruit.

Seule dans sa cuisine équipée dernier cri, elle se remémorait les quelques épisodes de complicité qu’elle avait vécus avec ses enfants entre les murs de l’immense demeure. Mais il lui fallait toutefois se rendre à l’évidence.

– Je n’ai pas été une bonne mère.

– Alors pourquoi tu fais ça ? lui criait encore cette voix.

– Parce qu’ils sont trop bien pour le monde à venir. Je ne peux pas les laisser. Et Dieu, miséricordieux, me comprendra.

La voix du petit Helmut la fit sortir de sa torpeur. Oubliant momentanément son plan, elle se dirigea discrètement vers la porte et observa intensément ses enfants. Ils jouaient aux cartes sur la grande table. Le petit Helmut les battit. Hedwig joua le premier, suivi de Hildegarde, Holdine et Heindrun.

– Helga, tu veux jouer aux cartes avec nous ? proposa gentiment Holdine.

Mais Helga préféra sortir de table.

Telle une mère porteuse à qui l’on montre des années plus tard le fruit de ses entrailles, Flora avait le sentiment de ne plus reconnaître ses enfants. Son regard se perdit dans celui d’Helga, consciente d’être la seule responsable de la tristesse qui imprégnait le visage de sa fille.

Heindrun venait de perdre la partie. Mauvais perdant, il était persuadé que Helmut avait triché et il rejoignit sa grande sœur devant la télévision. Helga avait la peau beaucoup plus mate. Combien de fois avait-elle entendu : « T’es pas notre sœur, tu nous ressembles pas ! » Jusqu’à cet instant, Flora n’avait jamais pris conscience que ce rejet avait replié l’enfant sur elle-même.

Pardonne-moi, Helga.

La nourrice avait bien essayé de lui en toucher un mot, mais Flora s’était continuellement dérobée devant ses responsabilités de mère. Pas ce soir, reprit-elle.

Les sentiments ne faisaient résolument pas partie du programme. Elle reprit ses esprits, empoigna les trois premiers verres et se dirigea d’un pas décidé vers le salon.

Elle les posa sur la grande table.

– Rangez les cartes les enfants !

Les enfants s’exécutèrent. Il semblait que leurs cerveaux agissaient tel un processeur informatique interprétant scrupuleusement les instructions d’un programme.

– Helga, fais-moi le plaisir d’apporter les trois autres verres qui se trouvent sur la table de la cuisine.

Sans honte aucune, la mère de famille venait de demander à sa propre fille de revenir avec les armes qui serviraient à tuer ses enfants, repoussant ainsi les limites de l’inhumanité, mais Flora n’avait pas confiance en ces filous, elle ne voulait pas qu’ils ingurgitent le liquide avant le moment où elle l’ordonnerait. Il fallait qu’elle voie leurs têtes s’écraser de sommeil sur la table.

Helga revint de la cuisine en marchant très lentement pour ne pas faire tomber les verres. Elle les tendit à sa mère et s’assit à sa place habituelle. Flora lui adressa un clin d’œil pour la remercier.

Tous vêtus d’un pyjama blanc, les enfants chantèrent en chœur l’hymne national allemand à la demande de Jung. La matriarche versa une discrète larme en les écoutant. L’être humain est vraiment trop émotif. Ils sont vraiment trop bien pour le monde à venir, se répétait Flora.

– Bien, les enfants, vous devez tous boire le contenu du verre en une seule gorgée. Si vous réussissez, je vous laisserai jouer plus longtemps ce soir.

Helga observait sa mère en coin. Quelque chose n’allait pas. Elle avait peur. Mais c’est ma mère, qu’est-ce qu’elle a ? Elle ne nous ferait pas de mal. Non ! J’ai confiance en elle.

– 1, 2, 3, fit Flora.

Relevant le défi, les enfants avalèrent la boisson d’un seul coup. Trois secondes suffirent pour que la macabre prévision se réalise. Flora se forçait à regarder chaque mouvement de leur déglutition. Le temps béni de l’enfance est merveilleux. On ne comprend rien. On ne se méfie de rien.

