Meurtre programmé au lac des Settons - Dino Bernardello - E-Book

Meurtre programmé au lac des Settons E-Book

Dino Bernardello

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Beschreibung

Quatrième de couverture « Meurtre programmé au lac des Settons » Le charismatique directeur d'Infortech technologie, Alexandre Champori, vient de tuer sa femme. Elle est l'unique héritière de la société que son père a fondée. Il est très sûr de lui, et pense qu'il possède un alibi irréfutable, de plus, aux yeux de tous il est le mari sans reproche. Néanmoins, c'est sans compter sur l'improbable et énervant, inspecteur David Prévain. Celui-ci est roux, à moitié anglais par sa mère, et chevauche une grosse moto « Triumph » tout en étant habillé comme un biker pur et dur. Il est incollable sur les groupes de rock and pop, et agace sans scrupule son suspect avec ses anecdotes hors de propos. David va jouer au chat et à la souris avec Alexandre, sachant que c'est lui le meurtrier, mais ne trouvera l'étonnante preuve fatidique qu'après beaucoup d'échecs face à l'intelligence d'Alexandre.

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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Meurtre programmé au lac des Settons(Une enquête de l'inspecteur Prévain)Chapitre I " Dimanche, Valérie et Alexandre "Chapitre II " Lundi, le plan Alexandre "Chapitre III " En route vers l'aéroport "Chapitre IV " Michelle, sa découverte "Chapitre V " Alexandre s'envole "Chapitre VI " Mardi, David Prévain "Chapitre VII " Souvenirs de Michelle "Chapitre VIII " Le commissariat "Chapitre IX " Chez Michelle "Chapitre X " Maison d'hôte "Chapitre " Mercredi matin, contre rendu filature "Chapitre XII " Hôtesse accueil "Chapitre XIII " Mercredi, vers seize heures, lac des Settons "Chapitre XIV " Des infos venues de l'air "Chapitre XV " Vendredi, retrouvailles entre collègues "Chapitre XVI " Vendredi, fin de matinée, tante Virginie "Chapitre XVII " Bertrand le malheureux "Chapitre XVIII " David Prévain, locaux d'Infortech "Chapitre XIX "Une rencontre instructive "Chapitre XX " David, de retour chez lui en soirée "Chapitre XXI " L'enterrement "Chapitre XXII " La confrontation "Page de copyright

Meurtre programmé au lac des Settons(Une enquête de l'inspecteur Prévain)Chapitre I " Dimanche, Valérie et Alexandre "

   Alexandre  Champori, la quarantaine, n’a rien à envier aux autres personnes, que du contraire, avec ses pommettes hautes, ses yeux vert émeraude, dans lesquels se reflète le mystère, et son teint légèrement hâlé ; il n’y a pas à dire, est bel homme. Il possède en plus de tout cela un sourire ravageur qui illumine son visage ; une gueule d’acteur munie d’une fine barbe à l’italienne, cependant, il est bien français. Mais comme les Italiens, enfin certains, il a du charme, il est charismatique, il plaît, et cela sans essayer de le faire.   

   Cependant, pour l’instant, il pense à autre chose qu’à son physique.  

   Même s’il est calmement assis dans l’intérieur de sa belle maison de campagne.  

   Même si celle-ci se trouve sur les magnifiques berges du lac des Settons illuminées de soleil.  

   Et même s’il a un gros dossier ouvert entre les mains en ayant la chance de pouvoir contempler ces paysages bourguignons. 

    Il ne pense pas du tout à cela ! il imagine des choses obscures et machiavéliques.  

   Des événements que l’on ne dit pas aux autres personnes, pas même à ses amis.      

   C’est vrai que depuis quelques mois, il prépare quelque chose de malfaisant, une chose que l’on ne raconte pas !  

   Des pensées que l’on n’avouerait jamais, même dans une chambre des tortures du moyen-âge... Un meurtre !  

   Pas n’importe quel assassina, entendons-nous bien, non, c’est celui de son épouse, rien que cela. 

   Il faut dire que sa femme est une Grébert ! Ce nom ne vous dit certainement rien, sauf si vous dirigiez un magazine de finance, mais Infortech Technologie, vous dit peut-être quelque chose, si vous êtes un amateur d’électronique. 

   C'est dans cette compagnie qu'Alexandre est le directeur, pourtant, c’est sa femme, Valérie, l’héritière de l’empire électronique qui décide de tout. 

