Reveal - Octavie Demanne - E-Book

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Octavie Demanne

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Beschreibung

Jude, un jeune étudiant en apparence épanoui, rencontre un homme sûr de lui en fin de parcours universitaire, Calvin...

Jude, jeune étudiant qui entre à l'université, a tout pour plaire. Un parcours scolaire exemplaire, sportif, et une jolie petite amie, Noa.
Mais son équilibre est bouleversé lorsqu'il rencontre Calvin.
Calvin, jeune homme sûr de lui, est en fin de cursus universitaire. Il assume complètement son homosexualité et ne cachera pas son attirance pour Jude.
Le destin est parfois joueur et n'épargnera pas nos deux héros.
Découvrez, sans plus tarder, l'histoire de Jude et Calvin.

Plongez-vous à coeur ouvert dans cette romance touchante ! Calvin révèle sans crainte son attirance pour Jude mais rien ne sera évident pour eux et le destin pourrait bien leur jouer de mauvais tours...

EXTRAIT

C’est enfin à moi, je m’apprête à prendre une pile de documents lorsqu’une main se tend devant moi, avec ce qu’il me faut à l’intérieur.
J’attrape la pile et mes doigts effleurent ceux de la personne qui la tient.
Je relève la tête, une sorte de frisson m’a traversé le corps au moment où nos mains se sont touchées. Je plonge mes yeux dans les siens et je n’y crois pas. C’est impossible !
Pourtant, la personne qui me fait face ressemble étrangement à l’Apollon de mon rêve. C’est très perturbant. Leurs traits sont quasiment similaires. Cheveux longs, bruns, des yeux verts avec une pointe de doré aux abords de l’iris et une bouche charnue.
Je fronce les sourcils et secoue la tête sans répondre à son sourire narquois. J’essaie de m’éloigner le plus possible, ne contrôlant pas cette attraction soudaine pour ce mec. Je bous de rage, je ne comprends pas du tout ce qu’il m’arrive. Une nausée me prend subitement et je cours en direction des toilettes les plus proches. Je regarde à plusieurs reprises le plan que j’ai entre les mains pour ne pas me perdre. Enfin, ils sont là ! J’ouvre la porte brutalement, la faisant claquer contre le mur.

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REVEAL

 

Octavie Demanne

Romance

Éditions « Arts En Mots »

Illustration graphique : © Val

 

 

 

PROLOGUE

Mes pieds martèlent le sol dans une course effrénée. J’ai besoin de respirer. Je cours à en perdre haleine, mes poumons me brûlent. Le sel de mes larmes irrite ma peau rougie par le froid de novembre. Il a quitté ma vie aussi vite qu’il y est entré.

Calvin est celui qui a bouleversé mon quotidien. Mes principes et mes valeurs ont été chamboulés par cet homme.

Je vais vous raconter mon histoire, notre histoire. Vous penserez peut-être qu’à 21 ans on ne sait rien de l’amour et de tout ce que ça occasionne, et bien figurez-vous que je n’ai aimé personne comme je l’ai aimé lui. Que sa bouche contre la mienne, son torse contre le mien, le grain de sa peau sous mes doigts, son odeur…tout ce qui était lui me manque éperdument et que je ne pourrais jamais le goûter à nouveau. Tout ça à cause de moi, de mon paternel et de cette société dans laquelle nous vivons qui a fait de moi ce que j’étais avant de le connaître LUI.

Je cours, je cours, je cours encore, je ne veux plus m’arrêter, je veux en crever. Je désire le rejoindre pour que nous soyons réunis à tout jamais.

CHAPITRE 1

— Jude ?

— Hmmm

— Dépêche-toi…tu vas être en retard pour ton premier jour.

— Ouai…j’m’en fous.

— Pffff…Allez ! Lève-toi avant que ce ne soit ton père qui vienne te sortir du lit.

— Fais chier !

— Surveille ton langage jeune homme !

Je me lève devant l’insistance de ma mère et quitte à choisir, je préfère que ce soit elle plutôt que mon daron qui vienne me cueillir au saut du lit.

