Remous en eaux troubles - Muriel Merat - E-Book

Remous en eaux troubles E-Book

Muriel Merat

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Beschreibung

Mort mystérieuse pour les fêtes de la Tarasque.

Il était cinq heures et demie lorsqu’il descendit le talus d’herbes séchées les bras chargés de tout son attirail, avant d’arriver sur une plage de sable gris. Sur la route, un couple de joggeurs profitait de la fraîcheur matinale avant les premiers spectacles de ce dimanche pour les fêtes de la Tarasque. C’est la toute dernière fois que quelqu’un vit Jérôme Blanboulet. Le Rhône était calme. Il traversa la rue des Progrès, sa main droite s’engourdissant sur la canne au pommeau d’olivier finement sculpté qu’elle serrait, avant de bifurquer sur la droite pour continuer la rue de la Liberté. Devant lui se dressait la masse imposante de la Collégiale Sainte Marthe. Une odeur pestilentielle le fit grimacer. C’était la première fois depuis trois ans qu’il faisait ce trajet chaque mois qu’il respirait une telle puanteur. Une odeur d’égouts qui flottait dans l’air glacial. Il pensa qu’il devrait prévenir son « ami » le Maire afin qu’il remédie à cela au plus vite. En tournant pour longer l’abside de l’église, Gauthier Coubert de Leuze se figea…pour l’éternité. 

Laissez-vous tenter par ce thriller, et plongez dans l'atmosphère du Rhône.

EXTRAIT

Jérôme Blanboulet se leva très tôt ce dimanche vingt-huit juin 2009 avec le sentiment d’avoir passé une très mauvaise nuit et même de ne pas avoir passé de nuit du tout.
Il avait la tête lourde et tous les muscles engourdis par les efforts qu’il avait fournis.
Il avait décidé d’aller pêcher sur les bords du Rhône afin d’oublier ses frasques de la veille.
Vers cinq heures il se faufila hors de sa chambre et traversa le salon en chaussettes afin de faire le moins de bruit possible.
Il avait dormi tout habillé, sans défaire le lit, fatigué qu’il avait été par ses « exploits ». Il passa sa main sur ses joues pas rasées. Il pensa qu’il se raserait le lendemain pour aller à son travail, ce serait bien suffisant.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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Remous en eaux troubles

Muriel Mérat & Alain Dedieu

Dépôt légal novembre 2011

ISBN : 978-2-35962-221-8

Collection Rouge

ISSN : 2108-6273

©Couverture de Hubely

© 2011 - Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.

Éditions Ex Aequo

6 rue des Sybilles

Dans la même collection

L’enfance des tueurs – François Braud - 2010

Crimes à temps perdu – Christine Antheaume - 2010

Résurrection – Cyrille Richard - 2010

Le mouroir aux alouettes – Virginie Lauby – 2011

La verticale du fou – Fabio M. Mitchelli – 2011

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Tueurs au sommet – Fabio M. Mitchelli – 2011

Le carré des anges – Alexis Blas – 2011

Sans mobile apparent – Arnaud Papin – 2011

Le pire endroit du monde – Aymeric Laloux – 2011

Le théorème de Roarchack – Johann Etienne – 2011

Enquête sur un crapaud de lune – Monique Debruxelles et Denis Soubieux 2011

Du sang sur les docks - mai 2010

Crime au long cours – Katy O’Connor - 2011

A la verticale des enfers – Fabio Mitchelli – 2011

Thérapie en sourdine – jean-François Thiery - 2011

Blood on the docks – janvier 2012

« Du sang sur les docks » traduit en anglais par Allison Linde

Le rituel des minotaures – Arnaud Papin – 2012

PK9 – Alain Audin - 2012

…et la lune saignait – Jean-Claude Grivel – 2012

 A nos familles respectives...

