Les Aventures de Boris RAISO - Maurice Raisonnier - E-Book

Les Aventures de Boris RAISO E-Book

Maurice Raisonnier

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Beschreibung

Boris RAISO est mon surnom.. Retraité après une vie riche en événements, je ne pouvais aujourd'hui que mettre noir sur blanc ces 9 épisodes de mon existence. Si la fiction est bien présente dans chacun d'eux, les lieux, les photographies sont bien réels. Seuls les noms des acteurs ont été modifiés.....

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Seitenzahl: 389

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Ähnliche


Sommaire

AU DOMAINE DU GOLF !!!

L'ARRIVEE

DIMANCHE

LUNDI

MARDI

MERCREDI

JEUDI

JEUDI SOIR

VENDREDI

ET SAMEDI

LES CAVES DU 70.......!

PROLOGUE

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

EPILOGUE

LA MARE AU DIABLE......!

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

CHAPITRE 10

CHAPITRE 11

DJERBA LA DOUCE.....!

PROLOGUE

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

EPILOGUE

L'énigme de Chante Merle

PROLOGUE

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

9ème et dernier CHAPITRE

LE CLUB DES 5...... A TRIPIER !

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

CHAPITRE 10

CHAPITRE 11

CHAPITRE 12

CHAPITRE 13

EPILOGUE

LE MYSTERE DE LA D 471

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

ET COMME TOUTE NOUVELLE AVENTURE A UNE FIN........

UNE SEMAINE A PAIMPOL !

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

CHAPITRE 10

CHAPITRE 11 ET DERNIER....

LA TRAGEDIE

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

CHAPITRE 10

CHAPITRE 11

CHAPITRE 12

EPILOGUE

L'ARRIVEE

Par un pluvieux samedi midi de Novembre, me voilà à Ammerschwihr, petite ville d'Alsace, tout à côté de Colmar. Il ne fait pas beau, une petite pluie fine, on se croirait en Bretagne, si ce n'était les vignes à perte de vue. Elles ne sont pas luxuriantes ces vignes à cette saison, toutes fanées, on les dirait abandonnées.

C'est faux, bien sùr. C'est peut être maintenant, à part le moment des vendanges, où elles nécessitent le plus d'attention, nettoyer les terrains, couper les vieux sarments fatigués, rafraichir les rameaux et les attacher un par un. Oui, beaucoup de travail en vérité.

Ammerschwihr est curieuse. Toutes ses rues, aussi pittoresques les unes que les autres, avec ses maisons colorées, en jaune, en bleu, avec des colombages rappelant l'époque médiévale. Les balcons sont encore fleuris de géraniums qui ne se résignent pas à mourir. Mais ce qui frappe le voyageur novice, c'est le nombre de viticulteurs, exploitants ou négociants.

Chaque rue voit s'afficher une nouvelle raison sociale, Schneider, Heismann, Sparr,....... et autres . C'est à croire que chaque habitant est vigneron, ce qui est d'ailleurs peut être vrai! Même le nom des rues rappelle le vignoble, rue de Kaefferkopf, rue des sarments, rue de la cave. Il faudra que je prenne le temps de les répertorier, ce sera sûrement amusant

Mais pour le moment, direction le golf, dans la résidence où j'ai loué un appartement, pendant une semaine. Pour ce faire, passage sous la porte haute, monumentale et ancestrale, surmontée d'une tour du 13ème siècle, coiffée majestueusement d'un nid de cigognes, momentanément vide.

Quelques centaines de mètres plus loin, voici l'entrée du domaine. 60 hectares dans la nature, d'un aménagement exemplaire, 118 trous plus 9 pour les débutants. Mais attention, je n'ai pas choisi cette destination pour m'adonner à ce sport. Je n'ai rien contre, mais 5850 mètres de parcours, tout en bosses, c'est trop dur pour moi.

Non, j'ai opté pour ce domaine , par l'intermédiaire d'un voyagiste car je le connaissais déjà, l'avais déjà apprécié pour son calme et son emplacement central dans la région que j'ai choisie; En outre, au sous sol, il y a une merveilleuse piscine chauffée où je peux m'ébattre en toute liberté, surtout que j'y suis souvent seul, les golfeurs ayant d'autres chats à fouetter. L'installation est rapide, tout étant fourni et j'en profite pour prendre un peu de repos, six heures de voiture, ce n'est pas le bout du monde, mais à mon âge......

DIMANCHE

Me voilà réveillé de bon matin, de bon poil, avec un appétit d'ogre. En plus le soleil est là, on dirait qu'il m'attendait. La direction faisant bien les choses, je m'empresse d'entr'ouvrir ma porte et de m'emparer du sac à croissants accroché à la poignée. Mais non, ce n'est pas un geste commercial, malheureusement, il suffit de passer la commande la veille, faut pas rêver!

Après ce petit festin, il est l'heure d'aller vérifier si la piscine est toujours là, direction le moins 1. Rien qu'à l'odeur de chlore dans le couloir, plus persistante au fur et à mesure de l'approche, elle est bien là!

La porte est pourtant fermée. Eh oui, il n'est pas encore 10 heures. J'avais oublié ce détail, mais ô miracle, le responsable arrive à point et me donne accès aux lieux..

Ils sont sympas, très propres et comportent, outre le bassin d'une bonne taille, pas olympique, bien sùr, mais quand même, un sauna, une salle de fitness avec pas moins de six appareils, rameur, vélo d'appart, et autres; . Bien, il va falloir que je m'y mette, enfin, un peu !!

Pour l'instant, passage sous la douche et hop, à l'eau ! Ce qu'elle est bonne !

Pas trop chaude, juste à point.

Mais toutes bonnes choses ont une fin et au bout d'une demi heure, fourbu, j'abandonne. Il faut dire aussi que le sport et moi, ça fait deux et que lorsque je

m'y remets un peu, l'organisme se venge, la vache !

Au sortir du local, je me retrouve nez à nez avec l'homme qui m'avait ouvert et, naturellement,

la conversation s'engage:

- Hello, alors, quelques longueurs ce matin ?

- Bof, plutôt quelque largeurs, pour commencer !

- Vous êtes là pour longtemps ?

