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Lexie, jeune fille ordinaire, vit à Montréal entourée par ses parents et ses amies Clémence et Caroline. Tout était paisible dans sa vie, entre le lycée, les amis et son premier amour, Stephan. Mais l'arrivée de Christopher bouleversera à jamais son destin... Kidnappée, elle se retrouve prisonnière sur une île éloignée de tout. Elle doit alors absolument trouver une solution pour s'enfuir loin de cette île. Mais les menaces proférées contre sa famille et ses amis, les feront-elles changer d'avis ? Face à un homme mystérieux et dangereux, quel est le choix le plus judicieux ? La liberté ou la sécurité ? Péripéties, suspense, trahison et amour se mélangent et vous feront découvrir l'univers de Lexie !
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Seitenzahl: 400
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Prologue
Chapitre 01
Chapitre 02
Chapitre 03
Chapitre 04
Chapitre 05
Chapitre 06
Chapitre 07
Chapitre 08
Chapitre 09
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
« Nous invitons tous les passagers du vol 234 à destination de New York à se présenter porte n° 8 pour procéder à l'embarquement immédiat ! »
Je soupirais encore une fois…ma mère ne voulait pas me laisser tranquille et mon beau père essayait en vain, de me persuader de rester avec eux, ici, à Montréal.
Mais à quoi cela servait au juste ? J'avais juste besoin de quitter cette ville, de m’éloigner et surtout, de souffler un peu.
Le Canada restera toujours ma terre natale, mais à un moment de sa vie, il faut déployer ses ailes. Et surtout, il fallait que je prenne du recul sur mon passé mouvementé...
Je ne pouvais pas m’empêcher de me poser mille questions, est-ce que je faisais le bon choix en quittant tout comme cela ? Je n’en étais pas certaine. Et le doute m’envahissait un peu plus quand je relisais le dernier message que m’avait envoyé ma mère, quelques minutes auparavant.
« Lexie, appelle- moi quand tu arrives !»
« Ok, maman, pas de soucis ! Je t'appelle dès que j’arrive, promis !»
Je ronchonnais quelques mots avant de me diriger vers la porte d’embarquement.
Une page se tourne lorsqu'une autre s'écrit...
Une fois à bord de l'avion, L'hôtesse m'aida à trouver ma place car l'avion était rempli. J'avais du mal à me frayer un passage, avec ma petite taille, mon mètre soixante ne m'aidant pas particulièrement à m'imposer parmi tous ces hommes d'affaires, qui devaient me dépasser d’une bonne tête !
On m'avait réservé une place en première classe, j’en étais soulagée, car en classe économique, il y avait beaucoup de familles, de couples mariés et de nombreux enfants. Et je ne voulais pas me retrouver à devoir affronter le bonheur qui pouvait émaner d'eux...c'était bien trop difficile pour moi, ma vie étant brisée en mille morceaux. Il fallait que je me reconstruise, et pour cela, New York était l'endroit idéal ! Nouvelle carrière, nouveaux amis et surtout, nouvelle identité ! Personne ne me connaissait là-bas, alors une nouvelle vie s’offrait à moi ! Je n’allais tout de même pas m'apitoyer sur mon sort ! Une fois confortablement installée sur mon siège, j'interpellais une hôtesse pour qu’elle me serve une coupe de champagne, histoire de me détendre un peu.
> On dirait que vous avez besoin d'un remontant, mademoiselle ?
Mon voisin, installé à ma droite était juste à tomber ! Trop craquant ! Brun aux yeux bleu-vert, peau bronzée, sourire ravageur... Il me faisait penser à Christopher...
> Heu oui, c'est cela ! J'ai besoin d'un petit remontant pour affronter ma nouvelle vie !
> Eh bien, jolie demoiselle, laissez-moi vous offrir ce verre, je me présente, Logan. Et vous, quel est donc votre prénom ?
> Lexie, et je vous remercie mais je vais décliner votre offre, c'est gentil à vous, mais je ne vous connais pas.
> Cela tombe, bien, nous avons une heure trente pour faire connaissance...
La solitude me pesait tellement… mais il fallait que je m'habitue à ce sentiment.
Dans le hall de l’aéroport JFK, je regardais tout autour de moi avec un pincement au cœur quand je voyais ces couples, ces familles ou ces amis accueillir les personnes qui venaient d'arriver à New-York. Moi, j’étais seule ici, je n’avais que mes valises pour me tenir compagnie. Personne ne m'attendait, dans cette immense ville, personne ne me connaissait...
En sortant de l'aérogare, je fis face à la vie active, au train-train quotidien des New-yorkais. Contrairement à Montréal, cette ville était la plaque tournante des États-Unis. Il y avait beaucoup de buildings, beaucoup de bruits, les gens marchaient comme des robots lorsque les feux passaient au vert. L'air était assez étouffant, oppressant un petit peu, et pourtant je me sentais tellement libre !!! J'avais cette impression grisante d'être dans une quatrième dimension, l'air que je respirais se répandait dans mon organisme, il faisait froid, certes, mais toujours moins qu'au Canada. Les chauffeurs de taxis klaxonnaient et se battaient sans cesse, pour attirer le regard des clients.
> Je vous emmène jeune dame ?
> Oui ! Pouvez-vous me conduire à Columbia s'il vous plaît ?
Le chauffeur acquiesça puis m'aida à ranger mes valises, l’une après l'autre. Je m'engouffrais à l'intérieur du véhicule puis allumais mon portable.
Ma mère m'avait envoyé quelques messages.
« Ma puce j'espère que tu es bien arrivée ! Dès que tu es installée fais-nous signe ! N’oublie pas que l’on t'aime ! »
J’étais contente, même si une larme commençait à me trahir, elle perlait sur mon visage. Ça me faisait si mal de quitter ma vie d’avant, mais il fallait que je me reconstruise, j’étais un peu obligée, je n'avais plus le choix. Je ne voulais pas qu'il me retrouve. Sortir de son emprise avait été pour moi la meilleure chose à faire même si mes amies ne le comprendront jamais. J'avais quasiment tout pour moi, une vie sans soucis d'argent, un homme qui m'aimait, une maison splendide, mais moi, je ne voulais plus de tout cela, le confort c'est bien, mais j'avais besoin de me retrouver, de me concentrer sur mon avenir, sur mon diplôme, sur ma nouvelle vie, je voulais juste oublier ces dernières années, elles n'étaient pas si terribles, il y avait pire que ce que j'ai vécu, mais je ne pouvais pas continuer comme cela...
