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Muriel, divorcée, deux ados, style vestimentaire inexistant et vocabulaire franchement limite, est sur le point de décrocher un emploi administratif. C'est ce qu'elle croit. Lorsqu'une mystérieuse enquêtrice sexy et nymphomane la prend pour coéquipière, elle fonce tête baissée à la poursuite du plus gros escroc de la région lyonnaise. Le hic, c'est que Muriel manque cruellement de compétences dans ce domaine et ne tarde pas à se faire enlever. Humour, suspense et personnages attachants. Une intrigue qui nous mène par le bout du nez. Rebondissements et suspense sont accompagnés par les réflexions désopilantes de Muriel sur sa vie quotidienne et les comportements étranges des protagonistes.
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Seitenzahl: 152
Veröffentlichungsjahr: 2020
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Six mois plus tard
Il fait noir. Il y a comme un marteau qui tape sur ma tête. Un lendemain de cuite puissance dix au niveau du carafon. Mes chevilles me brûlent. Je ne sens plus mes mains, ou plutôt si, je les sens, elles sont glacées. Je voudrais bouger, mais d’énormes courbatures m’en empêchent. Je suis tétanisée. Frigorifiée. On dirait que de l’humidité a traversé mes vêtements. Mes fesses sont gelées, mon corps entier engourdi et aussi mou qu’un pain perdu trempé trop longtemps dans le lait sucré. Le carrelage de la cuisine est vraiment froid. Qu’est-ce que je fous par terre, dans l’obscurité ? Et cette odeur de moisi et de métal, d’où est-ce qu’elle vient ? Je ne reconnais plus ma cuisine. Mais alors plus du tout. Un frisson glacé traverse ma nuque : je ne suis pas dans ma cuisine, je ne suis pas chez moi, il faut bien que je me rende à l’évidence. Je crois distinguer des contours, des formes floues, fantomatiques. Je plisse mes yeux : en fait, rien. Le noir absolu. On doit être en pleine nuit. Ou dans une cave. Ou ailleurs. Je ne sais pas.
Essayons d’être pragmatique.
Depuis combien de temps suis-je ici ? Impossible à dire. Si je ne rentre pas à temps, les enfants vont manger n’importe quoi. Ils ont déjà décongelé une chorizo-pepperoni mercredi soir, sans compter celle que je nous avais commandée. Ça commence comme ça, et après on ne sait pas comment ça peut finir. La pizza, pas plus d’une fois par semaine. Et s’ils ont un mot à signer ? Est-ce qu’ils vont s’inquiéter ? Je flippe. Peut-être qu’ils trouvent ça cool que je ne sois pas là. Forcément, ils trouvent ça cool. Même si j’ai d’excellentes raisons de passer mon temps à leur crier dessus, c’est un fait : je passe mon temps à les engueuler. Je le sais, qu’il faudrait que je sois plus zen, plus coulante, mais c’est plus fort que moi, si je râle pas, c’est que je suis en train de dormir. Range ta chambre par-ci, Rince la douche par-là, sans compter les Lâche un peu ton portable, C’est quoi ce six en maths, C’est qui cette nouvelle copine, Tu vas pas mettre ça, C’est pas possible d’écouter une musique pareille, et tout ça sur un ton plaintif, suivi d’un Y’en a marre, quand ce n’est pas un Faites chier, bordel, qui m’échappe. Donc oui, les enfants sont ravis que je ne sois pas là et ne se demandent pas une seule seconde si je vais rentrer bientôt. Ils sont peut-être même chez leur père et n’ont absolument pas conscience de la chance qu’ils pourraient avoir avec la maison pour eux tous seuls.
Je peux crever dans l’indifférence la plus totale, en définitive.