- Non, Une semaine, pour me ressourcer.

- Bon, vous serez bien au golf. C'est calme et les environs sont très pittoresques.

- Je connais un peu. C'est d'ailleurs pour ça que je suis revenu ici.

- Au fait, je m'appelle Hervé, je suis employé au Domaine et je m'occupe d'un peu de tout.

Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas, vous me demandez à la réception, mais pas après 18 h.30, le soir, je m'entraine.

- Ah bon, vous êtes sportif ?

– Oui, je joue dans l'équipe de foot de Colmar, au SRC, les Sports Réunis de Colmar. Mais je joue souvent dans la cage, je préfère ce poste, c'est goal!, non c'est cool ! Cette saison, on joue en CFA.

- C'est bien d'avoir une passion comme celle là, cela maintient la forme ! Alors bon courage et merci de votre offre, je ne manquerais pas d'en profiter.

Avant de quitter ce charmant monsieur, je lui soutirais quelques bonnes adresses de « caves » et restaurants intéressants, ce qu'il m'informa de bonne grâce.

De retour à ma chambre, je me tiens une petite réunion avec moi même pour établir un plan des réjouissances, compte tenu des dates d'ouverture des différentes activités proposées.

L'Alsace, c'est bien, mais il faut se méfier des caprices du calendrier. le Dimanche, tout estfermé, le soir, dès 18 heures, plus de boutiques ouvertes, et les marchés de Noël, principale attraction à cette époque n'ouvrent qu'à partir du 25. Donc, cet après midi, mieux vaut se diriger vers les grandes surfaces du coin pour faire quelques provisions.

Là, pas de problème, il n'y a que l'embarras du choix et je passe quelques heures sympa car là, contrairement à nos supermarchés de la région parisienne, il n'y a pas de stress. On se ballade à l'aise dans les allées, les vendeuses sont accueillantes, avec toujours un petit mot gentil.

Et la bouffe!Il faut en parler de la bouffe. Je dirais même LA BOUFFE, en majuscules, chaque rayon spécialisé regorge de produits les plus alléchants les uns que les autres, des produits du pays que l'on ne trouve pas chez nous.

Alors, on se laisse tenter, une petite choucroute par ci, un petit jambon à la diable par là ! Pour le dessert ( ou pour l'apéro ), il ne faut pas oublier le Kouhgloff.

Et les vins.......Un Crémant pour commencer, un Pinot noir pour suivre et, surtout, un merveilleux Gewurstraminer pour terminer le repas.

A me lire, on croirait que je ne suis venu en Alsace que pour les plaisirs de la chair! Le retour va s'effectuer en passant par Kaysersberg, petit village tout à côté.

Pittoresque aussi, dans le style. Mais ce n'est pas le plus beau ! Pour moi, c'est Riquewihr le plus joli.. Je me le réserve pour demain.

Kaysesberg, c'est autre chose ! Le passé est plus présent ( si j'ose dire ).

On retrouve des vestiges qui n'ont pas pris une ride, comme le vieux pont sur la Weiss au bout du village. C'est un pont fortifié, datant du 13ème lui aussi, avec ses deux arches voutées. Au milieu, une niche abritant la vierge Marie.

De part et d'autre, la rivière, que dis-je, le torrent dévale à toute allure entre deux rangées de vieilles maisons couvertes de lierre. L'hotel de ville, ainsi que la fontaine sont , eux, renaissance. On remarque d'ailleurs beaucoup de maisons de cette époque, aussi belles les unes que les autres: c'était des maisons de seigneurs ou de riches viticulteurs. On retrouve leurs armoiries sur les façades..

Dominant le village, on aperçoit encore les ruines du château qui protégeait la petite ville des agressions, nombreuses pendant ce siècle, déjà la guerre des clochers....

La nuit tombe, et il n'est que 17 heures.

Après avoir flané paresseusement entre les rares boutiques ouvertes ( elles se réservent pour les marchés de Noël, prévus pour la fin de la semaine ), je décide de rentrer pour me consacrer à mettre à jour mon dossier photos, sur mon ordinateur que je n'ai pu me résigner à laisser à la maison.

LUNDI

A pied d'oeuvre dès 9 heures, quelques ablutions, un bon petit déjeuner et hop, direction la piscine.

Là, je ne vais pas me faire avoir et à 10 heures tapantes, devant la porte.

Fermée !

Bon ! Pas de panique, Hervé a eu une petite panne d'oreiller..

Je tue le temps en consultant le plan de sécurité affiché au mur, en prenant bien mon temps. J'en profite aussi pour aller récupérer mes chaussures de marche restées dans ma voiture, sur le parking. Pas plus de dix voitures sur ce parking et il a fallu qu'un individu vienne se garer jusqu'à côté de la mienne, je ne pourrais même pas ouvrir ma portière ! Un coupé Laguna, un 68 en plus !

Toujours pas d' Hervé à l'horizon.

Vers 10 heures 15, un peu excédé quand même, je rejoins ma chambre et, composant le 9, appelle la réception:

- Allo, bonjour. Ici le 116.

– Oui, bonjour monsieur. Lagrange à votre service !

– Je suis étonné de ne pas voir la piscine ouverte ce matin. Il y a des jours sans ?

– Non, Pourquoi ?

- Eh bien parce que la porte est fermée !

- Il faut faire le code !

- Mais je l'ai fait !

- Et elle ne s'ouvre pas ? C'est bizarre ça. D'ailleurs, je

– m'étonnais tout à l'heure de ne pas encore avoir vu Hervé ce

– matin. Si vous pouvez attendre un peu, vous pourriez patienter dans votre chambre le temps que j'essaie de joindre notre homme sur son portable!

– - OK, je ne suis particulièrement pas pressé. J'attends votre appel !

- Alors attendons !

Des revues publicitaires étant déposées en abondance sur la table basse, je me mis à les consulter avec intérêt, surtout celles décrivant les magnifiques châteaux jalonnant les sommets avoisinants. Le Haut Koenisbourg ! Une pure merveille ! Passer la haute porte, c'est plonger dans l'univers du moyen âge. La cour basse, pont- levis, salle d'arme, donjon et canons rappellent aussi à chaque instant la vocation de cette forteresse de montagne, plusieurs fois assiégée, détruite et pillée. Avec son auberge, sa forge et son moulin, aux escaliers en colimaçon qui mènent aux appartements meublés du seigneur, on découvre une architecture, un mobilier, et une atmosphère chargés d'histoire.