> C'est parti pour Columbia !
Le chauffeur brisa le silence pesant et commença à me parler de choses et d'autres. Il me souriait de façon chaleureuse et commençait à me parler de la vie à New-York.
> Vous savez Mademoiselle, j'ai aussi tout quitté pour venir à la grosse pomme ! Mais ici c'est différent ! Tout se passe à la vitesse de l'éclair, et il vous faudra saisir une opportunité avant qu'elle ne vous file entre les doigts ! Croyez-en ma propre expérience !!!
> Vous pouvez m’appeler Lexie, vous êtes bien le premier à me donner de bons conseils !
> Rubben Antonio Santibanez ! Appelez-moi Paolo, c'est mon surnom ! Il me fit un clin d'œil, alors que je le regardais fixement, un peu intriguée par sa réponse.
Après une heure de trajet, nous étions enfin arrivés devant mon université. J’allais enfin pouvoir prendre un nouveau départ et peut être pourrais-je enfin enterrer à jamais cette douleur qui se répandait dans tout mon être.
Une fois sortie du taxi, Paolo prit mes valises et me proposa de les emmener jusqu'à la chambre qui m’attendait à la résidence universitaire.
J'avais bien compris sa réaction, son regard en disait long ... A dire vrai, je n'avais plus que la peau sur les os, mes cheveux blonds, qui auparavant ressemblaient à un soleil radieux, étaient maintenant devenus ternes. Mes yeux bleus reflétaient ma mélancolie, j'avais perdu cette lueur de malice, cette gaieté et tout ce que j'étais auparavant, tout cela avait disparu à jamais...
Mon réveil sonnait de plus en plus fort, la chambre était complètement dans l’obscurité.
> Lexie ton putain de réveil !
> Excuse-moi, Lilly !
Hier, j’avais fait la rencontre de ma colocataire ou du moins, de la fille qui allait passer un an dans la même chambre que moi.
Âgée de vingt et un ans, Emily s'était aussi inscrite en licence d’architecture. Elle et moi avions la même passion l’association de l'écologie à l'architecture, en mêlant nature et bâtiments ! Mais c'était bien là notre seul point commun !
Contrairement à moi, Emily, elle, n'était pas seule. Elle avait une famille qui résidait à New-York et son grand frère était lui aussi dans la même université. Ils étaient entourés d'amis fiables et sympathiques !
Emily était grande, mince et élancée, très élégante, ses cheveux bruns bouclés et ses yeux verts perçants faisaient tout son charme. Sa peau était couverte de taches de rousseur qu'elle détestait, mais qui donnaient à ses yeux un air malicieux ! Elle n'arrêtait pas de parler, était un peu exubérante et profitait de la vie ! Elle aimait sortir, voir ses amis et rigolait sans cesse, mais sous ses airs de fille joyeuse, se cachait un grand cœur. Cette fille aurait tout donné pour les siens, quitte à s'oublier elle-même, il n'y avait qu'à observer sa façon dont elle se comportait avec sa famille et ses amis ! Elle se mettait toujours en retrait pour eux, les aidait et les soutenait quoi qu’il arrive, c'était une amie en or, j'en étais certaine, et j’étais contente d'avoir croisé son chemin, elle m’inspirait confiance, elle me faisait penser à moi avant toute cette histoire... Nous ne nous connaissions pas depuis longtemps, mais j’étais sûre qu'elle deviendrait une grande amie.
Son attitude me rappelait le comportement de Stephan, sa bienveillance à mon égard, sa façon de me pousser vers le haut, sa force et sa volonté de ne jamais baisser les bras… Ah, mon Stephan, si j'avais su où tout cela allait me mener, je ne serais sûrement pas tombée sous son charme...
> Lexie tu te bouges oui ou non, ou tu veux que je décapite ton réveil !
> Désolée Emily, je me dépêche !
> Allez, tu sais que j’ai horreur de ces engins de torture qui nous réveillent de façon si brutale, éteins-le !!!
J’appuyais sur le bouton de mon réveil pour stopper son bruit strident, puis je sortis de mon lit pour me diriger vers la salle de bains, car mon cours allait commencer une demi-heure plus tard et je ne voulais en aucun cas être en retard. Je souris en voyant Emily la tête sous l’oreiller, sa couette étalée autour d’elle, elle n’était vraiment pas du matin, et ça me faisait sourire !
Je me douchais et m’habillais, puis je descendis à la cafétéria de notre résidence pour boire un café bien chaud, qui m’aiderait à affronter cette journée !
Alors que j’étais en train de finir mon café, je vis Emily arriver vers moi. Nous nous étions donné rendez-vous ici pour partir ensemble à notre premier cours. Elle était toute pimpante dans sa combinaison noire, qui la moulait parfaitement ! Elle avait un physique de rêve, j’étais certaine que beaucoup d’hommes se retournaient déjà sur son passage….
Nous nous mîmes en route et après une dizaine de minutes de marche, nous étions enfin arrivées devant cette majestueuse université avec ses immenses colonnes blanches, ses espaces verts où j’étais certaine de me perdre ! Le poids de son histoire était bien présent, cette institution nous donnait réellement l'impression d'être minuscule ! Cette architecture imposante, presque vibrante, c'était le rêve pour tout futur architecte !!!
En écoutant Emily, qui continuait de me parler de ses ex petits copains, je vis un homme, grand et musclé foncer droit sur nous, il n'avait pas l'air d'être super ravi de nous voir, ses yeux lançaient des éclairs en direction d’Emily, je me demandais ce qu'il pouvait bien lui reprocher... Plus il s’approchait et plus son physique me paraissait familier...comme il ressemblait à Stephan !!! C'était incroyable !!!
Son charisme, sa façon de bouger, son attitude me firent replonger encore une fois dans mes souvenirs, lors de notre première réelle rencontre...
Les souvenirs affluaient à son évocation, je me remémorais notre rencontre…
Il faisait beau, en ce jour de rentrée au lycée, c'est à ce moment précis que je le vis, il était pile en face de moi, alors que je discutais avec mes amies Caroline et Clémence.