Table des matières

Disparition d’un pêcheur

Première enquête

Mort d’un gigolo

Mercredi 29 juillet 2009

Stupéfiant …

Enquête soft

Escamotage d’un cambrioleur

Rumeurs

Une tranquillité toute relative

Un viol qui tombe à l’eau

… (suite)

Soupçons

La Tarasque

Vertiges

Dernières heures d’un criminel

Affrontement

Revanche

Épilogue

 Disparition d’un pêcheur

Jérôme Blanboulet se leva très tôt ce dimanche vingt-huit juin 2009 avec le sentiment d’avoir passé une très mauvaise nuit et même de ne pas avoir passé de nuit du tout.

Il avait la tête lourde et tous les muscles engourdis par les efforts qu’il avait fournis.

Il avait décidé d’aller pêcher sur les bords du Rhône afin d’oublier ses frasques de la veille.

Vers cinq heures il se faufila hors de sa chambre et traversa le salon en chaussettes afin de faire le moins de bruit possible.

Il avait dormi tout habillé, sans défaire le lit, fatigué qu’il avait été par ses « exploits ». Il passa sa main sur ses joues pas rasées. Il pensa qu’il se raserait le lendemain pour aller à son travail, ce serait bien suffisant. 

Il passa ainsi devant le canapé où dormait sa femme à peine couverte d’un drap et ne posa sur elle qu’un regard chargé d’indifférence.

Arrivé dans la cuisine, il ferma précautionneusement la porte, alluma la lumière de la hotte aspirante, celle qui ne diffusait qu’une faible clarté, et entreprit de se préparer une tasse de café.

Dans le silence de cette fin de nuit, le bruit de l’eau en ébullition dans la bouilloire électrique résonna dans toute la pièce. Cela lui fit l’effet du grondement d’une cascade.

Il versa rapidement l’eau dans une tasse au fond de laquelle il avait déposé un café en poudre bon marché. Il le but sans sucre pour ne pas rajouter le bruit cristallin de la cuillère le mélangeant.

Jérôme Blanboulet déposa sa tasse vide dans l’évier, éteignit la lumière et passa directement de la cuisine dans le cellier attenant au garage.

Celui-ci servait plus de débarras qu’à accueillir une voiture. Y était entreposé tout ce qui avait été accumulé en une trentaine d’années, objets achetés en double et qui ne serviraient jamais, des meubles démontés, la vaisselle amassée au cours des ans, les outils de jardin qui avaient cessé d’être utilisés depuis longtemps.

Dans un coin, près de l’établi mal rangé, étaient posées trois cannes à pêche usées qui n’avaient plus servi depuis plusieurs années.

Jérôme en saisit une au hasard, prit son coffre rigide plein d’ustensiles de pêche dont il ne savait même plus en quoi cela pouvait être utile.

Il enfila sur ses chaussettes puantes une vieille paire de bottes en plastique et traversa le petit jardinet en friche qui séparait la maison de la rue.

Le soleil s’était chargé de « griller » l’herbe qui repousserait dès les premières pluies et ferait du petit jardin une jungle pour les animaux du quartier.

On y devinait quelques rosiers qui, par manque d’entretien, étaient retournés à l’état sauvage, des massifs de lavande et de romarin aux feuilles séchées et recroquevillées.

 Il gagna rapidement sa voiture rangée le long du trottoir et jeta tout son attirail sur le siège arrière. Il s’agissait d’une vieille Volvo grise, toute cabossée et que la rouille commençait à ronger. L’intérieur ressemblait à un dépotoir, avec ses prospectus qui jonchaient le sol, ses mégots qui débordaient du cendrier et les miettes des nombreux repas pris au Drive du coin.

Après plusieurs essais, il réussit à démarrer, laissant échapper un nuage de fumée grise et se dirigea à travers les rues étroites de la ville endormie vers le château du Roi René. Il avait décidé de ne pas emprunter les grands axes de la ville, beaucoup plus rapides, afin de ne pas être dérangé. Les rues portaient les stigmates de la fête de la Tarasque, qui avait lieu comme tous les ans en cette fin de mois de juin. Les employés communaux allaient bientôt se mettre au travail pour rendre la ville présentable pour la suite des festivités.