    Infortech Technologie est une société créatrice de technologies dans le domaine de l’électronique de pointe. Elle peut vous concevoir des circuits imprimés pour des appareils électroménagers classiques, mais tout aussi bien pour des robots qui pourraient occuper une chaîne de montage. Mais elle est également active dans le domaine de la domotique. 

   Alexandre entend des pas se rapprocher de lui, il lève les yeux, et y voit une jolie femme avec une silhouette avantageuse malgré les deux années de plus qui la séparent de lui.  

   À quarante-cinq ans, elle est en pleine forme, elle porte des cheveux blonds ondulés, juste ce qu’il faut, telle une « drôle de dame » se nommant Farah Fossette, qui serait venue du passé. Une période que bien des personnes regrettent pour cette nonchalance des années soixante-dix. Et comme cette actrice emblématique, elle a un petit truc en plus qui vous attire au premier regard. 

   — Je sais que c’est la fin de journée, dit Valérie, que nous avons fait beaucoup de choses ensemble ce week-end... Mais tu pars déjà demain ! Ça ne peut pas attendre un peu ? dit-elle avec une moue qui en disait long... Tu travailles trop !  Et d’abord, c’est pour qui cette fois ? La société d’électro... celle qui nous a déjà donné beaucoup de travail ? 

   — Non, dit-il avec fierté et un sourire qui en disait long, une compagnie qui fabrique des huit aérien distribués dans le monde entier, elle nous demande de faire une étude pour concevoir l’électronique de son nouveau joujou.     

   — Cela doit être un beau contrat, j’imagine ? dit-elle en ayant l’air de s’y intéresser. 

   ― Exactement, un très gros marché même… Je te montrerai cela quand je l’aurai finalisé, tu pourras me dire si cela te convient et me donner ta bénédiction. Mais c’est vrai, je ne suis là que depuis deux jours, et je pense déjà au boulot, c’est bon j’arrête, j’arrête mon chou. 

   Il referma son portable et alla embrasser tendrement sa femme tout en l’enlaçant dans ses bras. 

   Ils restèrent comme cela un instant, puis elle se dirigea vers le canapé en Cordura beige coquillage, et en souleva un gros chat Maine coon de couleur gris cendré. Heureusement, ses poils grisâtres ne se voyaient pas trop sur le sofa, cependant, lui on ne pouvait pas le rater, ce matou devait être presque aussi imposant qu’un saint Bernard des montagnes. 

   — Allez, tu viens mon beau Gaspard, dit-elle en le levant et lui donnant un bisou sur la tête, vient faire des ronrons sur maman. Je vais m’occuper de toi pendant que papa range ses petites affaires et qu’il ne pense plus au boulot. 

   Le Maine coon se laissa faire sagement, et commença à ronronner comme un tank d’infanterie quand Valérie le caressa. 

   Alexandre regarda trente secondes sa femme câliner le magnifique félin, puis reprit son laïus.  

   — Et demain, dit Alexandre son mari depuis douze ans, Michelle vient te prendre pour aller faire du jogging ? 

   — Oui, elle vient à dix heures normalement. 

   — Heureusement que tu l'as, comme amie, vous faites plein de choses ensemble, c'est cool. Et la semaine prochaine, tu as quelque chose de prévu avec ta tante, à Paris ? 

   — Oui, nous allons au théâtre, puis on ira se faire un resto juste nous deux. J'ai besoin de la voir de temps en temps, vu qu'elle est mon unique famille, depuis que j’ai perdu mes parents dans l’avalanche en Italie. Elle m’a bien aidé à remonter la pente, quand c'est arrivé, j’ai vraiment de la chance qu’elle soit là pour moi. 

   — Oui c’est une femme qui aime s’occuper des autres, c’est sûrement pour cela qu’elle est institutrice et… 

    — Eh merde ! dit-elle en laissant retomber sa lèvre inférieure et coupant Alexandre, je fais même des jeux de mots sur une tragédie pareille… Oh mon dieu ! je suis nul, si mes parents m’entendaient ? 

   — Quoi, que veux-tu dire, je n’ai pas remarqué ? 

   — Ben, dit-elle tristement, « avalanche et remonter la pente », c’est un peu douteux pour une fille qui a perdu ses parents dans ces circonstances ! 

