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Après plusieurs semaines d'enquêtes, Connor et Zane ont réussi à prendre leurs marques au sein du Bureau des Enquêtes Vampiriques. Cependant, lorsque les corps de deux enfants sont retrouvés dans une ruelle, les voilà pris de court. Jamais ils n'avaient eu à enquêter sur la mort d'aussi jeunes victimes. D'autant que ces meurtres semblent liés à une série de disparitions ; une affaire qui va vite être confiée au B.E.V. Au même moment, Alisa, la lieutenant-chef doit faire face au préfet de police qui est bien décidé à réduire à néant le programme d'intégration. De son côté, Matt affronte ses préjugés à l'encontre des vampires.
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Seitenzahl: 110
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Ce roman contient du contenu sensible pour certains d’entre-nous. Pour entamer la lecture en toute confiance, ceux qui le veulent peuvent retrouver les « trigger warnings » à la dernière page du livre.
UN MONDE EN PERDITION
HORRIFIANTE DÉCOUVERTE
FAUTE PROFESSIONNELLE
ANNONCE DIFFICILE
DISPARITIONS EN SÉRIE
ÉMOTIONS
UN HOMME LOUCHE
UNE VIEILLE AFFAIRE
GARDE À VUE
FILATURE
LE PRÉFET
PASSÉ DOULOUREUX
MORSURE
FIN D’ENQUÊTE
UNE BONNE SOIRÉE
Matt jeta un œil à la suite de calculs qui s’étalait sur la feuille posée devant lui. Il porta le stylo à sa bouche et le fit rouler sur ses lèvres, une expression figée sur son visage ; un mélange de concentration et d’agacement. Les équations lui donnaient la migraine. Il pencha la tête, fronça les sourcils puis soupira. Un rire aigu le crispa et il resserra son emprise sur le crayon.
—T’as quel âge rappelle-moi ? demanda-t-il sans quitter la feuille des yeux.
— Treize ans, répondit sa sœur.
Une étrange onomatopée s’échappa de la bouche entrouverte de Matt. Il laissa tomber le stylo sur la table et se tourna vers elle.
— Oui, bah, tu es assez grande pour faire tes devoirs de mathématiques toute seule, lui dit-il en se levant de sa chaise.
— Quoi ?! s’écria Mélanie. Mais tu dois m’aider, c’est ton rôle de grand frère.
— Oui, oui, c’est ça, acquiesça-t-il faussement. En attendant, j’ai eu les mêmes à ton âge et je me débrouillais seul. Alors c’est ton tour.
— Maman ! appela l’adolescente.
Assise sur le canapé, une femme aux cheveux blonds et aux yeux aussi bleus que le ciel agita la main pour signifier qu’elle avait bien entendu sa fille, mais qu’elle n’interviendrait pas.
— Sérieux, à quoi ça sert que tu viennes manger à la maison si c’est pour même pas faire mes devoirs ?
— À voir ton frère adoré qui risque sa vie tous les jours ? pouffa Mathieu.
Mélanie grimaça.
— Soit gentille avec ton frère, il a déjà assez à faire avec tous ces vampires qui pullulent, intervint un homme en costume malgré l’heure tardive.
Le regard dur, il s’installa sur un fauteuil et alluma la télévision.
— Mais papa… voulut protester l’adolescente.
— Quand je pense qu’on vous impose ces monstres dans votre équipe, c’est désespérant. Quel monde en perdition, la coupa sa mère en se levant.
Le père de Matt acquiesça vigoureusement de la tête. Le lieutenant resta silencieux quelques instants avant de soupirer.
— Oui… Hum… Je vais y aller, il faut que je me repose, je suis très fatigué, murmura-t-il en attrapant sa sacoche posée sur la table de salle à manger.
Mathieu embrassa rapidement ses parents puis secoua les cheveux de sa sœur avant de quitter la maison. S’engouffrant dans sa voiture, il démarra. Quittant la rue chic où se trouvait la maison de sa famille, le lieutenant observa les bâtiments alentour. Bien que parfois un peu délabré, tout dans les rues resplendissait d’une atmosphère aisée. Le quartier des Chartrons était encore bien animé malgré la nuit avancée. La bonne humeur semblait régner dans ces rues. Matt soupira en repensant à son enfance des beaux quartiers et se demanda encore une fois s’il n’aurait pas mieux fait de suivre l’avis de ses parents plutôt que de rejoindre la police. S’il l’avait fait, il n’aurait pas à rentrer dans son minable petit appartement.
Mathieu avait eu le choix entre des logements de taille moyenne, mais situés dans des rues et des quartiers peu entretenus ou trop loin de son lieu de travail et des appartements allant du petit deux-pièces exigu à la studette étudiante, mais en centre-ville. Pour faciliter ses déplacements, il avait pris la seconde option et le regrettait chaque matin en se levant de son canapé-lit. Ses parents, bien qu’attentifs à leur fils, ne lui étaient d’aucun secours financier, trop occupés à déplorer son choix de carrière.