Aujourd'hui restaurée pour le plus grand bonheur des amateurs de chateaux forts, elle domine de sa silhouette caractéristique les nombreuses forteresses de la région;

Mais je parle, je parle et le téléphone qui sonne:

- Oui, alors je peux y aller ?

- Et bien, non ! Non ! nous avons un petit problème ! Hervé est introuvable. Son portable ne répond pas et il n'est pas chez lui, nous avons vérifié.

- Et moi, je fais quoi ? Vous devriez bien avoir un jeu de clés en double quand même,

- Justement, c'est là où est le problème . Car si l'absence d'Hervé peut avoir une explication valable, la disparition du trousseau de rechange ne s'explique pas, elle !

- Ce trousseau est généralement accroché dans une armoire fermée à clé, elle même étant en ma possession. Il est vrai qu' Hervé en avait aussi une.

- Enfin, ce n'est pas grave, je vais me passer de bain ce matin. De toutes façons, vu l'heure, ce serait un peu tard. Vous me tenez au courant?

- D'accord; Dès que ce contre temps sera réglé, je vous avise! Vous savez, c'est aussi sympa, une baignade en nocturne !!!

Et voilà, changement de programme.

Je vais donc en profiter pour aller retenir une table pour ce midi, dans un petit resto indiqué la veille par Hervé, « les lavandières » à Bergheim, un peu plus loin que Ribeauvillié.

En passant, au détour de la route, quelle surprise de découvrir un champ de.......cigognes!

Au moins une cinquantaine ! Mais ce n'est qu'un élevage. Je ne sais pas où sont passées celles que l'on voit habituellement sur les toits, peut être parties au soleil ?

Arrivé à Bergheim, je suis agréablement surpris par cette petite ville entourée de remparts, avec des tours très bien conservées et des fleurs partout. Le restaurant se trouve près de l'entrée et, chose rare, il y a de la place pour se garer !

Belle allure, ce restaurant, à l'ancienne, d'entrée, dès que l'on approche de la porte, une odeur.....! Je ne sais pas ce que c'est, mais ça sent bon ! La porte franchie, le chef se précipite et, avec une mine réjouie: :

- Bonjour monsieur. Vous voulez réserver ?

- Exactement !

– Pour quand ?

- Mais pour ce midi !

- Ah, je suis désolé, mais nous sommes complet !

- Pas de chance, je viens d'Ammerschwihr, de la part d'Hervé ! Il m'a même conseillé de demander Nathalie !

- Nathalie, c'est ma femme, mais elle n'a pas le pouvoir de pousser les murs !

- Et bien, tant pis, je reviendrais dans la semaine !

- Je vous recevrais avec plaisir, mais si vous pouviez passer un coup de fil avant, ce serait mieux. Voici notre carte avec notre numéro !

- Merci et alors, à bientôt

- Au revoir, monsieur, bonne journée !

Me revoila dans la rue, bien embêté car l'heure tourne et, ce midi, je n'ai pas envie de me retrouver devant ma poêle à frire. Je reprends donc la route , direction Ribeauvillié où là, je suis sùr de trouver quand même une bonne table.

Et je l'ai trouvée ! L'Hotel du Mouton ! Admirablement situé sur la place de la fontaine, en plein centre ville, il affiche une carte et des menus plus qu'alléchants.

Je n'hésite pas un seul instant, pénètre dans l'établissement décoré jaune et aubergine, avec des nappes dans le même ton . De la place, il y en a !

Aussitôt installé, voilà la carte et une proposition de cocktail maison qui me va à merveille. Un Gewurst. deux doigts de liqueur framboise et trois cerises griottes.

Je prends le menu intermédiaire. Galantine de langouste sauce curry, confit de canard accompagné de marrons et pleurotte de champignons, et pour finir, une tarte tatin à la glace!

Et pour moins de vingt euros, tout ça ! Ah, j'oubliais, le petit Pinot gris pour faire bonne mesure.

Le repas terminé, le ventre bien gonflé, car le menu était sympa, c'est vrai, mais la réalité des assiettes était là aussi. Tout était vraiment très bon, qualité et

quantité, que demander de plus ? Avec la langouste, il y avait une écrevisse cuite, ou un gadget en plastique rouge ?

Après enquète, c'était une vraie ! Pour digérer, il ne me reste plus que me ballader dans le village, tout est prétexte pour m'arrêter devant chaque boutique, bavarder un peu avec les commerçants, grignoter un petit macaron par là, un petit gateau alsacien par çi, je n'irais pas jusqu'à dire un petit verre! Je reviens doucement vers le Domaine et, au lieu de regagner ma chambre directement, j'ai l'idée de passer par la réception, pour voir où en sont les choses. 14

- Bonsoir, C'est moi le 116 !

- Ah, bonsoir monsieur, je ne mettais pas de visage sur mon interlocuteur de ce matin, maintenant c'est fait.

- Et Hervé, il a refait surface?

- Et bien non! C'est vraiment un mystère. Ce n'est pas dans ses habitudes de nous faire faux bond comme ça ! Quand il a un ennui quelconque, il nous en prévient et tout va bien; Là, rien ! Pas un mot !J'ai donc demandé au serrurier de Kaysesberg de venir demain matin pour ouvrir la piscine et la laverie, qui est dans le même cas, et si besoin, changer les serrures.

- Et bien voilà ! Rendez vous demain matin ! A part ça, son absence doit quand même vous poser des problèmes d'intendance, non ?

- Pour l'instant, il n'y a pas grand monde, donc on se débrouille, mon mari et moi, enfin, je me débrouille car mon mari est parti hier matin de bonne heure

- C'est pas sympa, ça !

- Il ne pouvait pas savoir! Il a reçu un appel de la voisine de sa mère, à Saint Dié, elle a été hospitalisée d'urgence. Et vuson grand âge, ça ne présage rien de bon !! Mais il m'a appellé dans la matinée, son état est stationnaire et il pense rentrer demain !

