Jack L'Eventreur - Daniel Charneau - E-Book

Jack L'Eventreur E-Book

Daniel Charneau

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Beschreibung

THEATRE tragi-comédie policière L'affaire "Jack l'éventreur" bat son plein en 1888. Les lecteurs se passionnent, la police enquête avec l'aide d'un passionné dont elle se passerait bien ! Dans la haute société, la comtesse de chester Victoria Gatewood et ses enfants, Emily et Maximilien, ne sont fair-play ni avec leur employé, ni avec leurs prétendants... Les crimes horribles dans le quartier de Whitechapel pourraient bien servir la vengeance des uns et des autres. A moins que les coïncidences n'en soient pas et que l'éventreur se cache parmi eux...

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Seitenzahl: 118

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Je remercie mes premiers lecteurs, Christine, Philippe et Patrick, pour leurs encouragements et leurs critiques, sans lesquels je ne serais pas allé au bout de ce projet.

Je remercie le président de la troupe « Les Comédiens de Thorigny », Daniel Dubois pour la confiance qu’il m’a témoignée en acceptant de présenter cette pièce.

Merci aux membres de l’association qui ont participé à la création sur scène de « Jack l’éventreur ».

Enfin, je remercie ceux qui continuent de me rappeler gentiment avec quel plaisir ils ont joué la pièce ou l’ont vue.

Daniel Charneau

JACK L’EVENTREUR

PERSONNAGES

La famille Gatewood et son entourage

VICTORIA GATEWOOD, la Comtesse de Chester

MAXIMILIEN GATEWOOD, son fils

EMILY GATEWOOD, sa fille

TRISTAN RUNWALD,

ELLEN SMITH-ANJOU,

EDWARD SMITH-ANJOU,

GEORGES FLETCHER, le majordome

Les lecteurs du Morning Post et du Daily Telegraph

RUPERT FIX,

MARTHA FIX, son épouse

1er PASSANT,

2ème PASSANT,

FIGURANTS, passants, acheteurs de journaux et badauds

Les agents de Scotland Yard

WHILLIAM STANHOPE, inspecteur

FIGURANT, agent

Les Londoniens de Whitechapel

MARY STONEL

1er CRIEUR

2ème CRIEUR, 10 à 12 ans, vendeurs de journaux

AMANDA PAYTON, tenancière du bordel « Les roses d’Amanda »

WENDY PIKE et JANE, prostituées aux « Roses d’Amanda »

BRIAN , ALAN, JOE, EDDY et FIGURANTS, clients du bar

Table

T1- UN ASSASSIN DANS LONDRES

T2- LA FAMILLE GATEWOOD

T3- TRAHISONS

T4- UN CRIME

T5- WENDY A LA UNE

T6- SCANDALE

T7- VENGEANCES

T8- RENDEZ-VOUS

T9- GEORGES L’EVENTREUR

T10- DENOUEMENT

T11- EPILOGUE

Tableau I

ASSASSIN DANS LONDRES

Décor : une rue de Londres de la fin du 19ème siècle, un réverbère, un banc public.

Scène 1 : Mary, 1ercrieur.

(Mary est assise sur un banc elle écrit dans son journal personnel. Le 1er crieur, un enfant, entre. De temps en temps un passant traverse la scène au fond, dans un sens ou dans l’autre.)

1erCRIEUR – Demandez le Daily Telegraph! L’Eventreur frappe pour la troisième fois! Ben y a pas grand monde ce matin!(Il s’approche de Mary)Vous voulez lire le Daily Telegraph Mademoiselle?

MARY – Non merci.

1erCRIEUR – Vous êtes sûre? A cause que, vous devez rudement vous embêter, toute seule comme vous êtes, avec rien à faire!

MARY – Je ne m’ennuie pas! J’attends quelqu’un.

1erCRIEUR (s’asseyant à côté d’elle)– Qui ça?

MARY – Je ne réponds pas aux questions indiscrètes.

1erCRIEUR – Vous savez lire Mademoiselle, si c’est pas indiscret comme question?

MARY – Oui.

1erCRIEUR – Oui quoi?

MARY – Oui, je sais lire.

1erCRIEUR – Vous avez d’la chance! Moi je vends des journals, mais je sais pas lire … Mes parents disent qu’il vaut mieux les vendre que les lire, parce que lire ça remplit pas le ventre.

MARY – Mais ça remplit la tête! Et on dit « les journaux ».

1erCRIEUR – Vous pouvez lire votre cahier pour moi, Mademoiselle?

MARY – Non!

1erCRIEUR – S’il vous plaît!

