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Retrouvez l'ouvrage finaliste du Prix Zadig 2021 !
« Je viens de trouver deux micro-puces dans la tête du gamin (…). La première se trouvait dans l’amygdale, la seconde dans l’hypothalamus. Elles m’ont l’air ultra sophistiquées.
— À ton avis, à quoi lui servaient-elles ?
— Je n’en ai pas la moindre idée. Tu vas devoir trouver tes réponses ailleurs. »
Quand le médecin légiste de la morgue de Nantes retire deux implants cérébraux nouvelle génération de la tête du cadavre du jeune Quentin, l’adjudant-chef Pierrick Legall comprend qu’il a raison de craindre le pire. L’affaire dépasse le simple cadre du double-meurtre suicide pour lequel on l’a mandaté. Encore lui faut-il le prouver. Peut-être que l’un des neuroscientifiques de l’Institut du Cerveau pourra l’aiguiller ? De Ploërmel à Paris, en passant par Lyon et Bordeaux, Legall aura besoin de toutes les bonnes volontés pour y voir plus clair. Il peut compter sur l’aide avisée du N’Tech de la Section de Recherche de Versailles et sur celle de leur AnaCrim pour l’accompagner dans sa quête de la vérité.
Le petit côté scientifique de Neuroself vous embarque dans une enquête originale menée par des enquêteurs d’une unité de Section de Recherche de la gendarmerie.
À PROPOS DE L'AUTEURE
La tête toujours pleine d’histoires, Cécile Dubard divertit les siens depuis qu’elle est en âge d’écrire. La S.F est son genre de prédilection. N’hésitez pas à la retrouver aux éditions Le Grimoire (2019) ou chez Galaxies (2021). « Neuroself » est sa première incursion dans le policier. Ce ne sera peut-être pas la dernière ?
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Seitenzahl: 104
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Cécile Dubard
Neuroself
Nouvelle policière finaliste du Prix Zadig
Techno thriller
ISBN : 979-10-388-0297-1
Collection : Rouge
ISSN : 2108-6273
Dépôt légal : mars 2022
© Couverture Ex Æquo
© 2022 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite
Éditions Ex Æquo
Né en 2018, le Prix Zadig de la nouvelle policière est un prix organisé par les Éditions Ex Æquo. Le nom de Zadig personnifie ce prix parce que c’est, en littérature française — et même universelle —, le texte qui est considéré comme étant la première enquête, la première recherche d’indices et de preuves. C’est aussi le texte d’un érudit, Voltaire, qui mettait la liberté de penser au-dessus de toutes les autres possessions. Notre maison d’édition ayant implanté son siège social à Plombières-les-Bains où Voltaire a séjourné et a écrit, l’ensemble faisait sens.
Le jury est composé de professionnels de la répression du crime (avocats, juges, gendarmes, policiers, médecins légistes, journalistes, criminologues et auteurs de romans policiers). Nous avons changé la donne habituelle des prix littéraires qui convoquent autour de la table des libraires, des écrivains, des gens du monde du livre ; nous, nous avons réuni ceux par qui la connaissance du crime parvient au grand public au travers de leur expertise.
Nous tenons particulièrement à remercier toutes les personnes qui ont œuvré pour la réussite de cette édition 2021. Tout d’abord les membres du jury : Laurence Schwalm (Directrice de la Maison d’Édition), Karine Jain, Isis Senchet, Fabien Denis, Philippe Charlier, Thierry Dufrenne, Laurent Greilsamer, Rémy Lasource, Maître Laurent-Franck Lienard, le Professeur Paul Fornès et Jérôme Decours.
Le Groupe Rivolier et Zadig Le Mag.
Félicitations aux 3 finalistes de cette année : Stéphanie Jouan, Gabriel Couble et Cécile Dubard.
Longue vie au Prix Zadig et rendez-vous dès mars pour Zadig 2022
Catherine Moisand,
Présidente du Jury Prix Zadig
Plus d’informations sur :
prixzadig-editions-exaequo.com/
ou sur notre page Facebook PrixZadig.
