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Apprendre à votre bébé à faire ses nuits ? C'est possible.
Le sommeil n’est pas une composante isolée dans la vie d’un bébé : il va de pair avec d’autres facteurs comme la nutrition, le développement et la personnalité.
Dans ce livre, l’auteure Arna Skula, infirmière en pédiatrie et spécialiste du sommeil, nous transporte dans le monde des bébés, qu’elle nous fait découvrir à travers le prisme du repos. Elle nous explique comment améliorer leurs habitudes de sommeil, régler les problèmes qui y sont liés et quel peut être le rôle des parents qui désirent établir et maintenir de bonnes habitudes de sommeil pour leurs bébés et leurs jeunes enfants.
Avec ce livre :
- Corrigez les rythmes et horaires de sommeil de votre bébé.
- Examinez et modifiez vos réactions face aux réveils nocturnes de votre enfant.
- Apprenez à votre bébé comment s’endormir de lui-même, le jour comme la nuit.
- Consultez les diagrammes spécialement conçus pour cet ouvrage afin d’évaluer les besoins normaux de l’enfant à chaque tranche d’âge.
Un outil essentiel pour apprendre à gérer le sommeil de votre enfant et améliorer son bien-être.
EXTRAIT
Dans ce livre, j’explique quelles peuvent être vos attentes envers votre bébé et comment vous pouvez l’aider à bien dormir et à être heureux. Le sommeil n’est pas un phénomène indépendant : il est relié à bien d’autres facteurs dans la vie d’un bébé. C’est pourquoi j’aborde aussi des sujets comme l’allaitement, la personnalité, les rythmes individuels, la vie familiale, les circonstances extérieures et le bien-être en général. Après avoir appris à se tenir debout, par exemple, un bébé qui a toujours fait ses nuits peut se réveiller plus souvent, ou éprouver plus de difficulté à s’endormir.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Arna Skula est infirmière à l’hôpital pour enfants de Reykjavik, en Islande. Elle travaille en pédiatrie depuis plus de trente-cinq ans. Elle dirige une clinique de consultation externe destinée aux bébés ayant des problèmes de sommeil.
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Seitenzahl: 202
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Dans ce livre, j’explique quelles peuvent être vos attentes envers votre bébé et comment vous pouvez l’aider à bien dormir et à être heureux. Le sommeil n’est pas un phénomène indépendant : il est relié à bien d’autres facteurs dans la vie d’un bébé. C’est pourquoi j’aborde aussi des sujets comme l’allaitement, la personnalité, les rythmes individuels, la vie familiale, les circonstances extérieures et le bien-être en général. Après avoir appris à se tenir debout, par exemple, un bébé qui a toujours fait ses nuits peut se réveiller plus souvent, ou éprouver plus de difficulté à s’endormir. De même, un bébé qui vient de se remettre d’un rhume ou d’une grippe peut continuer à se réveiller fréquemment la nuit, même une fois complètement rétabli. Les réveils nocturnes peuvent survenir après un déménagement, ou après l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Ce ne sont là que quelques exemples du lien qui existe entre le sommeil de votre bébé et les diverses composantes de sa vie. Je signalerai d’autres facteurs importants tout au long de ce livre.
Diagrammes des cycles éveil-sommeil
Ce livre propose, au chapitre 4, des diagrammes spécialement conçus pour illustrer les périodes de sommeil et d’éveil à des âges différents. Les périodes de sommeil y figurent en blanc, et les périodes d’éveil en bleu. Les heures indiquées tout autour du cercle ne servent que de repères ; ils ne sauraient constituer une obligation pour votre bébé. Les nombres inscrits à l’intérieur du cercle, qui représentent le nombre d’heures et de minutes de chaque période de sommeil ou d’éveil, sont les seuls qui comptent.
Si vous désirez produire des diagrammes afin d’évaluer le sommeil de votre bébé et vous assurer qu’il dort suffisamment, veillez à ce que les périodes de sommeil et d’éveil correspondent à un horaire approprié pour votre famille, le jour comme la nuit.
Quand on prend soin d’un bébé, la chose la plus importante à savoir est que chaque enfant naît avec une personnalité et un tempérament uniques.
