Notice sur M. Biard - Louis Boivin - E-Book

Notice sur M. Biard E-Book

Louis Boivin

0,0
1,99 €

oder
Beschreibung

"Notice sur M. Biard", de Louis Boivin. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0



Louis Boivin

Notice sur M. Biard

Ses aventures, son voyage en Laponie avec madame Biard
Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066333836

Table des matières

La première de couverture
Page de titre
Texte

Ignotos maгium tractus et inhospita lastrans Littora, Naturam quasi duplicat Arte viator.

BIARD (AUGUSTE-FRANÇOIS), chevalier de la Légion-d’Honneur, un de nos artistes les plus originaux et les plus populaires, est né, en 1800, dans la ville la moins artistique de France, à Lyon. Sa carrière, déjà si féconde pour l’art, a été aussi variée, aussi capricieuse que le rêve. Nous, pourrons constater, dans toutes les productions de M. Biard, l’empreinte de la fantaisie, du pittoresque, de la soudaineté, pour ainsi dire, qui ont marqué sa vie; car il est impossible que les circonstances de milieu extérieur dans lesquelles l’homme s’est développé n’aient pas influencé la nature du talent de l’artiste.

Par une de ces méprises si communes et parfois, si déplorables en matière de vocations, les parens du jeune Biard le destinèrent d’abord à l’état ecclésiastique. Il préluda aux fonctions de ce grave ministère en remplissant celles d’enfant de chœur. Il allait tous les jours, en cette qualité, servir la messe à l’abbé Perrin, aumônier de la prison de Roanne. L’abbé Perrin avait toutes sortes de bontés pour ses prisonniers; il les aimait, les consolait, leur distribuait tous les secours dont sa charité pouvait disposer; enfin, il leur faisait du bien, dans la mesure de ses forces. Un matin donc, le digne homme et son petit clerc venaient de dire la messe à leurs bandits. Comme ils allaient sortir de la prison, l’abbé fouille dans ses poches, s’arrête tout étonné, et dit au jeune Biard: — Sais-tu ce qu’ils m’ont fait, petit? — Non, M. l’abbé. — Eh bien! ils viennent de me voler mon mouchoir! mais reste ici, et attends-moi; je vais le chercher. — L’enfant s’arrête sur l’escalier, l’abbé Perrin retourne vers ses prisonniers, et, prenant sa plus grosse voix: — «N’avez-vous pas honte, — leur dit-il, — de me » voler, moi qui viens tous les jours au milieu de » vous, moi qui fais pour vous tout ce que je peux? » L’un de vous a mon mouchoir; vous allez me le ren- » dre, parce que je n’en ai pas assez pour en perdre. » D’ailleurs, s’il me convient de donner, je n’aime pas » qu’on me vole. Je ne veux pas vous faire punir » comme je le pourrais; je ne veux pas même savoir » quel est le voleur; mais je ne veux pas non plus être » votre dupe, entendez-vous? Allons, pas de dénon- » ciation! qu’on se dépêche seulement de me rendre » ce qu’on m’a pris, pendant que je ne vous regarde » pas.» — Ce disant, il tourne le dos aux prisonniers, son mouchoir est remis dans sa poche, et le bon prêtre s’en va, tout joyeux, rejoindre son jeune desservant, à qui il dit, en lui montrant le mouchoir reconquis: — Vois-tu, petit, je savais bien qu’ils me le rendraient!

Ce trait, d’une bonhomie si délicate, si vraiment évangélique, n’est pas sorti du souvenir de M. Biard, qui le conte toujours avec émotion; — et nous, nous n’avons pas su résister au plaisir de le redire, au risque de nous faire reprocher un hors-d’œuvre.

Après avoir étudié, pendant trois ou quatre mois, les premiers élémens du dessin chez M. Révoil, alors chef de ce qu’on voulait bien appeler l’école Lyonnaise, le jeune Biard s’en alla dans une fabrique de papiers peints, aux environs de Lyon. Sa fonction, dans cet établissement, était assez curieuse pour que nous en parlions un peu.