   — Mais non ma chérie, cela fait quoi ?... Sept ou huit ans maintenant ? Quatre ou cinq ans après notre mariage, je pense ? L’essentiel, dit-il avec sérieux et chaleur dans la voix, c’est que tu te souviennes toujours d’eux. La vie continue, et cela, on ne pourra jamais le démentir. Par contre, l’important c’est de maintenir leur mémoire intacte, et de ne garder d’eux, que les excellents souvenirs. Je pense à mon avis que c’est la meilleure façon d’honorer nos disparus.   

   — Tu as du bon sens, mieux vaut garder les anecdotes, c’est cela qui est crucial pour continuer sa vie sur cette terre. Les moments de joie avec les personnes proches sont le ciment qui nous unit à eux.  

   — Exactement, c’est ce que je pense aussi. Si ma tante n'habitait pas Paris, je n'aurais plus d'attache, je resterais ici avec toi tout le temps.  

   —  Si l'entreprise était plus proche, ce serait merveilleux, car question vin, je ne pense pas qu'il y en ait de grands crus dans la capitale. 

   — Oui, et la gastronomie, elle est fameuse aussi… Mais pour le boulot, ce serait bien si tu pouvais confier un peu plus de responsabilités à Bertrand, le sous-directeur de la boîte. Tu devrais le laisser partir voir les clients de la grosse pomme ou autres villes capitaliste, qui ne pensent qu’aux affaires. Au moins s’il y allait à ta place, je te verrai plus souvent. Tu pourrais alors passer plus de temps ici, quitte à travailler en visio la journée, mais tu serais là avec moi le soir ! 

   — Je sais, c’est vrai, je travaille et m’investis trop, comme tu l’as dit… Demain encore, je dois partir pour New York quelques jours, j’aurais pu y envoyer Bertrand Braquart, mais je ne me sens pas prêt, pour confier des marchés si importants à d’autres personnes. Même si Bertrand est le sous-directeur, je le consens, je suis comme ça ! dit-il avec enjouement. Tu commences à me connaitre ? 

   — Ça, c'est sûr, je te connais, mais n’oublie pas que tu as commencé plus bas que lui, tu n’étais qu’un ingénieur-électronicien ; un chef de département par la suite, je te l’accorde, et de plus avec des idées excellentes, mais pas encore sous-directeur. 

   — Oui, oui, je sais, tu me l’as déjà dit, tu as raison et si je n’avais pas rencontré la plus belle femme du monde à ce dîner de fin d’année à la tour d’Argent, je n’aurais pas eu les ailes pour monter si haut. 

   — Tu es un vrai flatteur mon chéri, mais ne fais pas ce qu'Icare à fait, à vouloir monter toujours plus près du soleil. Tu sais comme moi ce qu’il lui est arrivé, la cire qui tenait ses plumes a fondue, et elles lui ont dit au revoir, et il est redescendu aussi vite qu’un éléphant que l’on aurait jeté d’un avion. Toi ce ne sera pas la paraffine qui fondra, mais ton cerveau ! Et là, tu te retrouveras avec un Burn-out, et ça, je ne le veux pas. J’ai trop besoin de toi et je t’aime trop pour contempler ton déclin. 

   — Merci mon amour, moi aussi, tu le sais que je t’aime, et c’est vrai tu as raison, je dois me surveiller, allez un peu plus à la salle de sport et surtout, comme tu le dis, déléguer du travail aux autres. Je te promets qu’à partir du mois prochain, lorsque j’aurai fini les quelques rendez-vous à venir, je demanderai à Bertrand de prendre ma place pour les longs déplacements. Comme cela je serais plus souvent avec toi.  

   — Super, je me réjouis déjà, tu verras ce sera bien plus reposant pour toi. 

   Tout en écoutant Valérie, Alexandre se leva de tout son mètre quatre-vingt-trois, et traversa le salon et ses beaux meubles dans un style art moderne, pour aller dans la cuisine. Il s’accroupit devant le frigo pendant un instant, un peu pensif, et s’exclama, « Et si nous allions au resto au lieu de nous farcir les pâtes froides que tu as faites cet après-midi ? »   

   — Je sais que je ne suis pas une championne de la gastronomie, mais ç’a été fait avec amour mon chéri, rien que pour toi et moi. 

   — Désolé si je t’ai vexé, je ne voulais pas dire ça, c’est juste que demain je serais dans cet avion avec leur super menu, et que cela me démotive un peu de manger des nouilles. J’aimerais mieux avoir l’ambiance du restaurant. 