Deux des six anges tombèrent au sol, les quatre autres s’écroulèrent sur la table. Flora savait parfaitement que la mort avait déjà accueilli toutes les cellules nerveuses de leurs corps.

Elle contemplait la scène avec la satisfaction d’avoir accompli l’œuvre de sa vie. Cela fait de moi la femme la plus heureuse du monde, se disait-elle.

Elle sortit de sa poche le symbole d’or du parti nazi, l’accrocha sur sa veste rouge, puis retourna dans la cuisine. Le claquement de ses talons au sol sonnait comme le glas. Flora Jung ouvrit le tiroir des couverts, prit un couteau et revint vers les corps inertes. Son teint blafard devenait cadavérique. Elle s’arrêta quelques secondes, le regard totalement absent. Il fallait qu’elle fasse appel à ses dernières forces pour accomplir l’acte final. Jung s’approcha du corps de Heindrun et lui planta d’une main experte le couteau dans la nuque. Le sang gicla sur elle. C’est le sang de mon enfant. Le sang souillé de mon enfant.

Elle retira un implant de la chair tendre du garçon qu’elle scruta quelques secondes avec un regard noir, comme si ce petit objet était un monstre ayant pris possession du corps de son enfant. Ce petit objet n’était toutefois pas un monstre. Grâce à lui, les enfants Jung – et des millions de personnes dans le monde - étaient soignés de la plus grave maladie du XXIème siècle.

C’est donc ça qui a détruit ma vie ?

Elle voulut répéter le même rituel avec Holdine, mais un bruit la fit tressaillir. Un homme d’une quarantaine d’années s’était introduit sans bruit dans la maison. Tel un virus perturbant son programme, le résultat de l’opération en serait à jamais bouleversé.

– Eddy ! fit-elle, consternée.

Refusant de se laisser décontenancer, Flora poursuivit son geste avec précipitation, mais Eddy empoigna fermement son bras.

– Demain, des millions de gens te maudiront ! s’exclama-t-il.

Qu’est-ce que j’en ai à foutre de passer pour une mauvaise mère ! Demain, le monde connaîtra la plus grande crise existentielle de tous les temps. J’ai bien peur que mes meurtres passent inaperçus à côté de ça.

D’un mouvement sec et précis, Flora trancha la joue de son ex-mari, ce qui le fit tomber au sol. Eddy effleura du doigt la plaie. Bien que douloureux, le coup n’avait causé qu’une blessure superficielle.

– Il faut tous les libérer ! gueula Flora.

Elle enfonça ensuite violemment le couperet dans la nuque d’Hedwige. Eddy était stupéfait devant l’obstination diabolique de son ex-femme. Il se releva et projeta Flora contre le mur avec une telle force que les membres de cette dernière furent, l’espace de quelques instants, déconnectés de son système nerveux. Ses yeux devinrent aveugles, inconscients de ce qui se passait.

Ma pauvre Flora, tu as découvert des choses qui t’ont bien dépassée, se dit-il en la contemplant.

Il prit Helga dans les bras en regardant une dernière fois le visage de la femme politique avant de quitter les lieux. Elle se remettait doucement du choc. Eddy savait que la plus grande avait résisté au poison et qu’à cet instant, il détenait un trésor faisant de lui l’homme le plus détesté de la planète.

Lorsqu’elle remarqua l’absence de la fille, Jung cria de toutes ses forces. Un enfant de douze ans ne peut pas résister à l’AZ-4 pur. C’est impossible !

Flora n’avait pas tout à fait achevé sa mise en scène. Même si elle avait conscience que cette affaire serait rapidement étouffée par ceux qui tenaient les ficelles de ce monde, il fallait qu’elle laisse un indice aux enquêteurs dans l’espoir qu’ils découvrent le mobile de ses meurtres.

Elle incisa alors son bras, trempa son index dans son sang et écrivit sur le mur.

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Flora se releva difficilement, tel un robot à la batterie presque entièrement déchargée. Lorsqu’elle aperçut les flaques de sang qui grandissaient autour des corps de ses enfants, elle pleura toutes les larmes de son corps, hoquetant de désespoir et de douleur.

