Verlag: Fawkes Editions Kategorie: Krimi Sprache: Französisch Ausgabejahr: 2018

Erhalten Sie Zugriff auf dieses
und über 100.000 weitere Bücher
ab EUR 3,99 pro Monat.

Jetzt testen
7 Tage kostenlos

Sie können das E-Book in Legimi-App für folgende Geräte lesen:

Tablet  
Smartphone  
Lesen Sie in der Cloud®
mit Legimi-Apps.
Warum lohnt es sich?
Hören Sie in der Cloud®
mit Legimi-Apps.
Warum lohnt es sich?
Seitenzahl: 95

Das E-Book kann im Abonnement „Legimi ohne Limit+“ in der Legimi-App angehört werden für:

Android
iOS
Hören Sie in der Cloud®
mit Legimi-Apps.
Warum lohnt es sich?

Das E-Book lesen Sie auf:

E-Reader EPUB für EUR 1,- kaufen
Tablet EPUB
Smartphone EPUB
Computer EPUB
Lesen Sie in der Cloud®
mit Legimi-Apps.
Warum lohnt es sich?
Hören Sie in der Cloud®
mit Legimi-Apps.
Warum lohnt es sich?

Leseprobe in angepasster Form herunterladen für:

Sicherung: Wasserzeichen

E-Book-Beschreibung Secrets de famille - Pascal Ladhalle

Norma Taylor, jeune femme à peine débarquée au FBI, reçoit un appel lui annonçant le décès de sa grand-mère. Sans réfléchir un instant, complètement bouleversée, elle prend la route pour Cincinnati, où elle avait grandi, élevée par la vieille dame tant aimée. De retour à Chicago son chef l'attend de pied ferme et il exige de l'agent et de son coéquipier Foster qu'ils reprennent l'enquête sur le mystérieux tueur en série Sex-Key.  Sans aucun indice, Norma et Foster réussiront à retrouver les traces du terrible assassin qui les conduiront tout droit chez Norma...      

Meinungen über das E-Book Secrets de famille - Pascal Ladhalle

E-Book-Leseprobe Secrets de famille - Pascal Ladhalle

© Fawkes Editions, 2018

info@fawkes-editions.com

www.fawkes-editions.com

978-2-930899-37-4

Secrets de famille

Pascal Ladhalle

Chapitre 1

J’ai quitté la route 90 pour enfiler la 65 et la pluie a fait son apparition. J’ai actionné les essuie-glaces et leur balayage incessant m’a replongé dans mon enfance. À cette époque, je devais avoir à peine plus de trois ans et mon oncle Gary était venu me chercher à l’école avec son pick-up délabré. C’était la veille de sa disparition. Gary, le petit frère de ma mère, n’avait pas de travail officiel. Il bricolait des voitures à gauche, à droite, et vivait de cette marginalité. Quand il est venu me chercher à l’école ce jour-là, je suis montée à bord de son pick-up pour rentrer. C’était un peu stupide, on serait arrivé bien plus vite à pied en traversant par le parc. J’ai cru qu’il allait me dire quelque chose, mais ma grand-mère est apparue au loin et elle m’a ordonné de descendre pour la rejoindre, alors je suis descendue de la voiture et c’est elle qui m’a ramenée chez nous. J’ai entendu les pneus du pick-up crisser et c’est la dernière fois que j’ai vu oncle Gary. Un mois plus tard, on apprenait que le tueur de l’Ohio venait de faire une deuxième victime : la fille des Garison, les voisins de deux maisons plus loin. C’est à ce moment que la police a commencé à parler de tueur en série. Au début, les enquêteurs ne voulaient pas faire de rapprochement entre ces deux jeunes femmes, mais la signature du tueur était identique sur chacun des corps. Ma grand-mère était paniquée. L’idée qu’une adolescente se fasse violer et tuer si près de chez nous la rendait encore plus angoissée. Car à bien y réfléchir maintenant, j’ai toujours connu ma grand-mère avec un visage fermé, comme si elle portait une lourde charge morale en permanence. Elle n’adressait la parole à personne et fermait la porte à double tour dès que nous rentrions nous terrer dans sa maison.

Durant mon adolescence j’ai demandé à ma grand-mère ce qu’était devenu oncle Gary, alors qu’elle me tenait la main pour traverser la rue :

— Il est où oncle Gary ?

— Il est mort.

— Mais il devait m’emmener au parc !