MARY – Non, c’est un journal personnel. Ce que j’écris ne regarde personne! …(L’enfant boude.)Allons … ne te vexe pas, petit indiscret! Tiens, je vais te lire le journal …(Elle lui prend un journal et lit.)

1erCRIEUR – Chouette! Lisez-moi la page de l’éventreur. J’aime bien les histoires qui font un peu peur!

MARY – « Il y a trois jours, le 25 septembre 1888, la police de Londres découvrait à nouveau, le corps atrocement mutilé d’une prostituée, dans le quartier de Whitechapel. Aujourd’hui l’affaire rebondit.… » Tiens, qu’est-ce que je faisais le 25 septembre?

1erCRIEUR – Moi, je vendais les journals dans la rue, comme maintenant

MARY – Et moi …? Mais bien sûr! J’attendais Maximilien, comme en ce moment.

1erCRIEUR – S’cusez-moi Mademoiselle, mais vous m’embarrassez en rapportant des indiscrétions de la vie privée.

MARY – Petit malin va!

1erCRIEUR – Ouais, j’ai les joues qui m’chauffent! Alors si vous pouviez m’payer, j’pourrais aller cacher ma honte au coin d’la rue.

MARY – Te payer?

1erCRIEUR – Ben quoi? Vous l’avez lu le Daily Telegraph si j’m’abuse! C’est pas gratuit vous savez! Et vous n’oseriez pas voler un pauvre petit enfant des rues comme moi, j’espère!

MARY – Quel toupet!(Elle paie le journal. Le crieur sort.)

Scène 2 : Mary, Maximilien, Fletcher.

MARY – Lisons-le, maintenant qu’il est payé …(Elle reprend sa lecture silencieusement quelques secondes.)Quelle coïncidence! Je suis presque sûre!(Elle laisse le Daily Telegraph pour ouvrir son journal intime. Elle vérifie une page, puis tourne les pages en arrière. Elle s’arrête pour lire un passage et recommence pour un 3ème passage. Maximilien entre et l’entend. Il est suivi de près par Fletcher.)Ça alors!

MAXIMILIEN – Mary!

(Ils s’élancent l’un vers l’autre et s’étreignent. Pendant ce temps, Fletcher se cache et les espionne.)

MARY – Que je suis heureuse de te voir! Tu m’as manqué ces deux derniers jours!

FLETCHER – Petit cachottier!

MARY – Et moi, je t’ai manqué?

MAXIMILIEN – Tout le temps! Je ne pensais qu’à toi, mais je ne trouvais le moyen d’échapper ni à ma mère ni à Ellen.

MARY – C’est insupportable! Il faut que tu leur parles.

MAXIMILIEN – Je le ferai.

MARY – Quand?

MAXIMILIEN – Bientôt!

MARY – Ce soir?

MAXIMILIEN – Non pas ce soir!

MARY – Pourquoi?

MAXIMILIEN – Je ne suis pas prêt! Je ne sais pas comment leur dire. Et puis, il y a cette soirée chez les Huxington… Rassure-toi Mary, je n’aime que toi.

MARY – Tu leur dis comme tu viens de me le dire!

MAXIMILIEN – Ça déclencherait un petit scandale! Le fils de la Comtesse de Chester rompt avec sa fiancée pendant la soirée de gala de lord et lady Huxington!

MARY (peinée et s’écartant un peu) – Tu ne m’aimes pas... Pas vraiment!... Pas comme moi je t’aime.

FLETCHER – Qu’est-ce qu’ils se racontent ces deux-là!

MAXIMILIEN – Allons! Mary!

MARY – Sans cœur! Si l’éventreur m’avait assassinée, tu m’aurais déjà oubliée, va!

MAXIMILIEN – Pourquoi me parles-tu de cette affaire? Quel rapport avec nous?

MARY – Je viens de lire le Daily Telegraph, et, figure-toi que les meurtres commis par l’éventreur ont eu lieu les jours où nous avions rendez-vous!

MAXIMILIEN – Que dis-tu là?

MARY – J’ai vérifié dans mon journal personnel. L’éventreur aurait pu me tuer puisque nous étions séparés de lui que de quelques rues.

MAXIMILIEN – Ne dis pas ces horreurs!

(Le 2ème crieur entre, regarde à droite et à gauche et va s’asseoir.)

FLETCHER – Il faut que je sache qui est cette fille! Les renseignements, c’est le beurre sur mes épinards!

MAXIMILIEN – Pardonne-moi! Ma chérie! Je sais que c’est difficile à comprendre! Vois-tu quand je suis devant ma mère, les mots me restent dans la gorge!

