Verlag: Fawkes Editions Kategorie: Abenteuer, Thriller, Horror Sprache: Französisch Ausgabejahr: 2018

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E-Book-Beschreibung Moly - Sébastien D'errico

Moly est une petite fille rêveuse ; elle croit voir des créatures surnaturelles, telles que des fées, des elfes ou même des gobelins. Mais sa maman exige d’elle de grandir et d’oublier ce monde imaginaire. Avec les années, Moly laisse ce monde féérique de côté, jusqu’au soir de ses 18 ans, où la légendaire lune rouge changera sa vie. Et si ce monde imaginaire existait vraiment ?

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E-Book-Leseprobe Moly - Sébastien D'errico

©Fawkes Editions, 2018

info@fawkes-editions.com

www.fawkes-editions.com

978-2-930899-27-5

À mes trois petites fées, Nuria, Tiana, Loli.

Moly

Sébastien D’Errico

1

Moly

Monsieur et madame Huperts ont tout pour réussir dans leur vie. Directeur d’une entreprise en pleine croissance, monsieur Huperts — ou plutôt Robert Huperts, comme tout le monde l’appelle ici — est souvent absent à cause de ses déplacements à l’étranger. Quant à la femme de Robert, Madeleine Huperts, elle travaille dans l’immobilier avec son frère George.

À eux deux, ils ont monté une petite société qui fonctionne plutôt bien.

Robert et Madeleine ont une petite fille de dix ans qui se prénomme Moly. Cette petite rêveuse aux boucles d’or aime passer du temps avec son papa. D’ailleurs, Robert aime écouter sa fille lui raconter ses rêves, ou lui parler de tous les petits personnages qu’elle voit lors de ses promenades dans le bois — contrairement à sa maman, qui ne supporte plus d’entendre ces bêtises-là.

Le 21 avril 1960

La petite Moly a pour habitude de rentrer seule de l’école. Ce jour-là, il fait beau, et comme chaque jour, Moly passe par le petit bois pour rentrer chez elle.

Une fois arrivée à la maison, Moly dépose son cartable près des escaliers et court rejoindre son papa. Robert est assis dans son divan, lisant son journal.

– Papa, papa…

– Bonjour, ma puce.

Robert replie son journal près de lui. Moly s’empresse de lui sauter dessus pour lui expliquer ce qu’elle vient de voir sur le chemin du retour.

– Papa, j’ai vu deux petits personnages dans la forêt !

– Ah bon ! Et comment étaient-ils ?

– Ils étaient plus petits que moi, et quand ils m’ont vue, ils se sont cachés derrière un arbre.

– Et qu’as-tu fait ?

Moly explique à son papa qu’une fois arrivée près de l’arbre, eh bien, il n’y avait plus personne !

Robert adore écouter les histoires de Moly, au point de jouer le jeu lui aussi.

– Ils sont sûrement devenus invisibles !

– Tu crois ?

– J’en suis sûr, mais il ne faudra rien dire à maman ! Ça sera notre petit secret, d’accord ?

Moly sourit et fait un signe de la tête.

Pour Madeleine, Moly devrait grandir et arrêter de rêver. Elle lui a déjà expliqué à plusieurs reprises qu’à son âge, elle aidait sa mère au foyer, qu’elle n’avait pas le temps de rêver et qu’elle devrait en faire autant. Il est même déjà arrivé que Madeleine punisse Moly à cause de ses histoires de personnages imaginaires.

Le soir vers 19 h, Madeleine rentre de son travail. Moly, qui est en train de lire un livre sur le divan, entend la porte d’entrée se refermer.

Madeleine pose ses affaires près de l’escalier et aperçoit sa fille sur le divan. Sans même lui dire bonjour, elle la regarde.

– Tu t’es enfin décidée à te cultiver un peu ?

Moly fait comme si elle ne l’avait pas entendue. Madeleine continue son chemin jusque dans la cuisine pour rejoindre son mari.