- OK, alors bon courage et à demain ! Il vient à quelle heure, votre serrurier ?

- Si je ne l'annule pas, il vient vers 9 heures.

Parfait, je pourrais faire ma séance de piscine. !

MARDI

Je vais quand même attendre un peu avant de descendre, mais dès 10 heures, je suis devant la porte de la piscine. Le code a été désactivé, aussi j'entre directement. Qu'il fait chaud là - dedans, vite à la douche, et je me jette à l'eau.

Ah, ce que c'est bon ! Je me paye un peu de sous marin, sans être un fan de l'apnée, mais de temps en temps, ça change de la brasse !

Mais, c'est quoi ce truc au fond ? On dirait un trousseau de clés ! Je plonge donc, 1m50, ce n'est pas le bout du monde, et je ramène effectivement un trousseau de clés assez conséquent.

Serait-ce celui d'Hervé ? Bon, je l'apporterais tout à l'heure à la réception.....

Mais après quelques minutes, quelque chose m'interpelle. Comment les clés se trouvent dans le bassin si la porte a, ensuite, été fermée à clé ?

Non, je ne peux attendre d'avantage et, me sèchant rapidement, je me dirige vers l'accueil.

- C'est déjà moi ! Regardez ce que j'ai trouvé !

- Super, c 'était où ? C'est le trousseau de rechange !

- Je vous le donne en mille ! Dans le fond du bassin !

- Dans la piscine ? Ca alors ! Comment est ce possible ?

- Hervé a dû fermer avec sa clé perso !

- Vous avez raison, mais il va quand même falloir qu'il me donne des bonnes explications, le bougre.

- Par contre, quelqu'un a t il retenu une séance de sauna ce matin, parce que, à mon avis, il marche à fond !

- Non, personne ! Vous êtes sùr ?

- Sùr, non, mais, par rapport à la dernière fois où je me suis baigné, il fait nettement plus chaud quand on entre dans le local

- Allons bon, encore un blèm'. Moi, je ne peux quitter le comptoir. Cela vous embêterais de le fermer en passant ?

- Je ne sais pas comment ça marche !

- C'est simple, il suffit de mettre le seul bouton accessible au public sur Arrêt..

- Alors c'est d 'accord, j'y vais ! A plus tard!

Décidément, même en vacances il faut bosser ! Mais je me mets à la place de cette charmante dame, elle ne peut pas se mettre en quatre. Quelques minutes plus tard, me revoila devant cette porte, toujours ouverte et c'est vrai, quelle chaleur ! Le boitier de commande est bien là, avec un seul bouton, en fait, un petit interrupteur à deux positions. Hop, sur Arrêt. C'est fait.

La curiosité étant un vilain défaut, je ne peux m'empécher d'ouvrir la porte de la cabine pour voir si elle est vraiment supportable, cette chaleur !

Dure à ouvrir, cette porte. Elle est très épaisse et très lourde, aussi je force un peu et, là, c'est la cata ! L'horreur !!!!!

Hervé ? Enfin je suppose, mais, tout de suite, je pense à lui !

Pas joli, joli; Il est tout recroquevillé sur le sol du sauna, bloquant ainsi la porte. Son visage est tout violaçé et pour tout dire, une autopsie n'est pas nécessaire pour constater que notre ami est mort !

Adieu mes vacances tranquilles car, je ne me suis pas présenté: Boris. Boris Raiso, ancien détective privé, en retraite bien méritée.....Je ne pourrais pas rester simple spectateur aux investigations policières, cela me serait impossible !

Dans l'immédiat, je décroche le téléphone de secours relié directement avec l'accueil :

- C'est encore moi ! Je vous appelle d'en bas ! Venez tout de suite !

- Je ne peux pas, mon comptoir, et il y a du monde !

- Tant pis, Dites que vous êtes obligée de vous absenter; c'est important et urgent.

Et top, je raccroche !

Je reviens vers le corps et, sans rien toucher bien sùr, j'essaie de le regarder de plus près. On voit nettement qu'Hervé a été étranglé. Un très fin sillon est visible tout autour du cou, très profond, mais il n'y a aucun objet pouvant avoir servi à l'acte, dans son environnement immédiat.

Un violent coup dans la porte m'annonce la maitresse des lieux qui, d'emblée, me demande si je n'exagère pas en peu, la déranger comme ça, en plein travail !Je ne réponds pas, lui désigne d'un geste l'entrée du sauna, sans un mot !

Calmée, elle se penche et pousse un cri. Je m'y attendais, les femmes poussent toujours un cri en découvrant un cadavre.

- C'est bien Hervé ?

- Oui, c'est lui; Mon Dieu! Que lui est il arrivé ?

- Et bien, à priori quelqu'un lui voulait du mal !

- Mais, c'est pas possible, pas lui !

- De toute manière, il faut prévenir les gendarmes d'Ammerschwihr !

- Il n'y en a pas, les plus près sont à Kaysesberg !

- Ca ne change rien ! On peut, avec ce téléphone ?

- Non ! Il n'est relié qu'à la réception !

- Alors, mon portable, avec le 17 !

Pas fâché, d'ailleurs, de prendre les choses en main ! Après quelques instants d'attente, je suis mis en relation avec une gendarmette à qui je relate brièvement les faits. Comme je m'y attendais, elle me dit de rester sur place en attendant ses collègues qui ne sauraient tarder, la gendarmerie n'étant qu'à quelques kilomètres.

- Il n'y a plus qu'attendre! Vous connaissiez bien votre employé?

- Un peu. Vous savez, les Alsaciens ne sont pas très communicatifs quand il s'agit de leur vie privée. Tout ce que je sais, c'est qu'il vivait seul et avait une soeur, mariée depuis peu qui vit à Colmar.

- Vous avez ses coordonnées ?

- Même pas, et je ne connais pas non plus le nom de son mari !

- Les gendarmes vont bien la localiser, ils ont des moyens, eux !

- Et lui, il habitait où ?

- A Ammerschwihr ! Il logeait chez Adam, le viticulteur, qui loue aussi des chambres !

