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Soumise à l'assistant de mon Mari : Désirer être sienne... Devenir sienne...
Charline est mariée depuis plus de sept ans.
Elle a tout pour être heureuse : travail, mari aimant et bonne situation. Mais quand l’assistant et cousin de son mari, le bel Adam, rentre dans sa vie, elle va découvrir qu’il lui manquait quelque chose…
Découvrez le chemin de Charline vers l’asservissement, l’humiliation et la perversité…
Dressé par ses soins
Au cœur du village de Beaulieu sur Mer, Damien, beau gosse aux allures de Bad Boy, est prisé par les femmes. Sexy connard, il ne doute d’aucune de ses capacités pour les séduire et leur faire faire ce qu’il veut.
Toutes tombent sous son charme.
Toutes ?
Pénélope semble être l’exception à la règle, mais Pénélope est une Domina assumée.
Un jeu dangereux va s’installer entre eux, entre défis et soumission, il va se plier pour la faire sienne. Mais… et s’il aimait obéir ?
À PROPOS DE L'AUTEURE
Amélie Moigne n'a pas d'âge, elle est une plume libre, écrivant les plaisirs qui traversent ses pensées. Ces romans sont les scénarios indécents qu'elle partage avec gourmandise avec ses lecteurs...
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Seitenzahl: 375
Veröffentlichungsjahr: 2023
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J’ai l’habitude de déjeuner avec mon amie Ingrid. C’est une bien plus jolie fille que moi : rousse aux formes généreuses et qui ne perd jamais l’occasion de me raconter ses aventures. Je ne l’envie pas, enfin, je me suis plus ou moins convaincue que j’aime ma vie. Je dois reconnaître toutefois que parfois, je souhaiterai être à sa place.
Ingrid est célibataire et volage, elle a plusieurs plans Q et différentes opportunités de s’amuser. Son quotidien est rythmé par la liberté et le sexe. Sans parler des fêtes, des beaux hommes et des superbes cadeaux. Tout mon inverse. Mais je ne regrette pas mon choix. Pas réellement.
J’ai épousé mon grand Amour, nous nous sommes trouvés sur les bancs de l’université et nous avons eu le coup de foudre. Je n’ai pas connu que lui en matière de sexualité, mais même avant lui, je n’ai jamais cherché à m’amuser ou faire beaucoup d’expérience. Cela ne m’a jamais vraiment intéressé. Puis, après l’avoir rencontré, pourquoi aurais-je batifolé ? J’ai tout ce que plein de filles désirent : un homme qui m’adore et un avenir tout tracé !
Je sais qu’à notre époque penser cela est débile. Mais franchement… non, j’ai eu de la chance. En tant qu’enfant d’un couple divorcé c’est tout ce que j’ai longtemps voulu : une relation stable.
Je suis mariée depuis sept ans, mais nous n’avons toujours pas de bébé. Par manque de chance, je suppose. Nous avons décidé de nous pencher vers un spécialiste pour cela quand le moment viendrait. Ainsi nous nous sommes dit qu’à nos trente ans, l’on aviserait si la nature ne fait pas les choses d’elle-même. J’aurais l’âge fatidique dans trois mois, nous allons donc étudier le sujet.
Parfois, je vous le confie, j’envie Ingrid. Parce que je me sens un peu démunie face à ces propos : elle me parle de trucs obscènes et excitants. Elle me raconte tout un tas de machins suintants et moi, je me retrouve à la fois gênée et troublée. Mon mari est tellement sage, que je ne peux qu’imaginer. Et quand je le fais, ce qui n’est pas très régulier, je me fustige alors d’être une sorte de garce qui devrait remercier le ciel d’avoir autant de chance. Moi je finirais ma vie avec un homme qui m’aime et pas juste toute seule, comme Ingrid probablement.
Oui, c’est une façon de penser horrible. Mais j’ai à cette époque un peu de jugement face à son quotidien dépravé que j’envie sans m’en rendre compte. Je m’estime mieux et plus heureuse. Cela fait de moi une femme ordinaire, pétrie d’amour propre et de certitudes.
Ingrid est jolie. Elle porte toujours des vêtements qui la mettent en valeur et elle s’arrange pour être désirable. Elle a une apparence soignée et séductrice, ce qui n’est pas mon cas. Je suis réservée, pas négligée, mais je n’ai pas besoin d’attirer l’attention sur moi. Je m’entretiens en pratiquant du sport, mais je ne m’applique pas réellement à mettre ma silhouette à son avantage, préférant le confort.
— Dis, tu m’écoutes Charline ?
— Hein ?
J’ai divagué dans mes pensées.
Assise au petit restaurant en face du bureau, je me suis paumée dans ma tête en jouant avec ma salade, lasse d’entendre une sempiternelle histoire sur son orgasme multiple avec deux hommes la veille.
J’ai le rouge aux joues, probablement parce que j’ai imaginé la scène en me voyant à sa place. Je vis parfois réellement sa vie par flash de procuration.
— Ne sois pas si gênée ! Si cela continue, je ne te raconterais plus rien !
— Je… je ne suis pas gênée, je me demande comment tu fais ?
— Pour ?
— Et bien avoir deux… hommes comme ça et puis tout !
— Je veux juste m’amuser ! Tu devrais essayer un peu !
Dit-elle en piquant dans sa tomate cerise et la portant à ses lippes.
S’amuser ! Elle a de drôle de mot !
Comme je le disais, je travaille avec Ingrid dans un bureau. Nous bossons dans un cabinet d’avocat où je suis devenue simple conseillère juridique. Mon mari, lui, gère des affaires plus grandes et a son office dans les étages importants. Je suis fière de lui, même s’il œuvre beaucoup. Nous sommes le couple modèle de l’entreprise, le patron nous envie. Il dit toujours Oh Charline est tellement jolie et si simple.