Moly a les larmes aux yeux. Elle jette son livre à côté d’elle et quitte le salon en courant.

La porte de la chambre de Moly claque si fort que Robert jette un regard vers sa femme.

– Que s’est-il encore passé ?

– Rien !

Robert quitte la cuisine, énervé, et rejoint Moly dans sa chambre. Il frappe à la porte et l’ouvre tout doucement.

– Ma puce ? Chuchote Robert en rentrant dans la chambre.

Moly est assise près de la grande fenêtre qui donne sur le jardin. Robert s’avance dans la grande chambre et s’installe près d’elle.

– Que s’est-il passé, ma puce ?

– C’est maman…

– Raconte-moi ce qu’elle t’a dit.

– J’étais en train de lire le livre que tu m’avais offert. Maman est entrée sans même me dire bonjour, et elle m’a fait cette réflexion…

Moly se met à pleurer toutes les larmes de son corps. Son papa essuie ses larmes et lui explique que sa maman ne pensait pas ce qu’elle lui avait dit, et qu’elle était très fatiguée à cause de son travail.

– Elle ne m’aime pas ! D’ailleurs, elle ne m’a jamais aimée !

– Ne dit pas ça, ma puce. Ta maman t’aime, mais elle n’a pas eu une enfance facile.

– Et c’est pour cela qu’elle m’interdit d’en avoir une ?

Moly se retourne face à son papa.

– Tu me crois, toi ?

Robert prend les deux mains de Moly dans les siennes.

– Bien sûr que je te crois, ma petite fée. Allez, maintenant, il va falloir aller dormir, ma puce.

Il se dirige vers la fenêtre pour la fermer.

- NON ! crie Moly d’un coup.

Robert se retourne en sursautant.

– Que se passe-t-il ?

– La fenêtre, laisse-la entrouverte, s’il te plait.

– D’accord.

Robert se penche sur Moly et pose un baiser sur son front.

– Fais de beaux rêves, ma puce.

– Merci papa.

Les nuits sont calmes et paisibles en ce début de printemps. Le vent souffle légèrement et laisse entrer une petite odeur boisée dans la chambre. Cette odeur vient des bois pas loin de la maison. Les carillons se laissent bercer par cette petite brise et laissent résonner leur douce mélodie dans la nuit. Et Moly s’endort paisiblement.

Le lendemain matin, Moly se laisse réveiller par le chant d’un oiseau. Elle ouvre les yeux et se redresse sur son lit. Il y a bien un oiseau sur son appui de fenêtre ; il est rouge avec une crête jaune. Elle sort de son lit et s’approche doucement de la fenêtre. L’oiseau s’envole subitement. Moly se précipite à la fenêtre pour le regarder s’éloigner dans le ciel. Elle s’agenouille sur le sol et pose sa tête sur sa main gauche. Soudain, elle sent quelque chose se briser sous son coude. Elle soulève son bras et se penche sur l’appui de fenêtre. Et là, elle aperçoit un minuscule sac à dos fait de feuilles. Elle essaye de le prendre avec ses doigts, mais il est tellement petit qu’elle n’y arrive pas. Elle se précipite vers sa commode et prend une épingle à cheveux. Elle retourne à toute vitesse à la fenêtre… Mais le sac n’y est plus ! Elle regarde tout autour d’elle : il n’y a plus rien !

– Pourtant, il était là, je l’ai vu !

Moly jette un œil par la fenêtre, mais il n’y a pas de trace du petit sac. Déçue, elle s’habille et se rend dans la cuisine pour déjeuner.

Robert est sur la terrasse et boit son café. Quant à Madeleine, elle est dans la salle de bain.

– Bonjour, ma puce.

Moly s’assied en face de son papa sans dire un mot.

– Eh bien, que se passe-t-il ?

Moly lui explique ce qu’elle vient de voir à la fenêtre :

– Papa, c’était si petit que je n’aurais pas pu le prendre avec mes doigts sans le briser.

