Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Quand revient Noël est un recueil de trois contes pour tous les enfants et ceux qui le sont restés.
Suivons le jeune lapin Thomas qui s’est éloigné de son terrier et ne retrouve plus son chemin.
Accompagnons Grenadine, petite lutine pas très obéissante, qui rêve de s’envoler dans le traîneau du père Noël.
Enfin, partons avec Célestin à la recherche d’un magnifique arbre de Noël pour la place du village.
Des voyages riches en rencontres, en péripéties et en émotions pour retrouver la magie de Noël.
À partir de 7 ans
À PROPOS DE L'AUTRICE
Véronique Dargent Maquin est une Ardennaise née en 1969. Après des études d’Art, elle a fondé une famille. Pour le plus grand plaisir de ses enfants elle leur racontait des histoires qu’elle a commencé à noter. Ses enfants ayant grandi, Véronique écrit aujourd’hui des romans pour la jeunesse et des contes pour tous.
L’auteur vit dans les Ardennes près de Charleville-Mezières.
Bibliographie :
"La série Cécile et sa bande", éditions Ex Æquo, collection Saute-Mouton :
"T1 - La disparition de Sophie"
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 77
Veröffentlichungsjahr: 2023
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Véronique Dargent Maquin
Quand revient Noël
Contes de Noël
Illustrations intérieures de l’auteur
ISBN : 979-10-388-0752-5
Collection Saute-mouton
ISSN : 2610-4024
Dépôt légal : octobre 2023
© Couverture : Ex Æquo
© 2023 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays
Toute modification interdite
Éditions Ex Æquo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières Les Bains
www.editions-exaequo.com
I
Le manteau rouge
1
Thomas, lapin de son état, a pour habitude de sortir en fin de journée. Non pas qu’il ait peur du soleil, mais Thomas n’arrive pas à se lever. Quand enfin il a posé les pieds par terre, il prend trop de temps pour se préparer. C’est à cause de son lit, il est si douillet !
Mais voilà ! Thomas ne rencontre personne et il est tout le temps seul. Il rêve de faire la connaissance d’autres lapins. Évidemment, à l’heure où il sort, tous les autres sont rentrés chez eux. Alors, il fait juste un petit tour et rentre tristement retrouver son seul ami : son lit.
Un jour, ou plutôt un soir, où il a dormi encore plus longtemps que d’habitude, il a du mal à ouvrir la porte de son terrier... Elle est coincée. Courageusement et après bien des efforts, Thomas réussit à sortir par la fenêtre dans l’intention de dégager la porte d’entrée... ce qui est tout de même plus pratique que de passer chaque fois par la fenêtre ! Il regarde tout autour de lui. Tout est blanc, c’est tellement beau et tellement tranquille. Eh oui, il a neigé ! Thomas n’avait pas prévu cela ! Pas de provisions dans son garde-manger, plus de carotte ni de navet. Il a épuisé toutes ses réserves avant l’hiver puisqu’il ne pouvait pas faire de courses, les magasins fermant avant qu’il ne sorte de chez lui.
La neige, c’est beau, mais c’est froid. Vite de retour chez lui, Thomas enfile son beau manteau rouge, celui qui est bien chaud. Il faut qu’il trouve de quoi se nourrir, il a très faim. Attrapant une lanterne, Thomas part à l’aventure, à la recherche de nourriture. C’est la base de la vie : manger et dormir, le reste n’a pas trop d’importance. Thomas essaie de se persuader de cela et, tristement, il part dans la neige et le froid.
Comment trouver à manger ? Tout est recouvert de neige ! Thomas s’arrête et réfléchit. Il se souvient, quand il était petit, sa maman allait souvent vers le vieux chêne pour faire son marché. Le vieux chêne n’est pas loin, il va y être rapidement.
La nuit avance et toujours pas de vieux chêne. Thomas se serait-il trompé ? Peut-être aurait-il dû tourner à gauche après le houx ? Ou bien, quand il a vu le gros rocher, il aurait dû faire demi-tour. Il ne se souvient pas avoir déjà vu ce rocher. En fait, il ne reconnaît rien avec toute cette neige. Il est perdu !
À ce moment, les flocons se mettent à tomber. Vite ! Il faut que Thomas retourne sur ses pas, ou il ne trouvera plus sa maison. Mais déjà, les traces dans la neige ont disparu et Thomas se retrouve seul dans un endroit qu’il ne connaît pas. Il voudrait sa maison et surtout son lit chaud et si confortable. Pourquoi est-il sorti ? Vraiment, il en est sûr maintenant : il faut rester chez soi, l’extérieur est trop dangereux. La neige redouble, les flocons sont énormes. Thomas décide de chercher un abri, il s’installe dans le creux d’un arbre. Il a heureusement son beau manteau rouge qui lui tient chaud. Dans la cavité, il est abrité et se blottit contre la mousse qui, dans le trou, est restée sèche. Épuisé, il finit par s’endormir. 갍
2
Tout à coup, Thomas sent quelque chose contre lui. Il n’ose pas ouvrir les yeux. Il se croyait dans son lit, et le voilà dans ce trou d’arbre et quelque chose ou quelqu’un se frotte à lui. Doucement, il entrouvre les yeux, il y a bien quelqu’un, mais il fait trop noir pour bien voir. Le visage de cet inconnu se rapproche de la tête de Thomas. C’est tout juste si leurs nez ne se touchent pas. Thomas essaie de reculer, mais il est contre le tronc, c’est impossible.
