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Philippe Guilleri, brigand du Poitou sous le règne d'Henri IV, exécuté à La Rochelle en 1608. Voilà pour l’Histoire. Pour le reste, que sait-on ? La légende en a fait le héros d'une comptine célèbre : "Il était un p'tit homme, appelé Guilleri Carabi..." On a rapporté qu'il était un gentilhomme lettré, un voleur astucieux, ne s'en prenant qu'aux riches pour distribuer aux pauvres, bernant ses victimes sous des déguisements divers, se moquant des autorités pour faire rire le peuple, un hors-la-loi aux mains propres et au coeur pur. La vérité, mesdames et messieurs ? C'était un beau salaud !
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Seitenzahl: 116
Veröffentlichungsjahr: 2016
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A
Gustave Beignon
pour sa confiance et ses encouragements.
Acte I
Scène 1 : le Baron de La Roussière, de Pontguérin, de Montrezeau, Picart, Perrocheau, l’abbé Grelot.
Scène 2 : la Baronne de La Roussière et Catherine de La Roussière.
Scène 3 : Catherine, Constance, Denis de Sèvres
Scène 4 : Catherine, Denis, le Baron de La Roussière, de Pontguérin, de Montrezeau, Henri de Belgarde, Simon.
Scène 5 : Simon, Henri, Denis, Catherine, Montrezeau, Pontguérin, le Baron.
Scène 6 : Catherine, Henri, Denis.
Scène 7 : Guilleri et sa bande, le Baron et la Baronne.
Scène 8 : Guilleri et sa bande.
Scène 9 : Guilleri et Catherine
Scène 10 : Constance, le Baron et la Baronne, Catherine et Guilleri.
Acte II
Scène 1 : Henri, Denis, le Baron de la Roussière
Scène 2 : Denis – Henri.
Scène 3 : Denis - Catherine
Scène 4 : Henri, Denis, le Baron, Montrezeau et Pontguérin entrant au fond.
Scène 5 : les mêmes et Guilleri
Scène 6 : Guilleri et Catherine.
Scène 7: Guilleri et sa bande
Scène 8 : Guilleri - La Ficelle
Scène 9 : Guilleri, La Ficelle, Minotaure, le baron et la baronne.
Scène 10 : Guilleri, La Ficelle, le Baron, La Japette, Simon, Viviane, Constance, Beau Merle, puis Nau, Bréjon, enfin : Minotaure et la Baronne.
Scène 11 : Guilleri, La Ficelle, Constance, Viviane, Simon.
Scène 12 : les mêmes, Minotaure, La Japette, Beau Merle, Catherine
Scène 13 : le baron, la baronne, Henri, Denis, Constance, Simon, Viviane, Montrezeau et Pontguérin.
Acte III
Scène 1 : Simon et Viviane.
Scène 2 : les mêmes, Henri, le baron.
Scène 3 : le baron, Henri et Catherine.
Scène 4 : Catherine, Constance
Scène 5 : le baron et la baronne.
Scène 6 : Les mêmes, Viviane, Simon.
Scène 7 : Viviane, la baronne, le baron Simon, Montrezeau, Pontguérin et Henri.
Scène 8 : le baron, Henri, de Montrezeau et de Pontguérin, Constance.
Scène 9 : les mêmes, un cadet, Simon, Viviane, la baronne.
Scène 10 : le Baron, Simon, Guilleri, La Ficelle et Minotaure.
Scène 11 : Guilleri, La Ficelle, Minotaure, Catherine, le Baron, Simon (assommé), au fond de la scène Henri, Denis, Montrezeau, Pontguérin, les cadets, les bandits.
Scène 12 : Les mêmes, La Japette la baronne, Constance et Viviane.
Scène 13 : Guilleri, Henri, Denis, le Baron, Simon, Catherine, La Baronne, Viviane, Constance.
Acte IV
Scène 1 : Catherine, Louis, Constance.
Scène 2 : Catherine, la baronne.
Scène 3 : les mêmes, Denis, Parabère, le baron.
Scène 4 : Parabère et Denis.
Scène 5 : M de Parabère, d’Artagnan, Ravaillac, Guilleri, La Ficelle.
Scène 6 : La Ficelle, Guilleri, Ravaillac.
Scène 7 : Guilleri, d’Artagnan
Scène 8 : D’Artagnan, Guilleri et Denis.
