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Nouveau manuel du vigneron E-Book

Jean Fleury Lacoste

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Jean Fleury Lacoste

Nouveau manuel du vigneron

Avec des moyens préventifs et curatifs de la maladie de la vigne
Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066333225

Table des matières

INTRODUCTION.
AUX VIGNERONS.
CHAPITRE I er .
CHAPITRE II.
CHAPITRE III.
CHAPITRE IV.
CHAPITRE V.
CHAPITRE VI.
CHAPITRE VII.
CHAPITRE VIII.
CHAPITRE IX.
CHAPITRE X.
CHAPITRE XI.
CHAPITRE XII.
CHAPITRE XIII.
CHAPITRE XIV.
CHAPITRE XV.
SECONDE PARTIE.
CHAPITRE XVI.
CHAPITRE XVII.
CHAPITRE XVIII.
CHAPITRE XIX.
CHAPITRE XX.
CONCLUSION.
RAPPORT
EXPOSÉ.
CONCLUSIONS.
ECONOMIE RURALE.
1. — CULTURE DU SOL.
II. — TAILLE TARDIVE DE LA VIGNE.
III. — BROSSAGE DES RAISINS MALADES.

INTRODUCTION.

Table des matières

L’étude de la culture de la vigne, assez généralement négligée dans nos pays, devrait cependant attirer l’attention des agriculteurs sérieux, puisqu’il est certain que les vins sont une des principales richesses commerciales de plusieurs grands peuples de l’Europe, qui, par leur position géographique exceptionnelle, ont le privilége de pouvoir cultiver la vigne avec le plus grand succès.

Pour donner une simple appréciation de l’importance de cette culture, il nous suffira de dire que, d’après des statistiques que nous ne pouvons révoquer en doute, la France, par exemple, possède plus de deux millions d’hectares plantés en vignes, soit six à sept millions de nos journaux de Savoie; que cinq à six millions d’habitants sont presque uniquement occupés à cette culture et vivent du produit de la vigne. Si nous comptons maintenant les propriétaires qui prennent leur aisance dans les produits viticoles, les marchands de vin, d’eau-de-vie, nous verrons qu’un tiers de ce grand et beau pays vit en très grande partie de la vigne et de ses produits.

Nous retrouvons à peu près les mêmes proportions, soit en Piémont, soit en Savoie, dont les vins sont aussi une des principales sources de la richesse nationale. La Savoie, malgré sa position géographique moins favorable, dans certaines parties de son territoire, a cependant des provinces qui fournissent des produits viticoles très estimés des connaisseurs. Ces produits suffisent non-seulement à sa consommation ordinaire, mais encore il s’en exporte une assez grande quantité en Suisse, en Piémont et même en France, depuis la diminution récente des droits de douane.

Placé au centre des vignobles privilégiés de la Savoie et entièrement livré aux études agricoles, la culture de la vigne a toujours eu pour moi le plus vif attrait. Je m’y suis donc adonné avec la passion d’un homme qui, à tout prix, veut arriver à se rendre compte des principaux phénomènes de la végétation. Chaque jour, des observations nouvelles ne viennent-elles pas détruire les anciennes formules généralement adoptées? Trouver l’explication presque géométrique, si je puis m’exprimer ainsi, des différents problèmes viticoles non encore résolus par les hommes de la science, tel a toujours été le but de mes préoccupations de tous les instants.

J’ai, par conséquent, suivi avec la plus minutieuse exactitude les divers phénomènes de la végétation, jour par jour, mois par mois et année par année.

Je suis bien aise d’initier mes confrères vignerons à toutes les sensations variées que j’ai dû éprouver depuis plus de dix ans de travaux viticoles; car ma préoccupation principale était de trouver un moyen d’augmenter la quantité des produits, sur une surface donnée, tout en améliorant la qualité du vin.

Il faut avouer que ce problème, assez complexe, était bien difficile à résoudre, puisque généralement on reconnaît en viticulture que la grande quantité a toujours été au détriment de la qualité ; c’était donc là le seul but de mes désirs et le sujet de mes études incessantes.