Une petite voix lui parle enfin :
— Tu es un lutin du Père Noël !
— Mais non voyons ! Pourquoi dis-tu cela ?
— Ben si, tu es un lutin, j’en ai déjà vu, vous avez tous le même manteau rouge, insiste la petite voix.
— Mais je te dis que je ne suis pas un lutin ! s’énerve Thomas.
— Écoute, si tu ne veux pas travailler et que tu te caches, ça ne me dérange pas. Mais ne me raconte pas d’histoires ou tu ne pourras plus rester dans mon arbre.
— Ton arbre ? Mais qui es-tu donc ?
— Oui, c’est l’entrée de ma galerie. Tu vois, on passe par là, et hop on rentre chez moi. J’ai dû te pousser un peu pour sortir, car tu étais juste devant ma porte. Je suis une taupe. Je m’appelle Zélie et même si j’ai un bon caractère, je n’aime pas qu’on se moque de moi. Alors tout lutin du Père Noël que tu sois, farceur ou non, je ne veux pas que tu restes chez moi si tu es un menteur.
— Je ne suis pas un menteur ! Tu ne peux pas me renvoyer dans le froid. Je me suis perdu et je ne peux plus rentrer chez moi, chougne Thomas.
— Si tu veux, on peut demander de l’aide. Au-dessus de nos têtes, tout en haut de cet arbre, il y a Victor le vieux hibou, le rassure Zélie. Il voit tout, de jour comme de nuit et il pourra te guider jusqu’à chez toi. Mais attention il va falloir aller lui demander doucement, car il n’aime pas être dérangé. Allez viens, si nous attendons il sera parti faire ses courses.
— Il ne peut pas faire ses courses en pleine nuit les magasins sont fermés, j’en sais quelque chose.
— Oh vous les lutins, vous croyez toujours tout savoir. Sous prétexte que vous travaillez avec le Père Noël, vous avez la science infuse.
— Je ne suis pas...
— Je sais, tu n’es pas un lutin. J’ai beau être myope, je connais mes couleurs. Qui d’autre qu’un lutin porte un manteau rouge, hein ?
— Ben moi ! Et je suis un lapin, affirme-t-il.
— Un lapin, ah ah ! Bah voyons, et moi je suis une grenouille bien entendu ! se moque la petite taupe. Tu me prends pour une bécasse ou quoi… Les lapins, nous les voyons à Pâques pas au moment de Noël. Quand arrive le printemps les lapins courent partout dans tous les jardins, tous les sous-bois. Mais l’hiver, un lapin, ça ne se peut pas. On le saurait tout de même s’il y avait des lapins de Noël. Des lutins oui, des lapins non. Et puis un lapin avec un manteau rouge... Je pense que le froid t’a fait perdre la tête. Non seulement tu ne sais plus où tu habites, mais tu ne sais plus qui tu es.
— Tu crois ? Tu crois vraiment que je suis un lutin alors ? J’ai toujours cru que j’étais un lapin. C’est peut-être pour ça que je ne sors que le soir et que je ne trouve pas d’ami.
— Oh ! Cesse de te lamenter, tu es un lutin un point c’est tout. Allez, viens, allons voir Victor.
3
Nos deux compagnons entament l’ascension du grand arbre. Au fur et à mesure de l’escalade, ils découvrent que l’arbre est aménagé dans tous les coins. Mais toutes les habitations sont vides. Zélie explique à Thomas que ce sont des résidences secondaires d’oiseaux assez riches pour partir dans les pays chauds l’hiver et qui ne reviennent qu’aux beaux jours.
— C’est dommage, poursuit-elle, ils ne voient jamais comme l’hiver est beau ici. Tiens ! On arrive.
Thomas n’en revient pas, ils sont tout en haut de l’arbre, tout en haut de toute la forêt. Au-dessus d’eux, c’est le ciel et les étoiles. Comme c’est beau ! Zélie ne semble pas émerveillée :
— C’est que je ne vois vraiment pas grand-chose, il faut que j’aie le nez sur un objet pour le voir. Mais j’ai l’habitude, ne t’inquiète pas, je sais très bien me diriger.
À cet instant, elle manque une grosse branche et perd l’équilibre. Thomas essaie de la rattraper, mais bascule à son tour. Nos deux amis commencent une longue dégringolade. Heureusement, le vieux hibou les a entendus, et plonge pour les saisir avant qu’ils ne s’écrasent au sol. De nouveau en sécurité, ils reprennent leur souffle. Victor est déjà prêt à repartir.
— Attends, Victor, dit Zélie. S’il te plaît, Thomas a besoin de ton aide. Il doit retourner chez lui, mais avec toute cette neige il ne retrouve plus sa maison. Veux-tu bien l’aider ?
— Quoi ? Mais je vous ai déjà secourus une fois ce soir ! Il est l’heure que je fasse mon marché et d’abord qui c’est Thomas ?
— C’est moi, répond Thomas.
— Et tu es Thomas qui ? demande Victor.