Je passe la main dans mes cheveux désordonnés, après ma nuit bien agitée.

J’ai encore rêvé que subitement je changeais de bord, préférant la virilité masculine aux douces courbes féminines. N’importe quoi !

***

Je m’appelle Jude, j’ai 20 ans et je rentre à l’université de Springfield. Malgré le fait que j’ai manqué deux rentrées avant de commencer le lycée, j’ai eu l’immense chance de décrocher une bourse grâce aux différents matchs de football américain que j’ai remportés. J’étais le capitaine de l’équipe et tous mes coéquipiers comptaient sur moi pour être les meilleurs. Je n’ai aucun souvenir de pourquoi je n’ai pas pu aller à l’école durant ces deux années et aucun de mes parents ne daignent me l’expliquer. Je sais juste que j’ai été hospitalisé, apparemment pour quelque chose de très grave, mais je ne me souviens de rien. Juste que j’ai passé une année à la maison car je ne tenais pas éveillé très longtemps…rien d’autre.

Ma petite amie Noa, m’accompagne, elle aussi. C’était la cheerleader de notre équipe et ça fait à peu près 5 ans que nous sommes ensemble. Je sais qu’après l’université, elle s’attendra à ce que je la demande en mariage et que nous aurons deux ou trois enfants. Enfin, ça c’est son rêve, pas le mien. Mais on a tout le temps d’en rediscuter et de voir venir. Je la connais depuis toujours, j’ai grandi avec elle. Nos pères étant les meilleurs amis du monde, je me souviens l’avoir toujours connue.

Je file sous la douche avant de me faire rappeler à l’ordre par l’adjudant en chef, Madame Connor Linette, ma mère. C’est la plus douce des femmes que je connaisse, elle est belle et souriante, mais quand elle demande quelque chose, il ne vaut mieux pas la faire répéter.

Mon père est un ancien quarterback, il exerce la profession de coach sportif maintenant. Il est le mâle dans toute sa splendeur. Un homme, pour lui, ne pleure pas, ne chante pas, ne danse pas, doit faire du sport et se montrer viril en toute situation. Je tiens de lui mon côté macho.

Je regarde mon reflet dans le miroir de la salle de bain, je suis plutôt beau mec, musclé, les abdos saillants, une mâchoire carrée, un nez droit et une bouche pulpeuse. Cette bouche qui donne beaucoup de plaisir à Noa. J’émets un rictus à cette pensée. Il faut que je me dépêche de la rejoindre pour l’emmener à l’université. Nous avons la chance de vivre dans les quartiers huppés de Springfield, à quelques kilomètres en voiture de l’école. Pas besoin pour elle et moi de se coltiner une chambre sur le campus.

Parfois, je me demande si je n’aurais pas préféré être plus éloigné, pour vivre dans une fraternité, mais à mon avis mes notes auraient été en chute libre et la tentation beaucoup trop forte pour rester fidèle à Noa.

Je descends les escaliers, et rejoins ma mère et mon père dans la cuisine pour déjeuner. Notre villa, comme mon père aime la nommer, est décorée dans des tons clairs et épurés, du blanc, du gris et du taupe. Le tout avec des meubles en bois clair pour le salon et la salle à manger. Un canapé moelleux prend plus de la moitié du salon, ridicule quand l’on sait que nous ne sommes jamais assis en même temps dedans et que nous ne sommes que trois. Encore le côté excentrique de mon père et qui n’est pas pour déplaire à ma mère.

Je m’assois en disant bonjour à mon paternel.

— Bonjour, Jude, tu as encore fait répéter ta mère ce matin, il faudrait peut-être que tu apprennes à te réveiller seul maintenant.

Et voilà, les hostilités commencent. Je ne sais pas ce que je lui ai fait, mais nous sommes toujours en conflit lui et moi, c’est pénible. Je fais tout ce qu’il a voulu que je fasse, du sport, obtenir une bourse, entrer à l’université, sortir avec la fille de son meilleur ami…mais non, il a toujours quelque chose à dire. Il me fatigue.