Une boule grossit dans ma gorge. Elle grossit, grossit. Mes yeux me piquent, puis les larmes qui coulent le long de mes joues, passent sous mon menton et viennent me chatouiller le cou. Mon thorax est parcouru de spasmes. Un hurlement sort de mes entrailles et déchire le silence, puis rebondit sur les parois de ma prison. Elle a l’air grande, ma prison. Je rassemble mes genoux entre mes bras, je me recroqueville et me laisse rouler sur le sol. Je reste en position fœtale en pleurant.
— Bouououououh…
Pas très reluisant, de faire bouououououh, un gémissement plaintif et douloureux serait plus approprié. Mais je n’y peux rien, c’est un bouououououh pitoyable qui s’échappe de ma bouche. De la morve dégouline de mes narines, mais je n’ai évidemment pas de mouchoir à disposition. Ça m’énerve. J’essuie mon nez sur ma manche. C’est dégueulasse, mais c’est mieux que de la laisser couler dans ma bouche. Je crie encore.
— Aaaah ! Hé ho !
Le silence retombe.
Il ne se passe rien. Rien de rien. Les minutes sont longues, ou peut-être pas. Le temps est finalement une donnée étrange et impalpable.
Ça couine. Je suis sûre d’avoir entendu un couinement. Putain ! Des rats !
Ça re-couine. Non, pas des rats. En fait, je ne sais pas le cri que ça fait, un rat. Ça pourrait aussi bien être des souris. Non, plus gros. Plus… humain ? Putain, un singe ! Je suis dans un zoo ?
— Mmmmhhh…
Merde ! On dirait quelqu’un !
Je ne suis pas seule ! Le bruit est ténu, très faible, mais il est là. Mes épaules se détendent. L’euphorie succède à la panique. On va s’en sortir, je ne suis pas seule.
Je suis bête. C’est évident, que je ne suis pas seule à m’être fait enfermer. Le Chauve est un colosse. Ça a dû être facile pour lui de nous maîtriser toutes les deux. J’aurais dû y penser. Qu’est-ce qu’on a été idiotes d’essayer de l’empêcher de nuire toutes les deux, sans aide extérieure. J’appelle :
— Joanna !
Je souris. Elle va trouver une solution. Je me traîne vers le couinement. Je m’en rapproche. Je sens sa chaleur. Je peux la toucher. Je reprends espoir. Elle a beau avoir des idées arrêtées et un comportement limite limite, Joanna est détective — ou un truc dans le genre — et elle va nous sortir de là.
— Joanna ! C’est moi ! C’est Muriel ! Réveille-toi ! Il faut qu’on s’échappe ! On est enfermées ! Le Chauve nous a eues ! Allez ! Réveille-toi !
Tout a commencé trois jours plus tôt.
J’avais composté mon ticket, je m’étais tapé la hanche sur la barre du tourniquet, et j’étais pas sur le quai du métro Charpennes depuis plus de trois secondes que j’ai levé les yeux sur l’écran annonçant le temps d’attente avant la prochaine rame. Au lieu des cinq minutes réglementaires à cette heure-là, un message rouge s’affichait : Perturbations sur la ligne.
« La chiotte… » j’ai dit, mais pas trop fort.
Les haut-parleurs se sont mis à grincer, une voix d’homme a détruit mes tympans : « Suite à problème technique, arrêt d’exploitation pendant trois minutes, trois minutes. ».
« C’est bon, trois minutes, je suis large. »
Une femme excédée s’est levée de son siège, je me suis dépêchée d’aller prendre sa place. J’ai essayé de faire abstraction de la sensation mitigée qu’a provoqué en moi la chaleur du fauteuil. J’ai ouvert ma besace et je m’en suis voulue de ne pas avoir acheté l’éclaireur de sac à main vanté par une bimbo en carton chez le marchand de journaux. J’ai retourné portefeuille, bonnet, portable, gants, parapluie pliable, paquet de mouchoirs, chocos périmés, sac plastique, « Tiens, la liste de courses… », tournevis, échantillon de la peinture du salon au cas où je passe devant un magasin de déco pour choisir les rideaux, brosse à cheveux, objets indéterminés, j’ai tout retourné dans l’autre sens et j’ai fini par mettre la main sur ma pochette de secours : un petit porte-monnaie triangulaire Disney avec stick à lèvres, coupe-ongles, tampon hygiénique, pansement anti-ampoules… Au moment où je saisissais le miroir de poche, un larsen aigu m’a fait sursauter. Le tampon s’est échappé, a roulé sur le quai et s’est échoué contre un mocassin à glands marron pendant que la voix destructrice de tympans a repris : « Suite à problème technique, arrêt d’exploitation pendant cinq minutes, cinq minutes ». Mes joues ont commencé à chauffer. J’ai regardé ma montre.