Partenaire du Prix Zadig
La famille RIVOLIER a débuté ses activités de « faiseurs de fusils » en 1830 dans la ville de Saint-Étienne, berceau de l’armurerie française.
Du petit atelier familial, l’entreprise s’installe en 1903 dans des bâtiments industriels, typiques de l’époque, en plein centre-ville. Elle y restera 90 ans avant de déménager en 1993 dans les locaux actuels, plus modernes et beaucoup mieux adaptés à l’expansion rapide des activités de la société.
Sous la raison sociale complète de « Manufacture Spéciale d’Armes Fines et Cycles RIVOLIER père et fils », la « maison » RIVOLIER, comme il est coutume de dire à l’époque, fabrique dans ses ateliers fusils de chasse, bicyclettes, lits à armature métallique tubulaire pour les hôpitaux militaires pendant la Grande Guerre.
Sous l’occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale, les ouvriers de la manufacture réparent et entretiennent les fusils de guerre saisis aux forces françaises et reversés aux troupes allemandes, notamment aux forces allemandes de seconde ligne.
Au début des années cinquante, la paix retrouvée et le goût (et le droit) de chasser revenant en force sur tout le territoire, Monsieur Alexis RIVOLIER, souhaitant satisfaire la demande pressante des chasseurs, part aux États-Unis négocier un contrat de distribution avec le fabricant américain REMINGTON.
Partenaire du Prix Zadig
Tout comme Candide, Éric Fottorino n’en finit plus de cultiver son jardin. Après avoir cofondé Le 1 et America, l’ancien directeur du Monde s’est inspiré d’un autre héros de Voltaire pour lancer au printemps 2019 Zadig, une revue haut de gamme, vendue sans publicité au prix de 19 euros. Zadig est un trimestriel inspirant de 196 pages créé pour rendre lisible un pays devenu illisible : la France.
Le premier numéro s’est vendu à plus de 55 000 exemplaires, le deuxième à 40 000 et le troisième à 32 000.
La dimension régionale est illustrée par une carte de la France et de son Outre-mer que Zadig sillonne numéro après numéro.
No 1 : Réparer la France
No 2 : La Nature et nous
No 3 : Le Travail, pour quoi faire ?
No 4 : Heureux comme Dieu(x) en France
No 5 : Ces maires qui changent la France
No 6 : Besoin d’Outre-mer
No 7 : Changer de vie
No 8 : Mieux manger
No 9 : Femmes, une révolution française
No 10 : Au cœur du complotisme
No 11 : Ces banlieues qui réinventent la France
No 12 : Quand l’écologie nous gagne
Le soleil, haut dans le ciel, déversait les premiers rayons chaleureux de ce début de printemps. Le téléphone, muet depuis vingt minutes, reposait sagement sur son socle. Pierrick pouvait en profiter pour tondre la pelouse de la gendarmerie. En temps ordinaire, jamais un adjudant-chef ne se serait plié à cet exercice, mais c’était prendre le risque de voir se développer une véritable forêt vierge sur les parterres.
Faute de crédits, le ministère de la Défense peinait à leur déléguer du personnel pour assurer l’entretien de leur cadre de vie. Il aurait suffi d’un seul gendarme-adjoint Emploi Particulier pour marquer la différence. Cette négligence n’était que la partie visible de l’iceberg. Les bureaux vétustes dans lesquels ses collègues et lui-même officiaient menaçaient de basculer dans la case des locaux insalubres. Cela offrait une piètre image de leur institution. Les pouvoirs publics avaient heureusement pris conscience de l’ampleur du problème. Une rénovation des principales casernes était en cours. La leur figurait en milieu de liste.
La tondeuse à peine branchée, son supérieur le héla.