C’est pourquoi il n’existe aucune recette miracle qui puisse être appropriée à tous les enfants, et cela s’applique à leur sommeil. Un bébé peut avoir du mal à suivre une routine, tandis qu’un autre aura du mal à accepter un changement d’habitudes : les deux auront besoin d’encouragements différents. De plus, tous les parents n’ont pas la même approche, et celle-ci dépend aussi de la société dans laquelle ils élèvent leurs enfants.
Faut-il permettre au bébé de dormir dans le lit parental ? L’heure du coucher doit-elle être encadrée par des règles strictes ? Deux questions parmi tant d’autres qui soulèvent bien des discussions. Même si vous avez des idées arrêtées sur un point particulier (s’il est pour vous impensable, par exemple, de « refuser votre lit » à votre bébé), vous devrez faire preuve de flexibilité afin de favoriser le bien-être de votre enfant.
Quoique fragile et sans défense, votre bébé, à sa naissance, est déjà un individu, et il vous faudra du temps pour apprendre à le connaître. Il lui faudra aussi du temps pour vous découvrir, car les parents ne sont pas tous pareils. Peut-être espériez-vous ce bébé depuis longtemps, ou alors auriez-vous préféré attendre encore ? Peut-être êtes-vous confiant à l’idée de prendre soin de votre enfant, ou plutôt inquiet des formidables responsabilités qui reposent désormais sur vos épaules ? Peut-être venez-vous tout juste de prendre votre propre vie en main – et vous voilà censé être capable de prendre soin de quelqu’un d’autre. Peut-être êtes-vous issu d’une famille nombreuse et savez-vous comment vous y prendre avec les petits, ou bien êtes-vous enfant unique et sans expérience en la matière. Nous voulons tous être de bons parents, sans être vraiment certains de ce que cela signifie.
Un enfant a besoin de deux choses avant tout, l’amour et la sécurité qui ne vont jamais l’une sans l’autre. Si vous offrez à votre bébé la sécurité sans l’amour, vous aurez peut-être un enfant sage mais malheureux ; et si vous lui donnez l’amour sans la sécurité, il pourrait être enjoué mais turbulent, et douter de sa propre identité.
Cependant, comme pour d’autres aspects du développement, tous les enfants n’ont pas besoin de la même quantité d’amour et de sécurité. Certains ont besoin de beaucoup de ce que j’appelle la « sécurité communicationnelle », c’est-à-dire d’être constamment entouré des mêmes personnes, et peu de ce que j’ai baptisé la « sécurité environnementale », soit de se sentir en sécurité dans l’environnement physique. D’autres enfants ont besoin d’amour avant tout, et sont moins dérangés par un environnement peu sécurisant (ils peuvent, par exemple, déménager 10 fois de suite en un laps de temps très court sans aucune conséquence).
Quoi qu’il en soit, il est toujours avantageux de combiner amour et sécurité, en imposant des limites (ou des règles) à un enfant par affection pour lui. Mêler amour et sécurité dans un même geste en caressant l’enfant et en lui disant doucement, mais fermement : « Non, ce n’est pas permis », est toujours bénéfique. Apprendre de bonnes habitudes de sommeil à un bébé signifie souvent imposer des limites.
Exprimer son amour
Vous pouvez le dire avec les yeux, le toucher ou la parole.
Vous pouvez le montrer en vous intéressant aux activités de votre enfant, en devenant un spectateur et un admirateur.
Vous pouvez enseigner l’amour en partageant des moments de tendresse avec votre enfant.
L’amour signifie, entre autres choses, prendre part à la vie d’un autre. Il ne suffit pas de ressentir de l’affection pour votre bébé : il faut la lui exprimer et qu’il la perçoive. Savoir que quelqu’un l’aime est essentiel au bien-être d’un enfant. Votre bébé doit savoir que vous l’aimez même quand vous lui imposez des limites. Il doit savoir qu’il fait partie d’une famille, dont vous aussi faites partie comme lui (et peut-être d’autres). Vous devez vous intéresser à ses activités, à sa vie et à ses préoccupations – que ce soit en regardant la pluie glisser sur les vitres ou en jouant avec lui. Cela dit, il faut veiller à ce que votre intérêt ne lui nuise pas : ne lui prenez pas un objet avec lequel il est en train de jouer. Contentez-vous plutôt du rôle de spectateur et d’admirateur.
« Il est toujours avantageux de combiner amour et sécurité en imposant des limites (ou des règles) à un enfant par affection pour lui. »
Le sentiment de sécurité d’un bébé dépend de deux facteurs : l’environnement physique et la communication avec les autres.
