Les maîtres du karma - Annie Besant - E-Book

Les maîtres du karma E-Book

Annie Besant

0,0

Beschreibung

LES MAITRES - Les grandes religions donnent des noms divers à cet Homme parfait, mais quel que soit le nom, l'idée reste la même ; qu'il soit Mithra, Osiris, Krishna, Bouddha ou Christ, toujours Il symbolise l'homme devenu parfait. Il n'appartient pas à une religion seulement, Il ne fait point partie d'une nation seule, d'une famille humaine unique ; Il n'est point emprisonné dans les formes d'une foi particulière. Partout c'est Lui le plus noble, le suprême idéal. Toutes les religions Le proclament, en Lui est leur raison d'être à toutes. Il est l'Idéal auquel aspire toute foi et une religion ne remplit efficacement sa mission qu'en raison de l'intensité de la lumière qu'elle projette, de la précision des enseignements qu'elle formule sur la voie qui conduit vers Lui. Le nom de Christ qui désigne l'Homme parfait par toute la chrétienté est le nom d'un état bien plus que celui d'un homme. "Le Christ en vous, c'est l'espoir du triomphe", telle est la pensée de l'instructeur chrétien. Au cours de leur longue évolution, les hommes parviennent à l'état de Christ, car tous doivent accomplir en leur temps le pèlerinage séculaire et Celui qui est connu sous ce nom en Occident est l'un des "Fils de Dieu" qui ont atteint le but final de l'humanité. Ce nom a toujours comporté un attribut : l'Oint du Seigneur, qui indique un état, et cet état chacun doit l'atteindre. Il est dit : "Regarde au dedans de toi, tu es Bouddha" et "Jusqu'à ce que Christ soit né en vous". KARMA - Nous vivons dans le domaine de la loi, nous sommes environnés de lois que nous ne pouvons briser ; voilà qui est évident. Cependant, lorsque nous avons reconnu que ce fait est réellement une partie de notre vie, lorsque l'existence de ce fait nous apparaît dans le monde moral et mental aussi bien que dans le monde physique, nous sommes tentés jusqu'à un certain point de nous abandonner au sentiment de notre faiblesse, comme si nous nous sentions dans les griffes de quelque puissance redoutable, qui nous aurait saisis et nous ferait tournoyer à son gré, où elle veut.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 177

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Sommaire

Avant-propos

L'HOMME PARFAIT

L'HOMME PARFAIT EST UN CHAINON DE L'ÉVOLUTION

LA LOI INTÉRIEURE ET LA LOI EXTÉRIEURE

LA PREMIÈRE INITIATION

LA SECONDE INITIATION

LA TROISIÈME INITIATION

LA NUIT DE L'ÂME

LA GLOIRE DANS LA PERFECTION

L’IDÉAL QUI NOUS INSPIRE

LES MAÎTRES : UN FAIT, UN IDÉAL

LA PLACE DU COMBATTANT

LE TÉMOIGNAGE DES RELIGIONS

HYPOTHÈSE

PREUVE HISTORIQUE

L'EXPÉRIENCE INDIVIDUELLE

COMMENT POUVONS-NOUS TROUVER LES MAÎTRES ?

H. P. BLAVATSKY

LA DOCTRINE SECRÈTE

LA VOIX DU SILENCE

CONNAISSANCE PERSONNELLE

LE CHEMIN DR L'ADEPTAT

RÉINCARNATION

VIVEZ NOBLEMENT

FRATERNITÉ

LE SENTIMENT DE L’UNITÉ

IDÉAL SUBLIME

LES ADEPTES

QU'EST-CE QUE LE MAÎTRE ?

L'HOMME PARFAIT : SA PLAGE DANS L'ÉVOLUTION

LE MAÎTRE JÉSUS

LE MAÎTRE HILARION

LES MAÎTRES M. ET K. H.

LE MAÎTRE RAKOKZI ET DIVERS AUTRES

QU VIVENT-ILS ?