Quoique je n’eusse pas besoin de stimulants pour persévérer dans la voie que je m’étais tracée, l’apparition de la désastreuse maladie dite Oïdium tuckeri est encore venue augmenter mon désir de tout observer avec la plus scrupuleuse attention, afin de m’éclairer sur la naissance, la vie et la propagation du mystérieux champignon, espérant encore pouvoir résoudre le problème intéressant de prévenir son apparition et d’en guérir les ceps qui en étaient atteints.

J’ai été assez heureux pour reconnaître d’une manière évidente que mon système de culture, qui était seulement destiné à donner une plus grande quantité de raisins et à produire de meilleur vin, était aussi le moyen le plus efficace de diminuer l’intensité de la maladie, d’en retarder l’apparition et, dans certaines circonstances, de la prévenir complétement. Ce moyen préventif, que le hasard m’avait procuré, avait donc besoin pour être complet d’un moyen curatif pour guérir les ceps qui seraient encore atteints de la maladie.

Après des essais répétés et dont le succès est radical, je suis parvenu à guérir et à faire disparaître le champignon parasite.

Encouragé par les résultats obtenus, et surtout par l’intérêt bienveillant qu’ont bien voulu me témoigner les hommes distingués qui faisaient partie de la Commission nommée par l’Académie royale de Savoie, pour venir constater les effets produits par l’application de mes procédés, je me suis décidé à publier mes expériences pratiques sous le titre de: Nouveau Manuel du vigneron.

Avant de commencer la rédaction de ce petit et modeste Manuel, j’ai voulu me rendre raison de la tâche que j’allais m’imposer; il en est résulté que mon intention invariable a été d’écrire pour les simples ouvriers vignerons.

Je devais, en conséquence, éviter de me servir de termes scientifiques autant qu’il me serait possible de le faire.

C’est, je crois, ce qu’il est important d’observer, lorsqu’il s’agit d’expliquer des expériences pratiques à de pauvres agriculteurs praticiens et non à des savants.

J’ai principalement visé à la clarté et à la simplicité dans la démonstration des divers phénomènes résultant de mes expériences. Je n’ai point cherché à faire des phrases, qui d’ailleurs sont fort peu appréciées par notre intéressante classe de vignerons.

Ce petit Manuel, essentiellement pratique, m’a paru devoir être d’une assez grande utilité ; car, il faut l’avouer, les théories scientifiques, que je respecte infiniment, contribuent beaucoup moins qu’on ne le croit au progrès agricole; leur tendance invariable à tout vouloir généraliser, soit dans les arts, soit en agriculture, soit partout, n’a-t-elle pas été la cause principale de bien des erreurs funestes? Ne voyons-nous pas très souvent des agriculteurs à imagination vive et ardente se laisser entraîner sans s’apercevoir du danger? Et ne faut-il pas avouer que ces erreurs ne sont dues le plus souvent qu’à des circonstances spéciales de sols, d’expositions et de climats, et enfin ne devons-nous pas reconnaître que la théorie scientifique étant un peu trop isolée devrait toujours consulter la pratique intelligente et sérieuse? Il résulterait nécessairement, de cette heureuse entente, des ouvrages mis à la portée de toutes les intelligences, ce qui éviterait des essais infructueux et très souvent ruineux.

Le système de culture de la vigne que j’ai l’honneur de publier est vraiment nouveau, puisque sur deux opérations principales il diffère de l’avis de tous les ouvrages de viticulture, savoir: l’époque de la taille et la façon des labours.

Mon nouveau Manuel est divisé en deux parties: la première, composée de quinze chapitres, concerne la culture de la vigne en général et développe le nouveau système dans ses moindres détails. La seconde partie est consacrée à l’étude de la maladie dite Oïdium tukeri, soit la naissance du champignon, sa propagation plus ou moins active, et enfin aux moyens à employer pour guérir un cep qui en est atteint.

