Des Voix dans la Nuit - Kevin Tondin - E-Book

Des Voix dans la Nuit E-Book

Kevin Tondin

0,0

Beschreibung

Pour survivre, les voyageurs du train reliant La-Chaux-de-Fonds et Neuchâtel devront choisir entre s'entretuer ou combattre des monstres terrifiants... Un choix qui ne se révèlera pas si évident.

Un soir, à bord d’un train reliant La-Chaux-de-Fonds à Neuchâtel, neuf voyageurs, dont un enfant et un bébé, se retrouvent bloqués dans un obscur tunnel. Soudain, une voix retentit par les hauts parleurs, les prévenant qu’ils vont devoir se battre contre des monstres terrifiants pour pouvoir survivre. Autre possibilité : s’entretuer pour faire grimper plus vite leur score, sachant que tuer un enfant rapporte beaucoup plus de points !… Les passagers s’allieront-ils pour faire face à la menace, ou l’instinct de survie individuel les amènera-t-il au massacre ? Après tout, ne dit-on pas que l’Homme est un loup pour l’Homme ?…

Ce thriller palpitant oscille entre horreur et bêtes fantastiques, explorant les limites de l'être humain et de ses capacités. Vous ne pourrez pas vous empêcher de vous projeter dans ce huit-clos et de frissonner durant votre lecture...

EXTRAIT

Olivier se tenait d’ailleurs entre les banquettes. Il leur tournait le dos et était penché en avant, de sorte que ni Alicia ni Damien ne virent à quoi il s’affairait.
⸺ La voix n’a pas menti, entendirent-ils, il y a bien des armes, ici !
Qu'est-ce que tu as dit ? lui lança Alicia qui fit mine de s’avancer, talonné de près par Damien.
En les entendant surgir, Olivier fit brusquement volte-face et les deux jeunes gens s’arrêtèrent immédiatement quand ils se rendirent compte que le rocker tenait dans sa main un long couteau à la lame bien affutée !
Où… où as-tu eu ça ? balbutia Damien, incrédule, qui hésita à se rapprocher du voyou.

Les armes étaient déjà ici quand je suis arrivé, dit Olivier en se retournant pour observer les armes éparpillées à ses pieds.
Le son de sa voix trahissait la surprise et l’étonnement, comme s’il ne comprenait toujours pas ce qu’il leur arrivait.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Kevin Tondin est un auteur « habité ». Agent administratif pour l’Etat de Neuchâtel, en Suisse, ce mordu d’écriture depuis son adolescence, a commencé par développer ses univers dans des livres de jeux de rôles. Influencé par le cinéma, il s’est trouvé la passion de raconter ses histoires, mêlant terreur et prise de conscience, génie et folie, pour nous amener vers nos propres limites…

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 281

Veröffentlichungsjahr: 2019

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.


Ähnliche


Kevin TONDIN

Des Voixdans la Nuit

Thriller

Cet ouvrage a été composé en France par Libre 2 Lire

www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN papier : 978-2-490522-31-6ISBN Numérique : 978-2-490522-32-3Dépôt légal : Septembre 2019

© Libre2Lire, 2019

Des Voix dans la Nuit est dédié avant tout à mes parents Jean-Charles et Isabelle, à mon frère David et à ma sœur Athéna, mais aussi à tous mes amis proches : Kyle, Vincent B., Lionel, Lorenzo, Ludovic B., Dada, Alex, Michael K.., Nicolas M., Mélody, Elodie, Cinzia, Olivia et Aina. Merci à vous d’être là.

À tous mes collègues du bureau radar : Clyves, Déborah, Catherine, Olivier et surtout Sophie pour l’aide qu’elle m’a apportée et pour les conseils qu’elle m’a donnés.

Chapitre 30

D’un coup de talon rageur, elle écrasa le mégot de cigarette qu’elle venait de jeter au sol.

D’habitude elle ne fumait pas, car non seulement le goût de la cigarette la dégoûtait, mais en plus cela lui coûtait cher. Les rares fois où elle s’autorisait à fumer, c’était lorsqu’elle était contrariée.

Et contrariée, elle l’était.

Alicia Jörin venait de sortir de son rendez-vous et celui-ci s’était très mal passé.

— Quel connard, marmonna-t-elle. Il fait genre qu’il me connait mais il ne sait rien sur moi.

Déjà que d’avoir ce rendez-vous un vendredi l’avait agacée, elle avait autre chose à faire de son temps, mais en plus, elle avait dû monter jusqu’à La Chaux-de-Fonds, une ville du canton de Neuchâtel sise à plus de mille mètres d’altitude et qui avait la réputation d’une cité où il faisait toujours froid et mauvais temps.

Alicia frissonna.

— En plus, en plein automne… Quel pays de loups !

