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Ce livre est un thriller psychologique qui vous plongera dans une double narration pleine de suspense. Plongez dans un univers aussi troublant que surprenant.
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Seitenzahl: 263
Veröffentlichungsjahr: 2024
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À mon papy
Elles étaient trois, et tout semblait les opposer. Trois lycéennes, chacune avec son caractère, mais un lien fort qui les unissait.
Mahlia Brown marchait souvent devant, comme si elle montrait le chemin. Avec ses yeux marron toujours curieux et ses cheveux bruns bouclés qui encadraient son visage hâlé, elle dégageait une impression de calme et de confiance.
À côté d’elle, Alice Peters attirait les regards. Sa peau très claire, presque transparente, et ses yeux vairons – l’un bleu, l’autre vert – la rendaient unique. Ses cheveux blonds très clairs, coupés au carré, lui donnaient un air sérieux. Elle parlait peu, mais ses mots avaient toujours un impact.
Clémence Myers, elle, semblait toujours de bonne humeur. Ses longs cheveux roux, très lisses, tombaient sur ses épaules. Son visage couvert de taches de rousseur et ses yeux noisette exprimaient une énergie joyeuse. Elle savait détendre l’atmosphère et faisait souvent rire les autres.
Elles étaient différentes, mais inséparables. Dans les couloirs du lycée ou lors de leurs moments entre elles, elles formaient un trio prêt à affronter tout ce qui les attendait.
PROLOGUE
CHAPITRE 1
CHAPITRE 2
CHAPITRE 3
CHAPITRE 4
CHAPITRE 5
CHAPITRE 6
CHAPITRE 7
CHAPITRE 8
CHAPITRE 9
CHAPITRE 10
CHAPITRE 11
CHAPITRE 12
CHAPITRE 13
CHAPITRE 14
CHAPITRE 15
CHAPITRE 16
CHAPITRE 17
CHAPITRE 18
CHAPITRE 19
CHAPITRE 20
CHAPITRE 21
CHAPITRE 22
CHAPITRE 23
CHAPITRE 24
CHAPITRE 25
CHAPITRE 26
CHAPITRE 27
CHAPITRE 28
CHAPITRE 29
CHAPITRE 30
CHAPITRE 31
ÉPILOGUE
REMERCIEMENTS
15 novembre 3128. Environ 17:03. Sortie des cours pour Mahlia. Elle avait dix minutes de bus. Ce n’était pas grand-chose dix minutes. Le temps pour elle d'écouter trois ou quatre musiques et de répondre à quelques questions. Tu préfères "gagner un million d'euro" ou "doubler ta durée de vie" ? 40% pour la vie. "Pouvoir voir à travers les vêtements" ou "changer l'eau en bière" ? Elle rigole. 70% pour la bière. Ses réponses sont données. Envoyées. Sauvegardées. Elle a failli louper son arrêt. La jeune fille résidait dans un tout petit quartier assez reculé d'Orlando, mais son arrêt était à seulement deux minutes de marche de chez elle. Il peut se passer tellement de choses en cent vingt secondes. Plus elle plongeait dans le quartier, plus la route était sombre.
Une main, un souffle. Le noir. Un mouchoir empêchant l'air d'atteindre les poumons. Pas de temps pour les questions. Le noir. Le vide. Seulement un homme, vu la force, et le noir. Un bruit de métal comme seul souvenir. Une porte peut être. Mais pas le doux son rassurant d'une entrée de maison, non. Cela faisait peur, elle était tétanisée. Elle savait que ça n'allait pas. Que quelque chose était sur le point de tout changer. Très vite ou dans longtemps, peu importait, ça allait se produire. Ces longues minutes, ces gouttes de sueurs, ces battements de coeur irréguliers. Plus rien n'allait, tout était étrange. Sa gorge lui piquait, c'était surement le produit qui était sur le mouchoir.
Des voix. Deux voix, masculines. Ah, non. Trois, une voix féminine s’ajouta à la conversation. Tout ce que notre pauvre jeune fille arriva à déchiffrer est :
"Elle sera la première."
MAHLIA. 17ANS. PREMIER SUJET.