Le nouveau Manuel du vigneron sera suivi de deux rapports, l’un du 16 novembre 1853 et l’autre du 21 décembre 1854, rédigés par une Commission nommée par l’Académie royale de Savoie, pour étudier les effets produits par ce système de culture et constater l’efficacité de mes moyens préventifs et curatifs contre la maladie qui ravage nos vignobles.

A la fin du volume, on trouvera la table des chapitres, ainsi que celle des matières; chaque paragraphe est numéroté pour faciliter la recherche des articles que voudront consulter les vignerons.

J’ai voulu réunir dans ce petit volume, et le plus brièvement possible, toutes les questions les plus importantes concernant la culture de la vigne.

J’ai cru devoir appuyer mes observations pratiques par quelques citations des hommes de la science; ce qui était indispensable pour développer et expliquer mon système.

J’ai tâché d’éviter les redites et les longueurs; car il est évident qu’elles fatiguent l’attention du cultivateur qui, en général, n’a que fort peu de temps à donner à la lecture et finit par se dégoûter d’un article trop long et d’un style trop relevé.

J’ai donc l’espoir que les vignerons me sauront gré du travail que j’ose leur offrir et qu’ils ne me refuseront pas leur bienveillante et franche approbation, ce qui sera pour moi un puissant encouragement et la plus douce des récompenses.

Le but de mes désirs sera-t-il atteint? C’est le vœu sincère que je forme; et, animé comme je le suis de l’ambition sainte d’être utile à mes semblables, mon courage ne faillira jamais!

AUX VIGNERONS.

Table des matières

Ayant divisé le nouveau Manuel du vigneron en deux parties, la première comprend, comme je l’ai déjà dit, tout ce qui a rapport à la culture de la vigne proprement dite; vous y trouverez toutes les indications nécessaires et utiles; la seconde étant destinée à l’étude de la maladie de la vigne, ce travail devient le complément de mon système et la raison des procédés de médications que je vous propose. Il m’a donc paru essentiel de joindre ici une relation abrégée de tous les systèmes proposés jusqu’à ce jour, pour arriver à la guérison de la maladie dite Oïdium tuckeri. J’ai puisé ces documents dans tous les rapports présentés à diverses Académies par les hommes de la science et dont l’authenticité est incontestable. Ce petit travail présentera donc un intérêt d’actualité qui, je l’espère, sera apprécié par les hommes positifs et amis du progrès.

1° Voici le résumé d’un rapport rédigé par un professeur d’agriculture de l’Ecole impériale de Grignon, et lu, il y a quelque temps, à la Société impériale et centrale d’agriculture de Paris:

Remontant jusqu’aux siècles qui précèdent l’ère chrétienne, l’auteur signale, dans les ouvrages de Théophraste et de Pline-le-Naturaliste, les indications peu explicites, du reste, données par ces auteurs sur une maladie de la vigne qui serait assez semblable cependant à celle qui exerce actuellement ses ravages.

Ainsi, Théophraste décrit une espèce de rouille, qui se remarque encore de nos jours, sur les feuilles de la vigne; il parle également d’une affection de la vigne et des oliviers, qu’il appelle arachuion. Pline mentionne ce fait dans son Historia naturalis, où il fait connaître que les raisins étaient alors surchargés d’une sorte de toile d’araignée.

Revenant ensuite, depuis cette époque jusqu’à nos jours, il cite tous les écrivains, étrangers ou français, qui se sont occupés de la culture et des diverses maladies de la vigne; et, dans tous, il signale la description, plus ou moins caractérisée, d’une altération regardée, par la plupart des auteurs, comme incurable, et qui, si elle n’est pas absolument la même, se rapprocherait beaucoup de la maladie actuelle. Presque tous ces auteurs indiquent encore que cette maladie avait lieu principalement dans les années humides et dans les contrées où les terrains sont froids et humides naturellement.