Elle se tenait sur le quai de la voie 5, toujours à son endroit habituel, en haut de la rampe, près de l’abri où les personnes pouvaient s’abriter en cas de mauvais temps, juste en dessous de l’horloge. Elle guettait avec impatience l’arrivée de son carrosse de fer.

En regardant autour d’elle, elle n’aperçut qu’une dizaine de personnes qui attendaient sur le quai, dont une femme tirant une poussette, un père en costard et son enfant et un jeune couple qui s’engueulait. Enfin, en y regardant de plus près, c’était le mec qui criait sur sa copine. Concernant le gamin, celui-ci hurlait pour une raison qui échappa à Alicia. Certainement un caprice d’un enfant pourri gâté. Il sautait sur place sous les yeux las de son père qui faisait de son mieux pour le calmer.

Si j’ai un enfant, faites qu’il soit calme, s’il vous plait, pensa-t-elle.

Alicia observa d’un mauvais œil le jeune homme du couple, affublé d’une casquette en damier noir et blanc et d’un blouson de rocker. Celui-ci criait sur sa copine, une petite blonde soumise, qui baissait la tête.

Quel connard, ce mec. Si j’étais à la place de la fille, je lui dirais ses quatre vérités

Alicia Jörin détestait que l’on malmène les femmes, et plus d’une fois elle s’était déjà bagarrée avec des mecs qui ne respectaient pas leur copine.

Elle finit par détourner les yeux et regarda l’horloge.

— Encore quinze minutes à attendre dans ce froid, soupira-t-elle.

Elle avait promis à son copain d’être de retour pour 21h30, car depuis la mort de son cousin Gabriel, l’été passé, où lui et plusieurs autres jeunes avaient été tués dans un chalet en Engadine, aux Grisons, il détestait rester seul et avait besoin d’elle.

Cela faisait maintenant trois mois qu’elle habitait chez lui, à Neuchâtel. Elle était enfin parvenue à quitter sa fichue ville natale, La Chaux-de-Fonds.

D’ailleurs, après son rendez-vous, elle en avait profité pour aller dire bonjour à sa mère, mais là aussi, sa visite s’était mal passée. Sa maman n’avait pas cessé de lui faire des reproches, notamment pour la cigarette et pour ses études. D’après elle, sa fille ne prenait pas assez son apprentissage au sérieux.

De toute façon, pas moyen de discuter avec ma mère, aujourd’hui. J’avais beau lui parler, elle ne m’écoutait pas. Je suis bien contente d’être partie, se remémora-t-elle.

Nouvelle rafale de vent qui la fit sortir de ses pensées.

— Brrrrr, tu te magnes, saloperie de train !

Elle portait son pantalon préféré, celui aux couleurs militaires, ainsi qu’un t-shirt à l’effigie de son groupe de musique favori, Rammstein. Sachant qu’elle devait se rendre dans le haut du canton, elle avait emprunté, juste avant de partir, le large pull blanc à capuche de son copain. Elle avait même pris une écharpe et mis ses grosses chaussures montantes.

Malgré tout son attirail, le froid mordant de ce mois d’octobre continuait de la faire greloter. Il faut dire que la jeune femme était de nature plutôt frêle, elle n’avait donc pas beaucoup de réserve pour se réchauffer.

— Hé, toi ! s’exclama soudain une voix éraillée.

Alicia ne se retourna pas, ne sachant pas si la personne s’était adressée à elle ou pas, mais en dehors d’elle, il n’y avait pas grand monde, aussi elle fit mine de n’avoir rien entendu.

— Hé, toi ! continua cependant la grosse voix. Oui, toi. Tu aurais une cigarette ?

Malgré elle, Alicia se retourna, irritée, et fit face à un de ces habitués de la gare.

Cheveux hirsutes, barbe mal taillée, l’inconnu devait avoir la quarantaine bien entamée, mais surtout, il puait la godaille à des kilomètres à la ronde. Il tenait d’ailleurs dans sa main droite une canette de bière bon marché, le genre de breuvage qu’aucune personne sensée ne boirait.

Ça y’est, ‘faut que je tombe sur le pochetron du coin.

Sa veste verte effilochée et son pantalon troué aux genoux avaient vu des jours meilleurs. Alicia se demanda comment on pouvait se laisser aller à ce point-là.

— Désolée, je n’ai pas de cigarette, je ne fume pas.

Réponse claire et simple.

Machinalement, elle serra son paquet qui se trouvait dans l’une de ses poches, pendant que son autre main caressait le manche de son objet fétiche placé dans une autre.

— Allez, je suis sûr que tu en as une, répliqua l’épave qui lui soufflait son haleine fétide.
— Je t’ai dit non, alors c’est bon ! répondit-elle d’une voix sèche.

Alicia n’était pas du genre patient. Elle attribuait ce trait de caractère à son signe astrologique, Scorpion. Malheureusement pour elle, l’individu n’était pas décidé à la laisser tranquille.