« J’ai encore de la marge. J’ai bien fait d’être prévoyante. »
— Je crois que vous avez fait tomber ça…
Je n’ai pas osé lever les yeux, seulement bafouillé un vague merci aux mocassins à glands, rougi, pris le tampon et je l’ai rangé dans la pochette. J’ai mis le miroir devant moi et j’ai vérifié mon maquillage. D’habitude, j’ai tendance à bâcler, mais ce jour-là j’avais fait les choses bien. Sauf que dans le miroir, ça ne se voyait pas vraiment. La crème teintée était trop transparente, l’anticernes faisait ressortir les poches sous mes yeux, le blush sur mes joues était mal étalé et me donnait un air de randonneuse essoufflée. Je me suis demandé comment font ces filles de vingt ans aux traits d’eye-liner parfaitement symétriques : j’ai le double d’expérience en maquillage et je déborde toujours d’un côté ou de l’autre. Mes aisselles ont commencé à me picoter. Les transports en commun lyonnais n’évoluent pas dans le même espace-temps que moi. Un quart d’heure que j’avais composté mon ticket, si l’arrêt durait encore longtemps j’allais être en retard à l’entretien.
J’avais appris l’annonce par cœur, au cas où je perde le papier. D’ailleurs, il était resté sur la table de la cuisine. Pas d’inquiétude, je savais très bien que je devais me rendre à dix heures au 3, place Bellecour.
Le larsen du haut-parleur m’a fait hérisser les poils : « Reprise d’exploitation immédiate, reprise d’exploitation immédiate ». Je me suis demandé pourquoi cet homme répétait toujours sa phrase deux fois, avant d’écarquiller les yeux face à la rame qui arrivait enfin. Les passagers étaient plaqués contre les vitres, leurs membres enchevêtrés, leurs visages cramoisis et luisants. J’en ai laissé sortir trois, j’ai hésité une seconde, tant pis, je me suis littéralement enfoncée dans le magma humain, j’ai poussé, j’ai forcé, je me suis insérée devant l’œil réprobateur d’une sexagénaire en veste à carreaux.
— J’ai un entretien d’embauche, bordel !
À la station Bellecour, la rame a catapulté des costumes froissés, des dos trempés, des coiffures déstructurées et des effluves improbables. Je me demande d’où vient cet étrange phénomène qui fait que, pour neuf personnes qui se sont lavées et parfumées il y a maximum trois heures, c’est toujours l’odeur de la dixième qui dépasse les autres. Après dix marches d’escalier, mon souffle s’est accéléré. J’ai eu un doute. Est-ce que j’avais vraiment pensé à mettre du déo… ça venait pas de moi cette odeur, quand même ?
J’en étais à ces considérations pratiques, pas si futiles que ça pour quelqu’un qui va passer un entretien d’embauche, lorsqu’une rafale de vent du sud m’a envoyé un paquet de feuilles mortes dans les cheveux. Je comptais sur le sex-appeal de ma longue tignasse auburn ondulée, faussement négligée, pour séduire mon futur employeur. Il y avait désormais peu de chances qu’il flanche pour le style néanderthalien de mes filasses châtain grisonnant parsemées de végétaux foulés par… je ne veux pas savoir.