Sa femme est une caricature de la desperate housewife, un peu hautaine et franchement froide, mais qui fait semblant afin de se faire bien voir des associations et des groupes de riches qu’elle fréquente. Ce n’est pas mon monde, même si mon mari gagne beaucoup, nous sommes réservés sur le sujet et peu à même de nous sentir à l’aise dans cet univers. Nous laissons ce genre de chose à nos camarades de New York et moi je me contente d’être bien tranquille, lui aussi.
Ingrid et moi déjeunons toujours dans le petit restaurant en face des bureaux et nous ne quittons le quartier des affaires et des avocats seulement quand nous avons fini de travailler. Je gère les clients simples comme ils les nomment. À entendre : ceux qui ne roulent pas sur l’or, mais qui ont assez d’argent pour se payer nos services. Cela me convient.
En tous cas, la vie suit un cours parfait et je ne me sens pas mal à ce niveau.
Ingrid vient de m’abandonner, elle a un rendez-vous et moi je prends le temps de finir mon dessert. Gourmande dans l’âme, j’apprécie la touche sucrée de mes fins de repas et je n’aurais manqué pour rien au monde de terminer mon café liégeois. Assise seule, je pianote sur mon téléphone sans faire attention à grand-chose. Dégustant ma friandise, mes yeux marrons se sont relevés en entendant la porte de l’entrée émettre un petit bruit de carillon. C’est pourtant coutumier. Mais pour une fois je redresse mon regard.
Un homme est arrivé. Grand, mat de peau, il dégage de lui un charisme terrible qui vient me percuter de plein fouet. Pendant un instant, je reste là, comme un merlan frit, à le dévisager. Son épiderme doré, ses pupilles profondément bleus, sa barbe faussement mal rasée de trois jours, sa chevelure noire parfaitement coiffée en arrière… il transpire la maîtrise de soi et la suffisance. Beau, il l’est et cela se voit qu’il le sait.
Sa musculature se dessine toutefois sans trop en faire sous son costume hors de prix et je n’arrive pas à décocher mon regard de sa parfaite carrure. Je sens le rouge picorer mes joues, l’émotion encercler ma respiration et je déglutis enfin quand il abandonne la porte en entrant.
Je ne suis pas du genre à fantasmer sur le premier venu, du haut de ma proche trentaine. Je m’estime loin de cela. Coincée comme je le suis, selon Ingrid, je ne suis pas ainsi. Mais je ne sais pas comment je suis. Je me suis persuadée, je le dis, d’avoir de la chance dans ma vie, dès lors je ne peux pas tomber à ces bassesses-là. Trop de monde aimerait avoir un gentil mari, une existence agréable et tout pour être heureuse comme moi.
Je suis fortunée, je le pense et ce qui me rends parfois condescendante dans mes jugements…
Pourtant, je ne parviens pas à détacher mon regard de ce profil parfait. L’homme doit avoir notre âge, il a le nez merveilleusement dessiné, un peu long et droit. Dans ma tête, j’entends Ingrid me sortir : Donc il doit avoir une jolie longueur de bite… et je fais tout pour chasser ces paroles incongrues.
Quand il sourit à la serveuse, je me sens fondre. Des fossettes apparaissent sur sa joue, une dentition parfaite, une bouche charnue. Sa désinvolture est troublante, je le reconnais et il agit comme s’il était le maître de l’endroit. Ce genre d’homme est le plat favori d’Ingrid !
Si elle avait été là…
Je replonge rapidement mon nez dans mon dessert quand, après avoir passé commande, il se tourne pour regarder la salle. Un bras accolé au comptoir, l’autre scrutant les parages, je crains qu’il ne remarque mes yeux insistants et je reste le visage baissé sur mon téléphone. L’envie de redresser mes pupilles est cependant plus forte que moi, la lutte inégale me parait injuste et je jette quelques œillades. Ce qui n’est pas d’une discrétion idéale.
Je le sens me regarder, je ne me demandais pas comment, mais je sais. Et quand je zieute avec retenue, je rencontre par mégarde ses prunelles. Il me sourit, avec amusement et semble décider à se rapprocher de moi.
Son assurance, son pas déterminé, je panique !
Je ne me considère pas comme désirable. Je juge ma silhouette sportive et ferme absolument quelconque. Ma poitrine est généreuse, moins que les belles pommes de Ingrid. Mes seins ont la forme de poire et je trouve cela moins joli. Personne ne peut le savoir tant que je n’étais pas nue, mais je pense ainsi. Selon moi, je suis trop grande avec mon mètre soixante-treize et mes hanches trop marquées. Je ne suis pas une petite bimbo ni un charmant bout de femme, je suis juste une femme. Un peu grande, voluptueuse et surtout je suis quelconque. Des yeux noisette, un nez mutin, une bouche bien dessinée, mais pas excessivement pulpeuse. Je n’ai rien trouvé d’extraordinaire chez moi. Et je ne parle même pas de ma tignasse châtain, raide comme la justice, que je coiffe en chignon respectable.
— Bonjour ! Je suis désolé de vous déranger, mais j’ai l’impression de vous connaître !
Franchement, plus ridicule que moi sur l’instant, impossible. Sa voix grave et profonde provoque un frisson qui me dévore la colonne. Je le regarde d’un air de merlan frit surpris, les yeux ronds et je le dévisage ignorant que répondre.
— Non… je… je ne pense pas désolée.
— Ah. Cela va me revenir, attendez !
Il s’installe, j’aurais aimé que Ingrid soit là, une alerte rouge tourne dans ma tête, palpitant au son de sa présence et je ne sais que dire. Face à face avec lui, il me sourit et je reste bêtement là, me raclant finalement la gorge, je m’apprête à parler quand il me déclare.
— Charlie, c’est ça ?
-Line…Charline.