En chemin il se repassa, tel un mauvais feuilleton télévisé (et il y en avait un moulon comme l’aurait dit Mado la Niçoise), la soirée de la veille.

Jérôme avait « traînassé » tout le samedi dans la ville, regardant d’un œil blasé les différentes manifestations bruyantes : les terrasses bondées des bars, les défilés costumés et les fanfares.

Il n’avait cependant pas voulu rater le « Trophée de la Tarasque » aux arènes municipales. Au milieu de spectateurs excités, il avait assisté froidement aux différentes novilladas, ces corridas pour jeunes toreros. Mais intérieurement, il bouillonnait de voir un jeune novillo se faire étriper par un taurillon auquel il s’identifiait.

Jérôme avait repris ensuite sa déambulation « tarasconnaise », la tête emplie des vociférations des spectateurs saluant chacune des oreilles coupées des taureaux.

Il avait ensuite passé la soirée avec le peu de « copains » qu’il avait (c’est lui qui payait), dans les bars de la ville à faire en sorte que les viticulteurs du coin ne subissent pas trop la crise !

Il avait très vite atteint un degré d’alcoolémie plus qu’honorable.

Après avoir été un jeune homme svelte et séduisant, Jérôme Blanboulet avait pris avec le temps, l’inaction et la boisson, beaucoup d’embonpoint avec la ferme intention de ne jamais le rendre.

Il avait maintenant une cinquantaine d’années et travaillait depuis plus de trente ans dans une usine de Tarascon. Il n’avait jamais eu l’opportunité (ou la capacité) de monter en grade ou de varier les plaisirs dans son emploi.

C’est pourquoi il subissait depuis bien longtemps déjà les sarcasmes de ses supérieurs immédiats.

Alors, pour se sentir « un homme », Jérôme Blanboulet se pintait tous les week-ends, fêtes de la Tarasque ou pas.

Il était petit de taille ce qui n’arrangeait rien et la prise de kilos superflus le rendait lourd dans sa démarche.

Lorsqu’il était rentré chez lui, vers vingt -trois heures ce samedi vingt-sept juin, il savait qu’il recommencerait.

Sa femme aussi l’avait senti.

En le voyant pénétrer dans la cuisine, où elle commençait à réchauffer une boîte de cassoulet, elle comprit à sa démarche d’ours traqué, à son regard fuyant, qu’elle allait encore déguster.

Lorsque les premiers coups tombèrent, Martine Blanboulet se recroquevilla au pied de la gazinière en se protégeant la tête avec les bras.

Pour la première fois, par habitude peut-être, elle ne gémit même pas.

C’est ce qui arrêta son mari, déçu par ce manque de réaction et ainsi de ne pas se sentir pour la seconde fois de la journée « un homme, un vrai ».

C’est essentiellement en pensant à cet « échec » que Jérôme passa devant le château, emprunta (mais il comptait bien le rendre) le boulevard du Roi René et continua par la route de Vallabrègues.

Il bifurqua rapidement sur la gauche afin de suivre le chemin parallèle à la route de Vallabrègues et se gara sous un arbre.

Auparavant, il avait l’habitude de pêcher ou plutôt de tremper ses lignes sur la petite plage près du château du Roi René mais celle-ci était fermée actuellement au public en raison de la reconstitution du débarquement en Provence qui devait avoir lieu vers neuf heures.

Il était cinq heures et demie lorsqu’il descendit le talus d’herbes séchées les bras chargés de tout son attirail, avant d’arriver sur une plage de sable gris.

Sur la route, un couple de joggeurs profitait de la fraîcheur matinale avant les premiers spectacles de ce dimanche pour les fêtes de la Tarasque.