   — Ne te tracasse pas… Je disais cela pour rire, je m’en fous de ces pattes, les oiseaux s’en régleront, et cela me fera autant plaisir. Allons où tu veux, tout me va, tant que c’est avec toi ! Mais pour en revenir à Bertrand, légèrement vexé tout de même par l’histoire des pâtes, tu sais que le petit garçon à sa maman, et bien il est fou amoureux de moi ! dit-elle en le regardant dans les yeux pour voir sa réaction. 

   — Ah bon, dit-il un peu décontenancé, et depuis quand donc ? 

   — Depuis toujours ! Enfin depuis que l’on est devenu ami lors de nos études supérieures.  

   — Ah oui, dit-il souriant, et bien, si c’est pour me rendre jaloux que tu me racontes cela, je peux te dire que c’est raté. Je ne pense pas une seconde que ce fils à man, man, dit-il en rigolant, représente une menace pour moi. 

   — Quoi ? Tu penses qu’il n’intéresse pas les femmes, parce qu’il n’a pas un physique d’Apollon ? 

   — Non, je ne suis pas stupide, toute étamine peut trouver son pistil, mais l’abeille ne va pas apporter le pollen d’un chardon sur une rose. 

   — Tu fais de la poésie maintenant ! J’ai difficile à croire que c’est de toi ? 

   — Tu as raison, je l’ai vu l’autre jour par hasard dans un magazine féminin qui se trouvait dans le hall de l’aérogare. Ce n’est pas que je sois friand de ce genre de revue, mais il fallait bien passer le temps avant de partir vers l’aéroport. 

   — Si je te suis bien, dit-elle légèrement agacée, c’est que pour toi, les belles personnes ne vont qu’avec les belles personnes ; les érudits avec les érudits ; et les moches ne se feront que des moches ? Tu ne serais pas un peu élitiste par hasard ? 

   — Non je t’assure ! C’est juste un constat, si je croyais à l’élitisme, je serais bête, moi qui viens d’un milieu pauvre. Ce serait vraiment absurde d’oublier que j’ai pu m’élever en côtoyant des personnes de haut rang. Sans ton père et les cadres de l’époque, je serais toujours un employé. 

   — Comme tu dis, dit-elle, en se radoucissant, heureusement que tout le monde n’a pas de préjugés, sinon il n’y aurait plus aucune diversité. Pour en revenir à Bertrand, sache que si je ne t’avais pas rencontré, je pense que je l’aurais encouragé à m’ouvrir son cœur, d’ailleurs mon paternel a longtemps cru qu’on finirait ensemble. 

   — Quoi ! ton père, comment pouvait-il ? …  

   — Comment pouvait-il penser avoir pour gendre un homme au physique banal, pour sa jolie fille, c’est ça que tu veux dire ? 

   — Ben oui, en tant que papa, tu veux le mieux pour ta fifille, c’est normal non ? 

   — Pour lui, c’était lui, le mieux pour moi ! Il voyait que l’on s’entendait à merveille au bureau, et que l’on était toujours très complice malgré les années que l’on travaillait en commun. Il me répétait constamment, « et Bertrand, il ne t’a pas encore invité à sortir ». Et moi je lui disais que je pourrais l’aimer, bien sûr, qu’on avait plein de points communs, mais que s’il ne se déclarait pas, c’est que ce n’était pas le bon parti pour moi. Et pour te rassurer, dit-elle, en souriant, lorsque je t’ai rencontré, je n’ai plus eu aucun doute, j’ai su que c’était toi qui remplirais mon cœur de désirs. 

   — Tu me rassures, dit-il avec un grand sourire, j’étais à deux doigts de penser que tu allais me tendre les papiers de divorce. 

   — Mais oui, je te racontais cela juste pour te taquiner, et un peu pour te démontrer que le destin n’est jamais écrit à l’encre indélébile, tout peut arriver dans une vie. Mais retiens cela, comme on disait au moyen-âge, « de gustibus et coloribus non disputandum », les goûts et les couleurs ne se discutent pas. 

   — OK, allons-nous préparer alors, dit-il, ah oui, mets ta belle robe de « coloribus rubrum », tu es superbe dans du rouge ; tout autant que dehors, mais ça se sera pour plus tard, si tu vois ce que je veux dire ? 

   — Très bien mon Casanova élitiste. 

   Elle posa Gaspard sur le côté du canapé et se leva pour aller vers son dressing. Le chat reprit ses aises comme si de rien n’était et s’endormit comme une souche. 

   Après s’être mis sur leur trente et un, ils montèrent dans leur belle voiture et se rendirent en ville pour trouver un restaurant à leur goût. 