Il portait un jean délavé avec un tee-shirt bleu clair, qui faisait ressortir ses beaux yeux. Mon cœur commençait à battre de plus en plus vite, je ne comprenais pas pourquoi je réagissais ainsi alors que cet inconnu semblait ne pas m'avoir remarquée.
Il faut que j'aille lui parler ! Allez sois forte Lexie, tu es une fille pleine de vie et personne ne t'a encore mangée jusqu'ici !!!
Je m’exhortais à me diriger vers lui, mais je n'y arrivais pas, j'étais comme hypnotisée par sa beauté...
Malheureusement pour moi, je vis cette pimbêche de Lisa, qui avait probablement tout manigancé, lui rentrer dedans, sans ménagement. Ses livres avaient atterri comme par hasard à ses pieds, et bien évidemment le bel inconnu que je fixais depuis plusieurs minutes, l'aidait déjà à les ramasser.
Deux semaines après la rentrée, c'était le jour où, se déroulaient dans tous les lycées, les « journées sportives ». Nous devions tester deux ou trois sports dans la journée, pour choisir nos cours. N'étant pas très sportive, j'avais pris la natation et la danse latine. J'adorais le rythme latino, les musiques si enivrantes, les chorégraphies si sensuelles.
La journée avait bien débuté, j'étais plutôt bonne en natation, et je décrochais sans grande difficulté une place parmi l'équipe de mon lycée, ce dont j'étais plutôt fière. Une fois l’épreuve finie, je me rendais donc au cours de danse latine, pour découvrir un peu ce dont il s’agissait, et surtout pour voir si je pouvais intégrer l'équipe du lycée.
La professeur Estella, était douce et compréhensive. Nous commencions par les pas de base en salsa, puis nous devions nous trouver un partenaire, j'étais la seule fille à être sans partenaire, alors Estella me pria de me mettre face à elle. Mais alors que nous commencions quelques échauffements, Stephan débarqua, arrivant en retard. Il était en short de sport noir avec un tee shirt moulant blanc, quasiment toutes les filles le fixaient. Comme je n'avais pas de cavalier, Estella lui demanda de me rejoindre. Je devais être aussi rouge qu'une tomate lorsqu'il vint se placer à mes côtés. J'étais intimidée, mais ravie de sa présence. Il se plaça en face de moi, pour commencer les premiers exercices, et me prit par les mains. Ce simple contact me fit frissonner, Stephan était vraiment impressionnant, il avait une confiance en lui, une démarche assurée, tout le contraire de moi. Alors que je rêvassais à deviner comment il était sans son tee-shirt moulant, il me dit :
> On s'est déjà vus non ? La semaine dernière, le jour de la rentrée, je me trompe ?
> Heu oui, enfin rapidement, avant que Lisa ne te percute !
> Ah oui, Lisa, elle est un peu collante et directe, mais elle ne me semble pas bien méchante.
> Oui, enfin ça dépend de quel point de vue on se place...
> Hou la, des histoires de filles ! Tu as quelque chose à lui reprocher ? A ton expression, on dirait que tu ne l'apprécies pas vraiment ! Mais au fait, comment t'appelles-tu ?
> Lexie, et toi ?
> Stephan, enchanté de te rencontrer !
> Moi aussi !
Au bout d'une demi-heure de danse, je commençais à me sentir à l'aise, guidée par les bras puissants de Stephan. Nous étions en train de réaliser des pas de Cortico Interieur, lorsque je fus projetée au sol par Lisa, qui comme par hasard, m'était tombée dessus. Malheureusement, elle avait atterri sur ma jambe gauche, celle où je m'étais déjà blessée l'an dernier. Je hurlais de douleur, les larmes au bord des yeux, mais je ne voulais pas pleurer face à cette garce, car je pressentais qu'elle l'avait fait exprès pour se retrouver face à Stephan. Heureusement, Stephan ne lui accorda même pas un regard, il me porta dans ses bras et lorsqu' Estella nous rejoint, il lui dit qu'il allait m'emmener à l'infirmerie.
> Ça va Lexie, tu as mal ?
> Oui, ma cheville me fait mal...
> Mais je vais la tuer cette fille, elle fait tout pour attirer mon attention, quand va-t-elle enfin comprendre que je ne m'intéresse pas à elle !!!
Alors là, j'en restais bouche bée, d'habitude, les hommes que Lisa voulait, elle les avait, j'en avais fait la triste expérience, lorsque j’étais sortie avec Jérôme, qui n'avait pas hésité à me laisser en plan, lors d'une soirée, dès que Lisa lui avait fait signe de venir. Je savais très bien qu'ils avaient couché ensemble juste après.
> Ah bon, tu n'es pas intéressé par elle ?
> Non, elle n'est pas du tout mon style ! Comment tu peux croire l'inverse ?
Je n'en revenais pas ! Il avait l'air sincère en plus !
> Mais oui, mais oui, bien sûr beau gosse... je suis certaine que si elle te fait des avances un peu plus explicites, tu vas te jeter à ses pieds, elle est canon, et tous les mecs ne lui résistent pas !
> Justement Lexie, je ne suis pas ce genre de mec, tu portes un jugement sur moi, alors que tu ne me connais même pas ! Tout le monde ne peut pas être aussi parfait que toi !
Je ne savais plus quoi dire, c'est vrai que je l'avais un peu vite catalogué, mais tout de même, comment pouvait-il ne pas être intéressé par Lisa ? Il ne parla plus durant tout le trajet, et me laissa aux portes de l'infirmerie, en s'assurant que l'infirmière prenne bien le relais. Alors qu'il commençait à s’éloigner, je l'interpellais :
> Stephan, attends, excuse-moi, ce n'est pas ce que je voulais dire... Mais il poursuivait sa route, sans même se retourner, et Mme Beagle, l'infirmière me poussait à l'intérieur de l'infirmerie.
> Eh bien Lexie, cette fois-ci, tu ne t'es pas loupée ! Ta cheville doit être cassée. Je dois appeler une ambulance, pour qu'ils t'emmènent à l'hôpital...
> Hé oh Lexie ! Tu es parmi nous ??? Ça fait dix bonnes minutes qu'on te parle, mais tu ne réagis même pas !!!
> Oui, oui, désolée ! J'étais dans mes pensées !
> Bah ça, tu peux le dire, je m'appelle Mickael et toi ?
> Lexie !
