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Diese 1897 veröffentlichte Novelle markiert das literarische Debüt von Thomas Mann. Sie enthält bereits die ersten Ansätze der großen Themen, die sein gesamtes Werk durchziehen werden: die selbstgewählte Einsamkeit, den Konflikt zwischen Begehren und Verzicht und die Verletzlichkeit der Seele angesichts der Leidenschaft. Es ist die Geschichte eines jungen, verwaisten, zerbrechlichen und behinderten Mannes, der sich aus der Welt zurückgezogen hat und in der Isolation ein prekäres Gleichgewicht findet. Die Ankunft einer jungen verheirateten Frau, schön, unnahbar, einsam und souverän, bringt seinen Rückzug aus der Welt durcheinander und offenbart die Schwächen eines Lebens, das von Gefühlen ferngehalten wird. Dieses Werk, das dem französischsprachigen Publikum noch wenig bekannt ist, verdient es, wegen seiner Ausdruckskraft und der erstaunlichen Reife seines damals 22-jährigen Autors wiederentdeckt zu werden. Es zeugt bereits von der psychologischen Tiefe und der sorgfältigen Erzählstruktur, die Thomas Mann zu einem der großen Namen der Weltliteratur machen werden.
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Veröffentlichungsjahr: 2026
Le petit Monsieur Friedemann
-
Edition Bilingue
Une nouvelle deThomas Mann
Titre original :
Der Kleine Herr Friedemann
Traduit de l’allemand parAdèle Liechtenstein
Avec :
Une préface originale
par Adèle Liechtenstein
Une biographie originale
par Adèle Liechtenstein
Publiée en 1897, cette nouvelle marque les débuts littéraires de Thomas Mann. Elle contient déjà les prémices des grands thèmes qui traverseront toute son œuvre : la solitude choisie, le conflit entre désir et renoncement, et la vulnérabilité de l’âme face à la passion.
C’est le récit d’un homme fragile, retiré du monde, qui trouve dans l’isolement un équilibre précaire. L’arrivée d’une jeune femme mariée, belle, inaccessible, solitaire et souveraine, vient bouleverser sa retraite et révéler les failles d’une existence tenue à distance des sentiments.
Cette œuvre, encore peu connue du public francophone, mérite d’être redécouverte pour sa puissance évocatrice et la maturité étonnante de son auteur, alors âgé de vingt-deux ans. Elle témoigne déjà de la profondeur psychologique et de la construction narrative minutieuse qui feront de Thomas Mann l’un des grands noms de la littérature mondial.
Cette édition bilingue, disponible en version numérique et imprimée, adopte un format aéré et étendu, spécialement conçu pour offrir aux lecteurs un espace généreux destiné à leurs notes personnelles.
Thomas Mann, né le 6 juin 1875 à Lübeck, est l’un des écrivains les plus marquants du XXe siècle. Issu d’une famille bourgeoise prospère, il voit son destin bouleversé par la mort prématurée de son père en 1891, événement qui le pousse à abandonner le monde du commerce pour se consacrer à l’écriture. Ses débuts littéraires sont marqués par la nouvelle Le Petit Monsieur Friedemann (Der kleine Herr Friedemann), publiée en 1896, qui raconte l’existence tragique d’un homme difforme et solitaire, humilié par une passion amoureuse. On y retrouve déjà les thèmes qui traverseront toute son œuvre : solitude, fragilité de l’individu, tension entre désir et renoncement.
Le succès arrive en 1901 avec Buddenbrooks, vaste fresque familiale qui décrit la décadence d’une dynastie bourgeoise de Lübeck. Ce roman, qui lui a valu le prix Nobel de littérature en 1929 (pour l'ensemble de son œuvre, mais en grande partie grâce à ce livre), établit Mann comme l’un des écrivains majeurs de son temps. Suivent des œuvres marquantes comme Tonio Kröger, La Mort à Venise et La Montagne magique, méditations sur la beauté, la maladie, le temps et la crise des idéaux européens. Mann devient une figure intellectuelle incontournable, capable de mêler introspection psychologique et réflexion politique.
Face à la montée du nazisme, Thomas Mann, qui était en voyage en Suisse au moment de la prise de pouvoir au début de 1933, a choisi de ne pas retourner en Allemagne. Il s’installe à Küsnacht, dans le canton de Zurich. Il s’exile ensuite de nouveau aux États-Unis en 1938.