Je rectifie, un peu trop vive. Je me sens acculée, il me fait un drôle d’effet, un effet que je n’ai pas forcément prévu. Je le trouve séduisant, trop, et beau. Rien d’exceptionnel jusque-là, mais en plus de cela, je le ressens sincèrement charismatique et tout dans son être me donne l’impression de perdre pied. Un peu comme une fille de roman qui a déjà les sens en feu sous le regard du héros !
Ce type n’est qu’un dude ordinaire et moi je ne suis qu’une femme lambda. Rien à voir avec des protagonistes d’une quelconque fiction !
Je vais lui demander comment il connaît mon prénom, parce que franchement, moi je ne le connais ni d’Eve ni d’Adam, mais une voix plus que familière me tire de ma pensée.
— Adam, je paris que tu taquines Charline…
Le reproche, qui n’en est pas un, m’éloigne de ma stupeur et je me relève pour dévisager mon mari, l’air rieur et joyeux. Pendant quelques instants, je ne sais que dire ni que faire et je reste là. Je n’ai rien fait de mal, mais la seule idée d’avoir bogué sur un inconnu me dérange.
Paul, mon époux, est un bel homme, à la présence plus discrète, mais au charme toujours d’actualité. Il s’entretient tout comme moi régulièrement à la salle de sport et a des yeux très sombres derrière ses lunettes à monture métallique. Je lui trouve de faux airs de Keanu Reeves surtout quand il a sa barbe, mais il se rase trop souvent de près.
— Coucou, ma chérie, je vois que tu as croisé Adam, mon nouvel assistant.
Il se faufile pour déposer un baiser sur ma joue et je souris. Son parfum vient me coller des frissons, j’adore l’odeur de mon époux. Il porte le plus souvent les fragrances musquées d’une eau de toilette d’Yve-Saint Laurent dont je ne retiens pas le nom, car il est tout nouveau. Avant, il était accroc à Bleu de Chanel, mais maintenant…
Timidement, je rosis et je souris à son approche, le laissant glisser une main à ma taille, j’oublie l’incongru inconnu.
— Je me demandais comment il me connaissait.
— Tu le connais puisqu’il était présent à notre mariage en un peu plus gringalet à l’époque.
Devant mon air surpris, les deux hommes rient. Je suis rapidement éclairée alors. Adam Brown est le fils d’une lointaine cousine, donc cela fait de lui un membre de la famille de Paul. Il a obtenu le poste d’assistant juridique dans la société après un entretien royalement mené. Mon mari m’en a vaguement parlé, mais j’ai oublié, ce n’est pas le sujet important du siècle : comme Paul n’en a pas fait plus cas que cela, moi non plus.
C’est fou comme je ne reconnais chez les deux hommes que quelques traits de ressemblance. Enfin, je suis médisante, ils ont un pétillement commun dans le regard, mais Adam écrase Paul de sa présence, ce qui me chagrine. Peut-être est-ce pour cela que je me colle un peu plus à lui ou peut-être parce que j’ai peur de ce que je sens en moi quand je le dévisage. Je ne suis pas du genre à croire aux émois d’une seule œillade. Je ne cesse pas de fixer l’arrête de sa mâchoire quand il rit ou bien encore le pli que fait sa fossette quand il sourit. Et parfois, je lorgne ses mains avec envie…
Il m’arrive assez régulièrement de faire des emplettes plaisir avec Ingrid, généralement dès qu’elle a une proie en tête et envie de nouveaux sous-vêtements, ce qui est assez coutumier. J’adore m’acheter de la lingerie que je n’utilise pas forcément tout le temps. Ma vie sexuelle avec Paul est assez commune, je n’ose pas beaucoup et quand je le fais, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
Je me suis souvent imaginé des choses cochonnes, des pulsions masculines de sa part, mais il est doux, prévenant et soucieux de moi. S’il ne m’a pas dépucelé, nous avons construit une grande partie de notre sexualité ensemble. Toutefois, il m’arrive clairement de ne pas réussir à lui faire comprendre ce que je veux. Enfin, ne sachant pas moi-même ce que je désire, c’était compliqué.
Ingrid flâne dans le magasin de lingerie Victoria’s Secret. Bien entendu, après avoir vu Paul, elle s’est mise à le chasser. Mais étrangement, il ne lui a pas daigné un regard. Je n’ai jamais observé Ingrid faire chou blanc comme ça. Je la connais, cela doit l’irriter et pousser ses sens de prédatrice. Toutefois, elle n’a pas encore râlé sur le sujet.
— Il t’irait bien celui-là !
Me lance-t-elle en désignant un body lacé à culotte fendue, je le contemple, je souris et ma seule réponse est pathétique.
— Drew n’est pas très friand de ce genre de truc. Il préfère les nuisettes un peu Babydoll.
— Et toi tu préfères ça, je le sais !
Ingrid me reproche souvent de penser uniquement à ce qu’aimerait mon mari. Je sais, à notre époque, ce n’est pas une bonne chose de faire comme ça, on est rapidement jugé. Les femmes ne sont pas tendres entre elles de toute façon, une féministe sera évaluée par une plus conservatrice et inversement. Personnellement, je le sais, puisque je n’hésite pas à émettre dans ma tête des sentences sur Ingrid. Elle, elle ne se prive pas de le faire à voix haute.
— Peut-être que si tu osais, ça lui plairait aussi ?
Excellent point, j’ai cependant déjà essayé. Paul n’a pas changé d’attitude, il s’est montré adorable et un peu inquiet : il ne voulait pas que je m’emballe trop pour lui convenir, car, selon lui, je ne suis pas son objet. J’ai pensé que cela ne me rebuterait pas, mais je ne l’ai pas dit à voix haute.