Ainsi, Pierre de Cressens, en 1471, dans son ouvrage intitulé : Opus ruralium commodorum, parle d’une pluie venimeuse, connue à Boulogne sous le nom de mellirium, et qui faisait notamment beaucoup de tort à la vigne.

Olivier de Serres, qui vivait dans le XVIe siècle, parle également des altérations de la vigne.

Jacob Sachs a très bien décrit les accidents et les altérations de cette plante dans son Ampelographia vitis vignifera, imprimé en 1661 à Leipsick.

Jean Boullay, chanoine d’Orléans, a publié, en 1723, un ouvrage sur la manière de bien cultiver la vigne, où il parle de jaunisse, de gale et d’une maladie qu’il appelle champelure.

Puis viennent Bidet, qui, dans son Traité sur la maladie de la vigne, publié pour la première fois en 1762, parle de la vermiculation, de la pléthore, de la phthisie, du rougeau, de la gomme, du coupe-bourgeon et du destraux ou beche, insecte nuisible, très commun dans le Bordelais.

Beguillet qui, dans son Analogie, publiée en 1770, dit très positivement que le raisin qui est noué a peine à mûrir, et s’il est entouré de soie, produite par l’insecte qu’il appelle mazar, il faut frotter les grains avec la main pour détruire cet animal qui cause un grand préjudice aux vignes.

Enfin, Buchon, dans son Dictionnaire universel des plantes, publié en 1771, s’occupe également de cette maladie.

La Médecine expérimentale, imprimée en 1775, et le Journal des savants de 1775, en parlent aussi.

Mais le plus précieux document qui existe, sans contredit sur ce sujet, est le petit Mémoire de 140 pages, publié en 1778 par Prudent de Foucogney, lauréat de l’Académie de Besançon, pour la question suivante que voici littéralement: Quels sont les causes et les moyens de prévenir la maladie qui frappe en ce moment la Franche-Comté ? Le Journal de physique et d’histoire naturelle parle de cet auteur qui attribuait la maladie à la nature froide et humide des terrains.

Cet exposé est d’une grande importance au point de vue de la situation actuelle. En effet, tous les faits cités par les divers auteurs prouvent incontestablement qu’à des époques, plus ou moins rappochées, la vigne a souffert de maladies, sinon identiques, du moins très analogues à celle qui sévit aujourd’hui. Il y a donc lieu d’espérer que ces altérations, ayant déjà cessé plusieurs fois dans les siècles passés, avec les causes qui les avaient produites, la maladie qui nous occupe si vivement aujourd’hui cessera aussi avec les causes qui l’ont amenée.

Le Constitutionnel savoisien du 29 mars 1855 cite un article du Siècle qui, dans cette circonstance, est d’un grand intérêt.

On lit dans le Siècle:

On s’est demandé bien des fois si la maladie qui a causé une si grande perturbation dans la production et le commerce vinicole n’avait pas de précédents.

Voici ce que nous lisons dans le livre des conclusions capitulaires de St-Pierre la Cour, de Mans, à la date du 5 novembre 1471:

«Considérant la stérilité de la vendange et la maladie «de la vigne (attenta sterilitate vinorum ac indispositione «vinearum), qui s’est fait sentir cette année, nous remet- «tons à Jean Papin, prêtre chapelain en notre église, la «somme de 22 sols qu’il est tenu de nous faire, cette dite «année, pour la vigne que nous lui avons donnée en «prestation.»

Cette citation prouve suffisamment que les vignes ont autrefois été attaquées; cette particularité peut donc nous faire espérer que, comme par le passé, leur indisposition ne sera que passagère.

N’ayant pas d’autres faits intéressants à pouvoir citer, nous allons jeter un coup d’œil rapide sur les moyens proposés et mis en pratique pour combattre le fléau qui dévaste nos vignobles.

On a publié, sur la maladie de la vigne, un assez grand nombre de remèdes plus ou moins efficaces, et surtout plus ou moins pratiques. Les lotions avec diverses substances sulfureuses ou alcalines, le saupoudrage avec de la chaux, les incisions à la souche et récemment les fumigations et le flambage ont été indiqués comme devant préserver les raisins du fléau qui les dévore et qui occasionne des pertes immenses à l’agriculture.