> Tu es la coloc de ma sœur c'est ça ?
> Oui, bon allez, laisse-la tranquille Mickael, on est déjà à la bourre !!!
> Oh non, je ne voulais pas arriver en retard au premier cours, c'est loupé !!! Vite, on se dépêche Emily !!!
Le premier mois passa très rapidement dans cette nouvelle université, en compagnie d'Emily et de Mickael ! Ils étaient très gentils avec moi, ils m'invitaient le week-end à aller chez leurs parents, et ils m'avaient complètement intégrée à leur groupe d'amis. Ils étaient un peu comme un grand frère et une grande sœur pour moi. Emily ne me posait que rarement des questions sur mon passé, ce qui me convenait parfaitement !
Je commençais à croire à une nouvelle vie ici, à oublier toutes les douleurs, toutes les épreuves que j'avais endurées, mais la peur, l'angoisse, les drames... jamais je ne pourrais oublier tout cela. J’étais brisée, anéantie, meurtrie au plus profond de mon être, de ma chair...
Trois mois s’étaient écoulés depuis mon arrivée ici et j'avais toujours un pincement au cœur en repensant à cette nouvelle rentrée dans cette nouvelle ville. Mais au moins cette année, je me retrouvais loin de Montréal, loin du Canada et loin de tous mes soucis... Je n'avais toujours pas remis les pieds chez mes parents, mais ils étaient venus me rendre visite ici. C'était beaucoup trop dur pour moi de retourner là-bas, en tout cas pour le moment, je n'en avais pas la force.
La veille des vacances de noël, Emily me proposa de passer les vacances dans sa famille, elle ne voulait pas que je reste seule ici. J’acceptais de bon cœur.
Nous partîmes donc avec sa coccinelle bleue, la voiture que ses parents lui avaient offerte pour ses seize ans. Nous étions un peu à l’étroit, mais cela nous suffisait ! Elle l’adorait et prenait bien soin d’elle ! Le trajet passa alors très rapidement, car Emily me parlait de sa famille et de ses amis.
Arrivées non loin de chez elle, elle me fit découvrir les lieux où elle avait l’habitude d’aller, et nous fîmes le tour du quartier pour qu’elle me présente à ses voisins.
Puis nous rentrâmes dans sa maison, son salon était très spacieux, rempli de diverses coupes sportives, sûrement obtenues par son frère, Mickael. La cuisine était attenante au salon, de taille modeste, avec du mobilier rouge et noir, très ordonnée et pratique, il faisait bon vivre dans cette cuisine ! Je pouvais imaginer la maman d’Emily en train de préparer de bons petits plats pour sa famille !
Enfin, je découvris les autres pièces de sa maison, la salle de bains bleue, la chambre de Mickael, où les murs étaient couverts de posters de ses équipes de football préférées, sa déco très moderne, son lit situé en face de son bureau. Je remarquais une photo sur sa table de chevet, Mickael enlaçait une fille tendrement, ce qui me fit sourire. Nous continuâmes alors la visite par la chambre d’Emily. Cela changeait de l’esprit masculin qui régnait dans la chambre de son frère. La chambre d’Emily était dans les tons prune et vieux rose, très girly. Tout était bien rangé et toutes les choses étaient disposées à leur place. Je reconnaissais bien là le côté un peu maniaque d’Emily. Emily me fit remarquer que ses parents avaient fait installer un lit à côté du sien, c’est pourquoi l’espace semblait petit, selon elle.
J'adorais cette fille, elle me faisait penser à moi avant... pleine de vie, joyeuse, insouciante.
Un soir, nous discutions de son passé amoureux, avec Josh, qui l'avait trompé avec une de ses meilleures amies, qu'elle ne voyait plus maintenant. La voyant se confier à moi aussi ouvertement, je me laissais aller aux confidences, et décidais de lui raconter toute mon histoire. Elle n'arrêtait pas de me dire de continuer de me confier à quelqu’un, que ça me ferait du bien... j'avais enfin de nouveau confiance en quelqu'un alors je pris mon courage à deux mains et je lui racontais tout...
Je replongeais alors dans mon passé, en lui racontant les détails de ma rencontre avec Stephan, de ma vie de lycéenne, et je lui dévoilais la suite de mon histoire, après l’épisode de ma cheville blessée…
J’étais à l'infirmerie avec Mme Beagle. Ma cheville n'étant pas super belle à voir, elle se décida à appeler les pompiers, pour que j'aille à l'hôpital.
Une fois arrivés, ils m’installèrent sur une chaise roulante, et me firent sortir pour rejoindre leur camion.
En sortant de l’infirmerie, je vis Stephan qui rêvassait adossé contre un vieux chêne. Lorsqu’il m’aperçut, il fonça droit sur moi, apparemment contrarié.
Les pompiers allaient me porter dans leur camion, quand Stephan se rapprocha et s’adressa à l’un deux :
> Je l'accompagne, je ne veux pas la laisser seule !
> Mais non, ça va Stephan, tu peux me laisser seule, ça ne me pose pas de problème.
Je le fixais, les yeux rougis et bouffis, à force d'avoir pleuré.
> Seule la famille peut l’accompagner, jeune homme. Vous avez prévenu vos parents ? dit un des pompiers.
> Heu non, mais tant pis, je les appellerai de l'hôpital.
> Non Lexie, hors de question, je ne te laisse pas seule, c'est comme ça
> Mais c'est quoi ton problème Stephan ? Bon sang, laisse-moi tranquille !
Les pompiers m’installèrent, et alors qu'ils s'apprêtaient à fermer la porte, Stephan se jeta à l'intérieur de l’ambulance. Après de longues minutes de discussion, et devant son entêtement, ils acceptèrent, et s'installèrent à l’avant, nous laissant seuls.
> T'es vraiment borné ma parole ! Tu n'as rien de mieux à faire que de me suivre jusqu'à l'hôpital ? Tu t'ennuies tellement avec tes potes du basket ?
> Non Lexie, je veux juste être avec toi, tu ne vas pas bien, donc je suis là.
> Mais tu n'es pas mon grand frère, ni mon père, ni qui que ce soit d'ailleurs pour te permettre de décider à ma place !!! On se connaît depuis quoi, deux secondes ???
J'étais vraiment furax contre lui. Mes joues devenaient écarlates, je voulais qu'il me laisse tranquille.