C’est la toute dernière fois que quelqu’un vit Jérôme Blanboulet.

Le Rhône était calme.

Première enquête

« Je vous en prie, asseyez-vous madame. »

C’est ainsi que le lieutenant Antoine Gallanardi accueillit dans son bureau Martine Blanboulet qu’un jeune stagiaire avait accompagné jusqu’à lui. Gallanardi se dit en voyant sa chemise déboutonnée plus que ce que le règlement autorisait, qu’il allait lui en toucher deux mots après son entretien. Le stagiaire avait expliqué à son supérieur en quelques mots les raisons de la venue de cette femme.

Madame Blanboulet s’assit timidement sur le bord de la chaise que lui indiquait le lieutenant. C’était une petite bonne femme un peu rondouillarde mais dont le visage agréable à regarder en faisait une femme charmante.

Elle était vêtue de vêtements bon marché mais choisis avec goût qui la rendait coquette.

Lorsqu’elle était entrée dans le bureau, le lieutenant Gallanardi avait tout de suite remarqué les ecchymoses sur son visage mais il décida de débuter son interrogatoire de façon classique.

— Qu’est-ce qui vous fait croire que votre mari a disparu ?

— C’est la première fois depuis que je le connais que cela se produit.

Le lieutenant avait dû tendre l’oreille pour comprendre chacun des mots qui sortaient de la bouche de cette femme.

— Depuis samedi soir, je ne l’ai plus revu, continua-t-elle, et jamais il n’a manqué à son travail ou découché, alors ce matin, lorsque son patron m’a appelée, j’ai tout de suite pensé à quelque chose de grave. C’est ce qui m’amène ici.

J’ai trouvé une tasse dans l’évier, des objets ont été déplacés dans le garage et sa canne à pêche n’y était plus.

Antoine Gallanardi l’avait laissé s’exprimer mais il était bien décidé maintenant à aborder les traces de violence qui marquaient son visage.

— C’est lui qui vous a fait ça ? dit-il en lui désignant les ecchymoses.

Cette attaque soudaine lui fit monter les larmes aux yeux prouvant ainsi au lieutenant qu’il avait vu juste.

— Oui monsieur, mais vous savez il est pas méchant. Il travaille dur, il est fatigué et parfois, il s’emporte. A cause de la fête, il avait un peu trop bu alors samedi soir, en rentrant, ça lui a pris d’un coup.

— Est-ce-que c’est la première fois qu’il vous battait ?

Madame Blanboulet éclata en sanglots et poursuivit :

— Non. Elle marqua un temps d’arrêt avant de poursuivre. Nous avons eu deux enfants, un garçon et une fille.

Elle lui parla de son fils Marc Blanboulet, l’aîné, âgé maintenant de vingt-six ans,  charcutier dans la région parisienne et de sa fille Marion Gouhenec, vingt-quatre ans, mariée à un breton et installée depuis trois ans dans la région de Rennes.

— Depuis qu’ils ont quitté la maison, il y a environ trois ans, mon mari s’est mis à boire. C’est aussi à ce moment là qu’il a commencé à être violent comme si c’était de ma faute. Comme si je n’avais pas été capable de garder nos enfants à côté de nous. Mais ils sont adultes maintenant…

Le lieutenant ressentit beaucoup de nostalgie dans la façon dont elle avait dit cela.

Encore une fois, il se trouvait face à une pauvre femme esseulée qui se sentait coupable à la place de son mari.  Peut-être que celui-ci avait trop honte de se présenter devant sa femme. Encore que ce genre d’individu pouvait-il ressentir un tel sentiment ?

Il termina de prendre la déposition de madame Blanboulet à qui il demanda pour conclure les coordonnées de ses enfants. Il imprima le rapport et le lui tendit :

— Merci de relire votre déposition et de signer ici madame.

Pendant qu’elle parcourait le rapport, Antoine Gallanardi prit contact avec la police municipale de Tarascon avec laquelle il entretenait de bons rapports.