LEUR OEUVRE

LE GRAND INSTRUCTEUR

KARMA

Avant-propos

I. Invariabilité de la loi.

II. Les plans de la nature

III. Génération des formes-pensées

IV. Activités des formes-pensés

V. Comment, en principe, se forme le karma

VI. Détail de la formation dp karma

VII. Le fonctionnement de karma

VIII. Comment envisager les résultats karmiques ?

IX. Construction de l’avenir.

X. Comment le karma peut être façonné.

XI. Le karma collectif.

XII. Comment le karma prend finConclusion

Conclusion

RENSEIGNEMENTS

AVANT-PROPOS

En toute occasion, l'idée des Maîtres de la Loge blanche, frères aînés de l'humanité, fait tressaillir le cœur humain, et c’est avec un joyeux empressement qu'est accueilli tout ce que l’on peut dire à leur sujet. La possibilité de trouver quoi que ce soit de grotesque dans la conception de ces grands Êtres, de ces hommes devenus parfaits, a complètement disparu de la pensée occidentale, comme si elle n'avait jamais existé. On s'est enfin convaincu de ce que l'existence de tels Êtres est non seulement naturelle mais encore nécessaire lorsqu'on admet l'évolution, car ils sont les fruits suprêmes de cette évolution.

Bien des gens commencent à voir dans les grandioses figures du passé la preuve évidente de l’existence de tels hommes, et, tandis que la raison les reconnaît dans le passé, l'espoir surgit de les retrouver dans le présent. En outre, il y a parmi nous, tant en Occident qu'en Orient, un nombre toujours croissant de personnes qui ont réussi à trouver les Maîtres et de l’esprit desquelles toute espèce de doute au sujet de leur existence a, par conséquent, à jamais disparu.

La voie qui mène vers Eux est ouverte ; ceux qui cherchent trouveront.

Puisse ce petit livre éveiller en quelques-uns le désir de se mettre à la recherche des Grands Instructeurs.

Quant à moi qui les connais, je ne saurais rendre à mes frères de plus grand service que de les inciter à entreprendre cette recherche dont le succès les comblera au-delà de toute espérance.

Annie Besant.

L'HOMME PARFAIT

L'HOMME PARFAIT EST UN CHAINON DE L'ÉVOLUTION

Il y a dans l'évolution humaine un degré qui précède immédiatement le but où tend l’effort humain, et, ce degré franchi, l'homme en tant que tel est au bout de sa tâche. Il est devenu parfait, sa carrière humaine est achevée.

Les grandes religions donnent des noms divers à cet Homme parfait, mais quel que soit le nom, l'idée reste la même ; qu'il soit Mithra, Osiris, Krishna, Bouddha ou Christ, toujours Il symbolise l'homme devenu parfait. Il n'appartient pas à une religion seulement, Il ne fait point partie d'une nation seule, d'une famille humaine unique ; Il n'est point emprisonné dans les formes d'une foi particulière. Partout c'est Lui le plus noble, le suprême idéal. Toutes les religions Le proclament, en Lui est leur raison d'être à toutes. Il est l'Idéal auquel aspire toute foi et une religion ne remplit efficacement sa mission qu'en raison de l'intensité de la lumière qu'elle projette, de la précision des enseignements qu'elle formule sur la voie qui conduit vers Lui.

Le nom de Christ qui désigne l'Homme parfait par toute la chrétienté est le nom d'un état bien plus que celui d'un homme. "Le Christ en vous, c'est l’espoir du triomphe", telle est la pensée de l'instructeur chrétien. Au cours de leur longue évolution, les hommes parviennent à l'état de Christ, car tous doivent accomplir en leur temps le pèlerinage séculaire et Celui qui est connu sous ce nom en Occident est l'un des "Fils de Dieu" qui ont atteint le but final de l'humanité. Ce nom a toujours comporté un attribut : l'Oint du Seigneur, qui indique un état, et cet état chacun doit l'atteindre. Il est dit : "Regarde au dedans de toi, tu es Bouddha" et "Jusqu'à ce que Christ soit né en vous".