MARY(fâchée)– Et bien tousse!

MAXIMILIEN – Allez, pardonne-moi! Je t’en prie!

MARY – Je veux bien te pardonner, mais tu devras faire quelque chose pour moi.

MAXIMILIEN – Accordé.

(Un passant entre, voit le 2ème crieur et s’avance vers lui pour acheter un journal, puis il repart.)

MARY – N’accompagne pas Ellen ce soir chez les Huxington! Reste avec moi!

MAXIMILIEN –(après un silence) Très bien! Où allons-nous?

MARY – Chez mon père! On y sera tranquille. Il n’y a pas que des éventreurs à Whitechapel, tu sais?

MAXIMILIEN(la prenant par la taille pour sortir)– Non, il y a aussi des amoureux!

(Deux passants entrent et descendent, ils croisent Maximilien et Mary qui sortent. Fletcher sort de sa cachette et interroge l’un d’eux.)

FLETCHER – Bonjour monsieur. J’ai cru reconnaître cette jeune personne qui s’éloigne, ne serait-ce pas la fille de …?(Faisant semblant de chercher)Allons de …?

UN PASSANT – Charles Stonel.

(Le 1er crieur revient.)

FLETCHER – Voilà. Charles Stonel! Merci monsieur. Je n’étais pas sûr! Je vais aller la saluer.

(Il sort et croise d’autres passants.)

Scène 3 : 2 crieurs, le 1erpassant, Martha et Rupert, le 2èmepassant, quelques passants figurants.

1erCRIEUR – Demandez le Daily Telegraph! L’éventreur frappe pour la troisième fois!

2èmeCRIEUR – Achetez le Morning Post! L’assassin de Whitechapel nargue Scotland Yard!

(Des passants viennent acheter le journal en entendant les cris.)

1erCRIEUR – Des révélations exclusives dans le Daily Telegraph!

2èmeCRIEUR – L’Eventreur écrit à la police! Lisez son courrier dans le Morning Post!

1erPASSANT(au 2ème crieur)– Le Morning post.

2èmeCRIEUR – Oui M’sieur! Deux schillings M’sieur.

(Rupert et Martha s’approchent du 2ème crieur. Martha semble impatiente et furieuse.)

1erPASSANT – Voilà.

RUPERT – Le journal mon garçon!

2èmeCRIEUR(lui donnant après avoir reçu une pièce)– Merci M’sieur.

(Le 1er passant s’éloigne un peu et ouvre le journal. Regards furieux du 1er crieur au 2ème. )

MARTHA(agacée)– Alors?

RUPERT – Encore deux minutes, deux petites minutes ma colombe…!

1erCRIEUR – Demandez le Daily Telegraph! Demandez le Daily Telegraph!

2èmeCRIEUR(se rapprochant du 1er)– Achetez le Morning Post!! … Achetez le Morning Post!

(Un 2ème passant arrive, les crieurs s’approchent de lui en se poussant du coude.)

1erCRIEUR(poussant du coude l’autre crieur)– Tout sur les horreurs commises dans le quartier de Whitechapel!

(Le passant paraît tenté par ce journal.)

2èmeCRIEUR – Les victimes étaient des prostituées! L’avis du docteur Freud dans le Morning Post!

(Le passant hésite.)

1erCRIEUR – Le nom de l’assassin dans le Daily Telegraph!

2èmePASSANT – Je le prends!(Il saisit le journal, donne une pièce et s’écarte.)

(Le 1er crieur bouscule le 2ème crieur qui laisse tomber sa pile de journaux. Il ramasse et poursuit le 1er qui sort en courant.)

1erCRIEUR(en criant)– Daily Telegraph! Daily Telegraph!

Scène 4 : Les mêmes moins les crieurs.

MARTHA – Alors?

RUPERT – Bonté divine …!(solennel)Ma chère, je refuse de répéter de pareilles horreurs. Ces journalistes écrivent des choses …choquantes.

MARTHA – Je me fiche du journal, Rupert. Je veux rentrer!

LE 1erPASSANT – Vous avez lu? Il poignarde des femmes et les découpe en morceaux!

MARTHA(horrifiée)– Aah! Des morceaux!? Mais ...mais…

1erPASSANT – Oui Madame. Il leur coupe les …(Il signifie la poitrine d’un geste des mains.)

RUPERT – Hola! Je ne vous autorise pas à prononcer des… des mots… aux oreilles chastes de Mme Fix!