Le sieur Devaux, de la commune de Berra, imagina de couper tous les sarments portant fruit à environ vingt-cinq centimètres au-dessus du raisin le plus élevé. Cette opération donna des résultats parfaits, dit-on.

Le sieur Ouloune, cultivateur à Vitrolles, a répété cette expérience et a obtenu un résultat satisfaisant.

(Mémorial d’Aix.)

La Gazette du Midi a publié une lettre de M. le curé d’Uzès; cet ecclésiastique a fait usage du feu, comme moyen curatif de la maladie qui sévit sur les vignes.

Voici son procédé :

«Immédiatement après la taille de la vigne, avant que les premiers bourgeons aient commencé à paraître, on forme une torche de n’importe quel combustible. La petite broussaille de bruyère, si commune dans nos contrées; la paille, le chaume, les herbes sèches, le menu mort-bois, les rameaux secs d’oliviers, les sarments de la vigne elle-même, en un mot, tout ce qui est à la portée de chacun peut et doit être employé à former cette espèce de torche.

«Dès que le combustible est allumé, on promène la flamme sur le cep tout entier de la vigne.

«J’ai parfaitement reconnu que les diverses rugosités du cep, ainsi que l’écorce du même cep, donneraient asile aux insectes. Ceux-ci ne peuvent résister à l’action du feu; c’est ainsi que la vigne se trouve débarrassée de ces hôtes si funestes, cause principale et peut-être unique de la maladie.»

Ce remède, assez facile dans un jardin de presbytère, pouvait-il être appliqué dans un grand vignoble?

Le numéro du Journal de Saône-et-Loire du 31 août dernier a consigné le remède suivant dont on a obtenu, dit-on, d’excellents résultats:

L’honorable M. J.-B. La Chaume, propriétaire à Prissé, veut bien nous communiquer, après l’avoir sérieusement expérimenté, un procédé efficace pour combattre la maladie de la vigne.

«Mélanger une partie d’urine avec neuf parties d’eau pure et limpide; arroser les vignes malades, raisins, feuillage et bois avec ce liquide, en se servant d’une pompe à jet énergique, soit d’une pompe à air comprimé, etc.»

Une pluie d’orage produisant le même effet (voyez paragraphe 261, 2e partie du nouveau Manuel du vigneron), je pense que l’urine est un objet de luxe.

On écrivait en 1853 au même journal:

«Les premiers symptômes de l’Oïdium viennent de paraître sur les vignes blanches à Chaintré (Saône-et-Loire). L’année dernière, ce ne fut que vers le 10 juillet que l’on remarqua les premiers effets de la maladie; elle a donc, cette année, un mois d’avance sur 1852. Les symptômes sont tout à fait semblables aux années précédentes; mais le mal pouvait bien être plus grave, attendu qu’il commençait plus tôt.

«Une vigne blanche de six ans, fortement fumée, est la première atteinte; sa culture et la culture ordinaire.

«REYSSIÉ.»

Ce résultat répond complétement à mon système. (Voyez paragraphe 270, 2e partie du nouveau Manuel du vigneron.)

On lit dans le Courrier de Lyon:

«La poussière blanche attachée aux feuilles se présente alors sous l’aspect d’une cristallisation confuse et brillante, dans laquelle il est impossible d’apercevoir la moindre trace de végétation, ou de germination, ou de racines.

«En grattant la superficie et en faisant tomber cette matière sur des verres que l’on examine ensuite au microscope, on retrouve les mêmes cristaux brillants et transparents. On n’y remarque non plus ni insectes, ni rien qui ressemble à des œufs d’animalcules, etc., etc.

«A. JOUVE.»