Ses essais et discours dénoncent le totalitarisme et défendent la culture européenne. Il est l’auteur de plusieurs grands discours radiophoniques adressés à l’Allemagne dès 1940, dans lesquels il condamne ouvertement le nazisme et appelle ses compatriotes à résister à la barbarie. Dans Doktor Faustus, publié en 1947, il transpose la tragédie de l’Allemagne du XXe siècle dans la vie d’un compositeur fictif, Adrian Leverkühn, dont le destin maudit symbolise la corruption spirituelle d’un pays entier. Jusqu’à la fin de sa vie, il demeure une conscience morale respectée dans le monde entier.
Thomas Mann meurt le 12 août 1955 à Zurich, à l’âge de 80 ans, dans une clinique où il était hospitalisé. Il est enterré au cimetière de Kilchberg, au bord du lac de Zurich. Sa tombe, sobre et élégante, est devenue un lieu de mémoire littéraire. Mann avait choisi de rester lié à la Suisse, pays qui l’avait accueilli dès les années 1930 et où il avait trouvé refuge face au nazisme.
Son héritage est immense. Ses œuvres ont été traduites dans des dizaines de langues et continuent d’influencer écrivains, philosophes et lecteurs. Son style se caractérise par une rigueur intellectuelle, une profondeur psychologique et un humanisme critique. Il a su unir la narration classique à une réflexion philosophique moderne, et ses grands romans comme Buddenbrooks, La Montagne magique ou Doktor Faustus, ainsi que ses nouvelles comme Le petit Monsieur Friedemann et La Mort à Venise, incarnent la tension entre l’individu et l’histoire, entre la beauté et la décadence, entre l’art et la politique.
Ses romans et Tétralogie
Les Buddenbrook (Buddenbrooks. Verfall einer Familie): 1901
Altesse Royale (Königliche Hoheit): 1909
La Montagne magique (Der Zauberberg): 1924
Joseph et ses frères (Joseph und seine Brüder): 1933–1943 (Tétralogie en quatre tomes)
Charlotte à Weimar (Lotte in Weimar): 1939
Doktor Faustus: 1947
L'Élu (Der Erwählte): 1951
Les Confessions du chevalier d'industrie Félix Krull (Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull): 1954 (Inachevé)
Ses novellas et nouvelles Célèbres
Le petit Monsieur Friedemann (Der kleine Herr Friedemann): 1896
Paillasse (Der Bajazzo): 1897
Tonio Kröger: 1903
Tristan: 1903
L'Enfant prodige (Das Wunderkind): 1904
La Mort à Venise (Der Tod in Venedig): 1912
Désordre et douleur ancienne (Unordnung und frühes Leid): 1926
Mario et le Magicien (Mario und der Zauberer): 1930
Le petit Monsieur Friedemann
-
Edition Bilingue
Une nouvelle deThomas Mann
Titre original :
Der Kleine Herr Friedemann
Traduit de l’allemand parAdèle Liechtenstein
Die Amme hatte die Schuld. – Was half es, dass, als der erste Verdacht entstand, Frau Konsul Friedemann ihr ernstlich zuredete, solches Laster zu unterdrücken? Was half es, dass sie ihr ausser dem nahrhaften Bier ein Glas Rotwein täglich verabreichte? Es stellte sich plötzlich heraus, dass dieses Mädchen sich herbeiliess, auch noch den Spiritus zu trinken, der für den Kochapparat verwendet werden sollte, und ehe Ersatz für sie eingetroffen war, ehe man sie hatte fortschicken können, war das Unglück geschehen. Als die Mutter und ihre drei halbwüchsigen Töchter eines Tages von einem Ausgange zurückkehrten, lag der kleine, etwa einen Monat alte Johannes, vom Wickeltische gestürzt, mit einem entsetzlich leisen Wimmern am Boden, während die Amme stumpfsinnig daneben stand.
Der Arzt, der mit einer behutsamen Festigkeit die Glieder des gekrümmten und zuckenden kleinen Wesens prüfte, machte ein sehr, sehr ernstes Gesicht, die drei Töchter standen schluchzend in einem Winkel, und Frau Friedemann in ihrer Herzensangst betete laut.
C’est la nourrice qu’on blâmait. À quoi cela a-t-il servi que, dès les premiers soupçons, Madame la Consule Friedemann lui ait sérieusement recommandé de réprimer ce fâcheux excès d’alcoolisme ? À quoi cela servait-il de lui donner chaque jour, en plus de la bière nourrissante, un verre de vin rouge ? On découvrit soudain que cette domestique consommait aussi l’alcool destiné à l’appareil de cuisson, et avant qu’on ait pu lui trouver une remplaçante, avant même qu’on ait pu la renvoyer, le drame s’était déjà produit.