Je sais, vous devez vous dire que je suis débile, que je devrais parler et oser, mais je sais aussi que Paul n’aime pas ce genre de femme. Il est pudique et réservé, le sexe ne lui déplait pas, mais il n’a pas que cela à la bouche et nous avons précédemment évoqué la vulgarité de ce type de chose. Je ne veux pas qu’il me prenne pour une perverse, je ne souhaite pas non plus qu’il change de regard sur moi, alors je me mesure.
Ce n’est pas bon, il parait, cela entraine des frustrations. Mais je ne m’en rends pas compte, je suis autopersuadée que tout me va, donc forcément… forcément je ne vais pas tout modifier d’un coup. Ni en avoir envie.
— Regarde celui-là…
Elle me met sous le nez un body à bandes noires, le genre qui cache beaucoup en laissant énormément de peau. Il est tellement beau, l’effet cage est sexy et j’imagine mes poires dissimulées en dessous. Je me mordille les lèvres tandis qu’Ingrid continue de me tenter en me l’agitant sous les yeux.
Je finis par céder, une impulsion soudaine, je dois au moins l’essayer. J’inspire, j’hésite, allez !
À mesure que je me déshabille dans la cabine, mon cœur bat plus vite. Je me sens fébrile, mais quand je commence à enfiler le body, par-dessus mes autres vêtements, parce que c’est plus hygiénique, je suis émue. Oui, cela me va bien, je m’admire dans la glace, si je lâche mes cheveux et que je me maquille un peu mieux…
Tournant sur moi-même, mon popotin est plein de promesses avec ce string, j’ai dans l’idée que cela va être séduisant. Peut-être que Drew va avoir cette pulsion soudaine !
La main d’Ingrid passe un petit serre-tête d’oreille de chat en dentelle.
— Faut que tu restes cute, et ça va te rendre méga-cute.
— Tu as de ces idées !
— Mets-le et fais-moi voir !
Elle a déjà passé la tête, sans attendre, les joues cramoisies, je me montre. Son expression me laisse perplexe. Elle finit par émettre un son de satisfaction.
— Rho, si avec ça, ton Drew ne te baise pas sauvagement !
— Ingrid !
Non, mais on va se taper l’affiche dans le magasin, ça la fait marrer. Elle se faufile dans la cabine.
J’adore Ingrid, c’est un peu une sœur pour moi, même si je la juge et que je l’envie, je l’aime réellement. Elle m’aide légèrement à m’émanciper ou à me donner plus de force dans ce que je fais. Si elle n’était pas là, je serais effacée. Paul la trouve trop exubérante, mais je la connais depuis la Fac. Elle a toujours été présente pour moi et inversement. Quand j’ai été obsédé par l’idée d’avoir un bébé, elle m’a tempéré, elle m’apprend aussi à être moins sévère envers moi-même. Ingrid m’est précieuse.
Je passe le serre-tête et on regarde le résultat dans le miroir. Je me trouve attirante et sexy, je dirais même que j’ai l’impression d’être une vraie femme. Tout en étant toujours grande et imparfaite. Ingrid me dépasse un peu, mais elle a cette paire de talons vertigineuse, comme toujours.
— Parfaite… me dit-elle…
Ce soir, Paul rentre un peu plus tard, une réunion avec le grand patron… cela ne me dérange pas, je ne suis pas du genre à faire des crises pour rien. Je lui ai préparé ma surprise, ce n’est peut-être pas le bon timing, mais c’est maintenant ou jamais, je n’oserais pas sinon.
J’ai craqué pour le body, mes seins rendent bien, tout est parfait, pour perfectionner le tout, je porte une paire de talons hauts et un joli peignoir en soie le temps de me balader dans la maison. On ne dirait pas moi, avec mes cheveux bruns lâchés sur les épaules et mon maquillage. J’ai accentué le regard félin, rougi mes lèvres.
Je ne vais pas mentir, à mesure que la soirée avance, j’imagine tout à fait comment les choses vont se passer. Je me fais des films, pour le plaisir et je tisse dans ma tête tout le potentiel de la situation. Mon intimité pulse parfois de fantasme, je resserre les cuisses en essayant de ne pas devenir écarlate et de ne pas tomber dans une forte excitation. Est-ce que je me demande si je peux être déçue ? Un petit peu, mais je me dis aussi que ça y est, ça va être le grand moment !
Autant vous dire que je suis totalement dépassée, mais fort pleine de désir. Je réalise sans l’admettre que j’ai autant envie de sexe qu’une autre et que je me suis conditionnée à l’inverse. Ce n’est peut-être qu’un passage après, mon horloge biologique tourne forcément. J’essaye de me trouver quelques excuses, je ne vais pas juste accepter d’être une femme qui a des envies.
Vingt-trois heures trente. La serrure de la porte de notre duplex cliquète enfin, je me dépêche de retirer mon peignoir et je m’installe à genoux devant l’entrée. Pourquoi ? Idée de Ingrid pour émoustiller. Elle m’a fourni plein de potentielles scènes, donc j’ai l’embarras du choix.
Ici, le visage baissé, vêtue de mes talons et de mon ensemble. Je me mordille un peu la lèvre inférieure, anxieuse et je me dis que le grand moment est presque arrivé.
— Bonsoir chéri.
Je l’ai fait. Sa silhouette dans l’entrée bloque la lumière du couloir, il a dû m’apercevoir. Pas un mot. Ai-je fait mon petit effet ? Est-ce que cela lui plait ? J’ose et je redresse alors mon regard, pleine d’espoir, et.
— Bonsoir Charline, désolé, mais… Paul n’a pas tenu le 12 ans d’âge !
Adam est là, un petit sourire en coin faisant ressortir la fossette sur sa joue. Mon cœur bat une chamade honteuse et je ne sais pas quoi faire si ce n’est resté là, les yeux dans les yeux…
***
— Merci.
