Algérie : des histoires presque vraies ! - Gérard Lambert - E-Book

Algérie : des histoires presque vraies ! E-Book

Gérard Lambert

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Beschreibung

L'Algérie est un pays indépendant depuis 1962. Elle a son Histoire avec un grand H. Mais qui se soucie des histoires personnelles de ses enfants, de ses jeunes (garçons et filles) ? Dans ce recueil de nouvelles, sept d'entre eux racontent leur vie au quotidien, leurs espoirs et leurs déboires. Faites connaissance avec Lounès, Kenza, Zineb, Ali, Nadia, Farid et Sofiane. Histoires qui se situent entre 1957 et 2020. Et en bonus, jouez avec quelques rimes dédiées à Dyhia, Nessim, Chérif, Zahia, ... car " O N V I T D' E N V I E. "

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Seitenzahl: 99

Veröffentlichungsjahr: 2020

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En guise de remerciements :

à mon épouse, mes enfants et petits-enfants ;

à mes proches (les cousins à la mode de Bretagne !) ;

à mes anciens élèves et leurs familles ;

à mes ami(e)s d’ici, d’Algérie ou d’ailleurs ;

aux lecteurs, petits et grands, à qui je souhaite du plaisir.

Kabylie, on se reverra !

Kabylie, après trente ans,

tu m’as accueilli bravement.

Tu m’as offert tes bijoux

et une poignée de glands doux.

Tes villages ont bien grossi

au-dessus de l’oued Aïssi.

Tu as construit des villas

à la force de tes bras.

Tes enfants, devenus grands,

sont, ainsi va la vie, parents.

Tu veilles sur tes petits

et les protèges du mépris.

Ton avenir est à construire.

La solution n’est pas de fuir.

Sur les hauteurs du Djurdjura,

avec bonheur, on se reverra !

« C’est peut-être de Thirga que partiront les enfants à venir pour la reconquête des plaines.

Dieu fasse qu’ils soient plus nombreux que les étoiles d’un ciel d’été, qu’ils soient aussi forts que nos cèdres et qu’ils aient la flamme de courage qui gonfle les cœurs. »

Ali MOUZAOUI

Thirga au bout du monde.L’Harmattan, 2005

Sommaire

Lounès de Tagragra

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

À savoir :

Kenza de Djémila

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

À savoir :

Zineb de Cherchell

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

À savoir :

Ali de Beni-Yenni

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

À savoir :

Nadia de Tizi-Ouzou

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

À savoir :

Farid de Béjaïa

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

À savoir :

Sofiane d’Alger

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

À savoir :

Lounès de Tagragra

(Algérie)

Une histoire presque vraie (1)

L’histoire (presque vraie) se passe dans les années 1970.

Lounès est né avec des jambes biscornues.

Dans son petit village de Kabylie (Algérie), il va à l’école à dos d’âne.

Le Père Élan, un Père Blanc, va essayer de l’aider à surmonter son handicap.

Gérard LAMBERT fut Coopérant à l’École des Pères de Taguemount-Azouz (Kabylie - Algérie) en 1971-1973.

Chapitre 1

- Yemma ! Yemma azziza ! (Maman ! Maman chérie !)

J'ai mal aux yeux et je ne vois plus rien…

Lounès avait crié très fort.

Sa mère Aïna attacha rapidement son âne dans la cour et entra dans leur maison.

- Lounès, mon enfant, j'arrive…

Aïna trouva son garçon à moitié habillé. Il se frottait les yeux : il voulait enlever cette saleté qui était tombée sur ses yeux et qui l'empêchait de voir.

- Lounès, Lounès, arrête... Je vais nettoyer tes yeux.

Aïna plongea la main dans la jarre, prit un peu d'eau dans le creux de sa main et frotta doucement les paupières de son garçon.

Elle comprit vite qu'il avait une vilaine maladie et qu'il fallait un médicament pour le guérir.

Lounès devina, grâce à la lumière de la porte entrouverte, la casserole posée sur les braises du kanoun (petit foyer) et même le métier à tisser contre le mur du fond.