Voici comment s’exprime M. Vezu, pharmacien à Lyon et membre de la Société d’agriculture de cette ville, sous date du 16 août 1853:

«Il y a huit jours, j’ai essayé d’arroser des raisins malades avec de l’eau contenant de la moutarde. Le lendemain de l’expérience, j’ai remarqué que les raisins étaient complétement dépouillés de l’Oïdium qui les recouvrait la veille; la graine avait repris l’aspect vert qui lui est propre. Depuis lors, la maladie n’a plus reparu.

«Suit la proportion du mélange, etc.

«Lyon (Vaise), 15 août 1853, rue St-Cyr, 51.

«Vingt à vingt-cinq gouttes d’ammoniaque ou azoture d’hydrogène dans un litre d’eau de rivière. Agitez le tout pendant une minute; on lave ou on arrose le raisin avec cette simple composition, etc.

«BURNET.»

Mme veuve Guinand, rue des Boulangers, à Paris, 36, conseille la cendre mise au pied du cep, à trois pouces de profondeur. Son avis est que l’Oïdium provient d’un excès d’humidité survenu dans l’atmosphère, et que les aspersions ne peuvent détruire l’Oïdium. Elle ajoute que l’eau de savon est très nuisible à la santé, à cause du vitriol qu’il renferme. Enfin, elle affirme que le fumier de bêtes à cornes est nuisible, etc.

M. Paulus Trollon est convaincu que l’insecte que la science a placé parmi les acarus est la seule cause de la maladie de la vigne. Il s’appuie sur la lettre de M. Fléchet, insérée dans le Courrier de Lyon, constatant de plus en plus la présence de l’acarus comme cause de la maladie. M. Fléchet est un de ceux qui ont vu, étudié et signalé l’insecte et les ravages qu’il exerce; ses appréciations ont pleinement confirmé celles que M. Paulus Trollon avait déjà émises à ce sujet; c’est donc une autorité importante à ajouter aux preuves matérielles qui se produisent chaque jour, en attendant le résultat des expériences commencées.

M. Paulus Trollon ajoute que l’insecte destructeur, après son éclosion, cherche à prendre sa nourriture à l’endroit le plus tendre de la plante; c’est donc toujours au bout des sarments que la maladie se déclare, et que de là ses effets s’étendent rapidement sur le reste du végétal. Or, il faut, sans hésiter, couper les bouts atteints par l’insecte, et brûler ou noyer dans l’eau de chaux ces débris; ensuite badigeonner soigneusement le cep avec cette même eau; car il est évident que le cep contient, dans les rugosités de son écorce, des œufs ou larves prêts à éclore, et, comme leurs prédécesseurs, à faire ensuite irruption sur toutes les parties du végétal, etc. (Voyez, relativement aux insectes, paragraphes 236 et suivants du nouveau Manuel du vigneron, 1re partie.)

Le Journal de l’Ardèche du 20 mars 1853 donnait un article fort intéressant sur un nouveau remède, préconisé par un homme de la science... Le voici dans son entier:

«Nous avons dit, dans un précédent Mémoire, que la maladie qui sévit en ce moment sur la vigne et sur plusieurs végétaux, est causée par un acarus de la nature des ixodes, familles des arachnides acarides, presque semblable au genre sarcopte ou acarus de la gale; que le mal qu’engendre cet insecte était produit par une toile dont il recouvre les ceps, sarments, feuilles et raisins; que cette toile les prive d’air extérieur, et paralyse les trachées respiratoires en annulant la sève plongeante. Mais ce que nous avons omis de dire, c’est que cet animalcule, mite ou ciron, comme tous ceux de son espèce, est muni d’une tarière ou trompe, au moyen de laquelle il cherche sa nourriture en perçant une multitude de trous, par lesquels s’opère une transsudation de sève qui, renfermée sous cette toile, fermente et donne naissance à cette végétation parasite qu’on a remarquée et qu’on nomme Oïdium tuckeri ou champignon. Les observateurs, qui n’ont fait leur opération que de jour, ont bien pu ne pas apercevoir l’acarus, puisqu’il ne se meut et ne travaille que depuis le coucher du soleil jusqu’à son lever; et que, restant immobile pendant le jour, sa translucidité a pu le faire échapper à leurs regards, de là est venue l’erreur.