J’ai pressé le pas. Mon entretien avait lieu au numéro 3, et la bouche de métro était située de l’autre côté de la place Bellecour. Mes pieds crissaient sur le sable rouge, à une cadence régulière, et les battements de mon cœur continuaient à s’ac-célérer avec l’imminence du rendez-vous. Je me suis arrêtée face à une vitrine. « Potable, j’ai pensé en enlevant les feuilles accrochées à mes cheveux. Il faudrait que je me rachète des fringues. Merde, j’ai oublié de repasser la jambe gauche de mon futal… Oh c’est bon, ça se voit presque pas… Et des chaussures aussi, mais qu’est-ce que je suis bien dans celles-là… Tiens, mon ourlet s’est décousu… Oah, c’est bon, ça va passer… L’important, c’est mes compétences… »
Quelques minutes plus tard, je suis arrivée au numéro trois. Devant moi se dressaient une grille de métal noir entrouverte et la vitrine d’un magasin d’instruments de musique. Du ukulélé au tambourin en passant par la flûte traversière, il y avait un peu de tout et je me suis dit que ça serait une chouette idée que les enfants apprennent à jouer d’un instrument. J’avais rendez-vous pour un poste d’aide administrative dans l’immobilier, mais je n’en savais pas vraiment plus, juste que je devrais travailler en binôme. Il n’y avait personne à la maison, impossible de m’assurer que j’avais la bonne adresse. J’ai regardé autour de moi. Le vent s’est mis à souffler de plus belle et la température a commencé à baisser. À gauche du magasin de musique, j’ai avisé une porte cochère bleu lavande.
Alors que j’allais entrer, une jeune femme a franchi la porte cochère en courant, s’est arrêtée sur le trottoir et a regardé vers la Saône. Elle me tournait le dos. « Pétard, je me suis dit, si je pouvais être gaulée comme elle, ça fait longtemps que j’aurais remplacé Gérald par un mec canon au lieu de fantasmer sur internet… ». Un mètre quatre-vingt, ses immenses jambes galbées étaient allongées par une paire d’escarpins vernis à semelle rouge, ses fesses rebondies et sa taille archifine étaient mises en valeur par une cambrure vertigineuse et une robe moulante noire fendue jusqu’en haut de sa cuisse qui devait valoir au moins un SMIC, des boucles rousses coulaient le long de son dos. Lorsqu’elle s’est retournée, j’ai eu le hoquet. Son décolleté aussi large que plongeant laissait plus que deviner des seins pointus comme prêts à sauter sur leur proie. Pour couronner cette bombe en puissance d’à peine plus de vingt ans, un teint de porcelaine parsemé de taches de rousseur, une bouche charnue et de grands yeux bleu foncé qui me toisaient.
— Pas trop tôt ! Pas de temps pour les présentations en bonne et due forme… C’est vous qui venez me filer un coup de main, je présume ? Vous auriez pu mettre une photo plus récente, sur votre CV.
— Euh enfin je ne sais pas, oui, sûrement, on m’a dit pour le binôme, mais je ne…
— Moi c’est Joanna.
Elle m’a tendu la main.
— Muriel, j’ai répondu en hésitant.
— Oui, Muriel… Je vous ferai le topo dans la voiture, mais il faut se dépêcher, j’ai une info, il est chez lui, on peut le coincer. Suivez-moi !
Elle s’est dirigée vers une Clio blanche garée à moitié sur le trottoir, à moitié en double file et a pris la place du conducteur. Je l’ai suivie, je suis montée dans la voiture et à peine avais-je refermé la portière que j’ai été projetée contre l’appuie-tête dans un crissement de pneus.
— Bon, voilà le topo. C’est pas compliqué. Filature tout ce qu’il y a de plus classique. Donc là, on va filer le Chauve. Il me glisse entre les doigts depuis des semaines. Ah oui, en fait, celui qu’on appelle le Chauve, c’est Hervé Lanœuf. Malversations, corruption, je pense qu’il est impliqué dans du trafic de drogue ou je ne sais pas encore trop quoi. Mais il y a toujours une huile pour lui sauver la mise. Il les tient tous par les couilles, du coup il est intouchable. Sauf que là, il vient de sortir de chez lui à pied. On va l’avoir.
