Possession - Emeline Geoffrin - E-Book

Possession E-Book

Emeline Geoffrin

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Beschreibung

Eva, une jeune écrivaine prometteuse, voit sa vie prendre un tournant inattendu lorsqu'elle rencontre John, un homme au charme irrésistible et à la richesse flamboyante. Alors que sa carrière littéraire décolle, elle se trouve immergée dans une relation intense avec lui. Mais sous la surface d'un amour idéal, des secrets bien gardés menacent de bouleverser leur équilibre. Ce thriller psychologique plonge dans les complexités de la confiance et du contrôle, explorant comment les apparences peuvent parfois masquer des intentions bien plus sombres. Un récit palpitant qui interroge les limites de l'amour et la lutte pour la vérité.

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Seitenzahl: 220

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Pour moi, le droit n’avait rien à voir avec la vérité. Mais tout avec la négociation, l’amélioration et la manipulation. Je ne faisais ni dans la culpabilité ni dans l'innocence, parce que tout le monde était coupable. De quelque chose.

Michael Connelly

Sommaire

PARTIE 1 : EVA

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

PARTIE 2 : JOHN

Chapitre 12 La rencontre

Chapitre 13 Attendrir la proie

Chapitre 14 Le riche héritier

Chapitre 15 Créer la dépendance affective

Chapitre 16 Éliminer l'ennemi

Chapitre 17 Le gendre idéal

Chapitre 18 La faille

PARTIE 1 : EVA

1

Je me promène dans les rues pavées de Montmartre, un quartier qui, pour moi, respire l’essence même de Paris. J'aime l'atmosphère unique qui y règne, mêlant le passé artistique aux petites joies du quotidien. Les artistes de rue, avec leurs chevalets dressés, capturent la beauté des lieux sur leurs toiles. Leurs pinceaux glissent avec une précision et une passion qui me rappellent pourquoi j'ai choisi d'écrire.

Les cafés, aux terrasses animées, offrent une vue imprenable sur la vie qui s'écoule lentement. Je m'arrête parfois au Café des Deux Moulins, où je commande un café crème. Assise en terrasse, je laisse mes pensées vagabonder, observant les passants avec curiosité. Montmartre est un creuset de personnages fascinants, chacun avec une histoire à raconter. Les conversations enjouées, les rires partagés et les regards rêveurs me nourrissent d'inspiration.

Je monte les marches qui mènent au Sacré-Cœur, sentant chaque pierre sous mes pieds comme un rappel de l'histoire ancienne du quartier. De là-haut, la vue sur Paris est à couper le souffle. La ville s'étend à perte de vue, un océan de toits gris et de monuments emblématiques. Je m'y perds souvent, imaginant des récits se déroulant dans chaque coin de rue que je peux apercevoir d'ici.

Les ruelles étroites et sinueuses de Montmartre sont mes préférées.

Elles cachent des trésors : de petites librairies, des galeries d'art et des boutiques d'antiquités. Chaque visite est une découverte, un voyage dans le temps. Les façades colorées des maisons, ornées de fleurs, ajoutent une touche de poésie à chaque coin de rue.

Je m'arrête devant la maison de Dalida, me rappelant les chansons de cette icône qui résonnent encore dans les cœurs des Parisiens.

Montmartre est ainsi, un lieu où le passé et le présent coexistent harmonieusement, où chaque pierre raconte une histoire.

Je continue ma balade, laissant le murmure de la ville m'envelopper.

Chaque instant passé ici est une source d'inspiration inépuisable.

C'est dans ces rues, parmi ces gens, que je puise la matière de mes récits, espérant un jour pouvoir capturer ne serait-ce qu'une fraction de cette magie dans mes écrits.

Alors que je flâne dans une petite ruelle, mon téléphone vibre dans ma poche. Je le sors et vois un message de ma mère. Mon cœur se serre légèrement, mêlant affection et une pointe de contrariété.