Un sommeil très profond. Ou un coma. Elle avait l'impression de tomber au fond de l'océan, que la pression l'empêchait de respirer. Puis le bruit de l'électrocardiogramme se fit entendre. Elle se sentait de plus en plus libérée. Elle reprit petit à petit le contrôle de ses sens : la vue, l'ouïe, le touché, l'odorat, puis la parole. Elle se vit dans une pièce qui ressemblait étrangement à sa chambre, tout était à sa place, mais en plus de ça il y avait une odeur d' hôpital et un électrocardiogramme. Elle était totalement nue sous les draps et elle sentait la bétadine. Un frisson de dégout parcouru son être : quelqu'un l’avait déshabillé et avait lavé son corps. Un homme avec une blouse d'un blanc neige entra dans la chambre. Elle serra le drap dans ses bras, elle le blottit contre elle. Les gestes du médecin étaient très rapides.
"Bonjour mademoiselle, il parlait tout en vérifiant le matériel de la chambre, ne me posez pas de question, je n'y répondrai pas. Vous êtes le sujet 001. Il se dirigea vers la porte. Reposezvous."
Il sortit. Elle paniqua. Son souffle s’accéléra, elle n’arrivait plus à lâcher le drap. Elle s'y agrippait comme s'il était le dernier morceau de sa vie. Les larmes commencèrent à monter.
En une fraction de seconde sa vie avait basculé. Elle avait une aiguille dans le bras, des capteurs partout sur la peau, elle ne bougeait pas et osait à peine respirer. Elle remarquait une caméra dans le coin juste au-dessus de son armoire beige. Elle ne savait ni quoi faire, ni quoi penser. Elle était là, prisonnière dans cette pièce. Et puis, en réfléchissant elle se rendit compte qu'elle n'avait pas la moindre idée de là où elle était réellement, de la taille du bâtiment, de l'heure qu'il était, ou encore même du temps qui s'était écoulé depuis qu'elle avait fermé les yeux en descendant du bus. Elle savait juste qui elle était, et encore. Ils ne voulaient plus qu'elle soit Mahlia, mais "sujet 001".
Pourquoi ? Pourquoi "sujet" ? Beaucoup trop de questions sans aucune réponse trottaient dans sa petite tête. Le médecin lui avait ordonné de se reposer, mais tout le contraire elle était en train de faire. Et il le savait sûrement. Il gardait probablement toujours un oeil sur elle grâce à cette maudite caméra. Mais dans quel but ? Elle commença à décontracter ses muscles et à relâcher le drap. Elle se coucha, la tête sur l'oreiller. Mahlia ferma ses yeux.
Puis elle paniqua. Elle ressentit les sensations qu'elle avait eu lors de son enlèvement. Elle ne pouvait fermer les yeux. Par la fenêtre elle vit que le soleil se couchait laissant place à la lune. Le noir. Les volets se fermèrent automatiquement. Elle n'entendait plus que son souffle, le battement de son coeur accordé au son robotique de la machine située à sa droite. Cette machine était la seule source de lumière de la pièce. Elle ne ferma pas l'oeil de la nuit. Et d'ailleurs, depuis combien de nuits était-elle ici ? Quelqu'un frappa. Personne n'entra. La personne frappa de nouveau et avec une voix douce et timide demanda :
"Je peux entrer ?"
18 novembre 3128. 06 : 04. Sophie ne cessait de pleurer sa fille disparue. La police n'avait pour le moment rien trouvé. La famille avait déjà subi un interrogatoire qui n'avait pas abouti à grand-chose, mis à part à une fourchette horaire qui correspondrait à l'heure de l'enlèvement : 17 : 00/18 : 00. C'est tout ce qu'ils avaient, mais c’était loin d'être négligeable.
Les amies de Mahlia et le chauffeur du bus seront entendus dans la journée. Personne ne descendait à l'arrêt de Mahlia, ce qui enlevait l'espoir de trouver un témoin. Elle était la seule du lycée à habiter le quartier. Quartier militaire. Son père est militaire. En mission depuis déjà quatre mois, il ne sera pas de retour avant encore cinq mois. La mère de Mahlia ne l'a toujours pas prévenu. Le retard des lettres de sa fille finira par l'inquiéter. Mais elle était loin d'être prête à expliquer ce qu'il s'était passé à qui que ce soit. Arrivera-t-elle à lui dire ? Ou attendra-t-elle qu'il demande quelque chose, qu'il se pose des questions ? Sophie déconnecta son téléphone.