Je préfère quitter la maison plutôt que de continuer à l’écouter faire ses réflexions à la con.

Je sors de table et fais une bise à ma mère au passage.

J’attrape ma veste en cuir, enfile mes boots et sors ma voiture de l’allée.

Je file, direction la maison de Noa.

Lorsque j’arrive, je la préviens de ma présence en klaxonnant deux fois.

Elle sort enfin, après cinq longues minutes.

Le spectacle qu’elle m’offre est resplendissant. Petite jupe blanche en jean, chaussettes hautes qui lui arrivent en dessous du genou, chemisier cintré ouvert sur son décolleté laissant apparaître la naissance de sa magnifique poitrine. Ses longs cheveux blonds lui descendent en cascade jusque dans le creux de ses reins. Tout homme normalement constitué ne peut rester insensible à ses charmes et pourtant depuis quelques semaines c’est le calme plat sous ma ceinture, je ne comprends pas. Je pense que c’est dû à ce cauchemar qui me hante depuis plusieurs nuits.

C’est toujours le même.

Un homme d’une vingtaine d’années, avec de longs cheveux bruns, des yeux émeraude, une bouche rouge et pulpeuse. Il s’avance vers moi, tel un félin. Je le jauge du regard et mon rythme cardiaque s’accélère. Je ne contrôle aucune sensation de mon corps lorsqu’il approche, je ne peux plus réfléchir. Je suis subjugué par ses longues jambes musclées qui le portent jusqu’à moi. Son t-shirt moulant laisse apparaitre les muscles de son ventre, il est dessiné comme un dieu grec. Je n’ai rien à lui envier de ce côté-là, mais putain il est canon ! Plus il approche et plus son odeur me chatouille les narines. C’est frais, citronné, addictif. Il est enfin là, sa main me caresse et j’y blottis ma joue. Des larmes coulent de mes yeux et il les recueille de la pulpe de son pouce. Sa tête s’abaisse à mon niveau et sa bouche s’approche de la mienne. Mon ventre se contracte à la simple ébauche de son baiser. Puis il me dévore littéralement, ne me laissant pas de marbre. Mon érection est si forte qu’elle me fait souffrir. Ses mains passent sous mon t-shirt et viennent caresser mes flancs, remontant en direction de ma poitrine. Il pince l’un de mes tétons entre ses doigts habiles, ce qui me provoque une décharge électrique des plus sensuelles dans mon entre jambe. Je ne peux pas bouger, ma tête me crie que c’est abject, que je ne suis qu’une ignominie, mais mon corps, lui, le réclame avidement. Notre baiser se fait encore plus intense, plus approfondi. Sa langue qui caresse la mienne, mélangeant nos goûts respectifs, me fait perdre la tête. Soudain, je peux enfin bouger, mes mains se précipitent sur l’objet de mes désirs. Je caresse le renflement de son pantalon, il est dur, épais. Je perçois la chaleur qui se dégage de son membre durci à travers ses vêtements. Ses mains prennent le même chemin que les miennes et le gémissement qu’il émet dans ma bouche, à la sensation de ma bite tendue entre ses paumes, me sort de ma torpeur. Il m’en faut plus, je veux le goûter et me perdre en lui.

C’est à ce moment précis que je me réveille à chaque fois, l’intensité de ce rêve est de plus en plus forte. Je ne comprends pas, je ne suis pas du tout attiré par les hommes, je ne l’ai jamais été.

Noa me sort de mes pensées.

— Hey ! Salut beau brun. Tu vas bien ? Tu es blanc comme un linge, c’est moi qui te fais cet effet-là ?

Son regard glisse alors entre mes jambes et elle s’exclame :

— Oh ! Mon amour. Il fallait le dire que c’était de ça que tu avais envie. Il ne faut plus que tu te gênes avec moi. Je suis là pour satisfaire tes moindres désirs.