« Ma chérie, nous organisons un dîner en famille ce week-end. Papa et moi serions ravis de te voir. Cela fait trop longtemps. Peux-tu venir ? Gros bisous. Maman. »

Je m'arrête un instant, le regard perdu sur l'écran. Ma mère, avec son amour débordant et sa protection quasi étouffante, me manque souvent, mais son insistance à vouloir m'avoir près d'elle peut parfois être accablante. Je suis leur fille unique, leur trésor précieux qu'ils ont toujours essayé de protéger du monde.

Je sais que ce dîner est important pour eux. Ils s'inquiètent pour moi, surtout depuis que j'ai décidé de poursuivre une carrière d'auteure, une voie si incertaine et éloignée de la stabilité qu'ils avaient imaginée pour moi. Malgré leur amour et leur soutien, je sens toujours cette ombre de déception et de peur dans leurs yeux.

Je soupire, tapant une réponse rapide.

« Oui, Maman, je viendrai. Hâte de vous voir. Bisous. »

Je remets mon téléphone dans ma poche et continue de marcher, tentant de retrouver le fil de mes pensées. J'aime ma famille, vraiment. Leurs dîners sont toujours remplis de rires, de souvenirs et de plats délicieux préparés par ma mère. Mais chaque fois que je retourne chez eux, je ressens ce tiraillement entre le confort de leur présence et mon besoin d'indépendance.

Être leur unique enfant a créé un lien indéfectible, mais aussi une pression constante. Ils veulent ce qu'il y a de mieux pour moi, mais ce qu'ils pensent être le meilleur n'est pas toujours ce que je désire.

Je prends une profonde inspiration, laissant l'air frais de Montmartre apaiser mes pensées. Ce quartier m'offre une liberté que je ne trouve nulle part ailleurs, une évasion des attentes et des inquiétudes familiales. Mais ce week-end, je mettrai cette liberté entre parenthèses pour une soirée, pour être simplement leur fille, celle qu'ils aiment et qu'ils cherchent à protéger.

Je tourne au coin de la rue, la décision prise et le cœur un peu plus léger. Il est temps de rentrer chez moi, et de continuer à avancer, un pas à la fois, entre l'amour de ma famille et ma quête de liberté.

En arrivant devant mon petit studio parisien, je ressens un sentiment de soulagement. J'introduis la clé dans la serrure et pousse la porte, accueillie par l'odeur familière de mon espace. Ce studio, avec ses murs blanchis à la chaux et ses meubles dépareillés, est mon refuge.

Je referme la porte derrière moi et me débarrasse de mon manteau, le jetant négligemment sur le canapé.

Je traverse la pièce en quelques pas et ouvre la fenêtre pour laisser entrer l'air frais de la soirée. Dehors, les bruits lointains de la ville continuent, une mélodie rassurante et constante. Je m'assois sur le canapé, prenant un moment pour me détendre après cette journée pleine de réflexions et de déambulations.

Je me lève pour aller préparer un thé. La bouilloire siffle doucement tandis que je cherche ma tasse préférée dans le placard. Une fois le thé prêt, je retourne au salon, tasse fumante en main. Je me laisse tomber sur le canapé, attrapant la télécommande sur la table basse.

Je parcours les options de streaming, cherchant quelque chose de léger et réconfortant pour terminer la journée. Finalement, je choisis une série télévisée que j'ai déjà regardée mille fois mais qui, à chaque visionnage, me fait sourire. Le générique commence, et je m'enfonce un peu plus dans les coussins, la tasse chaude entre les mains.

Les minutes passent, et je me perds dans les dialogues familiers et les situations comiques de la série. Le thé réchauffe mes mains et mon cœur, apportant un réconfort bienvenu. Je ris aux blagues, même si je les connais par cœur, et je me sens moins seule, enveloppée par la présence virtuelle de personnages que j'aime tant.

Les heures défilent sans que je m'en rende compte. La série avance, épisode après épisode, et la fatigue commence à me gagner. Je termine mon thé, pose la tasse sur la table basse, et m'étire longuement. Mes yeux se ferment presque d'eux-mêmes, mais je savoure encore quelques minutes de cette tranquillité, de cette bulle de solitude réconfortante.