Clémence et Alice se rendirent au poste aux alentours de 14 : 00. Elles furent tout d'abord interrogées ensemble, puis séparément. Une fois installées dans la salle, les filles réalisèrent que leur amie avait bel et bien disparu. L'inspecteur entra. Il était grand, souriant, rassurant.
"Bonjour. J'ai conscience que ce moment peut-être très compliqué pour vous. On va y aller doucement, prendre tout le temps nécessaire, ça vous va ? Elles hochèrent la tête. Parfait, qui est Mahlia pour vous ? Il utilisait le présent pour enrichir l'espoir des filles.
- C'est ma meilleure amie depuis quatorze ans. On a grandi ensemble, elle est comme ma soeur. Sa maman peut m'engueuler comme elle le ferait avec elle. Sa famille est ma deuxième famille, je connais ses grands-parents, ses taties, tout le monde. On ne passe pas un week-end sans se voir. Pas une seule vacance sans partir quelque part ensemble. Je me suis toujours demandée ce que je ferai sans elle. Et aujourd'hui elle n'est plus là... Elle marque une pause et baissa la tête, je me sens perdue, brisée. Où est-elle ? Un blanc voulut s'installer, Clémence prit l'initiative de reprendre :
- Je la connais depuis cinq ans. Peut-être six. J'ai rencontré Alice et Mahlia en entrant au collège, et depuis on ne s'est jamais quittées." L'inspecteur fit un bref signe de la tête. Les deux jeunes filles étaient vraiment très différentes. L'une avait l'envie, le besoin d'être écoutée, rassurée, comprise. L'autre était plutôt sur la défensive, pourquoi ? Avait-elle quelque chose à se reprocher ?
"Savez-vous ce qu'elle avait l'habitude de faire le soir en rentrant chez elle après les cours ? Rentrait-elle directement ? Avait-elle certaines habitudes ? Faisait-elle des choses que nous devrions savoir ?
- Je ne sais pas vraiment si c'est intéressant pour l'enquête, mais on se voyait très souvent le vendredi soir, soit chez l'une, soit chez l'autre ça dépendait. Le week-end on sortait beaucoup, ce qu'elle aimait le plus c'était les lieux abandonnés : grange, maison, parking, usine, mais ce qu'elle aimait par-dessus tout, c'était les immeubles et les anciens laboratoires. Elle disait qu'elle aimait ne pas savoir ce qu'elle va découvrir à l'étage supérieur. Et pour les laboratoires ça la passionnait de ne pas savoir ce qu'il s'était passé et de pouvoir l'imaginer. C'est Clémence qui avait commencé cette fois-ci. Alice continua :
- Tous les soirs, après avoir mangé on s'appelait pendant au moins une heure, même si on avait passé la journée ensemble on avait des choses à se dire. L'enquêteur les remercia.
- Avez-vous la moindre idée de qui aurait pu faire ça ? Alice et Clémence se regardèrent, elles avaient déjà longuement réfléchi à la question, en vain. Elle n'avait pas une énorme popularité, mais n'avait de problème avec personne. Les filles, si vous apprenez quoi que ce soit qui puisse faire avancer cette affaire, je reste joignable."
Il leur donna une carte avec son numéro. Clémence se leva pour laisser Alice seule. L'inspecteur resta à sa place. Il reprit ses notes, réfléchit. Tout était flou. Il émit l'hypothèse qu'elle avait été enlevée, voire même tuée. Tant qu'on ne la revoyait pas, ou qu'on n'avait pas retrouvé son corps, cette affaire allait rester compliquée. Il interrogea Alice seule, mais qu'attendait-il d'elle ? Elle était aussi surprise et bouleversée que tout le monde. Ce fut ensuite au tour de Clémence, mais toujours rien de solide.