– Le vent l’a sûrement emporté ou fait tomber. Tu sais, ma puce, s’il était aussi petit que ça, il y a beaucoup de chances que tu ne le retrouves jamais.

– Retrouver quoi ? demande Madeleine, qui rejoint Moly et son mari dehors.

– Non, rien, répond Robert, qui regarde Moly en lui faisant un petit clin d’œil.

– Très bien ! À ce que je vois, père et fille se sont alliés contre moi !

Madeleine sourit et enfile sa veste avant d’embrasser sa fille. Robert se lève et accompagne sa femme à sa voiture.

– Ah oui, au fait, il faudrait que tu téléphones à la société de dératisation.

– Pourquoi ?

– Ce matin, j’ai vu que les carottes et les fruits sur la table ont été grignotés. On a sûrement des rats !

– Bon, très bien, je téléphonerai en fin de matinée.

Madeleine souhaite une bonne journée à son mari et monte dans sa voiture, une Ford Thunderbird. C’est un modèle cabriolet de deux places ; un héritage de son père dont elle ne se séparerait pour rien au monde.

Robert referme la porte derrière lui. Intrigué par ce que vient de lui dire sa femme à propos des rats, il se rend dans la cuisine. Il prend une pomme en main et remarque effectivement qu’elle a été grignotée. Il va dans son tiroir, cherche après sa loupe, et regarde la pomme de plus près. Les entailles dans la pomme sont bien précises, et ne ressemblent pas à celles faites par un rongeur.

– Papa ?

– Oui, ma puce !

Moly s’approche de son papa et lui demande ce qu’il regarde avec sa loupe. Il est un peu mal à l’aise et cherche quelque chose à lui dire. Il s’assied sur une chaise et croque dans la pomme.

– Rien, ma puce, j’ai cru voir un petit ver.

Moly fronce les sourcils et s’approche du panier à fruits. Elle prend une pomme à son tour, croque dedans et regarde son père en réfléchissant.

– Tu manges des pommes, toi ?

– Euh, oui, comme tu peux le voir… Et elles sont très bonnes, d’ailleurs !

Moly se retourne et quitte la cuisine, le sourire aux lèvres.

11 h du matin.

Robert téléphone à un dératiseur et lui explique que sa femme a entendu un rat dans la cuisine cette nuit.

– Papa ! Papa !

Robert raccroche le téléphone, pose son stylo et se précipite dans le jardin. Il aperçoit Moly qui fait face à la forêt derrière la maison. Elle a son bras tendu et son doigt pointé vers l’entrée du bois. Robert s’accroupit près d’elle et lui demande tout bas :

– Qu’as-tu vu ?

– Un petit monsieur avec des oreilles en pointe et une tresse. Il avait une petite barbe tressée aussi. Il portait une boucle d’oreille, et avait de grands pieds.

Robert se redresse et regarde à l’horizon. Il prend la main de Moly et la regarde.

– Et si on allait voir où ce petit monsieur se cache ?

Ils s’avancent tous les deux jusqu’à l’entrée du petit bois.

– Papa, pourquoi as-tu dit tout à l’heure qu’il y avait des rats dans la maison ?

– Maman m’a dit que cette nuit, elle a entendu du bruit dans la cuisine.

– Mais papa, ce ne sont pas des rats ! Ce sont les petites créatures de la forêt qui viennent prendre de la nourriture.

– Les créatures de la forêt ?

– Oui, elles viennent la nuit, car c’est le début du printemps et…

– Maman a vu un rat passer dans la cuisine, et fuir vers le jardin cette nuit.

– Mais papa, elles utilisent des animaux pour se déplacer !

Robert sourit à Moly avant de rentrer dans le bois.

– Oh, là-bas ! Une chouette blanche et noire, chuchote Robert.

Moly regarde son papa, et lui explique que ce sont les créatures nobles qui ont le droit de se déplacer en chouette.

- Nobles ? demande son papa.