— Voie 5, arrivée du Regio Express à destination de Neuchâtel, annonça la voix féminine robotisée.

Yes, sauvée par le gong, se réjouit Alicia.

— Je dois y aller, mon train arrive.

Elle tourna le dos sans attendre la réaction de son miséreux interlocuteur et se dirigea au bord de la voie.

— C’est ça, dégage ! s’écria l’alcoolique de sa voix éraillée.

Alicia avait l’habitude de se faire aborder, que ce soit à la gare ou en soirée. Avec son mètre cinquante-quatre, sa longue chevelure brune, ses yeux d’un bleu intense, ses taches de rousseur et ses lunettes rouges qui lui conféraient un petit côté sexy, elle attirait facilement le regard. À force, elle s’était enfermée dans une armure et ne laissait plus personne l’approcher, se montrant même parfois agressive.

La nuit était déjà bien présente quand elle monta dans le train. Elle aimait beaucoup cette période de l’année, car non seulement c’était le mois de son anniversaire, mais surtout le soleil se couchait très tôt. Elle adorait se retrouver dans la nuit, comme si l’obscurité lui permettait d’être invisible aux regards des gens.

Une fois dans le wagon, elle se rendit dans la section 2ème classe, passant entre les sièges dont seule une partie était occupée.

Une fille, de dix-huit ans tout au plus aux cheveux noirs et courts, dont les extrémités avaient été colorées en bleu, était avachie sur l’un d’entre eux. Son visage pâle était mis en avant par du fard à paupières noir et par deux petits piercings ronds fixés juste en dessous des extrémités des lèvres. Elle portait un corset noir et mauve ainsi qu’un minishort sur de longs bas noirs. Des bottes de même couleur à lacets et à talon complétaient sa tenue gothique. Elle était en train d’écouter de la musique, plongée dans son univers.

En passant à côté d’elle, Alicia l’observa longuement, car elle aussi avait eu sa période gothique il y a quelques années de cela, une période de sa vie qu’elle préférait oublier, d’ailleurs.

Alicia Jörin alla s’asseoir deux rangées plus loin, presque dans le fond, se jetant littéralement sur le siège. Elle aussi allait pouvoir se murer dans sa musique.

En chemin, elle avait croisé un jeune homme de vingt-cinq ans environ qui cherchait aussi la meilleure place. Il était en train de ranger son énorme valise bleue dans le porte-bagages fixé au-dessus des sièges, quand elle était passée à côté de lui.

Son aspect atypique avait d’ailleurs attiré le regard d’Alicia. Il faut dire qu’avec sa moustache taillée au centimètre près, ses longs cheveux bruns et fins parfaitement brossés et ses lunettes aux montures noires et épaisses, il ne passait pas inaperçu, notamment par sa tenue vestimentaire. Il avait enfoncé sa petite chemise en flanelle dans son pantalon slim auquel il avait retroussé le bas, de sorte qu’un peu de peau était visible entre l’extrémité du pantalon et le haut de ses chaussettes.

— Oh, pardon, lui avait-il dit lorsqu’ils s’étaient légèrement bousculés.

Sa voix était douce et mélodieuse, et Alicia aurait pu mettre sa main à couper que l’homme devait être chanteur ou artiste.

Une fois installée, la jeune femme sortit ses écouteurs sans fil puis but une longue gorgée du Redbull qu’elle venait d’ouvrir. Le trajet jusqu’à Neuchâtel durait une bonne demi-heure, et elle allait pouvoir en profiter pour se relaxer un peu. Hélas, son bref repos fut interrompu par l’arrivée du père et de son fils, toujours aussi geignard.

— Oh non, il ne manquait plus que ça, maugréa-t-elle en fixant ses écouteurs.

Elle voulait être mère, mais quand elle voyait des enfants hurler pour rien, cette envie disparaissait presque aussitôt.

— Noah, s’il te plait, reste tranquille ! implora presque le père de l’enfant. Assieds-toi maintenant et ne dis plus un mot.

Pendant que son fils alla s’installer, en posant évidemment les pieds sur le siège, son père enleva son veston, avant de se laisser choir à son tour sur la banquette. Son fils fut à peine assis qu’il demanda de sa petite voix criarde :

— Papa, pourquoi toi et maman vous n’êtes plus ensemble ? Et pourquoi vous vous criez dessus ? Et pourquoi tu dois toujours travailler tard ? J’ai faim, quand est-ce qu’on mange ? Lundi, je ne veux pas aller à l’école ! Papa, tu m’écoutes ? Papa ?
— Noah, je t’en prie, reste tranquille et laisse ton papa se reposer, dit son père en se passant la main sur le visage, éreinté.

Être parent, c’est la galère, songea Alicia en buvant une autre gorgée de sa boisson énergisante.

Le train partait dans deux minutes et il tardait à la jeune femme de rentrer pour retrouver les bras de son petit ami.