Scène 9 : Denis, Guilleri.
Scène 10 : Denis, Catherine et Guilleri.
Scène 11 : D’Artagnan, Parabère, La Ficelle, Ravaillac et deux soldats.
Scène 12 : les mêmes, Guilleri, Denis, Catherine, le soldat et Ravaillac, le baron, la baronne et Constance.
Distribution de la pièce lors de sa création en novembre 2000
Distribution de la pièce en novembre 2015
PERROCHEAU – M. le Baron, il m’a volé 100 livres aux quatre chemins de l’Oie ! 100 livres ! Des semaines de travail !
L’ABBE GRELOT – Pire ! Il a commis un sacrilège ! Vêtu en évêque, il a frappé à la porte de notre évêché de Luçon. Qui aurait pu imaginer ? Comme il était l’heure du souper, Monseigneur l’a invité à sa table. Guilleri l’a enchanté de sa conversation. Quel beau parleur ! Ça ! Ses paroles coulent dans les oreilles comme le vin doux dans mon gosier ! Quand il fut bien rassasié et qu’on lui demanda de quel diocèse il avait la charge, le mécréant éclata d’un rire diabolique et s’écria : « Je n’en ai point à cette heure, mais ventredieu (il se signe) il se pourrait que le vôtre soit libre bientôt ! » Alors, j’en frémis encore, il plaça un couteau sous la gorge de notre évêque et exigea la dîme de la dîme !
LE BARON – La dîme de la dîme ? Qu’est-ce que c’est que cette nouveauté ?
L’ABBE GRELOT – Une mauvaise farce ! L’impôt des voleurs sur le clergé ! 1000 livres M. le Baron ! Une fortune volée à l’Eglise. Pour la paroisse de la Friponnerie et ses pauvres a-t-il ajouté en riant de plus bel.
LE BARON – Mais enfin ! Monseigneur n’a-t-il pas des gens à son service ?
L’ABBE GRELOT – Le bandit n’est pas venu seul. Ses complices nous tenaient sous la menace de leurs armes, M. le secrétaire, M. l’argentier et moi-même.
LE BARON – Que faisaient les valets et les servantes ?
L’ABBE GRELOT (amer) – Ah… je crois bien qu’ils ont ri !
LE BARON – Ils ont osé ?
L’ABBE GRELOT – Vous allez comprendre. Les bandits, après avoir pillé le coffre, ont remercié les gens de la maison. Ils ont distribué une livre au cuisinier, et 5 soles à chacun des commis, une livre à celui qui a pris soin des chevaux, une à celui qui a brossé les vêtements, une autre pour le sourire de la servante et, comble de l’insolence, un misérable denier à Monseigneur pour avoir promptement ouvert son coffre. (Le baron sourit.) Qu’est-ce que je disais ! Cela vous amuse aussi !
LE BARON – Excusez-moi, M. l’abbé, vous avez raison, je ne devrais pas sourire des impertinences de ce bandit.
PONTGUERIN – De qui parlez-vous M. de La Roussière ?
LE BARON – De Philippe Guilleri et de son armée de brigands, M. de Pontguérin.
MONTREZEAU – Qu’attendez-vous pour le faire pendre ?
LE BARON – M. de Montrezeau, il faudrait pouvoir l’arrêter. Mais ce diable d’homme n’est jamais là où on l’attend. De plus je n’ai pas les moyens d’entretenir en permanence une troupe de gens d’armes pour lui courir après. D’ailleurs cela ne servirait rien, les paysans le protègent. Personne, pas même mes propres gardes, n’aidera à mettre la main sur celui qui fait si bien rire les petits au détriment des grands !
PICART – Ah ! M. le Baron, je suis bien placé pour le savoir. Guilleri est passé à Boulogne le jour du marché. Il a régalé tout le village avec le vin que je comptais vendre. J’ignorais qui était ce généreux client, richement vêtu et qui invitait chacun à boire. Les hommes ont bu jusqu’à plus soif et ils riaient et ils dansaient et ils venaient serrer la main de l’homme qui payait. Moi aussi j’ai bu, M. le Baron, ou plutôt, le brigand m’a fait boire. J’ai bu, j’ai bu jusqu’à tomber parterre. Lorsque je me suis réveillé, il faisait nuit, mes tonneaux et ma caisse étaient vides. J’ai perdu dans l’affaire au moins 250 livres.
