Sur l'ouvrage intitulé Ampélographie, ou Traité des cépages les plus estimés - Eugène Chevreul - E-Book

Sur l'ouvrage intitulé Ampélographie, ou Traité des cépages les plus estimés E-Book

Eugène Chevreul

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"Sur l'ouvrage intitulé Ampélographie, ou Traité des cépages les plus estimés", de Eugène Chevreul. Publié par Good Press. Good Press publie un large éventail d'ouvrages, où sont inclus tous les genres littéraires. Les choix éditoriaux des éditions Good Press ne se limitent pas aux grands classiques, à la fiction et à la non-fiction littéraire. Ils englobent également les trésors, oubliés ou à découvrir, de la littérature mondiale. Nous publions les livres qu'il faut avoir lu. Chaque ouvrage publié par Good Press a été édité et mis en forme avec soin, afin d'optimiser le confort de lecture, sur liseuse ou tablette. Notre mission est d'élaborer des e-books faciles à utiliser, accessibles au plus grand nombre, dans un format numérique de qualité supérieure.

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Eugène Chevreul

Sur l'ouvrage intitulé Ampélographie, ou Traité des cépages les plus estimés

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335717

Table des matières

PREMIÈRE PARTIE.
DEUXIÈME PARTIE.
§ 1 er .
§ 2.
TROISIÈME PARTIE.
§ 1 er .
§ 2.
§ 3.
§ 4.
§ 5.
§ 6.
RÉSUME.
ERRATUM.

PREMIÈRE PARTIE.

Table des matières

MESSIEURS,

Vous nous avez chargé de vous rendre compte de l’Ampélographie, ou traité des cepages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renom, par le comte Odart. Nous avons accepté cette commission avec d’autant plus d’empressement qu’elle était conforme au désir exprimé par l’auteur, qui, dans une lettre aussi spirituelle que bien pensée, nous dit: «Quoique j’aie peut-être quelques torts envers les chimistes «dont j’ai combattu les opinions avec un peu de vivacité , «en ma qualité de défenseur de nos pratiques, je n’en suis «pas moins un juste appréciateur de leur mérite, etc.» Autant qu’il nous en souvienne, n’ayant jamais attaqué les pratiques défendues par l’auteur, nous pouvons, sans prétendre au rôle de critique généreux, dire notre pensée tout entière sur un livre qui renferme les nombreuses observations que la culture des variétés de Vignes réputées les meilleures lui a présentées. A l’appui de l’exactitude de nos souvenirs, nous demanderons à nos honorables collègues, pour le cas où ce rapport serait lu hors de cette enceinte, de vouloir bien témoigner de l’estime que nous avons constamment professée pour les praticiens, qui, après avoir assujetti leur culture à des procédés dirigés par un jugement droit, savent résumer les résultats de leurs travaux dans un langage exact, clair et précis. Depuis quatorze ans que nous avons l’honneur d’appartenir à la Société, nous avons pu, par l’instruction que nous avons puisée dans les débats auxquels ont pris part ceux de nos collègues qui siégent ici au titre de praticiens, apprécier tout leur mérite, comme aussi, par leur disposition à se pénétrer des principes des sciences physicochimiques, nous avons eu fréquemment l’occasion de nous convaincre du prix qu’ils attachent à toute science positive capable d’éclairer la pratique. Convaincu que ces paroles ne seront pas démenties par ceux qui les entendent, nous profiterons de l’occasion que nous offre l’examen du livre du comte Odart pour nous livrer à des considérations dont la liaison a la plus grande intimité avec la culture, envisagée au point de vue le plus général.