Adam a couché son cousin, j’ai renfilé mon peignoir, chose que j’avais sous la main et je l’ai guidé dans la maison pour qu’il puisse emmener mon mari. Je n’ose pas le regarder dans les yeux depuis tout à l’heure. En même temps, si je le fais, je me décompose, je pense, alors je me contente de serrer ma ceinture et de fixer le sol.
— Je ne pensais pas qu’il rentrerait aussi saoul, cela ne lui arrive jamais.
— Les patrons fêtaient la décision du dernier procès. Il a été poli et a suivi, mais le whisky n’a jamais été sa tasse de thé.
— Je vois.
Il me regarde. Je n’ai pas besoin de lever les yeux, je le sens. Ses pupilles sont plongées sur le rebondit de ma poitrine, son corps bouge doucement, il semble admirer. Je n’aime pas cela. Je suis honteuse. J’ai envie de lui dire de partir, mais.
— Tu fêtais aussi quelque chose avec lui ?
— Une petite surprise de temps en temps, ne fait pas de mal, dans un couple. Merci de l’avoir ramené, tu n’étais pas obligé.
– Il voulait conduire. Je n’aurais pas pu le laisser faire, tu es trop jolie pour être une veuve éplorée.
Je glousse. Quoi ? Moi ? Je viens de glousser ? Sérieusement ? Mais son compliment… je sens le rouge chauffer mes oreilles, mes joues et mon cou. Je me racle la gorge afin de reprendre contenance et je lui demande.
— Tu veux un café avant de repartir ?
***
— J’ai toujours trouvé que tu étais très joli, même si à ton mariage j’ai été distrait par une de tes cousines.
— Oh…
Je ne sais que dire. Nous sommes dans la cuisine, il a son café devant lui, directement fait de la machine Nespresso. Celle que j’utilise parce que je ne comprends pas comment fonctionne celle sophistiquée de Drew.
Son air cabotin, son expression pleine de malice, il veut probablement m’apprendre qu’il a couché avec une de mes cousines, forcément. Je me demande quel est l’intérêt de me parler de ça tiens !
— C’était celle qui te ressemble le plus.
Je réalise qu’il s’est levé et qu’il est tout prêt. Son odeur me vient plus forte maintenant, il est juste à côté et me regarde. Ses pupilles posées sur moi, je le dévisage sans savoir ce que je dois dire, des sensations se tordent au fond de moi et tournent. Je déglutis pour parler, mais je n’ai rien à dire. Il sent… il sent bon le parfum de luxe. Il y a de l’opium…
— Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs.
Sa main glisse sur moi, elle s’est faufilée sur mon épaule et s’infiltre maintenant dans mon décolleté, descendant ses doigts sur mon sein, je… je suis incapable de bouger ou de prononcer quoi que ce soit. Mon mari n’est pas loin, je ne connais pas cet homme et je n’arrive pas à refuser. Un hoquet de surprise s’échappe, il défait de son autre main mon peignoir et sourit. Sa présence s’impose, il tourne la chaise et dévoile mon haut, je suis là comme une gourdasse, tandis qu’il écarte mes cuisses.
— J’ai toujours voulu baiser la mariée.
Non, mais comment il me parle ? Et pourquoi je reste bête sans pouvoir lui dire quoi que ce soit ? Je… je sens ses doigts courir sur ma peau, je sens ceux-ci se faufiler, tirer sur les lanières, il m’électrise et je souhaiterais juste être sous son emprise… je…
***
— Charline, ça va ?
Un sursaut, je suis partie dans mes pensées et je me retrouve à le dévisager stupidement. Dans un mouvement, je me redresse et je lance, plus fortement que je ne le voudrais.
— Je dirais à Paul que tu l’as ramené ! Merci !
Lui-même est surpris, tiens, mais cela vaut mieux. Il me toise, mais finit par avoir l’air amusé, comme s’il comprenait quelque chose. Je ne sais pas ce que c’est, mais je le raccompagne vers la porte, déterminée. Tout simplement. Quand je m’arrête, vive, il me rentre dedans et je me retourne brusquement.
— Tu n’as pas l’air très bien Charline.
– Mais si. Je vais aller me coucher et je te remercie.
— Je vois…
Il n’est pas Drew, ce genre d’homme est un prédateur qui devine parfaitement quand une femme est potentiellement à sa merci. Il sait aussi jouer avec sa présence, sa beauté et sa prestance. Je pars seule dans mes délires sur sa petite personne de beau gosse. Forcément, il est un fantasme ambulant.
Je reste suspendue dans le temps, incapable de faire autre chose que le dévisager. Il finit par soupirer et se baisser pour déposer un baiser sur ma joue. Sa moustache et sa barbe taillée de façon négligée me piquent, il presse sa silhouette contre la mienne et je sens ses doigts à ma taille. Il me rapproche de lui dans une étreinte innocente mais ce bisou sur la pommette a quelques secondes de trop.
— Si tu n’es pas bien, je peux t’aider, n’hésite pas.
Je veux répondre, mais rien de cohérent ne sort, il ne dit rien, me délaisse et s’en va sans un mot de plus. Je l’avoue, je n’ai plus de jambes…
— Je suis désolé pour hier soir.
Surprise par la voix de Paul, je me tourne dans sa direction. Il a émergé de la chambre, aujourd’hui, nous ne travaillons pas. C’est samedi en même temps. Sa silhouette encore habillée de sa tenue de la veille, il est tout débraillé. Mon mari est chou, tout décontenancé, il se frotte le crâne. Ses cheveux en bataille, son air de chiot, je le trouve adorable.
Oui je l’aime, oui j’ai fait des rêves cochons cette nuit où je voyais son cousin, mais ce genre de chose peut arriver, n’est-ce pas ? Ce n’est pas un mal. Je suis quand même nerveuse, j’ai prévu de voir Ingrid tout à l’heure, nous avons rendez-vous à la salle de sport, j’ai besoin de son avis.