PONTGUERIN – Morbleu ! Je comprends que le bandit soit choyé. Quelle fête pour les villageois !
PICART – Il m’a laissé un mot de remerciement, si M. le Baron veut bien lire. (Le Baron prend le feuillet.)
LE BARON (lisant) – « Maître Picart, votre vin était excellent, je vous remercie pour votre générosité et vous convie à la prochaine fête que j’organiserai, à Chauché, le 12 du mois prochain. »
L’ABBE GRELOT – Quel toupet !
PICART – C’est demain !
LE BARON (continuant la lecture) – «J’ai récupéré les 200 livres que je vous ai prêtées tantôt, pour payer le vin de la prochaine fête, plus 50 livres pour les frais d’organisation. »
PERROCHEAU – C’est-y pas un coquin celui-là, Monsieur le Baron ?
LE BARON (finissant la lettre) – « Je compte sur vous le 12, et vous permets de venir avec vos amis marchands, surtout s’ils vendent de quoi manger, ce qui nous a un peu manqué aujourd’hui. Soyez assuré, Maître Picart, de mon entière satisfaction à votre égard. A bientôt. Votre dévoué Philippe Guilleri. »
MONTREZEAU – C’est incroyable, un pendard pareil !
PICART – M. le Baron, nous, les marchands, vous supplions de faire quelque chose pour notre sécurité. Le commerce devient impossible avec Guilleri.
L’ABBE GRELOT – Au nom de Monseigneur, je vous demande aussi de mettre fin aux agissements de Guilleri.
LE BARON – J’ai une nouvelle qui va vous rassurer. Le conseil du roi Henri IV a eu vent par mes soins des méfaits de Philippe Guilleri. Notre ministre Sully sait que le commerce dans le Poitou est considérablement ralenti. Or le royaume, vous le savez, a besoin de se relever des guerres qui nous ont opposés entre Français. Un officier royal et une troupe nous sont envoyés de Paris pour nous débarrasser de Guilleri.
(Picart, Perrocheau et Grelot expriment bruyamment leur satisfaction.)
MONTREZEAU – Des hommes expérimentés ! De vrais limiers !
PONTGUERIN – Vous pouvez reprendre vos affaires. L’officier royal n’aura qu’à montrer le bout de son nez, pour faire fuir Guilleri à l’autre bout du royaume.
LE BARON – On verra bien. Ils ne devraient plus tarder.
(D’un geste il congédie les marchands qui saluent et sortent.)
L’ABBE GRELOT – Toujours est-il que Monseigneur sera satisfait de l’intérêt que vous portez à cette affaire.
LE BARON – Transmettez-lui mes plus respectueux hommages, et assurez-le de ma grande considération pour les choses de la religion.
L’ABBE GRELOT – Comptez sur moi M. le Baron. Dieu vous garde messieurs ! (Il salue les barons en s’inclinant, ils lui répondent d’un signe de la tête. L’abbé sort par le fond.)
LE BARON – Messieurs, je vous convie à boire à la santé de notre bon roi Henri.
MONTREZEAU – Et à la paix religieuse !
PONTGUERIN – Qu’elle dure longtemps ! (Ils sortent sur le côté gauche.)
(Catherine entre à droite en colère, suivie de la Baronne de La Roussière.)
LA BARONNE – Ne te fâche pas Catherine !
CATHERINE – Tu me traites comme une enfant !
LA BARONNE – Mais bien au contraire ! Je te parle comme à une femme !
CATHERINE – Vraiment ?
LA BARONNE – Tu devrais pouvoir discuter de ce sujet avec ta mère sans te fâcher.
CATHERINE – Ah ! Tu vois
LA BARONNE – Quoi !?
CATHERINE – Tu as dit « tu devrais ». Ça veut dire que je ne suis pas encore une femme pour toi !
LA BARONNE – Mais enfin Catherine que veux-tu que je fasse ? Quand je te parle comme à une femme, tu cries et quand je te parle comme à une enfant, tu brailles ! Il faudrait savoir ce que tu veux !
CATHERINE (parlant de plus en plus fort) – « Tu devrais ... Il faudrait... » Des conseils ... Des leçons ... Ça me fatigue ! Et puis je ne crie pas et je braille encore moins, Madame !
