Maman j’ai fini d’faire caca ! - Juliette Ciais - E-Book

Maman j’ai fini d’faire caca ! E-Book

Juliette Ciais

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Beschreibung

Maman de quatre enfants, je pense parfois que mes enfants s’emparent de la baguette magique de la bonne marraine « la fée » pour me transformer en chèvre. Face au résultat, ma progéniture s’esclaffe gaiement. Mais parfois, récalcitrante face au désarroi de ce larcin quasi quotidien, je me métamorphose en dragon hirsute, grand cracheur de feu, sorti tout droit de l’enfer car fort heureusement pour la maman que je suis, l’ensorcèlement ne marche pas forcement à tous les coups.
En passant par les grossesses, le retour de couche, les nuits blanches, le dentifrice éclaté quotidiennement sur le rebord du lavabo et moi face au reflet du miroir de la salle de bain, perplexe devant mon ventre fraîchement accouché en mode Sharpeï… pendant que mon ado braille jusqu’à l’agonie qu’il a faim, j’ai voulu, à travers mes expériences, faire partager mes doutes, mes craintes,  mes lassitudes et mes incertitudes de mère sans oublier aussi tous les moments de joies et  d’émerveillements que procure la parentalité.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Née à Lyon, Juliette Ciais a quitté sa ville pour partir en Angleterre en tant que fille au pair à Huddersfield. Elle a vécu par la suite quatre ans à la Martinique où elle est devenue mère à 21 ans. Mariée et divorcée quelques années plus tard, elle retourne dans sa ville natale. Elle fonde sa famille dite « recomposée » de 4 enfants avec son nouvel époux. Entre les petits boulots, la plupart du temps dans le milieu médical et paramédical, entrecoupé de congés parentaux. Aujourd’hui, elle consacre son temps, entre la peinture, l’écriture, la fabrication de savons artisanaux et la
soudure d’art.

Crédit photo -photo graphiste : Karine Chavas

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Juliette Ciais

Maman j’ai fini d’faire caca !

Ou l’histoire d’une mère de famille ordinaire.

Roman

© Lys Bleu Éditions – Juliette Ciais

ISBN : 979-10-377-0619-5

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Prologue

Je me revois encore fillette avec mes poupées, les couffins et la dînette. Je jouais, sans le savoir, le rôle (principal) de ma vie. Le rôle de MAMAN.

Les jeux de rôles et les mises en scène étaient parfaits. J’étais une mère poule insouciante. Une institutrice aux éclats de voix surprenants. J’étais un chirurgien en herbe. Une coiffeuse aux coups de ciseaux un peu trop faciles… Je pouvais oublier mes poupées au fond d’un placard ou sous le lit. Qu’importe ; je pouvais arrêter le jeu quand je le voulais. Je pouvais habiller, maquiller, engueuler, casser sans conséquence et sans remord.

Aujourd’hui, le jeu s’est un peu transformé. Les « jouets » parlent et marchent sans pile et le fabriquant a omis le bouton marche/arrêt, pour les instants de grands ras le bol.

Avec le temps, j’ai bien dû me rendre à l’évidence et faire le deuil de la mère parfaite que je rêvais d’être et des enfants parfaits que j’attendais.

J’ai discuté maintes fois avec des mamans à la sortie des écoles et ailleurs, pour papoter de nos désagréments quotidiens causés par nos chers petits et plus grands.

On s’est consultées. On a comparé. On a constaté. On a rigolé. On s’est rassurées.

Mais seule face à mon rôle de mère, parfois, je doute.

J’ai voulu à travers ce livre, faire partager mon aventure de mère et rassurer les mamans ainsi que celles en devenir tôt ou tard.

J’aurais bien aimé donner à mes enfants, la mère que je voulais être. Je dois bien reconnaître que c’est bien loin d’être le cas. Entre mes impatiences, la fatigue qui s’accumule et les soucis, j’ai éduqué et j’éduque encore mes enfants sur le tas, en faisant des erreurs. Le plus important : j’ai appris à déculpabiliser. Heureusement, j’ai la chance de ne pas être seule. Le papa est là. Et on n’est vraiment pas trop de deux pour couver nos enfants jusqu’à leur envol.

