Des Six Ailes des Séraphins - Saint Bonaventure - E-Book

Des Six Ailes des Séraphins E-Book

Saint Bonaventure

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Beschreibung

Souvent il arrive, en effet, qu'une cause légère fournit au sage l'occasion de s'élever à une sagesse plus grande , et que la folie d'un autre contribue même quelquefois à son avancement. J'ai donc pensé que le présent écrit pourrait offrir aussi à ceux qui sont nouveaux et encore peu exercés dans le gouvernement, une occasion d'arriver à un discernement plus parfait du bien et du mal, et qu'il les porterait à considérer avec une attention plus vive , par la vue des défauts qu'il met au jour, bien des choses plus utiles, plus nombreuses et d'un ordre plus élevé que celles que j'ai exposées ici , bien qu'elles soient , du reste , nécessaires à un religieux désireux de bien gouverner ceux qui lui sont confiés. Nous lisons d'ailleurs que les sages ont quelquefois puisé dans l'industrie naturelle des animaux un sujet de remarques excellentes et la pensée d'employer, potin ceux qui sont doués de raison, quelque chose de semblable à ce dont ils étaient témoins.

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Veröffentlichungsjahr: 2023

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Copyright 2023

Cervantes Digital

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ISBN: 978-1-312-05219-2

 

Des Six Ailes des Séraphins

Saint Bonaventure

 

PROLOGUE.

CHAPITRE I. Que ceux qui commencent ont besoin d'un maître pour plusieurs raisons.

CHAPITRE II. Qui sont ceux qui n'ont point besoin de supérieur.

CHAPITRE III. Que la première aile des supérieurs doit être le zèle de la justice.

CHAPITRE IV. Que la seconde aile des supérieurs est la tendresse fraternelle.

CHAPITRE V. Que la troisième aile des supérieurs est la patience.

CHAPITRE VI. Que la quatrième aile des supérieurs est la vie exemplaire.

CHAPITRE VII. Que la cinquième aile des supérieurs est un discernement plein de circonspection.

CHAPITRE VIII. Que la sixième aile des supérieurs est la dévotion envers Dieu.

 

PROLOGUE.

Donnez au sage une occasion, et il deviendra plus sage, dit Salomon.

Souvent il arrive, en effet, qu'une cause légère fournit au sage l'occasion de s'élever à une sagesse plus grande, et que la folie d'un autre contribue même quelquefois à son avancement. J'ai donc pensé que le présent écrit pourrait offrir aussi à ceux qui sont nouveaux et encore peu exercés dans le gouvernement, une occasion d'arriver à un discernement plus parfait du bien et du mal, et qu'il les porterait à considérer avec une attention plus vive, par la vue des défauts qu'il met au jour, bien des choses plus utiles, plus nombreuses et d'un ordre plus élevé que celles que j'ai exposées ici, bien qu'elles soient, du reste, nécessaires à un religieux désireux de bien gouverner ceux qui lui sont confiés. Nous lisons d'ailleurs que les sages ont quelquefois puisé dans l'industrie naturelle des animaux un sujet de remarques excellentes et la pensée d'employer, potin ceux qui sont doués de raison, quelque chose de semblable à ce dont ils étaient témoins.

CHAPITRE I. Que ceux qui commencent ont besoin d'un maître pour plusieurs raisons.

Je vous écris ces choses afin que vous sachiez comment vous devez vous conduire dans la maison da Seigneur, qui est l'Eglise du Dieu vivant, dit saint Paul à son disciple Timothée, qu'il avait établi évêque de l'église d'Ephèse. Il lui écrit deux lettres pour lui enseigner comment il doit agir dans l'office du gouvernement qui lui est confié, afin qu'après avoir appris déjà de vive voix combien saintement il devait vivre pour lui-même, il sût encore par quel moyen il pourrait conduire les autres d'une manière avantageuse pour eux et méritoire pour lui. Il y a, en effet, une grande différence entre se soumettre humblement, vivre pacifiquement d'égal à égal, et commander utilement. « Vous en voyez beaucoup, dit saint Bernard, qui vivent en paix sous le commandement d'un autre, et que vous ne pourrez plus, une fois que vous les aurez affranchis du joug, réduire par vos paroles, ni défendre contre aucun de leurs caprices. Vous en trouverez d'autres qui vivent également en paix avec tout le monde, autant qu'il est en leur pouvoir, qui pourraient même se passer d'un supérieur, et qui cependant ne sont point propres à commander. Ils ont une médiocrité qui suffit pour eux-mêmes, selon la mesure de grâce qui leur a été départie; ils savent être pacifiques et en bonne harmonie avec leurs frères; mais, élevés au-dessus d'eux, non-seulement leur commandement deviendrait inutile, mais il serait insensé et pervers. Il faut donc des hommes qui l'emportent sur ces deux classes et qui savent être leurs guides. Aussi voyons-nous que Moïse ne reçoit pas l'ordre de prendre au hasard ceux qui doivent commander, mais de choisir les hommes les plus instruits et les plus capables pour juger le peuple en tout temps. »