Après quelques minutes de trajet, il entra dans une rue et se stationna sur l’une des places à côté de la chaussée. Fatigué, il s’extirpa avec difficulté de sa voiture et se dirigea vers la porte de la petite maison aujourd’hui divisée en appartement. Alors qu’il approchait, un homme en sortit, une bouteille presque vide à la main. Matt serra la mâchoire en déterminant à la lumière du lampadaire le contenu du récipient. Estampillé d’un logo officiel des dons du sang pour vampire, le liquide rouge ne laissait aucun doute. Lorsqu’il aperçut Matt, l’homme s’apprêta à le saluer, mais vit le visage crispé du lieutenant et se ravisa. Il suivit son regard et cacha soudain la bouteille derrière lui. Il se précipita alors vers un véhicule en l’ignorant.
Mathieu entra dans la maison, monta l’escalier situé dans le couloir commun et pénétra dans son appartement. Les dix mètres carrés à peine étaient encombrés d’une kitchenette aux couleurs sombres et d’un canapé « clic-clac » séparé d’un vieux téléviseur par une petite table basse. Sur la droite, face à la cuisine, une porte donnait sur une ridicule salle d’eau où la douche surplombait des WC et un minuscule lavabo d’angle.
Matt s’assit sur son canapé avant de jeter un œil vers la fenêtre. D’un geste fatigué, il lança sa sacoche vers la commode sur laquelle reposait la télévision. Il se leva avec lenteur et poussa la table, puis déplia le lit. Il ne prit même pas le temps de retirer la housse du canapé et se laissa tomber sur le matelas au confort douteux avec épuisement. Se positionnant sur le dos, il fixa le plafond et soupira.
— Quel monde en perdition… murmura-t-il.
Assis à son bureau, Matt relisait un précédent rapport qu’il avait rédigé. Ses yeux se fermaient un peu plus à chaque nouvelle ligne. La veille, il s’était endormi comme une masse, mais les cauchemars qui avaient hanté son sommeil l’avaient plus qu’épuisé. Le lieutenant s’était vu attaché à un lit d’hôpital dans une chambre vide et sombre. Il se débattait tandis qu’une infirmière lui plantait une aiguille dans le bras pour lui prélever du sang. Soudain, l’infirmière s’était transformée en Zane qui s’était penché à son oreille pour lui murmurer que l’odeur de son sang était un délice.
Matt reposa le rapport en frissonnant et observa Alisa qui discutait avec Dumont dans son bureau. D’un geste lent, il attrapa sa tasse de café pour en boire une gorgée. Il ferma les yeux l’espace d’une seconde et en les rouvrant, il découvrit Connor et Zane qui s’installaient. Il sursauta et renversa le contenu de son mug sur son pantalon.
— Faites du bruit ! s’exclama-t-il en se levant, furieux.
— Pardon ? demanda Connor surpris.
— Vous êtes trop calmes, trop silencieux. Vous ne faites aucun bruit quand vous arrivez, ça m’angoisse ! répondit-il d’un ton agacé en s’éloignant pour rejoindre les vestiaires.
Alisa quitta le bureau de Dumont en pestant. Au sien, Connor et Zane étaient présents, mais Matt, qu’elle avait pourtant vu depuis la pièce vitrée, avait disparu. Elle s’assit brutalement sur son fauteuil et s’attira les regards surpris des deux consultants.
Sans les saluer, elle attrapa un bonbon dans son sac, qu’elle ouvrit aussitôt avant de le mettre dans sa bouche. Elle n’attendit même pas d’avoir fini le premier, que déjà elle en prenait un deuxième. Une agente arriva à son niveau et agita une barre de chocolat devant ses yeux.
— Tu devrais plutôt prendre ça, dit-elle. En plus, c’est du chocolat noir.
— Merci Saya. Tu es la meilleure !
Sa collègue lui donna une tape sur l’épaule avant de rejoindre un bureau dans le fond de l’open space. Alisa se tourna alors vers ses consultants et leur sourit amicalement.
—Désolée pour la mauvaise humeur… Mais ça, dit-elle en montrant la barre. Ça va m’aider à être plus agréable.
Connor et Zane lui sourirent à leur tour.
— Lui par contre, il ne va pas m’aider à être de bonne humeur.
Les deux consultants se tournèrent vers Mathieu qui s’affalait sur son fauteuil.
— Tu faisais quoi ? lui demanda Alisa en ouvrant un troisième bonbon.
—J’ai renversé du café sur ma chemise alors je suis allé me changer, expliqua Matt. Et Dumont ? Il te voulait quoi ?