Je porte pour l’instant un large t-shirt de football, je m’habillerais tout à l’heure. Finissant de faire les pancakes du samedi, je me retourne en haussant les épaules.
— Tu n’as rien fait de mal.
Doucement, il m’enlace. Prévenant comme il est, je peux sentir qu’il est passé se brosser les dents sans attendre et qu’il sent bon l’haleine fraiche, c’est fort plaisant. Je souris en me laissant dorloter.
— Je n’aime pas ne pas tenir mes promesses, mais tu sais comment est mon patron.
— C’est bon, ne t’en fait pas, je t’ai dit.
Ma bouche trouve sa joue et j’y dépose un baiser. Il ne s’est pas encore rasé. Son odeur corporelle est un mélange de sueur et de draps usés, ce n’est pas déplaisant. Je savoure un peu cela en me laissant dorloter par ses soins.
— C’est Adam qui t’a raccompagné.
— Heureusement qu’il était là ! Quand nous étions plus jeunes, on était inséparable, mais le temps a passé et l’adolescence nous a divisés. J’espère retrouver notre complicité peu à peu.
Quand il me dit cela, je me tends un peu. Je ne sais pas si c’est une bonne chose, je ne sais même pas si l’idée est fabuleuse. Avoir cet homme trop proche risque de causer beaucoup de souci, mais je me contente de sourire en retirant le dernier pancake du feu.
— Je l’espère pour vous aussi. Mais qu’est-ce qui vous a séparé ?
— Il… il a été mature bien plus rapidement que moi. Il s’intéressait aux filles, moi pas et ses parents ont déménagé. La routine en fait.
— Oh, c’est un coureur de jupons quoi…
— Et pas n’importe lequel ! L’on raconte qu’il a couché avec la mère d’un de nos amis entre autres choses. Enfin, tu es sévère sur le sujet, comme moi, je ne veux pas parler de ce genre de chose.
— Tu as raison.
Il m’a remis d’équerre, tiens. Comme lui, je suis strict. Ce qu’il vient de me révéler m’intrigue. Je ne sais pas ce que je dois faire, me poser des questions, vouloir en apprendre plus ou simplement ne pas tenter le diable ?
Une toute petite voix au fond de moi s’offusque. Pourquoi pas ? Juste un peu… Je la fais taire et je me retourne vers Drew et je lui souris. J’espère un passionné, mais il m’embrasse tendrement sur le front.
— Ma délicieuse petite femme. Je vais prendre une bonne douche, on petit déjeuner après ?
— Oui.
Je cache ma déception, j’aurais aimé un baisé enflammé ou un geste plus… sexy, mais non.
Seule dans la cuisine, je mets les pancakes au chaud et je me décide à le rejoindre dans la salle de bain après une longue hésitation. Un peu de piment, cela ne peut pas faire de mal ? J’ai envie d’un peu épicer tout cela. Du coup, je me faufile dans la pièce et j’ouvre la paroi en verre de la douche. Surpris, l’eau coulante chaude sur lui, il me regarde et je souris.
— Tu vas être toute mouillée ma chérie.
Je l’embrasse, collant mon corps contre le sien, je me dis que je ne dois pas le laisser parler. Sinon, il va forcément tout gâcher. Faire l’amour avec mon mari ne devrait pas être si compliqué. Je caresse son sexe qui se raidit à mon contact et je laisse ma langue tourner avec la sienne. Il reste égal à lui-même, doux et tendre, il me déshabille délicatement, me retire le t-shirt et glisse la petite culotte. Ses gestes tout en mesure et calmes me déçoivent, je le reconnais. J’ai envie qu’il m’empoigne et se montre plus viril, mais ce n’est pas son genre, cela ne l’a jamais été.
Frustrant de douceur, il baisse son visage sur mes seins pour embrasser mes tétons et jouer de sa langue sur eux. Son corps se fait tendre, complice, je ne peux pas dire que je n’éprouve pas de plaisir, il sait parfaitement me caresser, mais ce n’est pas assez. Il tête ma poitrine et mordille à peine mes chairs alors que ses doigts courent entre mes cuisses. Le long de la fente mouillée, il fait glisser ses phalanges, en introduisant deux de plus avec langueurs.
Quand son visage se redresse, je vois Adam, sa fossette, je pousse un gémissement, surprise, mais mon délire persiste et je le discerne sourire comme un diable, me plaquant contre la vitre pour me doigter sans finesse. Mon sexe palpite, se resserre, il gifle ma poitrine et je désire plus… beaucoup plus. Mais je cligne des yeux et je distingue Paul, il me regarde avec tendresse, m’empêche de me retourner et me soulève avec délicatesse. Son pénis glisse en main, mes jambes nouées autour de son corps, je le sens me bloquer et faire ses mouvements de hanche. Tout doucement. Sans une once de hardiesse ni de violence. Je ne sais pas ce que je ressens.
L’envie monte, mais elle manque de superbe, je voudrais des détails, des petits riens, il m’embrasse et me cajole, cherche à me faire mille fois du bien, je suis infâme. Non ? Bien sûr que je le suis, comment cela pourrait-il être autrement ! Je veux dire… il pense à moi et moi je boude comme une capricieuse, alors délicatement, je me force. Je ne me rends pas compte que je simule un peu. Mon plaisir grimpe dans des mouvements limpides, cela ne me fait pas de mal, mais cela ne me fait pas spécifiquement du bien. Je jouis quand même, mais pas autant que je le souhaiterais. Il vient à son tour dans un râle et me couvre de baisers.
On ne parle pas, on se cajole. Il me câline. Je me blottis.
Tout n’est pas comme je le désirerais.
***
— Aimer le sexe n’est pas un mal… tu sais ?
Ingrid me regarde pendant que l’on est sur les vélos, la salle de musculation n’est pas excessivement remplie, nous avons choisi de venir entre midi et deux, justement, parce que les gens sont à déjeuner.