Sa main se glisse dans mon pantalon et caresse mon érection. Merde ! Je bande. Je ne m’en étais même pas rendu compte. Quand je vous dis que ce rêve me perturbe au plus haut point !

Je dégage un peu brutalement sa main et Noa se recule avec une moue de surprise plaquée sur le visage.

— Ok ! Sympa l’accueil ! Que se passe-t-il ? Tu es différent depuis un certain temps. Je ne te plais plus ? Tu veux rompre ?

Je me retourne vivement dans sa direction et lui réponds.

— Mais non ! Ne dis pas n’importe quoi ! Je t’aime et tu le sais. Je suis désolé, je ne sais pas ce que j’ai, mais je vais me reprendre, je te le promets. Que dirais-tu de venir dormir chez moi ce soir ? Mes parents vont à un gala de bienfaisance. Nous ne serons que tous les deux ?

Je vois que mes propos font mouche. Noa retrouve son magnifique sourire et acquiesce de la tête.

— Il faudra juste que tu me déposes chez moi avant, que je puisse prendre quelques affaires.

— Pas de problème.

Je me gare sur le parking réservé aux étudiants. C’est main dans la main que nous faisons notre entrée dans l’enceinte de l’université. Elle est immense, c’est prestigieux.

Je retrouve le sourire.

Noa m’abandonne pour rejoindre sa meilleure amie qui est dans le même cursus qu’elle et toutes les deux se dirigent vers l’accueil des étudiants en sciences et mathématiques.

Moi, je prends la direction du bâtiment des Lettres. Après le sport, la littérature est ma matière préférée. Je compte un jour devenir un excellent professeur de philosophie ou de Lettres.

J’attends devant le stand, où un plan du campus et les différents documents à remplir ainsi que mon planning de la semaine m’attendent. Mes potes de lycée sont tous dans des universités différentes, nous ne nous verrons que pendant les vacances ou dans le quartier.

C’est enfin à moi, je m’apprête à prendre une pile de documents lorsqu’une main se tend devant moi, avec ce qu’il me faut à l’intérieur.

J’attrape la pile et mes doigts effleurent ceux de la personne qui la tient.

Je relève la tête, une sorte de frisson m’a traversé le corps au moment où nos mains se sont touchées. Je plonge mes yeux dans les siens et je n’y crois pas. C’est impossible !

Pourtant, la personne qui me fait face ressemble étrangement à l’Appolon de mon rêve. C’est très perturbant. Leurs traits sont quasiment similaires. Cheveux longs, bruns, des yeux verts avec une pointe de doré aux abords de l’iris et une bouche charnue.

Je fronce les sourcils et secoue la tête sans répondre à son sourire narquois. J’essaie de m’éloigner le plus possible, ne contrôlant pas cette attraction soudaine pour ce mec. Je bous de rage, je ne comprends pas du tout ce qu’il m’arrive. Une nausée me prend subitement et je cours en direction des toilettes les plus proches. Je regarde à plusieurs reprises le plan que j’ai entre les mains pour ne pas me perdre. Enfin, ils sont là ! J’ouvre la porte brutalement, la faisant claquer contre le mur.

Je me précipite devant une cuvette et rends tout le contenu de mon petit déjeuner. Bordel ! Je me donne envie de gerber. Il va falloir que je consulte si ça continue. Je suis tellement en colère de ressentir ce que j’éprouve que mon poing s’abat fermement sur le mur en face de moi.

Inspire, expire…inspire, expire…

Je me passe de l’eau sur le visage pour me rafraichir un peu et je rince ma bouche.

Je me regarde et le reflet que je vois me fait peur. QUI ES-TU ? BORDEL DE MERDE !

Je ne suis pas gay, alors pourquoi ce mec me chamboule-t-il ? Pourquoi je rêve d’un homme qui lui ressemble tant ? Il faut que je comprenne ce qu’il m’arrive et vite si je ne veux pas devenir cinglé.