— Des trucs à propos de nos rapports sur Connor et Zane, répondit Alisa d’un ton sec.
Les concernés jetèrent un œil inquisiteur vers elle, mais elle ne leur adressa même pas un regard, trop concentrée à ouvrir l’emballage de la barre de chocolat.
— Mais encore ? insista Matt.
Alisa lâcha la sucrerie et leva les yeux vers lui avec agacement.
— Il voulait savoir pourquoi tu continues de les qualifier de monstres après déjà trois enquêtes où leurs capacités se sont révélées utiles, lâcha-t-elle en haussant la voix.
Les consultants haussèrent presque simultanément les sourcils surpris par son ton cassant. Matt, lui, fronça les siens, mais ne répondit pas. La lieutenante récupéra le chocolat et, n’arrivant pas à l’ouvrir, souffla de frustration. Mathieu se leva, le lui arracha des mains, lui ouvrit puis le lui rendit.
— Merci, murmura-t-elle.
Les trois hommes la dévisagèrent d’un air curieux alors qu’elle mangeait.
— Tout va bien ? osa demander Connor.
Alisa leva les yeux vers lui.
— Oui pourquoi ?
— Oh, je sais… déclara soudain Matt avant d’ajouter à voix basse : tu es dans ta mauvaise période du mois.
Alisa grimaça avant de s’affaler sur son bureau.
— J’en peux plus, se plaignit-elle. Je n’ai pas pu dormir de la nuit, j’ai mal, je vais mourir…
Matt s’esclaffa.
— Tu en fais pas un peu trop ? plaisanta-t-il.
La lieutenante se redressa, le regard noir.
—Tu veux que je te les attrape et que je les torde avant de les plonger dans l’eau bouillante ? Parce que c’est la sensation que j’ai à l’intérieur de mon utérus là tout de suite !
Matt, toujours assis, recula en poussant sur le bord du bureau et prit un air horrifié.
— C’est bien ce que je pensais, murmura Alisa.
Connor laissa échapper un sourire en observant Matt. Il le perdit bien vite en voyant le regard de la lieutenante posé sur lui. Avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, Dumont sortit de son bureau en trombe.
— Collet ! appela-t-il. Je vous envoie une adresse, deux corps ont été trouvés, vous vous y rendez.
Alisa se leva aussitôt et ses collègues en firent de même.
— Le premier qui m’adresse la parole sans raison valable, il ira à pied, déclara-t-elle en prenant la direction de la sortie.
Matt leva les yeux au ciel puis prit sa suite et les deux vampires l’imitèrent.
Alisa suivit les indications du GPS et tourna dans une rue si petite qu’elle n’était probablement utilisée que par les habitants des maisons qui la composaient. Elle était encombrée par quelques policiers et les curieux habituels. La lieutenante la balaya du regard avant de passer la bande de sécurité. Elle se présenta brièvement et l’un des policiers lui indiqua les corps. Derrière une poubelle, Alisa pouvait apercevoir une chaussure tachée de sang dépasser. Alors qu’elle prenait la direction de la scène de crime, une main se posa sur son épaule.
— Lieutenant… Ce… Ce n’est pas beau à voir… murmura le policier dont la voix tremblait légèrement.
Alisa fronça les sourcils. Elle et Matt s’adressèrent un regard entendu avant de se diriger vers la poubelle. À mesure qu’ils avançaient, le cœur de la lieutenante se serrait davantage. La chaussure qu’elle avait aperçue était de petite taille. Son pas se fit instinctivement plus rapide. Son regard dépassa enfin la poubelle et en découvrant la scène, elle le détourna presque immédiatement. Matt s’arrêta net, pris de court. Derrière eux, Connor et Zane en firent de même, le cœur soudain lourd.
Deux jeunes garçons gisaient sur le sol humide et sale, main dans la main, dans une mise en scène morbide. L’un des deux avait le cou déchiré, sans aucun doute l’œuvre d’un vampire affamé. Le second avait des traces violacées sur les parties visibles de sa peau, laissant ainsi penser qu’il aurait pu être battu à mort. Leurs vêtements étaient sales et une chaussure sur les quatre manquait. Alisa détourna le regard.
— Akhrif ! appela-t-elle en voyant son collègue.
L’homme s’approcha d’elle en évitant soigneusement de regarder dans la direction des corps.
— Oui lieutenant ?
— Obtenez-moi les coordonnées des habitants de la rue.
Akhrif hocha la tête et repartit.
— Connor, Zane, voyez ce que vous pouvez trouver, ordonna-t-elle avant de préciser : Faites attention où vous marchez.
Les deux vampires s’exécutèrent en silence.
— Matt, donne-moi un des appareils photo et attrape l’autre. Je vais prendre les photos des corps, toi tu fais celles des alentours.
— Ça marche, acquiesça-t-il.