Soudain, la porte du compartiment s’ouvrit pour laisser passer la mère de famille poussant sa poussette. Elle soufflait fort, probablement parce qu’elle venait de hisser toute seule la poussette, de laquelle provenaient des petits cris.

La femme avait de longs cheveux noirs décoiffés, et son visage était marqué par des cernes prononcés. Elle avait tout de la jeune mère qui ne passait pas toutes ses nuits. Une écharpe était passée négligemment autour de son cou et son chemisier beige était boutonné de travers. Sa veste en jean était attachée en travers de la hanse de sa poussette.

Tandis qu’elle essayait de ranger la poussette dans un coin libre du compartiment, la porte automatique s’ouvrit sur le jeune couple aperçu plus tôt sur le quai.

Le petit ami, toujours vêtu de sa veste de rockeur, tirait brutalement sa copine par le bras, bousculant au passage la mère de famille.

La jeune femme blonde, dont les cheveux avaient été rassemblés en une tresse, faisait peine à voir : elle rencontrait des difficultés à marcher en raison de ses talons trop haut et de sa mini-jupe noire trop serrée. La copine du rocker n’était pas grosse, mais avait des formes qu’elle mettait en valeur. Après, était-ce vraiment de son fait ou plus vraisemblablement un caprice de son petit ami ? Des bottes brunes lui montaient presque jusqu’aux genoux, et elle portait une fine veste en simili cuir, de même couleur.

— Allez Joanie, viens maintenant, arrête de me prendre la tête, je t’ai dit que mes potes m’attendaient, alors bouge maintenant ! Et toi, enlève-toi de mon chemin, ajouta-t-il en passant à côté de la femme à la poussette.
— Olivier, arrête, tu me fais mal ! gémit la prénommée Joanie.
— Hey, mais faites attention ! s’écria la mère de famille au moment où le rockeur l’effleura. J’ai mon enfant avec moi, espère de brute.
— Oh, la ferme, vous ! rétorqua sèchement le rockeur.

Mais quel connard, pensa Alicia qui dévisageait le couple.

Hélas pour elle, celui-ci vint s’asseoir sur le carré de sièges à côté d’elle, brisant définitivement son havre de paix. Ils furent à peine installés que les disputes reprirent aussitôt.

Heureusement, le train quitta enfin le quai, laissant derrière elle sa ville natale.

Je sens que le voyage va être long, songea Alicia en rabattant la capuche de son pull et en ajustant ses écouteurs.

Chapitre 29

Le train n’était parti que depuis cinq minutes que le contrôleur fit déjà son apparition.

— Ils viennent de plus en plus vite, ceux-là. On ne nous laisse vraiment pas tranquille. Ah, quand il s’agit de vérifier qu’on a bien payé, il y a tout de suite quelqu’un, marmonna Alicia.

La jeune femme n’avait jamais vraiment eu de bons rapports avec les contrôleurs, car plus d’une fois, elle avait oublié son abonnement et s’était pris la tête avec eux. Et cette journée n’allait pas déroger à la règle, car en fouillant dans son sac à main, elle constata que ce document n’y était pas !

— Et merde, fais chier, grogna-t-elle.

Elle était déjà tendue à cause du couple qui se disputait, du garçonnet qui parlait sans cesse et du bébé qui pleurait, alors il ne lui en fallait pas beaucoup pour qu’elle pète un plomb pour de bon.

— Bonjour, contrôle des billets ! annonça l’employé des CFF, affublé d’une grosse moustache, presque disproportionnée par rapport à son gabarit.

Il était très mince mais très grand, au point qu’il marchait le dos voûté, comme s’il n’assumait pas sa grande taille.

Ne pouvant rien faire d’autre, Alicia attendit le contrôleur, finissant par la même occasion son Redbull qu’elle jeta ensuite dans la petite poubelle murale.

Quand elle regarda en direction du contrôleur, celui-ci était en train de discuter avec l’artiste qui avait sa tête plongée dans sa valise, certainement pour mettre la main sur son ticket.

— Je sais que je l’ai, répétait-il sans cesse, attendez une seconde.

Alicia esquissa un sourire moqueur.

Comme s’il allait partir.

— Voilà ! s’exclama l’artiste en tirant quelque chose de sa valise, je savais que je ne l’avais pas perdu. Vous voyez, je l’ai !
— Oui oui, fit le contrôleur. C’est bon, merci.

L’artiste se laissa tomber sur son siège, rassuré. Il ne prit toutefois pas la peine de remonter sa valise sur le porte-bagages prévu à cet effet.

Finalement, le contrôleur parvint à la hauteur du couple. Le rocker, Olivier, se retourna brusquement et lui lança sèchement :

— Quoi ?

Le ton utilisé surprit le contrôleur qui se raidit.

— Je… heu, billets, s’il vous plait.