Ce qu’il y avait de bien — ou de mal, c’est selon, — c’est qu’avec ma grand-mère maternelle, il n’y avait pas de détour pour dire les choses. Elle me parlait comme à une adulte et elle s’occupait très bien de moi. Il faut dire que ma mère n’a pas eu le temps de me voir grandir. À tout juste vingt-deux ans, elle a été internée après mon deuxième anniversaire dans un centre de santé mentale, à Mason, dans un service psychiatrique situé à 24 milles de chez nous. D’après Donna, elle n’était plus en mesure de s’occuper de moi. Les rares fois où je la voyais, c’était uniquement dans son lit d’hôpital. Ma grand-mère et moi passions la journée là-bas. Nous partions tôt le matin pour prendre le bus 78 après un quart d’heure de marche et une heure de route plus tard sur un siège inconfortable, nous arrivions à l’hôpital.

Dès notre arrivée, il y avait cet éternel rituel. Tandis que moi j’allais jouer dans le jardin, ma grand-mère faisait la toilette de ma mère ou lui donnait à manger. Parfois, j’entrais dans la chambre pour boire ou aller aux toilettes, Donna peignait sa fille. Ma mère, éternelle muette, avait une chevelure identique à celle de Marilyn Monroe, son idole. C’est d’ailleurs pour cette raison que je porte ces deux prénoms. Depuis que je la connais, son comportement n’a pas changé d’un pouce. Ses yeux sont vides, aucune expression n’apparait sur son visage et aucun mot de sort de sa bouche. Durant plusieurs années, j’étais même convaincu que toutes les mamans vivaient ainsi. Mais je l’ai toujours trouvé très belle. Je l’aimais à ma façon.

Ma mère venait d’être internée et oncle Gary se disputait fréquemment avec ma grand-mère Donna. Parfois, il rentrait tard le soir, les mains maculées de cambouis.

J’ai soufflé les trois bougies sur mon gâteau d’anniversaire, c’est ce jour-là que j’ai entendu parler de Sex-Key pour la première fois. La télé était allumée. Le genre d’information que ne devrait pas entendre une petite fille innocente comme moi. C.N.N montrait des images floutées d’une jeune femme blonde, allongée dans un talus et à moitié dévêtue. Ma grand-mère était captivée par ce reportage :

Une forêt de micro se dressait devant un enquêteur du FBI : l’agent William Terry, un spécialiste des meurtres en série qui avait collaboré à l’enquête de jeunes femmes retrouvées dénudées, dont les drames avaient fait le tour du Maryland.

— Agent Terry, Cassandra Wilson pour C.N.N. est-ce qu’on peut d’ores et déjà parler de tueur en série ?

— Cette dernière victime n’est pas un cas isolé.

— Quelles sont les similitudes entre les deux victimes ? demanda un autre journaliste.

— Il s’agit de deux jeunes femmes, toutes les deux blondes et âgées de moins de trente ans.

— Connait-on leur identité ?

— Oui, il s’agit de Stacy Pendleton et d’April Garison.

— Les victimes ont-elles été violées ?

— C’est même l’objectif de ce tueur, semble-t-il.

— Est-ce que les victimes connaissaient leur meurtrier ? Il y a-t-il un lien entre les victimes ?

— Il est trop tôt pour se prononcer sur ce point précis.

— Nous avons donc affaire à un malade, un impuissant vous pensez ?

— Impuissant, je ne pense pas. Malade, très certainement. Malade, mais pas fou. Il semble conscient de ses gestes et il prend d’énormes précautions pour agir.

— Vous dites ça avec certitude, car d’après une source proche de l’enquête il semblerait que la police n’a pas retrouvé d’empreinte ou d’ADN sur les lieux du crime, vous confirmez ?

— Oui, je confirme. Malade, mais pas fou, comme je vous l’ai dit ! À ce stade de violence pour tuer de cette façon, il faut vraiment avoir un trouble psychologique aigu. Mais il n’est pas assez fou pour se faire prendre, il est méthodique. C’est ce qui me fait penser que nous avons affaire à un Serial Killer.

Ma grand-mère avait les yeux écarquillés. L’agent Terry, les journalistes, C.N.N., tous parlaient de cette jeune femme comme d’une vulgaire victime, mais dont ma grand-mère connaissait le véritable nom. Notre voisine, April Garison. Cette proximité la rendait encore plus sur la défensive. Totalement magnétisée par les propos tenus par cet inspecteur, c’est seulement lorsque le présentateur a repris l’antenne, qu’elle est revenue à la réalité !

— Tu as peur Grand-mère ? ai-je demandé.

— Oui, il faut avoir peur des hommes, dit-elle en clignant des yeux, ils sont méchants.

— Le monsieur méchant, il a fait du mal aux dames ?

— Oui, c’est lui qui a tué ton oncle Gary.