Tant pis si la maison est en désordre… Après trois heures passées en salle d’attente chez le toubib pour un mioche malade et une demie d’heure à la pharmacie, rien d’étonnant ! À moins d’être Wonder Woman, mais elle, elle n’a ni enfant ni mari ! Elle a une taille de guêpe et des lolos bons pour servir de casse-noix. Son maquillage est auto-renouvelable dès le saut du lit et elle est née avec un brushing permanent sur la tête !

Présentation

 « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction.»

Antoine de Saint Exupéry (1900/1944).

Artiste, écrivain, aviateur.

« Madame Irma », armée de son pendule divinatoire m’avait lancé très sérieusement

— Tu n’auras qu’un enfant après ta fille et ce sera un garçon… Mais dans longtemps !

La vieille chouette aigrie qui faisait partie des meubles du service de mon ancien lieu de travail, depuis plus de vingt, avait vu juste ; mais pas complètement. Après une longue période de célibat involontaire ; divorcée, mère d’une adorable fillette ; j’étais embourbée dans les méandres d’un avenir sentimental plus qu’incertain. Perdue dans les profondeurs de l’oubli, j’ai rencontré, enfin, le père de ma future tribu. C’est un homme remarquable, un mari attentionné et un père que j’aurai aimé avoir.

Nous voilà donc aujourd’hui enorgueillis, d’une belle brochette de diablotins ; quatre enfants d’âges divers, où nous portons chaque jour, notre statut de parents.

Si « Madame Irma » m’avait dit qu’un jour, je serai mère de quatre enfants, il est évident que je n’en aurais pas cru, un traître mot.

Nous nous sommes longtemps attendus, sans le savoir et sans nous connaître. Mais, nous nous sommes très vite reconnus et bien entendu dès notre rencontre. Notre mariage fut rapidement célébré, sans pièce montée et sans dragées. Nous voulions simplement fêter notre union en bonne compagnie. Moi, en robe « bain de soleil » en lin à bretelles fines, chaussée de sandales en cuir ; lui, paré d’un pantalon en toile et d’une chemise à manche courte, nous avons dit « oui » devant le maire, la banane jusqu’aux oreilles, excités comme deux adolescents.

Nous aurions voulu nous rencontrer plus tôt. On s’imagine parfois comment notre vie aurait pu être si nous avions eu la chance de croiser nos chemins plus tôt ; mais cette hypothèse nous frustre l’un l’autre bien trop pour que je m’attarde davantage sur ce sujet, car nous ne saurons jamais ce qu’il serait advenu de nous, si tel avait été le cas.

Je regarde aujourd’hui mon ventre de quadragénaire. Je m’étonne moi-même du résultat plutôt acceptable, après quatre grossesses, quatre césariennes.

Mon aînée, de 23 ans, issue d’une première union, est partie du cocon familial depuis longtemps et je préfère ne pas imaginer l’inéluctable qui se présentera tôt ou tard pour la suite logique de l’avenir de la fratrie.

Nous sommes une famille recomposée, fait, classique de nos jours. Les enfants n’ont pas la notion du sens des mots « demi-frère » ou « demi-sœur ». Ils sont une grande fratrie, où 18 années séparent l’aînée de la cadette. Entre les deux, mon fils et ma fille de 15 mois d’écart passent le plus clair de leur temps à se chamailler. J’essaie tant bien que mal d’être à leur écoute, mais je capitule rapidement devant leurs jérémiades incessantes qui prennent avec eux des tournures dramatiques, pour peu que j’essaye de comprendre leur tourment du moment.

Pour finir, ma dernière de 5 ans, empoisonne de façon délicieuse mon quotidien de femme.

C’est la « p’tite dernière ». Elle a détrôné sa sœur de son statut de cadette, qui en souffre parfois. C’est fou comme l’approche de la parentalité diffère avec le temps, l’expérience, ou l’âge. Je ne peux que constater que bien qu’ayant tous la même mère, mes enfants n’ont pas reçu la même approche parentale.

On ne nous apprend pas à être parents et encore moins à être de bons parents. D’ailleurs, qu’est-ce qu’être de bons parents ?

On imagine souvent que l’on fera mieux que les siens. Qu’on ne s’énervera pas pour un rien et qu’on sera toujours patient. Ah la bonne blague !