Parmi les plantes que l’homme a soustraites à la nature sauvage afin de les approprier à ses besoins, il en est peu d’aussi intéressantes à étudier que la Vigne, soit qu’on ait égard au nombre de ses variétés créées par la culture, ou qu’on veuille en apprécier l’importance pour les nations civilisées et pour la France en particulier, dont l’agriculture, l’industrie et le commerce ont trouvé en elle un élément principal de prospérité ; il n’est donc point étonnant qu’elle ait fixé l’attention des anciens aussi bien que celle des modernes. Pline a fait mention d’un certain nombre de ses variétés, et, depuis le XIIIe siècle, elle a été, en Italie, l’objet de plusieurs traités composés par Petrus Crescentius, Cupani, Gallesio, Milani; l’Allemagne lui a consacré de nombreux ouvrages, parmi lesquels il en est de fort étendus; l’Espagne peut offrir au critique le Traité des Vignes de l’Andalousie, par D. Simon Roxas Clemente, et la France compte, depuis Olivier de Serres jusqu’à nos jours, une suite de traités ou d’écrits plus ou moins remarquables sur la Vigne et ses variétés: nous citerons ceux de Garidel, de l’abbé Rozier, de Dussieux, de Chaptal, de Cavoleau, de Bosc, de Julien surtout; l’ouvrage intitulé, Le Nouveau Duhamel; enfin deux traités publiés par le comte Odart, l’un sous le titre d’Exposé des divers modes de culture de la Vigne et de vinification, et l’autre sous celui d’Ampélographie ou traité des cepages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renom.

En examinant ce dernier ouvrage, nous avons eu l’intention de témoigner de l’estime que nous portons à un homme dont la vie a été, en grande partie, consacrée à l’étude spéciale des variétés d’une plante éminemment utile au pays, en même temps que nous avons voulu profiter de l’occasion de cet examen pour traiter la question de savoir s’il est vrai, comme plusieurs savants l’ont avancé, que les variétés des arbres fruitiers et généralement des plantes cultivées dégénèrent avec le temps: c’est donc sous ce double point de vue que nous allons envisager le dernier ouvrage du comte Odart.

Nous exposerons d’abord les matières qui le composent, afin de donner au lecteur une juste idée de leur mise en œuvre; puis nous prêterons à la question dont nous venons de parler l’attention qu’elle mérite et les développements qu’elle comporte comme un des sujets les plus importants de la culture des plantes utiles aussi bien que de la physiologie et de l’histoire naturelle.

Le Traité des cepages est précédé d’une introduction dans laquelle l’auteur aborde, sous forme de généralités, plusieurs questions dont les rapports avec l’objet du livre sont incontestables.

Après avoir passé en revue les principaux écrits relatifs à l’ampélographie, il insiste sur l’importance du choix des cepages à cultiver dans un lieu donné, pour peu qu’on veuille en obtenir des produits de la meilleure qualité possible. Il est tel pays dont les vins ont perdu leur antique renommée, parce qu’aux anciens cepages dont ils tiraient leur origine on en a substitué de nouveaux: par exemple, les vins de Saint-Pourçain, dans le département de l’Allier, fabriqués aujourd’hui avec les raisins du plant appelé lyonnaise, n’ont plus la réputation qu’ils devaient au cepage du petit neyran, que l’on a délaissé par l’effet de la préférence accordée à la quantité du produit sur sa qualité ; d’un autre côté , il est des propriétaires éclairés qui, suivant le principe contraire, ont retiré, de la culture de plants étrangers à leurs pays, des avantages qu’ils n’auraient jamais obtenus de leurs anciens cepages. On peut citer, comme un exemple de ce cas, l’excellent vin que le docteur Baumes prépare, depuis quelques années, dans le département du Gard, avec le furmint: ce plant, originaire de l’Hegi-Allya, en Hongrie, pays de 7 à 8 lieues carrées, où l’on fait le vin connu partout sous le nom de tokay, commence à être cultivé, dans le midi de la France, avec le plus grand succès. L’importance de la nature des variétés de cepages une fois établie, l’auteur est naturellement conduit à examiner les moyens les plus convenables de se les procurer lorsqu’on veut planter un vignoble, et c’est ici qu’il traite la question de la variation des espèces. Mais, afin de prévenir toute équivoque, hâtons-nous de dire que ce dernier mot est employé par l’auteur avec le sens que les gens du monde et les horticulteurs y attachent, c’est-à-dire qu’il désigne les variétés ou races de plants dont la fixité est assez grande, sinon pour se perpétuer indéfiniment, du moins pour se maintenir pendant un certain temps, en conservant les caractères propres à les faire distinguer les uns des autres. Mais quelle est cette durée? Les groupes d’individus qui représentent maintenant chacune d’elles doivent-ils disparaître prochainement, comme le prétendent plusieurs auteurs, et, conformément à leur opinion, y a-t-il nécessité, dès aujourd’hui, de recourir à la voie des semis, afin d’en obtenir des variétés nouvelles qui, fortes de jeunesse, remplaceraient nos variétés actuelles lorsque celles-ci, parvenues à l’âge de la décrépitude, auraient atteint le terme que la nature, suivant eux, a fixé à leur existence? Telle est la question sur laquelle nous avons pris l’engagement de revenir; mais, dès à présent, nous disons que le comte Odart croit à la perpétuité des variétés par la voie des crossettes ou des boutures, et qu’il n’y a conséquemment aucune nécessité pressante de recourir à la voie des semis pour s’assurer d’une suite de bonnes variétés de Vignes destinées à remplacer celles qui, dit-on, auraient fait leur temps. Nous verrons plus lard dans quelles limites nous circonscrivons l’opinion de l’utilité des semis pour qu’elle soit, à notre avis, exacte au double point de vue de la science et de l’application.