Pardonne-moi, mon Dieu, je n’ai pas réussi, murmura-t-elle en levant les yeux au ciel.

Elle se trancha alors la gorge d’un geste vif. Le sang éclaboussa le mur blanc, maculant les meubles.

La femme d’affaires en avait fini avec la vie.

1.

L’enquête venait d’être classée. Les fanatiques de Dieu étaient officiellement accusés du génocide silencieux perpétré sur le territoire français.

La clarté s’évanouissait peu à peu dans le ciel de la capitale, laissant place à une nuit qui promettait d’être brumeuse. La pleine lune, déjà visible, avait certainement dû avoir un effet excitant sur les citadins de la plus grande ville française. La place Beauvau et la rue des Saussaies, siège du ministère de l’Intérieur, étaient bondées d’humains en colère, scandant sans relâche : « Éva, on n’en veut plus ; Éva, on n’en veut plus ! ». Éva Derniss, la ministre de l’Intérieur, n’était jamais parvenue à se faire aimer du peuple. Et les événements actuels ne faisaient que confirmer leurs doutes quant à son efficacité politique. Son service n’ayant pas su anticiper l’attaque – c’était elle qui l’avait qualifiée de « génocide silencieux » –, alors elle avait été classée d’office dans le dossier des politiques incompétents par l’opinion publique.

La jeune commissaire Mélina Gigarri tentait tant bien que mal de se frayer un chemin dans cette foule qui cherchait, comme l’avait rappelé une Parisienne devant les caméras du journal télévisé, à faire valoir leur liberté d’opinion. Elle dut s’excuser une bonne centaine de fois avant d’atteindre l’entrée du ministère par la rue des Saussaies. La commissaire sortit son badge, s’apprêta à le montrer au garde, mais se figea soudain, comme le reste de la foule d’ailleurs, par un tir de détresse lancé par un clown. Le tir avait formé un arc rouge à cinquante mètres au-dessus d’eux. Les manifestants furent alors réduits au silence et tous les regards pivotèrent vers l’homme masqué.

Il portait un masque de clown étrange, effrayant en fait. Les lèvres, de couleur verte, rejoignaient les yeux. Les paupières étaient scellées et les oreilles, décollées. Le clown était perché sur la dernière marche d’un escabeau, dès lors visible à des dizaines de mètres à la ronde. On aurait dit le porte-parole du peuple. Mélina détestait l’image du clown. Ils avaient tant de fois perturbée son sommeil. Ça voulait dire que quelqu’un cherchait à profiter d’elle. Ou à la blesser. Mais elle n’y accordait pas beaucoup d’importance de toute façon.

Si les clowns avaient perturbé le sommeil de quelqu’un, ça devait être celui du couple présidentiel. On venait d’attaquer de la manière la plus suspicieuse au monde le territoire qu’ils représentaient. Éva Derniss avait résumé ainsi la situation : « une drogue expérimentale, baptisée AZ-4, s’est répandue comme un fichier malveillant dans nos boîtes de nuit, bals et bowlings ».

Elle avait utilisé le très bon terme. « Fichier malveillant ». Une dose permettait de s’enfiler dix bouteilles de whisky à la suite sans tomber dans un coma éthylique. Mais cette machine séductrice n’était qu’une veuve noire dévorant les cellules nerveuses. Au bout de quelques jours, les neurones devenaient des bombes à retardement. C’était ainsi qu’avait été organisé un génocide de quinze mille personnes.

Le clown cria : « Le national-socialisme nous a tués, le national-socialisme nous a tués ! » Mais les gens n’accordèrent pas plus d’attention à cette bête de foire et reprirent leur brouhaha collectif. La plupart ignorait la corrélation existante entre le parti politique disparu depuis 1945 et cette attaque terroriste. C’était officiellement les musulmans radicaux qui avaient attaqué le pays, mais à l’origine, l’AZ-4 était un produit médical mis au point par un médecin nazi dans le cadre d’une expérimentation, en 1943. Le clown était sans doute féru d’histoire. Mélina y avait toutefois pressenti un lien étrange, comme une odeur de mensonge d’État.