Il avait quand même un mauvais pressentiment. Il demanda à son collègue si il pouvait interroger lui-même le chauffeur afin d'établir des liens entre les deux interrogatoires. Il refusa, mais lui proposa de suivre l'interrogatoire de l'extérieur. C'était mieux que rien. Pendant que l'officier posait ses questions, le chauffeur semblait stressé, il tapait son pied par terre, il serrait ses mains. Cela intrigua les inspecteurs. Ils lui posèrent des questions sur son métier. Il semblait beaucoup plus détendu, jusqu'à ce que le prénom de la jeune fille apparaisse dans la conversation.
Il eut seulement le temps de dire qu'il avait l'habitude de voir Mahlia monter dans le bus tous les soirs, à la même heure. Il s'écroula sur la table. Comme assommé par la fatigue. On ne put le réveiller.
Quand les policiers chargés de l'enquête se rendirent chez Sophie pour la tenir au courant de leurs hypothèses, quelque chose d'irrationnel arriva : elle semblait sortir d'une grosse sieste, et n'avait aucune idée de pourquoi ces messieurs étaient là. Elle n'avait aucun souvenir de l'affaire, ni même de sa fille. Elle venait d'oublier sa fille disparue et cela en moins de vingt-quatre heures.
Au même moment, l'inspecteur ayant assisté à l'interrogatoire du chauffeur se rendait à l'hôpital pour prendre de ses nouvelles. Plus rien. Il ne se souvenait pas de Mahlia. C'était donc le deuxième. L'inspecteur se sentit d'abord mal à l'aise, il eut des sueurs chaudes. Cette histoire virait au paranormal. Il se posa et essaya de réfléchir mais aucune solution rationnelle ne lui vint. Toutes les personnes proches de Mahlia avaient subi une sorte de lavage de cerveau, sauf Clémence qui semblait être la seule à avoir gardé tous ses souvenirs, elle était donc une pièce très précieuse dans cette enquête. De plus, personne n'avait de nouvelles d'Alice.
Mahlia répondit doucement, timidement : « Oui entrez... »Une femme. Brune, d'une trentaines d'année portant une blouse d'infirmière. D'apparence calme et douce... A la surface seulement. En vérité, ses yeux la trahissaient. Mal à l'aise, cette femme avait peur.
- Mademoiselle... ? Sa voix tremblait. Elle referma la porte, je suis là pour vous donner vos nouveaux vêtements et la clé de votre salle de bain qui se trouve au fond de la pièce. Elle posa le paquet sur la petite commode ce qui la rapprocha de Mahlia. Elle avait l'air de moins en moins rassurée.
- Madame ? Un homme est venu ici il m'a dit qu'il ne pouvait répondre à aucune question, vous avez le droit de répondre à mes questions vous ? Vous savez où on est ? Je suis malade ? Quelqu'un a essayé de venir me voir ? Pourquoi je suis seule ? Qui m'a déshabillée ? Pourquoi je suis ici ? Madame ? Le ton de Mahlia montait au fur et à mesure de ses questions. Son regard devenait de plus en plus noir. Répondez-moi ! Elle fixait la pauvre infirmière qui, elle, n'osait même plus respirer.
5...
4...
3...
2...
1... Elle lui sauta au cou et une fraction de seconde plus tard, plus rien.
* * *
Mahlia ouvrit doucement les yeux. Elle avait une migraine atroce. Elle se retourna pour chercher s'il y avait un bouton pour appeler quelqu'un, mais rien. Pire encore, elle était menottée au lit. Elle ne pouvait plus se lever et pouvait à peine bouger. Les larmes montèrent à ses yeux, puis roulèrent le long de ses joues.