Finalement, je décide qu'il est temps d'aller me coucher. Je me lève à contrecœur, éteins la télévision et me dirige vers ma petite chambre, adjacente au salon. Je me change rapidement, me glisse sous les couvertures, et laisse le silence de la nuit parisienne m'envelopper.

Je repense à la journée, à Montmartre, au message de ma mère, et à cette soirée simple mais agréable. Je ferme les yeux, un sourire aux lèvres, et me laisse doucement emporter par le sommeil.

Je quitte mon studio du Marais tôt ce matin, inspirée par les rues encore calmes et baignées dans la lumière douce du lever du soleil.

Le quartier est un dédale de ruelles pavées et de boutiques pittoresques, et il y règne une tranquillité particulière à cette heure.

Je me dirige vers mon café préféré, un petit refuge où j'aime m'installer pour écrire.

En arrivant devant le Café des Artistes, je pousse la porte en bois, et la cloche tinte doucement, signalant mon entrée. L'intérieur est chaleureux, avec ses murs recouverts d'œuvres d'art locales et ses étagères garnies de livres anciens. L'odeur du café fraîchement moulu emplit l'air, m'enveloppant immédiatement dans une sensation de confort familier.

Je salue le barista, un jeune homme sympathique du nom de Lucas, qui connaît désormais ma commande par cœur.

—Un café crème et un croissant, comme d'habitude ? me demande-t-il avec un sourire.

J'acquiesce, m'installant à ma table habituelle près de la fenêtre. De là, j'ai une vue parfaite sur la rue animée, un flux constant d'inspiration.

Lucas apporte rapidement ma commande, et je le remercie d'un sourire avant d'ouvrir mon ordinateur portable. Je prends une gorgée de café, savourant la chaleur réconfortante qui se répand en moi, puis je fixe l'écran vide devant moi. Le début de mon prochain roman me hante, les idées flottent dans ma tête, mais les mettre en mots semble être un défi insurmontable.

Je ferme les yeux un instant, essayant de faire le vide. J'imagine mes personnages, leurs visages, leurs voix. Je pense à leurs histoires, à leurs combats, et à ce que je veux raconter à travers eux. Lentement, les premières phrases commencent à se former dans mon esprit. Je prends une grande inspiration et commence à taper.

Les mots viennent au compte-gouttes, hésitants et maladroits au début, mais peu à peu, une sorte de rythme s'installe. Je suis absorbée par l'écran, par l'histoire qui commence à prendre vie sous mes doigts. Le monde extérieur disparaît, il n'y a plus que moi, mes personnages et leur univers.

Je sais que vivre de mon art est difficile. Les refus d'éditeurs, les périodes de doute, l'incertitude financière — tout cela pèse lourdement sur mes épaules. Mais c'est dans ces moments, assise dans ce café, que je me rappelle pourquoi j'écris. C'est ma passion, ma raison d'être. Chaque mot, chaque phrase, chaque page est une victoire contre la peur et le doute.

Le temps file sans que je m'en rende compte. Mon café est froid depuis longtemps, et mon croissant reste intact. Je suis plongée dans l'écriture, les premières pages de mon nouveau roman prenant forme. Les bruits du café, le murmure des conversations, le tintement des tasses et des cuillères, tout cela devient une symphonie familière qui m'aide à me concentrer.

Finalement, je m'arrête, relisant ce que j'ai écrit. Ce n'est pas parfait, loin de là, mais c'est un début. Et chaque début est une promesse.

Une promesse que, malgré les difficultés, je continuerai à écrire, à créer, à poursuivre mon rêve.

Je sais que le chemin est long et semé d'embûches, mais je suis prête à le parcourir. Parce qu'écrire, c'est ce que je suis. Et dans ce petit café du Marais, entourée de l'histoire et de l'art de Paris, je trouve la force de continuer.

Je suis profondément concentrée sur mon écran, les mots défilant sous mes doigts. L'histoire commence enfin à prendre forme, et je sens cette excitation familière qui accompagne les premiers pas de la création. Le café est animé, mais je suis dans ma bulle, imperméable aux bruits alentour.