Un bébé est paisible et se sent en sécurité parce qu’il sait où est sa maison ; il sait où il mange et dort dans cette maison. Il doit également connaître l’endroit où il passera ses journées. À mesure que votre bébé grandira, il voudra ranger ses affaires dans un endroit particulier. S’il doit dormir à l’extérieur de la maison, votre bébé appréciera d’être entouré des objets qui l’accompagnent habituellement au coucher et qui le réconfortent : une couverture, un animal en peluche ou une tétine. La présence de ces objets sert à préserver son sentiment de sécurité.
Un bébé doit pouvoir compter chaque jour sur les mêmes personnes pour s’occuper de lui, plutôt que d’en varier chaque jour. Cela est d’autant plus important chez un nouveau-né ; mais à mesure qu’il grandira, un contact avec un plus grand nombre de gens lui sera bénéfique. Il pourra ainsi s’habituer à interagir avec les autres, et bâtir sa perception de lui-même en tant qu’individu à part entière.
Le sentiment de sécurité d’un bébé dépend également de la réaction des parents devant ses comportements. Si un enfant perçoit dans cette réaction quelque chose de confus – si on lui permet de dormir une nuit dans le lit parental mais qu’on lui refuse la nuit suivante, ou si ses parents acceptent de rester à ses côtés un soir pendant qu’il s’endort, mais ne le font pas le lendemain soir, l’enfant ressentira de l’insécurité. Toute inconstance de la part de ses parents ou de ceux qui en ont la responsabilité exacerbe ce sentiment.
Puisque tous les enfants sont différents, l’approche choisie pour réguler le sommeil de votre bébé dépend de son tempérament et de sa personnalité. Voici deux exemples.
Les bébés extravertis et qui aiment explorer ont souvent besoin d’être « pliés » à la routine quotidienne.
Si votre bébé fait partie de cette catégorie, assurez-vous que ses périodes de sommeil et ses habitudes restent disciplinées. Car si vous le laissez n’en faire qu’à sa tête, il risque de ne dormir qu’à des heures irrégulières, ce qui peut nuire à sa capacité de profiter d’une bonne nuit de sommeil (sans parler des autres membres de votre famille).
Les bébés contrariés ou angoissés par des circonstances inhabituelles ou un environnement peu familier ont besoin d’être habitués au changement. Ils doivent apprendre à tolérer l’inattendu et les bouleversements de leur routine quotidienne.
Si votre bébé est sensible, vous devez lui montrer que la vie de tous les jours est pleine de variations sans conséquence, et qu’un peu de changement n’est pas la fin du monde. Ainsi, si votre bébé dort habituellement dans son lit à la maison, il peut apprendre à faire la sieste ailleurs, disons dans sa poussette, de temps à autre.
Certains bébés ont beaucoup de mal à accepter un changement d’habitudes, quel que soit leur âge. L’approche la plus efficace consiste à les entraîner à tolérer les variations, lentement et calmement, sans brûler les étapes.
Votre bébé doit savoir ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, et il faut lui envoyer des messages clairs et sécurisants. De cette façon, il apprendra à vous faire confiance et à vous prendre au sérieux.
Vous devez aussi faire preuve d’équité quand vous posez des limites. Votre bébé ne sera pas toujours content des règles que vous lui imposerez, mais il doit pouvoir savoir à quoi s’attendre. Les parents doivent savoir ce qui constitue des attentes raisonnables pour leur enfant, afin de demeurer réalistes dans leurs exigences. Vous ne pouvez espérer que votre bébé de trois mois puisse faire ses nuits sans demander le sein ou le biberon, par exemple.
Mais qu’est-ce qui est juste et raisonnable, et qu’est-ce qui est concrètement réalisable ? La réponse dépend de l’âge et du tempérament de votre bébé, et des circonstances de sa vie. Au chapitre 4 (pages 70-131), j’explique quelles peuvent être vos attentes sur le plan des habitudes de sommeil selon les différentes tranches d’âge.
La sécurité, c’est
L’environnement : Les bébés savent où se trouve leur maison – l’endroit où ils dorment, où ils mangent, où ils passent leurs journées.
La communication : Les bébés connaissent les demandes et les exigences qui leur sont faites, et savent à quoi s’attendre.