Chapitre 2

Lounès était un enfant de la guerre. Il avait eu 10 ans en 1970.

Sa maman et lui habitaient une petite maison du village de Tagragra en Kabylie.

Ils n'avaient pas grand-chose à eux mais ils avaient un âne, un âne pour Lounès.

Lounès ne marchait pas tout seul : à la naissance, ses jambes étaient biscornues et en grandissant, elles s’étaient allongées mais elles ne s’étaient pas redressées.

Pour l'emmener à l'école, sa maman avait donc acheté un âne.

- Aujourd'hui, Lounès tu vas te reposer...

Tiens, mange cette galette et bois ce lait.

Aïna prit la jarre pour aller la remplir à la fontaine et, à son retour, elle s'installa à son métier à tisser : on lui avait commandé une couverture pour un mariage et elle avait besoin de cet argent car elle n'avait pas fini de payer l’âne.

Ses doigts se promenaient rapidement sur le métier entre les fils de trame tendus verticalement. Et, petit à petit, des motifs géométriques apparaissaient : lignes, zigzags, losanges.

Chapitre 3

Le lendemain matin, Lounès se réveilla encore avec cette saleté sur les yeux.

- Lounès, mon chéri, nous allons chez le Père Élan.

Le garçon ne fut pas surpris. Toutes les familles de son village connaissaient ce "toubib" : un Père Blanc aux cheveux blancs !

C'est donc à dos d'âne que Lounès parcourut le sentier jusqu'au dispensaire de Taguemount.

Ils passèrent près du lavoir où des femmes brossaient le linge sur d’immenses pierres plates puis le rinçaient dans un minuscule ruisseau.

Lounès ne voyait rien mais Aïna tenait l'âne par la bride. Il sut qu'il était arrivé quand il sentit les amandiers en fleurs dans le jardin de l'école des Pères.

Aïna attacha l’âne au mur proche du portail et Lounès descendit de sa monture en se tenant au pommeau de la selle.

Dans la salle d'attente, Lounès devina la présence d'un vieillard qui gémissait et d’un bébé qui tétait le sein de sa mère.

Chapitre 4

Son tour arriva.

Lounès s’accrocha solidement au bras de sa mère qui l'aida à entrer en marchant dans la salle de soins du "toubib".

Le Père Élan lui lava les yeux avec de l'eau bouillie et lui appliqua une pommade sous les paupières.

- Ism-ik ? (Comment t’appelles-tu ?)

- Lounès.

- Vas-tu à l’école ?

- Oui, depuis trois ans.

- Je sais que tu ne peux pas lire à cause de cette conjonctivite mais je vais te prêter un livre. Tu demanderas à un camarade de te lire les histoires à voix haute et tu me le rapporteras dans deux semaines.

- Merci.

- Madame, il faudra lui laver les yeux trois fois par jour avec de l'eau bouillie et lui mettre cette pommade. Je vous donne le tube.

Aïna remercia le "cheikh toubib" et aida Lounès à sortir et à grimper sur son âne.

Chapitre 5

Dès le lendemain, Mouloud, un camarade de classe, vint demander des nouvelles de Lounès.

Aïna était partie avec l’âne pour ramasser du bois mort sur les pentes vers l’Oued Aïssi.

Mouloud laissa la porte ouverte pour mieux voir son camarade : celui-ci était assis par terre et ses yeux étaient jaunes de pommade.

- Mouloud, attrape une poignée de figues sèches dans l’akoufi (un grand récipient en terre où on conservait, les céréales ou les fruits secs).

Les deux garçons se régalèrent...

- Mouloud veux-tu bien me lire une histoire ?

Mouloud prit le livre que Lounès lui tendait.

Les fourberies d’Inissi.

La figue de barbarie : il advint une année de famine pour les bêtes sauvages habitant le maquis. Tout ce qui avait petites oreilles dressées et pattes trottinantes mourait de faim...

C’est seulement vers le milieu de l'histoire que Lounès comprit que cette histoire était la même que sa mère lui racontait en kabyle : Ta karmoust.