Elle avait donc écrit un rapport pointant du doigt les failles de l’enquête, qu’elle avait soumis à son supérieur et ami, Georges Béliec, le directeur de la police nationale. Le soir de l’assaut dans le hangar désaffecté où avaient été stockées les seringues d’AZ-4, il s’était passé quelque chose de louche. Sous la torture, Kahiz, le chef de groupe, aurait avoué que son organisation était une filière du Hezbollah, et qu’il commettait des actes au nom de ce groupe antisémite. Kahiz avait été tué par le GIPN, mais aucune photo ne fut offerte au monde. Pas même au sein du service de renseignement. La presse l’avait surnommé : « le terroriste invisible ». Et pour Mélina, c’était encore plus simplement : « le terroriste qui n’existe pas ». Elle avait conclu qu’il s’agissait d’une conspiration entre le service de renseignement et le gouvernement français dans le but de dissimuler la véritable identité du pays à l’origine de l’attaque silencieuse.

Elle savait pertinemment qu’elle allait se faire taper sur les doigts pour sa manie de s’occuper d’affaires qui ne la concernaient pas le moins du monde, mais elle était certaine d’avoir été lue. Au pire, Béliec ne ferait que jeter le dossier à la poubelle et elle aurait droit à la soupe à la grimace pendant quelques mois. Donc rien de néfaste pour sa carrière. Le clown s’apprêtait à enlever son masque pour montrer à la foule son visage que Mélina avait hâte de découvrir. Mais au même instant, le garde la fit entrer. Elle ne connaîtrait jamais l’identité faciale de cet étrange personnage.

Dommage.

À dix-huit heures, Mélina pénétra dans le bureau de Béliec. Il avait le visage un peu ovale. Son eau de toilette après-rasage sentait encore en cette fin de journée et il était tellement bien rasé qu’on avait l’impression qu’il venait de sortir de sa salle de bain. À voir la gueule noire qu’il lui lançait, elle comprit très vite que son rapport n’avait pas été apprécié.

– Mélina, tu sais que tu as une place à part dans mon estime, commença Béliec.

Cette première phrase ne présageait rien de bon. Mélina le regardait intensément. Elle attendait patiemment la suite, prête à riposter si nécessaire. Il brandit le dossier écrit par la jeune commissaire et l’agita comme pour dire : « Qu’est-ce que c’est que ça ? ».

– Dois-je comprendre que tu veux intégrer le service des renseignements français ? Et que ce texte n’est qu’un exercice purement fictif pour appuyer ta candidature ?

– Absolument pas, répondit-elle sèchement et fermement.

Le visage de Béliec se renfrogna devant l’entêtement de la jeune femme.

– Les écrits conspirationnistes m’irritent énormément, lança-t-il.

– J’étais persuadée que tu allais être le seul à prendre en considération ma thèse.

– Je l’ai lue, mais le parquet a classé l’affaire. C’est une attaque terroriste islamiste, insista-t-il.

– C’est tellement plus convaincant, un terroriste à la peau mate ! rétorqua-t-elle.

– Le Hezbollah lui-même a revendiqué l’attentat sur sa chaîne de télévision.

Mélina pouffa de rire avant de répliquer :

– Il a très bien pu être payé pour ça.

Béliec soupira. Il lui tendit une tasse de café en espérant alléger l’atmosphère très tendue et favoriser la convivialité à cet entretien. Mélina but la boisson en une seule gorgée.

– Tu ne devrais pas être en vacances ? questionna-t-il d’un air badin.

– N’esquive pas la conversation, aboya-t-elle.

– Et par qui aurait-il été payé ?

– Par le gouvernement français, vociféra Mélina.

– La France a dépensé des millions pour mettre un terme à l’expansion de cette drogue sur notre territoire, rappela Béliec, qui fut d’un coup très agacé.

– Il y a sûrement un petit million qui a servi à financer cet Abdel Adouz pour revendiquer l’attentat.