On nous distille à coup de pub, d’affiche et de magasine, l’image d’une mère joyeuse, attentionnée, jeune, bien apprêtée, au maquillage naturel. L’image du père, elle, révèle la bienveillance, la joie et l’épanouissement.

La vérité est toute autre.

Être parents, c’est avant tout de l’amour bien sûr, mais aussi, et la liste n’est pas exhaustive :

Patience.

Contrariété.

Fatigue.

Lassitude.

Agacement.

Sacrifice.

Appréhension.

Doute.

Panique.

Frustration.

Agitation.

Insomnie-volontaire et involontaire.

Cauchemar.

Cacophonie.

Ras-le-bol.

Inquiétude…

Sans vouloir apeurer les futurs parents, il leur faudra aménager quelque peu leurs emplois du temps et leurs organisations quotidiennes pour les vingt prochaines années à venir. Ils connaîtront très vite le sens du mot « parentalité » et tous ses charmants dommages collatéraux. Ils s’initieront très vite aux galères des sorties au restau ; les jours de l’An en solitaires (parce que la baby – sitter veut gagner ce soir – là la moitié de leurs salaires !) ; les nuits blanches à faire les cent pas avec un adorable brailleur inconsolable dans les bras ; les gâteaux faits maison à la coquille d’œuf parce que « C’est “moooaa” qui l’ait fait tout seul comme un grand ! »

Des tas de chaussettes affligées dans l’attente du grand retour de leurs sœurs viendront décorer un salon tout chamboulé. Des histoires de princesses et de héros en tout genre, mariés à toutes les sauces, en films, en dessins animés, en livres et version cahiers de coloriages, raviront les jeunes parents dans leurs soirées animées « plateau télé » et leurs week-ends déjantés sans aucun copain pour distraire la petite famille.

Mais aussi (je garde le meilleur pour la fin), les parents se découvriront de grands talents d’humoristes face aux éclats de rire de leurs progénitures. Ils deviendront les champions des soirées crêpes et croque-monsieur… Surtout le dimanche soir quand plus personne n’a d’inspiration et de courage pour régaler toute la famille…

Les mères se transformeront en « sorcière bien-aimée » et les pères en « monsieur propre ». La maisonnée se transformera en logis « tout bien propre et bien rangé qui sent bon le frais » (comme dans les séries télé, gonflées d’existences utopiques et idylliques où les personnages transpirent la béatitude d’une vie aussi rebondissante qu’un encéphalogramme plat) le jour où les grands-parents débarquent. À coup d’huile de coude et de sueur, au pas de course dès le p’tit matin, entre un bain, un bib, un rot et un café pris à l’arraché, l’intérieur sera accueillant. Un plat mijotera au four et la table sera toute bien dressée. Les parents seront lessivés avant l’arrivée même de beau papa et belle maman alors qu’une demi-heure avant leur arrivée, on s’affolait, en terminant le rangement par une « opération camouflage » des restes de témoignages d’une vie survoltée.

Ce sont les coulisses de la vie de famille !

Mais rassurez-vous, je suis toujours en vie et je me porte bien. Mon couple aussi, car la plus belle chose qui nous soit arrivée, c’est d’être devenus parents.

L’annonce

« Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère. »

Proverbe yiddish

J’avais toujours imaginé, dans mes rêves d’adolescente, des mises en scène théâtrales pour annoncer la bonne nouvelle. J’ai eu la chance de pouvoir l’annoncer plusieurs fois dans ma vie et je n’ai pas laissé beaucoup de place à l’imagination quant à la façon d’annoncer l’heureux évènement.

À vingt ans, face à la lecture du « stylo test », j’étais en émoi.

La première fois, c’était en 1992, la lecture des tests n’était pas si rapide que de nos jours. Je me souviens encore de l’attente, plus d’un quart d’heure avant de pouvoir connaître le résultat ! J’étais tellement survoltée que je n’avais pas pu le lire. J’avais demandé à une copine de passage à la maison de le faire pour moi.

Je me souviens encore de sa tête à la vue du résultat. Je pouvais lire sur son visage de l’envie, de la joie, de l’étonnement, du doute. Nous avons consulté une seconde fois la notice, pour être sûres de la réponse.