L’éducation d’un enfant dépend à la fois du bébé et de ceux qui en ont la responsabilité. En tant qu’adulte, vous êtes le gérant de l’équipe. Vous devez vous rappeler que votre enfant est loin d’être un joueur passif : ses réactions et sa personnalité ont une réelle influence sur le déroulement de la partie. Mais les enfants ont un rôle différent des adultes au sein de l’équipe. Votre bébé n’a pas la maturité nécessaire pour se préoccuper de vos sentiments ni de l’influence que votre interaction avec lui peut avoir sur vous.
Supposons, par exemple, que vous donniez à votre bébé un biberon chaque nuit et que vous décidez d’arrêter. Il est probable qu’il se réveille et qu’il ne cesse de pleurer. En tant que parent, vous vous direz peut-être : « Il va réveiller son frère qui dort dans la chambre d’à côté », ou « Oh non, les voisins vont commencer à se plaindre », ou « J’ai peur que ça l’insécurise », ou « Pauvre enfant, il a tellement faim, je ferais mieux de lui donner un petit quelque chose », ou « Maintenant il va réveiller son père, qui travaille 12 heures demain », ou encore « Je vais être épuisée demain ; comment suis-je censée pouvoir faire tout ce que j’ai à faire quand je ne dors pas une minute ? Son père ronfle comme si de rien n’était. Ah la la… »
Comme vous le voyez, le simple fait de refuser ce biberon ne signifie pas seulement que l’un des parents aura du mal à dormir. Il ouvre la porte à l’inquiétude et à la conjecture quant aux effets de cette décision sur le bébé et sur les autres membres de la famille.
Votre enfant, cependant, se dit seulement : « Je veux mon biberon. Qu’est-ce qui se passe, ici ? J’ai droit à mon biberon, j’en ai toujours eu un. Je veux mon biberon MAINTENANT. » Il ne se dit pas : « Ce que ça doit être dur pour maman ! » ou « J’ai dû réveiller toute la maison », ou « Je ne devrais pas boire un demi-litre de lait la nuit, ce n’est pas bon pour moi, alors j’arrête ». Si votre bébé est du type déterminé et tenace, il ne cèdera pas facilement.
Plusieurs facteurs ont un impact sur l’interaction parent-enfant. Les traits individuels, comme le tempérament, en sont un exemple. Tous les gens sont différents. Certains sont irritables, facilement contrariés ; plusieurs aiment suivre les règles à la lettre pendant que d’autres n’aiment pas avoir l’impression de vivre sous la contrainte.
Votre bien-être en général, que la fatigue due au manque de sommeil chronique peut affecter, influence également votre comportement à l’égard de votre bébé. (Dans les avions, on dit : « Avant d’aider votre enfant avec son masque à oxygène, mettez d’abord le vôtre. » Autrement dit, les parents devraient d’abord s’occuper d’eux-mêmes pour être en mesure de mieux s’occuper de leurs enfants ensuite.) Une fatigue constante peut faire en sorte que vous accouriez auprès de votre bébé quand il se réveille la nuit. Vous ne voulez pas qu’il se réveille complètement, car vous pensez qu’il aura encore plus de mal à se rendormir. Ainsi, vous commencez à lui donner plus de soins qu’il n’est nécessaire. Mais attention : votre bébé pourrait exiger plus, plus vite, la nuit suivante.
« Toute forme d’interaction entre un bébé et ses proches, croit-on, sert à jeter les bases de son développement affectif ultérieur. »
Le manque de sommeil chronique des parents peut également conduire à différentes formes d’anxiété : vous pourriez développer des inquiétudes nouvelles. D’autres facteurs – des problèmes au travail, une maladie dans la famille, des ennuis pécuniaires, et bien d’autres choses – peuvent aussi jouer sur la manière dont vous prenez soin de votre enfant.
Toute forme d’interaction entre un bébé et ceux qui en ont la garde sert à jeter les bases de son développement affectif ultérieur. Même si votre enfant n’en gardera aucun souvenir par la suite, une saine relation contribuera à son développement physique et mental. Il est important de lui parler, de solliciter sa participation, de le stimuler raisonnablement et de lui donner chaleur et affection, tout en respectant ses désirs lorsqu’il demande le calme et la paix.