Béliec observa un court silence.

– Je n’y crois pas. Même si ton rapport est très bien écrit et qu’il satisferait pleinement les fêlés du complot, il n’y a pas une seule preuve tangible que l’attaque vienne d’Allemagne.

Mélina avait passé ses soirées à créer de faux profils pour intégrer les cybercafés des fervents adeptes du Hezbollah. La drogue était totalement inconnue au Moyen-Orient. Et personne n’avait jamais entendu parler de Kahiz. Même si Mélina avait la conclusion facile sur une enquête, elle avait rarement tort sur les dénouements des investigations qu’elle avait pu mener. Comme si elle avait un sixième sens. Alors elle avait confiance en son intuition.

Elle était persuadée que l’attaque provenait des sphères néonazies à travers la pension Résali, une secte qui vouait un culte sans précédent à Hitler depuis la chute du IIIe Reich. Une secte probablement financée par une autre secte. Dans son rapport, elle avait mentionné des transferts d’argent importants entre New York et Berlin par une certaine Lisa Gherardini. Après des recherches avancées, elle n’avait pas trouvé la moindre trace d’une femme portant ce nom. Manifestement une fausse identité. Ses efforts l’avaient toutefois conduite à découvrir une coïncidence troublante en corrélation avec l’AZ-4. En 1970, un laboratoire berlinois portant le nom de Lisa Gherardini fut condamné pour avoir fabriqué un produit interdit par la loi depuis le procès de Nuremberg. Or, il s’agissait précisément de l’AZ-4 ! En outre, le directeur du laboratoire était très lié aux Témoins de Jéhovah, dont le siège se trouvait à New York, au même titre qu’il était ouvertement un fervent néo-nazi. Pour une amoureuse des conspirations telle que Mélina, l’un n’empêchait pas l’autre. Surtout lorsqu’il s’agissait de se lier pour entreprendre des affaires. Alors, elle avait conclu que les Témoins de Jéhovah finançaient les néo-nazis.

Le gouvernement français ne désirant pas entacher l’image de l’Allemagne, il était préférable d’accuser les fanatiques de Dieu (les fanatiques de Dieu étant toujours les musulmans radicaux) de s’être servis d’une expérimentation nazie pour attaquer la France. Telle était sa conclusion.

– Évidemment, ce sont des éléments de point de départ, dit Mélina.

– Pour quelle raison les néo-nazis d’Allemagne nous attaqueraient-ils ? questionna-t-il avec lassitude.

– Pour quelle raison ? Nous faisons partie de ceux qui ont rendu leur existence si morne.

Béliec ferma le dossier de Mélina d’un coup sec et le remisa dans son placard. Mélina n’en fut même pas vexée et continua à regarder Béliec droit dans les yeux, pas le moins du monde ébranlée. Conscient qu’il ne pourrait pas se débarrasser de la jeune commissaire si facilement, il reprit la conversation.

– L’Allemagne ne se porte pas si mal que ça. C’est une fausse image implantée dans ton esprit.

– L’Allemagne est associée à une bête immonde que l’imaginaire collectif peine à oublier, car c’est inscrit dans l’histoire. En France, comme dans tous les pays du monde, on enseigne dès le plus jeune âge les atrocités commises par le parti national-socialiste.

– En Allemagne aussi, Mademoiselle Gigarri, fit-il remarquer.

– Et les raisons officielles des islamistes de nous attaquer, quelles sont-elles ?

– Il y en a beaucoup. La place de la femme dans la société française. La loi sur le port de la burqa. Le fait que nous ne sommes pas antisémites, énuméra Béliec.

– Baratin ! Ils ont autre chose à faire que de nous attaquer pour ça. L’attaque vient d’Allemagne, insista-t-elle.

– Oserais-tu remettre en cause, devant moi, la parole du GIPN ?

– Oui et non, répondit-elle sans vergogne.

Le directeur de la police nationale sentait sa tension monter. Il détestait que l’on remette en cause l’institution qui garantissait la sécurité des Français.