Un jour, alors que la mère et ses trois filles adolescentes revenaient d’une promenade, le petit Johannes, âgé d’environ un mois, gisait au sol, tombé de la table à langer, poussant un gémissement terriblement faible, tandis que la nourrice restait là, hébétée.
Le médecin, qui examinait avec une prudente fermeté les membres du petit être courbé et convulsif, affichait un visage très, très grave. Les trois filles sanglotaient dans un coin, tandis que Madame Friedemann, saisie d’une peur profonde, priait à voix haute.
Die arme Frau hatte es noch vor der Geburt des Kindes erleben müssen, dass ihr Gatte, der niederländische Konsul, von einer ebenso plötzlichen wie heftigen Krankheit dahingerafft wurde, und sie war noch zu gebrochen, um überhaupt der Hoffnung fähig zu sein, der kleine Johannes möchte ihr erhalten bleiben. Allein nach zwei Tagen erklärte ihr der Arzt mit einem ermutigenden Händedruck, eine unmittelbare Gefahr sei schlechterdings nicht mehr vorhanden, die leichte Gehirnaffektion, vor allem, sei gänzlich gehoben, was man schon an dem Blicke sehen könne, der durchaus nicht mehr den stieren Ausdruck zeige wie anfangs ... Freilich müsse man abwarten, wie im übrigen sich die Sache entwickeln werde – und das Beste hoffen, wie gesagt, das Beste hoffen ...
La pauvre femme avait dû endurer, avant même la naissance de l’enfant, la mort soudaine et brutale de son mari, le consul des Pays-Bas, emporté par une maladie aussi rapide que violente. Elle était encore trop brisée pour pouvoir espérer, ne serait-ce qu’un instant, que le petit Johannes lui serait épargné. Mais deux jours plus tard, le médecin la rassura d’une poignée de main en déclarant qu’il n’y avait absolument plus aucun danger immédiat. Le trouble cérébral, surtout, était entièrement surmonté, ce que l’on pouvait déjà voir au regard, qui ne portait plus du tout l’expression fixe qu’il avait au début…Bien sûr, il fallait attendre pour voir comment les choses allaient évoluer. Et espérer le meilleur, comme il l’avait dit, espérer simplement le meilleur...
Das graue Giebelhaus, in dem Johannes Friedemann aufwuchs, lag am nördlichen Thore der alten, kaum mittelgrossen Handelsstadt. Durch die Hausthür betrat man eine geräumige, mit Steinfliesen versehene Diele, von der eine Treppe mit weissgemaltem Holzgeländer in die Etagen hinaufführte. Die Tapeten des Wohnzimmers im ersten Stock zeigten verblichene Landschaften, und um den schweren Mahagoni-Tisch mit der dunkelroten Plüschdecke standen steiflehnige Möbel.
Hier sass er oft in seiner Kindheit am Fenster, vor dem stets schöne Blumen prangten, auf einem kleinen Schemel zu den Füssen seiner Mutter und lauschte etwa, während er ihren glatten, grauen Scheitel und ihr gutes, sanftmütiges Gesicht betrachtete und den leisen Duft atmete, der immer von ihr ausging, auf eine wundervolle Geschichte. Oder er liess sich vielleicht das Bild des Vaters zeigen, eines freundlichen Herrn mit grauem Backenbart. Er befand sich im Himmel, sagte die Mutter, und erwartete dort sie alle.
La maison grise à toit pointu à pignon, où Johannes Friedemann avait grandi, se trouvait près de la porte nord de la ville. C’était une vieille ville commerçante à peine de taille moyenne. La porte d’entrée donnait sur un hall spacieux doté de dalles de pierre, d'où un escalier aux balustrades de bois blanc menait vers les étages. Le papier peint du salon du premier étage représentait des paysages décolorés, et des chaises aux dossiers raides entouraient une lourde table en acajou, recouverte d’une nappe en velours rouge foncé.
C’est là qu’il s’asseyait souvent, enfant, près de la fenêtre. Devant la fenêtre s’exhibaient toujours de magnifiques fleurs. L’enfant était posé sur un petit tabouret, aux pieds de sa mère. Il écoutait, fasciné, les histoires merveilleuses qu’elle racontait. Il observait la raie lisse et grise de ses cheveux, son visage doux et bienveillant. Il respirait le parfum subtil qui enveloppait toujours sa mère. Parfois, il demandait à voir le portrait de son père. C’était un homme aimable, avec des favoris gris. Il était au ciel, disait sa mère, et les attendait tous là-bas.