Or, celui qui prend la charge de rendre les autres bons, doit auparavant avoir appris, par une pratique diligente, les règles qui conduisent à ce but, et les avoir changées pour lui en habitude par une observance réitérée. Ainsi, nous lisons que le Seigneur exerça d'abord ce qu'il devait enseigner dans la suite, selon cette parole des Actes des Apôtres: « Jésus commença à faire et à enseigner. » Ceux qui commencent ont besoin d'un maître dui leur découvre ce dui est nécessaire et profitable à leur salut et à leur avancement, ce qu'ils doivent éviter, ce qu'ils doivent aimer, ce qu'ils doivent faire, ce qu'ils doivent espérer, ce qu'ils doivent craindre, ce qu'ils doivent choisir entre le moins et le plus, entre le bien et le mal; et c'est ce qui a fait dire à saint Paul: « Vous avez besoin d'être instruits des premiers éléments de la science de Dieu. »

Un maître leur est encore nécessaire pour Ics exercer aux actes des vertus, car il ne suffit pas de connaître le bien, il faut savoir le mettre en pratique. Ainsi, celui qui apprend la médecine a soin de s'y exercer après ses études, parce que l'exercice donne en toute science une habileté plus profonde que ne saurait jamais faire l'enseignement seul. Mais, comme ceux qui sont imparfaits ont coutume de ne se livrer qu'avec négligence à la pratique des vertus, il est important qu'ils aient un supérieur qui les y pousse; et c'est pour cela que le maître, désireux de voir ses disciples arriver à la perfection, a coutume de les appliquer aux divers actes qui les y conduisent: telles sont les oeuvres de l'humilité et de la charité fraternelle, de la mortification, de la dévotion, de la patience, de la chasteté, du silence, de l'obéissance et des autres vertus, afin qu'elles s'implantent de telle sorte en eux qu'elles y deviennent une habitude, et que les vices contraires se trouvent ainsi déracinés; car, plus les progrès sont grands dans une vertu, plus le défaut qui lui est opposé s'affaiblit. De là cette parole de l'Apôtre: « Ayez soin de bien élever vos enfants, en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. »

Le supérieur est aussi, pour ceux qui commencent, un gardien qui les empêche de tomber dans le péché et de s'éloigner d'une sage discrétion dans l'accomplissement du bien. En effet, les âmes faibles et encore imparfaitement purifiées de l'affection au péché s'arrêtent souvent sur les bords de l'abîme, retenues plutôt par une crainte humaine que par la crainte do Dieu même. Il est donc utile à de tels hommes, pour se conserver à l'abri du péril, d'être soumis à la direction d'un supérieur. Au reste, nous savons que ce qui éloigne surtout l'enfant du courant des eaux ou de la rencontre d'animaux malfaisants, ce sont les menaces de sa mère; et le Sage a dit: « La prudence vous conservera afin que vous soyez délivré de la mauvaise voie et de l'homme qui tient des discours corrompus. »

Enfin, on trouve dans le gouvernement d'un autre un moyen de correction. Le péché entraîne toujours de lui-même à un plus grand mal, de même qu'une maladie en allume souvent une plus grave, et qu'une plaie engendre quelquefois la gangrène, si l'habileté du médecin ne s'empresse de courir au-devant. Celui qui tombe dans le péché se corrige difficilement, s'il n'est aidé du secours d'un plus fort que lui. Aussi Dieu veut-il que les plus avancés dans le bien soient placés au-dessus de ceux qui le sont moins, afin que si ces derniers viennent à tomber en quelque faute ou se montrent négligents et imprudents en quelque point, les avertissements, les réprimandes, les corrections et même les châtiments qu'ils recevront des autres, les remettent dans la bonne voie. Abandonnés à leur propre volonté, ils ne reconnaîtraient peut-être jamais leurs fautes, ou bien ils croupiraient trop long temps dans le bourbier et même s'y plongeraient plus profondément encore. De là cette parole de saint Jude: « Reprenez ceux qui paraissent ainsi condamnés. » Il est donc nécessaire à ces hommes de se soumettre humblement à un maître; le malade ne saurait être guéri de son infirmité s'il ne s'abandonne aveuglement aux lumières de son médecin. Les infirmités de l'homme, ce sont les passions, et le Seigneur a donné à ses disciples puissance et autorité sur tous les démons, avec pouvoir de guérir les maladies.