Soudain, un choc brutal me tire de ma concentration. Une sensation de chaleur intense se répand sur mes mains et mon ordinateur. Je relève la tête, stupéfaite, pour voir un homme debout devant moi, l'air paniqué, une tasse renversée à la main.

— Je suis vraiment désolé ! s'exclame-t-il, sa voix tremblant légèrement. Je ne vous avais pas vue, et je... Oh non, votre ordinateur !

Je me lève précipitamment, essayant de sauver ce qui peut l'être. Le liquide s'infiltre déjà entre les touches, et mon cœur se serre en voyant l'écran clignoter avant de s'éteindre complètement. Mon travail, mes notes, tout semble perdu.

L'homme se penche vers moi, sortant un mouchoir pour éponger le liquide, ses mains tremblantes d'embarras.

— Je suis vraiment désolé, répète-t-il. Je ne fais pas attention et... je m'appelle John, et je suis vraiment, vraiment désolé.

J’inspire profondément, essayant de contenir ma frustration.

— Je m'appelle Eva, dis-je finalement, tentant de garder mon calme. Et oui, c'est vraiment dommage pour mon ordinateur.

John semble désemparé.

— Je vais payer pour les réparations, ou même pour un nouvel ordinateur si nécessaire. C'est entièrement de ma faute.

Je le regarde plus attentivement. Ses yeux bleus sont sincèrement désolés, et il semble vraiment affecté par son erreur. Je soupire, essayant de détendre l'atmosphère.

—Écoutez, ce sont des choses qui arrivent. C'est embêtant, mais ce n'est pas la fin du monde.

Il me fixe avec une gratitude visible.

—Merci de comprendre. Je me sens vraiment mal.

Permettez-moi au moins de vous offrir un autre café, et peut-être un croissant pour compenser cette... maladresse.

Je souris malgré moi.

—D'accord. Mais seulement si vous vous asseyez et que vous discutez un peu avec moi.

John accepte avec un sourire hésitant et va commander de nouvelles boissons. Lorsqu'il revient, il semble un peu plus détendu. Nous nous asseyons, et il commence à me parler de lui. Il me raconte qu'il est récemment arrivé à Paris pour affaires, et qu'il essaie de s'adapter à la vie ici.Àmesure que la conversation avance, je découvre un homme à la fois charmant et vulnérable.

—Alors, Eva, qu'est-ce que vous écriviez avant que je n'intervienne maladroitement ? me demande-t-il, cherchant à en savoir plus.

Je ris doucement.

—C'était le début de mon prochain roman. Mais maintenant, je vais devoir tout recommencer, je suppose.

John semble sincèrement intéressé.

—Et ça parle de quoi, ce roman ?

Je commence à lui expliquer les grandes lignes de mon histoire, et il m'écoute avec une attention rare. La conversation s'écoule naturellement, et je réalise que je n'ai pas souvent rencontré quelqu'un avec qui il est si facile de parler.

Le temps passe rapidement, et avant que je ne m'en rende compte, la matinée touche à sa fin. Nous échangeons nos coordonnées, John insistant pour m'aider à remplacer mon ordinateur et s'assurant que je suis bien rentrée chez moi.

Alors que je quitte le café, un mélange d'émotions m'envahit.

L'incident avec mon ordinateur aurait pu ruiner ma journée, mais il m'a permis de rencontrer quelqu'un d'intéressant, quelqu'un qui semble sincèrement vouloir m'aider. Peut-être que cette rencontre fortuite est le début de quelque chose de nouveau, à la fois pour mon roman et pour moi-même.

Le lendemain matin, alors que je savoure mon premier café de la journée, la sonnette de mon studio retentit. Surprise, je me lève et me dirige vers la porte. J'ouvre et me retrouve face à un livreur souriant, tenant un colis volumineux dans ses bras.

—Bonjour, Mademoiselle Grise ? J'ai un colis pour vous, annonce-t-il.

—Oui, c'est moi, dis-je, perplexe. Je n'attends pourtant aucune livraison.

Il me tend un appareil pour signer, et après avoir apposé ma signature, il me remet le paquet.

—Bonne journée ! dit-il avant de s'éloigner.