Quelqu'un frappa à la porte et sans attendre l'autorisation de la jeune fille, il entra. Cet homme était vêtu d'un costard gris, très moderne, en nidd'abeilles. Il était propre sur lui et transpirait la confiance en soi. C'est d'ailleurs à cause de ça que Mahlia ne se sentit pas à l'aise, elle pensa qu'il n'était pas la personne en qui elle pouvait placer sa confiance. Il prit la parole :
"Demoiselle je suis le directeur de ce laboratoire, ne vous fatiguez pas à poser des questions maintenant je vais vous dire tout ce que vous avez à savoir. Ce laboratoire est situé au beau milieu d'une forêt, je ne sais pas si vous connaissez la Taïga de Sibérie orientale mais c'est là où nous sommes. C'est une forêt très peu fréquentée à cause de sa flore bien trop dense et de sa faune inconnue des spécialistes. Ne vous inquiétez pas, le domaine est bien protégé rien ne vous arrivera tant que vous serez à l'intérieur. De plus nous sommes situés sur la côte Est de la Russie et la ville la plus proche et à bien des kilomètres d'ici. Ce que j'essaie de vous faire comprendre c'est qu'il vous est impossible de vous échapper. Cela étant dit, je peux donc passer à la suite, beaucoup plus intéressante que tout ce baratin. Je vais donc vous expliquer le but et les règles de cet institut. Vous connaissez l'application "tu préfères ?", c'est grâce à elle que vous êtes ici. Beaucoup de personnes vont vous rejoindre, tous entre 15ans et 25ans. Je pense que vous n'êtes pas encore prête à savoir ce qui se cache derrière la porte bleue au fond du couloir. Ne cherchez pas à la franchir, elle est verrouillée et toutes les alarmes se déclencheraient. Finissons donc par les règles : plus vous vous comporterez bien, plus vous aurez de privilèges ; plus votre comportement se dégradera, plus vos droits seront réduits. A vous de choisir demoiselle. Vous avez agressé votre infirmière, n'est-ce pas ? Elle acquit d'un hochement de tête. Vu les événements dans lesquels vous avez été impliqué ces derniers jours, c'est excusable. On a changé votre infirmière, tachez de faire attention à elle, c'est la dernière que vous aurez. Elle est là pour prendre soin de vous. Ce n'est pas elle la méchante."
Il tourna les talons avec un sourire malsain au coin de la bouche, et partit. Une dame, infirmière pensa Mahlia, entra. Elle lui sourit. D'une voix douce la dame lui dit :
"Je m'appelle Loanna, tu peux m'appeler Lo si tu veux. Vaut mieux qu'on s'entende bien, je ne sais pas pendant combien de temps on sera ici. Je suis comme toi, ou presque. Je n'ai pas vraiment choisi d'être ici. Je n'ai aucune info de plus que toi. Je suis désolée.
- Je... euh... j'ai envie... de prendre une douche, c'est possible ?
- Oui ma puce, je vais leur demander la clé de ces maudites menottes. Tu n'es pas dangereuse, tu as juste peur. Tu peux me faire confiance Mahlia, vraiment, mais je ne t'oblige à rien."
Elle sortit de la chambre, quand la porte se ferma on entendit un claquement, Mahlia voulu s'avancer vers la sortie, mais elle était attachée. Elle resta donc couchée sur ce lit puant l'hôpital. Elle était si impatiente de pouvoir sentir l'eau chaude couler sur sa peau. La poignet bougea. L'infirmière entra. Elle avait dans ses bras la clé, deux serviettes, plusieurs savons et shampoings. Elle laissa paraître un joli sourire.
"Voilà pour toi jeune fille, dit Lo en s'avançant pour défaire les menottes de la petite, prends ton temps c'est pas toi qui paie l'eau de toute façon." Elles rigolèrent.
Quand Mahlia sortit de sa douche elle remit sa robe de chambre d'hôpital, même si elle n'aimait pas la porter. Elle sortit de la salle de bain, une serviette sur les cheveux. Pas de maquillage, pas de sèche-cheveux, encore moins un lisseur. Elle leva les yeux au ciel.
"Je suis ici pour je ne sais combien de temps, au tant que je prenne mes marques et mes habitudes, Loanna fut surprise par la prise de parole soudainement lucide de Mahlia, je me demande juste comment sont mes proches actuellement. Mes amies aussi, Alice et Clémence me manquent. Je me sens seule, sans vouloir vous offenser. Je ne sais depuis combien de temps je suis enfermée dans cette minuscule pièce et je ne sais quand je pourrai de nouveau sentir la chaleur du soleil sur ma peau. J'espère que d'autres personnes vont vite rejoindre le..., elle marqua une pause, labo."