Chapitre II " Lundi, le plan Alexandre "

   La nuit a été courte pour Alexandre, ils sont rentrés du restaurant qu’il était passé vingt-trois heures. Et contrairement à ce qu’ils pensaient plus tôt, la belle robe rouge n’eut plus aucun effet sur leur libido, et ils se couchèrent directement après leur toilette. Ce qui arrangeait bien Alexandre pour la mise au point de son plan. 

   À deux heures pile du matin, son smartphone vibra, et il se leva en faisant bien attention de ne pas réveiller sa femme. 

   Alexandre n’avait pas eu beaucoup de temps pour récupérer de la journée d'hier, mais il n’a jamais eu besoin d'énormément de sommeil. Encore moins un jour comme celui-ci où son esprit tournait dans tous les sens. D’ailleurs, même sans son réveil, il se serait levé, car il n’a presque pas dormi depuis qu’il est rentré de la soirée avec Valérie. 

   Il traversa la chambre en silence et alla dans la penderie. Il prit un vieux jeans et un tee-shirt, et se les passa en quatrième vitesse. Ensuite, il sortit de la maison, traversa l’allée de pavés qui menait au garage, et rentra dans celui-ci. Après avoir allumé, il ouvrit le coffre de sa berline avec sa télécommande. Il ne risquait pas que quelqu’un voie la lumière à cette heure-là, car le plus proche voisin habitait à deux cents mètres de là. Il chercha à tâtons derrière la roue de secours un objet, et après quelques instants, il en sortit un paquet enveloppé de vieux papiers journaux. Il le déballa prestement et en sortit trois petites boîtes en carton. L’une contenait un pistolet, l’autre un chargeur rempli de balles, et la troisième un silencieux. Il les assembla vite, et mit le tout dans la poche arrière de son pantalon.  

   Grâce au darknet, il avait su trouver ceux-ci sans laisser de trace.  

De plus, il avait acheté un ordinateur anonymement lors d’un voyage à l’étranger, et une fois ses arrangements faits, il l'avait formaté et s’en était séparé dans un parc d’éliminations. 

   Il sortit du garage, et courut jusqu’à la porte d’entrée, car il pleuvait légèrement. Il s’essuya les pieds sur le paillasson pour ne pas laisser de traces de saletés dans la maison ; ce serait trop bête de donner des indices aux enquêteurs.  

   Il alla ensuite jusqu’à sa chambre, d’un pas résolu, ne craignant pas de réveiller sa femme ; il faut dire qu’avec le champagne qu’il lui avait fait boire au restaurant durant la soirée, elle ne pouvait mal de se réveiller à deux heures et quelques du matin.  

   Par ce stratagème, il était sûr qu’elle dormirait bien pendant sa préparation à devenir l’unique dirigeant d’Infortech Technologie. 

   Il la secoua un peu et après un certain temps elle se réveilla péniblement. 

   — Qu… oi ? Quoi, que ce qu’il yaaaa ? dit-elle endormie. 

   —  Viens ! viens vite, lève-toi. 

   — Chat… chat peut pas… at... tendre, j’chuis morte ? 

   — Non, dit-il en lui prenant le bras pour la mettre debout, viens de suite, je vais bientôt devoir partir pour l’aéroport, sinon je serais en retard pour l’enregistrement. 

   — Ça va… lui dit-elle, à moitié réveiller, je sors… 

   Il la laissa se débrouiller toute seule, et alla dans le hall de nuit près de l’escalier du rez-de-chaussée. Il prit son pistolet dans la main, et la positionna dans son dos en attendant sa femme. Elle arriva lentement en déshabillé, et lorsqu’elle le vit à côté des marches, elle le regarda en souriant, et dit, « Mais qu’est-ce que tu fais en jeans ? ». 

   — Oh ! ce n’est rien… J’ai juste une tache sur mon pantalon, je l’ai vite lavé en dessous de la douchette de la baignoire, et maintenant il sèche dans la salle de bain. Mais ce n’est pas pour cela que je t’ai réveillé ! 

   — Ah bon ! dit-elle intéressée, alors va y à présent que je suis réveillée, dit-elle amusée, tu me montres ce qui est si important afin que je retourne dans les bras de Morphée. 

   — Oui, dit-il en pensant ce n’est pas dans les bras de Morphée dont tu vas aller, mais plus tôt dans ceux de Saint-Pierre, viens encore un peu vers moi et tu verras enfin ce que je veux te montrer ; tu ne vas pas le regretter. 