L’auteur examine ensuite si le nombre des cepages est infini, et se prononce pour la négative d’après de bonnes raisons; puis il donne les nombres des diverses espèces (ou variétés) indiquées par différents auteurs, depuis Caron jusqu’à nos jours. Ces nombres étant intéressants à connaître, nous allons les rapporter.

Caton comptait huit variétés de Raisins, Virgile quinze, Columelle cinquante-huit au moins, Pline quatre-vingt-trois; Pierre Crescentius, au XIIIe siècle, en mentionne quarante en Italie; Cupani, à la fin du XVIIe siècle, en signala quarante-huit variétés cultivées en Sicile; Olivier de Serres en décrit quarante, et, fait remarquable, il les désigne par des noms qu’elles portent encore, pour la plupart; Garidel, au commencement du XVIIIe siècle, parle de quarante-six variétés de cepages provençaux; Chardin dit qu’aux environs de Tauris, en Perse, on cultive soixante variétés de Vignes; Basile Hall en compte jusqu’à cinquante dans l’île de Madère; un Hongrois en trouve quarante-six dans le comitat de Zemplin; Simon Clemente en a décrit cent vingt variétés dans la seule province d’Andalousie; Kerner a donné les figures coloriées de cent quarante-trois variétés; Frege en a décrit deux cent soixante-cinq; enfin Vongok et Metzger, chacun de son côté, en ont mentionné deux cents.

La question du refroidissement progressif de la terre arrête le comte Odart: s’il combat avec avantage les prédictions sinistres d’un professeur d’agriculture de Bordeaux, relatives à la disparition future de la Vigne du sol français par l’effet de ce refroidissement, il nous semble n’avoir pas interprété exactement les opinions d’un savant célèbre sur le même sujet. En lisant la notice scientifique de l’Annuaire pour 1834 du Bureau des longitudes, sur l’état thermométrique du globe terrestre, après le texte du comte Odart, il sera évident que la discussion de ce dernier se réduit réellement, en définitive, à ce qu’il n’admet pas la possibilité que les déboisements, les desséchements des marais et autres travaux de l’homme aient occasionné une diminution telle dans la chaleur des étés de la France et de l’Angleterre, qu’aujourd’hui le Raisin ne mûrit plus dans certains lieux de ces deux pays où il arrivait autrefois à sa maturité. D’un autre côté, en lisant la notice de l’Annuaire, on verra que l’opinion combattue par le comte Odart n’a point l’exagération qu’il parait lui préter; car l’effet définitif attribué par l’auteur de cette notice aux travaux de l’homme sur le climat d’un pays boisé et humide est d’adoucir la rigueur des hivers, de modérer la chaleur des étés, en élevant cependant la température moyenne de ce pays. Il y a plus, la notice est terminée par la conclusion que, de 1776 à 1826, période d’un demi-siècle dans laquelle de nombreux travaux de déboisement ont été opérés en France, la température moyenne de Paris (11°,8) n’en a cependant éprouvé aucun changement appréciable.

Le comte Odart fait une revue critique des divers systèmes de classification des cepages qui ont été proposés et suivis par ses prédécesseurs; il en fait ressortir l’insuffisance et les inconvénients avec l’assurance que lui donnent les lumières d’une pratique raisonnée de plus de trente ans; mais, en avouant son impuissance à en créer un meilleur, il renonce à toute classification scientifique proprement dite, et si, au congrès des vignerons tenu à Bordeaux, en 1843, deux botanistes réclament de son expérience un système rationnel de classification des cepages, il leur répond qu’il n’a point adopté de système, que son travail n’est pas fait pour les savants, mais pour les propriétaires de Vignes, les seuls juges compétents qu’il se reconnaît.