— Laisse tomber les travaux de jardinage, Legall ! On a un triple homicide suivi d’un suicide à Ploërmel. Tu t’y colles avec Morvan.
Trop content de s’affranchir de la corvée « gazon », Pierrick sauta dans le véhicule de patrouille.
— Tu sais de quoi il retourne ? demanda-t-il à son collègue déjà installé au volant.
— Pas vraiment, répondit Ronan en allumant le gyrophare. On nous briefera sur place.
À défaut de pouvoir parler de l’affaire, les deux hommes embrayèrent sur les nouveaux équipements que le Ministère leur promettait. La création de leur unité de Section de Recherche datait de moins d’un an. En guise de matériel informatique, ils tournaient sur des iMac reconditionnés. Les machines, bien que performantes, menaçaient de les lâcher à tout moment. Ils avaient hâte de tester les derniers modèles.
Leurs collègues de Ploërmel les accueillirent sur le lieu du drame, soulagés de remettre les rênes au directeur d’enquête.
Pierrick dégaina son calepin.
— Je vous écoute.
— Il s’agit d’un anniversaire qui a mal tourné. Le héros de la fête, Quentin Dormant, 22 ans, est ressorti de sa chambre arme de poing à la main et a tiré à bout portant sur trois de ses cinq invités avant de se jeter par la fenêtre qui donne sur l’arrière de l’immeuble. Les deux rescapés sont des proches du meurtrier : sa copine, Anne Guerrec, 19 ans, et un ami, Saul Lemont, 20 ans. Quentin n’a pas laissé de lettre de suicide ni de revendication à un groupe extrémiste.
— Le type souffrait-il d’une addiction ?
Ronan et lui avaient l’habitude de venir en appui aux unités subordonnées dans le cadre d’affaires de criminalité liées aux stupéfiants.
— D’après la compagne, non. (Le gendarme les conduisit à travers le bâtiment. Des agents empêchaient les résidents de sortir de chez eux tout en les tranquillisant.) Je flaire le truc pas net dans ce que racontent les deux gosses. Ils tiennent des propos discordants, peut-être à cause du contrecoup. J’espère qu’on ne vous aura pas fait déplacer pour rien.
— Tu m’épargnes une séance de torture sur fond de tondeuse à gazon, rien que pour ça, je te bénis, lança Pierrick. Vous avez commencé l’enquête de voisinage ?
— Les locataires des appartements environnants ont entendu la fusillade. Tout s’est déroulé très vite. Ce qui corrobore le récit que les jeunes nous ont donné.
— Y a-t-il eu une dispute ou des insultes proférées avant les meurtres ?
— Non. Les voisins sont unanimes. Les murs sont fins comme du papier à cigarette.
Les techniciens d’investigation criminelle avaient terminé leurs analyses. Les rubalises venaient d’être retirées. L’un d’eux s’attardait, toujours vêtu de sa combinaison blanche.
— Tu l’aimes tellement ton déguisement que tu ne veux plus le quitter, hein, Alaric, l’apostropha Pierrick.
— C’est surtout que je te connais assez pour savoir que tu n’auras pas la patience d’attendre nos résultats d’expertise. Comme je préfère m’éviter tes coups de fil intempestifs, je suis resté pour répondre à tes questions.
— Je plaide coupable, s’esclaffa l’adjudant-chef. Tu as remarqué quelque chose de bizarre ?
— Pas vraiment. Je te fais le topo : le type, Quentin Dormant, a tiré sur la première personne qui entrait dans sa ligne de mire. Puis il a enchaîné avec les deux autres. Il a fait carton plein à chaque fois. Les survivants ont plongé derrière le canapé. Il les a canardés, mais ils ont réussi à s’échapper. Ils se sont enfermés chacun dans une pièce. Le meurtrier s’est lancé à leur poursuite. Il a tiré une fois dans le couloir, puis il a déchargé ses dernières munitions sur la porte de la salle de bain avant de sauter par une fenêtre. Il est mort sur le coup. Le quatrième étage, ça ne pardonne pas.