Mathieu, notre inspecteur, se posait mille questions à la seconde. Qui jouait un rôle dans cette affaire ? En qui placer sa confiance ? À qui poser des questions ? De qui tirer de véritables informations ? Il en oubliait presque que ce n'était pas à lui de donner des réponses.
Presque une journée entière sans nouvelles d'Alice. Clémence, qui avait l'air jusqu'ici d'être la plus forte, était dévastée. Elle ne voulait plus sortir de sa chambre, elle était enroulée dans sa couverture et refusait quel repas que ce soit. Elle ne voulait voir et parler à personne.
Mathieu pensa qu'Alice avait peut-être subi le même sort que Mahlia. Enlevée ? Tuée ? Pour le moment il ne pouvait rien affirmer. C'était peut-être qu’une fugue. Mais en tout cas, elle n'était plus là.
Clémence était la personne à protéger. Mathieu se rendit chez elle et parla à ses parents. Il leur expliqua son hypothèse et leur confia qu'il était inquiet pour la sécurité de Clémence. Peutêtre qu'il s'inquiétait pour rien, cependant il préférait garder un oeil sur elle pendant encore quelques temps. Les parents comprirent tout à fait, et furent heureux que quelqu'un prenne en main la protection de leur fille.
Des caméras furent placées aux quatre coins de la maison, une équipe de cinq personnes fut mise en place pour surveiller Clémence nuit et jour. Une personne fut engagée pour la suivre à chaque fois qu'elle quitterait son domicile. Toutes ces précautions ne firent qu'augmenter la peine de la jeune fille. Ses meilleures amies avaient disparu et elle était surveillée 24h/24.
* * *
Mathieu était dans son appartement à faire les cent pas, les mains sur la tête. Tout était flou, tout semblait être irrationnel et inexplicable. C'était la première fois qu'une histoire lui prenait tant la tête. Il y pensait nuit et jour. Il avait du mal à s'endormir. Et le pire, c'est que malgré toutes ces réflexions, il ne trouvait aucune explication à tous ces événements.
Il repartit au poste et s'installa à son bureau. Il prit une feuille et fit un schéma de tout ce qu'il savait. Ce qui ne lui prit pas tant de temps que ça...
* * *
Alice courrait. Elle sentait quelqu'un derrière elle. Ses poumons la brûlait. Elle s'enfonçait dans une forêt dense. Elle ne savait pas où aller, mais elle y allait. Quelqu'un lui coupa la route à environ deux mètres devant elle. Elle se stoppa net. Ce qui laissa le temps à l'homme qui la suivait de rattraper le retard qu'il avait pris. Le sentant non loin d’elle, elle partit se cacher derrière un arbre, et mit la main devant sa bouche pour étouffer le bruit de son souffle.
Quelques secondes s'écoulèrent pour qu’un homme vêtu de noir surgisse devant elle. Elle voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. L'homme s'approchait lentement d'elle. Elle se baissa et partit en courant. Dommage. Une racine, l’a fit tomber et se cogner la tête. Plus rien.
Au même moment Clémence eu comme un flash. Elle voyait ses amies séquestrées, maltraitées. Elle se leva de son lit et partit de chez elle dans la même seconde. Elle fit le tour de la ville en quête du moindre indice, du moindre signe de vie. Elle marchait vite, son souffle était court. Elle ne savait ni où regarder, ni même la nature de ce qu'elle cherchait.
Elle rentra la tête la première dans l'abdomen d'un grand homme. Elle releva la tête et s'excusa, sans même prêter attention à qui elle parlait. Elle voulut repartir mais l'homme l’attrapa par le bras. C'était Mathieu.
"Clémence ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Toute seule ? À cette heure ? Tu n'as pas conscience du danger que cela représente ? Il était furieux.
- Je ne peux pas rester sans rien faire ! Elles ont besoin de moi !
- Et tu comptes faire quoi exactement jeune fille ? La police n'a aucune idée d'où elles sont actuellement et toi tu penses arriver comme ça, avec ton joli petit sourire et sauver le monde ? Protège-toi avant de penser à les sauver. Évite plus de drame s'il te plaît. Je te raccompagne chez toi."