C’était bleu. Un joli bleu, bien prononcé.

J’étais heureuse, fiévreuse d’excitation.

Je devais, maintenant, annoncer la nouvelle au futur papa.

Chaque fois que j’ai appris mon état, j’ai toujours eu, les premiers instants, des sentiments contradictoires qui sont venus se planter là, au pas de la porte, sans y avoir été préalablement invités. La première fois, alors que je voulais plus que tout au monde, avoir un enfant, j’ai été prise dans un tourbillon de joie, d’appréhension et d’incertitude. Je me demandais, si, finalement, c’était le bon moment, si c’était le bon papa, si ce n’était pas trop tôt, si j’étais prête ?

(Il faut dire qu’à cette époque, j’étais un peu perdue. Ma mère était décédée sans préavis depuis plusieurs semaines et je m’accrochais à la vie, avec fougue, rage, détermination et ferveur. Telle une noix de coco attachée à son arbre, ballottée sous les vents d’une tornade tropicale, j’affrontais plus mon existence que je ne la vivais.)

Pour ma première grossesse, j’ai dû annoncer la nouvelle à mon futur employeur. Je venais d’être retenue en tant que danseuse professionnelle pour des spectacles de modern jazz et partir en tournée à travers les États-Unis. (Enfin du moins, c’est ce qui avait été annoncé) ! L’apprentissage et les répétitions n’avaient même pas encore commencé. Ce fut un véritable crève-cœur ; moi qui aimais tant le monde de la danse, la scène, le public. Mais ce petit être que je pouvais déjà ressentir grandir en moi, alors qu’il n’était qu’à sa période des premiers stades de Carnegie, a eu le dernier mot.

Neuf ans plus tard, ce fut le tour de mon fils, qui a été très attendu. Il a pris tout son temps pour combler de joie ses futurs parents. Mon mari l’a appris par téléphone, tout simplement. Je ne tenais plus en place, il fallait que je lui dise. Il était heureux, serein. Il était déjà comblé de joie avec ma fille qu’il avait très vite considérée comme la sienne. Il ne se doutait pas et ne pouvait imaginer l’émotion que peut créer la naissance d’un premier enfant. Neuf mois d’attente ne sont pas de trop pour encaisser le choc émotionnel du jour J.

Six mois après mon accouchement, j’étais de nouveau enceinte. Je n’étais pas prête. J’ai été, les premiers mois, à la fois heureuse et confuse de mon état. Nous avions tellement attendu pour notre fils. Jamais, nous ne nous serions imaginés attendre un nouvel enfant aussi facilement et rapidement. Mon corps se remettait à peine d’une grossesse et d’une césarienne que je repartais pour une nouvelle aventure inattendue. Nous allions devenir une « famille nombreuse » et l’idée nous plut. Nous avons attendu la fin du premier trimestre pour annoncer l’heureuse nouvelle car je n’étais pas pressée d’entendre des commentaires, quels qu’ils fussent. C’était notre secret, notre bonheur que nous ne voulions partager qu’entre nous et le plus longtemps possible. J’appréhendais la suite de la grossesse. Le médecin n’était pas content. Mon utérus était fragilisé par deux césariennes, dont une très récente.

Cinq ans après, notre petite dernière s’est pointée à l’improviste. Je me demandais si j’avais le droit d’exploser de joie par rapport aux contextes. Nous pataugions dans une belle merde financière. J’avais subi un an auparavant, une fausse couche. J’approchais la quarantaine. Nous avions déjà trois enfants. Et à mon compte, trois césariennes.

Je suis restée perplexe devant le résultat du test. Je ne fus pas surprise. Mon corps m’avait alertée en me faisant ressentir mon état, alors que mon esprit avait supposé et que mon instinct de mère savait. La nouvelle me bouleversa. Je voulais cet enfant, mais était-ce raisonnable ?

Lorsque j’annonçai la nouvelle à mon mari, son sourire m’en dit long sur son bonheur d’apprendre ma grossesse.

J’étais sûre de moi et des capacités de mon corps. Nous voulions cet enfant et nous avons décidé quoiqu’il advienne de ne pas être raisonnables aux regards de certains. Je reconnais, nous avons eu de la chance et j’ai remercié de nombreuses fois, le ciel, la Terre, les Saints et tous les dieux que tout se soit passé pour le mieux. Je savais que c’était ma dernière grossesse. Les enfants étaient très excités par la nouvelle et ma fille aînée fut, émue et étonnée.