> Pourquoi es-tu si furieuse ? Je ne t'ai rien fait, je te propose juste mon aide, Lexie ! Et je ne prétends pas être ton frère ou ton père, mais je ne peux pas te laisser comme ça. Je ne sais pas ce qui te rend si distante, si froide, mais bon sang, vas-tu enfin me laisser t'approcher ? Je veux être ton ami, et là maintenant, tu me rends fou Lexie !
Pour joindre les gestes à la parole, il s'approcha doucement de moi et m'embrassa. Réticente au début, je me détendis au contact de ses lèvres sur les miennes. Elles étaient si douces, si charnues, si envoûtantes… je ne voulais pas qu'il s'arrête. C'était l’un des meilleurs baisers que j'avais reçus. Stephan se colla contre moi, glissa ses mains dans mes cheveux, pour s’approcher un peu plus... Mais mon cri le stoppa net, car il s'était appuyé sur ma jambe.
> Désolé Lexie...
Les pompiers étaient bien attentifs à notre dispute, ils n’arrêtaient pas de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur. Et pour la première fois depuis un bon moment, le silence s'installa entre nous. Stephan semblait soucieux, pourquoi ? Je ne savais pas.
> Tu regrettes ? Lui dis-je. Je baissais les yeux alors que je sentais les larmes arriver.
Stephan se rapprocha de moi, me souleva le menton et me fixa droit dans les yeux. Je voyais qu'il hésitait, mais que cherchait-il à faire ? Il semblait perturbé par ma sensibilité à fleur de peau, il devait sentir que j'étais sur le point de craquer, de pleurer, et pourtant il s'éloigna rapidement de moi... mais pourquoi ? Je ne comprenais plus...
> Non mais tu t'entends ? Il ne s'est rien passé Lexie, je t'ai embrassée, c'est tout ! Tu m'énervais, j'ai voulu te faire taire, tout simplement !
>Mais quel abruti tu fais, tu n'avais pas à m’embrasser, je m'en serais bien passée, moi !
> Arrête de mentir Lexie, tu en avais autant envie que moi...
De nouveau, il mit son front contre le mien et plongea dans mes yeux. Je sentais que mon regard s’intensifiait, mon souffle et les battements mon cœur s'accéléraient, cela ne pouvait me tromper, je le désirais, moi aussi...
Stephan s'en rendait bien compte, avec son sourire en coin. Il voulut m'embrasser à nouveau, mais je le stoppais net dans son élan en lui donnant une sacrée gifle ! Je le fusillais du regard, personne ne jouait avec moi ! D'un coup, le camion s'arrêta et les portes s'ouvrirent.
> Nous sommes arrivés les amoureux. Nous dit un pompier.
Il m’emmena aux urgences, c’est là que Stephan lui dit :
>Merci, je prends le relais, je reste près d’elle !
> D'accord, pas de problème pour moi. Au revoir.
Ils nous laissèrent alors à l’accueil des urgences. Un interne s'approcha de nous, et nous installa dans un box, en attendant de pouvoir passer une radio. Stephan s'assit à côté de moi et me dit :
> Bon, maintenant il va falloir que l'on parle de cela. Tu ne vas pas te dérober aussi facilement.
> Stephan, je ne sais pas quoi penser de tout cela, je n'ai pas envie de te parler maintenant, j'ai juste envie que tu me laisses tranquille ! Pourquoi tu me colles et me poursuis comme ça ?
> Franchement Lexie, je ne sais pas, mais personne n'est ici pour toi, donc je ne te laisserai pas toute seule !
Quelqu'un frappa à la porte du box, un brancardier se présenta à nous et m’emmena faire une radio. Ma cheville était foulée, mais pas cassée. Il fallait la laisser au repos plusieurs jours, les premiers jours ne pas la poser, mais ensuite des béquilles feraient l'affaire. J'avais appelé mes parents, mais ils me dirent qu'ils ne pouvaient pas venir, car ils étaient en pleine négociation avec un grand groupe ! Je n'en revenais pas, comment pouvaient-ils laisser leur fille ici, sans même se déplacer. J'étais livrée à moi-même alors que ma cheville était en vrac et que je ne pouvais pas marcher. Dans leur grande générosité ils m'avaient appelé un taxi ! C'était vraiment des parents spéciaux ! Nous ressortions alors ensemble de l'hôpital, moi dégoûtée, et lui le sourire aux lèvres, et ça, je ne savais pas pourquoi...
Lorsque nous retournâmes au lycée, Stephan me poussait dans ma chaise roulante.
Clémence et Caroline nous aperçurent et vinrent nous demander des nouvelles.
Elles avaient l'air étonné de voir que Stephan m'avait accompagnée, et me fixèrent en me demandant ce qui se passait. Je savais très bien qu'elles ne parlaient pas de ma cheville. Supposant que nous avions besoin de parler entre filles, Stephan partit rejoindre ses amis.
> Tu peux nous expliquer ? me lança Caroline.
> Vous vous êtes embrassés, j'en suis sûre !!!! J'y crois pas, j'y crois pas !!! criait Clémence.
> Heu pas vraiment, enfin si mais c'était une erreur ! Et non je ne dirais rien de plus les filles !
> Non mais tu déconnes là, tu vas tout nous dire oui, toi et Stephan ! Oh la la, c'est trop cool !!! Les autres filles vont être vertes de jalousie ! Et Lisa, elle va vouloir te tuer ! me dit Caroline.
C'est vrai que je l'avais oubliée celle-là, et j'étais certaine qu'elle n'allait pas me laisser vivre en paix avec Stephan, elle avait toujours voulu me surpasser, me volant mes jouets en primaire, me séparant de mes amies par la suite et maintenant en essayant de draguer mes petits copains ! Ce qui m'avait réellement blessée lorsque Jérôme avait couché avec Lisa, elle, qui n'en avait rien à faire de lui, elle voulait juste me prouver qu’elle pouvait l’avoir dans son lit, et prouver qu’elle en était capable, plus que moi…
> Il n’y a rien à dire les filles ! Il m'a embrassée mais a changé d’avis ensuite, il voulait juste que je me taise apparemment !!! Et puis, vous me connaissez, je n'arriverais pas à m'investir dans une relation, vous le savez...