De même qu'un musicien qui aspire à devenir artiste doit écouter les chefsd'œuvre de son art d'homme parfait et se plonger dans les flots d'harmonie créés par le génie, de même nous devons nous, enfants des hommes, élever nos regards et nos cœurs en une contemplation sans cesse renouvelée vers les cimes où se tiennent les Hommes parfaits de notre race. Ils furent ce que nous sommes, nous deviendrons ce qu'ils sont. Tous les fils des hommes peuvent réaliser ce qu'a accompli le Fils de l'Homme et l'existence des Maîtres est le gage de notre propre triomphe ; le développement en nous du degré de divinité semblable au leur n'est qu'une question d'évolution.

LA LOI INTÉRIEURE ET LA LOI EXTÉRIEURE

J'ai quelquefois divisé l'évolution intérieure en trois périodes : la première, sub-morale ; la seconde, morale ; la troisième, supra-morale. Au premier stade, l'homme ne distingue pas le bien du mal et obéit à ses désirs sans hésitation et sans scrupule ; parvenu au stade moral, l'homme reconnaît le bien et le mal d'une manière de plus en plus définie et précise et s'efforce d'obéir à la loi ; enfin, au stade supra-moral, la loi extérieure est transmuée en sa forme supérieure, parce que le principe divin de l'homme commande à ses véhicules. Dans la période de moralité, nous voyons en la loi une barrière légitime, une restriction salutaire opposée à nos appétits. La loi dit : fais ceci, évite cela ; l'homme s'efforce d'obéir, de là une lutte constante entre sa nature inférieure et sa nature supérieure. Au stade supra-moral, la nature divine de l'homme trouve son expression naturelle sans le secours d'un guide extérieur ; l'homme aime, non parce qu'il doit aimer, mais parce que lui-même est amour. "Il agit enfin", suivant la noble parole d'un Initié chrétien, "non en vertu d'une loi matérielle, mais par la puissance même d'une vie infinie manifestée en lui".

La moralité est transmuée en sa forme la plus haute quand toutes les facultés de l'homme se tournent d'elles-mêmes vers le Bien, comme l'aiguille aimantée se tourne vers le nord ; quand ce qu’il y a de divin en l'homme cherche sans cesse à réaliser le bien de tous. Il n'y a plus de lutte, car la victoire est gagnée ; le Christ n'atteint sa stature parfaite que lorsqu'il est devenu le Christ triomphant, maître de la vie et de la mort.

LA PREMIÈRE INITIATION

On parvient à ce stade de la vie du Christ, de la vie de Bouddha, par la première des grandes Initiations où l'Initié est appelé le "petit enfant" ou " le nouveau-né" parfois "le jeune enfant de trois ans". L'homme doit retrouver son état d'âme d'enfant qu'il a perdu ; il doit "devenir un petit enfant" pour "entrer dans le Royaume". En franchissant ce portail, il naît à la vie de Christ et, parcourant le "chemin de la Croix", il avance sur le sentier à travers les portes successives. Lorsqu'il parvient au bout, il est définitivement libéré des limitations et de l'esclavage de la vie ; il meurt au temps pour vivre dans l'éternité et prend conscience de lui-même en tant que vie plutôt qu'en tant que forme.

Sans nul doute, le christianisme primitif reconnaissait positivement que ce degré de l'évolution est accessible à chacun des chrétiens. L'ardent désir exprimé par saint Paul que le Christ pût naître dans le cœur de ses disciples est un témoignage suffisant de ce fait sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à d'autres citations pour l'appuyer. Quand bien même ce verset serait unique en son genre, il suffirait à montrer que l'idéal chrétien considérait cet état de Christ comme un état intérieur, marquant la période finale de l'évolution du croyant. Et il est bien qu'il en soit ainsi et que les chrétiens reconnaissent la réalité de ce fait au lieu de considérer la vie du disciple aboutissant à l'Homme Parfait comme une fleur exotique transplantée en Occident mais qui ne peut naître que dans le lointain Orient. Cet idéal fait partie du véritable christianisme spirituel et la naissance du Christ en toute âme chrétienne est l'objet de l’enseignement chrétien. Le but même de la religion est de provoquer cette éclosion, et si cet enseignement mystique venait à disparaître du christianisme, cette religion perdrait le pouvoir d'élever jusqu'à l'état divin ceux qui la pratiquent.