– Oui, les rois, les reines et leurs enfants ne se déplacent qu’avec des chouettes. Ainsi, ils peuvent voir tout ce qui se passe de là-haut.

Robert est plongé dans ce que Moly est en train de lui raconter. Il imagine des petits personnages voler à dos de chouette, libres comme l’air et souriants. Il en voit d’autres se déplacer dans les champs, à dos de lièvre, faisant des courses entre eux. Il les imagine dans sa tête comme s’il y était.

– Papa ?

Robert sursaute et revient à lui.

– Euh, oui, ma puce ?

– Ça va bien ?

– Oui, j’étais ailleurs, ma chérie. Tu disais ?

Moly regarde son père dans les yeux.

– Papa, tu as les yeux qui brillent !

Robert se frotte les yeux.

– C’est le soleil, ma chérie. Allez, viens, on rentre à la maison.

Moly regarde son papa faire demi-tour. Elle scrute un instant les profondeurs de la forêt, en espérant revoir cette petite créature. Mais il n’y a rien ! Est-ce que tout était dans sa tête ? Son imagination lui joue-t-elle des tours ?

Moly rejoint son papa à la maison sans reparler de ce petit monsieur si étrange

2

L’Islande

15 h. Madeleine rentre plus tôt du bureau le vendredi. En rentrant à la maison, Robert lui annonce que la société de dératisation viendra le lendemain matin pour 10 h.

- Demain ? s’exclame Madeleine.

– Oui, et ce soir on s’envole pour l’Islande, car le monsieur a demandé que personne ne soit à la maison pendant deux jours. Ils vont mettre du produit partout à l’intérieur.

– Mais l’Islande, c’est…

– J’ai promis à Moly que je l’emmènerai une fois là-bas, et c’est une bonne occasion, je trouve !

Madeleine lève les yeux au ciel et monte les escaliers sans dire un mot. Robert rejoint Moly qui joue dans le jardin.

– Moly ?

– Oui, papa ?

– Si tu allais préparer ta valise ?

– Ma valise ?

Robert s’approche de Moly, se penche à son oreille et lui dit tout bas :

– Je t’emmène en Islande.

Un grand sourire apparait sur son visage et elle saute au cou de son père. Robert peut ressentir la joie que dégage Moly. Les larmes aux yeux, elle remercie son père et file à toute vitesse dans sa chambre pour préparer sa valise. Pendant ce temps-là, Robert sort la voiture et embarque sa valise dans le coffre. Madeleine sort de la maison avec toutes ses valises et les dépose aux pieds de Robert.

– Qu’y a-t-il ? Tu en fais une tête !

– Non, rien ! De toute façon, on ne m’a pas demandé mon avis pour aller en Islande…

Robert serre les mâchoires, empoigne la valise de Madeleine et la met dans le coffre.

– Tu ne vas pas te mettre dans cet état-là ? Moly rêve d’aller en Islande depuis toute petite !

– Moly, Moly, et encore Moly ! Il n’y en a que pour elle, ici ! Je ne compte plus, moi !

Madeleine entre dans la voiture, et referme la porte assez violemment. Robert ne prête pas attention au caprice de sa femme. Il se retourne et appelle Moly, qui est toujours dans sa chambre.

- Moly ? crie-t-il du bas des escaliers.

N’ayant pas de réponse, Robert monte les escaliers, arrive sur la dernière marche… et Moly surgit de nulle part !

- Voilà, je suis prête ! lui dit Moly avec son petit sourire d’ange.

Robert prend peur ; il fait un bond en arrière, se rattrape à la rampe et pose sa main sur son cœur.

– Tu m’as fait une de ces peurs !

– Je disais : je suis prête.

Robert se penche en avant sur la dernière marche et jette un coup d’œil du côté de la chambre. Moly, trouvant son papa bizarre, se penche elle aussi du même côté que son père et chuchote :

– Tu as vu quelque chose ?