Elle soupira. Il avait raison et elle le savait. Mais elle ne voulait pas abandonner. Quitte à risquer quelque chose. De toute façon, elle était maintenant seule, à quoi bon rester dans sa chambre à attendre. Et puis, attendre quoi exactement ?
Pendant le chemin ils n'échangèrent aucun mots. Le silence en était même lourd. Elle se sentait mal à l'aise.
"Clémence, j'ai peut-être trop élevé le ton tout à l'heure. J’en suis désolé. Mais tu sais, je ne vais rien te cacher, cette enquête est déjà vraiment compliquée, je ne souhaite pas qu’il y ait d'autres disparitions. Et d'après mes déductions, tu serais la prochaine sur la liste, du moins s’il y en a une, il parlait de ces inquiétudes d’un air totalement déboussolé, et ce n'est qu'une déduction car comme je te l'ai dit, cette histoire est la plus complexe que j'ai eue depuis mes débuts. Alors s'il le faut il n'y a aucun lien. Mais bon, fais attention à toi.
- Promis." Elle tourna les talons et rentra chez elle. Une fois la porte fermée, elle fila dans sa chambre et alluma son ordinateur. Elle regarda toutes les photos qu'elle avait d'elle et de ses amies. Elle chercha une explication, rationnelle d'abord, puis ses pensées s'éparpillèrent de plus en plus. Elle s'imaginait un tas de scénarios, tous plus incohérents les uns que les autres.
Puis elle repensa à ce que Mathieu lui avait dit : il pensait qu'elle était la prochaine. Une vague de chaleur lui monta à la tête. Clémence imagina quelqu'un en train de la surveiller, elle regarda tout autour d'elle en pensant se rassurer. Elle se sentit égoïste de s'inquiéter pour elle alors que ses amies étaient... D'ailleurs où étaient-elles ?
Mahlia et Loanna discutaient depuis un bon moment déjà. Mahlia lui avait confiée beaucoup de choses parce que, pour elle, les amis partagent leurs secrets et Loanna allait peut-être être sa seule et unique amie pendant un long moment. Elle avait réussi à mettre de côté toute cette atmosphère oppressante et à donner sa confiance. Bonne, ou mauvaise idée ?
Quelqu'un frappa à la porte. Les deux femmes arrêtèrent instantanément leur conversation. Le coeur de Mahlia s’emballa encore une fois. La personne frappa une seconde fois. Mahlia lui dit d'entrer. Un homme se montra poussant un plateau repas. La jeune fille relâcha ses muscles tendus et laissa même apparaître un sourire sur son magnifique visage, bien que marqué par la fatigue et la peur.
Elle mangea sans grand appétit . Lorsqu'elle proposa un bout de viande à Lo, cette dernière refusa. Elle lui expliqua que les membres du personnel avaient interdiction de toucher à ce qui était donné aux sujets. Mahlia ressentit comme un goût amer dans sa bouche. Son coeur s'accéléra. Pourquoi n'avaient-ils pas le droit d'y toucher ? Était-ce empoisonné ? Elle recracha tout d'un coup et courut vomir dans la salle de bain.
Dans la seconde qui suivait, le directeur était dans la chambre.
"Pourquoi avez-vous recraché ? Elle ne sut quoi répondre, et qu'est-ce qui vous a donné envie de vomir ?
- Je ne sais pas, j'ai eu un mauvais... Euh, comment dire ça ? Pressentiment.
- N'avez-vous donc pas confiance en moi ? -
- Comment pourrais-je ? Je ne vous connais pas.
- C'est vrai, demoiselle, mais vous allez bien être obligée. Ici, c'est moi le chef, et si vous continuez ce petit jeu avec moi ça ne va pas le faire, vous n'allez pas faire long feu. Vous n'allez pas tenir longtemps. Avant même qu'il ne puisse dire autre chose elle lui coupa la parole.
- Comment ça ? Ça veut dire quoi ne pas tenir longtemps ? Enfin, dans quel sens ? Essayez vous de me menacer ? Vous allez me faire quoi ? M’enfermer ? Me priver de toute liberté ? Me donner à manger quelque chose dont je ne connais même pas la provenance ??