Je referme la porte, intriguée, et pose le colis sur la table du salon. Il est soigneusement emballé, sans indice sur l'expéditeur. J'attrape un couteau de cuisine et commence à ouvrir délicatement le paquet. À l'intérieur, un autre emballage luxueux, orné du logo d'une célèbre marque d'informatique. Mon cœur s'accélère. Je déchire le papier avec précaution et découvre, ébahie, un ordinateur portable flambant neuf, dernier modèle.

Sous le choc, je m'assois et observe l'appareil, incapable de croire à ce que je vois. Alors que je tente de comprendre comment une telle chose a pu arriver, mon téléphone vibre sur la table. Je le saisis et vois un message de John.

« Salut Eva,

J'espère que tu as reçu le colis. Je me suis permis de t'offrir ce nouvel ordinateur. J’ai trouvé ton adresse sur Internet. J'espère que tu l'aimes et que cela t'aidera à continuer à écrire sans interruption.

Encore désolé pour l'accident d'hier.

John. »

Je reste un moment sans bouger, relisant le message plusieurs fois.

Cet ordinateur est bien au-delà de ce que je pourrais me permettre.

John a non seulement tenu sa promesse, mais il a fait bien plus que ce à quoi je m'attendais. Ému par ce geste généreux, je décide de lui répondre immédiatement.

« Bonjour John, oui, je viens de recevoir le colis. Je suis sans voix.

Merci infiniment, c'est bien plus que ce que j'aurais imaginé. Je ne sais pas comment te remercier. »

Je pose mon téléphone et commence à explorer le nouvel ordinateur.

Tout est parfait, de l'écran lumineux à la rapidité du système. Je me sens soudainement remplie de gratitude et d'une nouvelle énergie créatrice. Ce cadeau n'est pas seulement un outil de travail, c'est un symbole de soutien et de confiance en mes capacités.

Quelques minutes plus tard, mon téléphone vibre de nouveau. John a répondu.

« Je suis vraiment content que ça te plaise. Considère cela comme un investissement dans ton talent. J'ai hâte de lire ton prochain roman. Si tu as besoin de quoi que ce soit d'autre, n'hésite pas à me le faire savoir. »

Je souris, touchée par ses mots. Peut-être que cette rencontre fortuite au café était plus qu'un simple accident. C'était le début d'une connexion précieuse, à la fois personnelle et professionnelle.

Je m'installe confortablement sur mon canapé, l'ordinateur sur les genoux, et ouvre un nouveau document. Les mots commencent à couler avec une facilité nouvelle, portés par l'excitation de cette nouvelle page blanche et le soutien inattendu de John. Mon prochain roman prend vie sous mes doigts, et je me sens plus déterminée que jamais à réussir.

Deux jours se sont écoulés depuis l'arrivée du colis de John. Mon nouveau portable est devenu mon compagnon constant, et chaque frappe de clavier me rappelle la gentillesse inattendue de John. La matinée est déjà bien avancée lorsque mon téléphone vibre sur la table. Je l'attrape, curieuse de voir qui m'écrit.

« Salut Eva, j'espère que tu vas bien. J'aimerais beaucoup te revoir.

Est-ce que ça te dirait de prendre un café au même endroit où nous nous sommes rencontrés ? John. »

Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je prends quelques instants pour réfléchir, sentant un mélange d'excitation et de nervosité. L'idée de revoir John m'intrigue et m'enthousiasme à la fois. Je décide de répondre positivement.

« Bonjour John, je vais bien, merci. Prendre un café me ferait plaisir.

Disons demain matin, vers 10 heures ? »

J'envoie le message et sens une vague d'anticipation me submerger.

Quelques minutes plus tard, mon téléphone vibre de nouveau.

« Parfait, 10 heures ça me va. À demain alors ! Hâte de te revoir. »

Le reste de la journée passe dans une sorte de brouillard. Je suis à la fois concentrée sur mon écriture et distraite par l'idée de notre rendez-vous. Le soir venu, je me couche avec une excitation enfantine, impatiente de voir ce que demain me réserve.