Vous devrez réfléchir et prendre des décisions pour déterminer le régime de sommeil de votre enfant, en vous demandant si vos attentes sont réalistes. Il n’est jamais bon d’envoyer des messages confus à un bébé. La plupart d’entre eux – du moins, ceux qui dorment bien – toléreront quelques exceptions : par exemple, une nuit où ils auront un peu de mal à s’endormir ou se réveilleront plus souvent qu’à l’habitude pour boire. En d’autres circonstances, les habitudes de sommeil du bébé doivent être régulières. Vous devrez vous montrer particulièrement ferme si vous désirez changer les habitudes de votre bébé ou corriger des problèmes de sommeil, et le demeurer pendant quelques semaines au moins. Selon l’attitude que vous adopterez dans certaines situations – si, par exemple, vous le faites dormir dans le lit parental (voir ci-contre) –, votre bébé pourrait avoir besoin de messages clairs. Il pourrait être nécessaire de lui refuser votre lit complètement, le jour comme la nuit – y compris pour les changements de couche.
Il est toujours bon de se demander quelle est la méthode d’apprentissage la plus facile pour un bébé dans une situation donnée. Si, par exemple, vous voulez cesser de l’allaiter la nuit, il vaut mieux arrêter de lui donner le sein au lit et même ne plus l’allaiter dans la chambre : allez dans une autre pièce à l’heure de la tétée. Vous devrez envoyer des messages exceptionnellement clairs à votre bébé, et tenter de comprendre comment il vit ce qui se passe autour de lui.
Bien des parents se demandent s’il est mauvais pour leur bébé de dormir avec eux. Ils sont encore plus nombreux à souhaiter que les spécialistes du sommeil tranchent la question une fois pour toutes. Mais ce n’est pas si simple, et la vraie réponse est sans doute que la décision appartient aux parents. Avant de choisir, toutefois, il faut tenir compte de certains facteurs. Rappelez-vous que de faire dormir votre bébé avec vous augmente le risque d’accident. Un bébé peut se retourner à l’improviste et tomber du lit.
Il importe également d’habituer votre bébé à l’idée de dormir dans un lieu qui lui appartient, son « petit nid à lui ». Si vous le laissez dormir avec vous, attendez-vous à ce qu’il considère votre lit comme le sien. Avoir son propre lit crée un sentiment de calme et de sécurité. Il n’est jamais bon d’être un nomade du sommeil, de dormir parfois sur le divan, parfois dans le salon, parfois dans ce lit-ci et parfois dans ce lit-là. Si certains problèmes de sommeil peuvent être liés à un changement d’environnement, il n’existe aucun lien concret entre le fait de dormir dans le lit parental et les soucis de sommeil. La plupart des parents qui laissent leur bébé dormir dans leur lit le font parce qu’ils croient que cela leur facilitera la tâche, quand il devient pénible de se lever sans cesse pour prendre soin de lui. Dans l’ensemble, quand on décide d’accueillir son enfant dans le lit parental, on doit simplement se méfier des accidents, et vivre sereinement avec le fait que le lit appartient à toute la famille.
Il peut être agréable de partager le lit parental à partir de cinq ou six heures du matin, quand votre petit rampe jusqu’à vous pour se blottir pendant quelque temps avant que la journée commence. Certains enfants s’adaptent facilement à cette pratique, mais ce n’est pas le cas de tous, malheureusement.
Le tempérament de votre bébé est parfois un bon indicateur. En général, le partage du lit parental fonctionne bien avec un bébé calme et docile.
Un bébé très actif le jour remue souvent dans son sommeil (il rêve probablement de ce qu’il a fait dans la journée). On le retrouve aux quatre coins du lit, ce qui n’est pas très reposant pour ceux qui le partagent. Un tel bébé a également tendance à se réveiller quand la personne qui dort à côté de lui essaie de le coucher plus convenablement. Un bébé agité devrait donc dormir dans son propre lit, tant pour son bien-être que pour celui de ses parents. Ses mouvements incessants ne devraient pas vous inquiéter. C’est un phénomène passager qui peut s’amplifier lorsqu’il est très actif durant la journée.
Il est vrai qu’un bébé qui bouge constamment n’a souvent pas envie d’un câlin lorsqu’il est tout à fait éveillé, aussi ses parents peuvent décider de l’emmener dans leur lit pour partager un peu de tendresse alors qu’il est à demi endormi. Parfois, c’est le seul moment de la journée qui permet un contact physique pendant plus de quelques secondes. Le problème, ici, c’est que ce bébé impulsif est souvent incapable de se contenter de séjours occasionnels dans le lit parental. Il a du mal à apprendre qu’une chose est permise, mais seulement à l’intérieur de certaines limites. Il voudra probablement rejoindre ses parents de plus en plus tôt le matin, et finira par s’installer avec eux en permanence. Souvent, il ne tolérera une limite de temps que lorsqu’il sera devenu un peu plus mature.