– J’ai lu les journaux. Un seul des membres du GIPN est entré dans le hangar.

– Matteo Gedes, confirma-t-il.

– Oui. Après avoir communiqué avec le terroriste « silencieux » (elle fit le geste des guillemets avec sa main) plus de trois heures, il a enfin été permis à ce Matteo Gedes de pénétrer dans l’enceinte du hangar désaffecté.

– Tu t’es laissé avoir par la théorie du complot orchestré par le Front national, lança Béliec.

– À l’instant où il a tiré, enchaîna Mélina sans relever la pique, tous les autres membres du GIPN furent sommés de déguerpir. Et ensuite, le corps s’est volatilisé. Il y a un truc que je n’ai pas compris, un truc que personne n’a compris d’ailleurs, mais le temps vient à bout de tout. Même des âmes conspirationnistes. Dans quelques mois, on ne se posera même plus la question. C’est ainsi que fonctionnent les services de l’État.

Elle marqua un temps de pause.

– N’est-ce pas ?

– Ainsi, tu accuses notre brave Matteo d’être un menteur. De faire partie du complot ?

– Oui, fit sèchement Mélina.

Béliec soupira très fort pour bien marquer son profond agacement, mais elle ne se laissa pas distraire et suggéra :

– Tu pourrais au moins enquêter sur cet argent qui transite en toute impunité entre les États-Unis et les comptes bancaires de Résali !

– On ne peut pas accéder à ta demande, Mademoiselle. Je te suggère de prendre des vacances. Je te promets que j’enquêterai en solo. Si quelque chose me tracasse, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire bouger le service de renseignement.

– Tu n’as rien compris. La DCRI est actrice dans ce complot, s’exclama la commissaire avec feu.

– Je crois, dur comme fer, en l’intégrité du service de renseignement français, fit Béliec.

Chacun s’accrochant à sa vision des choses, Mélina ne voyait plus aucun intérêt à poursuivre son argumentation. Elle se leva et se dirigea vers la porte, totalement abasourdie.

– Je te souhaite de bonnes vacances, Mélina. Mélina se retourna.

– Excuse-moi. Au revoir, Georges.

Elle savait pertinemment qu’il ne lèverait jamais le petit doigt. Il aurait fallu un élément majeur pour que sa hiérarchie accorde un quelconque crédit à ses suppositions.

En ces temps incertains, Mélina ne prenait pas de vacances dans le seul but de se ressourcer. Celles qu’elle avait programmées n’avaient rien de festif. Dans quelques semaines, elle était persuadée qu’elle reviendrait de New York avec la preuve que l’AZ-4 avait été réactualisé par les sphères néo-nazies derrière lesquelles se cachaient les Témoins de Jéhovah.

2.

20h 12

La cervelle de veau était son repas favori. Il avala toutefois la dernière bouchée plus difficilement que d’habitude. Le Président de la République avait convié ses quatre ministres préférés pour un dîner au quai d’Orsay, mais l’atmosphère était lourde. La conversation languissait. Son anxiété était telle qu’il ne trouva rien de mieux à faire pour se calmer que de se concentrer sur chaque détail du décor néo-renaissance de l’immense salle à manger.

Une impression de vide lui étreignait la poitrine. Un sentiment angoissant de ne pas être à sa place. Il prit sa coupe et but une gorgée de vin. En le reposant, le verre heurta l’assiette. Dans le silence glacial qui régnait, le bruit causé par la rencontre des deux matériaux résonna presque. En tout cas, il avait bien résonné aux oreilles de ses quatre coéquipiers qui, d’instinct, le fixèrent intensément. Cela ne dura que quelques secondes, mais accentua d’un cran la tension de la pièce. Le Président inspira profondément pour tenter de se détendre.

Dans quelques instants, sa gueule apparaîtrait - pour la troisième fois depuis son mandat – devant les caméras du journal télévisé de la première chaîne nationale. Étant donné que l’attaque venait d’un pays lointain, ça faisait mieux – selon les dires du ministre des Affaires étrangères – que le chef de l’État s’adresse au peuple endeuillé depuis les locaux du quai d’Orsay.