Il savait que pendant les fêtes de la Tarasque elle était très occupée mais elle avait reçu en renfort des policiers municipaux de Saint-Etienne-du-Grès et de Barbentane.

Par ailleurs, il savait que le nombre de gendarmes avait été augmenté afin d’effectuer des contrôles routiers plus sévères au sortir des bars.

— Bonjour ici le lieutenant Gallanardi. J’ai ici la femme d’un certain Jérôme Blanboulet qui aurait disparu ce week-end. Elle est très inquiète. Il semblerait que ce monsieur soit parti à la pêche et depuis plus de nouvelles, il ne s’est pas présenté à son travail. Je vous donne son adresse ainsi que les infos sur son véhicule. Vous pourrez me joindre dans mon bureau ce matin.

Pendant ce temps, madame Blanboulet avait relu et signé sa déposition. Le policier la rassura sur le fait qu’il s’agissait surement comme dans la plupart des cas d’une petite escapade avant de la raccompagner à la porte de son bureau.

— Je vous tiens au courant dès que nous aurons du nouveau madame.

Le lieutenant Gallanardi était sorti de l’école nationale supérieure de police depuis à peine trois ans.

Plein d’ambitions, il pensait pouvoir bientôt présenter son concours de commissaire.

Il lui faudrait cependant attendre encore deux ans avant d’avoir une chance d’obtenir sa mutation.

Pas très grand mais musclé, Antoine Gallanardi faisait l’unanimité auprès de ses collègues et de ses supérieurs hiérarchiques tant par sa gentillesse que par son professionnalisme. Il avait un visage agréable, aux traits bien dessinés, des yeux verts qui contrastaient avec sa peau mate et ses cheveux bruns. Il avait une bouche charnue qui dévoilait une dentition régulière et quand il souriait, beaucoup de jeunes femmes se seraient bien vu passer un petit moment en sa compagnie.

Il faisait son travail posément, n’élevant jamais la voix et arrivant à faire taire les tensions qui pouvaient se créer dans son groupe.

Il était marié à la charmante Léa qui venait de réussir son concours de professeur des écoles et qui avait obtenu un poste en tant que remplaçante dans deux écoles de la région de Tarascon. Tout le monde s’accordait à dire qu’ils formaient un très beau couple et toutes les banalités habituelles. Elle était aussi blonde que son mari était brun. Ses yeux étaient d’un bleu pâle qui lui donnait un air doux. Elle était gracieuse et svelte. Elle attirait également les regards des hommes mais cela la laissait indifférente car elle aimait passionnément son époux. Après deux ans d’un mariage sans nuage, ils avaient pour projet de construire une famille et d’avoir un enfant.

La recherche prit peu de temps, la ville étant dotée d’un système de vidéosurveillance qui avait permis de repérer le véhicule passant devant le château en direction de Vallabrègues.

La voiture de Jérôme Blanboulet fut alors vite retrouvée par une des patrouilles.

Les premières investigations des deux membres de la police municipale dépêchés sur place les menèrent rapidement sur la « petite plage » où ils découvrirent la canne à pêche jetée à même le sol ainsi que tout le matériel abandonné par Jérôme Blanboulet.

Le lieutenant Gallanardi, prévenu immédiatement, arriva sur les lieux, inquiet, car la description de l’endroit et des objets abandonnés qu’en avaient faits les deux policiers municipaux lui fit penser tout de suite au pire.

— Lieutenant, venez-voir ! On a trouvé des traces de pas qui se dirigent vers l’eau, sur la petite bande de sable.

Le lieutenant Gallanardi s’approcha. En suivant les indices, il put facilement retracer l’itinéraire du disparu.

À un mètre du bord de l’eau, il s’était arrêté et avait laissé tomber sa canne, qui avait légèrement roulé sur la plage en pente, ainsi que son coffre qui s’était enfoncé dans le sable.