   Elle avança vers lui, pied nu sur le parquet, comme il lui avait demandé, en pensant qu’il avait un cadeau à lui donner avant de partir. Elle avait le sourire aux lèvres, et se demandait bien ce qu’il avait prévu pour elle.   

   Et d’un coup, lorsqu’elle fut tout juste à côté du chauffage électrique, il sortit son revolver et pointa celui-ci en sa direction. 

   Juste avant de recevoir la balle en plein cœur, elle eut une expression d’étonnement, en voyant l’arme que tenait Alexandre.  

   Ensuite, lorsqu’elle reçut le projectile, elle ressentit une forte douleur dans le thorax et en posant sa main droite sur sa poitrine, elle la retira pleine de sang. Elle le regarda encore une demi-seconde, ne comprenant pas ce qu’il lui arrivait, puis lâcha prise sur ce monde qui lui jouait à nouveau un tour de cochon. 

   Elle tomba pile à l’endroit qu’Alexandre désirait. Ensuite, il rangea tranquillement son arme dans son dos et déplaça sa femme juste un peu, pour qu’elle ne soit pas rôtie comme un méchoui.  

   Après cela, il prit son smartphone dans la poche intérieure de son veston, et grâce à la domotique dont toute la maison est équipée, il programma la soufflerie du radiateur au maximum, et cela jusqu’à sept heures du matin.  

   Avec cette technique, il pensait que le corps ne perdrait pas trop vite de la chaleur. Il aurait bien mis un édredon, mais comment le retirer lorsqu’il serait en route pour New York ? Son duvet à lui, c’était la technologie. Il resta sur son application, et programma cette fois la climatisation de sept à neuf heures, pour diminuer le plus gros de la température de la pièce. Ainsi, si jamais quelqu’un venait, il ne trouverait pas bizarre qu’il fasse déjà si chaud. Néanmoins, il était confiant, sa copine ne devait venir qu'à dix heures. 

   Il alla dans le dressing, et retourna le linge dans les placards pour faire croire qu’un voleur cherchait de l’argent. Après avoir chamboulé tous les vêtements qui se trouvaient dans les armoires, il passa à la salle de bain. Il retourna complètement la pharmacie dans le lavabo, il prit ensuite quelques colliers et un bracelet qui se trouvaient sur un présentoir accroché au mur et les poussèrent dans sa poche.  

   Il passa devant sa femme sans la regarder et rentra dans la chambre parentale. Sans perdre de temps, il lui fit subir le même sort qu’à la salle de bain, puis il arracha l’édredon du lit et retourna le matelas en travers.  

   Dans la mini bibliothèque qui était posée contre le mur opposé à la fenêtre de la chambre, il fit tomber la dizaine de livres qui la composait pour faire croire qu’on les avait examinés ; consultés page par page à la manière d’un jeu de cartes manier à la perfection par un joueur de poker.  

   Ensuite, il procéda de la même façon avec le deuxième dortoir. Mais il ne saccagea rien dans la troisième, car elle était vide, et ils n’en avaient pas d’utilité.  

   Cette demeure était bien trop grande pour une maison de campagne. Et lorsque l’affaire serait passée, il se disait déjà qu’il la revendrait… Personne ne trouverait cela indécent, on penserait qu’il ne veut plus voir l’endroit où il a perdu sa femme, tout simplement.  

   Au lieu de cet endroit perdu, il s’offrirait, quand tout cela sera oublié, bien sûr, une Ferrari ou une Maserati, son cœur balançait encore, entre les deux Italiennes.  

   Il se voyait déjà au volant de sa nouvelle voiture de sport, accompagné de sa maitresse du moment, très sexy, en train de lui sourire à belles dents.  

   Il cessa de rêver et continua à maquiller la maison en scène de cambriolage. 

   Ensuite il vérifia que toutes les portes étaient bien fermées, pour garder la chaleur, et descendit au rez-de-chaussée.  

   Dans une armoire du séjour, il prit le porte-monnaie de sa femme, et le fourra dans un grand sac en plastique. Il n’oublia pas bien sûr de sortir les bijoux de sa poche, et de les mettre dans le récipient.  

   Il fit évidemment subir le même sort au meuble qu’à ceux d’en haut. Puis, dans son sac, il y plaça la tablette et le smartphone de sa femme qui étaient tranquillement posés sur une petite table de salon.  