> Oh mais arrête Lexie, tu as eu ta dose d'emmerdes, mais il faut que tu passes à quelque chose d'autre, que tu surmontes tout cela...
> Oui, je sais Caroline, mais je me laisse juste un peu de temps, je ne pense pas que ce soit la fin du monde...
> Bah oui, et puis s'il tient à toi, il patientera, dit Caroline en me faisant un clin d'œil.
> En plus, Kevin m'a dit que ton cher Stephan s'était battu avec Dan pour toi, car Dan avait clairement fait comprendre comment il réussirait à te mettre dans son lit, Stephan était hors de lui et lui a mis une bonne droite, histoire de lui remettre les idées en place...
Alors je pense qu'il tient quand même à toi, n'est-ce pas, petite cachottière !!!
> Mais puisque je vous dis qu'il n'y a rien entre nous ! ... Bon les filles, je dois aller voir le directeur, pour parler de mes activités qui sont un peu bouleversées avec tout ça...
En me rendant chez M. James, je repensais alors à ma mère, qui avant son mariage avec Jonathan, avait vécu l'enfer, et moi avec... Mon père, Simon avait tout de l'entrepreneur parfait, sa société se portait bien, les affaires étaient prospères. Mes parents s'étaient rencontrés au lycée, et ne s'étaient jamais quittés depuis. Mon père était de taille moyenne, brun aux yeux noisette, un regard perçant et assez intimidant.
Ma mère, Laura, avait fini ses études de marketing, et obtenu son MBA, pour intégrer la société de mon père et l'aider dans son travail, à manager les équipes, rebooster le chiffre d'affaires...Et mon père n’en était encore que plus admiratif. Elle était blonde, aux yeux bleus, assez petite et menue et très gracieuse. Ses cheveux étaient bouclés et sa taille très marquée. Elle resplendissait.
Blue Media Inc avait une place de choix, dans les médias, à Seattle. En grande partie grâce au travail de mes parents, ils étaient « les rois du marketing », l’entreprise remportait toutes les campagnes clefs des marques prestigieuses. Jusqu'au jour où ma mère dut modifier son poste, puisqu'elle était enceinte de moi. Comme je n'étais pas prévue, mon père ne fut pas ravi de la nouvelle. Il voulait que ma mère avorte, pour pouvoir profiter de leur vie à deux, faire prospérer la société... ils auraient fondé leur famille quelques années plus tard.
Mais ma mère n'était pas de son avis, elle voulait me garder, et c’est ce qu'elle fit, sans l'accord de mon père. Il se détacha alors d'elle, peu à peu, en sortant de plus en plus le soir, et en rentrant souvent accompagné et complètement saoul. Ma mère pleurait alors en silence, ne supportant pas que son mari la trompe, elle lui en voulait tellement. Ils avaient tout pour être heureux, mais mon père avait tout remis en question...
Trois mois avant ma naissance, ma mère demanda le divorce, ne supportant plus les frasques de mon père. Bien sûr, mon père refusa de le lui accorder, sous prétexte que la société en pâtirait, qu'il fallait qu'ils restent mariés, pour l’évolution de la société et l’image qui devait émaner de son président. Ma mère trouva alors refuge chez mes grands-parents, à Montréal. Elle fit promettre à mon père de ne pas venir la retrouver, et qu'elle se tairait sur ses relations extraconjugales, ses problèmes d'alcool également, en échange de quoi, elle resterait mariée à lui, pour sauver les apparences, comme il le disait si bien.
Granny Susan, et papy Clifford furent surpris de voir revenir ma mère, mais ils l'accueillirent avec bonheur, au sein de leur maison. Ils avaient compris que son mariage battait de l’aile, et n'avaient jamais plus posé de questions.
Mon père, se sentant seul, avait essayé de reprendre contact avec elle, plusieurs mois après son départ et jurant qu'il ferait tout pour la récupérer, qu'il m'acceptait enfin, et qu'il se rendait vraiment compte de son erreur.
Un an après ma naissance, ma mère était prête à lui pardonner, et voulait que sa fille grandisse auprès de son père. Elle le rejoignit donc, pour essayer de recoller les morceaux, et commencer une nouvelle vie à trois. Mon père était aux petits soins pour nous, il avait même engagé une nourrice, pour que ma mère puisse se reposer. Mais cela ne dura pas... Il s'était remis à boire, allait de moins en moins au travail, et un soir, une grosse dispute éclata entre mes parents. Mon père leva la main sur ma mère, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Ma mère m’habilla, prit ses affaires et quitta mon père pour rejoindre ses parents, pour de bon cette fois-ci.
Face à la menace de tout dévoiler à la presse, mon père céda et lui accorda le divorce.
A la suite de cela, ma mère plongea dans une grande dépression. Elle ne voulait plus rien faire, et chaque fois qu'elle me voyait, cela lui rappelait sa défaite et la déception de sa vie personnelle et de ses ambitions. Elle décida donc de me laisser à mes grands-parents pour quelques mois, histoire de se retrouver seule, et de pouvoir repartir de l'avant. Mais les mois se transformèrent alors en années, sans que ma mère ne reprenne réellement le cours de sa vie. Elle était encore trop fragile et trop perturbée dans sa vie pour me récupérer, disait-elle à ses parents.
Mes grands- parents m'élevèrent donc pendant cinq ans, ma mère ne se sentait pas prête à m'élever seule. Je posais souvent des questions sur ma maman, savoir où elle était, qui était mon papa... mais plus le temps passait, et plus je pensais que mes grands-parents seraient la seule famille présente pour moi.
Et pourtant, le jour de mes six ans, ma mère réapparut dans ma vie, au bras de son nouveau mari, Jonathan, l’avocat qui l'avait défendu lors du procès pour le divorce.
Ils s'installèrent ensemble, et achetèrent une maison non loin de celle de Granny et Papy.
Je pouvais donc voir mes grands-parents aussi souvent que je le souhaitais, j'étais ravie, car l'adaptation à cette nouvelle vie de famille ne me fut pas facilitée. Moi qui ne connaissais pas ma mère, il fallait que j'aille vivre avec elle maintenant. Les premiers mois furent difficiles, je fis de grosses crises de colère, pour montrer ma désapprobation. Je ne voulais pas vivre avec ces étrangers et je le montrais bien. Mais les années passèrent, et je m’adaptais à cette nouvelle famille, en plus, j'adorais Jonathan, il était tellement gentil avec moi !