- On va remonter à l'accueil, pour attendre ces messieurs, ils ne vont pas nous trouver dans ce sous sol ! Non, je vais y aller seul, vous restez ici, on va fermer la porte, veillez à ce que personne ne puisse entrer.

Sur ce, je laisse cette brave femme à son angoisse et rejoins l'accueil où , effectivement, quelques résidents attendent le retour de la préposée. Je les prie de bien vouloir remettre à plus tard leurs réclamations ou autres demandes, leur expliquant qu'un sérieux incident ( ! )l'empêche de rejoindre son poste dans l'immédiat.

D'ailleurs, la lueur bleue du gyrophare des gendarmes met un terme aux demandes, aux “ pourquoi” et je m'avance vers les forces de l'ordre.

Deux véhicules viennent se garer devant la porte, la Clio duchef et le fourgon classique d'où descendent une demi douzaine d'hommes en bleu. Le chef a l'air sympa, pas trop arrogant de prime abord ! Je vais vers lui, me présente :

- Bonjour mon Lieutenant, Boris Raiso. C'est moi qui ai téléphoné à la brigade, après avoir découvert le corps de ce malheureux Hervé !

- Bonjour, Lieutenant Berger! Vous n'avez touché à rien?

- Non, rassurez vous, je connais les usages !

- Vous pouvez nous mener sur les lieux?

- Bien sûr, suivez moi !

Laissant un homme en faction, il m'accompagne au sous sol, avec le reste de son équipe et, tout en marchant, je lui résume les péripéties m'ayant mené à son appel.

Les instants qui suivirent furent consacrés aux examens minutieux de la “ scène du crime”, à la demande de renforts, notamment de la Police scientifique pour les empreintes et les photos indispensables et nécessaires dans ce genre d'enquête.

Le médecin légiste, arrivé un peu plus tard, lui aussi, a confirmé la thèse de l'étranglement, mais, d'après lui; il avait été précédé d'un coup violent au visage, ayant probablement entrainé une perte de connaissance. La strangulation a donc été perpétrée après.

Ces opérations terminées, une ambulance pût emmener le corps vers l'Institut Médico Légal de Colmar. Une autopsie sera pratiquée dès que possible.

Ce n'est que maintenant, si l'on peut dire, que les choses sérieuses ont débuté !

Le Lieutenant Berger ayant préféré enregistrer nos dépositions dans ses locaux, Mme Leclerc; la gérante ( je connais enfin son nom ! ), a dû fermer la réception du domaine et nous avons été priés tous les deux de se joindre au petit convoi repartant pour Kaysesberg. Je suivais avec ma propre voiture, pour faciliter notre retour.

Chacun de notre côté, nous avons relaté les faits, relu et signé nos déclarations, les gendarmes, il faut le dire, ayant été très diligents.

Avant de repartir, j'ai demandé à revoir le lieutenant. Quelques instants après, il me reçut dans son bureau et, cordialement, m'invita à m'asseoir

- Excusez moi, mon lieutenant, mais je tenais à vous demander de me faire une faveur. Je sais que ce n'est pas bien régulier, mais j'aimerais beau-coup participer à l'enquête à vos côtés !

- En effet, ce n'est pas dans nos habitudes de mêler un civil à nos investigations !

- Je le sais bien, aussi, en sortant mon portefeuille, c'est en tant que membre de l'association R.E.S.GEND que je sollicite cette faveur !

A l'appui de mes paroles, je lui remet ma carte de sociétaire, naturellement à jour de mes cotisations. Il s'agit de l'association des réservistes et sympathisants de la gendarmerie, dont je suis membre depuis quelques années, ça peut toujours servir !

Il me la rend avec un léger sourire et d'emblée, m'annonce:

- C'est bon, j'accepte, mais ce n'est pas pour autant que je vous autorise une enquête parallèle. Dans cette affaire, c'est moi le patron !

– Affirmatif ! Je vous remercie ! Et pour vous prouver ma bonne coopération, reparlons des clés.

- Pourquoi les clés ?

- Justement ! Il y a deux jeux de clés. Celui détenu normalement par la victime et celui rangé dans une armoire, à la réception. Comme j'ai trouvé le trousseau provenant de l'armoire, c'est Mme Leclerc qui l'a reconnu, l'autre aurait dù être retrouvé sur le corps d'Hervé ! Or, à priori, ce n'est pas le cas ! C'est donc l'agresseur qui le lui a subtilisé et qui s'en est servi pour fermer le local, après avpoir dissimulé sa victime dans le sauna, sans oublier de le mettre en route, et à 85°C par dessus le marché!

- Cest juste, trouvons les clés et nous aurons le coupable!

- Plus facile à dire qu'à faire ! Surtout qu'il ne les a sûrement pas gardées dans sa poche ! Pour le moment, nous allons voir chez lui et, dans un deuxième temps, voir du côté de son club de foot !

- Il faut aussi retrouver sa famille !

- Ca, on s'en charge !

Sur ces bonnes paroles, je pris congé de mon « collègue » et retrouvais Mme Leclerc, je l'avais oubliée, qui m'attendait devant ma voiture.

Le retour fût rapide, nous avons simplement échangé quelques impressions et je déposais madame devant sa réception où , malgré le temps passé à la gendarmerie, plusieurs personnes attendaient pour avoir des explications sur les évènements. Je fis alors un bref résumé de ce qui s'était passé, sans m'étendre sur les détails. Personne ne connaissant la victime, les commentaires furent brefs et le petit groupe se dispersa rapidement.

J'en profitais pour regagner ma chambre et, pris d'une idée subite , sortis mon ordinateur pour consulter, si c'est possible, le site du SRC. Après quelques recherches, je trouve mon bonheur, le SRC joue habituellement au Colmar Stadium, un magnifique stade dans la périphérie de Colmar.

Quelle heure est il ? 18 ! Mais c'est bon ça, j'ai tout mon temps pour aller trainer mes guêtres par là bas, et participer quelque peu à l'entrainement ! Aussitôt dit, aussitôt fait et une demi-heure plus tard, je me gare sur le parking du stade; Mais que vois-je ? Ne dirait-on pas la Laguna coupé de l'autre jour ? C'est vrai qu'elle n'est pas unique, mais même couleur, immatriculée 68 aussi, quoique dans le Haut Rhin, ce n'est pas rare !