LA BARONNE (fermement) – Alors assieds-toi et causons. (Elles s’assoient, très énervées mais cherchant à se contenir.)… Bon !... Catherine… tu as seize ans … tu es adulte … nous pouvons avoir une conversation entre adultes ?
CATHERINE – Oui maman !
LA BARONNE (prudente) – De femme à femme !
CATHERINE – Ah !
LA BARONNE (agacée) – Quoi ?
CATHERINE – Je te vois venir !
LA BARONNE (irritée) – Catherine !
CATHERINE – Tu vas me dire je dois songer à me marier, que Marguerite des Essarts qui a mon âge est mariée depuis plus d’un an, que les rois et les reines se marient parfois avant leurs quinze ans, et patati et patata ...
LA BARONNE (sur la défensive) – Et alors ? Il n’y a rien de mal à se marier ! Je me suis bien mariée, moi, et avec ton père en plus !
CATHERINE – Et c’est reparti !
LA BARONNE – Oh !
CATHERINE (lassée) – Je connais la chanson : tu n’as pas eu le choix, ce sont tes parents qui ont décidé, et tu n’as pas été malheureuse pour autant ! Mais maman ! On n’est plus au Moyen-âge !
LA BARONNE (furieuse) – Ah oui ? Et bien figure-toi qu’au Moyen-âge on se mariait ! Qu’à la Renaissance on se mariait ! Qu’on se marie encore aujourd’hui sous Henri IV et qu’on se mariera encore longtemps ! Et tu as beau me tenir tête, quand ton père décidera il faudra bien que tu obéisses ! Ah ça mais ! (Elle sort à droite la tête haute et rapidement pour ne pas entendre la réplique de sa fille.)
CATHERINE – Ah ! Elle m’énerve, mais elle m’énerve ! (Constance la chambrière entre.)
CONSTANCE – Vous vous êtes disputée avec votre mère Mademoiselle ?
CATHERINE – Comme d’habitude ! Qu’a-t-elle donc à vouloir me marier si vite ?
CONSTANCE – Vous avez seize ans ! C’est un âge plus que raisonnable pour une fille.
CATHERINE – Je ne suis pas prête. Et quand bien même je le serais, je veux choisir mon mari. J’en veux un beau, fort, gentil, courageux, fortuné, généreux, drôle, attentif ...
CONSTANCE – Vous voudriez pas qu’il vous aime en plus ! ?
CATHERINE – Tu te moques de moi ? ... Mais dis donc, nous avons le même âge, qu’attends-tu pour te marier, toi ?
CONSTANCE – La Saint Glinglin ! Vous, vous continuerez de manger à votre faim, de porter de beaux habits, d’être à l’abri du froid dans le château de votre époux. Pour moi, c’est tout différent ! Si je me marie, il faudra que je quitte le château de la Grève pour suivre mon époux dans sa chaumière, m’harasser avec lui dans les champs pour survivre. Franchement, je préfère me passer de mari et ne connaître ni la faim ni la misère !
CATHERINE – Que tu es grave soudain ! Je préfère quand tu te moques ! Sois gaie Constance quand tu es avec moi, j’ai assez de ma mère pour me rappeler des choses désagréables.
CONSTANCE – Mon Dieu, j’oubliais ! A propos de choses désagréables, quelqu’un demande à vous voir.
CATHERINE – Qu’entends-tu par désagréable ?
CONSTANCE – Je crois que c’est un nouveau soupirant.
CATHERINE – C’est un coup de ma mère ! Je n’aurai donc jamais la paix ! Je ne veux pas le voir ! Dis-lui que je ne me sens pas bien et que je ne suis pas en état de le recevoir.
CONSTANCE – Bien Mademoiselle. (Elle va à la porte, ouvre et annonce bien fort) Entrez Monsieur, Mademoiselle Catherine vous attend.
CATHERINE – Hein ! Elle est folle !
(Elle se cache derrière la tenture. Denis de Sèvres entre et la cherche du regard.)
DENIS – Mais ! Il n’y a personne !
CONSTANCE – Mademoiselle Catherine se cache car elle craint que vous ne la contaminiez.
CATHERINE – Ah la garce ! Elle va me le payer cher !
DENIS – Mais je ne suis pas malade !