Jonathan était grand, blond aux yeux verts et faisait beaucoup de musculation. Il était bel homme, et avait de nombreuses admiratrices. En grandissant, même mes copines n'arrêtaient pas de le regarder lorsqu'elles venaient à la maison.
Je refis surface, en me disant que ma mère ne s’en était finalement pas si mal sortie dans la vie, même si ma naissance n’avait pas été facile à gérer pour elle, elle avait réussi à se relever avec l’aide de Jonathan.
J'arrivais devant le grand bâtiment principal du lycée, il ressemblait un peu à un manoir, avec toutes ses fenêtres et son nombre d’étages. Une grande partie était en verre et l'autre partie en briques rouges et blanches. La verdure entourait tout le bâtiment, les pièces étaient immenses. Il y faisait bon vivre.
Heureusement, il y avait un ascenseur, bien plus pratique pour ma chaise roulante.
Je pouvais marcher avec des béquilles, mais comme les médecins m'avaient bien dit de laisser ma cheville au repos complet pendant quelques jours, je n’allais pas risquer de me la casser. J'étais déjà assez maladroite, je n'allais pas me blesser à nouveau.
M. James me fit rentrer, et me demanda ce qui s'était passé. Je lui dis que Lisa m'était tombée dessus et ma cheville étant fragilisée par ma dernière chute, je devais rester en fauteuil les premiers jours, puis après utiliser des béquilles. Je ne lui dis pas que Lisa l'avait fait exprès, puisque je n'avais aucune preuve valable. En revanche, je ne pouvais plus faire de sport pendant au moins un trimestre, le temps que ma cheville se repose. Alors, d'un commun accord, nous décidâmes qu'à la place des activités sportives je ferais partie de la troupe de théâtre du lycée, oh bien sûr pas pour faire des représentations, mais pour mettre en place les décors dont ils auraient besoin, et ça, pour éviter de faire baisser ma moyenne. Une fois que ma cheville irait mieux, je pourrai reprendre mes cours de danse latine. Je devais commencer le lendemain, pendant les heures dédiées aux activités sportives. J'étais plutôt contente, j'aurais pu me retrouver à la cuisine, ou à faire de la musique, moi qui avais une trouille bleue de chanter ou de jouer en public. Je sortis donc, assez rassurée, et heureuse de pouvoir me sentir utile.
Stephan m'attendait près du bâtiment, les mains dans les poches. Il était juste à tomber ! Et dire qu'il m'avait embrassée, moi ! Je n'en revenais pas ! Avec son jean moulant, je ne pouvais que zieuter ses fesses musclées, tellement bien dessinées. Il avait tout du look bad boy, il était le mec vraiment parfait ! Mais c'était incroyable comment il pouvait être derrière moi tout le temps ! Même mes parents me laissaient beaucoup plus de liberté que lui !
> Salut beauté ! Alors, tu t'en sors comment ?
> Je vais devoir m'occuper des décors du groupe de théâtre, donc je suis plutôt contente !
> Cool, au moins tu ne risqueras pas de te blesser à nouveau ! Même si ça aurait été tellement mieux de continuer à danser avec toi, pour t'apprendre les pas de bases, parce que bon, t'es vraiment nulle en danse !
> Connard va ! C’est peut-être mon partenaire qui ne vaut pas un clou ! Je devrais peut-être demander à en changer lorsque je pourrais à nouveau reprendre les cours !
> Mais oui, bien sûr Lexie, comme si j'allais permettre ça... allez Wonder Woman, viens là !
Il tira mon fauteuil à sa hauteur, bloqua le mécanisme pour éviter que je dévale la pente et se mit à ma hauteur. Il me fixa avidement en se rapprochant de plus en plus de mon visage. Je commençais à paniquer, il n’allait pas m'embrasser quand même, hier ce n'était qu'une erreur, il ne pouvait quand même pas recommencer !
> Ne me touche pas Stephan ! Ne pense même pas à m'embrasser de nouveau !!!
> Et pourquoi pas, je devrais en profiter, tu ne peux pas beaucoup te déplacer ! Et puis moi, j'en ai envie !
Là, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je fus incapable de réagir, j'en avais aussi envie, je voulais juste qu'il ne m'utilise pas, ou me charme, pour me laisser tomber par la suite. Il m'embrassa de façon si tendre, que je ne le repoussais même pas. Notre baiser, chaste au début devint de plus en plus fougueux, je passais mes mains dans ses cheveux et lui me maintenait comme il pouvait, mais avec la chaise ce n'était pas évident ! Tout à coup, il se releva et m'attrapa par la taille, prit mes fesses dans ses mains, et me demanda d'entourer mes jambes autour de sa taille. Ce n'était pas super évident avec mon atèle, je n'arrivais pas à me tenir à lui. Stephan lui s'en fichait complètement, il me tenait dans ses bras, remontait une de ses mains sous mon tee-shirt et me serrait contre lui, comme s'il ne pouvait plus vivre sans me toucher. Je le laissais faire, et lâchais quelques soupirs, je le désirais tellement, mais il fallait que je calme un peu les choses.
> Je crois qu'on se donne en spectacle là, M. muscles, il va falloir te contenir !
Il me murmura à l'oreille : "Si seulement tu savais comme je me retiens, si ça ne tenait qu'à moi, tu serais déjà dans mon lit !"
> Mais quel prétentieux !!! Tu peux toujours courir pour que je m'allonge dans ton lit !
> C'est ce qu'on verra Lexie, je te jure que tu me supplieras !
Alors qu'il me replaçait dans mon fauteuil, je vis une petite bombe nucléaire arriver sur nous... Lisa !
Une fois à notre hauteur, elle s'adressa à Stephan, sans même me jeter un regard :
> Alors comme ça, tu préfères les infirmes ? Elle ne doit pas être bien débrouillarde au lit, pas comme moi, beau gosse ! Ça ne t'a pas suffi ma petite démonstration ?
> De quoi elle parle là, Stephan ?
> Ha, oups, il ne te l'a pas dit, bien évidemment... on a couché ensemble !
> Ça suffit Lisa, dégage de là ! Laisse-nous tranquille maintenant !
On n’a plus rien à se dire, les filles faciles, ça me dégoûte ! Tu me dégoûtes Lisa !