À 38 ans, je repartais, confiante, pour la plus belle des aventures d’une femme.

Le choix du prénom

« Avant de choisir le prénom d’un garçon, pensez à la femme qui aura à le murmurer plus tard. »

Jules Barbey d’Aurevilly (écrivain français 1808/1889)

On ne choisit pas le prénom de son enfant pour faire plaisir à la vieille tante « Anne Marie Sophie ». Puisque le prénom à toutes les chances d’être prononcé tout au long de son existence, il est préférable de s’attarder dessus quitte à se retrouver au centre d’un débat animé. Quoiqu’il en soit, c’est la « maman » et personne d’autre qui tranchera en dernier recours si besoin.

Pour mon premier enfant, je n’ai pas réfléchi longtemps. J’étais persuadée d’attendre une fille et son prénom résonnait bien en moi. Il n’y avait aucun doute sur ce choix. Il n’y eut aucun débat. Orphée était d’une telle évidence que je n’ai laissé aucune place quant à d’éventuelles propositions du futur père. Bien que ce prénom soit masculin et plutôt rare, issue d’une histoire mythologie tragique, elle le porte bien. On m’a fait remarquer à la maternité, juste avant sa naissance, que j’avais de la chance d’accoucher aux Antilles parce qu’en métropole, un prénom aussi excentrique et masculin pour une fille n’aurait jamais été accepté.

Je n’ai rien écouté.

On a inscrit mon choix sur le formulaire non sans manifester sa contrariété ; je m’en moquais bien.

Pour mon fils, aucun prénom ne me venait à l’esprit. C’est son père qui l’a trouvé. Quand j’ai entendu son prénom prononcé, je l’ai accepté tout de suite. J’aimais le répéter à haute voix en portant ma main à mon ventre. Nous ne nous sommes pas trompés. Mon fils se reconnaît dans ce prénom et je trouve qu’il le porte à merveille.

Pour mon troisième enfant, j’ai longtemps hésité. Je savais que j’attendais une fille. On m’avait demandé lors de l’échographie si je voulais connaître le sexe de l’enfant. Je voulais l’appeler Camille. Plus d’une personne était étonnée par ce choix. Il ne correspondait pas avec les prénoms des aînés. Pourtant, je l’aimais beaucoup. Néanmoins, les mois passèrent et je commençais à douter de mon choix. Je n’arrivais pas à reconnaître l’enfant que je portais avec ce prénom. J’ai pensé à Roxanne mais le papa n’appréciait pas. On s’arrêta sur un troisième, d’inspiration familiale et mythologique, qui convint tout à fait.

Enfin pour notre petite dernière, j’ai longtemps hésité. J’ai pensé à Abigaelle, Nathanaëlle, Pénélope. Mon mari faisait des yeux tout ronds. J’étais à court d’idées. Il a proposé « Hélène ». C’est un si joli prénom ! Mais il me faisait trop penser à ma mère. Nous en avons extrait un prénom composé.

Une fois choisis, les prénoms semblent d’une telle évidence qu’on se demande parfois pourquoi on a tant réfléchi et hésité.

Mais un prénom c’est tellement important. C’est le mot que l’on entendra le plus souvent tout au long de sa vie. Il personnalise l’être, l’anime en profondeur et l’illumine d’un rayonnement invisible.

Les joies de la grossesse.

« Le cerveau a la pensée, le cœur a l’amour, le ventre a la paternité et la maternité. »

Victor Hugo.

Les grossesses se suivent et ne se ressemblent pas.

Un des seuls points communs, dont je me serais bien passée… Les nausées du premier trimestre !

J’ai fondu comme neige au soleil la première fois. Rien ne passait. J’étais affamée tout en étant dégoûtée par l’odeur et la vue de tout aliment. Un matin, je me suis ruée sur un sachet de viennoiserie tout chaud, au beurre… Humm, j’avais trop faim. Les croissants ne sont pas passés !

J’en ai oublié, par moment, les raisons de ces vomissements intempestifs.