Chapitre 2

La pluie battait sur mon pare-brise et la nuit n’allait pas tarder à faire son apparition. J’ai allumé les phares et j’ai poursuivi ma route tout en me remémorant mon enfance.

L’année suivante, l’actualité fut monopolisée par ce terrible tremblement de terre qui s’était produit à Northridge, près de Los Angeles. Dans l’État de l’Ohio, la population était une nouvelle fois confrontée à terrible crime. Un nouveau meurtre venait d’être commis. Une jeune femme blonde venait d’être retrouvée sans vie violée à Lakewood Park, près de Cleveland. Le corps sans vie de la pauvre femme gisait dans le froid de janvier, dans une allée du parc. La police locale avait fait appel à l’agent William Terry, car la signature du tueur était identique à celle des deux jeunes femmes découvertes mortes, l’année précédente.

La Ford Crown Victoria de Terry s’arrêta sur les berges du lac. La scène de crime était délimitée par un ruban jaune Do Not Cross. L’agent Terry montra son badge à un flic en uniforme dont la mission principale était de ne laisser personne s’approcher du corps. Après quelques pas, il salua d’autres policiers et s’accroupit près de la défunte. À l’aide de son stylo, il souleva les lambeaux de vêtements de la pauvre femme pour observer les sévices qu’elle avait dû endurer : des rougeurs entre les cuisses, une culotte encore présente, mais dont la fonction, ne tenait qu’à un filament de tissu, des marques de strangulations sur le cou, des hématomes sur le visage.

— On vous a appelé, car on s’est dit que ça pourrait avoir un lien avec votre affaire de Cincinnati, précisa l’officier. On n’a pas touché le corps.

— Vous avez bien fait.

— Pauvre femme, elle avait à peine vingt-six ans, dit-il en secouant la tête. J’ai mis son sac à main de côté.

— Vous avez pris des photos du corps ? demanda William Terry en se tournant vers le flic.

— Oui, oui. Tout a été respecté.

— Une de plus à son palmarès... dit-il en fronçant les sourcils et en expirant légèrement.

— Alors, c’est lui ? Le même qu’à Cincinnati ?

— Pas de doute.

De toute évidence, William Terry prenait à cœur cette enquête. Il était totalement investi dans ce dossier. Il observait encore la victime, l’esprit ailleurs, quand il entendit :

— J’ai réuni la presse. Les journalistes vous attendent près du kiosque, intervint le policier en uniforme. Vous voulez leur parler ?

— Faut bien que quelqu’un s’en charge. Ces gratte-papiers n’attendent qu’une chose : la confirmation qu’il s’agit du même tueur.

Terry se dirigea vers le kiosque à musique.

— Le voilà ! s’écria un journaliste du Bucyrus Telegraph en se précipitant vers lui.

— Agent Terry, s’enquit un autre, la police locale n’a rien voulu nous dire. Est-ce que votre présence ici confirme une similitude avec les meurtres de Cincinnati ?

— C’est au médecin légiste de le dire, mais dans l’immédiat, c’est une éventualité à ne pas écarter.

— Est-ce que la victime a été violée ?

— Tout porte à le croire.

— Quelles sont les motivations du tueur, selon vous ?

— Ça me parait évident. Il satisfait une pulsion sexuelle, puis il se... (il prit une inspiration) débarrasse de l’enveloppe corporelle.

— Agent Terry, demanda une autre journaliste, vous qui avez enquêté sur des tueurs en série tout au long de votre carrière, pouvez-vous nous décrire le profil psychologique d’un violeur en série ?

— C’est très simple. Pour lui, chaque femme est une victime potentielle, dès l’instant que son instinct est satisfait par les critères que lui impose son idéal

Son idéal ? Que voulez-vous dire ?

— Et bien, un violeur en série choisit sa victime en fonction de critères prédéfinis. Un détail qui alimente sa libido. Il ne voit en elle, qu’un objet lui permettant d’assouvir son désir sexuel.

— Ce sauvage ne respecte rien s’écœura la journaliste. Le corps d’une femme doit être considéré comme un palais qu’elle offre uniquement à l’homme qu’elle aime.

On n’y entre pas sans son consentement.

— Malheureusement madame, reprit William Terry, tous les hommes possèdent la clé de ce palais. Mais ils leur arrivent malgré tout d’y entrer avec effraction !

Sur ces derniers mots, William Terry tourna les talons et la horde de journalistes le regarda regagner sa voiture, sans autres commentaires. La métaphore qu’avait employée l’agent Terry allait servir d’apophtegme dans les prochaines colonnes des journaux locaux.