Le lendemain matin, je me prépare avec soin, choisissant une tenue confortable mais élégante. Je quitte mon studio et me dirige vers le Café des Artistes, le lieu de notre première discussion. En arrivant, je ressens une douce nostalgie en repensant à notre rencontre accidentelle.

Je pousse la porte du café, et la cloche tinte doucement. L'intérieur est tel que je l'avais laissé, chaleureux et accueillant. Mon regard balaye la salle, et je repère John assis à notre table habituelle, une expression à la fois nerveuse et souriante sur le visage. Lorsqu'il me voit, il se lève et me salue.

—Eva, bonjour ! dit-il, visiblement content de me voir.

Merci d'être venue.

—Bonjour John, dis-je en souriant. Merci pour l'invitation.

Nous nous asseyons et Lucas, le jeune serveur, vient prendre nos commandes. Une fois cela fait, un silence agréable s'installe entre nous, ponctué par le brouhaha du café. John prend la parole le premier.

—Alors, comment va l'écriture avec le nouvel ordinateur ? demande-t-il, sincèrement intéressé.

—Cela va beaucoup mieux, merci. Ton cadeau a vraiment fait la différence. Je progresse bien dans mon nouveau roman, réponds-je, touchée par son intérêt.

— Je suis vraiment content de l'entendre, dit-il en souriant.

Tu sais, je voulais te revoir pour plusieurs raisons. Tout d'abord, pour m'assurer que tout allait bien avec le nouvel ordinateur, mais aussi parce que... j'ai vraiment apprécié notre première rencontre. J'aimerais en savoir plus sur toi, si tu es d'accord.

Son honnêteté et son désir de mieux me connaître me touchent profondément.

—Moi aussi, j'ai apprécié notre rencontre, dis-je doucement. Et je serais ravie de te parler de moi, à condition que tu fasses de même.

John rit, et la tension qui régnait en filigrane disparaît complètement. Nous commençons à parler, partageant des histoires de nos vies, nos passions, et nos défis. Plus nous parlons, plus je me rends compte que John est bien plus complexe et intéressant que je ne l'avais imaginé. Son intelligence, sa sensibilité et son humilité me séduisent.

Le temps passe rapidement, et avant que je ne m'en rende compte, nous sommes assis là depuis des heures, oubliant presque le monde extérieur. Nos tasses de café vides témoignent du temps passé à discuter.

Nous sommes toujours assis au Café des Artistes, la conversation est fluide et agréable, mais je sens que John a encore quelque chose sur le cœur. Il semble légèrement nerveux, ses mains jouant distraitement avec sa tasse vide.

—Eva, commence-t-il doucement, les yeux baissés. Il y a quelque chose que je dois te dire, quelque chose d'important sur moi.

Je me redresse, attentive.

—Bien sûr, John. Qu'est-ce que c'est ?

Il prend une profonde inspiration avant de continuer.

—Tu vois, il y a une part de ma vie que je ne t'ai pas encore révélée. Je suis... héritier d'une grande fortune. Ma famille possède plusieurs entreprises à travers le monde, et un jour, tout cela sera sous ma responsabilité.

Je le regarde, surprise mais attentive, essayant de comprendre pourquoi il semble si réticent à partager cette information.

—D'accord, John. C'est impressionnant, mais je sens que ce n'est pas tout.

Il hoche la tête, un sourire nerveux sur les lèvres.

—Tu as raison. Ce n'est pas tout. J'ai toujours eu du mal avec les mots, surtout à l'écrit. En fait, je suis dyslexique.

Lire et écrire sont des défis constants pour moi, même dans ma langue maternelle, et encore plus en français. J'ai lutté pendant des années pour améliorer mes compétences, mais j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir.

Je reste silencieuse un moment, absorbant ses paroles. Je comprends maintenant pourquoi il est si nerveux.

— Je vois, John. Ça doit être difficile pour toi, surtout avec toutes les responsabilités qui t'attendent.

Il acquiesce, visiblement soulagé de partager ce fardeau.