CHAPITRE 2

Je sors des toilettes, toujours perturbé par ce qu’il vient de se passer. Je suis obligé de passer devant lui et nos regards se croisent une nouvelle fois. Le sourire qu’il m’offre me désarme et je fronce les sourcils en me précipitant en direction de ma salle de cours. Je compte bien faire en sorte de ne jamais le recroiser mais malgré l’immensité de l’université, je pense que ça va être compliqué.

L’heure de cours se termine et je rejoins Noa dans le jardin du campus. Elle est sublime. Je vois les regards insistants des mecs qui l’entourent. Je me surprends à ne ressentir aucune jalousie. Ça aussi c’est nouveau, en général ce qui est à moi, est à moi, c’est chasse gardée.

Lorsqu’elle me voit, son sourire illumine son visage et efface tous les doutes qui m’assaillent. Elle est tellement belle. J’ai hâte d’être à ce soir pour l’entendre gémir et la sentir frémir sous mon contact.

— Salut ma belle. Tout se passe bien pour toi ?

— Oui et toi ? Tu me parais pâle.

— Oui, ça va…je ne me suis pas senti très bien tout à l’heure, sûrement le stress de la rentrée mais je vais mieux.

Elle me caresse la joue et je m’avance vers elle pour l’embrasser.

Sa bouche entre en contact avec la mienne et sa langue s’immisce doucement pour caresser tendrement la mienne. Je ne ressens rien, aucune sensation, le vide.

Je me recule de peur qu’elle ressente ce néant au fond de moi. Je lui souris mais elle n’est pas bête, elle sent bien que quelque chose cloche.

— On se rejoint tout à l’heure ? Tu es toujours d’accord pour ce soir ?

— Oui, bien sûr, j’ai hâte d’y être.

Je ne suis pas convaincant et c’est lentement que je rejoins le quartier Est de l’université où se déroule le restant de mes cours pour la journée. En traversant le jardin, je sens un regard braqué sur moi, je pense d’abord que c’est celui de Noa mais lorsque je me retourne, je suis étonné de voir ce mec me fixer comme s’il allait me dévorer dans la minute. Je l’observe également et manque de percuter quelqu’un. Je me rattrape à la personne en m’excusant et me précipite dans l’enceinte du bâtiment. Mes joues sont empourprées, je le sens à la chaleur qui se dégage de mon visage.

Je tourne en rond, je ne trouve pas ma salle. Le nez plongé dans mon plan, je ne fais pas attention à ce qui m’entoure.

Je suis arrêté brutalement par un corps massif. Je viens de percuter quelqu’un, fais chier ça fait deux fois en quelques minutes.

Je relève la tête, prêt à m’excuser, honteux. Mais la personne qui me fait face, n’est autre que celui qui me hante. Celui que je cherche à fuir.

Il me dévisage et sa main se tend vers moi.

— Salut, je n’ai pas eu le temps de me présenter tout à l’heure. Je m’appelle Calvin. Je suis étudiant en dernière année de Lettres. Tu cherches quelque chose ?

Je ne sais pas quoi répondre. Mutique, je le regarde fixement. Il fait comme si de rien n’était, comme s’il n’avait pas senti mon trouble de tout à l’heure.

— Tu vas bien ? On dirait que tu as vu un fantôme ? Je ne vais pas te manger… en tout cas pas tout de suite.

Il éclate de rire, sa voix est grave et suave. Son vibrato naturel provoque en moi tout ce qui est tapi depuis trop longtemps. Mon cœur bat la chamade, un rythme endiablé, on dirait qu’il va sortir de ma cage thoracique. Il faut que je me reprenne et vite si je ne veux pas passer pour le marginal de service.

— Euh…oui, je cherche la salle A.

— Ça tombe bien, je m’y rends aussi.

Il me fait signe de le suivre, ce que je fais.

En cours de route, il s’arrête à hauteur d’un petit groupe de mecs.

— Attends-moi là !

Je ne bouge pas, j’en suis incapable. Je n’arrive toujours pas à savoir ce qu’il se passe en moi mais peut-être que si je le côtoie, je comprendrais.