Quand même, cela me semble une coincidence troublante et, avisant un gardien à l'entrée du stade, je me dirige vers lui et lui demande:

- Pardon, monsieur, je suis bien embêté car j'ai légèrement accroché la Laguna garée là-bas, vous ne connaissez pas le propriétaire?

- La noire, là, c'est celle de Morin !

- Ah bon, et c'est qui, ce Morin?

- L'entraineur, pardi. il est sur le terrain , avec un survètementrouge, vous ne pouvez pas le louper !

- Merci, je peux donc entrer?

- Bien sùr, mais restez sur les bords du terrain !

- Pas de risque, j'ai pas mes crampons !

Me voilà donc dans la place et repère rapidement le Morin en question. Grand, costaud, il ne doit pas falloir lui chercher des crosses à ce monsieur ! Je le regarde évoluer pendant toute la durée de l'échauffement, attendant qu'il regagne sa voiture.

En effet, n'ayant pas de pouvoir d'enquête, je suis obligé de biaiser si je veux avoir quelques renseignements intéressants.

Je n'attends pas longtemps et, tant pis, je me lance:

- Bonsoir monsieur, je viens d'assister à votre entrainement. C'est un sacré boulot de s'occuper comme ça d'une équipe de foot !

- Oui, bonsoir ! Oh vous savez, c'est plus un plaisir qu'une corvée !

- D'accord, je veux bien vous croire. Cela fait plusieurs que je viens comme ça en curieux, car je fais partie de la FIFA, et je suis surtout chargé de dénicher de jeunes futurs talents !

- Mais il fallait le dire, je vous aurais présenté quelques bons gars !

- En fait, je cherche surtout des gardiens de but et j'en avais repéré un l'autre jour qui m'avait l'air d'être un crack; Par contre, je ne l'ai pas vu ce soir.

- Vous voulez parler d'Hervé ?

- Je ne sais pas, je ne connais pas son nom !

- Cela ne peut être que lui ! Mais en effet, il n'est pas là ce soir!

- Cela lui arrive souvent de s'absenter ainsi de l'entrainement ?

- Et non, ce n'est pas son genre ! Il a sûrement un problème !

Tu parles d' un problème ! Mais bien sùr, je garde l'info pour moi, ce n'est pas à moi de le mettre au courant du décès de son gardien de but ! Il aura bien le temps de l'apprendre par les journaux.

- Il était là, la dernière fois? C'était quand?

- C'est pas compliqué, je ne l'ai pas vu depuis samedi dernier !

- En effet ! Mais je reviendrais ! C'est quand la prochaine séance?

- Après demain soir, 19 heures, car nous jouons Dimanche contre Albi

- Alors à bientôt ! Au fait, vous êtes monsieur ?

-Morin, Jacques Morin, à votre service !

- Au revoir, et encore merci de votre gentillesse !

Voilà. Il me dit de ne pas avoir vu Hervé depuis Samedi, et moi, je suis sùr qu'il était au golf lundi.......! Il va falloir que j'en parle à Berger. Ce soir, trop tard, ça peut attendre demain.

Etant à Colmar, je ne peux résister au besoin de passer la soirée dans cette ville, la plus représentative, à mon goût, de l'Alsace profonde. C'est plus chaleureux que Strasbourg, rien à voir. Colmar, c'est surtout la vieille ville, ses rues piétonnes encore pavées ( mais de bonnes intentions ), ses maisons ancestrales et ses illuminations à la veille des fêtes de fin d'année. l Par chance, c'est ce midi qu'ont été inaugurés ses magnifiques marchés de Noël. Ils sont au nombre de cinq, ayant chacun un thème différent.

Place des Bénédictins, ce sont les articles de Noël et les gadgets décoratifs; Place Jeanne d'Arc, la gastronomie; A l'ancienne douane, un peu les deux; Et pour finir, les autres sont principalement destinés aux enfants. ils sont gâtés, les enfants de Colmar !

Comme je ne peux pas tout faire, j'opte pour la gastronomie? Et oui, chassez le naturel, il revient au galop ! Beaucoup de mal pour trouver une place de stationnement, qu'est ce que ça va être le week end prochain !

Mais ça y est, j'ai trouvé !

Il est sympa, ce marché. Chaque boutique, en fait une cabane en bois, joliment décorée de branches de sapin toutes blanches et illuminées de mille feux propose qui de la charcuterie à profusion, qui de la pâtisserie alsacienne et surtout beaucoup de produits issus de la vigne.

J'en profite aussitôt pour m'offrir un succulent vin chaud, à la cannelle. Je le déguste lentement en me promenant dans les allées où les bonnes odeurs vous accompagnent agréablement.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, je me résouds donc à regagner mes pénates et faire le point sur « notre » affaire.

MERCREDI

Je n'attends pas longtemps avant que le téléphone ne sonne !

C'est la réception où une voix d'homme m'informe que la gendarmerie me demande. ( une voix masculine )! Le mari serait-il rentré ?

- Allo, Raiso à l'appareil !

- Bonjour, Berger ! Vous allez bien ?

- Ca pourrait aller mieux, mais on fait avec !

- C'est la vie ! Pourriez vous passer à la brigade dans la matinée, je voudrais que nous fassions le point !

- OK, d'autant plus que j'ai quelques chose qui mérite peut être des vérifications !

- Alors à tout à l'heure !

Avant de partir, je passe à la réception et là, je vois que mon intuition était la bonne !

Un homme que je ne connais pas se tient derrière le comptoir et me regarde venir :

- Bonjour monsieur, que puis je pour vous ?

- Bonjour, je pense que vous êtes Mr. Leclerc ?

- En effet, et vous Mr. Raiso ?

- Bien vu ! Votre femme a dû vous parler de moi, nous avons eu l'honneur de passer quelques heures ensemble, en tout bien tout honneur, bien sûr ! !

- Je ne m'absente pratiquement jamais et il faut que ce drame arrive juste aujourd'hui ! Il faut avouer que c'est plutôt moche !