Chapitre 6

Mouloud revint le jour suivant et il prit du plaisir à continuer la lecture du livre Les fourberies d’Inissi.

Lounès et lui découvrirent ainsi une autre maladie que l'on appelait en français la gale et qu'on ne pouvait guérir que si on soignait toutes les personnes de la maison.

Ils suivirent aussi le hérisson et le chacal sur un tas de détritus, l'un qui se contentait de quelques gouttes de lait au fond d'une boite et l'autre qui dévorait les charognes. Et ce qui devait arriver arriva : le chacal se rendit malade !

Après quelques jours de bons soins, Lounès retrouva la vue et il prit lui-même le livre.

Il recommença la lecture page 2 :

La figue de barbarie :

Il advint une année de famine…

Les animaux se rassemblèrent...

Il y avait là Chacal et Hérisson…

Tous étaient bien maigres sauf Hérisson...

Sa bouche laissait déborder sa salive...

Il passa à la page 3 mais n'arriva pas à la lire facilement : Takemust.

Idewl-ed useas el-laẓf-lewhuc iezden di laba.

Ce n'était pas du français ; c’était la langue de sa mère.

Chapitre 7

Jamais, on ne lui avait dit que la langue de sa mère pouvait s’écrire.

Il reconnut des mots :

Wuccen ( le chacal ),

Inissi ( le hérisson ),

Ukemus ( le cactus ),

Tidmert ( le menton ),

Nennudem ( nous avons sommeil ).

...

Le garçon connaissait bien les chacals qu’il entendait crier la nuit dans les maquis en contrebas du village.

Alors, mot après mot, il associa les signes et les sons et il lut toute l'histoire.

Si bien que, la semaine suivante, le garçon demanda au Père Élan un autre livre écrit dans la langue de sa mère.

Le "cheikh toubib" lui expliqua que le Père Genevois écrivait des livres en kabyle mais que c'était des livres pour les grandes personnes.

Puis le Père Élan s’adressa à sa mère :

- Madame, si vous êtes d'accord, j'emmènerai Lounès à Tizi jeudi en voiture. Il pourra peut-être trouver le livre qu'il cherche.

Chapitre 8

Aïna aida Lounès à descendre de l’âne et à s'asseoir dans la "Deux-Chevaux". Un Coopérant (Enseignant à l'école des Pères) était aussi du voyage.

Jusqu’à Beni-Douala, c’était une piste en terre ! Ensuite, une route goudronnée . La voiture penchait vers l'avant et Lounès eut beaucoup de plaisir à se pencher avec la voiture dans les virages de la longue descente.

À Tizi-Ouzou, Lounès admira les cigognes qui réparaient leurs nids.

Le Père Élan s'arrêta d'abord devant la pharmacie de la Grande Rue. Il demanda au Coopérant de le rejoindre avec le garçon.

Le pharmacien mesura Lounès. (Sa taille mais aussi sa longueur de bras et de jambes !)

Ensuite le Père Élan les déposa devant la Librairie du centre.

Lounès fut émerveillé par tous les livres mais il ne trouva aucun livre écrit en kabyle. Le Coopérant acheta Les chemins qui montent pour lui et Le fils du pauvre pour le garçon.

Deux livres de Mouloud Feraoun, un Auteur qui reposait au cimetière de Tizi-Hibel (Le village entre Taguemount et Tagragra).

Chapitre 9

Sur la route du retour, la voiture haussait du nez car elle était lourdement chargée de provisions pour les Pères mais aussi pour des familles.

La voiture fumait beaucoup dans la longue montée.

Le Père Élan tenait fermement le volant et avançait les épaules… comme pour ajouter sa force à celle de la voiture !

Assis à l’avant, le Coopérant admirait le paysage.

Lounès essaya de lire les premières pages de son livre.

Mais il eut des haut-le-cœur et il buta sur le titre Le fils du pauvre.

N'était-il pas, lui aussi, le fils du pauvre ou plutôt de la pauvresse ?

Il n'avait jamais connu son père. Sa mère lui avait seulement dit que celui-ci reviendrait un jour de la France.