— Pourquoi tu n’en discutes pas tout simplement avec Paul ?
— Parce que ce n’est pas son truc !
Je lui ai déjà dit dix mille fois : il n’aime pas la vulgarité, c’est un roudoudou, tout simplement et moi, je ne peux pas. Le perdre me fait très peur, je n’ai aucune envie qu’il me voie comme une salope ou je ne sais quoi.
— Je ne comprends pas, c’est ton grand Amour, mais sur le plan sexuel tu as besoin de tester des choses… après, ce qu’il ignore ne peut pas lui faire de mal.
Ingrid n’est pas au top au niveau de la fidélité, elle a toujours été assez volage et peu scrupuleuse sur le sujet. Le fait qu’elle dise cela tout haut ne me fait même pas un choc, mais je ne peux pas juste devenir ce genre de femme. Enfin, franchement, c’est immoral et terrible pour l’autre !
Je soupire, il faut que j’arrive à en parler à Paul c’est vrai ou que je fasse en sorte d’en discuter avec lui. Je ne peux pas me contenter de fantasmer comme une petite ingénue en manque !
— Je note cependant que tu fantasmes sur Adam Brown, espèce de vilaine fille !
— Oh arrête !
Je suis rouge de chez rouge et elle se marre. Non, mais franchement ! Elle adore me taquiner. Cela me fait bizarre qu’elle ne me juge pas et qu’elle ne me dise rien. Moi j’aurais été plus pragmatique, mesurée, je le suis toujours, mais là…
— Au pire des cas, tu as aussi droit à avoir ton jardin secret, tu sais. Fantasmer n’est pas tromper. Ton corps t’appartient avant d’être à ton mari donc si tu te tripotes en pensant à un autre homme, quel mal à cela ? Ce que je veux dire c’est que tu n’as rien fait de culpabilisant.
Elle a raison, mais ma morale est tellement étriquée. Je ne sais pas si j’ai le droit de l’écouter et de songer comme elle me le propose. Enfin bon, maintenant je n’ai qu’à me ressaisir et essayer de…
— Moi en tous cas, j’ai beau vouloir chasser le bel Adam, il se contrefiche de moi. J’ai sorti l’artillerie lourde pourtant !
Je lui fais un sourire penaud, que pourrais-je lui dire ? J’ignore ce qui pourrait plaire à Adam. Et je n’ai pas envie de savoir. C’est le cousin de mon mari, c’est un homme trop attirant et je me sens comme une biche en plein phare quand il est dans le coin.
— Tiens, quand on parle du loup !
Quoi ?
Mon visage se redresse comme celui d’un suricate hors de son trou. Et je réfléchis. Non, je ne veux pas le voir alors je baisse mon nez sur mon chrono et je le fixe. Yeux dans les yeux. Je ne risque pas de contempler Adam ainsi. Je sais qu’il est là. Mon instinct carbure soudainement, comme un repaire dans l’espace, je devine avec un radar imaginaire son approche. Il est le petit point rouge sur mon tensiomètre. Bip…bip…bip…
- Bonjour. Il parle français ? Je redresse le bout de mon nez. Le voilà à côté de mon tapis, le corps en sueur, il a son haut qui colle à sa peau, pectoraux parfaits, dessiné comme ceux d’une star de magasine, je m’oblige à plonger dans son regard. Mauvaise idée.
Ses pupilles vont sur Ingrid, me reviennent pour un clin d’œil et repartent sur mon amie. Elle a bombé les seins, pris son air de salope et lui souffle.
— Mais tu es tout transpirant. Qui est responsable que je sois jalouse ?
— Le coach de cardio. Tu peux encore t’inscrire à son prochain cours, je pense.
— Tu n’en donnes pas toi ?
Ça le fait rire, mais sans plus, moi je suis là, entre les deux, un peu agacée par la situation. Parce que je ne dis rien et parce que Ingrid se retrouve là à fricoter avec lui. Non, mais franchement !
— Drew m’a appris que je te trouverais ici, on se boit un smoothie après ?
C’est à moi qu’il parle ? Je le regarde sans savoir que dire, pourquoi ne s’intéresse-t-il pas à Ingrid ? Elle est canon et célibataire, sans compter qu’elle est clairement bien plus abordable !
Je ne sais pas ce qu’il cherche, ça me stresse, je voudrais l’ignorer, mais ça fait étrange et en faisant attention à mon souffle, je lui réponds.
— Je n’ai pas le temps, je dois filer faire des courses avec Ingrid ! On a des trucs à acheter.
— Des petits dessous qui ne couvrent pas grand-chose.
Je la fusille du regard. Non, mais elle dit ça sans se souvenir de ce que je viens de lui raconter, j’en suis certaine. Je la dévisage et elle me sourit crispée, lui ça le fait encore rire. Idiot !
J’arrête de courir et il en profite pour poser une main dans le creux de mes reins, il me claque une bise et marmonne.
— De la lingerie cage de nouveau j’espère, ça te va tellement bien.
Il s’éloigne.
— Bonne séance les filles !
Je suis écarlate et je suis incapable de dire quoi que ce soit ou de bouger. Je ne sais pas ce que je dois faire, simplement rester là comme une potiche me semble être la meilleure solution du monde ! Ingrid me parle, mais je n’entends pas. J’ai chaud, je suis rouge, je me sens… excitée.
— Allô, Ingrid appelle Charline… Ingrid appelle Charline…
— Hein ? Oh désolée, je… j’étais ailleurs.
***
J’ai eu du mal à terminer ma séance. Je le reconnais, je n’arrêtais pas de zieuter dans sa direction de manière absolument pas discrète. J’ai essayé tant bien que mal de me ressaisir, mais dès que je posais mes pupilles sur lui, je ne cessais pas de le voir. En sueur, les muscles bandés et des flashs obscènes me tournaient dans la tête.