Il était si menaçant, à en faire froid dans le dos ! Lisa se retourna vers moi et me dit :
> Bonne chance, et en plus, ce n'est même pas un bon coup !
> C'est sûrement pour cela que tu reviens à la charge ! je lui rétorquais.
Sur ce, elle partit en se trémoussant et en rigolant, avec ses copines Clara et Jodie.
J'étais tellement énervée contre Stephan que je débloquais mes roues et me mis à avancer en direction de la cafétéria. Je savais pertinemment qu'il pourrait me rejoindre en quelques pas, mais je m'en fichais, je voulais juste me retrouver seule, et oublier ce connard !
J'en étais sûre, il avait fait l’amour avec elle ! Je lui en voulais tellement d'être tombé dans son piège !
Il me rattrapa en deux temps trois mouvements, attrapa mon fauteuil et me fit tourner pour que je me retrouve face à lui. De cette manière, je ne pouvais plus m’échapper. Après quelques secondes à me fixer sans n’oser rien dire, il finit par me parler :
> Écoute, je suis désolé, je ne sais vraiment pas quoi te dire Lexie. Je venais d'arriver, et cette fille s'est jetée sur moi, je n'ai pas pu résister, mais ça n'est arrivé qu'une seule fois, je te le promets ! Je ne t'avais même pas encore embrassée !
> Bah oui, tu étais trop occupé à te faire cette pouffiasse !
> Eh Lexie, calme-toi et ne me parle pas comme ça ! Je peux comprendre ta colère, mais je ne te saisis pas ! Je ne t'ai pas trompée, nous n'étions même pas ensemble, et déjà sommes-nous vraiment ensemble ? Ce n'est pas toi qui ne cesse de me repousser ?
Je ne sais pas ce que tu penses Lexie, que veux-tu vraiment ? Me faire poireauter ? Sortir avec un autre mec pour te rendre compte si je mérite de t'avoir ?
> Tais-toi Stephan ! Et comment oses-tu me faire des reproches ?
C'est toi qui m'as dit ne pas t'intéresser à elle, alors que tu avais déjà couché avec elle !!! C'est ce que tu vas faire avec moi ? Tu vas me séduire pour pouvoir me mettre dans ton lit, et après me jeter comme une vieille chaussette ? Bah tu sais quoi, je vais te faciliter la tâche, je ne veux plus te voir !
> Arrête donc tes gamineries Lexie ! Je vais te laisser, je crois qu'il vaut mieux que je te laisse tranquille ce soir, mais je te ramène jusqu'à la cafétéria !
> Ouais c'est ça, je trouverais peut-être un autre mec, qui ne voudra pas sauter cette pute !
Je vis alors Stephan changer de comportement, il était énervé, ses veines frontales se gonflaient, son regard était menaçant. Il me prit par la taille, me mit en travers de ses épaules, et m'emmena avec lui, en laissant mon fauteuil sur place. Il me porta jusqu'au coin des lycéens, une sorte de petite pièce avec des canapés, une table de ping-pong, un billard. Il fit partir tout le monde de là !
Au ton de sa voix, personne n'osa broncher, même ceux qui étaient en train de s’embrasser sur les canapés !
Il me fit asseoir sur un de ces canapés, alla fermer la porte à clefs et vint s'asseoir à mes côtés.
Il m'attrapa par le bras, ce qui me fit perdre un peu l'équilibre, et s'approcha de ma bouche, en me serrant très fort contre lui. Je ne me laissais pas faire, fermant ma bouche, pour éviter qu'il ne m'embrasse. Il était vraiment en colère, ses yeux étaient si expressifs, il me prit la tête entre les mains et me donna alors un baiser enfiévré, me faisant tourner la tête, je ne pensais même plus à tout ce qui venait de se passer. Il s'écarta un peu, pour reprendre son souffle.
Je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire, alors je lui dis juste :
> Pars, Stephan, s’il te plaît ... laisse-moi tranquille...
J’étais sur le point de pleurer, je ne le regardais même plus, je voulais juste qu'il me laisse seule, j'étais perdue...
Il quitta alors la cafétéria, en faisant claquer la porte, il était vraiment excédé !
Mais j'avais besoin de faire le point. J'étais jalouse et tellement irritée contre lui et Lisa ! Mais qu'est-ce qui a pu lui passer par la tête ? Nous sommes tellement différentes l'une de l'autre, et elle me pourrit ma vie depuis la maternelle !
Une fois Stephan parti, les autres revinrent de nouveau dans la cafétéria, ils me regardèrent tous, ce qui me fit devenir toute rouge, j'étais certaine qu'ils avaient tout entendu !
Caroline et Clémence arrivèrent à ce moment, elles n'avaient pas besoin de me demander ce qui s'était passé, puisque tout le lycée était déjà au courant.
Clémence me serra dans ses bras et me dit :
> ça va ma puce ? On a croisé Stephan en venant ici, il était vraiment vénère !!! Qu'est-ce qui se passe entre vous ? Et Lisa n'arrête pas de dire que c'est un mauvais coup à tout le bahut, c'est quoi encore cette histoire ???
> C'est vrai Clémence, il a couché avec Lisa, alors oui, il me plait, mais je ne veux plus le voir ce mec !
> Aie, c'est pas cool ça, allez viens ma puce, on t'emmène chez moi !
Soirée girly obligatoire !
Comme je les aimais, mes amies, elles savaient toujours comment me remonter le moral, elles me soutenaient tout le temps, me réconfortaient quand j'en avais besoin, j'étais contente de les avoir près de moi !
Caroline, qui avait un an de plus que nous, du fait de son redoublement, me raccompagna chez moi, puisque mes parents, enfin, mon beau père et ma mère n'étaient pas là de la semaine.
Jonathan avait une convention à New York, et ma mère l'avait accompagné.
Je les avais informés pour ma cheville blessée, mais apparemment aucun des deux ne pouvait quitter cette convention... Mais ce n’était pas grave, j’étais capable de me débrouiller seule, et puis nous avions une chambre au rez-de-chaussée, donc pas besoin de monter des escaliers.
Caroline resta avec moi toute la soirée, pour me tenir compagnie et pour m'aider à faire ma dissertation pour notre cours d'histoire.
Clémence arriva aux alentours de dix-neuf heures avec de la pizza, des panachés et des tonnes de bonbons !!!