- Mais enfin ma jolie ce n'est pas un jeu ici. Beaucoup vont y perdre, il sourit. Loanna je vais vous demander de bien vouloir quitter la pièce et de me suivre. Notre petite a besoin de se retrouver seule afin de pouvoir se remettre en question. Enfin mon but est surtout de lui montrer qui est le patron ici. Et puis, ça sera bientôt l'heure des tests, et vu comment elle est partie, je pense qu'elle ne les passera même pas, il rigola, pas la peine de vous attacher à elle, Loanna."
C'est sur ces belles paroles que le directeur partit, prenant Loanna part le bras pour l'amener avec lui. Loanna regarda Mahlia d'un air désolé mais n'eut pas le courage, ni la force à vrai dire, de s'opposer au directeur. La jeune fille aurait dû être complètement paniquée après le discours du charmant contremaître. Mais pas du tout. Elle avait pris ses remarques comme un certain défi. Elle allait surmonter ses tests, quels qu'ils soient.
En sortant de la chambre le directeur regarda Loanna avec un regard aussi noir que le pelage d’une panthère. Il la plaça face à lui avant de dire :
"Vous n'êtes pas autorisée à sympathiser avec les sujets, encore moins avant le passage des tests, il leva les yeux en l'air, celle-là m'a l'air beaucoup plus compliquée à gérer que ce que je ne me l'étais imaginé. On va devoir redoubler d'attention et ne pas la lâcher." L'infirmière baissa la tête, elle était triste d'être obligée d’avoir un comportement froid avec la petite, elle n'avait rien demandé. Mais elle savait que le moindre écart lui coûterait cher. Très cher.
Mahlia se coucha et décida de se perdre au fin fond de ses pensées. Et la première chose à laquelle elle pensa la rendit triste. Ses amies. Clémence et Alice. Allaient-elles bien ? Étaientelles inquiètes ? Elles lui manquaient. Elle finit par s'endormir, vers 15h00. Elle était tellement épuisée qu'elle tomba comme une pierre, la bruit de l'électrocardiogramme lui servait de berceuse. Charmant.
À 01h30 elle fut réveillée par le directeur et toute une équipe d'hommes en blouse blanche et au regard vide. Loanna se tenait derrière toute cette petite troupe. Elle ne semblait pas être à l'aise. Elle semblait même se questionner. Son regard parcourrait la pièce de haut en bas, de gauche à droite. De plus, elle évitait le regard de la jeune fille, principale concernée par tout ce petit monde. Qu'allait-il se passait ? Le directeur s'avança et commença à parler. Mahlia leva les yeux au ciel.
"Demoiselle vous allez devoir vous lever. Rapidement s'il vous plaît. Nous n'avons aucunement le temps de discuter avec vous. Il tourna les talons mais...
- Non ! Je ne bougerai pas d'ici sans explications. Il se retourna. Bouche bée.
- Personne ne vous a vraiment demandé votre avis. Si vous n'êtes pas prête à coopérer nous vous ferons obéir de force. Cela ne pose aucun problème au personnel de l'établissement."
Elle ne bougea pas l'orteil. Le directeur l'a regardé dans les yeux pendant de longues secondes jusqu'à ordonner aux hommes en blouse blanche de s'occuper d'elle. Il n'eut qu'à dire "Allez-y" pour qu'ils se mettent en oeuvre.
"Tout se passe trop rapidement ici" pensatelle. Elle leva, encore une fois, les yeux au ciel.
Les hommes l'obligèrent à se lever. Elle s'y opposa et ne voulait surtout pas craquer, mais malgré tout, une petite partie d'elle avait très envie de savoir ce qui l'attendait alors elle priait pour que les hommes réussissent à la faire bouger de force. Elle voulait montrer sa mésentente, mais sa curiosité était trop forte.
Lentement et la tête haute, elle se leva. Elle poussa un homme avec un coup d'épaule pour se frayer un chemin. L'homme ne réagit pas, tel un robot. Mahlia se rendit dans la salle de bain pour se changer. Elle prit tout le temps qu'elle pouvait, elle se moquait bien de ce que les autres pouvaient penser, qu'allaient-ils lui faire de plus ? Vue sa situation actuelle, elle n'avait presque plus rien à perdre.