— Y avait-il des traces susceptibles de prouver que le gamin se droguait ?
— Non.
— Ils ont beaucoup picolé ?
— Ils carburaient au jus de fruits bio. Je t’ai dit l’essentiel… tu combleras les trous en lisant mon rapport.
— Merci, Alaric.
Ronan prit des clichés de la scène. Puis Pierrick et lui refirent le trajet du tueur.
— Ici vous avez les commodités, commenta le gendarme qui les accompagnait. Et juste après, le cabinet de toilette.
Pierrick compta six impacts de balles sur la porte de la salle d’eau. Ronan actionna le déclencheur de son appareil photo.
— Le pistolet, c’était un 12 coups ? demanda-t-il.
— Un 15. Les trois premiers projectiles ont fait mouche chacun dans le crâne d’un invité. Le mec était assez près pour ne pas les louper. Il a ensuite tiré cinq dragées sur le canapé, une dans le couloir et le reste sur cette porte.
— OK, donc notre gus flingue trois de ses amis, puis il course les deux derniers qui se réfugient chacun dans une pièce, récapitula Ronan. Au lieu de canarder la première porte qui se présente, il préfère se concentrer sur la deuxième. Savait-il que sa copine s’y trouvait ? Voulait-il à ce point la buter ?
— C’est un détail intéressant , nota Pierrick. À présent, j’aimerais m’entretenir avec les rescapés.
— Ils vous attendent dans la cuisine.
Installés autour d’une petite table, les deux jeunes relevèrent la tête en les entendant entrer. La fille avait versé des larmes et peinait à réprimer les tremblements qui l’agitaient. Le garçon paraissait calme.
— Adjudant-chef Legall, officier de police judiciaire, annonça Pierrick en exhibant sa carte professionnelle et son écusson. Je suis accompagné de l’adjudant Morvan. Nous aurions quelques questions à vous poser.
— Encore ? se plaignit le garçon. Nous avons tout dit à vos collègues. Je ne vois pas ce que nous pourrions rajouter.
— Je suis navré, c’est la procédure. Nous devons éclaircir certains points. Le gendarme que voici s’occupera de dresser le procès-verbal de vos déclarations.
Le susnommé s’installa dans un coin de la cuisine, un peu en retrait.
Pierrick se tourna vers la jeune fille.
— Veuillez suivre mon adjoint, je vous prie. Je vous interrogerai après.
— Pourquoi ?
— C’est toujours ainsi que ça se passe, ne vous inquiétez pas.
Pierrick attendit qu’Anne Guerrec soit partie pour débuter son interrogatoire avec Saul Lemont. Il commença par les formalités administratives : nom, prénom, date de naissance, lieu de résidence. Il enchaîna avec quelques questions plus personnelles puis dériva vers le sujet qui l’intéressait.
— Connaissiez-vous bien Quentin Dormant ?
— Ses parents sont morts dans un accident de voiture, il y a quatre ans, raconta le garçon. Sa seule famille, c’étaient ses potes. (Il haussa les épaules.) Enfin, ce qu’il en reste. Donc oui, je le connaissais plutôt bien puisqu’on passait beaucoup de temps ensemble.
— Comment vous entendiez-vous ?
— Super bien. À la base, on chattait en vocal via le serveur d’un MMO. (Saul Lemont afficha une moue dubitative.) Vous ignorez ce que c’est, je suppose.
Pierrick se retint de lever les yeux au ciel. Pour la simple raison que vous n’étiez pas né à l’ère du tout écran, les jeunes se figuraient que les vieux de sa génération n’y connaissaient rien en matière d’informatique, de réseaux sociaux, de jeux et autres pratiques liées à Internet.
— Je sais en quoi ça consiste, je vous remercie. Vous pouvez continuer.
— Nous avons décidé de nous rencontrer IRL. En vrai, je veux dire. Ça a tout de suite matché.