CHAPITRE II. Qui sont ceux qui n'ont point besoin de supérieur.

Ceux qui, pour leur conduite, peuvent se passer d'un supérieur, doivent être tellement fondés en science qu'ils n'aient point à errer dans les choses qu'il leur est nécessaire de savoir, ni à être trompés, sous prétexte du bien, soit par les hommes, soit par le démon, soit par leur sentiment propre. De plus il faut qu'ils aient reçu d'en haut le don du discernement des esprits, selon cette parole de saint Paul: « J'ai été formé à tout et instruit en tout. » Leur dévotion doit être si ardente que, sans impulsion étrangère, ils sachent se porter d'eux-mêmes avec zèle à toutes les pratiques de la vertu selon ce qu'il y aura toujours de plus convenable et de plus parfait, à l'exemple de saint Paul, qui s’écrie: « Oubliant ce qui est derrière moi et m'avançant vers ce qui est au-devant de moi, je cours incessamment vers le bout de la carrière pour remporter la félicité du ciel, à laquelle Dieu nous a appelés par Jésus-Christ. » L'amour du bien doit être si profondément imprimé en eux qu'ils abhorrent presque naturellement tout ce qui est mal, s'éloignent avec empressement de tout ce qui peut être un scandale, et vivent en paix et sans querelle avec tout le monde. « Ne donnez, dit l'Apôtre, aucune occasion de scandale ni aux juifs, ni aux gentils, ni à l'Eglise de Dieu. » Leur humilité doit être si sincère en toute chose qu'elle les empêche de s'élever à cause du bien qu'ils opèrent, leur ôte la présomption d'être exempt de toute faute, et leur fasse habilement discerner en eux tout désordre de pensée, de parole et de négligence, et y apporter remède par un châtiment sévère. Il leur faut en tout une stabilité telle qu'ils ne puissent être détournés de leurs saintes résolutions ni par la légèreté naturelle, ni par aucune dissipation, ni par les difficultés, ni par la crainte. Et c'est dans ce sentiment que l'Apôtre écrivait: « Qui nous séparera de la charité de Jésus-Christ? Sera-ce l'affliction, ou les déplaisirs, ou la faim, ou la nudité, ou les périls, ou la persécution, ou le fer? Je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la violence, ni tout ce qu'il y a au plus haut des cieux ou au plus profond des enfers, ni aucune créature ne pourra. jamais nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ Notre-Seigneur. »

Mais il est difficile de trouver des hommes remplis de telles dispositions. C'est pourquoi il convient à bien peu de vivre en dehors du joug de l'obéissance; et même ceux qui commandent ont besoin, pour s'acquitter plus sûrement et avec plus de fruit de leur emploi, d'être soumis eux-mêmes à d'autres supérieurs, en montant de degré en degré jusqu'au Souverain-Pontife qui tient la place de Jésus-Christ dans le gouvernement de l'Eglise militante. Il faut donc. que ceux qui sont appelés à diriger les autres soient ornés de diverses vertus, s'ils veulent le faire utilement; il faut qu'en eux la vie soit irrépréhensible; qu'envers leurs supérieurs leur obéissance soit humble et entière, et que vis-à-vis de leurs inférieurs leur direction soit digne de louanges et conduise à ce qu'il y a de plus parfait.

Cependant, bien qu'ils doivent posséder toutes les vertus dans un haut degré, puisqu'ils sont chargés de diriger les autres dans toutes les vertus, comme le nombre six est le premier nombre parfait en son genre, par les parties égales qui le composent, il me semble qu'un bon directeur des âmes, et surtout un. religieux, doit entre toutes ces vertus en posséder six d'une manière spéciale. C'est ce qu'a voulu nous enseigner le prophète Isaïe quand il nous a décrit les Séraphins, qui tiennent le premier rang parmi les esprits célestes ornés de six ailes. Et peut-être Notre-Seigneur, dans la vision glorieuse où il se montra à notre très-saint père François et où il le marqua des stigmates de sa Passion, choisit-il la forme d'un Séraphin pour nous apprendre que ceux qui voudraient gouverner utilement cette famille de ses enfants devraient avoir aussi des ailes spirituelles. D'ailleurs nous lisons pareillement que les quatre animaux de l'Apocalypse portaient chacun six ailes.