La première des grandes Initiations est la naissance de Christ, de Bouddha, dans la conscience humaine, la transmutation de la soi conscience, la suppression des limitations. Les étudiants savent que le stade de Christ comprend quatre degrés depuis celui de l'homme parfaitement bon jusqu'à celui du Maître triomphant. On franchit chacun de ces degrés par une Initiation, et pendant ces divers stades de l'évolution la conscience doit s'élargir, croître, atteindre enfin son développement extrême dans les limites que lui impose le corps humain. Au premier degré, le changement consiste en l'éveil de la conscience dans le monde spirituel, dans ce monde où la conscience, cessant de s'identifier avec les formes passagères qui emprisonnent la vie, s'identifie avec cette vie même.

Cet éveil est caractérisé par une sensation d'expansion soudaine, d'élargissement de la vie au-delà des limites habituelles, par la découverte d'un Soi divin et puissant qui n'est pas forme, mais vie, joie et non douleur ; par le sentiment d'une paix merveilleuse qui dépasse tout ce qu'on peut rêver de plus beau. En même temps que disparaissent les limitations la vie augmente d'intensité, on dirait qu'elle se précipite de tous côtés, heureuse de ne plus rencontrer d'obstacle et donnant une si vivante impression de réalité que toute forme vivante semble morte, que toute lumière terrestre est ténèbres. Cette expansion est si merveilleuse qu'il semble à la conscience ne s'être jamais connue jusque-là, car tout ce qu'elle considérait comme conscience n'est qu'inconscience, comparé à ce torrent de vie. La soi-conscience, qui avait commencé à germer dans l'humanité-enfant, qui s'est développée, a grandi, s'élargissant toujours dans les limites de la forme, se croyant séparée des autres, ayant toujours ce sentiment du "moi", parlant sans cesse du "mien", cette soi-conscience sent tout à coup que les "sois" sont "le Soi" et toutes les formes un bien commun. L'Initié voit que les limitations étaient nécessaires pour la construction d'un centre d'individualité où puisse se maintenir l'identité du Soi, et il sent en même temps que la forme n'est qu'un instrument dont il se sert, tandis que lui-même, la conscience vivante, est un avec tout ce qui vit. Il saisit le sens profond de cette formule si souvent répétée : "l'unité de l’humanité" et sent ce que signifie de vivre en tout ce qui vit et se meut et cette conscience est accompagnée d'une joie immense, de cette joie de vivre qui même dans ses plus pâles reflets terrestres est l'une des jouissances humaines les plus intenses. Non seulement l'unité est vue par l’intellect mais elle est ressentie, elle vient étancher cette soif d'union que connaissent tous ceux qui ont aimé ; c'est l'unité sentie du dedans et non vue du dehors, ce n'est pas une conception intellectuelle, c'est la vie même.

En de nombreuses pages de jadis, la naissance du Christ dans l'homme nous a été retracée, et toujours sous les mêmes traits ; mais combien les mots forgés pour l'univers des formes sont impuissants à peindre le monde de la Vie !

Pourtant il faut que l'enfant se développe et devienne un homme parfait, et il y a beaucoup à faire, bien de la fatigue à affronter, bien des souffrances à endurer, bien des luttes à livrer, bien des obstacles à surmonter avant que le Christ, né dans la faiblesse de l'enfance, ne parvienne à la stature de l'Homme parfait. Devant lui, sur le sentier où il vient d'entrer, se dressent toutes ces épreuves. C’est d'abord la vie de labeur parmi les hommes, ses frères, ce sont le ridicule et le soupçon qu'il lui faudra affronter, le mépris qui accueillera le message qu'il apporte, l'angoisse de l'isolement, la souffrance, enfin, de la crucifixion et les ténèbres du tombeau.