Olivier sortit son ticket qu’il tendit ensuite sous les yeux de l’employé, pendant que Joanie brandissait son demi-tarif.

— Heu, merci, c’est tout bon, déclara-t-il d’une voix hésitante avant de se rendre vivement vers Alicia. Madame, puis-je voir votre billet ?
— J’ai oublié mon abonnement, marmonna-t-elle.
— Pardon ? fit le contrôleur en tendant l’oreille. Je n’ai pas entendu.
— J’ai dit : j’ai oublié mon abonnement ! répéta-t-elle, cette fois-ci de manière beaucoup plus distincte.

L’employé soupira.

— Très bien. J’aurais besoin de vos nom et prénom, s’il vous plait.

Alicia détestait, non haïssait, fournir son identité. En fait, elle abhorrait tout simplement coopérer. Néanmoins, ne voulant pas faire d’esclandre une fois de plus, elle obtempéra.

— Alicia Jörin, annonça-t-elle à contrecœur.

Pour montrer son mécontentement, elle avait laissé ses écouteurs sur ses oreilles

L’employé CFF prit note de ces informations puis demanda :

— Il me faudrait également votre adresse, s’il vous plait.
— Rue du Nord 235, 2300 La Chaux-de-Fonds, déclara-t-elle dans un grognement.

Si elle habitait avec son copain à Neuchâtel, son adresse officielle restait toujours celle où elle vivait légalement avec sa mère.

Du coin de l’œil, la jeune femme s’aperçut que le couple la dévisageait. Pire, même, elle remarqua qu’Olivier arborait un sourire moqueur, comme s’il prenait un malin plaisir à la voir dans cette situation, ce qui ne fit qu’ajouter de l’huile sur le feu.

— Très bien, merci, dit l’employé avant d’ajouter : prenez ce papier (il lui tendit une feuille de petite dimension). Il faudra le présenter dans les dix jours à la gare des CFF contre 5 francs.
— Ouais, c’est ça, dit Alicia en lui arrachant le papier des mains. Je connais, c’est bon, merci.

Le contrôleur encaissa la pique sans broncher, se contentant simplement d’acquiescer de la tête, avant de sortir du compartiment. Au même moment, un nouvel arrivant fit irruption.

Il avait de longs cheveux foncés noués en queue de cheval et portait une jaquette sur laquelle était marquée Assassin’s Creed, ainsi qu’une casquette marquée du logo des jeux vidéo Zelda. Alicia l’avait aussitôt reconnu car elle-même était fan de cette saga de jeux.

Le geek, un surnom tout trouvé pour le nouvel arrivant, devait avoir la vingtaine, tout comme elle. Par contre, il était assez grand et plutôt carré d’épaule. En revanche il frôlait l’obésité.

Sous le regard des autres passagers, il remonta le couloir principal, ne s’arrêtant qu’à la hauteur d’Alicia pour s’asseoir près d’elle, à son plus grand dam.

— Pffiou, on est quand même mieux ici, au moins la clim’ fonctionne ! s’exclama-t-il après avoir posé son imposante carcasse.

Malgré sa musique dans ses oreilles, elle l’avait quand même entendu.

Il attend que je lui réponde ? se demanda Alicia.

Elle n’en fit toutefois rien. Elle observa juste du coin de l’œil son vis-à-vis en train de s’éponger le front avec un mouchoir. Le geek sortit ensuite un manga de son sac et se mit à lire, oubliant désormais la vie réelle.

Alicia en profita pour se calmer ; maintenant que le bébé avait cessé de pleurer et que le garçonnet semblait s’être calmé, elle pouvait enfin écouter sa musique tranquillement.

Elle se laissa bercer par le roulis du train, jetant de temps à autre un regard à travers la vitre, mais à part l’obscurité, elle ne vit rien d’autre.

Un étrange calme régnait désormais dans le compartiment ; entre ceux qui somnolaient et ceux qui lisaient, il n’y avait que très peu d’activité dans le wagon, à la plus grande joie d’Alicia qui put enfin se relaxer.

Hélas, le calme ne dura pas longtemps, car une fois de plus, le couple s’engueula bruyamment, dérangeant tous les passagers.

— Olivier, je t’ai dit d’arrêter ! sanglota Joanie, complètement sous l’emprise de son homme.

Celui-ci tenait son visage à seulement quelques centimètres de sa conjointe et criait si fort qu’elle reçut des postillons. Il semblait complètement hors de lui, au point d’en oublier de respirer tellement il était énervé.

— Eh bien, on dirait qu’il y a de l’eau dans le gaz, murmura subitement le geek.
— Pardon ? fit Alicia en enlevant ses écouteurs. Qu’est-ce que vous avez dit ?

Le garçon se pencha vers elle, de sorte que seule Alicia put entendre sa voix.

— Je disais : on dirait qu’il y a de l’eau dans le gaz entre ces deux-là.

Il fit un mouvement de la tête en direction du couple.