À sa gauche, Éva Derniss était assise, le regard glacial. Son visage parfait ne passait pas inaperçu. La presse en avait fait plusieurs fois une satire : femme politique ou mannequin politique ?

Éva observait, écœurée, la cervelle éparpillée dans l’assiette en porcelaine fine de limoge. Il lui semblait qu’on l’avait arrachée d’un crâne humain. Elle renonça à la goûter, reposa sa fourchette puis dégusta le vin grand cru qu’on lui avait servi.

Après deux années au quai d’Orsay, Éva Derniss avait été nommée ministre de l’Intérieur lors du dernier remaniement présidentiel. Président qui n’était autre que son mari. Les Français voyaient cette union d’un œil défavorable, d’autant plus qu’elle était le genre de femme à n’en faire qu’à sa tête. Elle ne l’accompagnait ainsi que rarement lors de ses déplacements.

Pour son allocution télévisée, la ministre Première dame avait conseillé à son mari de n’adresser aucune excuse aux Français. Une telle attitude révèlerait leur vulnérabilité, leur incapacité à se dresser contre le terrorisme avait-elle assuré.

Des politiques avaient fourni à la presse des documents pointant les failles du système des services de renseignements. Mais ce qui était surtout reproché, c’était que le président avait fait diminué les effectifs.

Isaac Martha n’était pas du même avis.

Le ministre des Affaires étrangères pensait pour sa part qu’il était du devoir du Président de présenter ses excuses au nom de la République que son gouvernement incarnait.

Le Premier ministre, Monsieur Édouard, n’avait quant à lui rien conseillé. Édouard était maigre, pas mince, mais bien maigre. Ses yeux étaient exorbités et ses bras étaient aussi frêles que ceux d’un enfant. On avait l’impression qu’une simple bousculade le ferait choir. Cet homme n’était pas incompétent, car il avait de bonnes idées. Mais il n’était pas assez autoritaire, il n’avait pas assez de prestance, de carrure.

– Bon, fit soudain le Président.

Ce simple mot fit sursauter la petite assemblée.

– J’insiste sur le fait que la présidence ne doit pas prendre à sa charge les failles du renseignement.

Elle repoussa son assiette comme si l’odeur de la viande lui était devenue insupportable.

– J’insiste, reprit Martha, du contraire.

– Peut-être faudrait-il exprimer des excuses, sans exprimer d’excuses, sortit Édouard à la surprise de tous.

La ministre première dame le dévisagea avec une telle hargne, que même sans mot, son regard signifiait : « Rendors-toi, TOI ».

– L’attaque ne vient pas de la République, reprit Éva.

Elle avait parlé sans réfléchir, comme si elle venait de dire quelque chose qui ne fallait pas, mais personne ne lui reprocha sa bourde.

– Liberté, égalité, fraternité. On vient d’attaquer la première valeur de la République, souligna Martha.

– On croirait entendre Billy Emman, lança la ministre première dame avec un mépris évident. Il nous a envoyé exactement la même chose que vous, Monsieur Martha. Mot pour mot. Reprendre le slogan de la république n’a vraiment aucun sens !

– D’ailleurs, nous l’avions invité ce grand scientifique, rappela le Premier ministre. Il se sent tellement supérieur.

Si on avait demandé au chef d’État : « Quel est l’homme le plus doué du monde ? », il aurait répondu sans une seconde d’hésitation : « Billy Emman. Celui qui guérit votre cerveau, voyons ».

– Il faut l’excuser. Il a beaucoup de travail. Mais ses conseils m’auraient été fort utiles, fit le Président d’un ton songeur.

– Il n’a fait que vous marteler qu’il ne fallait pas exprimer d’excuses, grogna Martha, qui avait toujours détesté le scientifique, sans réel motif.

– C’est curieux. Celui qui a soigné des millions de personnes au cours de ces cinq dernières années n’en a rien à foutre que des fous tuent des milliers de personnes, remarqua le Premier ministre. Et ce, alors même qu’il a un lien très intéressant avec le chaos de ces derniers temps.