—C'est exactement ça. Et c'est là que j'ai besoin de ton aide, Eva. J'admire ton talent d'écrivain et ton amour pour la langue française. J'aurais besoin de quelqu'un comme toi pour m'aider à améliorer mon français et ma diction. Je sais que c'est une grande demande, mais je ne vois pas d'autre solution.

Je suis touchée par sa franchise et son courage de se confier ainsi.

— John, je serais ravie de t'aider. Je sais combien cela peut être difficile, mais je crois que nous pouvons faire de grands progrès ensemble.

Il lève enfin les yeux, et un sourire sincère illumine son visage.

—Merci, Eva. Ça compte énormément pour moi.

Vraiment.

Je souris en retour, sentant une nouvelle connexion se tisser entre nous.

—Nous pouvons commencer quand tu veux. Je suis certaine que tu feras des progrès rapidement.

—Merci, vraiment, dit-il, la voix tremblante d'émotion. Et tu sais, je ne voulais pas que ma richesse définisse notre relation. C'est pourquoi je ne t'en ai pas parlé tout de suite.

Mais je suis content d'avoir été honnête avec toi.

— Je comprends, John. Et pour être honnête, je préfère connaître la personne que tu es vraiment, au-delà de ta fortune. Je suis heureuse que tu m'aies fait confiance.

Nous restons un moment en silence, chacun absorbé dans ses pensées, mais avec un sentiment de complicité renouvelée. John semble plus détendu maintenant, et je suis déterminée à l'aider du mieux que je peux.

Alors que nous sortons du café, l'avenir semble un peu plus clair, rempli de promesses et de nouveaux défis à relever ensemble.

Après avoir quitté le café, l'air frais de Paris nous accueille, apportant avec lui une brise légère et agréable. John et moi marchons côte à côte dans les rues pavées du Marais, un des quartiers les plus charmants de la ville. Les boutiques élégantes, les galeries d'art et les petits cafés bordent les rues étroites, créant une atmosphère à la fois vivante et intime.

—Le Marais est vraiment magnifique, dit John, les yeux brillants d'admiration. Je comprends pourquoi tu aimes tant cet endroit.

—Oui, c'est un quartier spécial, réponds-je avec un sourire.

Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir, une ruelle cachée, une boutique intéressante ou un café confortable.

Nous continuons à marcher, parlant de tout et de rien. John semble plus détendu maintenant qu'il a partagé son secret avec moi, et notre conversation est fluide et naturelle. Je lui montre quelques-uns de mes endroits préférés, les librairies où je passe des heures à flâner, les pâtisseries où je ne peux résister à l'appel d'un croissant frais.

—Tu sembles connaître ce quartier comme ta poche, dit-il en riant.

— Je suppose que oui. J'y vis depuis plusieurs années maintenant. C'est devenu une seconde maison pour moi.

Nous arrivons devant un petit square tranquille, avec des bancs en bois et des arbres offrant une ombre bienvenue. Nous nous arrêtons un moment pour admirer la scène, puis continuons notre chemin.

John est attentif, s'intéressant à chaque détail que je lui montre, et je me rends compte que cette balade impromptue nous rapproche encore plus.

Finalement, nous arrivons devant mon immeuble. Je m'arrête et me tourne vers John, un peu hésitante à mettre fin à cette agréable promenade.

—Merci de m'avoir raccompagnée, John. C'était une balade vraiment agréable.

—C'était un plaisir, Eva, dit-il avec un sourire chaleureux.

Je suis content d'avoir pu passer plus de temps avec toi. Et merci encore pour ton aide.

— Je suis impatiente de commencer, réponds-je sincèrement. Je pense que nous allons bien travailler ensemble.

John acquiesce, puis prend un instant pour regarder autour de lui.

—Ce quartier est vraiment magnifique. J'ai l'impression de voir Paris sous un nouveau jour grâce à toi.

— Je suis contente de te le faire découvrir, dis-je, touchée par ses paroles.

Il se penche légèrement et dépose un baiser léger sur ma joue, un geste à la fois tendre et respectueux.

—Àtrès bientôt, Eva.

—Àbientôt, John, réponds-je, sentant mes joues s'empourprer légèrement.