Alicia Jörin détestait être dérangée quand elle écoutait sa musique, mais fit toutefois l’effort de répondre.

— Ouais, effectivement. Je n’aime pas trop comme il parle à sa copine. Je déteste ce genre de gars.

Sa réponse plut au geek qui confirma d’un hochement de tête. Il rangea ensuite le manga qu’il lisait dans son sac.

— Au fait, je m’appelle Damien.

Oui mais je m’en fiche, je ne suis pas ici pour faire connaissance.

— Moi, c’est Alicia, déclara-t-elle finalement.

Elle n’appréciait guère qu’on lui adresse la parole lorsqu’elle était dans sa bulle. De plus, elle n’était pas sociale de nature, n’ayant que très peu d’amis et de connaissances.

À côté d’eux, le rocker continuait d’invectiver sa petite amie :

— Non, on n’ira pas voir tes parents, j’ai autre chose à faire que d’aller chez cette pimbêche qui te sert de mère. Je n’aime pas comme elle me regarde et me juge.
— Mais, c’est complètement faux, se justifia Joanie, au bord des larmes. Tu… Tu dérailles complètement !

Le rocker écarquilla les yeux.

— Je déraille, moi ?

Tous les visages étaient à présent tournés en direction du couple perturbateur, les observant avec un intérêt manifeste pour certains ou avec irritation pour d’autres.

— Vous pourriez faire moins de bruit, s’il vous plait ? intervint soudainement le père de famille par-dessus son siège.

Celui-ci jouxtait le carré de sièges occupés par la jeune femme blonde et son impétueux petit ami. D’ailleurs, la réponse de ce dernier ne se fit pas attendre :

— Et toi, qu’est-ce qu’il y a ? T’as un problème ? Je discute avec ma copine alors ne viens pas me déranger.

Il avait craché chacun de ses mots. Pour autant, le père de famille ne s’avoua pas vaincu. Il darda son regard sur Olivier et poursuivit d’une voix ferme :

— Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais vous êtes en train d’ennuyer tout le monde.
— Je m’en fiche complètement, rétorqua le jeune homme d’une voix rageuse.
— Donc soit vous vous calmez, soit vous changez de wagon, poursuivit l’homme au costard.
— Oui, bien joué, papa ! l’encouragea son fils, Noah.
— Je n’ai pas d’ordre à recevoir et je reste ici !

Olivier éructait de rage, mais le plus troublant restait ses yeux révulsés, ce qui n’échappa pas à Alicia. Elle avait déjà vu de tels regards et ce n’était jamais bon signe.

— Olivier, je t’en prie, reste tranquille ! supplia sa petite amie, qui, en réponse, reçut une gifle qui fit heurter sa tête contre le dossier de son siège.

En voyant cela, le sang d’Alicia ne fit qu’un tour : elle se leva, abandonnant ses écouteurs, et apostropha Olivier :

—  Hey, toi, connard, laisse-là tranquille !

Oui, Alicia n’était pas du genre à mâcher ses mots, surtout lorsqu’elle était sous le coup de la colère. Sa phrase fut d’ailleurs accompagnée par des commentaires approbateurs par les autres voyageurs. Damien, quant à lui, se contentait de fixer sa compagne de siège, les yeux grands ouverts comme des soucoupes.

En même temps, qui aurait pu penser qu’une fille de petite taille puisse prendre à parti un homme d’un mètre quatre-vingts, bâti comme un catcheur ?

— Quoi ? Qu’est-ce que tu as dit ?

Olivier s’écarta de son siège et s’avança vers Alicia qui l’attendait dans le couloir central.

— Je n’ai pas compris ce que tu m’as dit, tu peux répéter ?

Sa tête était prise de tics, comme s’il avait de la peine à se maitriser, tandis que ses mains tremblaient sous le coup de l’énervement.

Même s’il faisait au moins trois têtes de plus qu’elle, Alicia ne se laissa pas impressionner. Le père de famille, ainsi que l’artiste, s’étaient également levés de leur siège pour se mettre à la hauteur des fauteurs de trouble.

— Je t’ai traité de connard, répéta Alicia, ça te pose un problème ?

Elle se tenait face à lui, les bras croisés, sûre d’elle, ce qui ne fit que décupler la rage d’Olivier. Quelque chose ne tournait pas rond, chez lui, c’était évident.

— Alicia, je crois que ce n’est pas une bonne idée, lui souffla Damien qui craignait pour sa nouvelle amie.

L’apostrophée jeta un rapide coup d’œil dans sa direction, avant de reporter son attention sur le rocker.

Pourquoi il me dit ça ? On ne se connait que depuis quelques minutes que déjà il me saoule avec ses familiarités.

Tout le monde s’était désormais levé, y compris la mère de famille. La curiosité l’avait emporté sur la quiétude espérée.