— Euh… vous avez dû vous tromper, je ne suis pas…
— Je sais que ce n’est pas à nous de faire ça ! Mais si personne ne s’en occupe, cette ordure continuera son expansion. On ne peut pas le laisser organiser ses magouilles totalement illégales.
Elle a donné un coup de volant brusque, je me suis agrippée à la poignée.
— Vous n’avez pas compris, je crois. En fait, je suis là pour l’immobilier, je ne…
— Oui, je sais ! Son projet à ce mec c’est d’ouvrir un centre commercial énorme. L’immobilier, on est en plein dedans.
— Mais c’est pas illégal d’ouvrir un centre commercial ! Et puisque je vous dis que je suis là pour…
— Sauf qu’il voudrait le mettre à la place du musée des Confluences, cet enfoiré ! Au revoir le squelette de mammouth, bonjour la consommation de masse ! Sous prétexte que la fréquentation du musée baisse, il veut remplacer notre patrimoine par des magasins qui vendront des saletés fabriquées en Chine. Et il va se débrouiller pour que les travaux lui coûtent le moins cher possible. Et ça, ça signifie qu’il ne respectera aucune norme de sécurité. Et les politiques fermeront les yeux, parce qu’il a des dossiers gros comme ça sur chacun d’eux. Ça me rend malade !
Je n’ai rien trouvé à lui répondre.
Alors que Joanna se faufilait entre les camionnettes de livraison, les pensées se bousculaient dans ma tête. « C’est marrant… je sais pas trop ce qu’elle est cette Joanna… gendarmette ? Inspectrice ? détective privée ? En tout cas, c’est bien plus sexy qu’aide administrative… et puis c’est pas faute d’avoir essayé de lui dire qu’elle s’est trompée… je crois bien que je vais continuer encore un peu… pour voir comment c’est, une arrestation. J’aurai qu’à lui dire juste après… Meeeeerde, et mon entretien ? Je lui demanderai de me faire un mot. Un mot d’excuse. Bonne idée, ça, un mot d’excuse… ».
J’ai coupé mon téléphone.
Joanna conduisait super vite et je commençais à me sentir brassée. Mine de rien, mon petit déjeuner remontait à plusieurs heures et quand j’ai le ventre vide en voiture, je suis écœurée. Surtout s’il y a des virages.
— Est-ce que vous pouvez rouler plus doucement ? J’ai mal au cœur…
Elle a haussé le regard, l’air de dire « Quel boulet ». Je lis parfois dans les pensées des gens. Et là, je mettrais ma main à couper qu’elle s’est dit que j’étais pas la bonne personne. Mais non. Je crois qu’elle s’était toujours pas rendu compte de sa méprise. Parce qu’elle a ralenti.
— De toute façon, on approche de son domicile et il vaut mieux se faire discrètes maintenant.
— Merci, c’est très gentil à vous. On fait quoi maintenant ?
Elle a levé les yeux en l’air :
— J’oublie déjà que tu es novice. On va se garer devant chez lui et on va attendre qu’il revienne. Il a dû aller faire une course. S’acheter des clopes. Et pas de manières s’il te plaît, on se tutoie.
— Et quand il revient, on fait quoi ?
— Là, tu me laisses faire, surtout tu n’interviens pas. Le mieux c’est que tu restes dans la voiture. Tu prendras le volant. Si on doit partir en catastrophe, je sauterai sur le siège et tu démarreras aussi sec. Compris ?
— Compris !
Elle a mis son clignotant et a fait un créneau absolument magnifique malgré le peu de place.
— Voilà, c’est ici. J’ai jamais été aussi près de l’atteindre, je suis toute chose…