   Il contrôla bien sûr, qu’ils étaient déconnectés tous les deux pour éviter qu’ils ne pas laissent une trace GPS.  

   Ensuite, il prit encore deux belles statuettes égyptiennes en lapis-lazuli qui représentaient une reine et son pharaon.  

   Le reste n’avait pas beaucoup d’intérêt pour des voleurs, des pots de fleurs, des bougies, quelques tableaux et photos sans valeur. La télévision était belle, mais trop grosse, et il n’y avait pas de hi-fi, rien qu’une petite radio dans la cuisine.  

   Valérie n'avait pas besoin de tralala dans une maison de campagne. Une demeure dans laquelle elle venait se ressourcer deux semaines par mois, et qui maintenant serait associée à sa disparition pour toujours. 

   Il ouvrit quelques portes du mobilier de la cuisine équipée pour bien montrer que l’on avait aussi inspecté cet endroit, et alla ensuite vers la table du salon posée par-dessus un magnifique petit tapis persan ovoïde. Il était décoré d’arabesques et de fleurs de couleurs bleues et rose très pâle sur un fond blanc.    Il sortit de sa poche un sachet en papier du style qu’emploient les bijoutiers, et en laissa tomber sur celui-ci un genre de pièce en or. Ce n’était pas une pièce de monnaie, mais une médaille avec la représentation d’un Saint-Christophe ; patron des voyageurs. Il l’avait acheté dans une modeste bijouterie, lorsqu’il avait été en Espagne pour un contrat.  

   Il se dirigea enfin vers la sortie, il se retourna devant la porte, regarda l’ensemble pour voir s’il n’avait rien oublié, puis remarqua qu’il était toujours en jeans et tee-shirt. Il se déshabilla sans demander son reste, rangea les habits dans un sac plastique, et le mit à côté de son soi-disant butin.  

   Après s'être débarrassé des traces de poudre ou de sang sous la douche, il redescendit habiller de son costume léger pour supporter la chaleur. Il provenait d’une grande maison de couture et lui allait comme un gant.  

   Il n’oublia pas de refermer la porte qui mène dans les chambres pour garder la température, regarda une dernière fois la pièce, et pensa « Je suis le seigneur du château à présent ». 

Chapitre III " En route vers l'aéroport "

   Après avoir déposé tout son fourbi dans le coffre de sa voiture, il fit le tour de celle-ci, s’installa au volant, et démarra.  

   Il nota qu’il était deux heures quarante et un, inscrit sur son tableau de bord. Il longea le plan d'eau pendant un certain temps pour s’éloigner de chez lui, puis il s'arrêta le long de la route, dans en endroit où les personnes ne viendraient nager.  

   Il se dirigea vers le lac, lança d’abord l’arme du crime le plus loin qu’il pût, ensuite les objets qu’il avait dérobés dans la maison ; il garda juste le porte-monnaie.  

   Il remonta dans la voiture et alla rejoindre un petit village à quelques kilomètres du plan d'eau. Et rejoignit une rue dans laquelle il s’était renseigné que c’était le jour du ramassage des immondices tôt le matin, et s’arrêta.  

   Après avoir sorti l’argent du porte-monnaie, il regarda pendant trente secondes s’il ne voyait personne aux alentours. Ensuite une fois qu’il fut certain qu’il n’y avait personne pour le voir, il le mit dans le sac en plastique avec ses gants de latex et ses vêtements corrompus.  

Il se dirigea vers les poubelles parées à être embarquées, il en repéra une qui n’était pas trop pleine. Il enleva un peu d’immondices, plaça le sac, puis le recouvrit de déchets.  

   Après s'être lavé les mains avec une lingette, il fut enfin prêt à démarrer. 

   Le trajet se déroula sans souci, et à six heures vingt-cinq, le temps de garer la voiture dans le parking qu’il avait réservé, il se présenta dans la file d’embarquements. Il passa devant deux ou trois personnes, puis une femme l’interpella. 

   — Eh oh, monsieur, vous ne savez pas faire la queue comme tout un chacun, l’avion sera encore là lorsque vous serez enregistré. Ce n’est pas la peine de dépasser toutes les personnes, pas de panique, dit-elle gentiment. 

   — Vous, je ne vous ai rien demandé, vous partez peut-être pour prendre du beau temps, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, moi je pars pour donner beaucoup d’impôts à mon pays. Moi madame, je vais travailler, pas me mettre les pieds en éventail, mes heures sont précieuses. 