— Il faudrait peut-être aller voir un contrôleur, suggéra la fille vêtue de noir.
— Ce serait une idée, oui, approuva l’artiste.

Néanmoins, les autres passagers ne firent pas attention à cette conversation, étant trop accaparés par le rocker et Alicia, aussi la gothique abandonna son idée.

Alicia Jörin remarqua que son vis-à-vis avait les pupilles dilatées et les veines du cou saillantes.

Était-ce uniquement à cause de la colère ?

Pour Alicia, il y avait également quelque chose d’autre.

— Tu vas regretter tes paroles, lâcha Olivier, une grimace de colère figée sur son visage.
— Sinon quoi ? lui dit Alicia, provocatrice, sous le regard médusé des spectateurs.
— Sinon tu vas prendre une raclée !

Le rocker leva le poing, prêt à frapper. Dans le même élan, sa petite amie attrapa son bras en s’exclamant :

— Non, arrête, ne fais pas ça !

Des larmes apparurent au coin de ses yeux. Elle était terrifiée.

— Oh toi, ne me touche pas ! hurla son petit ami qui voulut la gifler.

Mais son geste fut interrompu lorsque le train freina brusquement. À ce moment-là, les personnes debout perdirent l’équilibre et faillirent tomber. Heureusement, tous parvinrent à s’agripper in extremis à l’un des sièges, excepté la gothique qui chuta lourdement sur les fesses.

— Aïe, bordel, ça fait mal !
— Qu’est-ce qui lui prend à ce connard de chauffeur de freiner comme ça ? s’écria Alicia qui en avait profité pour s’écarter du rocker.

Celui-ci se tenait toujours bien droit dans l’allée principale, comme si ses pieds étaient fixés au sol.

— Est-ce que tout le monde va bien ? demanda le père qui serrait son fils contre lui.
— Papa, pourquoi on s’est arrêtés ?
— Je n’en sais rien pour le moment, mais ne t’inquiète pas, on va repartir très bientôt.
— J’espère, car j’ai faim, je veux rentrer.

Son père soupira à nouveau en fixant le plafond, avant de porter son intérêt sur la fille habillée en noir qui était toujours au sol.

— Est-ce que ça va... heu….
— Audrey, je m’appelle Audrey.
— Enchanté, Audrey, moi c’est Martial et ce petit bonhomme c’est Noah, mon fils.
— Salut ! s’exclama ce dernier en agitant sa petite main.

Martial tendit sa main et aida Audrey à se relever. Au même moment, ils entendirent une voix :

— Hey, regardez !

Tous se retournèrent vers l’artiste qui avait le visage collé contre la vitre.

— On dirait qu’on s’est arrêtés dans un tunnel, précisa-t-il.

Non loin de lui, la mère de famille consolait son bébé qui s’était remis à pleurer.

Alicia et Damien regardèrent à leur tour à travers la vitre, mais hormis l’obscurité, ils ne virent rien d’autre.

— Il faudrait peut-être aller voir le contrôleur, avança la mère de famille qui avait sorti son bébé de la poussette pour le prendre dans ses bras. Peut-être qu’il pourra nous aider.

L’artiste, qui était le plus proche de la porte automatique, s’y dirigea. Néanmoins, parvenu à sa hauteur, celle-ci refusa de s’ouvrir. Il agrippa ensuite la poignée pour essayer de la rabattre manuellement, en vain.

— Je… la porte ne s’ouvre pas ! Nous sommes enfermés !
— Quoi ? tonna Olivier. Ce n’est pas possible !

Il se retourna et tenta d’ouvrir la porte près de lui, celle qui menait dans la cabine du pilote, mais sans plus de succès.

— Bordel, le bobo gaucho a raison, les portes sont fermées !
— Hey, je ne suis pas un bobo gaucho ! rétorqua l’artiste, avant d’ajouter, plus calmement : je m’appelle Alain.
— On s’en fout de comment tu t’appelles, répliqua sèchement Olivier. Tout ce que je veux, c’est sortir d’ici.
— Qu’est-ce… qu’est-ce qu’il se passe ? l’interrogea Joanie d’une petite voix.

C’était la seule qui était restée assise, tous les autres étaient demeurés debout.

Alicia Jörin voulut prendre la parole mais fut coupée dans son élan par une voix qui jaillit du haut-parleur.

— Bonjour à toutes et à tous !

Abasourdis, les passagers se regardèrent mutuellement, sans rien y comprendre.

Qui avait bien pu parler ?

Chapitre 28

— Qui… qui a parlé ?

Sous l’effet de la surprise, Alain eut toutes les peines du monde à s’exprimer.

— C’est quoi ce bordel ? s’enquit à son tour Damien qui regardait en l’air, comme s’il espérait y apercevoir le propriétaire de la voix.
— La ferme ! vociféra Olivier en effectuant un geste de la main. J’ai dit : la ferme tout le monde !