Souvenez-vous que le but du sommeil est de se reposer. Vous devez faire en sorte de bénéficier du plus de repos possible quand vous et votre bébé dormez.
Partage du lit à proscrire
Votre bébé ne devrait pas dormir dans le lit parental si l’un des parents ou les deux :
Ont consommé de l’alcool ou pris des médicaments ou d’autres substances à effet narcotique.Sont malades.Dorment sur un matelas où l’on enfonce trop, comme un matelas d’eau.Fument. Même si vous ne fumez pas dans la chambre, il semble que des composés du tabac présents sur la peau et dans les cheveux des fumeurs nuisent au bébé qui entre en contact avec eux.Bien des parents se demandent à quel âge un bébé devrait avoir sa propre chambre. Le moment choisi varie quelque peu selon les pays.
La plupart des experts s’accordent pour dire qu’un nouveau-né (quatre mois et moins) devrait dormir dans la chambre de ses parents, puisque c’est à cet âge que le syndrome de mort subite (voir page 76) se produit le plus souvent. Des études ont montré que le pouls et la respiration d’un bébé sont plus réguliers durant les premières semaines de sa vie s’il dort non loin de ses parents.
Si votre bébé est âgé de cinq à huit mois, c’est le moment idéal pour l’installer dans sa propre chambre. À cet âge-là, il est assez vieux pour cesser de boire la nuit, mais encore assez jeune pour ne pas se demander où vous êtes quand vous sortez de sa chambre. (Cela survient généralement vers l’âge de neuf mois, et même si certains bébés ne semblent pas s’en soucier, d’autres expriment leur inquiétude par leur comportement.)
Si votre bébé est actif et inventif, il vaut mieux lui donner sa propre chambre avant qu’il apprenne à se tenir debout. S’il dort dans votre chambre, il deviendra d’autant plus actif, car en se levant dans son lit dans un demi-sommeil, il pourra vous voir et sera moins susceptible de se recoucher.
Un bébé qui se laisse facilement déranger et qui se réveille pour un rien devrait aussi, selon moi, être placé dans sa propre chambre assez rapidement.
Les jeunes bébés se plaignent rarement du fait de dormir dans une chambre à part, mais à l’âge de huit ou neuf mois, certains peuvent s’imaginer que leurs parents ont disparu pour toujours dès qu’ils ne les voient plus (c’est ce qu’on appelle généralement l’anxiété de séparation ; voir page 117). Une autre solution, si vous souhaitez ou devez garder votre bébé auprès de vous plus longtemps, consiste à lui donner sa propre chambre entre 16 et 18 mois. À cet âge-là, l’anxiété de séparation (si votre bébé en est atteint) diminue. Toutefois, certains enfants en souffrent plus longtemps – jusqu’à l’âge de deux ou trois ans ; et s’il s’agit d’un enfant qui n’aime pas dormir seul, je recommande souvent de le placer dans la chambre d’un frère ou d’une sœur, s’il en a, ou même avec un chat ou un chien.
Dormir dans une autre chambre
Votre bébé devrait avoir sa propre chambre si :
Il se réveille au moindre bruit.Il se réveille toujours quand vous entrez dans votre chambre pour vous coucher.Il a du mal à vous voir sans vous demander quelque chose.L’un d’entre vous se réveille au moindre mouvement du bébé et s’occupe de lui avant que ce soit vraiment nécessaire.De plus, votre bébé a depuis longtemps appris à se lever et à marcher : il ne passe plus autant de temps à s’y exercer et dort donc plus calmement, en règle générale. Un bébé est plus actif dans son sommeil lorsqu’il exerce une nouvelle habileté comme se tenir debout ou marcher – ce qui a probablement une incidence sur ses rêves, même si ce n’est pas prouvé.
On trouve, dans l’encadré de la page précédente, d’autres raisons pour lesquelles il peut être souhaitable qu’un bébé dorme dans sa propre chambre ou dans celle d’un frère ou d’une sœur.