Certes, après une déclaration aussi formelle, un critique dont l’incompétence, aux yeux de l’auteur, doit être évidente, serait peu fondé à venir critiquer le plan d’après lequel le comte Odart a distribué les cepages relativement aux régions où ils sont respectivement cultivés; mais, si le critique est impuissant à ce point, il lui sera permis, en faveur de son envie de s’instruire et de la conviction qu’il a des services réels rendus à l’ampélographie par le comte Odart, créateur de la collection des cepages de la Dorée, d’émettre le vœu qu’un horticulteur habile et à la fois botaniste exercé, digne, par conséquent, d’apprécier la valeur de cette collection précieuse, l’étudie dans un but propre à la faire connaître aux savants, en recourant à une classification naturelle et à des descriptions brèves, mais suffisantes toutefois pour faire distinguer les diverses variétés de cepages auxquelles il importe de donner des noms particuliers. Sans doute l’horticulteur qui se livrerait à ce travail trouverait dans l’ampélographie française les renseignements les plus exacts, et, en étudiant les cepages réunis en groupe que le comte Odart appelle famille, il reconnaîtrait bientôt dans ces réunions plus d’esprit scientifique que l’auteur avoue n’en avoir mis; car tous ceux qui savent sur quelle base une méthode naturelle doit être fondée, en lisant l’ouvrage apprécieront les motifs qui ont déterminé l’auteur à choisir les caractères au moyen desquels il a distingué les diverses variétés de cepages, l’esprit qui l’a guidé dans la formation de ses groupes dits familles. Il est évident qu’en réunissant ensemble, dans un même groupe, les cepages les plus analogues, il a été fidèle au principe de la méthode naturelle; d’un autre côté, la justesse d’esprit avec laquelle il a apprécié les difficultés de son sujet, ses motifs pour ne pas subordonner les variétés d’un même groupe à un ordre d’après lequel elles auraient été distinguées en une variété type et en sous-variétés ou variétés de ce type, témoignent de la préférence que l’auteur accorde au positif sur ce qui est conjectural, et ne permettent pas de douter des services qu’il aura rendus à ses successeurs en déblayant la route qu’ils parcourront des obstacles qui ont embarrassé la sienne. Le comte Odart termine l’introduction de son Ampélographie par un exposé de ces obstacles et des difficultés de tout genre qu’il a eues à surmonter pour se procurer les nombreux cepages dont la réunion donne un si haut prix à la collection de la Dorée. Ceux qui, dans leur carrière, en ont rencontré de semblables, rendront les premiers grâces au zèle et à la persévérance de l’auteur, et, sans doute, ils l’excuseront des vivacités dont il s’accuse à propos de l’anecdote suivante:

«Une autre fois une expression inconsidérée, dit le comte Odart, et peut être même inconvenante, qui m’était échappée dans mon empressement trop vif de recevoir des plants annoncés depuis trois mois, me fit perdre les bienveillantes dispositions de notre ambassadeur à T., et le ballot que son prédécesseur, M. B., avait eu la bonté de faire composer pour moi servit à chauffer la cuisine de M. de R., son successeur, plus sensible à une expression inconsidérée qu’à la satisfaction de concourir à une entreprise honorable. Peut-être me dira-t-on: Pourquoi vous échappe-t-il une expression inconvenante? Je répondrai: Que celui qui aura autant obtenu que moi, au moyen de sa plume, dans une position aussi modeste et aussi retirée me jette la pierre...»

Certes, personne ne sera tenté de la lui jeter, surtout après avoir lu ces paroles: «Quand on songe, dit Chaptal, aux difficultés à vaincre pour réunir tant d’individus dont chacun porte un nom différent dans chaque canton, aux soins à prodiguer sans cesse, tant pour leur culture que pour leur vraie désignation, au zèle, au talent d’observation et à l’activité qu’exige une telle surveillance, on est tenté de ne regarder un tel projet que comme un beau rêve.»