«La véritable cause du mal est donc cet atôme, ce sarcopte qui détruit la vie extérieure de la vigne, et les effets les plus apparents sont l’Oïdium tuckeri ou végétation parasite, qui n’en est, comme on le voit, que l’effet.

«Dans notre précédent Mémoire, nous avons donné un récit succinct de la vie de ce ciron, de son développement et des effets qu’il produit, mais assez détaillé pour que nous nous abstenions de le décrire ici.

«Nous avons dit aussi qu’on pouvait le détruire au moyen d’agents chimiques qui ne nuiraient pas à la végétation.

«Ce que nous annoncions n’a pas tardé à se vérifier, et nous nous hâtons de donner connaissance au public d’un moyen qui a été employé avec le plus grand succès. afin qu’en le mettant en pratique on prévienne les maux dont est menacée notre prospérité agricole.

Remède.

«Une fois bien constaté que le mal est causé par cette espèce de sarcopte, il a fallu chercher les agents chimiques capables de le détruire. On a procédé par analogie; ainsi le sarcopte de la gale est détruit par le soufre; cet agent devait donc être le plus puissant antidote contre l’acarus de la vigne; la difficulté n’était plus que dans la manière de l’administrer, afin que son effet pût se faire sentir pendant tout le temps de la végétation. C’est là que l’exécution a rencontré quelques obstacles, et ce n’est que par des essais successifs qu’on est parvenu à fixer le soufre sur le végétal, de telle sorte que son émanation se fasse sentir pendant les mois de la végétation sans lui nuire et d’une manière assez puissante pour éloigner des vignes ces hôtes dangereux et incommodes.

«Le seul agent qui ait pu arriver à ce but a été l’huile de colza pure, telle qu’on la retire de dessous le pressoir, et qu’on nomme vulgairement à la campagne huile de choux; toutes les autres huiles n’ont donné que de mauvais résultats.

«Nous parlons d’huile, et nous croyons voir à l’instant tout le monde s’écrier: Mais l’huile est un anti-végétal; si vous en frottez une plante vous la voyez périr. Cela est très vrai; aussi le remède n’est pas une friction d’huile; son influence ne doit pas dépasser la première écorce lamelleuse, et c’est en quoi son application est jusqu’à un certain point délicate, puisqu’elle réside dans les justes proportions du mélange, l’huile ne devant produire d’autre effet que de fixer le soufre et lui laisser dégager librement ses émanations.

Proportions du mélange.

«Prenez cinq cents grammes d’huile de colza pure, telle qu’on la retire de dessous le pressoir, sans aucun mélange; prenez ensuite cinq cents grammes de soufre sublimé, vulgairement appelé fleur de soufre; mettez-les dans un mortier, et avec un pilon broyez fortement jusqu’ à ce que toutes les molécules de soufre soient bien en contact avec l’huile, cela formera une espèce de pommade de couleur jaune.

Manière de l’appliquer.

«Après que le mélange sera effectué, mettez-le dans un vase quelconque, et au moyen d’un pinceau de dix à douze millimètres de diamètre, vous en formerez sur le cep des anneaux aux endroits que nous allons indiquer.

«Sitôt la taille de la vigne faite, vous prenez votre pinceau chargé du mélange, et vous en passez une couche en forme d’anneau, de trois centimètres de largeur, autour du cep, immédiatement au-dessous des yeux de la vigne que vous avez laissés pour la nouvelle végétation; vous en passez également à l’intersection des branches et du tronc du cep, à l’endroit où il forme la fourche, puis enfin vous en mettez une légère couche sur le vieux bois des branches.

«Un kilogramme de cette préparation doit préserver vingt ares de vignes.

«Un homme dans une journée peut l’appliquer sur vingt ares de vignes.

Prix de revient par hectare de vignes.