Moly relève sa tête sous celle de son père, et le regarde un instant. Robert baisse son regard vers elle.

– Non, rien. Allez, hop ! On y va.

Moly grimpe sur le dos de son père pour rejoindre la voiture.

Madeleine ouvre la vitre, et demande à Robert s’il a prévenu Sophie que demain, la société serait là tôt le matin.

– Oui, elle sera là demain à la première heure pour ouvrir la porte.

Moly s’agenouille sur la banquette arrière de la voiture, et regarde la maison s’éloigner doucement. C’est une première pour Moly, elle qui n’a jamais quitté la Norvège  !

Après deux heures de route en voiture, ils arrivent enfin à l’aéroport. Robert sort de son véhicule et entre dans le bâtiment. Il se rend à l’accueil et demande si son jet privé est prêt à décoller.

– Bien sûr, monsieur Huperts. Voici vos documents.

Robert prend les documents et retourne à son véhicule. Il contourne l’aéroport et passe par le sous-sol pour accéder à l’emplacement où l’avion les attend. La portière du côté passager s’ouvre.

– Bonjour, madame Huperts.

– Merci à vous, répond Madeleine d’un air hautain.

Robert sort de la voiture et ouvre la porte à Moly.

– Très chère demoiselle.

Moly sourit à son père.

– Merci, très cher.

Le pilote accompagne la famille Huperts dans l’avion.

– Merci Franck, dit Robert en lui donnant une petite tape sur l’épaule.

– Merci, monsieur, je vous souhaite un agréable vol. Et si mademoiselle Moly le désire, elle pourra venir prendre les commandes, mais après le décollage.

Moly croit rêver et fait un grand signe de la tête.

– Merci, monsieur Franck.

– Merci, Franck. Allez, ma puce. Boucle ta ceinture, on va bientôt décoller.

L’avion s’élance sur la piste et, en quelques secondes, il disparait là-haut dans les nuages. Moly se retourne et aperçoit sa maman au téléphone. Elle profite de cette occasion pour aller rejoindre son père.

– Papa, tu crois que les fées et les elfes peuvent voler plus haut que nous ?

– Déjà, les elfes ne volent pas, ma chérie. Et les fées n’ont rien à faire ici ; il n’y a rien, juste des nuages. Les fées sont les protectrices de la nature. C’est pour cela qu’elles restent la plupart de leur temps dans la forêt.

Moly est contente d’entendre ce que son papa vient de lui dire. Elle s’installe près du hublot et regarde le ciel et tout ce magnifique paysage.

– L’Islande, pays des fées, chuchote Moly tout bas.

Robert se penche vers Moly pour regarder aussi à travers le hublot.

– Papa ?

– Oui, ma puce.

– Tu crois que je vais voir des fées ou des elfes, là-bas ?

– On dit que l’on peut voir danser les elfes, particulièrement les nuits ou les matins brumeux. Ils laissent des espèces de cercles à l’emplacement de leur danse ; on les appelle « alvringar », ce qui veut dire « cercle d’elfes ».

Moly se retourne et regarde son père.

– Comment tu connais tout ça, toi ?

– Disons que j’ai lu beaucoup de livres, étant jeune.

Moly se retourne à nouveau face au hublot et reste silencieuse.

Soudain, une voix retentit dans tout l’avion :

– Le capitaine Moly est attendue aux commandes.

Moly se retourne et regarde son papa, qui lui fait un clin d’œil et un petit signe de la tête, comme pour lui dire : « Allez, file ! » Moly se précipite vers l’avant de l’avion.

Après trois heures de vol, ils arrivent en Islande ; à Húsavík, exactement. C’est un petit village au nord de l’ile, qui longe un grand lac et des montagnes qui dominent l’horizon.

Ils sont attendus à leur hôtel, le « Guesthouse », qui se situe à quelques minutes du centre-ville. La voiture s’arrête devant l’hôtel ; Moly ouvre sa portière et sort du véhicule.