Le ton qu’il avait employé donnait la désagréable impression que le plus grand scientifique du monde était un comploteur.

– Pourquoi parle-t-on de Billy Emman, bon sang ! s’énerva Éva.

– Il ne faut pas que les gens sachent que l’AZ-4 a été utilisé par Billy Emman pour soigner la pire des maladies de ce siècle. Et qui a été - qui est toujours - un acteur majeur de notre si bonne économie et qui a glorifié l’image de la France à l’international, rappela Martha.

– Je crains que cette information ne soit divulguée tôt ou tard. Au milieu de la foule qui réclamait mon expulsion, un clown criait que c’était le national-socialisme qui avait tué ces gens. Il sait donc qu’une expérimentation nazie est à l’origine de la guérison de ces millions de personnes, raconta Éva Derniss.

Personne ne répondit et le silence flotta quelques instants dans l’air. Le Président sortit alors de sa torpeur et se tourna vers le Premier ministre.

- Dites-moi Monsieur Édouard. Qu’entendiez-vous par exprimer des excuses, sans en exprimer ?

– Agissez avec tact. Il faut montrer que vous êtes le Président de la République. Il est indispensable que vous sortiez de cette allocution la tête haute.

Monsieur Édouard ajouta :

– Nous avons fait notre travail. La France a fait son travail. C’est ce qu’il faudra dire. On ne peut tout de même pas s’excuser d’avoir fait notre travail, tout en oubliant pas de compatir avec le peuple.

– Exprimer des excuses sans en exprimer ! bravo Monsieur Edouard, envoya le ministre des affaires étrangères avec un faux sourire.

– Les Français ne comprennent pas qu’on a laissé passer ça. Pour eux, nous n’avons pas fait notre travail, comme vous savez si bien le dire Monsieur Edouard, fit la première dame.

– Mais les Français sont des crétins, objecta Edouard. C’est la première fois qu’un pays se fait attaquer comme un vulgaire ordinateur. Un cheval de Troie s’est introduit dans des boîtes de nuit pour refourguer des doses d’une drogue nazie. Comment voulez-vous qu’un pays anticipe ce genre d’attaque terroriste perverse ?

Le terme « terroriste » les réduisit au silence. Encore une fois. Comme si le mot n’était pas exact. Comme si cette histoire n’était pas totalement vraie. Comme s’ils étaient conscients que la version de cette attaque avait fait l’objet d’un consensus.

– Je trouve qu’on s’en est très bien sorti, reprit-il.

– L’attaque a fait quinze mille victimes et vous trouvez qu’on s’en est bien sorti ? Jusqu’à présent, vous n’aviez rien conseillé, Monsieur Édouard. Alors, fermez-la, rétorqua le ministre des Affaires étrangères.

– Est-ce que Billy Emman ne pourrait pas les ressusciter par hasard ? Il a bien ressuscité le cerveau de millions de personnes, ricana Martha.

– Ce n’est pas drôle. Ces gens sont morts, 90 % d’entre eux n’avaient pas vingt cinq ans, fit le Président.

– C’est triste, mais la vie continue. Il nous reste deux années de mandat. Nous ne devons pas démissionner. Nous devons rester forts.

Le Président de la République se leva. La première Dame également. Ils se regardèrent intensément. Elle lui souffla un « bon courage » inaudible.

Il acheva son allocution télévisée à 20h 30. Les avis furent assez mitigés à vrai dire. On pouvait lire sur Twitter : « un Président trop neutre ». « Un Président dépassé ». Le Président n’ayant pas, comme le lui avait conseillé sa femme, formulé de claires excuses, quelqu’un avait écrit : « les excuses du Président sur sa décision de réduire les effectifs au sein des services de renseignement sont-elles taxables ? »

D’autres applaudissaient son discours, notamment en raison du fait qu’il avait assuré que la France ne capitulerait jamais face au terrorisme.

Après cela, le Président avait décidé de finir son week-end à la Lanterne. Sa femme avait affiché un grand sourire tout au long du trajet en caressant la main de son tendre.