Ses mots eurent l’effet escompté. Tous les passagers se turent, y compris Alicia qui, néanmoins, fulminait de rage.

— Ne criez pas, vous allez la faire pleurer ! s’exclama la mère de famille qui berçait sa petite fille afin de la calmer.
— D’où… d’où peut provenir cette voix ? demanda Joanie, recroquevillée sur elle-même, tandis que son petit ami la dominait de toute sa hauteur.
— Peut-être de la cabine du chauffeur ? proposa Alain.

Martial haussa les épaules.

— Aucune idée. On dirait une voix féminine, mais il semblerait que la personne utilise un modificateur de voix.

Damien semblait plutôt sceptique à cette idée.

— Ça n’a pas de sens, qui ferait ça ?
— Je ne sais pas, un mauvais plaisantin, sans doute, suggéra Martial toutefois peu sûr de ce qu’il avançait.
— Plaisantin ou pas, renchérit sèchement Olivier, si je mets la main sur celui qui a stoppé ce foutu train et qui me fait perdre mon temps, il risque de passer un mauvais quart d’heure.
— En parlant d’heure, dit Alain en regardant sa montre, j’ai rendez-vous avec le reste de mon groupe. Je ne peux pas les faire attendre !
— Ouais ben t’es gentil le moustachu, mais pour le moment on a d’autres priorités que ton groupe ! s’énerva le rocker.

Pour appuyer ses dires, il lança un regard sévère à Alain qui s’apprêtait à rétorquer, ce qui eut pour effet de le radoucir aussitôt. Penaud, l’artiste retourna à sa place.

Pendant qu’ils parlaient entre eux, Audrey se dirigea vers la jeune mère qui tenait toujours son bébé.

— Elle est toute mignonne, dit Audrey en observant le bambin.
— Merci. Elle s’appelle Léa, et moi c’est Sylviane.
— Enchantée, moi c’est Audrey se présenta-t-elle, tout en portant son attention sur l’enfant et en lui faisant des petites caresses sous le menton. Tu es toute belle, dis donc.

Les discussions reprirent ensuite de plus belle, tantôt craintives, tantôt houleuses.

— Silence ! ordonna soudain la voix provenant du haut-parleur, ce qui fit sursauter tous les passagers qui se turent aussitôt. Bien, maintenant que j’ai toute votre attention, il est temps de vous expliquer ce que j’attends de vous.
— De nous ? s’étonna Olivier. Allez-vous faire foutre, vous n’aurez rien de moi !
— La ferme ! intervint Alicia qui s’était avancée en direction du haut-parleur, ce qui provoqua à nouveau la colère du rocker.
— En voilà au moins une qui est sensée. Bien, comme vous avez pu le voir, le train s’est arrêté et les portes sont verrouillées. Il vous est donc impossible de sortir d’ici.
— Ouais, ça on l’a remarqué, grommela Alicia.
— Qu’est-ce que vous nous voulez ! demanda subitement Audrey. Et qui êtes-vous ? Et pourquoi faites-vous cela ?

Selon toute vraisemblance, la panique commençait à la gagner. Elle serrait les poings si fort que ses doigts finirent par blêmir. À ses côtés, se tenait Sylviane qui n’arrivait pas à se départir de la peur qui masquait son visage.

— Houla, que de questions, répondit la voix. Hélas, tout ce que je peux vous dire pour l’instant est que je veux que vous vous battiez. Ce sera pour vous le seul moyen de sortir d’ici.
— Quoi ? s’exclama Damien en écarquillant les yeux. Ça jamais ! Et puis quoi, encore ?

Les autres passagers, incrédules, se regardèrent, chacun guettant la réaction de son voisin. Des cris de protestation finirent par se faire entendre.

— On… on devra se tuer entre nous, papa ? demanda Noah en tirant sur la manche de son père.

Son petit visage juvénile était tenaillé par la peur.

— Non, fiston, ne t’inquiète pas.

Il leva la tête en direction du haut-parleur et lança :

— Vous pensez que nous allons accepter de faire ça ?
— Mais vous n’avez pas le choix si vous comptez sortir d’ici, répliqua la voix. Mais pas de panique, vous ne serez pas obligés de vous battre uniquement entre vous.
— Comment ça ?

Damien, qui venait de parler, s’avança également vers le couloir central, se plaçant à la hauteur d’Alicia.

Il fallut attendre toutefois plusieurs longues minutes pour que la voix reprenne la parole et explique :

— Pour sortir d’ici, il faudra cumuler assez de points pour parvenir à un total de 500. Ce n’est qu’une fois ce nombre atteint que vous pourrez vous en tirer.
— Pardon ? fit Olivier d’une voix rageuse. Non, tout ça c’est des conneries !
— Silence ! lui ordonna Alicia. Je veux écouter ce que cette boite à sardine a à dire.

Ce qui lui valut à nouveau un regard courroucé de la part du rocker.

—