MARTHA(le bousculant) – Mais taisez-vous Rupert!(au 1er passant, fascinée)Vous disiez qu’il leur découpe les … les…(Elle fait le même geste.)

2èmePASSANT – Les reins!

LES AUTRES – Ah?

1erPASSANT – Que lisez-vous?

2èmePASSANT – Le Daily Telegraph.

RUPERT – Et bien, lisez, puisque vous avez commencé!

2èmePASSANT(lisant)–«Il y a trois jours, le 25 septembre 1888, la police de Londres découvrait à nouveau, le corps atrocement mutilé d’une prostituée, dans le quartier de Whitechapel … »

MARTHA – Quelle horreur! Mais quelle horreur …!

2èmePASSANT(poursuivant sa lecture)– « Aujourd’hui l’affaire rebondit. Le Yard a reçu, hier, 27 septembre, par la poste, un paquet macabre contenant un rein conservé dans l’alcool … »

MARTHA – Quelle horreur! Mais quelle horreur …!

1erPASSANT – Cette information figure aussi dans mon journal!(lisant)« Le paquet était accompagné d’une lettre, cependant nous en ignorons encore le contenu … »

MARTHA – Quelle horreur! Mais quelle horreur …! Rupert, est-ce que vous vous rendez compte que nous habitons à deux pas de Whitechapel?

RUPERT – Je m’en rends compte! Je m’en rends compte!

MARTHA – Nous déménagerons au plus vite. Ce quartier devient insupportable pour une honnête femme!

2èmePASSANT – Le Daily Telegraph est mieux informé, mon cher. (lisant)« L’assassin révèle à la police qu’il a mangé l’autre rein. »

MARTHA – Quelle horreur! Mais quelle horreur!

2èmePASSANT – Nous avons à faire à un cannibale!

1erPASSANT – Le détail est croustillant!

MARTHA – Croustillant …!? Ah…! Rupert …! J’en ai assez entendu …! Partons d’ici, nous sommes à deux rues de ce maudit quartier.

1erPASSANT – Ne craignez rien chère Madame!

MARTHA (le prenant à partie) – Comment ça « Ne craignez rien? »! Trois femmes assassinées dans le même quartier en un mois : violentées, mutilées, et à présent dévorées… et vous trouvez qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter? Mais vous n’avez pas le sens commun mon p’tit bonhomme!

(Le 1er passant prend un air vexé.)

RUPERT – Calmez-vous, Martha! Permettez-moi, mon doux rossignol, de vous faire remarquer que Monsieur ne dit rien de malséant…

MARTHA – La paix, Rupert!(Elle plaque sa main sur la figure de son mari et le pousse. Il tombe sur le derrière.)

2èmePASSANT – Il s’agissait de prostituées, madame, et non de personnes de qualité.

MARTHA – Oui. Ces créatures ne sont pas à proprement parler des dames. Et je suis d’avis qu’elles ont mérité leur sort lamentable. Cependant, le monstre pourrait choisir bientôt d’autres sortes de victimes! Il faut absolument que la police arrête ce fou! Sans quoi, je vous le dis messieurs, ce sont les femmes de Londres qui vont devenir folles.

1erPASSANT(avec un flegme très britannique)– Oh! Je croyais qu’elles l’étaient déjà …

(Il part sans saluer, sous le regard des autres.)

MARTHA – Malotru!

Scène 5 : Le 2ème passant, Rupert, Martha et Stanhope.

2èmePASSANT – Ça alors!

RUPERT – Quoi? Dites vite!

2èmePASSANT – C’est… extraordinaire!

RUPERT – Lisez doux Jésus! Mais lisez donc!

MARTHA – Rupert! Ne soyez pas grossier!

2èmePASSANT – La lettre est signée … (regardant le couple) Jack… l’éventreur!

MARTHA(pensive)– Jack… l’éventreur!

RUPERT – Jack l’éventreur se fiche bien de la police! Il faudrait qu’un Sherlock Holmes s’occupe de son cas!

(Stanhope entre et s’approche de Martha qui ne l’entend pas.)

MARTHA(perdue dans ses horribles pensées et frissonnant)– Jack l’éventreur!

2èmePASSANT – Il assassine à tour de bras, toujours dans le même quartier, il laisse des indices, au point de se permettre d’écrire à la police … Si avec tout ça il ne se fait pas pincer, je n’y comprends plus rien.

MARTHA(dégoûtée)– Jack l’éventreur!

(Stanhope lui saisit l’épaule, elle se dégage en hurlant.)

STANHOPE – Pardonnez-moi, Madame, je ne voulais pas vous effrayer.

(Le 2ème