   — Oula ! du calme, moi aussi je travaille, et j'ai également droit à du repos de temps en temps. Allez passer si vous êtes si pressé, sinon vous allez nous faire une crise cardiaque. 

   Il dépassa encore deux personnes qui avaient suivi l’accrochage, puis, se trouvant assez près du guichet, attendit son tour. 

   Cinq minutes s’étant écoulées depuis l’altercation, il retrouva son zen lorsque ce fut à lui. 

   — Bonjour mademoiselle, dit-il en présentant sa réservation avec un beau sourire charmeur. 

   Elle lui rendit son rictus, et après avoir encodé son billet et posé une étiquette sur sa modeste valise. Elle lui dit que le vol de New York était prévu à huit heures quinze, et qu’il pouvait se diriger vers la porte d’embarquement numéro onze et attendre dans la salle d’attente accolée à celle-ci.  

   Il la remercia, et voulu partir, mais elle l'interpella. 

   — Ou alors, dit-elle, avec son plus beau sourire, si vous voulez passer le temps, il y a beaucoup de petites boutiques et snack-bars sur toute la zone de transit... Ah oui ! à titre d’information, voici mon numéro de téléphone, si jamais vous aviez une quelconque complication à votre retour de New York, n’hésitez pas à me contactez, je suis aussi là pour cela ! C’est une forme de service après-vente, dit-elle en essayant de rester sérieuse. 

   — Je vois ça ! dit-il, curieux de voir ce que cette jolie dragueuse allait lui inventer, et qu’elle genres de problèmes mademoiselle ? 

   — Eh bien par exemple, si vous ne trouvez pas un bon restaurant après votre retour, et croyez-moi, c’est primordial avec la dégastronomie des États-Unis, je me ferais un plaisir de vous conduire à une super adresse à deux pas de Montmartre. Et parce que c’est vous, je peux même aller jusqu’à vous aider à choisir un menu pour deux. Mais bien entendu, tout cela a un prix ! si je vais jusqu’à vous choisir votre repas, c’est le pack suprême de suprême, et vous êtes obligé de me prendre comme convive à votre table ; une table pour deux avec des bougies bien évidemment !    

— Merci, dit-il, en ignorant la deuxième partie de son monologue, je vais suivre votre conseil et aller prendre une tasse de café, et peut-être envoyer un texto à mon épouse pour lui dire que le service de l’aéroport a vraiment bien évolué ces dernières années.  

   Il regarda la jeune femme avec un grand sourire, lui dit au revoir, et de ne pas désespérer qu’il y aurait encore beaucoup de poissons qui passeraient à proximité de ses filets. 

   — Vous vous méprenez monsieur, je faisais cela uniquement pour blaguer, c’est tellement monotone le boulot parfois. 

   — Ah oui, et si je n’avais pas l’air d’un homme d’affaires qui part pour New York, vous m’auriez dragué aussi, ou c’est juste parce que je sens la réussite à plein nez ? 

   — Encore une fois, je m’excuse, mais tel n’était pas mon intention, il n’y avait rien de vénal, juste de la rigolade. D’ailleurs, je ne vous aurais jamais donné mon vrai numéro. 

   — Bon et bien, je vais vous laisser rigoler toute seule des passagers alors.  

   Il prit la direction de la zone de transit, et une fois qu'il fût introduit, alla devant le comptoir d’un snack-bar. Il y commanda un double expresso et un muffin bien appétissant aux myrtilles. Après une attente assez longue, vu le monde, il prit son café et son petit gâteau, et alla s’asseoir à une table isolée.  

   Il prit son GSM comme il l’avait dit plus tôt à l’hôtesse, et y rédigea un message pour sa femme ; il ne mentionna bien sûr pas la conversation avec la jeune dragueuse, mais lui écrivit un texto, « Coucou, je suis bien arrivé à l’aérogare de Paris, pas de problème sur la route tout s’est déroulé parfaitement. J’ai encore trois quarts d’heure à attendre, si le vol est à l’heure bien entendu ! Je sais que tu ne verras pas le message tout de suite, mais en attendant que tu le voies, sache que je te souhaite une agréable journée et que je t’aime énormément. »    

   À huit heures sept, son avion décolla en emportant sans le savoir un meurtrier qui a éliminé sa femme de sang-froid. Simplement, comme s’il avait décidé d’un coup, qu’un nuisible faisant des bzz -bzz sur sa vitre de cuisine, devait disparaitre d’un coup de tapette.