Par un entraînement continuel, le disciple doit apprendre à s'assimiler la conscience des autres et à placer le centre de la sienne propre non dans la forme mais dans la vie afin de pouvoir se libérer de "l'hérésie de la séparativité" qui lui fait considérer les autres comme étant différents de lui-même. Il lui faut, par un travail de tous les jours, élargir sa conscience jusqu'à ce que l'état auquel elle était parvenue lors de sa première Initiation devienne son état normal. Dans ce but, il s'efforcera, dans sa vie quotidienne, d'identifier sa conscience avec la conscience de ceux auxquels il a affaire journellement ; il tâchera de sentir comme eux, de penser comme eux, de se réjouir et de souffrir comme eux. Peu à peu, il lui faudra développer en lui-même une sympathie parfaite, une sympathie capable de vibrer en harmonie avec chacune des cordes de la lyre humaine. Graduellement, il devra apprendre à répondre comme si elle était sienne, à toute sensation éprouvée par un autre, si humble ou si élevé soit-il. Peu à peu, par un exercice constant, il lui faut s'identifier avec les autres dans les circonstances diverses de leurs existences variées. Il doit apprendre la leçon de la joie et celle des larmes, et ceci n'est possible que lorsqu'il a transmué son moi séparé, lorsqu'il ne demande plus quoi que ce soit pour lui-même mais comprend qu'il doit désormais trouver sa vie uniquement dans la Vie. L'objet de sa première lutte cruelle est de rejeter tout ce qui jusqu'alors a été pour lui vie, conscience, réalité, et de continuer sa route seul et dépouillé, ne s'identifiant plus avec aucune forme. Il doit apprendre la loi de la vie par le moyen de laquelle seulement la divinité intérieure peut se manifester, loi qui est l'antithèse de son passé. La loi de la forme est de prendre, celle de la vie est de donner. La vie grandit en se répandant dans la forme à flots sans cesse renouvelés à la source inépuisable de vie située au cœur de l'univers ; plus la vie se répand, plus le torrent intérieur grossit. Tout d'abord il semble au nouveau Christ que sa vie l'abandonne, que ses mains restent vides après avoir répandu leurs dons sur un monde ingrat ; ce n'est qu'après le sacrifice définitif de la nature inférieure que vient l'expérience de la vie éternelle et que ce qui semblait la mort de l'être se trouve être la naissance à une vie plus intense.

LA SECONDE INITIATION

C'est ainsi que la conscience se développe jusqu'à ce que, ayant parcouru la première étape du sentier, le disciple voie devant lui le second portail de l'Initiation représenté symboliquement dans les Ecritures chrétiennes par le Baptême du Christ. À ce moment, lorsqu'il plonge dans les flots de la douleur humaine, fleuve dont l'eau doit baptiser tout Sauveur de l'humanité, un nouveau torrent de vie divine se répand sur lui, il prend conscience de lui-même comme du Fils en qui la vie du Père trouve son expression parfaite. Il sent la vie de la Monade, son Père céleste, se répandre dans sa conscience, et il sait alors qu'il ne fait qu'un, non-seulement avec les hommes mais encore avec son Père céleste et qu'il ne vit sur terre que pour être l'expression de la volonté du Père, sa manifestation tangible. Désormais sa mission envers l'humanité devient la réalité la plus évidente de son existence. Il est le Fils dont les hommes doivent écouter le message, parce que par lui la Vie cachée se répand, et il est devenu le canal à travers lequel cette Vie cachée peut atteindre le monde extérieur. Il est le prêtre du Mystère qui est Dieu, il a pénétré derrière le voile et revient la face illuminée d'une gloire éclatante, reflet de la lumière du Sanctuaire.

C'est alors que commence son œuvre d'amour symbolisée dans son activité extérieure par l'empressement qu'il apporte à guérir, à soulager ; autour de lui se pressent les âmes avides de lumière et de vie, attirées par sa force intérieure et par la vie divine manifestée dans le Fils, représentant élu du Père. Les âmes affamées viennent à Lui, et II leur donne du pain, d'autres, souffrant de la souffrance du péché, s'approchent et II les guérit par sa parole vivante, les âmes aveuglées par l'ignorance réclament son secours, par Lui la radieuse sagesse se montre à leurs yeux. L'une des caractéristiques de la mission d'un Christ est que les abandonnés et les pauvres, les désespérés et les déchus s'approchent de lui sans aucun sentiment de séparation. Ils se sentent accueillis et non repoussés, car son être irradie la bonté et l'amour qui comprend se dégage de sa personne. En vérité l'ignorant ne sait pas qu'il est un Christ en devenir, mais il sent en lui un pouvoir qui élève, une vie qui vivifie et dans son atmosphère il puise de nouvelles forces, une nouvelle espérance.