- Surtout pour votre employé !

- C'est vrai, je ne comprends vraiment pas ce qui a pu se passer, un garçon si gentil, serviable, et pas regardant sur ses horaires !

- Ah bon, je croyais au contraire qu'avec ses entrainements, il était plutôt ponctuel sur l'heure de son départ !

-Vous savez, son foot, c'était surtout une façade. Ce qui l'intéressait, c'était surtout sa copine !

- Il avait une copine, voyez vous ça !

- Et mignonne, vous pouvez me croire !

- Vous la connaissez?

- Non, je les ai vus plusieurs fois ensemble, c'est tout !

- Je vous remercie, mais je dois vous laisser, on m'attend !

Laissant là Mr. Leclerc, je me rendis à la gendarmerie où je fus sans attendre conduit auprès du chef de brigade, le lieutenant Berger qui m'invita aussitôt à m'asseoir.

- Vous avez fait vite, alors, qu'avez vous à m'apprendre ?

Je lui relatais donc les deux faits nouveaux, tout du moins pour moi, mon entretien avec l'entraineur, mon doute sur sa présence au golf lundi dernier et le fait qu'Hervé avait une petite amie. Si celle-ci ne lui était pas inconnue, il allait m'en parler après,

l'emploi du temps de l'entraineur par contre l'intéressa au plus haut point. - Je vais demander que l'on convoque ce monsieur dans les plus brefs délais, mais en dehors de votre présence, il vaut mieux préserver votre soi disant étiquette ! Par contre, nous avons perquisitionné au domicile de la victime, chez Adam, et nous avons trouvé en effet beaucoup de photographies épinglées aux murs, représentant toujours une jeune femme seule, ou dans les bras de Mr. Schneider.

- Mr. Schneider ?

- Hervé ! Il s'appellait Schneider !

- Je ne le savais pas ! Et cette femme, vous l'avez identifiée ?

- Non, mais on bosse dessus. Tenez, je vous ai réservé une épreuve qui est très nette !

Il me tendit une photo couleur où, effectivement, une belle jeune femme se tenait accoudée à une voiture ........noire ! Une Laguna coupé......! Mais c'est pas possible ça ! Cette voiture revient dans tous les épisodes comme dans un mauvais roman policier !

Le lieutenant, étonné de ma réaction, fut aussi surpris que moi lorsque je lui donnais la raison de ma stupéfaction.

- Il faut absolument voir ce Mr. Morin ! Je ne vais pas attendre qu'il vienne, nous allons le loger et nous rendre chez lui !

Aussitôt, les voilà partis, sans moi. Mais, je ne vais pas rester là, les bras croisés à attendre leur retour. Je vais donc aller faire un tour du côté de chez le propriétaire de la victime, M. Adam. Lui non plus, je ne sais pas comment l'aborder et lui poser les questions qui pourraient faire avancer l'enquête. On verra bien comment ça va se présenter ! Arrivant devant la propriété Adam, je suis frappé par son importance ! La maison par elle même est gigantesque, pas étonnant qu'il puisse en louer une partie, et pourqoi pas, plusieurs parties. Je me gare dans la cour et me dirige vers l'entrée du « caveau » de dégustation, précédé de nombreux petits tonneaux formant comme une haie d'honneur.

Aimablement accueilli par une charmante jeune fille, derrière son comptoir, résistant à l'envie de boire un petit verre, je lui demande à parler à Mr. Adam :

- De la part de qui, M. Adam est très occupé en ce moment !

- De la part de M. Raiso, je suis, enfin j'étais, un ami de M. Schneider, M Hervé Schneider.

- Ah oui, je vois, le pauvre garçon, On se demande bien ce qui a pu se passer. Discret comme il était, et gentil aussi, il venait souvent bavarder avec moi lorsque la clientèle était rare.

- Vous connaissiez son amie?

- Non, je ne l'ai jamais vu ici avec une femme, mais vous savez, je ne l'espionnais pas...Bon, je vous appelle le patron.

En attendant, je pris connaissance des nombreuses variétés de vin proposées par la cave.. C'est incroyable tout ce qu'on peut faire avec une grappe de raisin! Et dans la même variété, il y a aussi plusieurs sortes de bouteilles.

Je ne saurais jamais m'y retrouver dans ce dédale d'appellations.

- Vous êtes intéressé Monsieur? Vous avez là un bel échantillon de la production vinicole de notre région, du récent, mais aussi quelques vieilles cuvées qui sont bien agréables à boire.. Vous voulez déguster quelque chose,? Tenez, je vous offre une vendange tardive, ça vous va? Mathilde, sert nous donc deux verres de la verte, et pas des doses de touriste s'il te plait.

Et bien, il est spécial le bonhomme, j'ai pas eu le temps d'en placer une que je me retrouve avec un joli verre tout bleu, bien rempli.

- A la vôtre ! Alors ? Qu'est ce que vous en dites ?

- Vous avez raison, c'est du nectar, ce vin ? On dirait le Bon Dieu qui vous descend dans l'estomac !

- C'est le meilleur ! Bon, c'est pas tout ça, vous étiez un ami d'Hervé ?

- Oui, depuis longtemps, au moins une bonne dizaine d'années ! Je suis vraiment bouleversé par ce qui lui est arrivé ! Nous avons encore déjeuné ensemble la semaine dernière, il ne semblait pas avoir d'ennuis, , au contraire, il était très volubile et ne parlait que de ses projets d'avenir, de son foot et de son amie !

- Une belle fille, cette amie ! Par contre, il ne m'a pas donné ses coordonnées et les gendarmes ne l'ont pas encore située ! Il est même possible qu'elle ne soit pas au courant du drame, les journaux n'en ont que très peu parlé, un simple entrefilet dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace...

- Désolé, je l'avais rencontrée, mais je ne connais ni son nom, ni son adresse.

- Dommage, mais elle l'apprendra bien, si ce n'est que par le fait qu'il ne donnera plus de nouvelles. Elle finira bien par s'inquiéter !

- Si je la vois, je lui apprendrais ce qui s'est passé et lui conseillerais de se rendre à la gendarmerie. Peut être pourra-t-elle faire avancer un peu la recherche de la vérité.