Il faut que je me sorte ça de mes pensées. Je dois songer à autre chose. J’ai eu beau me dépenser deux fois plus, voire pire, au sport, c’est toujours là. En train de me bouffer l’esprit.
Qu’est-ce qu’il m’arrive franchement ? Je suis heureuse en couple, mon mari est doux, prévenant et bienveillant, je n’ai pas de raison de me plaindre. Encore moins de perdre les pédales comme ça. Le sexe n’a jamais été le moteur de notre relation, je n’ai jamais été porté sur la chose, mais j’imagine plus. Au fond, tout au fond de moi, j’ai envie de plus. C’est un tout petit mal qui me dévore, qui s’étend et qui grignote ma pensée. Je refuse de voir les dégâts que fait ma frustration. Je refuse de réaliser mes désirs enfouis au fond de mon être !
Mais c’est là. Et aujourd’hui je suis frustrée.
J’entends encore sa voix qui me parle de ma lingerie. Je sens encore sa chaleur dans le creux de mes reins et je le discerne bien m’attirer à lui pour me garder, transpirant, entre ses bras.
Si je prends une douche froide, cela devrait passer !
Bonne chose, vu que je dois aller me savonner dans les vestiaires de luxe de la salle de sport, je vais me remettre les idées en place !
Je m’engouffre dans la cabine de toilette que je ferme à clé et j’allume l’eau. D’abord mon ablution chaude pour me laver et compagnie et avant de sortir, un bon coup de froid.
Je suis nue, personne ne peut me voir, mais j’entends tout le monde. Bien que les espaces soient fort bien agencés avec un carrelage noir impeccable, cela reste des vestiaires. C’est luxueux bien entendu, vu le prix que je paye, mais sinon…
Je laisse couler l’eau tiède sur moi, cela me détend un peu, je me glisse sous la cascade du pommeau situé en hauteur et je soupire.
De la lingerie cage… cela te va tellement bien…
J’entends cet écho, je devine le sourire qu’il avait en disant ces paroles, sa fossette sur sa joue, le creux formé par celle-ci. Je pousse un gémissement. Je m’agace. Comment se fait-il que je sois incapable d’arrêter de penser à lui, si je ne me retiens pas, je vais divaguer sur des choses… et je ne veux pas.
En train de m’insulter moi-même, je coupe l’eau pour me savonner. Un léger bruit aux alentours me tire de mes rêveries. L’oreille tendue, la porte de la cabine à côté de moi claque brusquement, j’entends.
— Adam, si on se fait choper, je me suis renvoyée !
J’ai déjà entendu cette voix… c’est une prof de sport non ? Je reste bête et j’écarquille les yeux, je n’ose plus bouger. L’ouïe collée à la paroi, je devrais probablement toussoter pour qu’ils comprennent que les vestiaires ne sont pas aussi déserts qu’ils le pensent. Mais est-ce qu’ils ne s’en foutent pas un peu ?
Je crois que si.
— Chut, si tu fais trop de bruit Lindsey, c’est sûr qu’on va se faire choper. Ce serait con, tu me fais bander et j’ai tellement envie de baiser ta petite chatte.
Je me raidis. C’est Adam. Bon, en même temps, elle a dit son prénom il y a trois minutes ! Mais cela aurait pu être un autre !
Je me recule immédiatement comme brulée par la cloison. Il y a entre moi et ce couple improvisé qu’une séparation de douche, les cabines ne laissent rien voir, je les entends bien à cause de l’ouverture en haut. Ils parlent doucement, mais je les écoute quand même. Je devrais tousser, mais j’en suis incapable.
Je devine ce qu’ils font, ils se dessapent… ou en tous cas, ils l’ont fait.
— Cambre-toi mieux, je n’ai pas le temps et j’ai juste envie de te baiser comme la salope que tu es. Tu vas voir ce que tu vas prendre ce soir.
Ce soir ?
Adam est donc en couple ? Cela expliquerait pourquoi il ne s’intéresse pas à Ingrid ! L’idée qu’il ne soit pas célibataire me chagrine, mais en même temps ce n’est pas plus mal. Au moins, il y a moins de risque pour moi.
Le bruit des chairs résonne, je ne bouge pas, j’écoute, le corps tendu, mais ils allument l’eau histoire surement de couvrir leurs ébats, moi, je suis perplexe.
Sa façon de parler a fait frémir mon intimité, je l’imagine en train de se faufiler dans la caverne de la jeune femme et moi je ne la vois pas, je me vois à sa place.
— Je vais t’apprendre à m’exciter.
Cette sentence sonne pire encore, il grogne et les sons étouffés du couple me parviennent. J’ai envie de l’observer faire, mais je ne peux que l’inventer. Mon sexe palpite, ma petite fente tremble, je ne bouge pas plus qu’avant, gênée. J’ai un peu froid et mes tétons pointent, mais je ne suis pas sûre que ce soit que cela.
Excitée, je tends l’oreille, contre la paroi séparatrice, j’espère toujours entendre. Lindsay se retient comme elle peut, un bruit de claque ou de fessée peu importe résonne. Je crois que je suis bouillante.
Ils sont en train de baiser, comme j’aimerais l’être par Drew. Ces paroles me font un effet de dingue et je ne sais pas trop, ma main est descendue entre mes cuisses. L’autre me soutient à la paroi, je me suis cambrée en imaginant la façon dont il doit la détenir, je me caresse. Un doigt timide le long de mon sexe, je finis par l’insérer pour faire des vas et viens.
Salope…salope…
Le terme tourne et m’excite encore davantage. J’ai envie de baiser, d’être baisée, mon doigt est rejoint par un autre, les gestes tentent de se cadencer au rythme imposé par l’autre côté.
— C’est ça, caresse-toi, bouge, montre-moi combien tu veux ma queue.