LA TROISIÈME INITIATION

Devant lui se dresse le troisième Portail qui donne accès à un nouveau stade de progrès et il jouit d'une brève période de paix, de gloire, d'illumination symbolisée dans les écrits chrétiens par la Transfiguration. C’est une halte dans sa vie, un instant de repos dans son œuvre de service, une ascension vers la montagne où trône la paix des deux. Et là, près de quelques-uns de ceux qui ont reconnu sa divinité en évolution, cette divinité brille pour un instant de tout l'éclat de sa beauté transcendante.

Durant cette trêve au milieu du combat, il voit l'avenir qui l'attend en une série de tableaux qui passent devant ses yeux ; il sent les souffrances qu'il devra endurer, la solitude de Gethsemani, l'angoisse du Calvaire. Dorénavant son regard restera fermement dirigé vers Jérusalem, vers les ténèbres où il doit descendre pour l'amour de l'humanité. Il comprend qu'avant d'atteindre à la conscience parfaite de l'unité, il faut qu'il subisse la quintessence de l'isolement. Jusque-là, quoique conscient de la croissance de sa vie, il lui semblait que cette vie lui venait du dehors ; il lui faut à présent acquérir la conscience que le centre en est en lui-même. Dans la solitude de son cœur, il doit expérimenter la véritable unité du Père et du Fils, unité intérieure et non extérieure, et ensuite la perte même de la vue du Père ; et pour cela tout contact extérieur avec les hommes et avec Dieu même doit être rompu, afin que dans son propre Esprit il trouve l'Unité.

LA NUIT DE L'ÂME

A mesure qu'approche l'heure sombre il ressent de plus en plus douloureusement la faillite des sympathies humaines auxquelles il était accoutumé à se fier durant les dernières années de son ministère, et lorsqu'à l'heure critique, jetant les yeux autour de lui en quête de réconfort, il voit ses amis plongés dans le sommeil de l'indifférence, il lui semble que tous les liens humains sont brisés, que tout amour humain n'est qu ironie, toute foi humaine que trahison. Il est rejeté vers lui-même et apprend que seul subsiste le lien entre son Père céleste et lui et que toute aide matérielle est vaine. On nous dit qu'en cette heure d'isolement l'Âme est remplie d'amertume et que rarement elle traverse le vide de ce gouffre sans un cri d'angoisse. C'est alors qu'éclate ce reproche désespéré : Eh quoi, vous n'avez pu veiller une heure ?

Mais il n’est donné à nulle main humaine d'en presser une autre dans la désolation de Gethsemani.

Lorsque se dissipent les ténèbres de cette heure de solitude humaine, alors, en dépit du recul d'effroi de la nature à la vue du calice, s'approchent les ténèbres plus profondes de l’heure où un abîme semble se creuser entre le Père et le Fils, entre la vie incarnée et la vie infinie. Le Père, que la conscience percevait encore à Gethsemani, quand sommeillaient tous les amis terrestres, est voilé durant la Passion sur la Croix. C'est là l'épreuve la plus cruelle pour l’Initié de perdre même la conscience de sa vie filiale et de voir l'heure du triomphe rêvé se changer en celle de la plus basse ignominie. Il se voit entouré d'ennemis exultants et abandonné par ses amis, par ses fidèles ; il sent l'aide divine s'écrouler sous ses pieds, et il boit jusqu'à la lie ce calice de solitude et d'isolement sans qu'aucun contact divin ou humain vienne soutenir son âme défaillante suspendue au-dessus de l'abîme. Alors s'échappe du plus profond de ce cœur qui se sent abandonné même par son Père ce cri : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?"