- Oui, vous avez raison ! Mais j'ai quand même un petit problème ! J'ai prêté un exemplaire unique de mes «mémoires» à Hervé de façon à ce qu'il me donne son avis avant de les envoyer à des éditeurs éventuels, mas je ne sais pas comment faire pour les récupérer. J'en ai parlé aux gendarmes, mais ils ne veulent pas me laisser entrer dans sa chambre, sous prétexte que que je peux détruire des indices ! Vous pensez, qu'est ce que je peux détruire?

- Je veux bien vous prêter un double de sa clé, mais vous me promettez de faire vite et de ne toucher à rien d'autre !

- Ca marche, promis juré !:

- OK, attendez un peu, je vais vous la chercher !

Trop beau pour être vrai ! Pourvu qu'il ne vienne pas avec moi, j'ai bien l'intention de profiter de l'occasion pour fouiller un peu dans la vie privée de mon « ami » !

Bel appartement, ma foi. Pas grand, disons un studio amélioré, très clair avec une baie vitrée occupant presque tout un des murs. Le reste est, comme me l'avait indiqué Berger, couvert de photos, la fille seule ou des petits groupes d'amis. Je reconnais Hervé, bien sùr, la jeune femme et....

.....Jacques Morin ! Rien d'anormal à ça d'ailleurs !

Par ailleurs, je ne trouve rien qui puisse me mettre sur une piste éventuelle. De l'ordinateur, il ne reste que la souris, le clavier et l'imprimante. L'unité centrale a du être empruntée par les gendarmes.

Ah, on sonne ! J'étais sùr que le père Adam ne me laisserait pas longtemps tranquille :

- C'est ouvert, je ne me suis pas enfermé quand même !

Mais ce n'est pas le propriétaire qui se tient sur le seuil, non, mais la demoiselle des photos !

L'amie d'Hervé ! Pris de court, je balbutie:

- Bonjour madame, je suis un ami d'Hervé, Entrez, je vous prie !

- Bonjour monsieur, Hervé n'est pas là ?

Et voilà, ça tombe sur moi. Il va falloir que je lui annonce la triste, nouvelle, avec le plus de tact possible, pas facile !

JEUDI

– Non, madame ! Il n'est pas là ! Et il ne sera plus jamais là, car, il lui est arrivé un grave accident !

- Quoi, un accident, et c'est grave, où est-il ?

- En fait, il a été trouvé étranglé dans le sauna du golf où il travaillait. La gendarmerie s'occupe de l'enquête, et n'a pu vous prévenir avant, elle n'avait pas vos coordonnées !

Comme je le redoutais, elle s'écroula sur le petit canapé secouée de sanglots, murmurant des mots sans suite. Je laissais le temps s'écouler et, prudemment, j'essayais de raisonner la jeune fille en la réconfortant dans la mesure de mes faibles moyens. Je n'ai jamais été très fort pour ce genre de situation.

Enfin, elle releva la tête, me demanda des détails et, surtout voulu savoir où reposait son ami. Je ne le savais pas exactement et je lui conseillais de se rendre à la brigade de gendarmerie, voir le lieutenanr Berger. Et, pour ne pas la laisser seule, lui proposait de l'accompagner illico, ce qu'elle accepta aussitôt.

Je refermais la porte et, après avoir rendu les clés à la charmante Nathalie, pris le chemin de Kaysesberg.

- Je ne me suis pas présenté, Boris Raiso, et serais très heureux de vous assister dans ces moments pénibles. N'hésitez pas à faire appel à moi, je vais d'ailleurs vous donner mon numéro de portable.

- Je vous en remercie, vous êtes très gentil, moi, c'est Myriam, Myriam Bléger de Sainte Hypollite..

- De la famille à notre ancienne Miss France?

- Oui, une cousine, presque tout le village s'appelle Bléger !

Arrivés à la brigade, je laissais Myriam prendre les informations qu'elle désirait et demandait à voir Berger.

- “J'ai retrouvé par hasard la petite amie de M. Schneider, elle est dans les locaux et viendra vous voir tout à l'heure ! Il s'agit de Mlle Bléger Myriam, bien jolie demoiselle ! Il avait bon goût, Hervé !

- Impec ! De mon côté, premièrement, nous avons le résultat de l'autopsie. Il s'agit bien de strangulation, effectuée pendant que la victime était inconsciente, surement après le coup porté au visage !

- Le légiste a cerné l'heure du décès ?

- Oui, entre 9 et 10 heures, lundi matin ! Aussi, il a retrouvé des traces de peau sous les ongles de la main droite ! J'ai fais faire un prélèvement d'ADN sur M.Morin, j'aurais bientôt les résultats préliminaires !

- Intéressant, ça, et l'arme?

- A priori, du fil de fer noir, comme on en trouve des kilomètres dans les vignes !

- Et, deuxièmement, nous avons appréhendé M. Morin, il est en bas, au chaud

- Et il dit quoi ?

- Rien, justement ! Il nie s'être rendu au golf lundi dernier, d'après lui, il était occupé à nettoyer une parcelle de vignes à Benwhir, il bosse chez Bestheim, en dehors de son entrainement. Mais personne ne peut le confirmer.

- Il faudrait lui demander quels étaient ses liens avec Mlle Bléger, pour voir !

- Pourquoi, ils se connaissent ?

- En tous cas, ils sont sur les mêmes photos

- Vous avez vu ça où?

- Autant vous l'avouer, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller faire un petit tour chez lui !

- Et qui vous a donné les clés ?

- Son proprio, mais n'allez pas lui chercher des noises ça n'en vaut pas la peine

- Bien, je vais aller voir Morin, attendez moi là !

Je n'ai pas attendu longtemps, le lieutenant étant remonté presqu'aussitôt: :

-Vous êtes sùr de vos dires, Morin m'affirmant ne pas connaître Mlle Bléger, je lui ai parlé des photos et il m'a répondu que ce n'est pas possible ! Je vais envoyer immédiatement quelqu'un récupérer ces fameuses photos pour voir sa réaction devant les clichés ! Enfin, ça commence à bouger, cette affaire !